Une belle après-midi d’automne dans le jardin du couvent des Capucins de Fribourg. Lionel Avanthay se promène dans les allées, entre les tomates noires de Crimée, les touffes d’hysope et les cucurbitacées. Valaisan d’origine et cuisinier de formation, ancien garde suisse, il a déjà plusieurs vies derrière lui. L’an passé, il a étudié à l’Institut Philanthropos à Bourguillon et s’est posé de nombreuses questions sur sa foi, qu’il jugeait trop spirituelle et pas assez incarnée. Comment unir la foi et la vie quotidienne ? Ne peut-on changer le monde qu’en priant ?
Lionel Avanthay a pris le temps de la réflexion et a conclu que chacun peut influencer la vie du monde par des choix très simples : la nourriture, les vêtements, la manière de se déplacer, etc. Puis il est tombé sur Laudato si’, l’encyclique du pape François sur la sauvegarde de la maison commune. D’abord rebuté par la figure du Saint-Père, Lionel a été surpris de constater que l’encyclique mettait des mots sur sa propre réflexion. Laudato si’, mi’ Signore (Loué sois-tu, mon Seigneur) : c’est sur ces mots de saint François d’Assise que commence la deuxième encyclique du pape François, publiée le 24 mai 2015. Le Saint-Père commence par citer lePoverello qui, dans son cantique, « nous rappelle que notre maison commune [la Terre] est comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence,et comme une mère, qui nous accueille à bras ouverts ». Il développesa réflexion sur la sauvegarde de la création et l’écologie intégrale, qui prend en compte la nature, l’homme et les rapports sociaux. Cette encycliquea été bien accueillie, et largement au-delà des milieux catholiques.
Par Nicole Andreetta Photo: Magda GhaliChaque dimanche, le Père Goosan Aljanian célèbre la messe, selon le rite de l’Eglise apostolique arménienne, à Troinex, dans l’église Saint-Hagop (Saint-Jacques).
Beauté des chants, parfum d’encens, voix puissantes des officiants, la célébration, véritable voyage dans le temps, nous rappelle que l’Arménie institua, en 301, le premier Etat chrétien.
La communauté arménienne de Suisse compte près de 8000 personnes. Elle s’est constituée par vagues d’arrivées successives. A la fin du XIXe siècle, des familles bourgeoises, fuyant les persécutions du sultan ottoman, s’établirent à Genève. En 1920, le pasteur Kraft-Bonnard créa un orphelinat à Begnins pour accueillir des enfants rescapés du génocide. Dans les années 50, de nombreux Turcs, parmi lesquels des Arméniens, s’expatrièrent pour trouver du travail. Suivirent les Arméniens du Liban, d’Iran et les ressortissants de l’ex-Arménie soviétique.
C’est après un parcours parsemé d’événements tragiques qu’Areg parvient à retrouver ses racines : « Né à Adana, je suis arrivé à Genève en 2004. Mes parents, activistes pro-kurdes, avaient fui la Turquie et demandé l’asile en Suisse. Nous sommes originaires du Dersim, une région où Arméniens, Kurdes et Alévis ont subi tour à tour tellement d’horreurs qu’une chape de plomb avait recouvert notre histoire familiale. J’ai découvert récemment que j’avais des liens avec la communauté arménienne et la religion chrétienne. »
Au fil des déplacements forcés et des exils successifs, l’identité arménienne s’est complexifiée. Pour Daniel Papazian, membre du Conseil de la Fondation Saint-Grégoire, c’est une opportunité pour davantage d’ouverture.
« Je suis genevois, né à Genève. Mon identité arménienne est toujours présente et je la vis sans conflit ! Il n’y a pas qu’ une vérité, qu’une seule façon de regarder l’autre. Une langue implique une certaine manière de communiquer. En parler plusieurs est un enrichissement et un accès plus facile à la tolérance. »
Il ajoute : « C’est autour de la messe célébrée dans la langue et selon le rite de nos origines que nous nous rencontrons et nous nous retrouvons. »
Par Nicolas Maury et Sœur Gabriella Enasoae de la librairie Saint-Augustin, Saint-Maurice
Des livres
Syrie, l’espoir vainqueur
Religieuse à Homs, sœur Marie-Rose espère, quand la guerre arrive dans son pays en 2011, qu’elle sera brève. Restée au milieu des siens, elle apporte aide matérielle, réconfort et présence, créant notamment une école abritant et éduquant 300 enfants traumatisés par la guerre. Dans cet ouvrage, elle raconte l’autre Syrie, celle du peuple victime de toutes les violences.
La bonté, la disponibilité et la générosité du Père Jacques Ravanel ont touché des milliers de personnes à travers le monde. Reconnu comme un des plus beaux visages de prêtre français de la seconde moitié du XXe siècle, il joua un rôle capital au sein des Foyers de Charité et pour la cause de Marthe Robin. Elisa Giacomotti et Christophe Carmona détaillent sa vie au pied du Mont-Blanc dans cette BD.
Dans cet ouvrage richement illustré, François Bœspfug et Emanuela Fogliadini expliquent pourquoi l’épisode de la Fuite en Egypte – à travers lequel le Christ a connu l’exil et l’expatriation – fut très fécond sur le plan artistique. Ils détaillent aussi l’évolution de son traitement à travers les siècles et montrent sa brûlante actualité.
Ce recueil propose 24 histoires inspirées de l’Evangile et de la tradition de Noël à lire chaque soir pendant l’Avent. Richement illustré par de multiples auteurs, il convient à des enfants à partir de trois ans.
Construire son couple, jour après jour, sous le regard de Dieu
Propos recueillis par Thérèse Yang Photo: Thérèse YangNous sommes mariés depuis 1986. Nous nous sommes rencontrés dans un groupe de jeunes étudiants dans la paroisse Saint-Louis à Vincennes. Ce groupe organisait des rencontres spirituelles et des pèlerinages, ce qui nous a permis de nous fiancer à Cana, en Terre Sainte. Ce groupe d’étudiants a sûrement été le point de départ de tout notre engagement par la suite.
