
Par François Lamon | Photo : Marion Perraudin
« Cher François, pourrais-tu écrire le prochain édito sur le thème « caté connecté » ? » me demande Pascal Tornay. Pour moi qui suis déconnecté non seulement de la KT ou du caté, mais encore des paroisses et de l’organisation de la pastorale, cela me semble être un exercice de haute voltige… sans wifi ! En effet depuis 8 ans à l’hospice du Simplon à 2000 m. d’altitude, bien des soucis de catéchèse sont restés en plaine, mais la réalité de rencontrer le Christ dans le prochain est devenue plus présente et exigeante.
La catéchèse est l’enseignement de la Bible. La foi est accueil du Christ et expérience à transmettre. Je saisis donc l’occasion de cet édito pour vous relater des expériences « connectées ». Le point de départ est la conviction profonde (la foi) que Jésus nous parle encore aujourd’hui et de manière personnelle. Presque chaque groupe de jeunes me posait la question : « Comment ou pourquoi êtes-vous devenu prêtre ? »
J’avais 8 ans quand un jour dans la cuisine, maman, tout en faisant la vaisselle, me dit tout naturellement : « François, tu sais, si Jésus t’appelle à devenir prêtre, dis-lui oui, tu seras toujours heureux. » Cette phrase est entrée en moi doucement comme un baume et m’a toujours accompagné. Maman n’a pas répété, insisté. Elle a simplement vécu avec Jésus joyeuse et paisible. Son exemple de confiance et de cohérence avec le message de Jésus m’a très fortement marqué. Je ne me souviens pas l’avoir entendue dire du mal d’autrui. J’étais connecté à la catéchèse vivante qu’étaient ma maman et aussi mon papa, moins loquace mais pieux et fidèle dans son service de sacristain.
A 12 ans, je vois une personne seule à la table du restaurant de l’Uniprix, faire le signe de croix avant de manger. Je reste stupéfait : « Il n’a pas peur de prier ! »
La messe m’apportait souvent la confiance dont j’avais besoin pour poursuivre le collège et vaincre le trac des examens ou des interrogations orales !
A une rencontre de préparation au mariage, 5 ou 6 couples présents disent la place de la prière dans leur vie. Quel étonnement de la part du conjoint, les yeux de plus en plus écarquillées quand sa fiancée, jusque-là très timide, raconte qu’elle ne s’endort jamais sans faire la prière que sa grand-mère lui a enseignée. C’était fort… à entendre le silence qui a suivi le témoignage. Pourquoi ne l’avait-elle pas dit à son fiancé ? Je sais seulement qu’elle a osé le dire devant tout ce monde et que l’effet a été beaucoup plus grand que si c’était moi qui l’avait dit. Ne serait-ce pas de la catéchèse connectée ?
Les expériences, plus nombreuses encore, se vivent dans le domaine de la charité, de l’attention au prochain, de l’amour fraternel jusqu’au pardon au nom de Jésus. Ici sur terre, foi et catéchèse sont faites pour vivre ensemble, au ciel seul l’amour demeure !
