Vous avez dit «apocryphe»?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur d’Aigle (VS), décembre 2019

Par Vincent Lafargue
Photos: Daniel Lehnerr, Pixabay
Pas facile pour nous de di érencier deux sortes de livres: les apocryphes, qui sont des livres non contenus dans nos Bibles (par exemple l’Evangile de Thomas, ou celui de Marie), et les livres deutérocanoniques qui sont ces six livres de nos Bibles catholiques que ne possèdent pas les Bibles protestantes (Judith, Tobie, 1 et 2 Macchabées, Sagesse, Ben Sira le Sage et quelques passages du livre d’Esther et du livre de Daniel).

Dans le dialogue œcuménique, ça se complique. Car nos frères et sœurs protestants appellent eux-mêmes «apocryphes» ces livres que nous appelons «deutérocanoniques»!

«Apocryphe» signifie, en grec, « au sujet de quelque chose qui était caché». On nomme ainsi les livres qui n’ont pas été retenus, et ce dans aucune de nos Bibles. Le fait même d’utiliser le mot «caché» dans leur nom a suscité bon nombre de fantasmes dont le «Da Vinci Code» de Dan Brown est probablement le plus célèbre.

Les deux volumes de La Pléiade qui recensent tous les textes apocryphes connus à ce jour ont connu un immense succès à leur sortie, il y a une dizaine d’années, mais le soufflé est très vite retombé: point de révélation sulfureuse dans ces pages, point d’amour caché de Jésus pour Marie-Madeleine, point de Graal qui serait caché aujourd’hui encore. Simplement l’histoire de Jésus, telle que nous la connaissons, avec quelques détails que nos Bibles ne donnent pas: les prénoms des parents de Marie, par exemple, Anne et Joachim, ou encore la présence du bœuf et de l’âne auprès de la mangeoire de la nativité.

La simple et belle histoire d’amour de Dieu pour nous, son peuple. Et ce n’est déjà pas si mal !

Origine de la crèche de la Nativité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Sacré-Coeur, Ouchy-Lausanne (VD), décembre 2019

Par Alice Jossi-Zamora
Dans les premiers siècles de notre ère, alors que judaïsme et christianisme n’étaient pas encore deux religions bien distinctes, la Nativité du Christ n’était pas célébrée. En effet, dans la tradition juive, célébrer les anniversaires est considéré comme un rite païen.

Au IVe siècle, sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, ramena de son voyage en Terre Sainte, parmi de nombreuses reliques, des restes de la crèche de Bethléem. Pour les abriter, elle fonda à Rome la basilique de Sainte Marie Majeure. Comme on ne connaissait pas exactement la date de la naissance de notre Seigneur, «Soleil de Justice», on fixa la fête de sa naissance, au solstice d’hiver moment de la fête du «Soleil invaincu» qu’elle remplaça. Dès ce moment, les premières célébrations de Noël eurent lieu dans cette basilique romaine.

Le jour de Noël 1223, saint François d’Assise en visite à Greccio, petit village de la région du Latium italien, voulut partager avec tous le souvenir de son voyage à Bethléem. Il décida de célébrer la messe dans une grotte, avec une mangeoire pour autel, en présence d’un bœuf et d’un âne vivants. L’Enfant Jésus n’était pas représenté puisqu’Il était incarné dans le pain et le vin consacrés. Une grande foule accourut, chantant les louanges à Dieu Vivant. Depuis lors, par l’intermédiaire des franciscains, la tradition de la crèche se répandit dans tout l’Occident.

Pour concevoir sa crèche à Greccio, saint François l’a décrite ainsi :
«Je veux évoquer le souvenir de l’Enfant qui naquit à Bethléem et de tous les désagréments qu’il endura dès son enfance; je veux le voir, de mes yeux de chair, tel qu’il était, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un bœuf et un âne.»

Saint François a voulu partager le souvenir de son voyage à Bethléem.

A notre époque, la symbolique de la crèche tend à s’éloigner de ce qu’elle a représenté pendant des siècles. Cette fête, rappelant l’incarnation de Dieu parmi les hommes, né pauvre parmi les pauvres, devrait être célébrée dans la solidarité et l’amour, dans le partage et le don. Or, elle se transforme peu à peu en une célébration de la consommation effrénée et vide de sens. Approchons-nous de la crèche avec les yeux de saint François, avec son humilité, son amour des plus petits et de toute la création, pour chanter avec les anges: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux homes qu’Il aime.» Luc 2 : 13-14

Noël

Un scintillement, une lueur dans la nuit,
c’est l’appel de l’amour qui se fait présent.
Il vient combler nos cœurs pour qu’on n’oublie pas que le don de Dieu est fait d’amour.
Meilleurs vœux de Noël
et une Bonne et Heureuse Année 2020 !

L’équipe de rédaction du Sacré-Cœur

La Bible, quel canon…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel/Eaux-Vives – Saint-Paul/Saint-Dominique (GE), décembre 2019

Par Pierre Moser | Photo: DR
Noël approche, entraînant dans son sillage foultitude de traditions. Le bœuf et l’âne gris doivent leur présence autour de la crèche à l’évangile du pseudo Matthieu (Ch 14). La virginité de Marie doit sa persistance au protévangile de Jacques1. Bref, les exemples de références apocryphes foisonnent aussi bien dans nos traditions que dans certains de nos dogmes. Mais comment se fait-il que dans nos sociétés occidentales, notre éducation nous fait passer à côté de tant d’histoires et pourquoi? Parmi les réponses possibles, j’en vois deux : la nature même de ces documents: «apocryphe» signifie caché, et c’est bien ce que notre Eglise a cherché à faire pendant longtemps. D’autre part, se promener dans des textes tel le Livre d’Adam nécessite une lourde préparation vu la difficulté des textes; c’est déjà un travail d’expert. Pour mémoire, les évangiles canoniques ne nous sont pas disponibles depuis beaucoup plus longtemps: il a fallu Vatican II pour autoriser l’usage de langues vernaculaires dans la liturgie.

Naviguant entre merveilleux, miraculeux, fantastique et vérité historique possible, ces documents, malgré leur abord difficile, sont d’une richesse extraordinaire. Alors que la «canonisation» des écrits que nous tenons aujourd’hui pour officiels en fait une collection fermée, la tradition et les canons de l’Eglise se sont largement inspirés de ces textes dits «cachés». L’Assomption et la fête qui la célèbre en sont deux beaux exemples.

Que certains textes de ces apocryphes soient considérés comme farfelus ne soulève aucune objection pour ma part, n’en déplaise aux contradicteurs. Le tintamarre que la découverte de l’évangile de Judas a provoqué devrait nous convaincre 2. Encore aujourd’hui la polémique fait plus le «buzz» que la science. Et l’historicité du Nouveau Testament n’est pas discutable: les Pères de l’Eglise des trois premiers siècles font référence à la totalité des textes qui le constituent. Trêve de polémique, je vous laisse entre les mains de l’équipe de L’Essentiel pour vous guider dans la «révélation» de ces écrits «cachés».

Joyeux Noël et bonne lecture.

Marie et Jésus dans le Coran

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat de Sion (VS), décembre 2019

Par Philippe D’Andrès | Photo: DR

Marie et Jésus – Miniature perse.

En décembre, nous fêtons l’Immaculée Conception et Noël. Ce numéro de L’Essentiel porte sur les apocryphes.
Ceci n’est pas sans rappeler que certains de ces textes voulaient renseigner la piété populaire sur la naissance et l’enfance de Marie et de Jésus. Extrêmement appréciés, ils ont influencé la liturgie et l’art. Ce qui est moins connu, c’est le rôle qu’ils jouent dans le Coran. Dans les régions désertiques en marge de l’empire romain, les marchands arabes, dont Mahomet, Mohammad en arabe, ont été en contact avec des pèlerins, ermites et des groupuscules judéo-chrétiens. Ceux-ci leur ont raconté ces histoires, tant et si bien que les références ou les allusions à la littérature chrétienne du Coran proviennent pratiquement toutes des textes apocryphes.

Le texte coranique parle de Marie et de Jésus avec un très grand respect. Le nom de la mère de Jésus, Marie, Maryam en arabe, y figure trente-quatre fois, contre dix-neuf dans le Nouveau Testament. Elle est aussi l’unique femme désignée par son nom. Toutes les autres figures féminines du Coran n’y sont mentionnées qu’en relation avec un homme en tant qu’épouse, mère, fille ou sœur.

Les sourates 3 et 19 consacrent à Maryam deux récits continus et relativement longs. Ceux-ci adoptent la ligne du Protévangile de Jacques, un apocryphe de la seconde moitié du IIe siècle. Avant même sa naissance, Maryam est consacrée à Dieu par sa mère. Elle passe son enfance dans le sanctuaire où le vieillard Zacharie s’occupe d’elle. Celui-ci constate que Dieu lui fait apporter chaque jour la nourriture dont elle a besoin. Le récit se poursuit avec l’annonce à Zacharie et la naissance de son fils Jean-Baptiste, Yahyâ en arabe. Finalement, comme Maryam devient femme, elle ne peut rester dans le Temple. Le Protévangile de Jacques raconte alors le tirage au sort chargé de désigner celui qui allait la prendre en charge. Le Coran y fait allusion, mais ne mentionne pas Joseph. Il veut ainsi lever tout doute sur la virginité de Marie qu’il souligne à trois reprises.

Le texte coranique a deux récits de l’An- nonciation, dans deux cadres différents: le Temple et le désert. Maryam accouche ensuite seule, adossée au palmier. Elle en mange les dattes pendant qu’un let d’eau jaillit au pied de l’arbre. Est-ce ici une allusion à l’Evangile de l’enfance du Pseudo-Matthieu? Quoi qu’il en soit, elle rentre ensuite chez elle où cette naissance hors des liens du mariage suscite rejet et calomnies. Couché dans son berceau, l’enfant innocente alors sa mère en disant que Dieu l’a fait prophète. Dans l’apocryphe Evangile arabe de Jésus, il affirme en revanche, depuis son berceau, qu’il est «Jésus, le Fils de Dieu, le Verbe…».

Apocryphe

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat de Sion (VS), décembre 2019

Par le chanoine Lionel Girard
Photo: Chanoine Josef Sarbach, archiviste du chapitre de la Cathédrale de Sion
Apocryphe, voici un adjectif rare qui paraît presque inquiétant! Pourtant son étymologie désigne simplement quelque chose de caché. Or à l’ère de la transparence forcenée, tout ce qui est caché revêt une certaine suspicion voire un intérêt notoire, tant il semble chargé d’un trésor mystérieux dont nous serions injustement exclus.

Quand des savants ont voulu publier l’ensemble des textes antiques soigneusement recopiés par les moines durant l’Antiquité tardive et tout le Moyen Age et précieusement conservés pendant des siècles dans leurs bibliothèques, leur surprise fut grande de relever nombre d’évangiles, d’épîtres, d’apocalypses et autres récits semblables à ceux connus dans nos Bibles sans qu’ils y apparaissent.

Comme toujours dans pareil cas, certains lecteurs ont crié au complot, déclarant que l’Eglise avait choisi arbitrairement des textes consensuels, écartant donc tous les autres, même quand ils étaient attribués à certains apôtres bien connus.

Rencontre des saints Anne et Joachim, parents de la Vierge Marie, à la Porte d’Or d’après le protévangile selon saint Jacques (IIe siècle). Illustration : MISSALE SPECIALE SEDUNENSE, 1439, ACS, Ms 19, f. 119v.

Ce corpus d’écrits apocryphes a donc alimenté la défiance des sceptiques qui refusent de recevoir le trésor de la tradition de l’Eglise qui, par prudence vis-à-vis de la vérité qu’elle transmet, a dû exclure du canon biblique ces récits fantaisistes très tardifs et manifestement non authentiques.

En définitive, la question soulevée par ce thème met l’accent sur notre lien ecclésial qui, à travers notre rapport à l’Ecriture indissociable de sa tradition vivante, fait de nous les héritiers du véritable trésor qu’est Jésus-Christ, unique Lumière des peuples et Rédempteur.

Ces «faux» Evangiles si parlants

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), décembre 2019

Texte et photo par Jean-Marc SudanEn 1997, la Bibliothèque de La Pléiade publia la première édition française des écrits apocryphes chrétiens.

Pourquoi «apocryphe»? Ce terme vient du grec ἀποκρυφος (apokryphos) qui signifie «caché». Saint Jérôme (IVe siècle) l’utilisa pour désigner tout texte exclu de la règle de foi appelée Canon.

En effet, le Concile de Laodicée en 364 avait établi la liste des livres saints, tels que nous les connaissons aujourd’hui.