Nous avons vu que nous avions envie de quelque chose de fort pour notre couple et pour la famille que nous construisions. Quelques années plus tard, nous sommes entrés aux Equipes Notre-Dame, mouvement de couples qui nous a permis de grandir dans notre relation humaine et spirituelle.
Notre constat est que, sans cet engagement de partage et de fraternité avec d’autres couples, nous n’aurions pas eu les moyens de rebondir aujourd’hui devant les différents événements heureux et malheureux que nous vivons.
Afin de pouvoir partager avec nos enfants, nous nous sommes engagés pendant quatre ans dans un groupe de scouts en tant que chefs de groupe. Cet engagement nous a permis de partager avec eux les joies et les difficultés qui en découlent et ainsi de s’enrichir les uns les autres. Encore aujourd’hui, dans leur vie d’adulte, ils se réfèrent à cet engagement.
Au gré de nos divers déménagements, nous avons été sollicités pour accompagner de jeunes couples ou de jeunes célibataires, professionnels, qui souhaitaient échanger sur leur vie et leur foi en équipe. Ce furent de beaux moments d’échanges et de rencontres avec des jeunes de l’âge de nos propres enfants. Devant les engagements que nous voyons autour de nous, ceux de nos enfants et de leurs amis, nous constatons la difficulté qu’ils rencontrent dans la construction de leurs relations de couples, dans l’engagement qu’ils souhaitent prendre. Nous sentons qu’il est important de pouvoir témoigner que notre (votre) couple est toujours à construire et que nos vies ne sont pas
un long fleuve tranquille !
Forts de ce constat et avec l’aide d’autres couples, nous allons démarrer à Fribourg et environs une équipe de couples, mariés ou non, qui souhaitent réfléchir ensemble. Cette équipe s’appelle « Tandem » car pour avancer sur ce genre de vélo il vaut mieux être deux !
Après 30 ans de mariage, nous sommes toujours en quête de plus d’amour. C’est tous les jours qu’on recommence et qu’on se dit « Oui » !
Biographie
Clotilde et Didier Strzygowski sont mariés depuis 32 ans. Ils ont quatre enfants et deux petits-enfants. Didier est ingénieur chimiste chez Nestlé et Clotilde est secrétaire de direction. Résidant auparavant en France, ils sont venus en Suisse il y a une année et demie, en raison de leur travail. Ils apportent ici leur témoignage de couple chrétien engagé dans un parcours de foi. Ils font partie des Equipes Notre-Dame* et vont s’engager dans un nouveau projet, Tandem**, qui s’adressera à de jeunes couples ou couples en formation.
Par l’actualité proche-orientale, on connaît désormais les Chaldéens, les Assyriens ou les Coptes. Médias et littérature ont prédit leur mort puis leur résurrection… Partagés entre terres d’origine et diasporas,ils se sont aussi installés dans le paysage romand,discrètement. Enquête.
Par Thierry Schelling Photos: Ciric, DR, Jean-Claude GadmerNejeb et Ephraim sont Syriens et syriaques catholiques. Depuis bientôt trente ans dans l’Ouest lausannois, ils y ont créé foyer et amitiés, de par les liens professionnels et sociaux nourris de leurs affabilité et serviabilité notoires. « J’adore vivre ici, au calme », confie Ephraim. Leur accueil culinaire respire le pays : fetté, kebbé, kousa abondent. « J’adore la raclette !, lance-t-elle entre deux effluves du four. On vient volontiers à la messe le samedi soir, à 18h. Aucun problème pour nous que ce ne soit ni en arabe ni notre rite. L’important, c’est de nourrir sa foi, non ? »
Histoire récente
Orthodoxes ou catholiques principalement (cf. encart), les chrétiens orientaux vivant en Suisse sont plus nombreux dans les agglomérations alémaniques – Zurich, Bâle, Saint-Gall… – qu’en Romandie où les centres importants s’égrènent de Genève à Montreux. C’est au milieu du XIXe siècle que s’implantent les premiers édifices et communautés orthodoxes byzantins 1 – russes, dans ce cas – à Genève et Vevey, mais également les Arméniens (Genève). Les années 60-70 voient arriver d’autres orthodoxes de Roumanie, Serbie, Grèce ; les années 80-90 sont celles des orthodoxes-orientaux : coptes, syriaques, mais aussi les maronites. Dès les années 2000, ce sont les Ethiopiens-Erythréens et les Indiens qui émigrent à leur tour en Europe et jusqu’aux Amériques.
1 On distingue deux « types » d’Eglises orientales : les orthodoxes-byzantines liées aux grands patriarcats de l’orthodoxie – Alexandrie, Constantinople, Moscou – et distincts de Rome depuis 1051, et les orientales-orthodoxes qui se sont séparées avant le XIe siècle, soit Assyrie, Arménie, Ethiopie, coptes d’Egypte ou syriaques de Syrie. Sans oublier l’Inde et son kaléidoscope ecclésiastique, mais de plus récente fondation : dès le XVe siècle !
Service
Maroun Tarabay, prêtre maronite et heureux grand-père du petit Martin !
Maroun Tarabay, l’un des prêtres maronites opérant dans le diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg depuis 1987, est engagé tant au service de sa communauté arabe que du catéchuménat d’adultes vaudois. Il analyse l’actuelle communauté libanaise ainsi : « L’intégration des Libanais dans le tissu social helvétique, leur apport économique et culturel, sont des qualités notoires. [Mais] leur assimilation ambiante au point de perdre leurs racines culturelles et cultuelles m’interpelle. »
Dilemme
Préserver traditions, rites et langues anciennes, certes « constructeurs d’identités », est à la fois un devoir et… un frein : l’acculturation est tout autant de mise pour un Erythréen de rite geez débarquant à Zurich qu’elle l’a été… pour un Gruyérien catholique descendu à Genève dans les années 60 ! Puisque l’émigration orientale-chrétienne est inéluctable, il convient de lui donner une structure stable en diaspora. Un seul exemple, plutôt inattendu : en 2016, le Saint-Siège a érigé à Preston une éparchie (diocèse) pour les syro-malabars 2 vivant en Grande-Bretagne ! De même pour des centres spirituels et intellectuels que sont monastères et instituts d’étude: le Centre orthodoxe de Chambésy (Patriarcat de Constantinople) en 1966, le monastère syriaque de Mor Augin (Saint-Eugène) à Arth Goldau en 1996…
Cependant, il ne s’agit pas juste de conserver, mais également de changer – un vrai challenge car on parle alors de mariages exogames, de passages aux Eglises évangéliques, voire de l’abandon de la pratique religieuse et ce, en toute liberté…
