L’Atelier œcuménique de théologie (AOT)

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), janvier-février 2020

Par Karin Ducret | Photo: Catherine Morin Perregaux

Un chemin vers l’unité ?

Le thème choisi pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2020 s’intitule « Ils nous témoignèrent une humanité peu ordinaire » et repose sur le naufrage de l’apôtre Paul et ses compagnons à Malte (Actes 27, 18 – 28, 10). Les naufragés ont été accueillis avec hospitalité par la population locale. Ce texte a incité le groupe de préparation à mettre en lumière des thèmes comme l’hospitalité, la réconciliation, le discernement,  la conversion, la générosité…

Ces « vertus œcuméniques » – l’Atelier œcuménique de théologie (AOT) les vit depuis 46 ans dans une expérience pionnière – ont déjà touché quelque 2000 personnes à Genève. L’aventure a débuté en 1973 – durant plus d’un an des théologiens du Centre protestant d’études et des jésuites ont planché sur une formation œcuménique d’un genre nouveau.

La publication de « Nos convictions sur l’AOT » * en 1983, écrite par des enseignant-e-s de  l’AOT,  nous éclairent sur ce projet théologique, qui n’a pas changé depuis : « Il est possible, du sein même des différences, de se poser ensemble la question de Dieu dans l’actualité des défis de ce monde. Un tel travail théologique manifeste la nécessité et l’urgence, le bien-fondé et le bienfait d’espaces œcuméniques qui, n’étant pas sous la responsabilité directe des Eglises et n’en formant pas une, peuvent jouer un rôle «  inter-ecclésial  ». Dans de tels lieux il devient possible de se laisser interpeller à la fois par la Parole de Révélation et par nos présences au monde […] La recherche commune est possible parce que […] la Bible est notre référence fondamentale. Pour la lire, nous utilisons tous les instruments de travail fournis par l’exégèse scientifique. […] Nous voulons que l’exégèse rigoureuse nous guide vers une interprétation actuelle des textes bibliques. Des différences de compréhension et d’interprétation apparaissent parfois ; elles proviennent de nos enracinements confessionnels et de nos références philosophiques différentes mais nous estimons que ces approches sont complémentaires. Nous nous efforçons constamment de vérifier nos interprétations à la lettre du texte. […] Ce «  petit bout de chemin fait ensemble  » (comme le disait Jean XXIII) ne permet plus de dire ou de laisser croire que la quête commune de la vérité du Christ provoque une perte d’identité. Ce qui change, lorsque nos racines se plantent en profondeur, c’est la vision de l’autre. Ne cherchant pas à faire disparaître nos différences nous n’en mesurons que plus gravement le drame de quatre siècles de rupture »

Alors ? L’Atelier œcuménique de théologie (AOT), un chemin vers l’unité ? 

* Ce texte, rédigé par les enseignants et enseignantes de l’Atelier œcuménique de théologie à Genève, fut envisagé pour une adresse directe au pape Jean-Paul II lors de sa visite à Genève. Il ne s’agissait, dans le cadre d’une rencontre, que d’attester d’une réalité vécue dans un lieu particulier. Les circonstances ayant empêché ce voyage, l’AOT a décidé de rendre public ce document.

Marie-Madeleine Cantin, épouse de diacre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), février 2020

Par Claude Jenny | Photo: LDD

Le dossier central de ce journal est consacré aux femmes de diacres. Dans notre paroisse, nous n’avons aucun diacre. Nous sommes donc allés dans l’UP voisine, à Russy, à la rencontre de Marie-Madeleine Cantin, épouse de Jean-Pierre, diacre depuis 3 ans.L’entretien fut nourri, chaleureux, profond, tant ce couple respire la complicité. Autant dire que madame vit sans aucune difficulté son statut d’épouse de diacre ! « On ne me titille pas par rapport aux histoires qui secouent l’Eglise. Ceci est sans doute du fait que nous sommes un couple, que nous avons une famille » explique d’emblée Marie-Madeleine. « Par contre, ajoute-t-elle, la question que l’on me pose le plus souvent est : à quoi ça sert un diacre ? » (lire ci-contre)

Lors de l’ordination de Jean-Pierre, l’officiant a posé solennellement la question à Marie-Madeleine : acceptez-vous que votre époux devienne diacre ? « Je n’allais pas dire non ! dit-elle en rigolant. C’était tellement naturel pour lui qu’il soit devenu diacre. Son souhait s’inscrivait logiquement dans la continuité du vécu de sa foi et de son engagement en Eglise. » Leurs deux enfants ont également été consultés dans le cadre familial. Il est vrai que son mari était déjà engagé depuis de nombreuses années dans son UP, principalement en tant que catéchiste. Mais il est tout aussi vrai qu’en devenant diacre, son agenda est devenu bien plus chargé !

Marie-Madeleine a toujours soutenu son mari dans ses engagements religieux et les a partiellement partagés. « J’assiste à certaines cérémonies, mais je ne peux pas le suivre partout car je suis encore active professionnellement. Par contre, je vais chaque année au pèlerinage de Lourdes comme hospitalière » explique cette épouse qui avoue que depuis que Jean-Pierre est diacre, leur vie familiale s’est un peu compliquée car presque tous les week-ends il est occupé.

Un diacre de terrain
La mission peut beaucoup varier d’un diacre à l’autre. Pour Jean-Pierre, c’est véritablement une mission de terrain : « Je ne voulais même pas être diacre au départ. C’est un prêtre qui m’a convaincu de le devenir avec l’idée que je serais mieux inséré au sein de l’équipe pastorale de l’UP et que je pourrais ainsi être encore plus utile avec une visibilité de diacre. »

Le couple vit évidemment aussi un partage spirituel. Ils aiment fréquenter certains sanctuaires. Ils récitent le chapelet ensemble. Par contre, Marie-Madeleine laisse Jean-Pierre seul dans son bureau pour les deux temps quotidiens de recueillement et de prière dont il a besoin pour se ressourcer. 