Cette distinction ne s’est pas faite brutale- ment. Elle fut plutôt le fruit d’une décantation progressive. Au l du temps, certains textes, lus dans la plupart des communautés, s’imposèrent progressivement, alors que d’autres perdirent lentement de leur crédibilité et plongèrent dans l’oubli ou la semi-clandestinité, tout en nourrissant l’univers culturel chrétien. Que de peintres et sculpteurs y trouvèrent une source d’inspiration!

Les Evangiles sont terminés quand les apocryphes commencent à fleurir. Exprimant les combats et les difficultés de croire des premiers chrétiens, ils nous donnent une meilleure compréhension des premiers siècles du christianisme et de l’extraordinaire vitalité des premières communautés chrétiennes.

Parmi les écrits apocryphes, certains ont façonné l’essentiel de la piété mariale. Sans eux, que saurions-nous de l’enfance de Marie, de sa présentation au Temple, de ses parents Anne et Joachim? Que sau- rions-nous de l’histoire de Joseph le charpentier? En cette avant-veille de Noël, si l’on s’en tenait à l’évangile de Luc, les crèches de nos églises et de nos maisons seraient bien vides. Pas de bœuf, ni d’âne ! Pas de Gaspard, ni de Melchior, ni de Balthazar !

Aujourd’hui, nous devons lire les apocryphes sans oublier qu’ils sont des commentaires de la Bonne Nouvelle. Ce sont des textes qui font référence à des traditions concernant des personnages ou des événements bibliques, des figures du christianisme, et que l’on peut même retrouver dans le Coran.

La discrète réserve canonique aurait-elle libéré l’éloquence apocryphe?

La présentation de Marie au Temple

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Vallée d’Illiez (VS), décembre 2019

Un regard à travers les « apocryphes » sur l’enfance de la femme qui devint la Mère de Dieu et de l’Humanité.Par Denyse Gex-Collet | Photo: DRLes Evangiles ne sont pas en mesure de satisfaire la curiosité de ceux qui voudraient en savoir plus sur l’enfance de Marie ou de Jésus.

1. Pour combler ces lacunes, le protévangile de Jacques, déclaré «apocryphe», écrit au milieu du IIème siècle, probablement en Egypte, raconte dans un style merveilleux la
vie de Marie et de ses parents, Joachim et Anne, parfois sans se soucier de vraisemblance ou d’exactitude.

On apprend dans ce récit que Joachim et Anne avaient demandé au Ciel la grâce de la naissance d’un enfant et qu’Anne avait promis, certainement en accord avec Joachim, de le consacrer au service du Seigneur. Lors de la venue d’une fille, alors qu’ils étaient âgés, le nom de Marie lui fut donné, selon la demande d’un ange. Et, tenant leur promesse, la petite fille fut présentée par eux au Temple de Jérusalem.

… Et l’enfant atteignit l’âge de trois ans et Joachim dit: « Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu’elles prennent des lampes et qu’elles les allument et que l’enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s’éloigne pas de la maison de Dieu.» Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple. Et le prince des prêtres reçut l’enfant et il l’embrassa et il dit: «Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la n des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des ls d’Israël.» Et il la plaça sur le troisième degré de l’autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d’Israël la chérit.

2. Un autre recueil, le pseudo-évangile de Matthieu, écrit au VII ou au VIIIe siècle, aussi déclaré «apocryphe», dispense des images touchantes de Marie lors de la Présentation.

… Puis quand elle eut été placée devant le temple du Seigneur, elle gravit les quinze marches en courant, sans regarder en arrière, et sans demander à ses parents, ainsi que le font d’ordinaire les enfants. Et ce fait frappa tout le monde d’étonnement, au point que les prêtres du temple eux-mêmes étaient dans l’admiration.

Voici comment il décrit le déroulement de la journée de la journée de Marie au Temple:

Elle s’ était imposé la règle suivante: depuis le matin jusqu’ à la troisième heure, elle restait en prière ; depuis la troisième heure jusqu’ à la neuvième, elle s’occupait à tisser; mais, à partir de la neuvième heure, elle ne cessait de prier jusqu’au moment où l’ange du Seigneur lui apparaissait, elle recevait sa nourriture de sa main, et elle s’entendait de mieux en mieux à louer Dieu. En n, avec les jeunes filles plus âgées, elle s’instruisait si bien dans les louanges de Dieu, qu’on n’en trouvait aucune qui fût plus exacte aux veilles, plus instruite qu’elle dans la sagesse de la loi de Dieu, plus remplie d’humilité, plus habile à chanter les cantiques de David plus gracieuse dans sa charité, plus pure dans sa chasteté, plus parfaite en toute vertu. Car elle était constante, inébranlable, persévérante et chaque jour elle faisait des progrès dans le bien.

3. Quant au Livre de la nativité de Marie, probablement rédigé au VIe siècle, classé aussi dans les «apocryphes», il a exercé, comme les deux recueils cités précédemment, une grande influence sur la dévotion mariale.

… Et, tandis qu’ils ôtaient leurs vêtements de voyage et qu’ils mettaient des vêtements plus soignés et plus propres selon la coutume, la Vierge du Seigneur monta toutes les marches l’une après l’autre, sans la main de quiconque pour la guider et la soulever, de telle façon que l’on crut que, sur ce point du moins, rien ne manquait à sa maturité. En e et, déjà dans l’enfance de la Vierge, le Seigneur accomplit un grand acte et montra d’avance par le signe de ce miracle quelle grandeur elle atteindrait. Lorsqu’ils eurent donc célébré le sacrifice selon la coutume de la Loi et qu’ils eurent accompli leur vœu, ils laissèrent la Vierge dans l’en- ceinte du Temple avec les autres vierges qui devaient être élevées en ce même lieu, et eux-mêmes retournèrent à la maison.

La piété populaire et la dévotion mariale sont empreintes de ces récits qui, bien qu’apocryphes, renferment des éléments de vérité. On y découvre, en filigrane, la disponibilité de la Vierge Marie à l’égard de la volonté divine. Les Eglises catholique et orthodoxe ont voulu célébrer la Présentation de Marie, qui figure au missel romain depuis 1505, le 21 novembre, a n de manifester la Sainteté de la Vierge Marie dévoilée dès son plus jeune âge.

Explication de la photo

Le vitrail d’Emile Thibaud, dans l’église Sainte-Marie-des-Batignolles à Paris, daté de 1853, est une belle représentation de ce récit. Dans le cercle central, l’artiste montre Marie et Zacharie qui l’accueille les bras grands ouverts. Revêtu des vêtements sacerdotaux, il incline respectueusement la tête vers la petite fille qui lève les yeux vers lui. Dans la main droite, elle tient un cierge, symbole de la Lumière du monde qu’elle enfantera et un bouquet de fleurs en guise d’offrande. Derrière elle, proches mais comme éloignés, Joachim et Anne prennent congé de leur fille.

Prière

« Attirez-moi après Vous,
ô Reine et modèle
des vierges,
à imiter votre ferveur
et votre fidélité à Dieu »

(extraite du livre « Règles et exercices pour les Congrégations de la Très-Sainte Vierge)

Les apocryphes du Nouveau Testament

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Glâne (FR), décembre 2019

Texte et photo par le frère Francis BasaniSi la richesse des évangiles suscite l’admiration de ceux qui les lisent, la découverte des textes «apocryphe: n’est pas sans piquer la curiosité de ceux qui en entendent parler. En effet, que sont ces textes et de quoi parlent-ils? Essayons de poser quelques repères dans ce domaine souvent obscur…

Ces récits de genres divers ont été rédigés entre le IIe et VIe siècle de notre ère. «Apocryphe» vient du grec αποακρηφοσ qui signifie «caché, secret». Ici, je ne parlerai que des textes apocryphes qui se rapportent à ce que nous lisons dans le Nouveau Testament. On y trouve des évangiles, des lettres d’apôtres et d’autres récits concernant des personnages liés à l’histoire de Jésus.

Ces écrits répondent à différents besoins. Ils possèdent fréquemment des accents apologétiques et témoignent de la diversité et de la richesse de la réflexion des croyants sur le message de Jésus. Certains textes cherchent à étoffer des passages

Art et foi

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), décembre 2019

Par Monique Gaspoz | Photo: DRComme un vol d’oiseaux dans l’or de la lumière divine, vous les anges, vous plongez sur la mère et l’enfant endormis. Vous êtes les témoins des merveilles de Dieu. Tout admiratifs, vous vous penchez à la fenêtre du ciel.

Toi Joseph, tu protèges le feu de l’Esprit à l’origine de la vie du Sauveur du monde. Tu veilles sur Lui et sur sa mère Marie. Tu restes éveillé, vigilant. Tu gardes la flamme.

Toi Marie, tu dors paisiblement sous l’œil attendri des anges, en protégeant Celui que Dieu a donné au monde.

Toi l’âne, peut-être penses-tu déjà à la mission qui t’attend: porter l’Enfant-Dieu et sa mère pour fuir jusqu’en Egypte la fureur du roi Hérode.

Toi le bœuf, tu prodigues force et chaleur à la sainte famille.

Dieu, tu t’es fait fragile et beau comme un enfant. Tu as choisi les bras de Marie comme berceau. Dans le cœur de chacun tu veux élire ta demeure. Saurons-nous te faire une place et t’accueillir au creux de nos vies?

Joyeux Noël!

Rencontre intergénérationnelle

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), décembre 2019

Propos recueillis par Catherine Amos
Photo: Raphaël Delaloye

L’équipe des messes des familles associée à l’Eveil à la foi invite chacun-e à une rencontre intergénérationnelle le 24 décembre à 10h à l’église de Chalais.

«Moi Marie, je me souviens, tout a commencé dans ma maison… »
« Moi Joseph, je suis là debout, car toujours prêt à prendre la route. »

A tout de rôle, Marie, Joseph, les bergers, l’âne et le bœuf, ainsi que les anges se présenteront à nous et nous aideront à prier.
Les chants de Noël traditionnels prépareront nos cœurs pour accueillir le Christ dans nos maisons et nos cœurs. Ce moment n’est pas une messe, mais un temps de prière et de partage.

Partage entre les générations : nous irons chercher les résidents du home qui pourront se joindre à nous, et les enfants prépareront des cartes pour ceux qui ne peuvent pas venir.

Partage de notre foi en Jésus, Lumière pour chacun !
Partage de gâteaux de différents pays, après le temps de prière.

Bienvenue à tous: agendons un moment de calme et de recueillement dans nos préparatifs de Noël !

Né en même temps qu’un journal

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), décembre 2019

Texte et photo par Raphael Delaloye

La fin de l’année 1999 voyait naître un sacré numéro: Gauthier Tschopp a grandi à Venthône, dans le sillage de notre magazine, avant de prendre sa place dans la jeunesse diocésaine et dans nos colonnes. Il revient avec notre journal sur ces vingt ans qui sont aussi les siens…Journal : Le numéro #1 est arrivé en retard chez nos lecteurs, ce qui avait agacé le comité de rédaction. Raconte-nous ta venue au monde…
Gauthier : Etonnamment, j’étais à l’heure… c’était peut-être la dernière fois (rires). 

J : Ta maman est alsacienne ? ton père, de Loc… Je vois pas le rapport.
G : Mes parents se sont rencontrés à Medjugorje… Un bon présage, qui explique que, depuis tout petit, les temps de ressourcement l’été en famille font partie des habitudes. Paray-le-Monial, Ste-Anne-d’Auray, Cotignac… Autant de lieux et de moments qui m’ont permis de m’approprier ma foi…

J : Sais-tu pourquoi on ne trouve pas ton nom dans la liste des baptisés de nos pages ?
G : Oui, Venthône ne faisait pas partie du journal jusqu’en septembre 2006… Et aussi, j’ai reçu le baptême dans la paroisse de mes grands-parents en France.

J : Voilà pourquoi tu n’y parais pas jusqu’au #167 de septembre 2016 où on te voit tout rayonnant, en petit, au fond sur une photo…
G : C’était aux JMJ de Cracovie. Une expérience charnière pour moi. A 15 ans, après avoir vécu ces temps forts chaque été, je me disais que, ici, c’était mort. Je prenais de la distance avec l’Eglise quand j’ai découvert OpenSky, le réseau DJP, et toutes les belles activités qu’il y a ici en Valais, puis ce fut la préparation pour le grand rassemblement en Pologne. Ça m’a reboosté ! 

J : C’est d’ailleurs dans le #168 que tu apportes ton témoignage quasi prophétique : « Les JMJ c’est difficile à expliquer… rendez-vous au Panama… »
G : [ému] Ça rappelle des souvenirs… Ayant beaucoup reçu, je voulais que ça continue pour d’autres… M’engager devenait une évidence… 

J : On se retrouve au #170 lors d’une retraite avec 25 autres jeunes et, dans le #171, comme dans une chanson de Bénabar : Y’a des amis qui prient chez moi…
G : Oui, au retour de Krakov tout s’enchaîne… avec les DJP on prie les laudes le samedi matin, les uns chez les autres, donc une fois chez moi, on se retrouve pour grandir dans la foi, je rejoins les scouts… Le goût de l’aventure, la soif de développer des projets, l’amitié du groupe,… c’est vraiment une période d’ébullition ! 

J : On lit encore ton nom au #174, fidèle au poste, comme bénévole pour OpenSky 2017…
G : C’est un projet gigantesque et je suis émerveillé par la confiance accordée pour laisser des jeunes organiser un tel événement…

J : #193, mars 2019, comme promis 2 ans et demi avant, c’est donc le retour de Panama… « transformé, rempli du feu de Dieu ! » Qu’en est-il aujourd’hui ?
G : Vas-y, lis plus loin…

J : Ah… donc au #195 tu réapparais en ami de Pier-Giorgio Frassati. Raconte-nous un peu…
G : C’était une aventure incroyable, partie de rien, un pari fou. On a appris sur le tas, pour ma part je me suis passionné pour la photo et la vidéo. Plusieurs fois on est tombé pile sur la bonne personne pour nous aider quand on était coincés ou découragés. Providentiel ! Et puis, à force de se fondre dans les personnages, de côtoyer le bienheureux, ça nous a inspirés et donné envie de le suivre… C’était percutant pour toute l’équipe du spectacle.

J : Que sera Gauthier dans 20 ans ?
G : (rire nerveux… silence…) Oulà… c’est dans longtemps ça ! Je continuerai d’être le gars que je suis aujourd’hui… essayant de devenir une meilleure version de moi-même. Je continuerai de courir pour Dieu… de me donner dans ses beaux projets.

J : Un dernier mot ?
G : J’ai beaucoup parlé de la foi mais, bien sûr, à côté de tout ça, je fais du sport, je passe du temps avec mes amis etc., bref je ne suis pas totalement un OVNI…

J : Pas un OVNI, je vais noter ça pour conclure… (rires)

Trois jeunes au Togo

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Glâne (FR), décembre 2019

Par Nicole Monney, animatrice pastorale | Photo: Nicole Monney

Chers paroissiens,

Au début du printemps dernier, bien des personnes ont sans trop savoir à qui cela revenait contribué à une belle aventure humaine. J’ai en effet pu partir avec trois jeunes au Togo pour leur faire découvrir l’expérience humanitaire. Nous avions pris contact avec l’association UMUD, qui nous a facilité toutes les démarches pour notre séjour au Togo. Cette association est présidée par un des catéchistes de l’UP. Elle a à cœur de proposer des séjours humanitaires plus ou moins longs dans plusieurs pays d’Afrique. Nous sommes parties le lundi 29 juillet avec toutes les valises bien remplies, un peu vers l’inconnu, ne sachant pas trop ce qui allait se passer.

A 2h du matin du 30 juillet, nous sommes accueillies par les membres de l’association UMUD directement à l’aéroport. Après quelques heures de sommeil, nous découvrions les lieux avec beaucoup de curiosité. Notre logement était plus que confortable (chambre avec lit, matelas…) avec une petite touche exotique ; les sanitaires, bien distincts des chambres s’employaient de manière locale (un seau d’eau et un petit bol pour s’asperger ou chasser nos commissions). Le seau d’eau se remplissait à la pompe dans la cour. Très sympa. 

On s’occupait très bien de nous, la maman du président de l’association veillait au grain. Nos repas étaient succulents, l’entretien des locaux était assuré par le personnel, malheur à nous si nous touchions au balai ou que nous essayions de faire la vaisselle ! 

Tous les matins, nous nous mettions en route pour notre « travail » à l’orphelinat qui s’occupe de 50 enfants et jeunes gens. Jusqu’à 17 ans, ils vivent tous ensemble sous la surveillance de sept collaborateurs et le directeur. Dès 18 ans, ils sont installés dans un appartement un peu plus proche de leur lieu d’étude ou de travail et apprennent à être indépendants.

Des cours de langue

Notre grande tâche était de leur apprendre quelques rudiments d’anglais, de français, de maths… le matin et l’après-midi c’était un moment un peu plus ludique. Inutile de vous dire que nous avons toutes craqué pour la gentillesse de ces enfants, leur bouille parfois si angélique. Cependant, nous avons aussi été très surprises de leur intelligence et leur vision de la vie. 

Le week-end nous avons profité de visiter le pays. Notre première excursion a été pour Ahépé, le village natal de l’abbé Dominique Gagnon, le prêtre togolais, qui quittait à la fin du mois d’août l’UP Saint-Denis. Nous avons pu profiter de sa demeure, une jolie petite ferme perdue au milieu de nulle part, mais surtout une petite oasis à comparer avec les tumultes de Lomé : nettement moins de pollution, de bruit, pas de moustique !… Quelle jolie petite famille que nous avons rencontrée en les personnes de la maman, du frère, de la sœur, des nièces et même petits-neveux. Ils ont quelques poules et un coq qui crie plusieurs fois la nuit, des chèvres dont une petite un peu têtue qui s’amusait à s’échapper de l’enclos pour aller manger les feuilles de buissons aux alentours.

Voyage à Kpalimé

Le week-end suivant, nous sommes parties dans un autre petit coin très paradisiaque, Kpalimé… nous y avons fait des découvertes peu banales comme un château abandonné depuis 1982… des routes dans un état à faire peur. Impressionnant, à quel point les chauffeurs n’ont pas froid aux yeux. Ce n’est pas qu’il y aurait quelques bosses ou trous, mais parfois il manque carrément des bouts de route ! C’est certes une prouesse, mais peut-être aussi un peu de l’inconscience. Je me faisais du mal pour la voiture ou du moins pour le propriétaire qui devrait entreprendre des réparations. En même temps, tant que la voiture roule on ne s’inquiète pas. Le problème se pose que lorsqu’elle est immobilisée… Kpalimé et ses environs est un lieu bien touristique avec ses cascades, ses centres artisanaux, mais pas seulement. C’est aussi la capitale pour la production du café et du cacao. Bien que nous n’ayons pas visité de champs, parce que la plupart sont privés, nous avons pu en trouver sur le marché. C’est à cette occasion aussi que nous avons goûté à un super fruit le corossol ; très juteux et sucré. Hmmm quel régal !

Chaleur humaine

Ce qui est à retenir surtout, c’est le contact facile avec les habitants ! Où que nous étions, le contact était avenant, chaleureux, un peu comme dans tous les pays « démunis ». La phrase typique que tout le monde connaît grâce à Disney « Hakuna matata » est tout à fait applicable. Si l’on se met dans cet état d’esprit, la vie au Togo est plus qu’agréable. Tu as faim, on te donne à manger, tu as soif, on te donne à boire, tu veux aller à gauche, on te laisse aller à gauche, même s’il fallait aller à droite ! Non, je plaisante, quoique… le touriste est quand même quelqu’un d’important qu’il ne faut pas trop contrarier. Ce qui est fort agréable pour son amour propre, par contre cela devient vite compliqué quand tu souhaites aller à un endroit et que l’on ne te dit pas tout ; par exemple une route impraticable, les détours… Du coup, il faudra juste ajouter 1 à 2 heures de plus que prévu. C’est là qu’ils te sortent leur phrase fétiche : « Vous, vous avez les montres et nous le temps. » Quelle philosophie !

C’est encore avec un grand merci que je termine ce petit compte rendu de notre expérience humaine pour un monde uni pour le développement.

Témoignages

Le bilan général : les jeunes ont été très touchés par la vie à Lomé. En voici quelques témoignages :

« Là-bas, les gens vivent en harmonie les uns avec les autres peu importe leur religion, leur couleur de peau. Cela se ressent à la manière dont ils nous accueillent. Ils sont ouverts d’esprit, curieux et nous parlent volontiers de divers sujets. C’est agréable de vivre avec des gens qui vous acceptent tel que vous êtes sans trop de préjugés. Les personnes, la simplicité de vie et la beauté du pays en lui-même ont eu raison de mon cœur et c’est pourquoi j’y retournerai volontiers, même bien plus longtemps. »

« Cette expérience m’a appris beaucoup de choses sur les habitudes de vie et culturelles qui m’étaient totalement inconnues. Toutes les belles rencontres faites au cours du voyage m’ont permis de découvrir une autre vision de la vie où la religion joue un rôle important. En effet, toutes les activités loisirs ou professionnelles sont dédiées à Dieu. Vous y trouverez facilement un restaurant nommé « Par la Grâce de Dieu », le coiffeur « de la volonté de Dieu »… il est difficile de décrire ce que l’on a ressenti, il faut le vivre… »

« Ce rendez-vous avec le Togo, je l’ai vécu comme un tourbillon de rencontres vivifiantes. Tout d’abord, les enfants de l’orphelinat qui nous ont accueillis avec beaucoup de chaleur et curiosité. Contre toute idée reçue, être avec eux c’était comme respirer de l’air frais malgré les manques dus à leur situation particulière. Ce qui pour nous paraissait peu : un nouveau visage, un livre déjà utilisé, un tout nouveau jeu, une nouvelle chanson, pour eux, c’était une réjouissance à pleins poumons. Leur optimisme et leur bonne humeur ont réussi à m’affecter avant même que je me rende compte. »

Prohibés, pas condamnés

Par Thierry Schelling
Photo: DR
Papes et conciles n’ont pas condamné les apocryphes en tant que tels mais ont prohibé leur usage liturgique. Le point de départ serait le Décret de Gélase, écrit – au moins pour la partie sur les apocryphes – aux alentours de 500. Y sont listés auteurs et œuvres condamnés comme hétérodoxes ; puisque par éponymie le décret est dit « de Gélase » – évêque de Rome de 492 à 496 –, son influence n’a pas été négligeable au cours des siècles suivants.

Jusque-là, par contre, les communautés chrétiennes naissantes lisaient quantité de textes, et pas seulement ceux qui deviendront « canoniques » trois siècles plus tard. Les apocryphes d’aujourd’hui, nullement traités de la sorte alors, participèrent à la formation des premières expressions dogmatiques et disciplinaires de ce qui deviendra l’Eglise chrétienne (disciples du Christ) et catholique (dans le sens d’universelle) 1.

Textes « redécouverts »
Une fois le canon catholique des Ecritures définitivement fixé – ce sera en 1546 à Trente lors du Concile –, ce sont les biblistes qui « redécouvrent » au cours du XXe siècle l’utilité d’analyser les apocryphes pour, anecdotiquement, en voir leur publication en deux volumes dans… la Pléiade en 1997 et 2005 ! Et parmi les théologiens, Joseph Ratzinger ne s’est pas privé, devenu pape en 2005, d’agrémenter ses remarquables catéchèses du mercredi de mentions, voire de citations tirées des apocryphes, en bon exégète qu’il était.

Ainsi, alors que Damase Ier peut refuser la grâce à l’évêque d’Avila Priscillien, condamné – le premier, dit-on, dans l’histoire de l’Eglise – pour hérésie (il sera exécuté en 385), c’est-à-dire pour avoir nourri sa foi et sa pratique de textes non conformes, plus de 1600 ans plus tard, Benoît XVI peut inclure dans ses catéchèses bibliques… des textes qui ont coûté la vie à des « frères en épiscopat ». Sic transit gloria mundi !

1 Comme le rappelle un expert en la matière, Enrico Norelli, professeur émérite d’histoire du christianisme des origines à la Faculté de théologie de l’Université de Genève de 1988 à 2017.

Quel temps pour Noël?

Voici décembre et son flot de lumière qui compense la brièveté des jours. Surabondance de toute part… dans les vitrines, pas nécessairement dans les cœurs. La fièvre des uns en fait vomir d’autres. Décembre, le mois du (de) trop? A cette période, une seule denrée semble cruellement manquer à nos contemporains: le temps ! Tout s’accélère durant cette fulgurante montée de l’Avent comme si une échéance fatale allait tomber sur le monde. Des amis entrepreneurs en témoignent: «Il nous faut à tout prix tout finir avant Noël!» Arrive alors, justement, la veille de Noël: là, le temps semble se retenir de couler… l’espace d’un moment. Par Pascal Tornay
Photo: artmajeur.com

La naissance du temps, acrylique sur Toile (100 x 80 cm) de l’artiste d’origine allemande DagMar.

Les expressions liées au temps – qu’il fait ou qui passe – sont très nombreuses. Peu ou prou, il conditionne notre existence. Nous vivons à l’intérieur de lui (et lui de nous) comme dans une matrice, au sens maternel du terme. Lui, coule mystérieusement. Mais, plus nous l’enfilons dans des catégories – des minutes, des secondes – plus nous en devenons prisonniers : prisonniers de nos propres catégories ! Lui coule, mais nous, en voulant le dompter, combattant pour sans cesse en gagner et éviter d’en perdre – en devenons les parfaits esclaves ! Lui coule, mais de notre côté, le combat à mort est engagé ! Certains d’ailleurs se tuent à « tuer le temps » : la catastrophe est annoncée !

Je vois dans ma propre vie qu’un mûrissement a pu démarrer lorsque le temps s’est arrêté, plus précisément lorsque ma course et mon combat contre lui a enfin cessé. En fait, je suis tombé gravement malade et je n’ai pas eu d’autre choix que de vivre avec « mon » temps, de le laisser faire son œuvre. On dit cela, en général, pour éviter de parler de l’action de l’Esprit Saint en nous… 

Le précieux temps est un facteur, mais l’ouvrier des profondeurs : c’est Dieu ! Patient, il fait avec le temps. Il prend son temps. Il ne brusque jamais. Il attend le temps du mûrissement pour pouvoir apaiser, guérir, purifier et… sauver ! Nous saisissons mal la pédagogie de Dieu, car nous sollicitons souvent de lui une action immédiate, car nous sommes en souffrance ou en détresse et que le temps presse ! Le temps ne presse jamais, c’est plutôt le mal qui « op-presse ». Lui, l’ouvrier des profondeurs, agit autrement : par un patient et puissant amour, il vient à bout de tout. Nous, nous préférons nos combats, mais c’est eux qui viennent à bout de nous ! 

Lui, le « Maître de tous les Temps », qui pourrait si aisément se passer du facteur temps, ne le fait pas… Il fait advenir les choses à temps. La sagesse biblique le rappelle à qui a des oreilles : « Chaque chose vient, oui, en son temps ». (Ecclésiaste 3, 1-15) Noël aussi !

Devenons des « matrices » pour que le Christ puisse prendre vie au cœur de notre vie…

«Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. […] J’ai compris qu’il n’y a rien de bon pour les humains, sinon se réjouir et prendre du bon temps durant leur vie.»
L’Ecclésiaste 3, 11-12

Sortie à Rome du 8 au 11 juillet

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unité pastorale de Notre-Dame de Tours (FR), décembre 2019

Texte et photo par René Delley

Un joli groupe de 14 servants de messe méritants du Littoral et leurs 5 accompagnants se retrouvent sur le quai de la gare de Payerne.

L’année scolaire est finie, nous avons le temps de voyager et de penser aux récompenses. Nous avons pris l’option du transport en train Payerne à Termini Rome. Nous arrivons à 13h59 en gare de Rome. Nous prenons contact avec nos chambres d’hôtel et ensuite la visite de différents sites commence. Nous partons à pied
pour rendre visite à la Rome papale dont Sainte Marie aux Anges et Saint Jean de Latran. Pour nous, qui avons l’habitude d’entrer dans nos sanctuaires librement, nous sommes obligés de montrer patte blanche. Un contrôle est effectué par la police de ce que nous avons sur chacun de nous. 

Le mardi nous allons rendre visite au Vatican, visite qui nous montre les beautés et la magnificence de ces lieux. Nous profitons aussi d’une vue splendide sur Rome depuis le sommet de la basilique. L’après-midi nous nous déplaçons aux catacombes. Toute l’histoire de la Rome chrétienne nous est mise à jour.

Nous découvrons ensuite avec une guide qui nous documente sur le vrai fonctionnement du Colisée, sur la vie des Romains du temps des Empereurs. Nous revisitons en une matinée tous ces péplums qui nous ont trompés. Notre petite cohorte semble bien fatiguée suite à tous ces déplacements. Il nous est encore possible de voir la place d’Espagne et puis nous reprenons nos bagages et rentons chez nous.A consulter aussi le site de www.formulejeunes.ch

Sortie des servants de messe de la paroisse de Mannens-Grandsivaz

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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unité pastorale de Notre-Dame de Tours (FR), décembre 2019

Par Bernard Corpataux | Photo: Bernard Favre

Tous les deux ans, la paroisse de Mannens- Grandsivaz offre une journée récréative à ses servants de messe.

Cette année, le Conseil de paroisse a décidé d’amener ces jeunes à Europa Park à Rust en Allemagne.

Le 31 août 2019, tous les servants sans exception et le Conseil de paroisse in corpore se sont retrouvés à 6h devant le restaurant des Marronniers à Grandsivaz. 

Après un voyage sans histoire en car, tous les enfants ont pu profiter des attractions de ce parc de loisirs, beaucoup d’entre eux ne s’étant jamais rendus dans cet endroit. Les adultes se sont contentés plutôt de visiter ce dernier, tant il y a des choses à voir, de parler un peu de la paroisse, mais surtout de passer un bon moment convivial ensemble.

Après une journée bien remplie, tout ce petit monde était à l’heure à l’entrée du parc pour le retour.

Merci à tous nos servants de messe pour la bonne entente qui a régné entre vous durant cette journée, pour votre gentillesse, pour votre ponctualité et pour les précieux services que vous rendez tout au long de l’année à notre paroisse, à nos prêtres et à notre diacre.

En librairie – décembre 2019

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Une église au cœur des Eaux-Vives
Chantal Renevey Fry, Christophe Allaz et Sabine Ginalhac

La paroisse genevoise de Saint-Joseph célèbre cette année le 150e de la consécration de son église. A cette occasion, un ouvrage résumant les cent cinquante ans de vie de la paroisse est sorti de presse. Grâce à des sources souvent inédites, les auteurs de ce livre décrivent non seulement l’évolution du bâtiment mais aussi celle, plus intime, de la communauté paroissiale tout entière. L’histoire de cette église est à lire en parallèle avec les différentes phases qui ont marqué l’Eglise universelle, notamment celle du Concile Vatican II. Elle devient par là même un précieux témoignage d’un passé qui éclaire le présent.

Saint-Augustin

Acheter pour 25.00 CHFL’Evangile de Thomas
Jean-Yves Leloup

Découvert en 1945 en Haute-Egypte, l’Evangile de Thomas est sans doute le plus célèbre des Evangiles apocryphes. Il comporte une collection de cent quatorze sentences attribuées à Jésus. Très différent des Evangiles canoniques, il ne constitue pas un récit de sa vie. Il n’annonce rien, ne prédit rien, mais présente des paroles du Maître qui auraient été recueillies par l’apôtre Thomas. Les extraits proposés ici, traduits par Jean-Yves Leloup, sont autant d’énigmes qui peuvent révéler à l’homme ce qu’il porte en lui depuis toujours. 

Albin Michel

Acheter pour 13.10 CHFUne vie de saint Philippe Néri
Florent Jacques-Mariamaris

Ce saint originaire d’Italie mérite d’être connu tant son parcours de vie est insolite. Assurément original, on peut dire de lui qu’il est le saint patron de la joie : il racontait des blagues dans la rue, recevait les grands de ce monde en robe de chambre et emmenait son chat à la messe; à sa prière, les malades guérissaient et les étudiants les plus turbulents adoraient le Saint Sacrement. Pas de quoi s’ennuyer en lisant sa biographie : une sacrée dose de bonne humeur ! C’est une BD à plusieurs niveaux de lecture. Comme il s’agit d’une BD historique, certains textes s’adressent plutôt aux adolescents et adultes. Mais les images et les gags visuels plairont aussi aux enfants. L’occasion d’une lecture en famille ?

Cor ad Cor

Acheter pour 22.50 CHFBibliste sans le savoir
Jacques et Guy Billout

Les deux frères Jacques et Guy Billout, l’un prêtre et l’autre dessinateur de presse, ont voulu rendre accessible au plus grand nombre, à la fois par l’image et par un langage simple, ce trésor qu’est la Bible. Sont répertoriées ici une soixantaine d’expressions et citations tirées de la Bible, tout aussi bien de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec leur origine et leur usage dans le vocabulaire courant. Qu’y a-t-il de commun entre « Après moi, le déluge », « Rien de nouveau sous le soleil », « Pleurer comme une madeleine » ? La Bible !

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Une crèche pour les petits… et les grands!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), décembre 2019

Par Bernard Hallet | Photo: Casimir Gabioud

Casimir Gabioud, agent pastoral à Orsières, installe sa grande crèche Playmobil à la Maison des Jeunes à Monthey. Une formidable création didactique à découvrir tout au long du mois de décembre.

« Il faut bien quatre à cinq jours de travail pour mettre en place cette crèche », explique Casimir Gabioud. L’installation compte en effet 400 figurines Playmobil et environ 800 animaux, tous en lien avec la Bible. Il a fabriqué les décors. La mise en place achevée, tout ce petit monde occupe 21 m2 de planches disposées sur des tréteaux. « J’en ai scié les pieds pour atteindre une hauteur maximale de 65 cm. Ainsi les plus petits peuvent voir sans problème ».

Une véritable catéchèse !
Au-delà du simple visuel, le village et ses occupants romains, Bethléem, la montagne, la forêt, le désert et la mer servent de décor au récit de la nativité et à une dizaine de paraboles. « C’est une catéchèse ! » Lance Casimir Gabioud. Il a prévu des panneaux pour des explications plus précises. Avec un aspect ludique pour les plus petits qui devront retrouver une vingtaine de souris cachées dans le décor.

L’histoire a commencé en 2014 lorsque l’agent pastoral a disposé une crèche sur la table de sa salle à manger – « Au début c’était minus : les trois rois mages, deux bergers et la crèche proprement dite ». « Tu pourrais la mettre à la cure », suggère le curé. L’année suivante, la crèche est installée dans la grande salle de la cure d’Orsières. Le succès est immédiat : le lieu ne désemplit pas. « 15 à 20 personnes se trouvaient à la cure tout au long des journées d’ouverture, se souvient Casimir. 

Les classes et les groupes des parcours catéchétiques passaient la voir en semaine et les enfants y ramenaient leurs parents le week-end. J’ai vite senti que je pourrai en faire une animation sympa ». 

Les adultes s’y retrouvent aussi
Casimir étoffe son installation, l’améliore d’année en année. En particulier les éclairages, habilement focalisés sur les scènes des paraboles et de la nativité. Le bouche à oreille fait son effet, on réclame la crèche de Casimir ailleurs. Après la cure d’Orsières, l’installation fait étape à Martigny-Bourg en 2018. Le succès est le même partout. « J’ai conçu cette crèche pour les enfants mais les adultes s’y retrouvent aussi ».

Pour preuve, cet homme d’un certain âge émerveillé devant l’installation. Il avait pris une claque lorsqu’enfant il avait reconstitué la crèche avec ses jouets. « On ne se moque pas ainsi de Jésus ! », lui avait dit sa maman. Certains adultes profitent de l’occasion pour poser des questions sur la Bible, la nativité. « Certains passaient « faire un tour » et sont restés deux heures ». 

« Actuellement on ne peut pas régater avec les grands spectacles et les événements culturels. Il faut faire simple », relève Casimir. Il évoque le succès, les témoignages d’admiration, de sympathie, les regards émerveillés, « mais le plus fou dans cette crèche, c’est Dieu qui est venu parmi nous ».

Quatre jeunes prennent la plume

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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), décembre 2019

Texte par Michel Abbet

A voir ainsi défiler les jours, on prend conscience que le temps de Noël approche à grands pas. Ces moments bénis, chacun les attend pour de multiples raisons. Les écoliers s’impatientent de voir arriver les vacances synonymes de liberté et de sports de neige, les adultes apprécient une fin d’année où le travail aura laissé la place à la détente conviviale et les familles se réjouissent du repas incontournable qui réunira le plus de monde possible. Les mélomanes, eux, se régaleront de mélodies intemporelles propres à ce temps.  Le croyant a lui rendez-vous avec l’histoire incroyable et extraordinaire de la venue de Dieu sur Terre, avec son message d’humilité, de fragilité et d’amour dépouillé.

Noël est devenu le temps des cadeaux. On peut pourtant faire des folies en achats de toutes sortes pour montrer son attachement à ses proches, on n’est jamais tout à fait sûr de faire mouche… Et si l’on prend la peine d’y réfléchir un court instant, on se rendra vite compte que le plus beau cadeau restera toujours celui d’une présence aimante et attentionnée. 

Pour marquer le temps de Noël 2019, L’Essentiel a donné carte blanche à quatre jeunes de notre région pour qu’ils partagent avec nous une de leurs expériences de vie ou leur espoir de croyant. Leurs textes apportent fraîcheur et renouveau, et nous les recevons comme un immense cadeau qui nous va droit au cœur. Nous vous en souhaitons bonne lecture, et formulons tous nos vœux pour que vous passiez d’agréables et d’enrichissantes fêtes de Noël.

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