2 Chrétiens catholiques d’affiliation chaldéenne originaires du Kerala.
(In)fidélités
Reconnaissable à sa magnifique parure blanc immaculé, Senbentu, vêtue de la zuria (robe brodée) et de son netsella (grand châle couvrant tête et corps), contraste dans la nef de Notre-Dame à Genève, à la messe de 10h : « Pour moi, le dimanche, c’est le jour du Seigneur, alors je m’habille comme au pays et je viens célébrer ! » A la question de savoir pourquoi elle ne rejoint pas une de ses communautés, la réponse fuse : « Trop de politique, pas assez de Dieu ! » On n’en apprendra pas plus d’elle. Son choix est clair et ses enfants l’accompagnent dans la liturgie en rite romain, bien sobre pour une Ethiopienne – « et courte, car à Addis, explique-t-elle, la qedassié (messe) dure 6 heures » !
Père Alexandru, prêtre de rite byzantin.
L’Orient chrétien, même en Suisse, c’est aussi la réalité d’un clergé marié ! Alexandru Tudor, Diana et sa fille Petra Anastasia ont été nommés ensemble, pour ainsi dire, à Vevey en 2016 : « Je remercie votre épouse et votre fille qui sont partie prenante de votre engagement », lui signifiait Charles Morerod dans sa lettre de nomination. A la question de savoir comment on vit son sacerdoce en étant marié, le Père Alexandru répond : « Notre joie fondamentale est de vivre dans un pays libre selon notre foi et l’Evangile. Nous avons connu la dictature communiste par le passé en Roumanie… » Il n’est pas insensible non plus au contexte œcuménique du diocèse romand : « Pour nous qui sommes d’origine orthodoxe, c’est de pouvoir vivre à petite échelle ici en Suisse romande, dans notre diocèse, l’ouverture, la largeur, l’universalité de l’Eglise catholique, sa catholicité. C’est une chance et une bénédiction de pouvoir vivre cette dimension de l’Eglise qui n’est pas encore évidente pour tous les chrétiens. » La difficulté reste, selon ses mots, « pour moi et ma famille, de s’intégrer dans des structures […] bien en place selon des règles formelles pas toujours évangéliques, ni fraternelles. »
Pour Binoy Cherian, salésien et prêtre indien dans l’UP du Plateau (Genève), le fait d’être birituel – rite romain et rite syro-malabare – lui « est très facile » à vivre ! Car, précise-t-il, « la pluriculturalité est l’image parfaite de l’Eglise universelle contredite par des rites qui essayent de protéger l’ethnicité des peuples ». Et de conclure qu’à Genève, « la pluriculturalité est une réalité, je m’en suis rendu compte, et comme prêtre en UP et comme aumônier de l’Institut Florimont. D’ailleurs, on est unifié par la foi en Jésus-Christ » ! Diversité dans l’unité…
Les chrétiens d’Orient
On appelle « chrétiens d’Orient » les fidèles des Eglises locales comprises dans un arc de cercle allant de l’Ethiopie à l’Inde, et qui sont autocéphales, ou « autogérées » sur le modèle synodal ! Les rites portent le nom, pour certains, d’une grande ville de l’Empire romain : Alexandrie, Constantinople, Antioche ; pour d’autres, de peuples : Arméniens, chaldéens, coptes, ou d’une région : Malabar ou Malankar au Kerala, Inde. Ces rites sont plus anciens que celui de Rome et utilisent un amalgame de langues vernaculaires (arabe, russe, malayalam…) et anciennes (geez, copte, syriaque, grec…), ce qui donne à leurs célébrations un parfum d’ancienneté et d’audiblité… Comme le terme générique de « chrétiens » orientaux nele sous-entend pas forcément, ils sont aussi de confession… protestante : luthérienne, réformée, évangélique et anglicane ![thb_image image= »3376″]
Quelques «tous frais» confirmés témoignent, en compagnie de leur parrain/marraine, de ce moment particulier de leur vie de chrétien.
Témoignages de Samuel et de son parrain Jean-Baptiste
Samuel et son parrain Jean-Baptiste.
Propos recueillis par Dominique Carruzzo Photo: Dominique Carruzzo
Pour moi la confirmation, c’est très important parce que cela montre que je veux toujours être chrétien dans ma vie. Je suis content de recevoir les dons de
l’Esprit Saint.
Samuel m’a demandé de devenir son parrain ce qui m’a fait très plaisir. Je perçois le rôle de parrain comme celui d’un compagnon sur le chemin de la vie. Je me réjouis de voir tout ce que le Christ va faire dans le cœur de Samuel.
Témoignages de Pascaline et de sa marraine Laura
Pascaline et sa marraine Laura.
Propos recueillis par Dominique Carruzzo
Photo: Dominique Carruzzo
J’ai demandé la confirmation afin de confirmer mon baptême. Je l’ai également fait parce que je souhaite être plus proche de Dieu et que j’apprécie d’être serviable envers les autres comme, par exemple, en servant la messe. Je souhaite aussi grandir dans des valeurs chrétiennes.
J’ai accepté d’être marraine car je souhaite aider ma filleule à avancer sur le chemin de Dieu et à être heureuse dans sa vie. Je veux l’accompagner pour qu’elle se construise une existence pleine de bienveillance et de joie.
Nolan, qu’est-ce qui t’a motivé à faire la confirmation ?
Nolan et son parrain Damien.
Propos recueillis par Laurence Buchard Photo : Loïs Buchard
J’ai fait mon baptême et ma communion, ça serait dommage d’arrêter ici. De plus ça m’a permis d’avoir un parrain de plus. Je veux aussi approfondir ma foi en Dieu accompagné de mon parrain.
