Catherine est moitié belge, moitié haut-valaisanne. En 1992, nous étions toutes les deux aides-soignantes au home de la Providence à Montagnier. Trente ans ont passé, trente ans d’amitié… Quand je l’ai rencontrée, Catherine était non-croyante, à ce moment-là nous étions bien loin d’imaginer le chemin de foi qui l’attendait.
PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : DR
Parcours…
« Je suis laïque consacrée dans le célibat au sein de la communauté de l’Emmanuel depuis vingt-cinq ans, issue d’une famille qui n’était pas très pratiquante, et moi vraiment athée jusqu’à l’âge de 24 ans. Cette année-là, lors d’un week-end particulier, j’ai fait une belle rencontre personnelle de Dieu, cela n’a pas été une extase ou un grand choc émotionnel, mais c’était tout d’un coup une certitude intérieure, non seulement que Dieu existait, mais qu’il m’aimait telle que j’étais… Je ne peux pas l’expliquer rationnellement, mais c’est quelque chose que j’ai reçu au fond de moi…
Depuis 13 ans, je travaille auprès de personnes âgées dans un EMS à Namur après avoir exercé pendant longtemps le métier de bibliothécaire documentaliste. J’habite avec deux autres consacrées de ma communauté. »
« La charité est une attitude intérieure, qui s’exprime dans l’accueil de l’autre, dans l’écoute et la bienveillance… Je ne suis pas obligée d’accepter tout ce que l’autre dit ou fait mais je peux l’aimer comme il est…»
Un passage d’Evangile…
« Pendant longtemps, un passage de l’Evangile de Matthieu m’a vraiment soutenue, poussée de l’avant, juste les deux grands commandements : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et ton prochain comme toi-même. » Pour moi, ça avait vraiment le sens de me dire « je donne toute ma vie à Dieu » et forcément cela rejaillit sur le prochain, sur moi-même, sur mon chemin de vie : tout est lié. C’est cette communion entre Dieu, les autres et moi qui fait que quelque chose se construit et que la vie avance. Ce passage reste une parole phare…
Depuis un an ou deux, une autre parole, dans l’Evangile de Jean, m’est apparue comme centrale : « Demeurez dans mon amour car hors de moi vous ne pouvez rien faire. » Demeurer en Dieu, c’est-à-dire apprendre à vivre les choses avec amour en le recevant de Dieu… Je me rends compte de plus en plus que je ne suis pas la source et que ce n’est pas à la force de mes petits poignets que je peux arriver à faire quoi que ce soit, mais c’est vraiment en vivant de la grâce de Dieu. Souvent cet élan vers Dieu – « Seigneur aide-moi ! » – me donne la force ou l’inspiration pour agir. D’autres fois je me sens tellement démunie devant certaines situations que je me dis intérieurement : « Seigneur, là j’ai fait ce que j’ai pu mais je ne peux pas aller plus loin… à Toi maintenant… »
«Je rêve du jour où j’arriverai au ciel et que Jésus me regardera et me dira, comme à Marie-Madeleine, « Catherine » avec la même tendresse et une sorte d’amusement, comme pour dire « maintenant, tu vas comprendre…»
Un souhait pour notre Eglise
« J’aurais envie que tous les chrétiens, quelle que soit leur confession, aient une vraie relation avec le Christ, qu’ils apprennent à le connaître, qu’ils aient le désir de le re-connaître, de le re-découvrir et que cela rejaillisse en vraie charité fraternelle, dans une vraie communion… Pour moi, l’unité de l’Eglise ne peut passer que par l’amour… »
