Les «Cartons du cœur» cartonnent dans la Broye

Dire que les « Cartons du cœur » cartonnent est un jeu de mots évidemment facile ! Il n’empêche que, ce jeudi après-midi, dans le local de la section staviacoise, c’est la grosse animation : les bénévoles préparent par dizaines des cornets que les bénéficiaires vont recevoir bientôt. Et la demande est bien réelle !

Jean-Marc Moulin, responsable de l’antenne staviacoise.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Une réalité à la fois rassurante – car elle montre que cette action de solidarité a toute sa raison d’être – et inquiétante, car elle prouve que toute une précarité – souvent cachée – existe bien à Estavayer et dans la région. « Le besoin est de plus en plus aigu » estime Jean-Marc Moulin, coordinateur de la section staviacoise. « En 2021, nous avons distribué 100 cartons. Ce chiffre n’a fait qu’augmenter et nous en sommes aujourd’hui à 200 cartons par an » indique le responsable. Cette forte croissance des besoins n’a pas d’explication étoffée, car elle est multifactorielle. Mais il est évident que le Covid est passé par là et que le coût de la vie ne cesse de prendre l’ascenseur pour les gens qui sont à la limite pour couvrir leurs besoins de première nécessité et qui doivent recourir aux « Cartons du cœur ».

L’antenne téléphonique de la section staviacoise est assurée par une bénévole, toujours la même, qui répond fidèlement deux matins par semaine et dialogue avec la personne appelante pour connaître ses besoins, permettant ainsi de préparer des cartons – qui sont en réalité des cornets – correspondant le mieux à sa situation. Uniquement de la nourriture non périssable et des produits de toilette ou de nettoyage. « Nous avons renoncé aux produits frais  (légumes, fruits) car la gestion était devenue trop compliquée. Mais en plus des cartons, nous remettons un bon d’une valeur de 50 francs par personne valable à la Migros » explique le responsable.

Chaque famille bénéficiaire – actuellement nonante personnes sont enregistrées – ne peut recevoir que trois livraisons par an. Un quota strictement vérifié. Ce jeudi après-midi, jour de distribution, ce sont neuf familles qui sont venues chercher plusieurs cornets. A la fin de la distribution, les bénévoles présentes font le constat que le local de stockage est quasi vide ! Il va falloir renouveler le stock pour la semaine suivante. « A Estavayer, nous avons de la chance, dit cette bénévole, nous recevons beaucoup de dons en nature ou en liquide. »

A noter que les intervenants des « Cartons du cœur » ne questionnent pas les demandeurs sur leurs revenus. Ils font confiance. « Nous ne mettons pas de conditions. Nous partons de l’idée que si des personnes téléphonent, c’est qu’elles ont un besoin réel » explique Jean-Marc Moulin. « C’est une action du cœur. Nous ne sommes pas un service social et nous ne donnons jamais d’argent. »

Notre paroisse se mobilise

Notre paroisse se mobilise régulièrement en faveur des « Cartons du cœur » en affectant à cet organisme le fruit de certaines quêtes et en récoltant des biens dans des corbeilles placées dans chaque église. Une contribution qui est conséquente et appréciée !

Si vous voulez soutenir l’action des « Cartons du cœur » et / ou devenir bénévole : 
•  079 347 50 34
•  j-mmoulin@bluewin.ch
•  CH97 8080 8002 7590 7809 5, Cartons du Cœur,  1470 Estavayer-le-Lac.

Les messes de Noël avec crèches vivantes

A Estavayer, avec Juliann…

Mardi 24 décembre, 17 heures, l’abbé Bernard remonte l’allée de la collégiale d’Estavayer. Il porte dans ses bras un enfant, il porte dans ses bras l’espoir du monde. Juliann est cette année le petit Jésus de la crèche vivante. Il a les yeux grand ouverts, observe avec attention tout ce qui se passe et fait preuve d’un calme divin alors que la chorale des enfants entame son premier chant.

Par Matthieu Angelini 
Photos : Georges Losey, LDD 

Juliann a la vie devant lui et, comme Jésus, il changera le monde. A l’échelle de sa famille, à l’échelle de la commune ou peut être à l’échelle de la Suisse, chaque enfant a en lui la force de faire changer les choses. 

Juliann ne semble pas se rendre compte de l’importance et du symbole de ce qu’il est en train de faire. Il ne semble pas subir de pression lorsque l’abbé Bernard annonce que le sauveur du monde est né. Juliann est placé dans la crèche vivante, entre Marie et Joseph et il est bien, il est heureux et reste calme. 

Dans un monde souvent distrait par les aspects commerciaux de Noël, la crèche vivante nous rappelle l’essence même de cette fête. Elle nous invite à réfléchir sur la naissance du Christ et son message d’amour, d’humilité et de rédemption.

Apprendre de Juliann et des autres

D’autres ont été petits Jésus avant Juliann. Une fierté familiale de participer à cette fête et de représenter notre sauveur, Marie, Joseph ou les bergers. Un moyen de s’impliquer pour les autres, de développer sa foi et de l’ancrer dans son vécu. Incarner les personnages de la sainte famille leur permet de prendre part à cette simplicité et cette humilité. Et Juliann a de la chance, je sais de source sûre qu’il n’y aura pas de chantage au petit Jésus plus tard. Pas de « tu as été petit Jésus, tu devrais finir tes légumes » ou pas de « Luciano, lui, il range sa chambre, il a compris qu’être petit Jésus un jour c’est être petit Jésus toujours et qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

Peut être, à l’instar d’illustres prédécesseurs, puisera-t-il dans cette expérience pour aiguiller ses choix plus tard.

Nous avons beaucoup à apprendre de Juliann et de son attitude, de son calme et son émerveillement. Il est ce soir l’être le plus important du monde et remplit ce rôle avec calme et humilité. Il a déjà réussi sa vie car elle lui a été donnée, à lui de la vivre. Peut être pourrions-nous, nous aussi, vivre cette année 2025 avec la certitude que nous avons déjà réussi notre vie, regarder autour de nous et nous émerveiller.

… et à Aumont avec Guilia

Le 24 décembre dernier, de nombreuses familles se sont retrouvées pour fêter la naissance de Jésus lors d’une messe présidée par le doyen Darius Kapinski et animée par le chœur-mixte d’Aumont-Nuvilly sous la direction de Mme Marion Pagin.

Par Marianne Berset
Photos : Pierre Bondallaz

Remplie de joie et fraternité, cette chaleureuse célébration a réjoui le cœur des paroissiens car elle leur a permis de revivre avec beaucoup de simplicité mais de manière concrète le récit de la Nativité. Merci à Guilia et ses parents qui ont accepté de représenter la Sainte Famille, à nos jeunes les anges qui ont annoncé aux bergers la naissance de Jésus et à tous les enfants qui ont accepté une mission.

De plus, nous avons apprécié la belle collaboration entre les générations et les communautés. Ainsi, les jeunes se sont volontiers improvisés lecteurs. De même, plusieurs servants de messe de Cugy sont venus à Aumont et vice-versa pour la messe de 22h à Cugy où ceux de Les Montets se sont déplacés.

Espérons que ce début de collaboration se poursuive au fil de l’année afin que l’essentiel soit le moment à vivre spirituellement.  

Merci aux catéchistes pour leur précieuse présence et à toutes les petites mains qui nous ont aidés à la réalisation de cette célébration. Que l’Enfant de la crèche illumine chacun de vos pas au fil de cette nouvelle année.

Finances paroissiales: un budget 2025 dans la continuité

Alexandre Bersier durant son intervention.

Une soixantaine de paroissiennes et paroissiens ont participé, début décembre à Cugy, à l’assemblée ordinaire – dite des budgets – de la paroisse Saint-Laurent Estavayer, tenue sous la présidence d’Alexandre Duc. Elle a principalement permis d’adopter le budget de fonctionnement de la paroisse pour 2025 qui prévoit un mini déficit en rien inquiétant, les finances paroissiales étant saines.

Par Claude Jenny | Photos : Georges Losey

Le budget du ménage paroissial pour cette année est grosso modo identique à celui de 2024 avec des charges prévisibles de 3,152 millions et des produits de 3,096 millions, soit un léger minus de 55’000 fr.  En charge du dicastère des finances, Alexandre Bersier, vice-président du Conseil, a commenté dans le détail ce budget qu’il juge tout à fait acceptable eu égard à la bonne santé financière de la paroisse. « Le but n’est pas d’arriver à zéro dépassement » dit-il, précisant que, hormis quelques retouches, aucun poste important n’avait été amputé et que le fonctionnement paroissial pourrait se poursuivre sur les mêmes bases financières.

Une paroisse sans dettes

Il n’a toutefois pas caché que les recettes étaient à la baisse, ne serait-ce qu’en raison des nombreux retraits d’Eglise enregistrés ces derniers mois. Le trésorier a plusieurs fois insisté sur la nécessité pour les gestionnaires de la paroisse de se montrer vigilants, car les recettes n’iront pas en augmentant !  Aujourd’hui, la paroisse vit sainement, « puisque nous n’avons plus aucune dette ». Nous pouvons nous en réjouir mais il est important, à ses yeux, de mettre en place des outils de gestion plus professionnels, en affinant la gouvernance de certains secteurs, notamment en recourant à des spécialistes pour certaines tâches de planification. C’est le cas particulièrement pour les bâtiments puisque la paroisse gère un important patrimoine. Il a notamment présenté un graphique qui montre qu’actuellement, pour 1 fr. encaissé, la paroisse dépense 1 fr. 05. Rien de grave mais la vigilance est de mise. Ajoutons que le taux de l’impôt paroissial restera inchangé.

Pas question par contre de toucher au budget consacré aux activités pastorales car « c’est notre corps de métier » dit-il joliment. Ainsi, un montant est affecté désormais pour les activités jeunesse.

Contribution à la CEC : une hausse qui interpelle

Durant sa présentation, Alexandre Bersier s’est arrêté sur un poste qui affiche une constante augmentation : celui de la contribution paroissiale à la CEC (Corporation ecclésiastique cantonale), qui gère notamment la Caisse des ministères, et verse les salaires et les charges sociales de tout le personnel pastoral ayant un contrat fixe. 

Cet organe facture un certain montant à toutes les entités paroissiales en février de l’année en cours, soit lorsque les budgets ont déjà été adoptés. Ce montant, pour la paroisse Saint-Laurent Estavayer, est en constante augmentation, a relevé le responsable des finances. Ainsi, sur la base de prévisions, c’est un montant de 390’000 fr. qui figure au budget 2025. Davantage que les années précédentes. Ce surcoût interpelle « M. Finances » qui va s’atteler à obtenir des éclaircissements de la part de la CEC pour savoir pourquoi cette participation paroissiale est en augmentation année après année.

Ce budget paroissial 2025 a été adopté à l’unanimité moins une abstention, après recommandation positive de la commission financière.

Cinq crédits adoptés

Au chapitre des crédits d’investissement 2025, aucun chantier important n’est prévu cette année. L’assemblée de paroisse a néanmoins adopté cinq crédits. Soit :
• Un crédit de 25’500 fr. pour des travaux de rénovation à la cure de Rueyres-les-Prés ;
• Un montant de 65’000 fr. pour la rénovation de l’entraînement des cloches de l’église de Forel ;
• Une somme de 54’500 fr. pour la rénovation de l’entraînement des cloches de l’église de Cheyres ;
• Un  crédit de 45’000 fr. pour des travaux de rénovation intérieure et de peinture à la chapelle Saint-Eloi à Estavayer ;
• Un crédit d’étude de 100’000 fr. pour la planification financière des bâtiments. Cet argent est destiné à recourir aux services d’un bureau d’architectes spécialisés pour aider le Conseil de paroisse à planifier et prioriser l’entretien de tous les bâtiments du patrimoine paroissial, tâche forcément complexe avec 21 églises et chapelles et une vingtaine d’autres bâtiments (cjy).

Deux démissions au sein du Conseil de paroisse

Christiane Volery et Alexandre Duc vont quitter le Conseil de paroisse après un long bail chacun au service de la paroisse.

En début d’assemblée, le président Alexandre Duc a annoncé que deux membres du Conseil de paroisse allaient se retirer à fin juin, au terme de la présente année pastorale. Il s’agit d’abord de Mme Christiane Volery, d’Aumont, qui se dévoue depuis plus de 30 ans pour le bon fonctionnement d’abord de sa paroisse puis de l’UP, puis de la nouvelle paroisse fusionnée. La seconde démission est celle du président, Alexandre Duc, à l’œuvre depuis 18 ans. « Ces deux départs permettront un renouvellement en douceur de la composition du Conseil de paroisse » a-t-il déclaré. Une double élection interviendra donc dans le courant de l’année, la date n’étant pas encore fixée. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur le parcours paroissial des deux démissionnaires. (cjy).

Bible au quotidien: prenons soin de nous et des autres!

Par Nathalie Angelini-Traeger
Photo : LDD

« Ceux qui sèment avec larmes, moissonneront avec chant de triomphe. Celui qui porte la semence pour la répandre, marche en pleurant ; mais il reviendra en chantant de joie, quand il portera ses gerbes. » (Psaume 126 : 5-6)

Nous ne sommes pas définis par nos combats, nos réussites, notre âge, mais par le Christ qui vit en nous. Rappelons-nous que tout est possible à celui qui croit et que les épreuves, comme les bénédictions, font partie de nos vies. Alors aujourd’hui, décidons de changer notre perception face à notre situation, contentons-nous de notre solde, par la foi qui nous anime, par la résilience et par une gratitude pure et sincère envers tout ce que nous sommes et avons déjà. 

Les problèmes, comme les succès, font partie de notre existence, alors ne luttons plus, dansons avec eux, en étant reconnaissants d’être en vie, en étant joyeux d’avoir fait la connaissance de Jésus, en donnant, en faisant preuve d’empathie et en partageant avec ceux qui sont dans le besoin. 

Devenons souples et flexibles, appliquons-nous à être en permanence dans la créativité et la productivité saintes, la gentillesse, la générosité et surtout gardons la foi comme notre trésor le plus précieux. Embrassons tout ce qui nous arrive, les grandes joies, comme les injustices, en acceptant qu’on ne peut pas tout contrôler, seul Dieu tout-puissant le peut et expérimentons la sagesse et la joie de vivre, là où Dieu nous met.

Collaborateurs du Seigneur

Et comme nous l’a enseigné le pape François, lors de sa venue en Corse en décembre dernier : le Seigneur a la première place, mais nous sommes ses collaborateurs. Prenons soin de nous et des autres. Notre vie s’exprime dans l’offrande de nous-même, mais pour bien donner, prenons soin de nous. 

Chaque jour renouvelons la joie de notre rencontre avec lui, notre envie de le suivre. Demandons au Seigneur de jeter nos lamentations, nos plaintes, nos comparaisons, afin de ne pas rentrer dans le péché et les douleurs que nous nous infligeons. Accordons-lui entièrement notre confiance, cultivons notre joie, en toutes circonstances prions, espérons et restons dans la gratitude. Restons dans une attente joyeuse et non suspicieuse. La parole de Dieu est un refuge où nous pouvons constamment purifier notre esprit, trouver la paix et nous guérir.

J’adore les muffins!

Par Thierry Schelling
Photo: DR

Je n’ai pas le don de la cuisine, par flemme, manque de temps et de passion. Mais j’aime manger. Or, pour se laisser déplacer par l’Esprit Saint – la clef de la conversion ! –, je me suis dit : faisons des muffins !

Comment et avec qui ? Instagram, évidemment. Et une coach aux explications simples, encourageantes et visuelles : ingrédients achetés, ustensiles préparés, je me connecte.

Avantage : suivre la recette avec oreilles et yeux, c’est facile ! Désavantage : avec le petit doigt – le seul non utilisé dans la confection de la pâte –, rallumer sans cesse son portable pour se reconnecter sur la vidéo.

Avantage de suivre les étapes : on peut y revenir quand on ne comprend pas le vocabulaire : lisser (mais y’a pas d’aspérités !), faire revenir (quoi ? d’où ?), couper en dés (de quelle taille ?). Désavantage : elle promettait une « recette à faire en 15 minutes » et je suis déjà passé à la demi-heure…

Enfournés, les muffins lèvent. Le miracle se produit. Je plante une pique pour vérifier si c’est cuit dedans. Impec ! Sortis, ils sont splendides. 

Fier ? Je suis humble ! Grâce à une coach, j’ai concrétisé sa pédagogie imagée et la combinaison chaleur/mesures/patience a fait le reste ! Je me suis converti à me laisser déplacer par l’esprit – l’Esprit ? 

Le soufflé n’est pas retombé. Le Souffle non plus.

Un groupe de jeunes est né dans la paroisse

Les rencontres bimensuelles sont aussi l’occasion de vivre le partage d’un repas communautaire.

L’idée de constituer un groupe de jeunes, qui serait structuré et actif, titillait l’équipe pastorale depuis un bout de temps. Depuis décembre dernier, ce souhait est devenu réalité avec la création de « God Vibes », formé d’une dizaine de jeunes qui ont pris quartier dans leur local à la chapelle de Rivaz à Estavayer. Rencontre avec son animatrice, Barbara Bargiel.

Barbara Bargiel, animatrice responsable de ce nouveau groupe paroissial.

Par Claude Jenny | Photos : Georges Losey, Barbara Bargiel

Le groupe, qui s’est donné comme nom « God Vibes » – que l’on peut traduire par : « dans la bonne ambiance de Dieu » – réunit pour l’instant une douzaine de jeunes entre 16 et 25 ans et s’est déjà réuni à plusieurs reprises l’année dernière pour aménager son local et organiser une très belle action de Noël en faveur des aînés (voir ci-dessous).

Echanger autour de l’Evangile

« Le but est de se rencontrer en principe deux fois par mois – une fois le jeudi, une fois le vendredi – pour vivre un moment d’échange autour de l’Evangile » explique Barbara Bargiel, animatrice pastorale. « La forme de la soirée peut évidemment varier et c’est chaque fois un autre membre du groupe qui doit se préoccuper de préparer l’animation » ajoute la responsable. Les jeunes ont, par exemple, vécu une soirée sur le thème du pardon en regardant d’abord un film puis en échangeant sur ce sujet. Un repas communautaire figure généralement aussi au programme de la soirée, même si le local manque d’une cuisine ad hoc… 

La plupart des membres actuels étaient déjà actifs dans la paroisse – servants de messe notamment – avant de rejoindre le groupe « God Vibes ». « Mais nous sommes ouverts à tous les jeunes intéressés par cette démarche » précise l’animatrice qui requiert l’aide de proches pour l’épauler. « Nous espérons que les membres de l’équipe pastorale – prêtres et laïcs – viendront découvrir notre groupe et passer un moment avec nous » souhaite la responsable.

Le groupe caresse le projet de participer à des pèlerinages ou des rencontres de jeunes chrétiens. « Nous pensons nous rendre à Rome dans le cadre de l’Année Sainte et
participer à l’organisation d’une course de relais de Run4Unity sur le thème de la paix,  prévue cette année à Montet. Et d’autres idées vont sans doute germer au fil des mois de fonctionnement de ce groupe qui donne un bel élan de jeunesse dans la paroisse, laquelle soutient financièrement cette heureuse initiative.

Vivre l’Evangile dans la fraternité.

Pour rejoindre « God Vibes »

Si vous voulez rejoindre le groupe, vous pouvez contacter : Barbara Bargiel, à l’adresse mail suivante : barbarabargiel44@gmail.com

En février, le groupe se réunira dans son local les 7 et 28 février dès 18h30.

Une superbe action de Noël pour les résidents des « Mouettes »

La messe hebdomadaire du 7 décembre dernier au home des Mouettes, à Estavayer, a revêtu un caractère bien particulier puisque les résidents ont eu la surprise de recevoir la visite du groupe de jeunes de la paroisse. Qui n’ont pas ménagé leur peine et leur labeur pour donner du relief à cette rencontre intergénérationnelle.

Texte et photos par Claude Jenny

Présidée par l’abbé Bernard Schubiger, la messe a d’abord été l’occasion pour les jeunes d’y participer activement par leurs chants, les lectures, la prière universelle, une liturgie soigneusement préparée par Barbara Bargiel et Françoise Baranzelli, aumônière à temps partiel dans ce home.

Au terme de la célébration, les jeunes ont remis à chaque résidente et résident un précieux double cadeau : une grande enveloppe contenant un beau texte et un dessin, ainsi qu’un bricolage fort réussi sous la forme d’une mangeoire fabriquée par les jeunes et contenant l’enfant de la Nativité. Une démarche qui a apporté une belle lumière autour de cette messe de Noël anticipée et l’occasion d’un beau moment de partage.

Nouveaux maîtres (a)spirituels

En France, l’association Talenthéo a déjà accompagné plus de 3000 prêtres, évêques, religieux et responsables laïcs par le coaching.

Que l’on soit débordé, burn-outé, en pleine reconversion professionnelle, les coachs promettent des résultats avec bonheur à la clé. Ces « maîtres spirituels » d’un nouveau genre essaiment aussi dans l’Eglise, mais de manière plus discrète.

Les chemins de vie sont multiples.

Par Myriam Bettens | Photos : DR, Unsplash

Il suffit de taper dans la barre de son moteur de recherche « coaching Suisse romande » pour obtenir plus de 289’000 résultats en… 0,33 seconde et on ne parle même pas de la pléthore d’offres dénichées par le biais des réseaux sociaux. A coups de : « Deviens acteur de ta vie », « Ose te réaliser », tout en passant par : « La volonté est la clé pour prendre ton bonheur en main », certains coachs pourraient presque damer le pion aux marchands du Temple. Cette usine à rêve promet de répondre aux questions existentielles les plus variées. En somme, de faire de toute personne une meilleure version d’elle-même. Coach parental, coach en bien-être, coach en amour, coach sportif et même coach de vie : cette profession a le vent en poupe. Dans l’Eglise aussi, cette nouvelle forme « d’accompagnement » gagne du terrain.

Coaching ecclésio-compatible

Pour continuer à grandir spirituellement et humainement, les personnes engagées en Eglise(s) (prêtres, diacres, pasteurs et laïcs) peuvent relire leur vie sous le regard de l’Esprit Saint avec un accompagnateur spirituel. Toutefois, n’y aurait-il pas la place pour un autre type d’accompagnement, lié à un savoir-faire et à un savoir-être, pouvant permettre un retour critique sur la manière dont le responsable religieux s’inscrit dans sa communauté ? Partant du principe que le coaching n’est pas une forme concurrente d’accompagnement, plusieurs initiatives ont vu le jour. 

En France, l’association Talenthéo, active depuis 2005, a déjà accompagné bénévolement plus de 3000 prêtres, évêques, religieux et responsables laïcs par le coaching. Elle anime aussi des sessions de formation au service de la conversion relationnelle et pastorale. Le modèle ne s’est pas encore exporté chez les catholiques romands. En revanche, outre-Sarine, Divine Renovation Ministry offre des services analogues à sa consœur française. Par contre, côté protestant et évangélique des propositions similaires existent. La Haute Ecole de Théologie (HET-PRO) à Saint-Légier (VD) dispense aux futurs
responsables d’Eglise de tels coachings. En parallèle, elle offre par le biais du cursus Arrow Leadership, un CAS en leadership chrétien aux personnes ayant un rôle de direction en ONG, entreprise ou en Eglise. Pascal Chapuis fait partie de l’équipe de formateurs. L’ancien pasteur devenu coach est tout à fait au clair avec les dérives possibles de la profession.

Le bonheur soumis à la performance

« La dénomination de « coach » est un fourre-tout. Les certifications existent, mais il n’y a pas de contrôle », pointe-t-il et aucun garde-fou n’existe pour protéger les clients de pratiques douteuses, sous couvert de « coaching ». Directeur d’un des premiers cabinets de coaching implantés dans le canton de Vaud (2004), il reconnaît que « de nombreuses personnes se sont engouffrées dans la brèche pour se constituer un revenu facilement, tout en donnant à leurs pratiques le terme de « coaching », alors que ce n’en est pas du tout ». Pour lui, « cette tendance est liée à l’image du coaching. Admettre que l’on a besoin d’un psy est généralement connoté péjorativement par la société, alors on préfère aller voir un coach ». 

Gaël Brulé, sociologue du bonheur et professeur à la Haute école de santé de Genève (HEdS), s’était exprimé sur la question, en mars dernier, dans une émission de la RTS. « Avant, on avait des institutions qui prenaient en charge nos problèmes, comme l’Eglise, la famille, l’Etat. Avec le délitement de ces institutions, on est de plus en plus à la recherche de réponse au niveau individuel », car les attentes et exigences envers les individus augmentent. Il faut performer en tant que citoyen, travailleur et parent, affirme-t-il encore.

De plus, les personnes « acceptent moins qu’avant les difficultés rencontrées dans leurs parcours. Il y a une tendance à vouloir trouver une solution pour aller mieux rapidement. En parallèle, l’idéal de bonheur devient toujours plus central, plus prégnant. On est passé du droit, au devoir d’être heureux ». Un constat que partage mais tempère Pascal Chapuis : « Le « bon » coach n’a pas pour vocation de trouver des solutions à son client. » Il ajoute encore que le cadre est primordial « pour favoriser une atmosphère saine et sécurisante, tout en ayant l’humilité de rediriger le client vers une autre forme de soutien, si nécessaire ». Lui-même formé à d’autres types d’accompagnements, il voit dans le coaching une composante profondément biblique.

Le coaching possède une composante profondément biblique.

La grâce seule ne suffit plus

« Le monde et la société dans lesquels nous vivons sont devenus tellement complexes, qu’une grande proportion de mes coachés ressentent le besoin d’aborder le domaine de leurs valeurs spirituelles à un moment ou à un autre. Et c’est souvent là que se trouvent les blocages », glisse Pascal Chapuis. Il va même plus loin, « ces outils sont des facilitateurs pour faire passer le message biblique sans que la personne ne se sente coincée avec des « tu dois, tu ne dois pas ». Cela l’aide à réfléchir, se positionner et faire un choix réaliste. C’est très clairement le message de la Bible ». 

Il ne cache d’ailleurs pas que pour lui, « Jésus est le meilleur coach qui soit ! » Quant à la formation dispensée aux futurs responsables religieux à la HET-PRO et par le biais du cursus Arrow Leadership, il considère qu’il y a là un vrai changement de culture ecclésiale. Alors que « pendant longtemps, la grâce du Seigneur était considérée comme le seul soutien possible », aujourd’hui, faire appel à une aide extérieure ne signifie plus que « le travail de Dieu n’est pas complètement terminé dans la vie de la personne ». Au contraire, « les outils issus du coaching permettent d’être un peu plus chrétien dans la manière de diriger sa communauté ».

Le coaching en bref

Le coaching cherche à répondre à une situation ponctuelle – circonscrite dans son objet et dans le temps – formulée sous la forme d’une difficulté ou d’un objectif à atteindre. Issu de la sphère des thérapies brèves développées au XXe siècle en réaction à la psychanalyse, le coaching n’a pas en soi de visée thérapeutique. Le coach, quant à lui, intervient sur une demande précise et non pas sur le sens de l’existence de son client, « à moins qu’il n’en émette le souhait et que la spécificité de la pratique professionnelle du coach le permette », indique Pascal Chapuis.

Depuis la fin des années 2010, le nombre de praticiens se proclamant du coach a littéralement explosé. Les certifications existent, mais le terme de « coaching » n’est pas protégé : chacun peut donc s’autoproclamer coach et proposer ses services contre rémunération, d’où certaines dérives. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a publié un rapport en 2023 faisant état d’une montée en flèche des alertes concernant les techniques de développement personnel et de coaching. Soit près de 20 % de toutes les plaintes. Bien plus que pour les pratiques ésotériques telles que le chamanisme ou la médiumnité.

L’Année sainte des «Pèlerins d’espérance»

L’Année jubilaire, appelée aussi Année sainte, est un temps de grâce spéciale rappelant notre origine humaine en Dieu. Le Pape a ouvert l’Année sainte 2025 en décembre dernier. Eclairage.

Par l’abbé Darius Kapinski
Photos : Euronews, LDD

Dans l’Ancien Testament, une année jubilaire était célébrée tous les 50 ans. Au cours de celle-ci étaient nivelées les inégalités sociales et le peuple de Dieu bénéficiait de la remise de ses dettes. 

En 1300, sur décision du pape Boniface VIII, l’Eglise adopta cette tradition juive en décidant de célébrer une Année sainte tous les 100 ans. Les papes suivants ont raccourci cette période à 50 ans, puis à 33 ans et finalement à 25 ans. Le dernier jubilé régulier a été célébré en l’an 2000, soulignant le deuxième millénaire de la naissance de Jésus-Christ. Il y a eu également d’autres Années saintes, par exemple pour commémorer le 1900e anniversaire de la mort du Christ en 1933 ou, en 2008, le deuxième millénaire de la naissance de saint Paul.  

Ouverture de la porte sainte

L’inauguration de l’Année sainte 2025 a eu lieu le 24 décembre dernier par le rite de l’ouverture de la porte sainte de la basilique Saint-Pierre et d’autres églises de Rome, et à travers le monde (parmi elles notre cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg).

Selon le pape François, l’Année sainte devrait permettre aux fidèles de la vivre comme un don unique de la grâce, caractérisé par le pardon des péchés et, en particulier, par l’indulgence, qui est la pleine expression de la miséricorde de Dieu.

Nous sommes invités à visiter l’une des quatre églises de Rome (Basilique Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-murs, Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure) ou d’autres églises ou cathédrales diocésaines désignées comme des lieux de pèlerinage dans le monde entier.

« Une lueur d’espoir »

Le slogan de l’événement est Pèlerins d’espérance. Selon Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation : « Le jubilé de l’an 2025 sera une lueur d’espoir. Cependant, n’oublions pas que l’espérance pour les croyants est certitude. C’est une présence, une vague d’amour de Dieu qui vient à notre rencontre. 

Redécouvrir la fraternité

Le Pape tient à ce que cette Année jubilaire, intense de prière, nous aide à restaurer un climat d’espérance et de confiance ; à redécouvrir le sens de la fraternité universelle avec une sensibilité à la pauvreté dans le monde. Il fait un lien avec l’appel à la conversion, avec ces aspects fondamentaux de notre nature sociale et nous invite à célébrer ce Jubilé avec une foi intense, une espérance vivante et une charité active.

Je me réjouis particulièrement qu’au cours de cette Année sainte le bienheureux Carlo Acutis sera canonisé (lors de la Journée de la jeunesse), lui dont la courte et sainte vie (mort à 15 ans) est présentée aux premiers communiants de notre paroisse. Il devient, par ce fait, le compagnon de route de ces enfants qui se préparent à la vie eucharistique ainsi que de leurs parents et familles. 

Des millions de pèlerins iront en pèlerinage à Rome

L’Année sainte verra affluer des millions de pèlerins à Rome. On parle de 30 millions de visiteurs qui se rendront au Vatican pour franchir la porte sainte de la basilique Saint-Pierre ! Dont quelques milliers de Suisse, y compris un certain nombre de Broyards !

De nombreux pèlerinages sont d’ailleurs proposés pour la circonstance. Nous en mentionnons ci-dessous quelques-uns dont nous avons eu connaissance :

• Du 21 au 26 avril : pèlerinage de printemps à l’intention des confirmands et confirmés.
Infos sur www.cath-fr.ch/pelerinages2025.

• Du 27 juillet au 3 août : pèlerinage d’été pour les jeunes, de 16 à 30 ans dans le cadre du Jubilé des jeunes.
Détails sur : www.jmj.ch

• Du 12 au 18 octobre : pèlerinage d’automne pour les familles et les servants de messe.
Inscriptions : www.cath-fr.ch/pelerinages2025

• Pour plus d’informations sur cette année jubilaire, le site www.iubilaeum2025.va est à disposition (cjy).

L’Esprit de Jésus, le meilleur coach (Matthieu 11, 28-30)

L’école de Jésus – ici le Sermon sur la montagne – fait portes ouvertes.

Par François-Xavier Amherdt
Photo: DR

Si nous sommes déboussolés ou découragés, le meilleur coach demeure sans nul doute l’Esprit de Jésus. Le Christ nous invite du reste explicitement à recourir à lui et à ses services, gratuitement, lorsqu’après avoir loué le Père, il appelle les tout-petits que nous sommes à puiser en lui les compétences nécessaires pour nous orienter dans notre existence (Matthieu 11, 25). Car c’est à ceux qui lui ressemblent, lui qui de tout-puissant s’est fait le dernier des esclaves par amour pour nous sauver, que le Seigneur ouvre le trésor de sa Révélation, et non aux savants et aux intelligents.

La relation avec Jésus-Christ nous procure soulagement et consolation (11, 28), car alors nous ne sommes plus seuls, puisque telle est la signification étymologique de ce dernier terme en latin, cum-solus, l’isolé avec d’autres. Si nous peinons sous le poids des soucis, si nous nous sentons épuisés sous la masse des responsabilités, allons à lui car il nous connaît chacun(e) par notre nom et il n’a qu’une envie, c’est de nous comprendre et de nous procurer le repos indispensable (11, 29).

Son école fait portes ouvertes, son cabinet est constamment accessible, son enseignement porte du fruit, car il n’est ni arrogant ni manipulateur. Au contraire, il nous comble de sa douceur et de son humilité, il verse en nos cœurs les sept dons de son Esprit, ou plutôt il les réactive, puisque nous les avons déjà reçus à notre confirmation.

Venons à lui en toute liberté boire l’eau de ses conseils et manger le pain de sa force, sans rien payer : il nous le promet. Surtout, il nous offre le cadeau du discernement avant que nous ne nous embarquions dans une entreprise risquée, comme construire une demeure, partir en guerre ou changer de direction (Luc 14, 28-33). Par la prière du cœur, il nous donne des clés pour déterminer quels sont les signes des temps à retenir.

A l’école du Maître Jésus et des accompagnateurs spirituels en Eglise, rien ne peut alors nous égarer ni nous résister : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8, 31)

Les Bastians: une sacrée confrérie de… «bons maris»!

Romain Lambert, portant le chapeau et l’écharpe rouge, entres autres signes distinctifs des membres de la confrérie, durant son allocution.

L’habitude veut désormais qu’une confrérie locale se présente à chaque assemblée paroissiale. En décembre dernier, ce fut au tour des Bastians – dite aussi « Confrérie des bons maris » – d’être à l’honneur par la voix pleine d’humour de son gouverneur, Romain Lambert. Il est vrai que cette confrérie cultive quelques habitudes plutôt amusantes !

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

Fondée en 1582 par un groupe de 14 Staviacois, l’Abbaye de Saint-Sébastien était à l’origine affaire de tireurs et d’arbalétriers ! Pour devenir ensuite la « Noble Confrérie des Bastians » ! Dont les membres doivent revêtir le pardessus noir, le chapeau, l’écharpe rouge et le médaillon. Pour en être membre, il fallait impérativement être bourgeois d’Estavayer, avoir au minimum 30 ans et ne pas avoir eu affaire à la justice. Et être un bon mari ? Vraiment ? Romain Lambert se marre en disant que l’on ne sait pas vraiment pourquoi la confrérie a été surnommée ainsi et qu’aujourd’hui,  elle compte même des divorcés en son sein ! Mais peut-être est-ce parce que ses membres aiment toujours disserter sur les vertus de la vie conjugale ! Mais cette habitante d’Estavayer nous confie : « A l’époque, ils nous faisaient peur et on les évitait dans la rue, même s’ils cherchaient à nous attirer en distribuant leurs caramels. » 

Des amendes un peu pour tout !

Bien que, lors de leur rendez-vous annuel, la messe à la collégiale figure certes à l’ordre du jour, la journée comprend aussi moult libations… Et lors de la commémoration de la Saint-Sébastien – le dimanche le plus proche du 10 juin – les Bastians commencent encore aujourd’hui la journée par un concours de tir à l’arbalète ! « Nous sommes proches de l’Eglise, mais nous n’y sommes pas reliés » tient d’ailleurs à préciser l’actuel gouverneur.

Au chapitre des drôleries, la confrérie ne fait pas payer de cotisations à ses membres, lesquels préfèrent s’infliger des amendes pour tous les rendez-vous de la vie… (mariages, naissances, etc.). Et lors de l’assemblée annuelle de l’Epiphanie, chaque membre doit tout dire sur sa vie lors de la cérémonie dite des confessions ! 

Les 22 membres actuels ont entre 26 et 90 ans ! Et continuent fidèlement à vénérer ce culte de l’amitié qui fait la spécificité de cette confrérie. Elle est ouverte à des hommes de toutes les couches sociales. Et comme preuve d’ouverture : en 2012, une fusion est intervenue avec les bourgeois de Font. Permettant que l’actuel gouverneur soit un habitant de Font. Une « première ». Mais pas question d’accueillir des femmes !

L’Année jubilaire (Lévitique 25)

L’Année jubilaire était annoncée solennellement par le Yobel, une trompette en forme de corne.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : unsplash

Même si elle n’a pas été toujours formellement appliquée en Israël, l’Année jubilaire constituait pour la nation élue une institution d’importance, comme un rappel de son identité (Lévitique 25). Annoncée solennellement par le Yobel, c’est-à-dire la trompette en forme de corne de bélier, elle se célébrait après 7 semaines d’années, soit 7 x 7 + 1 année, chaque 50 ans donc.

La Pentecôte, ou fête du 50e jour après la Pâque, commémorant le don de la Loi pour le peuple juif et l’envoi de l’Esprit pour les chrétiens, reprend du reste la même symbolique chiffrée d’un accomplissement du temps, 7 désignant la totalité et 50 la plénitude redoublée et absolue.

Tout ce dont disposait Israël est un don : ses terres, ses vignes et ses vergers, ses bêtes et ses troupeaux, ses travailleurs – encore esclaves à l’époque pour certains – et ses biens. Pour s’en souvenir, le peuple de la Première Alliance était invité à repartir de zéro : à remettre les dettes, à rendre les terres achetées et à regagner ses propriétés, à laisser les champs en jachère, à libérer les esclaves et ainsi, à faire la fête toutes et tous ensemble.

Bien sûr, cette pratique restait comme un idéal et n’était pas applicable formellement telle quelle. Il n’empêche que les appels répétés, notamment par l’Action de Carême – Pain pour le prochain chaque période précédant la Résurrection, en faveur de la remise des dettes des pays pauvres, s’inscrit dans cette logique libératrice solidaire et jubilatoire. 

Il s’agirait de leur donner l’occasion de reprendre un nouvel élan et d’en faire bénéficier l’ensemble de la planète, puisque tout est lié dans notre monde entre nations, et au sein du cosmos avec la nature. 

L’Année sainte du Jubilé, ordinaire chaque 50 ans ou extraordinaire chaque quart (en 2025) ou tiers de siècle, résonne donc comme une invitation pressante pour chacun(e) d’entre nous à replacer ses compteurs à plat, à recevoir le pardon divin, à vivre des réconciliations avec ses ennemis et avec soi-même, à intensifier l’aumône, le jeûne et la prière ainsi que sa relation intime et collective avec le Seigneur. Puis à porter tout cela dans l’allégresse, avec le souverain pontife argentin nous pressant d’ouvrir la porte de nos cœurs, et avec l’Eglise universelle.

«Un climat de confiance et d’espérance»

Par Thierry Schelling
Photo : unsplash

But

Dans une lettre au préfet du Dicastère chargé d’organiser l’Année sainte 2025, François rappelle que le prochain Jubilé « favorisera grandement la recomposition d’un climat d’espérance et de confiance ». On n’est donc pas d’abord invité à entrer dans la mercerie de ses péchés pour les racheter au prix de pénitences plus ou moins farfelues, mais bien appelé à une tâche interhumaine et solidaire : recomposer un climat, « pour que chacun retrouve la force et la certitude de regarder l’avenir avec un esprit ouvert, un cœur confiant et une intelligence clairvoyante ».

Moyens

Il ne s’agit donc pas de distribuer des articles du Catéchisme comme des tablettes de purification d’eau pour trekkeurs catho-triomphants ; François exhorte à se centrer sur l’après-Covid, sur ses séquelles touchant à l’intime de l’humain : la mort, le deuil, la vulnérabilité, la fragilité, les conséquences durables de l’épidémie sur les systèmes politiques, économiques, ecclésiaux : « L’épidémie soudaine qui, en plus d’avoir touché du doigt le drame de la mort dans la solitude, l’incertitude, le caractère provisoire de l’existence, a modifié notre mode de vie », rappelle-t-il.

Conversion

Et cela passe par une écoute : « Tout cela ne sera possible que si nous sommes capables de retrouver le sens de la fraternité, notamment envers les migrants et les pauvres. » Le Pape espère que « leur voix sera entendue ». A bon entendeur, jubilons !


Catéchèse romaine

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Agnès Barotte, représentante de l’évêque pour l’art sacré du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Agnès Barotte, représentante de l’évêque pour l’art sacré du diocèse de LGF | Photo : DR

Dans la paroisse de mon enfance, à chaque fête de la Toussaint, nous étions invités à piocher un saint, que nous apprenions à connaître et qui nous accompagnait tout au long de l’année. Devenue adulte, je continue cette belle tradition, riche occasion de découvrir un de nos amis du Ciel, dont la vie rejoint toujours un aspect ou l’autre de la mienne.

Cette année, j’ai eu la chance de tirer saint Charles Borromée, dont j’avais déjà croisé la route lors d’un cours d’histoire de l’art. Durant celui-ci, nous avions étudié ses Instructions pour la construction et l’ameublement des églises. Application ferme et concrète de la Contre-réforme dans l’architecture et l’histoire de l’art de l’Eglise à partir du Concile de Trente et les siècles qui suivirent, cet ouvrage a eu un impact majeur sur les églises romaines, notamment. Ce sont ces mêmes églises qui, en 2025 encore plus qu’à l’accoutumée, seront visitées par les milliers de pèlerins qui se rendront à Rome à l’occasion du Jubilé. 

Ce Jubilé sera pour tous les pèlerins un temps fort spirituel, et également culturel, puisque Rome… est Rome. Mais on oublie trop souvent la dimension catéchétique d’un pèlerinage romain. 

Les églises de la ville éternelle, où chaque recoin parle de la grandeur de Dieu, ont été conçues comme de véritables leçons de catéchèse, afin d’enseigner et d’édifier quiconque les observerait. Tous ces messages sont parfois plus difficiles à comprendre aujourd’hui, mais lorsque l’on prend le temps, aidé par un guide de papier ou, encore mieux, de chair et d’os, on est toujours émerveillé par la richesse de ce que les artistes ont voulu nous transmettre. 

Alors, après avoir passé la Porte sainte, ne nous précipitons pas trop vite vers la sortie pour rejoindre le premier glacier, mais sachons prendre du temps pour éclairer notre ignorance et faire grandir notre foi grâce à la richesse des symboles cachés de la Pietà, de la Chaire de saint Pierre, du Baldaquin, etc. Enfin, en visitant les nombreuses églises romaines, n’oublions jamais le Maître des lieux, véritablement présent dans les tabernacles grandioses, eux-mêmes conçus pour attirer immédiatement l’attention et rappeler que l’Eucharistie est le trésor le plus précieux de l’Eglise catholique.

Jeux, jeunes et humour – janvier 2025

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Une arche de Noé
Espace protecteur offrant le salut

Dieu, las des générations meurtrières et mauvaises qui vivent dans sa Création et sont incapables de faire le bien, décide de recouvrir la terre par des pluies diluviennes. Dieu demande alors à Noé de construire une arche afin d’y sauvegarder un couple de chaque espèce animale. Noé s’exécute et fait monter dans l’arche sa famille ainsi que chaque espèce animale afin de repeupler la nouvelle terre après le déluge (Genèse chapitre 6). L’arche de Noé a permis à toute la création d’être sauvée.

Par Véronique Benz

Humour

C’était au temps des temples et des églises pleines ! Deux fidèles ayant abusé de la dive bouteille arrivent en retard au culte dominical. Ne trouvant pas de place dans la nef, ils montent à la tribune. Ils ne tardent pas à s’endormir profondément. Le culte fini, les fidèles sortent du temple. L’un de nos deux gaillards se réveille. Il constate que le temple est vide. Il tape sur l’épaule de son compagnon en lui disant : « Eh John, c’est vide ! » L’autre, à moitié endormi, se croyant encore au bistrot, lui répond sans réfléchir : « Eh bien, verse à boire ! »

Par Calixte Dubosson

A la reconquête de soi

La découverte d’un petit carnet vert entraîne Luc Zbinden dans une course haletante contre l’oubli. De New York à Berlin, en passant par Paris et Auschwitz, cette (en)quête le mène à réactualiser l’héritage que son grand-père lui a légué.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Sur quoi porte l’enquête de votre livre ? (ndlr. voir ci-dessous)
L’enquête a démarré complètement abruptement par la révélation d’une de mes tantes : « Sais-tu que ton grand-père a sauvé des Juifs pendant la guerre ? » Cette question a alors allumé une mèche en moi. Il fallait absolument que je découvre et reconstitue l’histoire de ce grand-père et des familles qu’il avait sauvées. Progressivement, ce récit est devenu celui d’un homme sur les traces de son passé, de son héritage, sur l’importance de la transmission et la manière dont sa propre histoire influence l’existence d’autres personnes. 

A vous lire, tout ce travail d’enquête a été orchestré par « un grand Architecte »… Quel était Son dessein pour vous ?
Certains l’appellent aussi Père… Ce grand Architecte nous met en route, car Il veut aussi nous ancrer dans une filiation. Combien de textes bibliques évoquent l’héritage et l’importance d’y entrer pleinement. Il m’a conduit à me lever de manière nouvelle en faveur des droits humains et contre l’antisémitisme. J’ai compris en faisant une sorte d’anamnèse que je portais en moi un intérêt, une passion… presque une osmose avec l’histoire unique de ce peuple.

Passion, osmose… Est-ce qu’à l’heure actuelle, le « philosémitisme » est encore audible ?
Difficilement, malheureusement. Il y a souvent amalgame entre politique de l’Etat d’Israël et soutien à l’histoire d’une culture et d’un peuple. Ce filtre fait que, lorsqu’on est face à des positions qui valorisent et honorent le monde juif, cela induit une compréhension partielle et partiale du philosémitisme perçu, de facto, comme défendant aveuglément une politique. J’ai une démarche de respect par rapport à un peuple qui nous a légué un héritage culturel, philosophique et religieux dans lequel je plonge mes racines. Le sujet de mon livre n’a pas de vocation politique.

Vous parliez de « se lever »… D’ailleurs, votre grand-père a été encouragé à faire de même à l’image du récit biblique d’Esther…
Esther a vraiment inspiré mon grand-père. Nous devons, en ce moment, être des Esther face à la montée de la haine, de l’antisémitisme et de la discrimination sous toutes ses formes. Cette reine nous appelle à nous lever avec courage et détermination. Je dirais en outre que choisir d’aimer un peuple, alors que tous les vents lui sont contraires, est aussi une manière d’adopter la posture d’Esther.

En même temps, votre grand-père n’a jamais reçu la reconnaissance qu’il méritait…
Mon grand-père est considéré par beaucoup comme un « Juste », sans jamais en avoir formellement reçu le titre. Il était un Juste de cœur, d’action et de parole. De plus, l’humilité était, chez lui, une vraie marque de fabrique. Il ne voulait pas de ce titre, car il considérait avoir « fait ce que tout le monde aurait dû faire ». C’était l’évidence d’un homme habité par sa foi et s’attendant à ce que les autres se lèvent de la même manière que lui.

Qu’est-ce qu’implique d’être un « Juste » aujourd’hui ?
Je crois qu’être Juste, c’est déjà faire preuve de solidarité courageuse. Aujourd’hui, c’est peut-être se lever à contre-courant d’une pensée globale, parfois faite de compromissions et d’amalgames.

Le livre d’une vie

Dans Un carnet vert, Luc Zbinden découvre fortuitement l’existence d’un journal qui le pousse sur les traces de son grand-père, pasteur dans les Cévennes. Celui-ci a sauvé des Juifs au péril de sa vie durant la Deuxième Guerre mondiale. L’auteur nous livre un récit haletant, presque cinématographique, dans lequel l’action discrète du grand-père nous amène à prendre part au destin croisé de plusieurs familles victimes de la Shoah. Une (en)quête sur la nécessité de transmettre un héritage familial et le besoin (vital ?) d’enraciner son identité.

Luc Zbinden, Un carnet vert : (En)quête d’origines, Editions Favre, 2024, 228 pages.

Bio express

Après des études en lettres, le Vaudois Luc Zbinden se dévoue à la passion d’une vie, l’enseignement : histoire, puis littératures anglaise et française. Sa rencontre avec Marion Arnstein Van Eck, survivante des camps de concentration, sera déterminante. Il intervient fréquemment comme conférencier pour partager son expérience.

Plafonds à caissons de l’église Saint-Paul, Genève 

Marcel Poncet et les ateliers Werner & Kohler

L’église bénéficie d’un riche programme iconographique.


Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

L’église Saint-Paul a été construite dans un double élan : le développement démographique à Genève et un courant de renaissance artistique. Les travaux débutent en 1913 et la dédicace a lieu en 1915.

Alors que les édifices construits au XIXe siècle étaient souvent inspirés de l’architecture gothique, Adolphe Guyonnet choisit de s’inspirer du style paléochrétien. L’objectif est de renouer avec les racines du christianisme. Le plan basilical permet d’accueillir de nombreux fidèles, ce qui était un des points souhaités par le futur curé de la paroisse, l’abbé Francis Jacquet.

L’église bénéficie d’un riche programme iconographique et aujourd’hui, je vous propose de lever les yeux. 

Les plafonds à caissons sont utilisés dès le Ve siècle. Il est toujours possible d’en observer dans certaines basiliques romaines. En Suisse, l’église de Zillis, dans les Grisons, en est un illustre exemple du XIIe siècle. Plus proche de nous, l’église du Plateau d’Assy accueille un extraordinaire travail de boiseries datant des années 1940.

A Saint-Paul, Marcel Poncet choisit de représenter un groupe de huit symboles dont il fait varier l’ordre en le répétant :
> Adam et Eve entourent l’arbre de vie (qui ressemble à un palmier) ;
> L’arche de Noé, avec le corbeau et la colombe ;
> La tour de Babel ;
> Le buisson ardent ;
> L’arche de l’Alliance (les deux anges qui la surmontaient) ;
> L’agneau pascal ;
> Le poisson avec l’inscription grecque ICHTUS (Iēsoûs Khristòs Theoû Huiòs Sōtēr soit Jésus Christ Fils du Dieu Sauveur) ;
> L’étendard de Constantin, symbolisant l’édit de tolérance de 313.

L’artiste résume ainsi toute l’histoire du Salut, depuis la création et la chute, jusqu’au Christ et aux premiers chrétiens. En nous tenant dans la nef, nous sommes ainsi abrités par l’histoire de Dieu qui cherche à entrer en relation avec son peuple.

Le nombre d’or

Le nombre d’or est notamment présent dans la spirale des coquilles des mollusques.

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Le nombre d’or, aussi connu sous le nom de proportion divine, est une constante mathématique irrationnelle d’environ 1,6180339887 (un nombre irrationnel est un nombre qui ne peut pas s’écrire sous la forme d’une fraction a/b,a et b sont deux nombres entiers positifs ou négatifs comme 2, 3, 4…). Représenté par la lettre grecque phi (φ), il fascine les mathématiciens, les artistes et les architectes depuis l’Antiquité. 

Les premières observations et descriptions du nombre d’or remontent aux mathématiciens grecs comme Euclide qui l’ont décrit dans leurs études géométriques. Léonard de Vinci l’incorpore dans ses œuvres d’art et d’architecture : « L’Homme de Vitruve » est une représentation des proportions idéales du corps humain en utilisant le nombre d’or.

En architecture, le Parthénon d’Athènes et la pyramide de Khéops en Egypte sont souvent cités comme utilisant cette proportion. Dans la nature, le nombre d’or est également présent : on le retrouve dans la disposition des feuilles autour d’une tige, la spirale des coquilles de mollusques, dans les proportions des corps de certains animaux, dans la forme de certaines galaxies. Cette présence récurrente dans les structures naturelles renforce la perception que le nombre d’or est une sorte de « code » universel de beauté et d’harmonie pour comprendre les proportions et la beauté intrinsèque de l’univers reliant de manière fascinante les mathématiques, l’art et la nature.

C’est le mathématicien Léonardo Fibonacci (1170-1250) qui donne à ce nombre une existence formelle : le nombre d’or est issu d’une suite de nombres arithmétiques dont la somme est égale aux deux précédentes (1 + 1 = 2 ; 2 + 1 = 3 ; 3 + 2 = 5 ; 5 + 3 = 8…) et si nous divisons n’importe quel nombre de la suite F(n) par son précédent F(n-1), nous convergeons vers le nombre d’or (ex. 5 ÷ 3 = 1, 618~). Dans la Bible, le rapport 5/3 se retrouve par exemple dans l’Arche de Noé (« cette arche, tu la feras longue de 300 coudées, large de 50 et haute de 30 » – Genèse 6, 15) ou la Maison de Salomon (elle avait 100 coudées de longueur, 50 coudées de largeur et 30 coudées de hauteur).

Ce nombre d’or est donc une formidable construction mathématique et naturelle qui nous invite à regarder notre monde avec curiosité et émerveillement : observons cette nature qui nous entoure et cherchons-y ce nombre d’or !

Une catéchiste passionnée

Adeline a l’air inquiète et un peu intimidée lorsqu’elle m’accueille. « C’est la première fois que je m’adonne à cet exercice du témoignage », me dit-elle. Cependant, très vite, autour d’un café, la glace se brise. De sa voix douce, elle me partage son engagement comme catéchiste au service des personnes en situation de handicap. 

Par Véronique Benz | Photos : Adeline Maillard, V. Benz

Adeline a une sœur et deux frères, dont un en situation de handicap. Elle a toujours été très engagée dans sa vie de foi (servante de messes, lectrice, auxiliaire de la communion et animatrice du parcours confirmation). Elle fait également partie de la fraternité franciscaine de Bulle. 

« Lors d’un parcours de confirmation, nous avions un thème sur la découverte de monde du handicap. Durant tout le cheminement, nous avons eu des échanges avec Clos-Fleuri à Bulle, une institution pour les personnes en situation de handicap. » C’est là qu’Adeline rencontre Nathalie Jaccoud, alors responsable du Centre œcuménique de pastorale spécialisée (COEPS cf. encadré). Elle commence ainsi, en marge de ses études en pédagogie curative, à enseigner la catéchèse dans des institutions spécialisées. 

Catéchèse et préparation aux sacrements

Cela fait plus de dix-sept ans qu’elle enseigne la catéchèse et prépare des enfants et adolescents en situation de handicap aux sacrements. Depuis cette année, Adeline travaille également avec des enfants sourds et elle est, d’autre part, référente pour la Communauté catholique des sourds de Fribourg. « J’éprouve beaucoup de plaisir à rencontrer mes élèves. Nous avons de la chance, comme nous les suivons sur plusieurs années, de les voir grandir et évoluer. » Adeline m’explique que pour soutenir l’attention des enfants en situation de handicap mental ou de polyhandicap, il est nécessaire d’avoir un support visuel et matériel. 