Damien, qu’est-ce qui t’a motivé à dire oui à ton futur filleul ? Il y a plusieurs raisons qui m’ont motivé à dire oui à Nolan. La première est le fait de pouvoir vivre avec lui ce que j’ai pu vivre avec mon parrain et ma marraine, c’est-à-dire une relation particulière de confiance et de complicité. Je veux aussi passer du temps avec lui, faire des sorties rien que les deux. Une autre raison m’a également motivé : être parrain c’est quelque chose de particulier, un soutien pour la vie… c’est un rôle à assumer. De plus Nolan est mon premier filleul, mon rôle me tient à cœur.
Damien, comment vois-tu ton rôle dans le futur ? Je vois mon rôle comme un soutien à Nolan. Je veux passer des moments avec lui pour qu’on crée une relation spéciale. Le rapport « parrain-filleul » est différent de toutes les autres relations. Je peux être un guide, un appui, un confident pour Nolan. Je ferai donc tout mon possible pour rendre notre histoire particulière et être à ses côtés… dans la foi et dans la vie !
Satya, qu’est-ce qui t’a motivée à faire la confirmation ?
Depuis toute petite, papa et maman m’ont appris à prier. Je veux continuer le chemin avec Jésus car je sens qu’il est là et le Saint-Esprit m’apportera de la confiance quand j’aurai des difficultés et aussi il m’aidera à pardonner et à croire.
Heidi, qu’est-ce qui t’a motivée à répondre oui à la demande de Satya ? Je connais Satya depuis longtemps, je peux même dire depuis toujours. Avant même ce « oui », un lien s’était déjà forgé dans d’autres domaines que la foi. Ce « oui » a été si évident parce qu’il est devenu la continuité d’une relation forte déjà existante. Ce qui est magique et qui me rend heureuse, c’est que maintenant le lien est immuable. Merci Satya pour ta confiance en nous.
Heidi, comment vois-tu ton engagement pour la suite ? Notre foi est une partie de nous qui se vit, au quotidien, à chaque instant.
Pour la suite, mon engagement envers Satya, je le vois comme une présence de chaque instant parfois discrète et silencieuse et parfois plus folle. Je serai présente lors des grands moments de sa vie, mais aussi et surtout lors des petits moments de sa vie. La présence est essentielle : être là, partager, vivre simplement.
Texte par l’Abbé Bernard Maire Photo: Rudy CrettenandAvec tout ce qu’il y a autour de la fête de Noël, les chants, la musique, le sapin qui scintille de mille lumières, des pères Noël qui grimpent aux maisons, et toutes les lumières qui décorent arbres et façades, les cadeaux, au milieu de tout cela quelqu’un crie avec une voix de nouveau-né : « Hello je suis là ! »
« Le Verbe s’est fait chair ! » Lui qui est tourné vers le Père, issu de lui, a « habité parmi nous », sa naissance est toujours nouvelle. « Aujourd’hui dans notre monde le Verbe est né… » Aujourd’hui, nous te prions, Père : « Fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu’il a voulu prendre notre humanité » (tiré de la liturgie du jour de Noël).
La signification du mot « Verbe » : Parole Une parole qui s’est faite chair, visible et qui ira jusqu’au bout de l’amour de Dieu pour tous les hommes de bonne volonté.
Hello je suis là ! Nos oreilles sauront-elles écouter sa voix ? Notre cœur sera-t-il ouvert à cette présence ? Et le chantier de notre vie sera-t-il le berceau de Jésus le fils de Dieu ?
Un beau remue-ménage en perspective pour notre cœur endormi, pour l’Eglise en crise, pour notre société en désarroi. Une petite voix nous remet en route !
Par Olivier Messer, responsable de l’Accueil Sainte Elisabeth et aumônier de prison
Photo: DRDieu ne cesse de nous surprendre. Pour se faire plus proche de nous, voilà qu’il prend forme humaine et choisit de nous rejoindre dans une sobriété déconcertante. Il n’est pas encore né que déjà on le rejette. Qu’à cela ne tienne, une étable suffira à l’accueillir. Son histoire nous dira que sa vie d’homme fut ainsi, à affronter les refus, l’adversité et la violence. Jusqu’au supplice de la croix…
Pourtant, ce Jésus réalisera l’impensable : il guérira des malades, chassera des démons, vaincra la mort… et changera des vies, nos vies, en profondeur et pour l’éternité ! A commencer par celles des plus pauvres, des plus corrompus. Ne se présente-t-il pas d’abord aux bergers et non aux puissants ? Ne fréquente-t-il pas les plus méprisés, ceux aux mœurs douteuses ?
Oui, Noël est bien la fête de tous les possibles. A une condition cependant, accueillir ce Jésus dans la crèche de mon cœur. Voici bien l’essentiel : suis-je capable de voir Dieu venir à moi dans le criminel emprisonné, le SDF qui m’interpelle dans la rue, l’étranger en quête d’une vie meilleure, le frère aveuglé par le profit, ou dans mes propres faiblesses ? Suis-je capable de le rencontrer dans la routine comme dans l’inattendu de ma vie ? Suis-je capable de le découvrir dans toute créature, dans sa création même la plus ordinaire ?
Puisse ce temps de Noël nous offrir de changer de regard sur les êtres et les choses qui nous entourent, d’y chercher patiemment Sa présence, avec humilité. Commençons par nous-mêmes, nos proches, nos voisins d’immeuble, nos collègues de travail.
Par Emmanuel Rey, avec la collaboration de Frère Silvestru, cordelier[thb_image image= »3558″ img_link= »url:%2Fwp-content/uploads/2018/12/P.14-15-spiritualite_franciscaine_infographie. »][thb_image image= »3560″ img_link= »url:%2Fwp-content/uploads/2018/12/P.14-15-spiritualite_franciscaine_infographie. »]
«Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur!»Nous connaissons par cœur ce passage de Luc, proclamé chaque année dans la Nuit de Noël : c’est le moment où l’Ange annonce la Naissance de Jésus aux bergers, ces « petits » choisis par Dieu pour être les premiers témoins de son Incarnation.
