La Pastorale des familles de l’Eglise catholique romaine à Genève a officialisé l’accueil pastoral et spirituel des personnes LGBTIQ+ et de leurs familles ainsi que sa collaboration avec l’Antenne LGBTI Genève de l’Eglise protestante genevoise (EPG). Le 1er septembre dernier, à l’occasion d’une soirée témoignage, un prêtre a partagé la manière dont il concilie son homosexualité et sa vocation ecclésiale. Le point avec Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale des familles.
PROPOS RECUEILLIS PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : ECR
Vous avez évoqué lors de la soirée une rencontre avec Mgr Morerod. Que vous a-t-il dit ?
Il était au courant du témoignage du prêtre et m’a remerciée d’oser porter ce dossier.
Depuis le témoignage du prêtre, quelles ont été les réactions ?
Beaucoup de remerciements et d’encouragements, mais également des paroles moins bienveillantes. Certaines personnes ont l’impression que cela met l’Eglise en péril.
Le fait que cet accueil se fasse sous l’étiquette Pastorale des familles heurte les croyants ?
Oui bien entendu. Dans la tradition catholique, la famille naît du sacrement du mariage et donc de l’union d’un homme et d’une femme. Lorsqu’on parle d’un couple de même sexe, l’aspect de procréation disparait et cela va à l’encontre de l’image de la famille prônée dans l’Eglise. La Pastorale des familles se veut le lieu de départ d’une pastorale LGBT : le tremplin pour qu’elle prenne son envol.
Qu’avez-vous voulu officialiser, car de facto « l’accueil » existe déjà ?
En effet, il existe déjà des lieux pastoraux qui accueillent ces personnes dans la bienveillance, mais ce n’est pas le cas partout. L’officialisation est une manière de montrer que la question existe bel et bien en église et que nous n’allons pas l’esquiver.
Comment cet « accueil » va-t-il se matérialiser ?
Nous allons organiser des temps spirituels en collaboration avec l’Antenne LGBTI. Je fais d’ailleurs partie du comité liturgique qui se met en route. Il y a aussi tout l’aspect de la recherche théologique et nous allons mettre sur pied un groupe avec des théologiens et des personnes concernées afin de travailler sur cette question.
Justement, le Catéchisme de l’Eglise catholique est souvent évoqué pour condamner l’homosexualité…
La théologie catholique autour de la distinction entre l’être et l’acte et la manière dont le comportement des personnes est qualifié doit être repensée. Les actes sont jugés et non la personne, mais il n’est pas possible de dissocier pleinement les deux. Cette question est complexe, car elle concerne avant tout l’anthropologie sous-jacente à la foi et à la théologie. Aujourd’hui, il n’est plus possible de mettre de côté la dimension incarnée de l’humain.
