Christ est ressuscité !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), avril 2021

PAR ISABELLE VOGT | PHOTO : MARIE-ANGÈLE CARRON

Il y eut la Passion, la Croix, et le tombeau.

Ils crurent que tout était perdu, ils ne comprenaient plus rien.

Ils avaient tant espéré en ce Jésus de Nazareth,

Le prophète successeur d’Elie et de Jean le Baptiste.

Et puis plus rien, le néant, la nuit, la peur.

Jusqu’à ce qu’une femme vienne leur dire :

« Il est ressuscité, le Vivant, je l’ai vu ! »

Ils ne crurent pas Marie de Magdala

et coururent à leur tour au tombeau – vide.

De cette absence, Dieu a fait une présence.

Il n’est plus là, l’homme Jésus, mais Christ, le Fils de Dieu,

est présent, hier comme aujourd’hui, tout au fond de nos cœurs.

Chacun.e de nous est le corps du Christ,

Et toutes et tous ensemble, nous sommes son Eglise.

C’est ça, le message de Pâques :

Christ est ressuscité, il vit pour toujours, dans nos cœurs,

alléluia !

OpenSky,le pari fou est lancé

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), avril 2021

Chaque deux ans, le festival OpenSky rassemble, en temps normal, plus de mille trois cents jeunes de toute la Suisse romande sur un week-end à Fully pour prier, danser, chanter et louer Dieu.

Cette année, le festival aura bien lieu. Mais différemment.

PAR YVES CRETTAZ

Infos et inscriptions

sur www.opensky-fully.ch

 

Dans l’édition du mois de mars, on vous rapportait un interview de Pauline et Aurélie, deux sœurs croyantes, pratiquantes mais aussi récentes finalistes de la mythique émission Pékin Express sur M6. Elles devaient être les grandes invitées du festival OpenSky les 19 et 20 mars à Fully pour témoigner de leur parcours sur la chaîne française et de leur foi devant plus d’un millier de jeunes. Malheureusement, coronavirus oblige, elles n’ont pas pu se rendre dans le Bas-Valais.

Aujourd’hui, à la lecture de cet article, on peut donc en déduire que le festival OpenSky a été tout simplement annulé. Eh bien, non, détrompez-vous : le festival s’est réinventé et se passe actuellement, en mode corona-compatible bien évidemment. Les organisateurs ont décidé de maintenir cette quatrième édition dans un but d’évangélisation.

Se déroulant du 19 mars (jour de la Saint-­Joseph) au 23 mai (jour de la Pentecôte), la manifestation s’organise en présentiel à travers tout le Valais francophone.

Plus d’une vingtaine d’activités sur inscriptions et gratuites sont proposées, principalement réparties sur les week-ends. Les jeunes Valaisans (entre 16 et 30 ans) peuvent donc vivre différents temps d’adoration, de veillées, de célébrations, de témoignages, d’ateliers, mais également de formations.

En ce qui concerne la programmation, toutes les dates ne sont pas encore sorties mais on peut déjà vous confirmer la présence des deux sœurs lilloises Pauline et Aurélie. De plus, le groupe de pop louange français Be Witness sera également de la partie pour animer différents ateliers et célébrations, tout comme l’évêque suisse des jeunes, Alain de Raemy, qui revient pour célébrer une grande messe des jeunes. Plusieurs autres invités, principalement de la région, seront présents pour animer cette quatrième édition répartie sur plus de soixante-cinq jours.

Comme aiment bien dire les organisateurs, cette manifestation est « une porte d’entrée à la foi » pour permettre de montrer à chacun-e que la foi catholique sait aussi être jeune et dynamique. Cette année encore, malgré la pandémie et l’organisation différente, le comité a réussi le pari fou de faire vivre la foi aux jeunes dans un esprit jeune et solidaire… et en présentiel !

 

Il n’y a pas de mort

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), avril 2021

LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTO : DR

Je viens de visionner le Temps présent consacré aux expériences de mort imminente (EMI). Les scientifiques s’intéressent à ce phénomène vécu par tant de personnes, de provenances si différentes, mais qui concordent en parlant d’une sortie du corps, d’une lumière étincelante mais pas éblouissante, d’un sentiment de profond bien-être, d’une sortie du temps (puisque certaines voient défiler toute leur vie), de proches qui les accueillent, etc. Les études montrent qu’environ 4% de la population ont vécu une EMI ; peut-être l’avez-vous vécue vous-même, ou du moins connaissez-vous une personne qui est passée par là. Une paroissienne m’a raconté qu’elle s’était vu partir ; elle se sentait si bien. Puis, elle a entendu ses enfants pleurer, et pour eux, elle est revenue. Cela m’avait bouleversé.

Un « experiencer » proche de Genève, Jean-Paul Duc, auteur d’Entre la vie et la mort, mon cœur balance, témoignait : « Avant, j’avais une peur abominable de la mort. Aujourd’hui, cette peur a disparu. Complètement. Avez-vous peur d’un ciel bleu ? Si quelqu’un a peur de la mort, qu’il sache au moins que c’est inutile : il n’y a pas de mort. Quand vous la verrez, vous comprendrez. »

Est-ce que cela ne rejoint pas profondément notre foi en la Résurrection, que nous fêtons en ce début du mois d’avril ? La mort n’est pas le dernier chapitre de notre vie, mais un passage, une pâque vers la vie qui nous attend.

C’est justement ce que m’a dit un confrère, à qui j’ai rendu visite aujourd’hui à l’hôpital, peut-être pour la dernière fois : « Pascal, maintenant je vais consacrer les dernières forces qui me restent pour me préparer à ce passage qui m’attend. » Alors qu’il insistait sur ce mot de passage, son regard s’illuminait.

Bonne fête de Pâques, dans la joie du Ressuscité… orientés avec confiance et sérénité vers notre propre pâque !

 

La résurrection, un cri silencieux ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

PAR ÉTIENNE JEANNERET, PASTEUR (GE) | PHOTOS : TC PERCH, PIXABAY

Devant le mystère de la résurrection, les femmes s’enfuient et deviennent à leur tour tombeau… Le silence est écrasant. Il semble seul répondre au bouleversement vécu… Un silence qui appelle aux souvenirs de celui en qui j’avais mis tous mes espoirs, avant cette crucifixion inconcevable. Un silence qui appelle à une disponibilité intérieure devant ce qui me dépasse. Un silence qui appelle à un questionnement, qui me ramène sur le chemin de la Galilée, là où tout a commencé…

C’est dans ce silence que peut naître une pensée, une petite pensée tout d’abord, ingénue, qui essaie de se faufiler entre les pensées qui se bousculent. Et puis cette pensée grandit, elle vient déranger les pierres inamovibles de mes certitudes. Et lorsque la pensée est mûre, elle transforme mon mutisme en louange et en prière : « Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! »

Pour ma part, je m’interroge à chaque fois devant cette pierre roulée qui provoque le silence des femmes. J’essaie de me mettre à l’écoute du silence qui m’habite. Un silence habité… Et aujourd’hui, une phrase vient bousculer mon silence et me déranger : Jésus, s’adressant à ses contradicteurs lors de son entrée à Jérusalem aux Rameaux, leur dit que « si les disciples se taisent, ce sont les pierres qui crieront ». (Lc 19, 40)

Alors je me demande : vais-je laisser les pierres crier à ma place la joie de la résurrection ?