Une fois n’est pas coutume, pourquoi ne mettrions-nous pas à profit le temps de l’Avent, non pas pour grandir, mais pour devenir plus petits ?
Comme l’expliquera quelque trente années plus tard le Cousin-Précurseur à ses propres disciples, inquiets de voir leur nombre s’amenuiser au profit de Jésus, dans une histoire de noces, l’ami de l’Epoux se réjouit du bonheur de l’Epoux et de sa bien-aimée. Il n’est pas lui-même l’époux… Et de conclure : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » (Jn 3, 30)
Etrangement, au jour où j’écris ces lignes, me viennent à l’esprit, parfois aux oreilles, certaines lamentations de fidèles, désespérés de voir nos églises se vider, sans qu’on voie poindre la moindre inversion de cette courbe qui semble inexorable. Et je me demande si, fidèles que nous sommes – ou prétendons être – nous n’aurions pas
peu à peu oublié les paroles du Baptiste.
Ne serait-il pas salutaire, ne serait-ce que pour la quiétude de nos consciences et la fermeté de notre foi, que le temps de l’Avent nous soit donné comme exercice destiné à nous ramener à la hauteur de la mangeoire, à l’humilité et à l’ignorance des bergers de Bethléem…
Car en fait, qu’il s’agisse de la simple pratique religieuse, ou d’affaires plus graves telles les malversations financières, ou carrément scandaleuses et nauséabondes comme les abus sexuels au sein de l’Eglise, est-ce que le Mal ne viendrait pas du fait que le Christ se voie empêché de grandir au sein même de son propre Corps ? Le raccourci peut paraître abrupte, mais en y réfléchissant…
Mettons à profit le temps de l’Avent pour diminuer ce qui nous empêche de le laisser croître en nous. Et vous verrez qu’alors, notre Joie sera parfaite !
Bon temps de l’Avent, et saintes fêtes de la Nativité !
Par François-Xavier Amherdt
Photo: DRC’est d’Orient, là où se lève le soleil du matin, que viennent les mages. Ces sages astrologues se laissent conduire par leur bonne étoile, qui les mène vers celui qui est l’astre nouveau, la lumière qui vient nous visiter, dit Zacharie dans son cantique (Luc 1, 78). Ceux qui se trouvaient dans les ténèbres et l’ombre de la mort sont éblouis par la lumière qui accompagne leurs pas au chemin de la paix (Luc 1, 79).
Les mages apportent de précieux présents, au nombre de trois, l’or pour la royauté du Christ, l’encens pour la divinité du Fils de Dieu et la myrrhe pour le corps de Jésus promis à la crucifixion et à la mise au tombeau. C’est d’ailleurs pour cette raison que la tradition a retenu qu’ils étaient trois et qu’ils méritaient le titre de rois.
Aujourd’hui aussi, les chrétiens orientaux proviennent de la nuit de la guerre et des conflits. Ils ont bien souvent été chassés de leurs pays notamment, de Syrie, d’Irak et des différents Kurdistan. Ils portent avec eux d’inestimables cadeaux : ceux de leur sens de l’hospitalité donnée et reçue ; de leur langue semblable à leurs frères et sœurs de diverses confessions et traditions religieuses ; de leur finesse et de leur culture, mises à mal par l’oppression, les menaces et les bombes. Ils sont riches de l’or de leur délicatesse humaine et de leur recherche de communion, de l’encens de leur patrimoine séculaire et de leur liturgie, de la myrrhe des épreuves traversées et des blessures subies.
Leur seule présence nous rappelle que l’Eglise catholique est universelle, qu’elle respire en quelque sorte à deux poumons, l’oriental et l’occidental. Comme déjà sa théologie et sa spiritualité se sont forgées grâce au dialogue entre les Pères grecs et latins.
Puissent tous ces réfugiés et migrants pouvoir, comme les savants du premier évangile, être avertis par Dieu et parvenir à rentrer dans leurs terres (Matthieu 2, 12) !
Dany et sa famille lors de leur visite en Valais en juillet de cette année.
Accueil de Dany Il y a 29 ans, dans le cadre de l’action « SALAM – Enfants du Liban », nous avons accueilli dans notre famille le petit Dany, 8 ans, l’éloignant pour un été de la guerre fratricide qui déchirait le Liban et tout particulièrement Beyrouth qui s’écroulait, jour après jour, sous les bombes. De l’Eglise Maronite (de saint Maron – Ermite), rattachée à Rome et constituant la plus importante communauté chrétienne du Liban, la famille de Dany vient d’un petit village chrétien de la région de l’Akkar (Liban Nord à la frontière syrienne). Son père, actuellement retraité, a été des années durant, comme beaucoup de ses concitoyens chrétiens de la région du Nord, soldat dans l’armée libanaise du général Aoun (actuel président du Liban) pendant que Dany, sa maman et ses deux petits frères vivaient ou plutôt survivaient à cette époque en se terrant dans les caves d’une capitale déchirée.
Retrouvailles au Liban
Il y a une année, nous avons eu la grande joie de retrouver Dany, son épouse Yolla et leurs enfants Carelle et Karl dans leur pays : le Liban. Durant quinze jours, Dany (professeur de géographie) et Yolla (professeure de français) nous firent découvrir les membres de leurs familles et, du nord au sud, leur magnifique pays !
Bien sûr que nos « retrouvailles » furent émouvantes et que la découverte de ce petit pays méditerranéen, de ses habitants, de sa longue et souvent difficile histoire, de sa culture, de sa renommée gastronomique… nous ont impressionnés !
Présences religieuses bien visibles et lieux de dévotion
Ce qui nous a frappés dès le premier jour, en traversant Beyrouth pour nous rendre à Byblos (Jbeil), ce furent les innombrables édifices religieux lançant vers le ciel les clochers des nombreuses églises chrétiennes et les minarets des mosquées musulmanes, soit les lieux de cultes représentant les 18 confessions principales qui composent le « paysage » religieux libanais.
Saints très vénérés au Liban (depuis le haut : saint Estephan Nehmeh, sainte Rafqa, saint Charbel et saint Nemetallah).
Autres aspects qui ne manquèrent pas de nous étonner, ce furent les nombreux monuments chrétiens que l’on retrouve au bord des routes, dressés sur les collines et montagnes, au milieu des carrefours et des ronds-points : croix, monumentales statues du Christ et de la Vierge, dont celle célèbre de Notre-Dame du Liban à Harissa qui domine la baie de Jounieh et toute la région de Beyrouth. Nous ont aussi frappés les dizaines de statues de toutes dimensions de saint Charbel, sainte Rafqa, saint Nemetallah, saint Estephan Nehmeh et bien sûr celles de saint Maron, saints tous très vénérés au Pays des Cèdres. Il faut dire que le culte de la Vierge Marie et des saints draine, aujourd’hui comme hier, l’essentiel des dévotions aussi bien chrétiennes que musulmanes et nourrit un dialogue interreligieux naturel.
Nous n’allions d’ailleurs pas tarder à constater la profonde religiosité de nos hôtes. A peine étions-nous arrivés à Byblos (lieu principal de notre séjour) et avions-nous déposé nos valises, de suite nous avons été invités à « monter » au Couvent Saint-Maron d’Annaya où se trouve la tombe de saint Charbel, décédé en 1898, « grand saint digne des Autels » et source de réconforts et de guérisons tant spirituelles que corporelles.
Puis, pratiquement chaque jour, nous avons visité au moins un monastère, une église, un lieu de pèlerinage, participé à de magnifiques offices religieux selon les rites de l’Eglise Maronite. Parmi toutes ces visites, celle qui nous a particulièrement marqués a été la découverte de la Vallée Sainte de la Qadisha, haut lieu de pèlerinage dans un paysage somptueux se nichant dans la chaîne de montagnes du Liban. La Qadisha, qui respire de tous ses portes la spiritualité et renferme les plus anciens monastères chrétiens du Moyen-Orient.
Foi, Confiance, Espérance
Mais, plus encore que les monuments, les édifices et les offices religieux, nous avons vraiment été « saisis », « questionnés », pour ne pas dire « bouleversés », par la profonde « foi » des personnes que nous avons côtoyées, par leur « confiance » sans réserve en Dieu, au Christ, à la Vierge, aux saints de l’Eglise et tout particulièrement ceux qui « veillent » sur le Liban !
Les chrétiens du Liban et, plus généralement, tous les chrétiens d’Orient vivent des temps très difficiles et savent qu’ils sont « assis » sur des barils de poudre ! Peuvent-ils vraiment compter sur nous, leurs frères chrétiens occidentaux, pour les comprendre, les aider, les soutenir ? A chacun d’entre nous de se poser en « vérité » la question et d’y répondre autrement que par « mais nous, depuis ici, que pouvons-nous faire ? » !
Dans cette situation complexe et explosive dans laquelle vivent nos frères chrétiens à quelques petites heures d’avion d’ici, ce qui est certain de leur part, est « l’espérance » que chacun met en la Parole de Dieu qui leur dit, en même temps qu’à nous : « Exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus-Christ. » (1 Pierre 1, 6-7)
Par Pierre Moser Photos: DRPlus de 250’000 morts, environ 125’000 blessés, 45’000 disparus, 1,7 million de déplacés 1, des chiffres qui font froid dans le dos. Et pourtant la réponse humanitaire à la catastrophe asiatique de 2004 fut à la hauteur des attentes : 80’000 soldats, 100 navires, 100 hélicoptères et 80 avions de transport 1 ont été dépêchés dans les zones sinistrées, sans compter les dix milliards de dollars de dons des institutions publiques et privées du monde entier.
Aujourd’hui, 15 ans après, certains pays comme la Thaïlande sont toujours aussi pauvres, aussi démunis, aussi défavorisés. Que s’est-il donc passé ? Certaines institutions ont, à l’époque, critiqué la très mauvaise répartition de l’aide publique au développement, point noir de la générosité des pays occidentaux. Notre propos, ici, n’est pas d’apporter la polémique mais plutôt de relater une rencontre. Celle du groupe Sainte-Thérèse mission, responsable pour notre paroisse des partages de Noël et une maman : Laurence Pian. Une maman qui, dans cette catastrophe, a perdu deux de ses quatre fils : Jan et Oscar. Une maman qui, plutôt que de se laisser envahir par la rancœur, a décidé de créer une fondation en mémoire de ses fils disparus.
Dans ce désert qu’est l’aide au développement, la fondation Jan & Oscar s’est proposée depuis 2005 de permettre et d’encourager la scolarisation d’enfants défavorisés en Thaïlande. Jugez plutôt : 12 écoles, 130 enfants parrainés, 10 maisons dortoirs, 6 cantines, 11 bâtiments avec toilettes et douche ainsi que 5 lavabos communautaires 2.
Cette aide, c’est aussi cela : tenir compte des besoins locaux. Permettre aux écoliers des zones rurales de loger sur place. Amener l’eau potable là où elle n’existe pas encore. Supporter financièrement les familles qui n’ont pas les moyens d’une scolarité. Intégrer les enfants des minorités ethniques autrement discriminés. Sans oublier les sanitaires et tout ce qui nous paraît évident, à nous qui avons tout.
Encore un mot sur la fondation : chaque franc versé sera redistribué dans un ou plusieurs projets. Pas de frais d’administration, et cela croyez-moi, c’est très rare dans l’« industrie » de l’humanitaire. Non pas qu’il n’y ait pas de frais, c’est impossible, mais ils sont pris en charge par leurs partenaires institutionnels et opérationnels, mais surtout pas de salaires mirobolants…
Comme vous pouvez le constater, cette initiative a tout pour plaire. Prouvez-nous qu’elle vous a plu également en participant généreusement au partage de Noël de cette année. Plusieurs occasions se présenteront à vous : le produit de la vente de pâtisseries du dimanche 16 décembre au sortir de la messe par les enfants du catéchisme sera versé à la fondation. Une des quêtes de l’Avent sera également consacrée à cette initiative. N’hésitez pas à visiter le site web de la fondation, www.fondationjan-oscar.ch, pour en savoir plus.
1 Source : Wikipedia 2 Source : Fondation Jan & Oscar
En vue du Synode des jeunes qui s’est tenu à l’automne 2018, le Pape invitait nos jeunes à poser les questions qui les habitent.
Par Vincent Lafargue Photos: LDD, DRCe mois-ci, pour la dernière édition de cette rubrique, c’est Marie, de Fribourg, 31 ans, jeune mère de famille et enseignante spécialisée, qui a posé plusieurs questions à nos autorités ecclésiales. Mgr Alain de Raemy a retenu celle-ci à laquelle il souhaite répondre :
J’imagine que la façon d’être chrétien n’est pas pareille pour un jeune du Canada, d’Afrique du Sud ou des Philippines. De ces différentes réalités, comment le Synode a-t-il pu rejoindre chaque communauté ?
L’évêque des jeunes, Mgr Alain de Raemy répond ainsi: »
Chère Marie,
La façon d’être chrétien est toujours la même. C’est celle de Jésus. De l’amour qui aime aimer. Sans mais, ni si, ni sauf… D’un amour qui n’aime pas ne pas aimer. Mais qui justement pour cela ne peut pas se passer de Jésus, l’Amour incarné. En Lui, je suis aimé. Pas préservé ou avantageusement privilégié. Mais gratuitement aimé pour gratuitement aimer. Sans exception.
Au Canada, en Afrique du Sud ou aux Philippines, cet unique amour est différemment sollicité et défié. Mais partout le chrétien, le vrai, est demandé. Corruption rampante qui fait qu’on y succombe pour s’en sortir, violence choquante qui rend la vengeance presque légitime, villages et villes qui se vident de leur jeunesse qui trop souvent finit noyée en Méditerranée, questions d’identité sexuelle qui nous laissent pantois et sans voix, sociétés individualistes où l’effervescence des réseaux ne change rien à la réalité…
Le synode a montré aux participants que l’amour du Christ est vraiment le seul chemin. Partout. Jusqu’au martyre. Des martyres apparemment si différents et pourtant tous également conséquents. Ces témoignages ignorés, incompris, ridiculisés, discriminés, emprisonnés, persécutés, ou même parfois tués. Mais des témoignages qui peuvent tout changer, aujourd’hui, demain ou même après-demain. L’amour n’est jamais vain. Et il rend heureux. Tout de suite.
On apprend les uns des autres à être chrétien en tout et pour tout. Si seulement la planète interconnectée et super-réseautée que nous connaissons pouvait rendre ce témoignage chrétien partout présent et encore plus fécond ! La jeunesse est ici au premier plan, les « digital natifs » ont vraiment une mission ! Au synode un exemple a été mis en avant : la collaboration qui doit se faire entre chrétiens des pays d’origine et chrétiens des pays d’accueil des migrants. Jeunes, aidez-nous à devenir grands !
Par Françoise Michellod Photo: img.over-blog-kiwi.com« Il est né le divin Enfant… Résonnez musettes ! » Marie l’a emmailloté, Joseph s’est incliné. L’âne et le bœuf ont soufflé… Jésus a souri ! Les anges alors ont claironné dans la nuit. « Douce nuit, sainte nuit ! »
Depuis toujours les bergers accourent : ceux de Bethléem portent un agneau ; ceux de Provence une rascasse… et les mages flamboyants ont choisi leur trésor.
Depuis toujours les crèches de nos maisons font revivre le Mystère. Autrefois l’enfant Jésus choisissait de petits cadeaux enrubannés pour les enfants « sages ». Les anges les apportaient et, pressés de repartir, laissaient un peu de leurs cheveux sur les branches du sapin.
Depuis toujours, Noël c’est une étoile !
Noël c’est un parfum d’orange… Noël c’est un peu de chaleur au creux de l’hiver.
Depuis le premier Noël, Jésus habite avec nous, dans l’Humilité, la Gratitude, dans le Silence et le besoin de rompre toute Solitude dans le Partage et l’Amour.
Que nos cadeaux même numériques soient signe de Sa présence !
Andrea Amanti a été engagé comme titulaire responsable des deux orgues de Chêne et de Thônex depuis le 1er septembre. Pour L’Essentiel, il se prêteau jeu de l’interview. Rencontre.
Propos recueillis par Karin Ducret Photo: Pascal VoideK. D. : Qui êtes-vous Andrea Amanti ? Andrea Amanti :je suis né en 1987 à Parme en Italie. J’y ai étudié au Conservatoire le piano, le chant, la direction chorale et orchestrale et la composition. En parallèle j’ai poursuivi des études en théologie et obtenu un master en Relations internationales.
Depuis 2005 j’exerce une intense activité de concertiste international en tant que soliste et enseignant dans diverseschorales et écoles en Italie. Grâce à mes concerts j’ai pu créer un orphelinat au Cameroun en 2010 – j’y ai d’ailleurs appris aussi le français – et cet événement a été crucial pour la suite de ma vie – j’ai décidé de me servir de ma musique pour soutenir des programmes d’aide humanitaire.
Je suis arrivé à Genève en 2014 et grâce à mes études en relations internationales, j’ai eu l’occasion de travailler au Conseil des Droits de l’Homme, comme représentant des Franciscains et des Chevaliers de l’Ordre Souverain de Malte aux Nations Unies ainsi que comme consultant légal au CERN. J’ai aussi été professeur de piano, de chant et de religion ainsi que directeur de chorale à l’Institut catholique La Salésienne à Veyrier, ainsi qu’à l’Institut International de Lancy. Actuellement je suis le concertiste officiel des Nations Unies et gère un projet international du BIT (Bureau international du Travail) dont le but est d’amener, grâce à la musique, des enfants, obligés de travailler, à fréquenter l’école. Je donne aussi des cours privés de chant et de piano… et depuis septembre 2018 je suis l’organiste attitré de la paroisse Saint-Pierre à Thônex et Saint-François de Sales à Chêne-Bourg !
