
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), décembre 2020 – janvier 2021
Par Dominique Perraudin | Photos: ldd, discogs.com
Sûr que beaucoup d’entre vous se rappellent de «La pastorale des Santons de Provence»… Cette histoire fait remonter en moi une quantité de souvenirs d’enfance. Il me plaît de vous rappeler les différentes personnalités qui, ce soir là, pour diverses raisons assez personnelles, rejoignent tour à tour le petit de Bethléem. Un village de Palestine qui a d’ailleurs des airs de Marseille…
Mais écoutons tout d’abord ce qu’en dit Yvan Audouard à l’origine d’un ouvrage sur les Santons en 2001 (Ed. Cerf) : « La nuit de Noël est la nuit des merveilles : les avares deviennent généreux, les voleurs honnêtes et le « ravi » trouve que tout le monde est beau. Parfois, ce « mistère » côtoie la farce mais c’est une oeuvre de ferveur et de piété qui vous donne envie que règne enfin sur la terre, la paix des Hommes de bonne volonté. Ne vous étonnez donc pas si Bethléem se situe dans les Alpilles de Provence et si les témoins de la naissance du Petit Jésus parlent avec l’accent du Midi. Ne vous étonnez de rien, surtout pas des anachronismes. Il est naturel que Vincent et Mireille, puisqu’ils sont amoureux, traversent les siècles pour venir rendre hommage au divin « niston » et que les anges descendent du ciel pour annoncer la Bonne Nouvelle, et chanter des Noëls provençaux qui n’ont pas encore été écrits. »
D’abord, arrive l’ange Boufaréou (ange souffleur) qui nous annonce la Bonne Nouvelle en trompette et nous raconte ce qui se passe sur terre.
Puis tour à tour, l’auditeur entre en contact avec saint Joseph, en souci. Marie, l’incarnation de la douceur et de l’amour. Après la naissance du petit, la sainte famille aura fort affaire avec le meunier. Après avoir vécu un grand chagrin d’amour, il comprend enfin que rester dans l’inaction n’amène rien. Puis il retrouve la paix en pardonnant.
La poissonnière vend son poisson « passé data » avec son poltron de mari Pistachié. Ils ont des remors et décident de se mettre à jour…
Le Boumian (bohémien) lui, va changer de vie. Il rendra tout ce qu’il a volé. Pour sa part, le gendarme est mal à l’aise. Il a une incontrôlable envie de relâcher le Boumian.
Mireille l’Arlésienne et le Tambourinaïre s’aiment envers et contre tout, malgré le père avare de Mireille qui leur met des « bâtons dans les roues ».
Le Berger tient plus que tout à son chien. Ce dernier est mort ce soir. Il a honte de demander au Petit de le ressusciter… Perdu, il promet au Petit de le lui donner s’il revenait à la vie, tout en disant : « Mais tu ne me le demanderas pas dit ! Tu ne me le demanderas pas ! »
Roustide, le papa de Mireille ressent lentement de la bonté monter en lui… et ouvre les yeux !
Le Ravi et l’aveugle trouvent une certaine complémentarité. Ils unissent leurs qualités et leurs handicaps.
Les rois mages arrivent avec un quart d’heure de retard… Un de leur chameau avait mal à la patte.
Bref, tout ce petit monde gravite autour de ce Petit qui se plaît à offrir ses cadeaux… les plus précieux ! La naissance de ce petit Niston au milieu de ces gens simples avec leur caractère, leurs qualités et leurs défauts est une belle parabole pour aujourd’hui. C’est Noël ! Ce conte apporte la paix, la joie. Il illumine nos esprits. Ce petit Niston semble montrer l’amour que le Père porte à ses créatures. Le conte, avec ses merveilleux dialogues, nous fait retomber en enfance, à l’âge où normalement tout est simple et se comprend à partir d’une certaine naïveté…