Les deux sont pour une Eglise ouverte, œcuménique, et Jean-Pierre œuvre comme diacre sans trop se préoccuper des turpitudes qui déstabilisent l’Eglise et qui pourrait le décourager de l’utilité de son mandat. « Nous sommes proches des gens, ce qui fait que certains s’adressent même plus volontiers à moi qu’à un prêtre. » Ce qui prouve bien l’utilité d’un diacre lorsqu’il est pleinement inséré dans la vie pastorale d’une région.  

Ayant abandonné son activité professionnelle à la direction d’une grande école pour devenir diacre à 80% – « certaines semaines, c’est du 120% dit son épouse » – Jean-Pierre devrait prendre sa retraite dans 2 ans, à 65 ans. « Je vais à tout le moins freiner mon activité pour me consacrer davantage à ma vie familiale » promet-il.

Une fonction à part

Un diacre exerce une fonction à part dans l’Eglise. C’est un laïc mais qui est ordonné – au terme de tout un parcours de formation – et à ce titre fait partie des membres du clergé, et peut donc occuper un rôle plus important qu’un agent pastoral laïc. 

Il peut notamment officier lors de certaines célébrations (baptêmes, mariages, funérailles) et donner certains sacrements, mais pas tous. Et ne peut pas célébrer l’eucharistie. Donc dire la messe ! Lors de son ordination, il peut être célibataire – auquel cas il ne pourra pas se marier par la suite – ou être marié – mais devra obtenir l’aval de son épouse et ne pourra pas se remarier s’il devient veuf.

Entre autres qualités

Par François-Xavier Amherdt
Photo: pxhereBien sûr, le contexte de l’époque des premières communautés chrétiennes auxquelles Paul s’adresse était tout autre : l’apôtre des nations évoque même, dans la 1ère épître à Timothée, la possibilité que les épiscopes (équivalant grosso modo aux évêques actuels) soient eux aussi mariés : « Aussi faut-il que l’épiscope soit irréprochable, mari d’une seule femme, qu’il soit sobre, pondéré, courtois, hospitalier, apte à l’enseignement, ni buveur ni batailleur, mais bienveillant, ennemi des chicanes, détaché de l’argent… » (3, 2-3) 

Vivre en harmonie
Reste que l’unique mariage, et donc la fidélité à sa femme, sont présentés comme des qualités indispensables également pour l’exercice du ministère de diacre, dans la liste qui suit : « Les diacres doivent être mari d’une seule femme, savoir bien gouverner leurs enfants et leurs maisons. Ceux qui remplissent bien leurs fonctions s’acquièrent un rang honorable et une ferme assurance en la foi au Christ Jésus. » (3, 12-13)

Ces listes classiques de dispositions requises pour ceux et celles qui exercent une charge dans l’Eglise comportent donc, à côté de la vertu de dignité humaine, la loyauté, la sobriété, l’honnêteté, l’art de bien gérer les situations, la dimension de témoignage personnel, conjugal et familial. Si les diacres sont au service de la « maison Eglise », il est indispensable qu’ils puissent vivre en harmonie dans leur propre couple et leur famille. 

Fidélité spirituelle
Cette condition vaut toujours, puisque le sacrement de l’ordre reçu par les diacres permanents s’exerce en premier lieu, de l’intérieur, dans l’attention et la délicatesse de l’ordinand vis-à-vis de son épouse et à travers l’adhésion de la femme au projet de son mari. J’y pensais le dimanche 8 décembre à Villars-sur-Glâne, en voyant présente aux côtés de son conjoint Robert Nzobihindemyi,  Anne-Marie, l’épouse de celui-ci, elle aussi Burundaise, tandis qu’il recevait l’ordination en même temps que trois autres diacres futurs prêtres. Et cette dynamique matrimoniale s’enracine dans la fidélité spirituelle, dans l’amour et la charité : « Que les diacres gardent le mystère de la foi dans une conscience pure. » (3, 9)

Ordination diaconale de Pablo Pico: «Je crois à la vie éternelle»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), février 2020

Par Pablo Pico | Photo: DR

Nous le confessons chaque dimanche dans le « Credo ». Le douzième et dernier article du symbole des apôtres parle de la vie après la mort. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) y consacre plus de 30 articles (n° 1020 à 1050), divisés en six points :

1. Le jugement particulier (CEC n° 1021-1022)
« Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours ». Saint Jean de la Croix résume ainsi le Jugement particulier que chacun reçoit au moment de mourir: « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ».

2. Le ciel (CEC n° 1023-1029)
La vocation et l’aspiration la plus profonde des créatures raisonnables (anges et hommes) est de vivre en communion avec Dieu Trinité et avec tous les saints dans un bonheur éternel. La béatitude consiste en la jouissance parfaite de la vision de Dieu face à face. Cette gloire nous vient des mérites de la passion et de la résurrection du Christ. Toute personne qui accueille le sauveur dans sa vie et qui n’a plus besoin de purification pour ses péchés après sa mort jouit d’un bonheur parfait dès sa rencontre avec le Christ glorieux.

3. Le Purgatoire (CEC n° 1030-1032)
La Parole de Dieu demande de prier pour les défunts (2 Maccabés 12, 46), et l’Eglise offre le sacrifice eucharistique à leur intention, « afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu ». En plus de la prière, l’Eglise encourage à faire des aumônes et des oeuvres de pénitences en faveur des défunts qui sont morts dans l’amitié de Dieu (en état de grâce), mais qui ont encore besoin d’une purification afin d’entrer dans la joie du ciel. Les âmes du purgatoire ont déjà la certitude de leur salut, mais elles souffrent de ne pas pouvoir être pleinement unies à Dieu en raison des fautes qui n’auraient pas été expiées de leur vivant.

