
On sait que le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent, Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.

Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR, MJ Delaloye
Ce mois-ci, nous avons donné la parole à Bernadette et Laurent. Bernadette Alimovic est chantre animatrice et présidente du chœur La Voix des Champs, de Charrat, tandis que Laurent Bourgeois dirige le chœur Antonia, de Bovernier. Dans le prochain numéro, vous retrouverez deux autres amis du chant et de la musique liturgique…
Comment le chant habite-t-il votre vie ?
Bernadette : Ma vie est une musique aux multiples couleurs : toute une palette de sentiments. Dès le matin, je chante le plus souvent intérieurement pour ne pas déranger les habitants de l’immeuble.
Laurent : Le chant a toujours habité ma vie. Mon père a dirigé l’Antonia durant 25 ans et j’ai pris sa relève il y a bientôt 40 ans. J’en suis membre depuis l’âge de 8 ans. A l’époque, nous étions 42 membres. Mais plus que 17 aujourd’hui…
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ?
Bernadette : Le chant parle au cœur ou à l’âme. Je suis donc heureuse de partager cela avec les fidèles afin de rendre la liturgie plus vivante. Pour moi, le chant donne une profondeur à nos célébrations.
Laurent : Mon engagement me tient beaucoup à cœur. Nos parents étaient de fervents catholiques et ils nous ont éduqués dans le giron de l’Eglise depuis tout petit. J’ai été tour à tour servant de messe, lecteur puis chantre. Petits, nous avons participé plusieurs fois au pèlerinage à Einsiedeln avec mes parents qui y étaient fidèles. Dans ce cadre, avec un de mes frères, il nous est arrivé de servir à la messe que Mgr Schwery célébrait !
Qu’est-ce qui vous agace ?
Bernadette : Avant de choisir les pièces à interpréter, je prends connaissance des lectures, du psaume et de l’Evangile du jour. Pas toujours facile de comprendre l’entier du message et ça peut m’agacer. Patience, car alors, écouter plus attentivement l’homélie devient un plaisir. A relever la très intéressante diversité de celle-ci grâce au tournus des prêtres.
Laurent : Je mentionnerai ici les événements scandaleux qui sont sortis dans la presse dernièrement et qui mettent à mal l’Eglise catholique en particulier.
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ?
Bernadette : Je n’ai pas de préférence. Je suis juste émerveillée par la diversité des compositions et des compositeurs : une vraie richesse. Une pièce simple présentant un beau texte qui s’harmonise avec la musique me parle déjà beaucoup. Si la musique fait vibrer la corde sensible, elle sera adoptée.
Laurent : Il y a tellement de beaux chants liturgiques… J’avoue avoir des préférences pour certains chants à « Marie ».
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ?
Bernadette : Saint Augustin disait que « Chanter c’est prier deux fois ». Deux fois, je ne sais pas, mais pour sûr le chant est une prière. Le beau nous relie au créateur, difficile de ne pas croire et la musique liturgique nous élève et nous relie aussi. Lorsque l’animatrice que je suis entend les fidèles joindre leur voix à la mienne, je suis comblée.
Laurent : Ce qui me plait surtout, c’est de transmettre de l’émotion, de la joie et du plaisir à tous les fidèles qui nous écoutent lorsque nous animons les célébrations, car comme dit le dicton « Chanter, c’est prier deux fois ».

