Par Pascal Ortelli | Photo : DR
Evoquant le handicap, je me surprends encore à songer spontanément au manque ou à la différence. Pourtant, les personnes que j’ai rencontrées en situation de handicap m’ont souvent déplacé là où je ne m’y attendais pas. Leur foi, empreinte de simplicité et de persévérance, m’a marqué par son abondance. Elle est venue révéler, en creux, mes propres manques. Il se vit là un véritable geste d’inclusion, mais aussi d’évangélisation à rebours : ce ne sont pas seulement des personnes à accompagner, mais avant tout des croyants qui nous enseignent.
Le récent colloque « Handicap et foi » à Fribourg l’a rappelé avec justesse : dans la Bible, la fragilité n’empêche ni l’appel ni la mission. Jacob demeure boiteux, Moïse piètre orateur, et pourtant Dieu fait route avec eux. La foi ne supprime pas les limites, elle les traverse.
Accueillir le handicap, n’est-ce pas accepter que l’Eglise se laisse déplacer hors de sa zone de confort ? Et si la foi capable de déplacer les montagnes commençait, tout simplement, par déplacer notre regard ?