 

Tobit: enterrer les morts

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Déporté à Ninive en Assyrie, le Galiléen Tobit, père de Tobie le héros du livre qui porte son nom, se fait un point d’honneur de « récupérer » les corps de ses compatriotes exilés et tués pour les enterrer, selon les rites de leurs pères. En effet, le roi assyrien Sennakérib, de retour de Judée où il n’avait pas remporté le succès militaire escompté, entreprit de se venger en exécutant un grand nombre d’Israélites qu’il faisait ensuite jeter par-dessus les remparts de Ninive. Avant que le souverain ne pût retrouver les corps, Tobit s’empressait de les dérober pour les ensevelir.

Cette pratique de « fossoyeur clandestin », dénoncée au monarque par un Ninivite, lui valut ensuite d’être dépossédé de ses biens et le contraignit à la fuite. Mais il put revenir dans la cité assyrienne après le décès du tyran, grâce à l’intercession de son neveu Ahikar, maintenu comme échanson, garde du sceau, administrateur et maître des comptes par Asarhaddone, le fils de Sennakérib (Tobie 1, 15-22).

La fidélité de Tobit à l’Alliance se traduisait donc par l’accomplissement de démarches concrètes mettant en pratique les commandements. A côté de la sépulture procurée aux morts, il exerçait
en effet également l’aumône, remontait à Jérusalem en pèlerinage et s’acquittait de la dîme (Tobie 1, 3-9). Eloigné de sa terre et de son peuple, Tobit se maintenait donc dans « le chemin de la vérité » (1, 3) par la mise en œuvre des prescriptions prévues par la Loi, celles-ci pouvant être accomplies dans n’importe quel contexte, même en exil.

C’est tout l’enjeu de la réalisation et de l’évolution des rites. Rester attaché à ceux issus de la Tradition permet de conserver un sentiment d’appartenance et de communion : cela donne une identité, structure la foi, facilite l’expression extérieure des convictions et sentiments intérieurs. Mais en même temps, il convient de savoir les adapter aux cadres nouveaux auxquels nous sommes confrontés à chaque époque, afin que les formes renouvelées mises en place correspondent à l’esprit fondamental des rituels. Et ainsi procurer une sépulture digne a constitué dans la Tradition chrétienne issue de l’Ecriture l’une des « sept œuvres de miséricorde corporelle », quelle que soit la forme qu’elle ait prise
au long des siècles.

 

Chemins de Pâques…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Gwendoline Noël-Reguin en formation diaconale dans l’Eglise réformée évangélique du
Valais (EREV) et Philippe Rothenbühler, pasteur de l’Eglise évangélique de Réveil Source de Vie de Martigny (EER-SDV) partagent leur regard, l’une sur une expérience de Carême et l’autre sur le mystère de Pâques.

PHOTOS : PASCAL TORNAY, DR

Vous avez dit impossible ? – Le Marathon ? Moi qui peinais à courir
10 minutes lors des séances d’endurance imposées à l’école, la double idée qu’on puisse courir pour son plaisir et celle que l’on puisse couvrir une distance pareille me paraissait simplement impossible, ou alors réservée à une petite élite sportive. Cette endurance tenait du miracle… J’ai rencontré pourtant, depuis, des personnes qui courent régulièrement de telles distances. Certaines s’entraînent même à l’ultra-trail… Ces personnes, pourtant, vivent comme vous et moi : elles travaillent, elles vont au cinéma et à l’église, elles apprécient une sieste au soleil dans la douceur du printemps, elles critiquent leurs voisins, elles ont peur du noir, peut-être ?…

Il en est de même pour beaucoup de choses : lire la Bible d’un bout à l’autre, savoir le Coran par cœur, faire une retraite en silence, écouter le sermon du dimanche ou jeûner une semaine… Toutes ces choses ne sont ni impossibles, ni réservées à une élite religieuse.

Ainsi, chaque année, des dizaines de groupes de jeûne se mettent en route durant le temps de Carême, pour préparer leur cœur à la bonne nouvelle de la résurrection. Quand on arrive pour la première fois à une séance d’information, on se demande si vraiment c’est possible pour le commun des mortels. On se trouve face à quelqu’un qui n’a rien d’un illuminé et qui, avec une calme assurance, affirme que c’est possible de ne pas manger pendant une semaine et que les personnes présentes seront certainement capables de se lancer dans l’aventure…

C’est une conviction du cœur qui pousse à jeûner une semaine et qui en donne les capacités. La conviction que l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu. Et que cette parole de vie nourrit.

Gwendoline Noël-Reguin, diacre EREV en formation

 

Le Christ Jésus notre espérance ! – Pour nous chrétiens, la foi en Dieu « Père, Fils et Saint-Esprit » nourrie par une lecture assidue de Sa Parole : « la Bible » est LA ressource pour surmonter les moments difficiles et avoir, les uns avec les autres, une coexistence réussie. En Jésus-Christ, nous trouvons la foi, l’espoir et l’amour.

« Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi », dit Jésus. Sans passer par lui, personne ne peut rencontrer Dieu. C’est pourquoi il est important de passer par une conversion personnelle et délibérée à Jésus-Christ. Par là, l’individu reconnaît Jésus Christ comme son « Sauveur » mort pour ses péchés et ressuscité pour son salut. Jésus fait de fréquentes références à l’avenir, la vie, la mort, sa mort… Avec toujours cette espérance d’une résurrection en ligne de mire. Il promet aussi de revenir à la fin des temps.

Au moment de rendre l’âme, Jésus trouve la force de dire à propos de ceux qui l’ont cloué : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » – « Cet homme était vraiment le fils de Dieu », déclare alors un officier romain chargé de son exécution. Sur la croix, Jésus, parfait, prend les péchés des êtres humains. Par sa mort, il donne la vie à ceux qui croient en lui.

Le troisième jour après sa mise au tombeau, la pierre est roulée et le corps a disparu. Le Jésus crucifié réapparaît vivant à ses disciples et à plusieurs témoins. Avant de disparaître dans une sorte de nuée 40 jours après Pâques, il promet aux croyants d’être avec eux toute leur vie, et ce, jusqu’à la fin du monde.

Chers lecteurs, Pâques 2021, est peut-être l’occasion pour vous de vous (re)consacrer à Jésus-Christ et de lui (re)donner la place centrale dans votre vie. En Christ notre Vie !

Philippe Rothenbühler, pasteur EER-SDV

 

Rites à la carte

On pourrait presque polémiquer : vu le nombre important de baptêmes, mariages, confirmations célébrés pour des non-« pratiquants réguliers », ne brade-t-on pas un peu vite ces sacrements ? Essai de réponse.