4. L’enfer (CEC n° 1033-1037)
« Dieu ne prédestine personne à aller en enfer » ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin ».
« Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’autoexclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot  » enfer  » ».

5. Le Jugement dernier (CEC n° 1038-1041)
A la fin des temps (Parousie), « le jugement dernier interviendra lors du retour glorieux du Christ ». Le Père seul en connaît l’heure et le jour. «La résurrection de tous les morts précédera le Jugement dernier. Ce sera  » l’heure où ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal pour la damnation  » (Jn 5, 28-29) ».

6. L’espérance des cieux nouveaux et de la terre nouvelle (CEC n° 1042-1050)
« A la fin des temps, le Royaume de Dieu arrivera à sa plénitude. Après le jugement universel, les justes régneront pour toujours avec le Christ, glorifiés en corps et en âme, et l’univers lui-même sera renouvelé ».
« La vision béatifique, dans laquelle Dieu s’ouvrira de façon inépuisable aux élus, sera la source intarissable de bonheur, de paix et de communion mutuelle ».

Ordination diaconale de Pablo Pico

Moment fort pour toute la communauté paroissiale ce 8 décembre 2019 à Lens: Pablo Pico séminariste en stage dans le secteur pastoral auprès du curé Etienne, est ordonné diacre. Une assemblée émue a vécu la célébration présidée par l’évêque de Sion Monseigneur Jean-Marie Lovey.

Photo: Chab Lathion

Confirmands en chemin!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, unité pastorale de Renens-Bussigny (VD), février 2020

Texte par Luca Allaria, Astrid Belperroud, Maria Padilla | Photo : divers

Nos trois responsables racontent…

On arrive à Assens avec une heure d’avance pour bien préparer l’accueil des jeunes qui se préparent à la confirmation ; mais, avec grande stupeur, il y a déjà un des adolescents qui nous attend ! A moitié endormi, il nous dit bonjour et on entre dans la maison. 

Le temps de préparer quelques chaises et des tables, et les 25 adolescents nous rejoignent peu à peu : certains sont contents, d’autres perplexes, d’autres dubitatifs… quelle beauté ! La vie est vraiment comme ça : chaque évènement est vécu différemment, car notre esprit n’est pas toujours le même et nos cœurs sont attirés par des milliers de pensées, désirs et espoirs.

La journée se déroule, intense : on commence par un signe de croix. Tout ce qu’on va faire, c’est… prier en fin de compte !

On parle de nous, de la catéchèse, de la messe, et on explore des questions profondes : la foi, l’espérance, le suicide, le harcèlement… tout en découvrant le livre Youcat.

Il y a des moments de jeux, mais aussi d’incompréhensions, de partages : dans le cours d’une journée, toutes les expériences d’une vie se présentent et interrogent nos jeunes – et nous aussi.  

C’est ça la catéchèse : du grec « katechein » qui signifie « faire résonner à l’intérieur ». On fait résonner ensemble toute notre vie et la Parole de Dieu. Et l’écho, c’est Dieu qui nous rencontre et nous guide.

On termine la journée à l’église d’Assens où on redécouvre un lieu familial et en même temps étranger, car pas forcement compris à 100%.

Avant de sortir, on termine avec un geste antique mais très significatif : l’eau bénite, qui est passée des fonts baptismaux à chacune et chacun, par le geste d’Astrid. La foi, la Présence qui nous sauve, est un don que nous recevons par les autres, par le Corps du Christ !

La vie est chemin… vive le chemin !

Quand les enfants apprennent à confectionner une bougie…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), février 2020

Par Marianne Berset | Photo: André Bise

C’est l’atelier que Mme Martine Hayoz et son mari Gilbert, accompagnés de quelques catéchistes, ont proposé aux enfants de la paroisse afin qu’ils puissent se préparer à accueillir Celui qui est La Lumière.Le 7 décembre dernier, à Font, plus de 40 enfants ont été accueillis par quelques catéchistes qui ont pris soin de les aider à se préparer à Noël en confectionnant une bougie en cire d’abeille. Après un moment d’accueil, les enfants et les catéchistes se sont répartis en deux ronds de 14 personnes, et dans un esprit de méditation, à tour de rôle, ils ont trempé leur bougie. A chaque tour, sous les yeux admiratifs des enfants et l’œil expérimenté de M. Hayoz, leur bougie prenait forme et c’est près de Jésus qu’ils ont prié en chantant, afin que cette flamme d’amour les éclaire dans la nuit et pour se rappeler que sa douce lueur est là et qu’elle brille en nous. Merci à tous pour ce moment d’intériorité.

Epouse d’un diacre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de Saint-Maurice (VS), février 2020

Texte et photo par Véronique Défago

Etre l’épouse d’un diacre ne change rien et change tout. Stéphane est très actif dans notre vallée, et je suis souvent partie prenante de ses engagements, soit directement comme dans la préparation aux sacrements, soit indirectement lorsqu’il prépare par exemple une homélie et qu’il me demande mon avis. 

Avant d’être l’épouse d’un diacre, j’étais l’épouse d’un laïc engagé dans l’organisation des pèlerinages, aumônier en EMS, catéchiste, et dans la plupart de ses tâches, nous avons toujours travaillé ensemble car c’est indispensable d’être tous les deux « Eglise » afin d’œuvrer dans la même direction. Avant l’ordination, je m’interrogeais beaucoup, surtout sur le fait de voir mon mari à l’autel, cela me paraissait être une démarche insurmontable. 

Heureusement, durant la formation qui est aussi ouverte aux épouses, on rencontre d’autres épouses de diacres et futurs diacres et petit à petit, on arrive à accepter tout ce que le diaconat changera dans notre vie de couple. Aujourd’hui je peux dire avec joie et sérénité que mon OUI que j’ai offert à mon mari est un oui reçu de Dieu, afin qu’à travers notre couple et le diaconat, on puisse répondre à cet appel d’être au service des pauvres et de son prochain avec tout l’amour que Dieu nous donne au quotidien.

Jeux, jeunes et humour – février 2020

Par Marie-Claude Follonier[thb_image image= »4528″ img_link= »url:/wp-content/uploads/2020/01/SpecFR_fevrier2020_interieur_Jeux. »]

Question d’enfant

Pourquoi Dieu, on ne le voit pas ?
« L’essentiel est invisible pour les yeux », affirme le Petit Prince de Saint-Exupéry. Avec Dieu, c’est un peu pareil… Alors qu’il est source de toute lumière et de tout bien, et nous sommes devant lui un peu comme des hiboux éblouis par l’éclat du jour et par ce trop-plein de splendeur. Toutes les choses bonnes, belles, justes et vraies reflètent Dieu. Ainsi, l’amour d’un père pour son fils peut nous aider à envisager Dieu comme « notre » Père.

Par Pascal Ortelli

Humour

Lors d’un cours de catéchisme, M. le Curé est interpellé par un enfant qui dessine avec des crayons de couleur. Se penchant sur la feuille, il découvre un gribouillis de lignes multicolores allant dans tous les sens, des carrés et des ronds qui s’enchevêtrent et se recoupent sans aucune logique. Il s’adresse à l’enfant :
– Alors petit, qu’est-ce que tu as voulu dessiner ?
– J’ai dessiné le bon Dieu.
– Mais le bon Dieu, personne ne l’a vu et on ne sait pas comment il est !
– Eh bien, dit l’enfant, maintenant, vous savez !

Par Calixte Dubosson

Il était une fois…

Par Thierry Schelling
Photo: DR… une jeune Mayençaise qui voulut étudier – ce que le contexte de l’époque (milieu du IXe siècle) lui interdisait – qui s’appelait Jeanne – ou Agnès, ou Marguerite, ou Gilberte, selon les sources ! –, qui se fit passer pour… Jean et, suivant son amant du moment, partit à Londres et Athènes en quête de savoir, pour finir à… Rome où elle devint exégète et entra même à la Curie ! D’aucuns dirent qu’elle fut créée cardinal !

Or, en plein été 855, l’évêque de Rome Léon IV – le célèbre bénédictin à l’origine de la muraille léonine – mourut. Le populus romanus acclama aussitôt son successeur en la personne de… notre Jean, qui, pendant deux ans, trôna au sommet de la hiérarchie catholique. Jusqu’au jour où, menant procession dans les rues de l’Urbs, elle accoucha sous aube et chape papales d’un bâtard au père certainement très clérical. Scandale on ne peut plus public car elle aurait aussitôt été… lapidée pour avoir trompé fidèles et clercs sur son genre.

Duos habet
Et depuis, ladite Curie mit en place un processus de vérification de la masculinité du candidat au Trône de Pierre, par la fameuse formule : Duos habet et bene pendentes. Les latinistes traduiront si besoin est.

La papesse Jeanne… Légende croustillante digne des Fioretti Romani, vérité historique un peu loufoque, figure de carnaval à qui plaît l’inversion des genres, surnom dû à la mollesse politique du pape Jean VIII vis-à-vis de la rivale nouvelle Rome (Constantinople), conte initiatique justifiant le « toucher pontifical » ritualisé… nul ne le vérifiera jamais pleinement. Aujourd’hui, en tous les cas, une chapelle et une maison della Papessa Giovanna sont visibles à l’angle de la Via dei Santi Quattro et de la Via dei Querceti.

Nihil obstat
Mausolée pour celles et ceux qui se sont résignés à demander une place plus franche et paritaire de la femme dans les instances hiérarchiques mineures et majeures de l’Eglise de Rome ? Attend-on encore quelque proposition concrète de la Commission sur le diaconat féminin mise en place par le pape François en 2016 ? Va-t-on vers une reconnaissance de iure du ministère féminin en Amazonie, pluriel et indispensable dans cette région du monde où elles évangélisent de facto ?

Sancta Ioanna, ora pro nobis !

Femmes de diacres

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), février 2020

Par Marguerite Héritier | Photo: Yvan Bender

Comment les épouses des diacres sont-elles reconnues? Est-il possible pour elles de sortir de l’ombre?Les femmes ont aujourd’hui des revendications justifiées pour être reconnues dans tous les domaines de la vie sociale, professionnelle ou familiale. Ces revendications se font aussi entendre au sein de l’Eglise par rapport à l’ordination des femmes, de leur place dans les rouages du pouvoir ecclésial.

En tant qu’épouse de diacre, ces questions ne me tourmentent pas. Un diacre n’est pas un homme de pouvoir et ne saurait par conséquent faire de l’ombre à quiconque. Devenir diacre, c’est accepter de s’exposer dans son milieu professionnel et même en Eglise, à des critiques, des incompréhensions, des jalousies. Le diaconat n’est pas un état confortable : ni pouvoir, ni faire-
valoir, même si le diacre est parfois appelé à agir visiblement en Eglise.

Dans ces conditions, comment envisager la place de la femme d’un diacre ?

L’Eglise donne à l’épouse une part égale, j’ose presque dire supérieure à celle de l’époux qui se destine au diaconat. Comment ?

Pour qu’un homme marié puisse envisager le diaconat, il faut que l’épouse donne son accord, au moment du discernement et au moment de l’ordination. L’appel à devenir diacre concerne ainsi également l’épouse. Mon mari et moi avons donc cheminé vers le diaconat ensemble, approfondissant notre foi en couple, en équipe, réfléchissant à nos engagements familiaux, professionnels, ecclésiaux, éclairés tous deux par la lumière de l’Evangile.

C’est vrai, il a reçu le sacrement de l’ordre et pas moi. Mais le sacrement, quel qu’il soit, donnerait-t-il à la personne qui l’a reçu une supériorité ? ou au contraire exige-t-il une plus grande humilité ? 

Etre à l’autel pour offrir le monde ou dans l’assemblée pour louer Dieu, être au travail ou à la maison, être homme ou femme, prêtre ou laïque, chacun, par son baptême, est un témoin, témoin souvent discret, parfois visible, rarement adulé. 

Car enfin, celui qui doit être reconnu, c’est le Christ.

Nous croyons, nous marchons, nous agissons…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), février 2020

Texte et photo par Geneviève Thurre

Ce slogan a été scandé par des femmes, engagées en Eglise, durant la grève des femmes de 2019. Elles revendiquent une participation plus active dans les instances décisionnelles de l’Eglise. Les femmes n’ont-elles vraiment que des postes de seconde zone dans notre Eglise ? Dans notre secteur, un fait est parlant : les conseils de communauté, dédiés au service, sont majoritairement féminins, les conseils de gestion sont composés de plus d’hommes.

Pour m’éclairer encore sur la place des femmes dans l’Eglise, je lis le texte « Inter Insigniores » http://www.womenpriests.org/fr/church/interlet.asp. sur la position de l’Eglise quant à l’ordination de femmes. (A lire !) Le texte souligne, entre autres, que le Christ, en rupture avec les normes socioculturelles de son époque et sans crainte, s’est entouré de femmes auxquelles il a donné une importance majeure dans son enseignement et dans sa vie, à commencer par sa mère. Sainte Thérèse d’Avila ou Sainte Catherine de Sienne sont docteurs de l’Eglise, d’autres fondent des ordres religieux, sans parler de toutes les femmes qui « règnent » sur l’éducation et la conduite de leurs familles.

Le texte rappelle également que « dans les êtres humains la différence sexuelle exerce une influence importante, plus profonde que, par exemple, les différences ethniques : celles-ci n’atteignent pas la personne humaine aussi intimement que la différence des sexes… » (Inter insigniores).

Les femmes ne sont-elles pas portées vers le soin parce qu’elles donnent naissance ? Ce sont elles qui restent au chevet, donc les hommes sortent pour rapporter la subsistance. A l’extérieur des foyers, ils sont appelés à participer à l’organisation de la communauté. Ce modèle culturel, à sa naissance, n’est-il donc pas le fait de la nature et non des hommes. Bien sûr, des déviances ont lieu, au point que parfois dans notre histoire humaine, les femmes ne comptent plus guère. J’ai cependant l’intime conviction que lorsqu’une femme désire ardemment prendre part à une réflexion qui lui tient à cœur, elle y réussit car elle est portée par « sa mission ». Mais n’en va-t-il pas de même pour les hommes ? Car il incombe à chaque être humain de trouver SA PLACE. « Croyons, marchons, agissons. »

Un moment décisif…

Samedi 7 décembre dernier, Simon Roduit, jeune séminariste originaire de Saillon, a vécu un moment décisif : ce matin-là, durant la messe festive, Simon a prononcé ses vœux religieux définitifs. Ces vœux scellent son intégration perpétuelle à la communauté du Grand-Saint-Bernard. Retour sur une journée mémorable.Propos recueillis par Pascal Tornay
Photos: Yves Crettaz, Sandrine-Marie Thurre

Comment as-tu approché ce moment où, en un instant, toute la vie bascule ?
Les vœux solennels, c’est le moment de ma vie de religieux où je m’engage pour de bon. Comme tout le monde, je suis issu de notre société où tout change et bouge très rapidement. Il n’était donc pas si facile pour moi de m’engager définitivement ; c’est pourquoi je me suis bien préparé à vivre ce moment, par presque 6 ans de discernement qui m’y ont amené, mais surtout par la relation quotidienne au bon Dieu que j’essaie d’entretenir au mieux pour me vouer complètement à Son service.

Hormis la magnifique célébration qui nous a tous marqués, quels ont été les autres moments charnières ces derniers temps ?
Pour entrer dans une communauté religieuse telle que celle des chanoines du Grand-Saint-Bernard, après avoir vécu le noviciat et 3 ans de vie au sein de la congrégation (parcours similaire aux fiançailles qui est proposé à ceux qui sont appelés au mariage), on m’a donné la possibilité de faire une demande pour être accepté aux vœux solennels. Ce qui est très beau dans cette démarche, c’est le fait que Dieu est vraiment partout présent ! Non seulement, c’est Lui qui m’a appelé dans l’intimité de mon cœur à entrer dans cette communauté, mais en plus, pour m’y intégrer définitivement, il désire s’exprimer à travers la communauté qui répond à ma demande. C’est cette alliance entre le bon Dieu, la communauté et moi-même qui se déploie à travers les étapes d’intégration dans la vie religieuse.

Un peuple s’est rassemblé pour passer cette porte significative : comment as-tu vécu cette journée ?
La messe du 7 décembre fut magnifique. Elle a vraiment été pour moi signe de l’unité de l’Eglise, qui est un corps, comme le relevait le prévôt dans l’introduction à la célébration. La communauté était présente dans le chœur de l’église, pour manifester qu’elle se donne sans compter au service de l’Eglise, notamment dans ce beau secteur paroissial de Martigny. Ma famille, qui donnait ce jour-là à l’Eglise son fils, frère ou tonton, était aussi présente pour faire cette offrande, comme Marie et Joseph ont présenté un jour le petit Jésus au Temple. Et mes amis, proches et paroissiens étaient aussi témoins de cette consécration que Dieu a faite en moi pour être un signe de Son Royaume qui vient !

Qu’est-ce qui, dans 1 an ou dans 50 ans, restera pour toi le signe fort que le choix que tu as fait était le bon ?
Aujourd’hui, 2 mois après mes vœux, je suis sûr que le choix que j’ai fait est le bon, car en m’engageant pour de bon, Dieu s’est aussi engagé de Son côté à me soutenir durant toute ma vie, jusqu’à ce que je sois uni à lui après ma mort (c’est le but de la vie de tout chrétien). Le signe de l’engagement définitif durant les vœux solennels est l’accolade qui est donnée à tous les confrères. Ma communauté, qui a ainsi été le témoin privilégié de mon engagement, restera donc pour moi un signe, dans les beaux moments comme dans les plus difficiles, qu’avec l’aide de Dieu je me suis engagé à tendre de toutes mes forces à l’amour parfait de Dieu et du prochain, et à dépenser généreusement toute ma vie au service du peuple de Dieu.

Un jeune de Cugy est entré à la garde vaticane

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), février 2020

Par CJY-JR-MB | Photo: Nicole Yerly

Il s’appelle Vincent Lüthi, il a 21 ans, il a la double origine suisse et philippine et il est domicilié à Cugy. Depuis début janvier, il a rejoint le corps de la Garde suisse pontificale au Vatican et sera assermenté le 6 mai prochain. Il est prévu qu’une délégation broyarde fasse le déplacement à Rome pour l’occasion.Vincent a fait ses études dans la Broye et a participé à la vie locale – notamment au sein de la fanfare de Cugy et le football club – et paroissiale, en tant que servant de messe. Après avoir obtenu un CFC d’employé de commerce et réussi sa maturité intégrée, il a effectué ses obligations militaires dans les grenadiers de chars. Il a ensuite accompli l’école d’officiers des blindés et de l’artillerie et obtenu le grade de lieutenant l’année dernière. Un parcours qui va certainement l’aider à remplir sa nouvelle mission auprès du Pape.

Pour défendre certaines valeurs
Un choix qu’il explique par sa passion pour l’histoire et le latin depuis longtemps, mais aussi parce que « l’honneur, le courage, la loyauté et la fidélité sont des valeurs qui me sont chères à titre personnel, et sont au cœur de cette fonction de garde pontifical ». Il relève aussi que « le catholicisme étant beaucoup critiqué de nos jours et parfois mal interprété, me retrouver au centre même de l’Eglise pour mieux en comprendre son fonctionnement, ainsi qu’y approfondir ma foi, est une grande chance ».

Pour les personnes désireuses de participer au voyage à Rome pour l’assermentation de Vincent, prière de s’adresser à la cure d’Estavayer. Ce voyage aura lieu du 4 au 7 mai 2020.

Baptiste Volery, garde depuis 2 ans
Au Vatican, Vincent Lüthi a fait la connaissance d’un autre Broyard, Baptiste Volery, d’Aumont, garde pontifical depuis 2 ans, mission qu’il apprécie toujours autant et dans laquelle il met toute son énergie. L’année dernière, il a vécu un beau moment à l’occasion de la cérémonie de canonisation de Marguerite Bays car il était piquet d’honneur près du Pape, une garde rapprochée composée pour la circonstance exclusivement de Fribourgeois. Dernièrement, il a eu le plaisir de recevoir la visite d’une délégation d’habitants d’Aumont.

A eux deux, nous souhaitons le meilleur dans l’accomplissement de leur mission auprès du pape.

Animation liturgique: du nouveau!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), février 2020

Texte par Michel Abbet | Photo: Casimir Gabioud

Des voix juvéniles entonnent le chant d’entrée ! Quel plaisir et quelle émotion profonde difficiles à expliquer ! Les voûtes se plaisent à répandre dans l’église ces sons mélodieux et l’on ressent « physiquement » une onde de fraîcheur qui parcourt l’assemblée ! Animation d’un jour ou projet appelé à durer ? On aimerait en savoir davantage. Alors rendez-vous est pris avec Charlotte Gabioud, jeune étudiante au collège de Saint-Maurice, qui avait pris pour l’occasion la fonction de directrice.

Charlotte, qu’est-ce qui nous vaut cette magnifique « surprise » ?
C’est parti d’une réflexion faite lors de célébrations liturgiques. Les quelques jeunes qui y assistent sont disséminés dans l’église et les chants interprétés peinent
à nous toucher. Je ne fais aucune remarque négative sur eux, mais nous avons un âge où il nous faut quelque chose qui bouge, qui nous anime et fasse sortir notre trop-plein d’énergie.

Alors…
J’étais décidée à ne pas rester sur ces impressions ! Si l’on veut quelque chose, il faut avoir la motivation nécessaire et se donner les moyens de réaliser ce que l’on souhaite. Alors, comme j’écoute beaucoup Glorious…

Glorious… ?
Oui c’est un groupe de musique disons moderne, qui chante l’Evangile et me plaît beaucoup. Ils transmettent une énergie incroyable ! Comme je désirais aussi « faire un peu comme eux », je me suis mis en quête de choristes et de musiciens…

Difficile ?
Pas du tout ! Le groupe est déjà constitué car nous sommes déjà tous amis et nous nous voyons très régulièrement. Alors nous nous sommes dit qu’il serait bien d’animer les messes d’une façon qui nous ressemble un peu. Et nous avons commencé les répétitions, dans une ambiance détendue et amicale. Génial !

Pour animer plusieurs messes ?
Oui. Nous avons établi notre programme d’une manière fort simple. Nous nous sommes procuré le calendrier des messes, avons regardé quelles places étaient libres concernant l’animation musicale, nous avons choisi les dates en fonction de nos disponibilités, pour aboutir à une animation par mois, ceci jusqu’en juin.

Avec une reprise en automne ?
On espère ! On souhaite aussi étoffer notre groupe, ce serait super de voir plusieurs jeunes chanter ensemble. Et puis, il y a tellement à faire. Les DJP, Open sky…

Dis-en plus…
En paroisse, les jeunes se sentent isolés. Cela les décourage et ils pratiquent peu. Mais quand on se rencontre, notamment lors des DJP, il y a une ambiance extraordinaire et on ressent alors la joie d’être croyant !

Charlotte, je crois qu’il faut qu’on prenne rendez-vous pour un prochain article !
Volontiers…Envie d’aller chanter avec le groupe de jeunes ? Si tu as entre 14 et 20 ans, vas-y, lance-toi !

Contact : Charlotte Gabioud, 079 791 00 24

E-mail : charlotte.gabioud@gmail.com

Calendrier des messes animées par les jeunes jusqu’en juin :
9 février, 22 mars, 3 mai, 6 juin et 14 juin.

Au service du Christ

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), février 2020

Texte par Agnès Thuégaz | Photo: Pierre Boismorand

Fille, nièce et sœur de pasteurs, j’ai été consacrée en novembre dernier dans l’Eglise Réformée Evangélique du Valais. Cette étape est la reconnaissance par le synode que j’ai répondu à une vocation, que j’ai suivi et réussi le parcours de formation et que je suis appelée à exercer le ministère pastoral dans une paroisse. Mon installation au Coude du Rhône Martigny-Saxon le 26 avril viendra le confirmer.

Les premières femmes consacrées en tant que pasteures l’ont été dans les années 1930. Nonante ans plus tard, je m’étonne que la question du genre perdure. Vous êtes-vous déjà demandé ce que ça faisait d’être pasteur, en tant qu’homme ? Mes homologues masculins n’ont pas à légitimer leur statut dans une société qui hérite du patriarcat. Aujourd’hui, reconnaissante du privilège que j’ai de pouvoir me sentir à ma place, je désire témoigner de la manière dont je vis mon ministère en tant que personne, sans le réduire à mon anatomie ou à un rôle assigné par la société. 

Les Eglises protestantes reconnaissent le sacerdoce universel, soit la possibilité pour toutes les personnes baptisées de s’engager dans un service à la communauté. Il n’y a donc théoriquement pas de différenciation de genre. Nous n’échappons pas au risque des cloisonnements et des prérogatives et nous nous débattons concrètement avec les mêmes questions que celles du monde qui nous entoure. Il est cependant intéressant de sortir des catégories qui peuvent déboucher sur des prises de pouvoir d’un côté comme de l’autre.

Alors comment est-ce que je vis mon service du Christ au quotidien ? Paul m’y encourage dans son épître aux Galates : « Car tous, vous êtes, par la foi, enfant de Dieu, en Jésus-Christ. » (Ga 3, 26) Dans la reconnaissance pour nos dons particuliers, pour la richesse de la diversité de nos personnes, nous trouvons notre unité dans le Christ. C’est lui qui nous unit au-delà de tout ce qui nous sépare, au-delà de toutes les barrières que notre humanité érige et défend. La communion devient alors le signe que la Vie circule, fait fleurir l’espérance, partage la joie et dépasse tout ce qu’on peut imaginer.

C’est en tant que disciple du Christ que je me réjouis de vous rencontrer et de poursuivre une discussion que je souhaite ouverte et constructive. Je m’émerveille en effet de toutes les fois où ma simple présence interpelle et libère la parole. C’est dans l’écoute et l’échange que nous habitons ensemble un monde où chacun(e) trouve sa place et donne le meilleur de soi en tant qu’enfant de Dieu.

Crèche vivante mimée à Collex-Bossy

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unité pastorale Jura (GE), février 2020

Texte et photo par JR

Dans le cadre des « Fenêtres de l’Avent » organisées par la commune de Collex-Bossy, la paroisse Saint-Clément a proposé une soirée conviviale de rencontre le jeudi 19 décembre de 19h à 20h, animée par les enfants des écoles, sous la conduite de Mme Antonella Mugny, avec le soutien indéfectible d’Anita Nebel, avec l’apport des parents pour un apéritif, vin chaud, gourmandises délicieuses et appréciées, le tout accompagné de la chaleur du grand feu de bois préparé et allumé par le cantonnier du village. Merci à tous et spécialement aux enfants pour la crèche vivante de la venue du Seigneur, mimée avec cœur et enthousiasme. M. le Curé était également présent. Accompagnement musical par un Irakien chrétien, mari de la fille aînée d’Anita Nebel, sur son instrument le canun.

L’Action catholique des femmes

Par Chantal Salamin
Photo: DR
Bien que le site internet de L’Action catholique des femmes ne soit pas un modèle graphique, il joue pleinement son rôle de présentation de l’association : son organisation, ses valeurs, ses actions, ses publications et son histoire. Sans être « féministe revendicative », mais en affirmant son identité catholique, l’association veut donner sa place à tout baptisé, homme ou femme, avec une attention particulière aux non-croyants.

En priorité, l’association favorise les rencontres pour permettre aux femmes de partager leurs expériences, d’oser se dire et parler de leurs difficultés, de leurs joies et de leur quotidien, mais aussi de débattre entre elles dans un climat d’amitié.

Leurs rencontres abordent de graves sujets tels que les violences conjugales, la solitude, le deuil, la précarité qui doivent absolument être considérés avec sérieux par tous. Malheureusement, de par leurs situations – veuvage, séparation ou divorce, maladie ou handicap, dépendances –, leur grande sensibilité et de longues années d’habitudes sociétales ancrées, les femmes, trop souvent, restent dans l’ombre des hommes et se taisent. 

Spiritualité et solidarité
L’écoute de l’autre est première et à la source de tout « agir ». Les actions émergent des groupes de parole et de réflexion disséminés dans toute la France. Leurs participantes se laissent interroger par le partage de leurs vies et de la Parole de Dieu, y découvent des chemins personnels pour apporter leur contribution pour un monde plus juste.

C’est en s’appuyant sur la force du témoignage que L’Action catholique des femmes révèle leur voix à travers diverses actions: une expo photos sur l’isolement, le livre « Mots d’elles », un plaidoyer à partir de très nombreux témoignages, la revue « Passerelle »… et bien d’autres menées par les équipes régionales.

Et en Suisse ?
Fondée en 1912, la Ligue suisse des femmes catholiques a été intégrée à L’Action catholique pendant la Deuxième Guerre mondiale. Bien que n’ayant pas de site internet, elles font parler d’elles… D’abord par le soutien qu’elles apportent à leurs consœurs, mais aussi par leurs prises de position qui s’opposent à celles du Magistère sur l’adoption par des couples homosexuels et l’avortement.

Le site: actioncatholiquedesfemmes.org

« Ciel ! un mari ordonné ? ! »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), février 2020

Texte par Catherine Amos | Dessin: Syméon Eltschinger

Se sentir appelé à servir Dieu, est une chose. Accompagner son époux qui se sent appelé en est une autre! Questions à Sylvie et Deborah dont les époux respectifs se préparent au diaconat.J’ai rencontré dans notre secteur, deux femmes  dont les maris se questionnent face au diaconat.

Deborah, n’a pas été étonnée lorsque son mari lui en a parlé. Etant un couple qui communique beaucoup, elle avait déjà senti cet appel en lui… et se disait en plaisantant « il va finir pasteur ! ». En fait, elle ne connaissait pas la fonction de diacre dans notre Eglise. Elle sait que la priorité de son mari est sa famille, et ne craint pas qu’il soit « happé » par d’éventuelles trop lourdes charges.

Il n’a pas encore commencé l’année de discernement, mais elle se réjouit déjà des partages que cela va engendrer. Et est sûre que cela va enrichir leur vie de foi… à tous les deux.

Un chemin à trois
Pour Sylvie, c’est un peu plus compliqué. Son mari en parle depuis longtemps : au début elle a cru à une « lubie ». Et se demandait « est-on assez fort en couple pour vivre cela ? », « ne risque-t-on pas le surmenage avec notre famille nombreuse ? » Mais son désir à lui persiste. L’image qu’elle se fait des femmes de diacres, à travers celles qu’elle connaît, lui font douter d’elle-même : « aurai-je les capacités d’assumer ce rôle ? »  De plus, elle se disait, au départ, qu’elle ne pouvait pas s’opposer à un appel de Dieu. Mais lors de l’année de discernement, vécue en couple, elle a bien entendu et compris que l’Eglise tient compte de l’avis de l’épouse. 

Maintenant que pour eux deux, la formation a commencé, c’est un cheminement à… trois ! Leur couple et Dieu, à qui elle demande la grâce de vivre à sa façon ce probable futur statut : son mari est unique et elle sera aussi unique dans sa manière d’être femme de diacre.  Et si l’organisation est compliquée pour laisser leurs enfants lors des journées de cours, et qu’émotionnellement c’est difficile pour elle, elle sent déjà que ces journées permettent de faire le tri dans leurs idées, et de se poser en couple, en Dieu.

Elle ressent chez lui quelque chose de plus fort que ses résistances à elle, et met en Dieu ce projet. « C’est déjà des pas dans la foi » me dit-elle. 

Les trois catéchètes de la paroisse d’Ollon

[thb_image lightbox= »true » image= »23399″]

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), février 2020

Par Daniel Lenherr | Photos: Daniel Lenherr, Studio Massy, Fabienne Theytaz, J. G

Les « messagers » du secteur

On ne présente plus le père Jean-Marc Nemer, ni l’agente pastorale Fabienne Theytaz, tous deux engagés sans compter au sein de l’équipe du secteur d’Aigle. Aux côtés de Cécile Vitor, ils assurent la catéchèse auprès de la communauté catholique
d’Ollon.

Chaque mois, Fabienne passe la fin d’après-midi d’un lundi avec les deux filles et les deux garçons du « Groupe du Pardon ». Survolant l’histoire biblique, elle leur montre l’alliance de Dieu avec son peuple, l’alliance de Dieu avec chacun d’entre nous.

Quant à Jean-Marc, il anime le « Groupe de première communion » avec la mission pas toujours évidente de les préparer à recevoir le Christ.

Cécile Vitor attentive aux interrogations des enfants

Etablie à Ollon, Cécile est l’épouse de Paulo depuis 27 ans et la maman de Débora (22 ans) et Béatrice (16 ans). Cela fait désormais un an qu’elle œuvre bénévolement au sein des plus jeunes de la communauté catholique de la Cité boyarde. Pour pouvoir répondre aux multiples questions des enfants comme des parents, elle effectue actuellement le parcours « Théodule », une formation dispensée sur trois ans les mardis soir tous les 15 jours à l’Hôtellerie Franciscaine de Saint-Maurice. L’enseignement qu’elle suit lui permet d’approfondir ses connaissances théologiques et notamment les bases pour déchiffrer la Bible.

C’est ainsi qu’un lundi par mois, Cécile retrouve son « Groupe de la Prière 1 » comprenant quatre filles âgées entre six et sept ans : Amanda, Manon et les deux sœurs jumelles Lucile et Armen. Elle éprouve du plaisir à vivre la foi parmi ces enfants sur le thème de la naissance de Jésus. Aussi, elle espère vivement poursuivre cette aventure spirituelle avec elles au-delà de juin prochain, terme de leur première année de catéchisme.

Très à l’aise au sein de son groupe, Cécile rappelle à chaque instant de parole, de moments de réflexions ou de phases de jeux, la présence du Christ autour de la table.

Un chaleureux MERCI !

Si Cécile a pris la relève, soulignons ici le travail de ses prédécesseurs et remercions les deux catéchètes d’Ollon qui ont exercé cette précieuse fonction durant de nombreuses années avant de mettre un terme à leur engagement l’été dernier. Il s’agit de : 

Ana Maria Dos Santos, qui après dix ans de dévouement inlassable auprès des petits (groupe de Prière), est obligée de prendre du repos pour des raisons de santé. Nous lui souhaitons un bon rétablissement !

Véronica Plaschy, qui après avoir accompagné ses enfants et leurs amis durant tout le parcours de catéchèse du début jusqu’à la première communion, se tourne maintenant vers d’autres activités. Nous lui souhaitons de belles découvertes ! 

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp