PAR PASCAL ET COLETTE TORNAY | PHOTO : PIXABAY
« Faire chemin ensemble » – selon l’étymologie du mot « synode » – en veillant sur la communion, la participation et la mission, comme l’indique l’intitulé du Vatican, n’est-ce pas aussi tout un programme pour chacune de nos familles ? En effet, saint Jean Chrysostome au IVe siècle, repris par les Pères du Concile Vatican II quinze siècles plus tard, ont vu la famille comme une véritable Eglise en marche, une « Eglise domestique ».
Je trouve beau de voir ainsi s’enchevêtrer une multitude d’Eglises dans l’Eglise, comme les innombrables cellules d’un même corps. Peut-être l’Eglise universelle perçoit-elle de plus en plus que le travail synodal est un travail de gestation continuelle. Comme une femme enceinte « en travail » qui porte en elle sa mission : enfanter, mettre au monde…
Une famille, c’est un synode permanent ! Comment avancer autrement ? Une famille, c’est tellement petit et fragile qu’un mauvais vent peut la ballotter comme une frêle embarcation. Comment ne pas se sentir dans le même bateau lorsqu’on fait partie d’une même famille ? Une famille, c’est tellement grand que, si l’on n’avance pas au rythme du plus petit, on ne peut rien faire de grand. Une famille, c’est un synode vivant et continuel. Et quand elle ne l’est plus, elle se fragilise car elle se durcit. Elle peut alors se briser sur les rochers du diktat et de l’égoïsme, sur les hauts-fonds de la duperie et du mensonge.
Le synode, ce n’est pas maintenant. C’est toujours ! C’est un mode de vie qui dit que la vie vient du chemin vécu ensemble ; qu’elle jaillit, chemin faisant, de cette écoute mutuelle qui indique comment se réalisera la mission.
La recherche du bien commun dans une famille – c’est-à-dire le bien de chacun et de tous – prend du temps, car ce bien-là ne se donne pas à voir sans recherche commune, sans détours, sans renoncement, sans échange et sans partage. Combien de fois, le « synode familial » se vit par un détour par le plus fragile (ou par ce qui est fragile en tel ou telle) ? Pour celle ou celui qui est obnubilé par le but, ce peut être très pénible de devoir s’arrêter. Pourtant, le but, c’est déjà le chemin…