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : CIRIC, DR

« Dans notre famille, explique Emma, on est tous baptisés, alors c’est important que je le sois aussi. » Les motifs qui acheminent ces jeunes adultes au secrétariat d’une cure sont divers. Et il convient d’y répondre, car l’Eglise est un service, quitte à surprendre : « Quoi, six mois de préparation ? Mais on veut juste se marier, nous ! », s’exclame Mario lorsqu’on lui explique le programme…

Sens d’un sacrement

Aux questions : « Croyez-vous en Dieu ? L’évangile vous inspire-t-il ? Priez-vous ? », les réponses sont souvent vagues : « Je crois mais je ne pratique pas… Je suis croyant, mais l’Eglise, vous savez… ». Du coup, la notion que par un sacrement « le chrétien participe au sacerdoce du Christ et fait partie de l’Eglise » 1 est un peu chahutée car souvent, baptiser, communier ou confirmer est vécu comme un « happening » sans lendemain, voire un trophée de fin de course…

Rigueur par cohérence

Comment réagir ? « La grande majorité des mariages sont nuls », avait déclaré le pape François lui-même (2016), précisant que les fiancés « ont la bonne volonté mais pas la conscience » de ce qu’ils demandent. Alors pourquoi n’osons-nous pas dire non, non par « eugénisme religieux » mais par cohérence tout simplement ? « Ah oui, la Bible, ce gros livre… Non, je ne l’ai pas lue, pourquoi, c’est intéressant ? », m’avait dit un fiancé en toute candeur…

Qui prépare aux sacrements est souvent confronté à un paradoxe : le leitmotiv de ces dernières décennies (« les églises se vident… »), vérifié certes en partie si l’on s’en tient au lieu traditionnel de célébration qui est l’église paroissiale, est contredit par les nouveaux « lieux de pratique », parfois surpeuplés, que sont les chemins de pèlerinages, les monastères, les JMJ, les communautés nouvelles, les mille et une formes de solidarités humaines – pour ne parler que du catholicisme contemporain.

Accueil, d’abord !

« La seule vraie raison, c’est Dieu qui
les attire », répond Fabienne Gapany,
formatrice en catéchèse et coordinatrice du catéchuménat sur Vaud, « tout simplement Dieu toujours déjà là, comme disait Zundel ».

La demande d’un sacrement a toujours une issue concrète : mariage prochain, devenir marraine/parrain, curiosité, recherche de sens… ; elle est une première réponse à cet appel de Dieu, « bien avant que les « demandeurs » ne prennent conscience de leur désir », précise Fabienne Gapany. « J’essaie d’être bien à l’écoute pour comprendre ce qui motive les demandes, explique Elvio Cingolani, curé modérateur de l’UP Plateau, Genève. « Il y en a une multitude: grands-parents, traditions, visions magiques… Mais Jésus n’a-t il pas commencé avec les personnes là où elles en étaient dans leur vie ? » demande-t-il.

L’importance d’un accueil sans préjugé – « positif et bienveillant », aime à dire Elvio Cingolani – permet d’entamer un dialogue, une rencontre, un échange. Les gens sont dès lors mis en route : « Ils découvrent peu à peu que leur demande est arrivée à un moment où ils sont prêts à se laisser conduire par Dieu », témoigne Fabienne Gapany. Une naissance, une déclaration d’amour, un décès sont des temps forts de la vie qui immanquablement chamboulent les personnes, corps et esprit ! Les accompagner vers un sacrement leur permet d’apprendre « à relire leur vie avec Dieu, découvrant comment il les accompagne depuis toujours ».

Accompagner

Comment comprendre la notion d’agrégation au Corps ecclésial que le sacrement implique : vaine, si aucune suite n’est donnée ? « Non, rétorque Fabienne Gapany, ce serait considérer le sacrement sous un jour « utilitaire ». Le sacrement, c’est un don purement gratuit. Dieu se débrouille avec les personnes qu’il choisit pour vivre les sacrements ; s’il veut les envoyer à la messe, il les envoie à la messe. »

Se préparer à un sacrement peut être vécu selon le schéma d’une « conversion paulinienne » 2 : un « temps fort » (demande en mariage, naissance, etc.) qui nécessite un accompagnement pour être vu à la lumière de Dieu… « Grâce à l’abbé Marc 3, puis à vous, j’ai apaisé ma peur de ne pas savoir beaucoup de choses lors de ma demande de baptême… Mais j’ai une telle foi, vous savez, et j’adore organiser les Repas solidaires ! », confiait Marie-Ange, 37 ans, baptisée le 30 janvier dernier dans la paroisse Saint-Joseph à Genève. « Mon cœur est ardent, mais vous m’avez nourri l’esprit ! » Accompagner signifie bien « aller manger le pain ensemble » 4 en prenant la cadence de l’autre. « Si les baptisés (confirmés, « eucharistiés ») viennent à la messe et fréquentent leur paroisse (ou un groupe de jeunes, ou une aumônerie, ou je ne sais quoi), tant mieux, renchérit Fabienne Gapany. Mais j’ose espérer que la vie chrétienne et ce que les sacrements nourrissent « débordent » largement la messe ».

Besoin de rites

« En général je pense que nous ne devrions pas commencer par imposer nos conceptions toutes faites, mais partir de la pauvre réalité pour tendre vers plus haut, conseille Elvio Cingolani. Et à partir de là, j’ »évangélise ». Et tant pis si je dois adapter les rites officiels. » Ajuster pour se faire comprendre : « Oui, notre langage peut paraître étrange, partage l’abbé Philippe Matthey, curé modérateur des Rives de l’Arve et engagé dans la pastorale du mariage à Genève depuis 20 ans, mais ils sont curieux, « preneurs » même, alors qu’il fut un temps où l’étrange était à bannir. » Et Philippe Matthey de conclure : « Leur demande d’un mariage à l’église ou de la confirmation réveille souvent quelque chose dans leur conscience : leur bonheur est d’une façon ou d’une autre lié à Dieu. »

Une vérité de foi universelle : « Pour les personnes souffrant de toute sorte de précarités, explique Inès Calstas, responsable de la Pastorale des milieux ouverts sur Genève, les sacrements, ces gestes visibles et concrets, sont très importants : malgré l’exclusion sociale qu’elles vivent au quotidien, par notamment la célébration de leurs sacrements, elles appartiennent à la communauté humaine… » Et de conclure : « La foi qu’ils vivent en cachette peut être partagée, ils sont reconnus fils et filles de Dieu. »

Cheminer

Dès lors, à la suite d’une demande « simple » d’un baptême ou d’un mariage, selon l’accueil et la préparation, il s’ensuit parfois des questionnements, de nouvelles rencontres, voire une envie d’approfondir sa foi : « Les sacrements nous ouvrent les yeux sur l’invisible et nous révèlent la vérité des choses », conclut Fabienne Gapany. Comme pour les disciples d’Emmaüs en somme…

1 Catéchisme de l’Eglise catholique, article 1121.

2 Ananie accueille Paul, aveuglé sur le chemin de Damas, chez lui ; il reverra au bout de trois jours… cf. Ac 9.

3 Il s’agit de l’abbé Marc Passera, décédé en mars 2020, accompagnateur du catéchuménat
à Genève pendant de nombreuses années.

4 Etymologie de « ad cum panis », accompagner.

 

Une Maison pour la Diaconie et la Solidarité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Ouverte à Sion il y a déjà plus d’un an, la Maison de la Diaconie et de la Solidarité 1 est portée conjointement par le Diocèse et l’Eglise réformée. Grâce au soutien de la Fondation Casa Juan Diego 2 , ce lieu qui grouille de vie est entièrement voué au service des plus vulnérables d’entre nous.