Quel heureux hasard vous a-t-il amené dans notre paroisse ? J’ai rencontré Ernesto Lupini, membre du CP de la paroisse Chêne-Thônex, à l’Association Emilia Romagna et il m’a parlé du poste à repourvoir dans la paroisse…
Quelles sont vos impressions après ces quelques semaines d’adaptation ? J’ai été très touché par l’accueil si chaleureux de la communauté paroissiale. Pendant les célébrations je joue bien entendu les chants prévus par la liturgie, mais les interludes me permettent de tenir compte, avec un choix musical très varié, des sensibilités et goûts musicaux des paroissiens et paroissiennes d’âges et de nationalités différents ! Par ailleurs, un projet sur la relance d’un chœur pour cette belle paroisse est en discussion.
Par Fabiola Vollenweider Gavillet Photo: DRLorsque l’on demande aux passants de définir la Suisse en deux mots, on s’aperçoit que les clichés habituels du « chocolat » et des « montres » cèdent la place à deux autres mots : « la beauté » et « la liberté ».
La beauté La Suisse offre des paysages d’une beauté à couper le souffle, que ce soit en montagne ou sur le plateau. Mais cette beauté est le résultat d’un idéal commun du peuple Suisse. Lorsque l’on se balade en ville, en campagne ou en montagne, partout on retrouve ce souci du respect de la nature, du respect de la Création. Cette beauté représente l’aboutissement d’une tradition séculaire de l’effort, du travail non compté de l’individu dévoué à une terre qu’il met en commun. Ce travail est motivé par un esprit de solidarité, de partage et de protection offerte à tous, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Derrière ce simple mot de beauté, il y a cette détermination admirable de mettre en commun, de donner la priorité à l’intérêt communautaire plutôt que celui de l’individu. Cet acte généreux est une exception dans ce monde.
La liberté Ce petit mot demande une montagne de courage et de tolérance. Certes, la Suisse se voit souvent critiquée. Bien qu’étant une démocratie directe, les femmes n’y ont eu le droit de vote au niveau fédéral qu’en 1974. Oui, il faut en convenir. Mais au-delà des apparences, ce pays est peut-être le seul où un droit de vote fut octroyé aux femmes par TOUS les hommes et non par la décision d’une seule élite gouvernementale. Bien qu’acquis au niveau fédéral, un seul canton, Appenzell Rhodes-Intérieures n’octroiera le droit de vote au niveau communal et cantonal à ses citoyennes qu’en 1992. Par cet exemple, le bien-être de la communauté est encore passé devant l’intérêt régional et individuel.
La Suisse, une terre d’accueil, de courage et de tolérance Il faut du courage autant pour trouver l’équilibre entre tradition et innovation que pour se rallier aux décisions prises démocratiquement parce qu’elles servent le bien-être commun, même si elles ne répondent pas à un souhait individuel.
Terre de tolérance. 727 ans d’existence reposent sur cette volonté libre d’adhérer à cet incroyable projet qu’est de vivre ensemble. Aujourd’hui, plus d’un quart de sa population vient de l’étranger.
Sa Sainteté le pape François a rappelé, lors de son homélie au Centre œcuménique International ce dernier mois de juin, l’importance de vivre ensemble, dans l’Unité. Soyons attentifs aux points communs et non aux divisions, et accueillons la complémentarité de chacun avec confiance.
Ces deux mots « beauté » et « liberté » qui semblent définir notre patrie, rassemblent les 4 piliers fondateurs de ce pays, rappelé par la croix blanche de son drapeau, où le souci d’équité apparaît même dans les dimensions égales de ses 4 branches.
La beauté, lien à la terre
La beauté de cette terre partagée, lien à la solidarité
La liberté de la différence, lien à l’accueil
La liberté confessionnelle, lien au spirituel
Ce sont quatre piliers dont chacun porte la responsabilité. Oui… chacun !
De ce petit pays émane un sentiment de communauté nationale avec parfois des aspects irrationnels, comme le refus catégorique d’une semaine de vacances supplémentaire. Une telle réaction semble étrange pour qui n’a pas fourni les efforts de gravir une de ses montagnes. Ce petit pays a su s’inscrire dans l’histoire en choisissant la logique du service à l’autre et de la mise en commun au nom du Dieu Tout-Puissant.
Par l’abbé Joël Akagbo Photo: DRParler de la mort et des personnes qui viennent de perdre un être cher n’est pas facile. Mais l’espérance de la vie éternelle avec Jésus le premier-né d’entre les morts nous donne l’assurance d’aborder ce sujet tout en réconfortant nos frères et sœurs touchés par le deuil d’un proche. S’adressant à Marthe comme à chacun d’entre nous aujourd’hui, Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie. Crois-tu cela ? »
(Jn 11, 25-26)
L’épreuve d’un deuil est un moment délicat où s’expriment la foi et la fraternité des disciples du Christ. C’est pourquoi l’église accueille et accompagne dans la prière ceux que la mort d’un proche met dans la peine.
Cette mission très délicate est assurée par une équipe d’accompagnants des familles en deuil. Que tous ceux qui d’une manière ou d’une autre accomplissent ce service d’Eglise soient remerciés pour leur témoignage. Par ailleurs, l’accompagnement est un moment où l’Eglise est appelée à vivre l’accueil et la rencontre des familles, aider à la préparation de la célébration, répondre au souhait des familles quant à la présence au cimetière pour l’inhumation ou le dépôt de l’urne, maintenir un lien dans la durée avec les familles dans la peine.
« La liturgie des funérailles constitue un chemin. En le parcourant, on aidera les participants à approfondir le sens chrétien de la vie et de la mort et accueillir l’espérance de la résurrection » (cf. Association épiscopale liturgique pour les pays francophones. Dans l’espérance chrétienne, célébration pour les défunts. Paris, Desclée-Mame, 2008, no 12, p. 12). Pourquoi cet accompagnement ne peut-il pas aller jusqu’aux messes anniversaires ? C’est pourquoi la célébration du 2 novembre doit être un moment important à valoriser grâce à la liturgie proposée par l’Eglise.
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