Adeline Maillard côtoie tous les âges et pratiquement tous les handicaps. « Je passe souvent d’un groupe où les jeunes parlent beaucoup à un autre groupe qui ne parle pas et où ils sont tous en chaise. J’aime cette diversité. Il faut découvrir une manière différente de communiquer, beaucoup observer leur visage, leur façon d’être. J’avais une élève en chaise qui chaque fois que je m’approchais d’elle, faisait un grand sourire, car elle savait que j’allais lui faire un signe de croix. Nous sommes dans une société où tout va très vite. A contrario, dans le monde du handicap, il faut savoir prendre le temps, regarder, observer. » 

Pour les enfants et leur entourage

Adeline Maillard note que souvent, les enfants viennent à la leçon de catéchèse avec des stagiaires ou des éducateurs. « Finalement, les accompagnants participent avec nous. De temps en temps, des stagiaires me confient un souci. Nous ne sommes pas là que pour les élèves, mais aussi pour tout leur entourage. » 

Adeline expérimente des moments touchants. Elle se souvient d’un élève qui lui expliquait qu’il avait dû endormir son chien dont il était très proche. « Il m’a dit : tu sais, c’était très dur chez le vétérinaire, mais je savais que Jésus était à côté de moi et qu’il me prenait dans ses bras et ça m’a fait du bien. »

Son engagement permet à Adeline de relativiser beaucoup de choses. « Cela me donne une plus grande ouverture d’esprit. Mes élèves m’évangélisent. Les enfants en chaise sont toujours souriants. Je me dis qu’ils ont compris qu’il fallait regarder le positif de la vie. Cela m’aide à voir les bons et beaux côtés de la vie. » Elle sourit. Derrière son sourire, à travers nos échanges, je devine d’innombrables visages et une mission de catéchiste qu’elle fait avec passion et beaucoup de joie. 

Centre œcuménique de pastorale spécialisée (COEPS)

Le COEPS rejoint les enfants et les adolescents des classes d’enseignement spécialisé du canton de Fribourg. Le COEPS propose un enseignement religieux confessionnel et œcuménique et un accompagnement aux sacrements (baptême, première communion et confirmation). Il rejoint également les adultes en situation de handicap et les personnes sourdes et malentendantes par des temps de célébration. 

Un souvenir marquant de votre enfance
Lorsque j’avais six ans, j’allais les mercredis après-midi aux champignons avec mon grand-papa. Après son décès, j’y allais avec mon papa et maintenant, j’y vais avec ma fille. 

Votre moment préféré de la journée 
Le soir, lorsque notre fille va se coucher, nous prenons un moment tous les trois, mon mari, ma fille et moi pour prier et revoir notre journée, ce que nous avons aimé, ce qui s’est moins bien passé. 

Quel est votre principal trait de caractère ?
La patience et la discrétion. Je pense que pour travailler dans le domaine de la catéchèse spécialisée, la patience est essentielle.

Un livre que vous avez particulièrement aimé
J’ai relu plusieurs fois « Ensemble, c’est tout » d’Anna Gavalda. 

Une personne qui vous inspire
Ma grand-maman paternelle. Elle n’a de loin pas eu une vie facile et a connu beaucoup de souffrance, mais elle n’a jamais perdu la foi. On la voyait très souvent avec son chapelet. Comme elle habitait Broc, elle allait, je crois, presque tous les jours prier aux Marches. J’aime y aller pour me sentir plus proche d’elle. 

Une citation biblique qui vous anime 
« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il créa, homme et femme il les créa. » (Genèse 1, 27) J’aime cette parole de la Genèse qui dit que nous sommes tous faits  à l’image de Dieu. Pour Dieu nous avons tous la même valeur, il nous aime comme nous sommes, au-delà de notre handicap.

Adeline Maillard

• Née en 1983, elle vit à Bulle (FR), ville dans laquelle elle a grandi.
• Mariée et maman de Justine qui a 7 ans.
• Maturité au collège du Sud à Bulle, puis pédagogie curative scolaire à l’Université de Fribourg.
• Depuis 2007, catéchiste au COEPS (Centre œcuménique de pastorale spécialisée) à Clos-Fleuri à Bulle, à Saint-Joseph à Fribourg en section surdité et au Carré d’As à Romont.

En librairie – janvier 2025

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Pèlerins à Rome
Prions en Eglise

Se rendre à Rome, c’est effectuer l’un des pèlerinages majeurs de la foi chrétienne, comme aller en Terre Sainte ou sur les chemins de Compostelle. Berceau de la civilisation chrétienne, siège du guide des catholiques, Rome est une ville riche d’une histoire plurimillénaire. Ce guide, proposé par Prions en Eglise pour le Jubilé 2025, vous accompagnera dans la découverte culturelle et historique de tous les lieux et monuments importants. Il facilitera votre démarche de pèlerin par des propositions concrètes de gestes, prières et chants, adaptées à chaque étape. En suivant les traces de Pierre et Paul, vous plongerez aux sources de la foi et ferez de votre séjour un temps fort personnel et spirituel.

Editions Bayard

Acheter pour 17.90 CHF

Pèlerins de l’espérance
Pierre Coulange

« L’espérance ne déçoit pas ! » (Rm 5, 5) Qu’espérons-nous pour l’Eglise, pour le monde, pour nous-même ? Peut-on espérer pour autrui ? Peut-on espérer le salut pour tous les hommes ? « Les pèlerins de l’espérance ne manqueront pas d’emprunter des chemins anciens et modernes pour vivre intensément l’expérience jubilaire. » (Pape François) Préparé par une équipe de professeurs du Studium de Notre-Dame de Vie, ce livre entrecroise différents regards sur le thème de l’espérance. 
Il présente également la bulle d’indiction du jubilé et l’enracinement biblique du jubilé chrétien.

Editions Parole et silence

Acheter pour 25.50 CHF

La très belle histoire de Notre-Dame de Paris
Catherine de Lasa

Le 15 avril 2019, une grande émotion saisit le monde entier à la vue de l’incendie qui vient de se déclarer à Notre-Dame de Paris. Tous, Français ou étrangers, catholiques ou incroyants, montrent leur attachement à la célèbre cathédrale et à tout ce qu’elle représente. « Cette cathédrale est habitée par un peuple, a déclaré Mgr Aupetit, l’archevêque de Paris. Mais elle n’est pas seulement habitée par ceux qui prient ou qui la visitent. Elle est le vaisseau d’une présence. Elle est la maison de Dieu et c’est pourquoi elle est la maison de tous. » Dans ce livre, découvrons l’histoire fabuleuse de Notre-Dame de Paris, depuis sa construction jusqu’à nos jours. 

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 18.00 CHF

Abigaëlle
Dominique Pérot-Poussielgue Anastasia Wessex

Il était une fois une petite marmotte nommée Abigaëlle. Elle aimait tant s’amuser avec ses frères et sœurs ! Mais attention, dès que quelqu’un passait avant elle, c’était la crise ! Cela ne plaisait pas du tout à cette marmotte au caractère bien trempé ! Et pourtant, le premier est-il toujours le plus heureux ? Un conte pour faire réfléchir aux valeurs de l’Evangile. Dès 4 ans.

Editions Emmanuel Jeunesse

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Construire ensemble

Texte et photos par Lorin Klakocer et Evelyne Lamboley

Je m’appelle Evelyne Lamboley et je suis fondatrice de l’association Alliance Soutien Intentional, accompagnée de mon filleul Lorin, son vice-président et entouré de membres actifs. Voici un peu de l’histoire de l’association : fondée en 2013, notre mission est de venir en aide aux plus démunis, tout spécialement au Bénin où nous œuvrons sur les communes de Porto-Novo et d’Adjarra.

Cette année, grâce à la générosité de tous, nous avons pu subvenir à la scolarité d’enfants quant à leur scolarité : fournitures, uniformes, etc.

Nous avons pour projet la construction d’un dispensaire pour continuer à développer localement les infrastructures.

« Moi, Lorin, j’ai eu la chance d’acompagner la fondatrice et d’effectuer deux voyages au Bénin, pour ne retrouver que bonheur et joie de vivre dans les yeux des enfants, même les plus démunis. Quelle joie pour moi d’accompagner l’autre vers demain ! »

Notre prochain voyage est prévu au printemps et nous espérons pouvoir commencer la construction du dispensaire.

Notre site internet est actuellement en cours de rénovation, cependant nous sommes à votre disposition pour plus d’infos à l’adresse et numéro suivants : asi.assotiation2024@gmail.com et au 079 833 61 19.

Nos coordonnées bancaires : 
UBS SA – CH52 0024 3243 1219 63M1 Y 
BIC/SWIFT – UBSWCHZH80A – A. S. I. – CP 496 – 1225 CHENE-BOURG

Dans une classe, élèves attentifs.
Lorin et ses amis à la récré !
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