PAR JOËLLE CARRON, DÉLÉGUÉE ÉPISCOPALE À LA DIACONIE | PHOTOS : BERNARD HALLET, CATH.CH

En mars 2020, l’Accueil Hôtel-Dieu, une des associations
partenaires de la Maison, y a deménagé ses locaux. Son café social nommé « Verso l’Alto » y offre chaque jour près de 50 repas
de midi, à l’emporter ou livrés. Depuis, diverses activités ont pu
se déployer, malgré les restrictions. Faisons-y un petit tour…

1. Des services offerts aux plus fragiles

Un accueil quotidien – Du lundi au vendredi, l’accueil est assuré par des bénévoles qui servent les repas, mais proposent aussi écoute ou accompagnement. Ils peuvent aussi orienter les hôtes vers d’autres services, ateliers ou groupes.

Un soin juste – Une permanence juridique nommée « Soif de justice » offre aux associations solidaires un accompagnement, au service de leurs bénéficiaires. En collaboration avec d’autres acteurs, on y offre un accès aux soins de base (évaluation médicale, orientation et soutien administratif). Un véhicule destiné à assurer des consultations de proximité a été mis en service.

Soif de justice – Une permanence juridique nommée « Soif de justice », un accès à des compétences juridiques au service de l’accompagnement des personnes et des associations solidaires est offert.

Une passerelle professionnelle – La Maison offre aussi une passerelle professionnelle pour les personnes ayant souffert de l’impact financier du Covid-19. Une crêperie a ainsi été ouverte et sert ses spécialités le soir du lundi au jeudi. Ce projet d’une année, mis à mal par les contraintes sanitaires, mais soutenu par la Chaîne du Bonheur dans le cadre de la pandémie, pourrait être pérennisé.

2. Un pôle de compétences, cantonal et œcuménique

La Maison a pour vocation de fédérer les compétences, de développer les collaborations entre les différents acteurs ecclésiaux, tant catholiques que réformés et de maximiser les synergies. Elle rassemble, crée un réseau, permet de porter ensemble l’appui aux migrants, la pastorale des prisons, l’accueil et le soutien des
personnes en précarité ou en fragilité psychique.

3. Un lieu de sensibilisation et de formation

La Maison permet à de nombreux bénévoles ainsi qu’aux intervenants professionnels des deux Eglises de se confronter à la réalité de la précarité et de se former à l’engagement solidaire. Elle a également pour mission de sensibiliser le grand public au vécu des plus fragiles en Valais, de tisser du lien en dépassant les milieux sociaux et les générations.

 

Le Verso l’Alto en 2020:

➤ 1700 Christmas Box

➤ 10’000 repas de midi

➤ 1’700 petits déjeûners

➤ 70 bénévoles

OÙ ?
Rue de Lausanne 69 à Sion
(en face de l’église Saint-Guérin)

CONTACT ?
Joëlle Carron : 027 323 89 15
maisondiaconie@gmail.com

CONTRIBUER ?
Votre soutien est le bienvenu:
IBAN CH33 8080 8003 7706 3162 2

1 Diaconie : en grec « service » c’est-à-dire égard ou attention aux plus vulnérables… Cela revient ultimement à dire « aimer » !

2 … qui poursuit l’œuvre du Père Gabriel Carron auprès des détenus
et des enfants en Argentine.

 

La joie de marcher avec les réfugiés

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Formée en travail social, Clotilde Perraudin partage son activité professionnelle entre
plusieurs institutions : responsable de la halte-jeux pour la Fondation Trait d’Union, elle
est aussi engagée en pastorale de rue dans la Riviera vaudoise et, depuis quelques années,
à la paroisse de Martigny. Chargée des « mercredis » du Foyer Abraham, Clotilde s’engage pour créer du lien et favoriser la rencontre avec les réfugiés…

PAR CLOTILDE PERRAUDIN | PHOTOS : DR

« Avec la pandémie, il a fallu s’adapter et cesser les rencontres du mercredi. En attendant la réouverture prochaine, je vais chaque semaine à la rencontre des personnes réfugiées, chez elles, pour maintenir les liens. Le Foyer Abraham, c’est un lieu d’accueil fréquenté principalement par des femmes migrantes et des enfants. On y donne des cours de français et de l’aide aux devoirs. Mais, pour moi, le Foyer Abraham, c’est bien plus que cela…

Tout d’abord, c’est un espace de rencontres : les femmes se retrouvent et partagent un après-midi. Les bénévoles découvrent de nouvelles cultures, les enfants jouent entre eux… Et moi, je suis face à la différence de chacun et je compose avec. Je tente de bricoler avec les charismes de tous. C’est une tâche à la fois exigeante et magnifique. J’ai de la chance d’apercevoir les pépites des rencontres du Foyer Abraham : la fierté d’un bénévole qui se voit capable d’enseigner, des femmes ravies d’avoir eu de l’attention et d’avoir progressé en français, des enfants heureux de se retrouver autour d’un ballon, des femmes et des hommes qui échangent sur leur joie et leur peine.

Le Foyer Abraham, c’est aussi un lieu d’hospitalité. L’hospitalité ne se résume pas à la générosité des bénévoles offrant de leur temps, elle se vit aussi dans l’accueil de la vulnérabilité de tous. Je suis toujours chaleureusement accueillie malgré mes failles et mes manquements. Les enfants courent dans nos bras. Peu importe notre « efficacité » à donner ou à recevoir un cours de français, chacun a sa place et son importance au Foyer Abraham.

Finalement, ce que ce lieu me permet de vivre, c’est la vulnérabilité, la démaîtrise et l’abandon. De semaine en semaine, nous composons avec les imprévus, sans savoir combien exactement seront présents. Je me sens souvent bien petite face à la détresse et la dureté de la vie de certaines personnes exilées. Il est vrai que ce n’est pas toujours facile d’offrir une belle présence dans ce fourmillement de vie… Mais, après un après-midi intense et sonore, j’ai à chaque fois le cœur rempli de joie. »

 

Le Groupe Abraham, qu’est-ce que c’est ?

C’est tout d’abord un lieu d’accueil : les « mercredis » du Foyer Abraham avec tout un réseau de bénévoles pour une population principalement migrante. Des mamans viennent pour les cours de français, les enfants pour l’aide aux devoirs, les petits pour les jeux, les adolescents pour le soutien scolaire. Il y aussi les vacances à la Maison Saint-Pierre qui, elles, sont partagées par des familles réfugiées et des personnes seules : des parenthèses de quatre jours à Bourg-Saint-Pierre, été comme hiver, qui rassemblent entre 40 et 60 personnes.

Le Groupe Abraham organise aussi des sorties à la journée. On part, Suisses comme réfugiés, à cinq ou à vingt. De la marche sur un bisse à l’invitation au golf de Verbier, peu importe : ce qui se tisse, c’est la fraternité, c’est le lien, l’être ensemble. Pareil pour les diverses activités issues des compétences des bénévoles, des désirs et richesses de chacun : art-thérapie, peinture, fabrication de savons… Cet échange fraternel se vit aussi le lundi en fin de journée au Café du Parvis, aménagé au sous-sol de la Maison de la Visitation. Enfin, il y a aussi les visites aux familles, les amitiés, le temps partagé, les aides et accompagnements divers.

 

La douleur transcendée

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Nuria Wipfli-Parrot est une jeune femme d’origine espagnole. Je l’ai remarquée en raison d’un rayon de lumière qui a traversé son visage au moment où je l’ai aperçue… Si un jour vous vous retrouvez sur la place Centrale à Martigny et que vous remarquez la présence d’une personne au large sourire, sur sa chaise roulante avec des lunettes rondes, accompagnée d’un grand chien blanc : c’est Nuria !

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Nuria est née en Suisse. Ses parents, eux, ont vécu l’émigration des années 60 et 70 fuyant les conditions de vie très rudes de l’époque de Franco. Nuria a traversé d’innombrables épreuves qui l’ont conduite à prendre la vie comme elle vient et à s’en accommoder.

 

Chutes à répétition – « Mes difficultés ont commencé toute petite : je tombais souvent ! Il n’y pas longtemps que j’ai pu mettre des mots sur mon problème… A l’âge de 8 ans, un premier constat : une de mes jambes est plus courte que l’autre. Une différence minime. Le traitement demandé n’aura aucun effet. Vers 9 ans, et malgré de nombreuses chutes, en raison de la fragilité de mes chevilles dont les ligaments se déchirent, je me passionne pour la danse classique. Je m’y suis adonnée durant 10 ans jusqu’à ce que je pose la décision de tout arrêter. Après une dizaine de blessures et ne pouvant jamais aboutir dans mes projets de spectacle, je me suis arrêtée.

Pétage de plombs – Vers l’âge de 20 ans, je me suis orientée vers une formation d’éducatrice de la petite enfance. C’était sans compter une profonde fatigue mentale et physique qui a fait que vers 22 ans, j’ai « pété carrément les plombs ». J’ai alors été hospitalisée à Malévoz. Nouveau diagnostic, psychologique celui-là : des troubles bipolaires ! Durant près de 19 mois, j’ai dû prendre mon courage à deux mains pour aller de l’avant : me reconstruire, retrouver mon chemin. Cette unité d’accueil de jour m’a été salutaire. Aujourd’hui, la réhabilitation en psychiatrie est trop rare. Dommage !

Une vie minimaliste – C’est alors que j’ai décidé de vivre à la montagne. Malheureusement, je suis tombée très malade (troubles alimentaires). Depuis Mex où j’étais, l’accès aux soins était difficile et j’ai dû me résoudre à redescendre. J’avais un très grand chalet et j’avais accumulé une grande quantité d’objets. J’ai pris la résolution de me débarrasser de tous les objets dont je n’avais pas strictement besoin et, je peux vous le dire, ça a été une véritable libération ! J’étouffais sous le poids de l’avoir et j’avais besoin de retrouver l’être. J’ai découvert ce qu’est de vivre le « minimalisme ». J’applique la méthode appelée « bisou »1 qui permet de discerner la réalité de mon besoin. Vous savez la pub est bien faite : on nous fait croire qu’on ne pourra pas vivre sans tel ou tel objet. Moi j’ai voulu sortir de cette spirale.

Atteinte d’un syndrome rare – Après mon mariage, je me suis donnée pour l’entreprise de mon mari, mais je me rendais compte que j’en faisais trop et ç’a été le déclic : tout mon corps lâchait ! J’avais mal partout, même aux doigts. Alors j’ai dit STOP ! C’est à ce moment que tombe (encore) un nouveau diagnostic. On me plante là sans explication : « Vous êtes atteinte du syndrome d’Ehlers-Danlos 2. » Quoi !? J’ai été cherché sur le web (ce qu’il ne faut jamais faire…). J’ai compris qu’il s’agissait d’une maladie rare qui cumulait les symptômes de plusieurs maladies. Elle est évolutive, mais pas dégénérative. Les symptômes s’entremêlent et touchent 80 % de mon corps. J’ai pu reconnaître ces maux très tard, c’est pourquoi j’ai eu beaucoup de casse ! Si on peut, dès l’adolescence, accompagner les jeunes et protéger les articulations, on évite pas mal de problèmes. Aujourd’hui, ce sont les apports en oxygène qui me procurent le plus de bienfaits. De l’air ! Cela permet d’être moins fatiguée et donc de mieux gérer la douleur.

Bref, toutes ces épreuves m’ont forgée. Je sais que je suis très résiliente. Cette vie qui est la mienne, je l’ai bâtie avec rien ou plutôt avec de la débrouille, de la patience, de la détermination. J’ai eu les personnes qu’il me fallait en route. J’ai aussi toujours trouvé les solutions utiles pour poursuivre. A un moment, c’est le retour au réel qui a été la solution. Arrêter de tourner en rond dans sa tête et remettre les pieds sur terre en redevenant attentive aux sons, aux odeurs, à la vie foisonnante qui nous entoure. En forêt par exemple.

Pour beaucoup, la situation Covid est un facteur pénible. Pour moi, cette incertitude du lendemain, je l’ai toujours vécue et je l’ai intégrée. Je traverse ainsi la situation actuelle avec facilité ! En effet, j’ai l’habitude de rester chez moi et d’occuper le quotidien avec peu de choses. Si on peut être heureux, ça aide énormément ! Alors je m’occupe d’être heureuse avec trois fois rien ! C’est un apprentissage auquel il faut consentir. Alors la paix peut venir…

 

1 Cf. https://lesecolohumanistes.fr/la-methode-bisou/

2 Ensemble de maladies héréditaires qui affectent essentiellement la peau, les articulations et les vaisseaux sanguins. Les syndromes d’Ehlers-Danlos touchent les tissus conjonctifs, principalement la peau, les articulations et les parois des vaisseaux sanguins.

 

Seigneur, avec toi, nous irons au désert

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

A vous chers paroissiens qui les avez soutenus pour leur voyage à Rome, malheureusement reporté à des temps meilleurs, les BCBG (Bande de Confirmés Bien Gardée par l’Esprit Saint) vous donnent de leurs nouvelles.

PAR LE GROUPE BCBG

PHOTOS : JONAS SEYDOUX

C’est joyeusement motivée, les peaux de phoque prêtes et les chaussures de ski enfilées avant même de prendre place en voiture, qu’une partie de notre groupe s’est retrouvée sur le parvis de l’église de Martigny-Ville pour prendre la direction de l’Hospice du Grand Saint-Bernard afin d’y passer un week-end de partage en toute « covidialité ».

Quelle surprise ce fut de découvrir durant la montée une telle quantité de sable venu tout droit du Sahara recouvrir le beau manteau neigeux de nos montagnes ! On se serait presque cru sur la planète Mars. Mis à rude épreuve par la tempête de foehn accompagnant ce décor lunaire, nous sommes finalement parvenus jusqu’à l’Hospice, quant à lui toujours aussi
solidement ancré sur le roc de la montagne. Quel bel écho à cette parabole de Jésus (cf. Mt 7, 24-27) !…

Aussitôt réconfortés par un bon bol de thé, nous avons passé un après-midi et une soirée dans la joie et les rires où nous avons pu une fois de plus admirer les talents de tricheur de Simon, toujours capable de rendre une tranquille partie de « Uno » en un véritable jeu de combat bienveillant.

Le lendemain, après la messe dominicale, nous avons finalement profité d’une fenêtre météo favorable pour redescendre et nous rendre à La Rosière où la paroisse d’Orsières nous a gentiment mis à disposition un local pour que nous puissions pique-niquer au sec et au chaud. C’est avec l’estomac bien plein que nous avons pu ensuite écouter Laurine nous retracer la vie du bienheureux Maurice Tornay, avant de visiter sa maison natale ainsi que la chapelle dédiée à sainte Anne.

Nous avons finalement retrouvé le chemin de la maison avec un désir : celui de vivre à nouveau un week-end comme celui-ci !

« Prendre soin de la Maison commune »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Dans la brochure de la Campagne de Carême, cette phrase, tirée de l’encyclique « Laudato si’ » du pape François, m’a interpellée… Prendre soin ? Notre terre : une maison ? « Commune » qui plus est… Qu’est-ce à dire ?

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : PIXABAY

Les premiers mots d’abord : « prendre soin ». On prend soin de quelque chose de fragile, de précieux ou de quelqu’un de malade, de quelqu’un dont l’état de santé est préoccupant… (voir photo
de couverture).
Notre planète, bien sûr, correspond à tout cela, fragile, précieuse et malade, mais c’est tellement difficile de nous en rendre compte, quand nous avons sous nos yeux, hormis la problématique des glaciers qui fondent et dont la surface se modifie à vue d’œil, une nature relativement saine, des arbres qui s’agitent au vent, des rouges-gorges qui nous enchantent,
des fleurs devant nos maisons, au long de nos parcours de randonnées, dans nos jardins… Il me semble qu’une des difficultés de cette invitation, est qu’elle peut nous paraître infondée… Pour en avoir une vision proche de la réalité, il nous faut accepter
de voir et d’entendre des informations déplaisantes… Que ce soit par le calendrier de Carême ou par d’autres biais.

Notre terre serait-elle une maison ? Métaphore à apprivoiser… Un propriétaire qui en a les moyens et le temps, sera peut-être attentif à prévenir toute usure potentielle, à changer ce qui doit l’être avant la panne ou le dégât. Cela dépendra aussi de son
attachement à cette maison, nos vies s’enracinent dans des espaces qui nous deviennent chers et nous prenons soin des lieux car ils sont l’écrin de notre histoire, les témoins de ceux qui
y ont vécu avant nous… Et notre planète dans tout cela ? Pour en prendre bien soin, comme d’une précieuse maison, il serait bon d’interroger nos attachements… Du côté du cœur, la génération suivante peut nous aider à faire les bons choix : prenons soin de cette « planète-maison », en posant le plus souvent possible les bons gestes, parce que des petits enfants y commencent leur vie. Ceux que vous voyez s’élancer sur la balançoire, courir le long d’un bisse, vous offrir gravement une poignée de pissenlits ont besoin de notre vigilance pour pouvoir vivre – et vivre bien – dans ces « murs » lorsque nous ne serons plus là…

Et dans mon salon ? L’aspect communautaire de l’invitation du pape François est peut-être la prise de conscience la plus difficile… Il me semble en avoir une illustration à longueur de semaine : pour quelques heures par jour, les murs de l’école nous sont communs, les sols aussi… Et devant les déchets mal triés
et les papiers qui traînent, je me dis : « Font-ils comme ça dans leur salon ? » Non, bien sûr ! Vous voyez le défi ? Considérer notre planète comme un espace dont nous prenons soin personnellement, alors qu’il devient déjà difficile de maintenir un minimum de vigilance dans un espace collectif qui nous est familier !

Un geste tout simple. Le calendrier de Carême propose un partage de biens qui permet des changements salutaires dans des parties de cette maison où nous ne vivons pas, cet argent, dans certaines situations, sera le remède bienvenu pour une amélioration concrète. Pour ma part, je vous propose un geste tout simple, à faire comme une prière, comme si on posait notre main fraîche sur le front fiévreux de notre monde : se pencher, ramasser, emporter et jeter tous les masques qui se trouvent sur nos chemins… Et quand il n’y aura plus de masques, nous aviserons !

A l’affût du renouveau

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Ma passion pour la photographie animalière est née à la suite d’une période difficile et m’a permis de vivre au plus profond de moi un renouveau, un retour à la vie.

TEXTE ET PHOTOS PAR MARION PERRAUDIN

Au fil des saisons, durant mes heures d’attente et d’affût, j’entre dans un cœur à cœur avec Dieu, afin de lui laisser me montrer ses trésors. Je laisse résonner en moi sa Parole qui me renouvelle comme l’aube de Pâques.

Durant ces heures, j’apprends et j’approfondis la patience. J’expérimente également la notion de « démaîtrise ». En effet, je n’ai aucun pouvoir, aucun contrôle sur l’animal que je voudrais photographier dans le cadre et la lumière idéal. J’essaye simplement de vivre l’instant présent. Tous ces moments m’aident à vivre mon quotidien rythmé par les joies et les bonheurs, mais aussi par le deuil de mon mari, ce temps de pandémie avec toutes les contraintes que l’on connaît.

Tout dans la nature est annonce de renouveau. Tel un arbre qui, dans la froidure de l’hiver, tend ses branches vers le haut et espère le printemps, tout notre être doit se tendre vers le Très Haut et refonder sa confiance dans la promesse de la lumière du matin pascal. Car tout ombre dévoile la Lumière et laisse transparaître la beauté. Toute nuit s’incline devant le jour nouveau pour que la vie surgisse. Il suffit d’ouvrir les yeux du cœur, d’accueillir le moment présent des mains du Père et de laisser jaillir sa Vie dans ma vie. Cette nature, cette montagne, avec tous les animaux, est un écrin où la force et la lumière de la vie peuvent être contemplées et accueillies.

A travers les animaux que j’observe, je laisse le Seigneur me parler et me rejoindre. Chaque observation du gypaète barbu – qui avait disparu jusqu’au début des années 90 – est pour moi symbole de renouveau. En regardant ce grand rapace, à la fois fort et fragile, je laisse la Lumière de la Vie éclairer toutes mes fragilités pour qu’à sa clarté, elles se transforment en force. Au passage de l’aigle royal, un verset de l’évangile de saint Jean me revient en mémoire et habite ma prière. Au travers de la douceur d’une chèvre de chamois envers son cabri, d’une biche qui se désaltère au ruisseau, d’un bouquetin qui se couche près de moi, devant la beauté des ailes du tichodrome échelette, je médite les psaumes.

En partageant mes photos, j’essaie simplement de partager non seulement les beautés de la création, mais aussi ma foi et mon espérance en la Résurrection de Jésus Christ, en la force de sa Vie offerte à chacun.

Et Dieu dit : « Que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi… Et Dieu vit que cela était bon. (Gn 1, 20-25)

Une lueur d’espérance

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Connaissez-vous la courte parabole des trois bougies ? Celle de la foi, celle de l’amour et celle de l’espérance ? Je m’en vais vous la conter…

TEXTE ET PHOTO PAR DOMINIQUE PERRAUDIN

La première, celle de la foi, se mit à vaciller et, après que sa flamme ait diminué progressivement, elle s’éteignit. Alors, elle se posa cette question : « Comment vais-je briller encore ? » Celle de l’amour l’accompagnait sans mot dire. Alors, une toute petite voix, timide, se fit entendre : « Moi, je peux toutes vous rallumer ! », dit la troisième, la bougie de l’espérance.

