
Cela fait maintenant un mois que je réside à Aneho, au Togo, au presbytère de la cathédrale Saint-Pierre et Paul où travaille l’abbé Antoine. J’avais déjà eu l’occasion de découvrir le Kenya, le Sénégal et le Togo par deux fois, mais c’est une expérience toute différente que je vis en ce moment. L’Eglise m’a permis de vivre un temps sabbatique de 3 mois : une chance, un cadeau ! Temps sabbatique pour me ressourcer, découvrir de nouveaux horizons, m’enrichir de nouvelles expériences !
Texte et photos Par Gérard Dévaud
En un mois, que de belles découvertes ! Ici, tout est vrai, direct. Le contact se fait très facilement. C’est ainsi que dès mon arrivée, je fus accueilli et intégré par les jeunes de la paroisse. Et très vite, je découvre la vraie réalité de ce si beau pays : la précarité des gens, mais aussi leur richesse intérieure. Et pour la plupart des personnes rencontrées, cette richesse est alimentée par une foi profonde en Jésus-Christ.
Toutes les journées commencent par la messe de 6h, pour confier au Seigneur le travail et les différentes activités. J’ai la chance de vivre à la cure avec une équipe de prêtres. Tout est ainsi confié à Dieu.
J’accompagne un catéchiste pour des rencontres avec des enfants qui se préparent au baptême, ceci deux fois par semaine en fin de journée, à la sortie de l’école. Leçons très denses pour ces enfants qui doivent tout mémoriser par cœur ! Mais leur vie de foi ne s’arrête pas là. Le jeudi, après le caté, ils participent à l’adoration du Saint-Sacrement et le dimanche ils animent une des messes. Ils s’engagent également le samedi matin pour le nettoyage de la cour, du jardin, des salles et des couloirs de la cure !
Le mercredi, je vais au collège Saint-Pierre et Paul (le CO) pour des cours de religion et d’éthique. La deuxième semaine, j’ai été catapulté devant une classe de 45 jeunes pour animer un débat sur la sexualité, l’avortement et la grossesse non désirée ! Un vrai baptême du feu pour moi, mais un très beau moment d’échange et de partage avec ces jeunes.
Et le dimanche, je retrouve tout ce petit monde lors des messes très animées à la cathédrale.
Mais rassurez-vous : je sors aussi de la cure pour me promener et me balader dans les rues d’Aneho, au bord de l’océan et du lac Togo tout proche. Et là, le contact avec les gens se fait très facilement, surtout avec les enfants. On m’appelle papa, ou le Togolais blanc ! Ils m’ont déjà adopté !
Autres moments riches en émotion : les retrouvailles avec les filles-mères du centre God-is-love Saint-Laurent Estavayer créé par le père Antoine, la visite du dispensaire des sœurs hospitalières conduites par Sœur Elisabeth, la visite d’un centre socio-professionnel, visite de JB sérigraphe qui confectionne des ornements liturgiques, journée d’échange des jeunes sur le thème des réseaux sociaux, etc. Mais le plus riche et le plus fort, ce sont toutes les fois où l’on m’accueille dans la simplicité d’une pauvre maison, avec peu de choses, mais des sourires et une chaleur humaine incroyable.
Oui, le Père Guy Gilbert a raison : « L’Eglise renaîtra si nous puisons chez les pauvres la lumière de Dieu ! »
Aller vers les plus pauvres
« Aller vers les plus pauvres, c’est là que doit se trouver l’Eglise. … Jésus-Christ ne s’est pas entouré de savants, de super diplômés, il est allé chercher des pauvres types. L’Eglise catholique est née de cette pauvreté extraordinaire du Christ, elle renaîtra si nous puisons chez les pauvres la lumière de Dieu. »
Père Guy Gilbert