Par les temps qui courent, force est de constater que le nombre de personnes en situation de dépression a augmenté. De gros problèmes économiques affectent beaucoup de citoyens. En plus, tant d’autres soucis quotidiens viennent s’ajouter à tout cela. Les infos décrivent chaque jour, avec une avalanche de témoignages et d’explications de tout ordre, les ravages de cette pandémie. Et chacun de nous, lors de nos innombrables discussions ci et là, y va de son commentaire et de sa prospective. Lorsque la peur s’installe et que nos projets se trouvent bouleversés, n’avons-nous pas parfois la tentation de devenir des prophètes de malheurs ?

Les chercheurs ont découvert des vaccins : c’est une excellente nouvelle ! Notre corps pourra être protégé contre ce virus, mais notre esprit en sera-t-il soulagé ? Personnellement, je ne le pense pas. On guérit le corps et l’on délaisse l’âme. Comment être attentif aussi à notre univers intérieur ?

En Suisse la pratique des cultes diminue. Les sacrements sont délaissés. L’euthanasie est acceptée par une grande majorité de nos représentants politiques. L’IVG (pour ne pas dire avortement) est entrée dans les mœurs. Le nombre de personnes qui se prennent la vie est en augmentation. Avec tant d’autres, je pense que lorsque l’économie est le sommet de l’échelle des valeurs et l’homme le fond, le chaos et l’instabilité s’installent durablement. Je ne peux guère apporter de réponses à ce marasme, mais seulement constater un état de fait.

Mais, nous chrétiens, croyons en un avenir meilleur ! La foi en Dieu peut nous le permettre. Une prière confiante ravivera l’espérance qui permettra aux « bougies de la Foi et de l’Amour » de briller à nouveau au fond de nos cœurs. La paix de l’esprit s’installera en nous et, malgré toutes les difficultés que traverse ce monde, notre vie vaudra toujours la peine d’être vécue.

Dieu n’abandonne aucun d’entre nous ! Chacun est libre de l’écouter. Seigneur Jésus donne du Pain à celui qui a faim, de la Lumière à celui qui la cherche et la Paix à celui qui est tourmenté. Sainte famille de Nazareth, accorde-nous davantage de foi, d’amour et d’espérance.

 

Des rites « à la carte » ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

PAR JEAN-MICHEL GIRARD | PHOTO : PIXABAY

Il n’est pas rare d’entendre un ancien dire, avec un brin de nostalgie : « Tout a changé. » Le changement a sans doute toujours existé, mais il est aujourd’hui plus perceptible par le fait que tout est accéléré. Parfois, nous pouvons regretter certains aspects de la vie passée et parfois nous réjouir de progrès. Parmi ceux qui me réjouissent dans l’évolution de la société, c’est l’affirmation marquée du caractère sacré de la personne, de l’individu. Cela s’accompagne malheureusement d’excès que nous appelons individualisme et subjectivisme : je me prends pour la vérité ou le centre du monde. Quand on parle de la privatisation des rites religieux, de rites à la carte, on souligne l’excès. Mais il ne faudrait
pas regretter une plus grande appropriation personnelle. Quand tout le monde se conforme à ce qui se fait, respecte les usages, il peut y avoir un sentiment
de sécurité, de confort. Mais je crois qu’il nous faut accepter en Eglise aussi
que le choix personnel est prioritaire sur tout confort de bon fonctionnement. Bien sûr, nous sommes des êtres communautaires, des êtres de communion ; nous ne pouvons pas vivre sans les autres ; ce qui implique de « prendre part ». On ne peut se contenter de sucer la collectivité.

Dans cette atmosphère d’exaltation de la personne individuelle, chacun est voué à soi-même pour chercher sa vérité. Comme à tâtons, peut-être avec angoisse. Dans ce contexte de recherche inquiète, demander un rite, un sacrement, même s’il n’y a pas de foi explicite en Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme et Sauveur, est un pas dans l’ouverture au-delà de soi, pour se relier à plus que soi. C’est,
a priori, une démarche authentique. Comment y répondre positivement ?
Nous n’avons pas toujours la solution. Mais, avant de se plaindre de l’inconfort de ne pas savoir comment répondre de manière adéquate, essayons de nous réjouir de voir une fleur s’ouvrir.

 

Un pasteur « Bleu Ciel »

TEXTE ET PHOTOS

PAR MYRIAM BETTENS

La Maison Bleu Ciel est un espace de spiritualité chrétienne ouvert aux «chercheurs spirituels» de toutes provenances. Actuellement au centre de Genève, elle se définit comme un rassemblement de personnes qui cheminent ensemble et partagent des démarches d’approfondissement spirituel, dans la joie de l’échange.

Rejoindre les « distanciés » des églises

« Les difficultés de vie m’ont amené à tout remettre en question. C’est au cours de ces crises que j’ai découvert des chemins et des personnes qui font partie de cet univers des chercheurs spirituels. Mon expérience nourrie de ces rencontres a donné la Maison Bleu Ciel », raconte Nils Phildius, pasteur de l’Eglise protestante de Genève (EPG) et responsable de la Maison Bleu Ciel. Initialement situé dans la maison de paroisse aux volets bleu ciel du Grand-Lancy, l’espace de spiritualité fondé en 2016 s’est aujourd’hui déplacé dans les locaux du Temple de Plainpalais. « Environ deux-tiers des participants aux activités de la Maison se distancient des églises institutionnelles ou n’ont aucune attache avec elles », détaille le pasteur. Il note aussi que de nombreux catholiques participent aux formations ou même à « l’Heure Bleu Ciel », une célébration religieuse chrétienne proposée une fois par mois.

A la jonction de deux mondes

« L’intensité de la recherche spirituelle des participants me frappe particulièrement. Ils vivent cette quête de bonheur et d’unité intérieure comme si leur vie en dépendait », relate encore Nils Phildius. Même si les attentes sont élevées, la tâche ne l’effraie pas. En toute humilité, il révèle que sa mission consiste avant tout « à chercher avec eux ». Pour ce faire, la Maison Bleu Ciel propose différents parcours à la jonction entre le monde séculier et la foi chrétienne. « Nous offrons des activités en lien avec la méditation, le théâtre, la créativité ou le travail corporel. Notre spécificité réside dans le fait de réunir ces propositions séculières avec la foi chrétienne et finalement c’est cela que les gens viennent chercher. »

Rites au pluriel !

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : CIRIC

On a tendance à voir l’Eglise catholique-romaine comme un monolithe, avec «la même messe» aux quatre coins du monde. Faux. Il y a, en son sein, certes le rite romain, majoritaire, les rites ambrosien à Milan et mozarabe à Tolède, mais également cinq autres familles rituelles: chaldéenne/syro-malabare; copte/éthiopienne; arménienne; syriaque/maronite/syro-malankar; et byzantine. Si chacune est gouvernée par un patriarche ou un archevêque majeur, le pape de Rome est tout autant leur pape !

Rite amazonien

Au contraire du slave Jean-Paul II – qu’on a vu vêtu des regalia des rites orientaux qu’il a fréquentés lors de visites apostoliques –, François l’Argentin s’intéresse à l’acculturation de la liturgie sur son continent. En effet, il parle de créer un nouveau rite dans l’Eglise catholique sud-américaine : l’amazonien.

Après le rite zaïrois 1, à propos duquel une excellente présentation 2 lui a permis d’en réévaluer la pertinence pastorale en préfaçant l’ouvrage, on n’avait plus vu un pape évoquer de nouveaux rites dans l’Eglise latine depuis Paul VI ! Or, un effet du synode pour l’Amazonie (2019) est l’élaboration d’un rite propre à cette large partie du continent sud-américain.

Acculturation

Cette initiative rappelle la nécessité de contextualiser la liturgie, messe et sacrements inclus. Dans l’exhortation post-synodale Querida Amazonia, François invite à intégrer dans la liturgie « beaucoup d’éléments propres à l’expérience des indigènes dans leur contact intime avec la nature et à favoriser des expressions autochtones en chants, danses, rites, gestes et symboles ». Et de reconnaître que malgré l’exhortation du Concile Vatican II à doubler d’efforts dans ce sens, « peu de progrès dans cette ligne » sont à constater, déplore le Pape dans
la préface de l’ouvrage précité.

Face à la crispation de certains puristes en matière de liturgie,
il est bon d’être encouragé par
le Pape de tous les catholiques
aux sept familles liturgiques – et bientôt huit ?

1 Du Zaïre, alors ancien nom
de ce qui deviendra la République démocratique du Congo ou RDC.

2 R. Mboshu Kongo, Le pape François
et le Missel romain pour les diocèses du Zaïre,
LEV, 2020.

 

« Rites à la carte »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse catholique de langue française de Berne , novembre 2021

«Traditionis custodes», la lettre apostolique, publiée le 16 juillet 2021 par le pape François, remet à jour certains rites de l’Eglise; c’est une occasion de nous interroger sur le rôle des rites et leurs significations. Commentaires et portrait de l’abbé Antonio Ruggiero, prêtre remplaçant à la paroisse catholique de langue française de Berne.

PROPOS RECUEILLIS PAR XAVIER PFAFF | PHOTO : RP

Une présence internationale

Originaire d’Italie, mais né en Belgique et de langue maternelle italienne puis flamande, l’abbé Antonio a fait ses études à Louvain et connait très bien la Belgique. Actuellement, l’abbé Antonio Ruggiero vit en Suisse depuis 20 ans.

« J’ai été responsable de la Mission catholique italienne de Bienne pendant plus de 17 ans. La MCI comptait chaque année environ 200 enfants au catéchisme ; j’ai par exemple lancé et motivé avec succès une structure d’aides-catéchistes. Les jeunes sont très importants dans la vie d’une paroisse. » L’abbé Antonio a rejoint la paroisse catholique de langue française de Berne en septembre 2019 et en juillet 2021.

Rites et sacrements

« Les rites s’expriment particulièrement par les sacrements, mais il faut d’abord savoir que le sacrement par excellence c’est l’être humain lui-même, femme
et homme. Le Seigneur qui a créé l’être humain,
ne sait faire qu’une chose : aimer. Il nous aime tels
que nous sommes, d’un amour immuable et inconditionnel, au-delà de celle ou celui que nous voudrions être. »

Le reste, et donc les rites de l’Eglise, sont d’origine humaine et peuvent à tout instant être changés.

« Les rites sont une nécessité pour l’homme. Ils nous font du bien, ils nous ouvrent le cœur quand ils sont accompagnés de mots qui donnent Vie. Par exemple, pour le baptême, on observe des rites précis autour du cierge : remise du cierge, le père allumant le cierge, puis père, mère et parrain-marraine touchant le cierge pendant la lecture. Ils symbolisent la lumière du Christ présente dans la vie de l’enfant. La confirmation est un rite important dans le sens où la personne devient officiellement chrétienne et adulte. Et c’est lorsque l’on essaie de vivre la loi de l’Amour qui est le Christ, que l’on devient un chrétien adulte ; les autres rites sont alors sources d’inspiration.

Ils sont présents aussi en fin de vie, par exemple par le sacrement des malades, ou l’accompagnement des personnes en fin de vie. « Le prêtre qui donne ce sacrement entre en relation avec la personne malade ou mourante, ainsi qu’avec les proches présents. Les cœurs s’ouvrent en la présence du Seigneur. »

D’autres rites sont à mentionner, tels le baptême à l’âge adulte, la tradition de la crèche et du sapin de Noël, ou les rites associés au sacrement du pardon.

Au-delà des rites

La vie du chrétien est jalonnée par toutes sortes de rites exprimés principalement par les sacrements. Ils sont importants car ils répondent à des besoins humains. Mais plus que de suivre les rites, la vocation du chrétien, point majeur, est de « vivre l’Amour du Christ au quotidien. Le passé avec ses rites, son histoire et sa culture est primordial ; le futur, avec tout ce qu’il peut nous apporter, l’est tout autant. Mais c’est dans le présent que le Seigneur crée et donne Vie. Et c’est dans ce présent que je veux essayer de vivre authentiquement ma foi au sein de l’Eglise ».

Jeux, jeunes et humour – avril 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Qu’est-ce que l’octave de Pâques ?
L’Eglise aime faire la fête et la prolonger ! L’octave désigne les huit jours qui suivent une fête chrétienne importante, comme Noël ou Pâques. La fête de la Résurrection de Jésus se prolonge sur une semaine où chaque jour est considéré comme jour de Pâques jusqu’au dimanche suivant anciennement appelé In albis (en blanc). Là les nouveaux baptisés quittaient alors leur vêtement blanc porté durant toute l’octave.

Par Pascal Ortelli

Humour

Lors de l’eucharistie dominicale, un curé porte un pansement sur sa joue gauche. A la fin de la messe, un paroissien lui demande ce qui est arrivé. « Ce matin, je préparais mon homélie tout en me rasant. Une seconde de distraction et le rasoir m’a coupé la joue. » Le paroissien, du tac au tac : « M. le Curé, dimanche prochain, vous vous concentrez sur le rasoir et vous coupez le sermon ! » 

Par Calixte Dubosson

Permanence des rites

PHOTO : DR

PAR CALIXTE DUBOSSON

Lors d’une session réunissant plusieurs prêtres, un intervenant, le
sociologue Bernard Crettaz, nous a surpris en conseillant de ne pas abandonner certains rites au sujet des funérailles, mais de les renforcer. Ils permettent de bien faire son deuil et s’inscrivent dans la continuité d’une pratique ayant fait ses preuves.

J’ai connu l’époque où, dès le décès d’une personne, on commençait par sonner le glas. Le curé et le président étaient avertis. On appelait le menuisier pour le cercueil. Dans la maison, on préparait la veillée alors qu’un voisin prenait soin du bétail ou des travaux à terminer. Dans un tiroir, on trouvait les instructions pour habiller le défunt qui reposait dans sa chambre. Jusqu’au jour de la sépulture, il était veillé
jour et nuit par la famille et les amis dont certains abusaient de la dive bouteille à tel point que, le matin venu, seul le défunt était de sang-froid !

Ces pratiques rendaient la mort la plus naturelle possible. Alors, c’était mieux avant ? Dans cette perspective, certainement. A nous de relever le défi, de maintenir ou d’inventer des rites qui dédramatisent l’évènement de la mort et surtout qui traduisent l’espérance chrétienne de la résurrection.

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp