La confiance d’un enfant

Lors du Camp des servants de messe à Bourg-Saint-Pierre.

Texte et photo par Marion Perraudin

Sur les chemins de la foi,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Mettons-nous à l’école de Marie,
A sa suite osons redire :
« Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole »

Aux carrefours de nos rencontres, 
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Entrons dans la joie de Marie,
Avec elle, dans l’action de grâce, disons :
« Magnificat »

Aux chemins de la vie,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Laissons-nous trouver par Marie,
Elle nous cherche et nous apporte les grâces de son Fils,
« Vois comme nous avons souffert en te cherchant »

A l’aurore de nos journées,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Levons nos yeux vers Marie,
Ecoutons-la nous dire :
« Faites tout ce qu’Il vous dira »

Aux cœurs de nos souffrances,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Abandonnons-nous à la compassion de Marie,
Confions-lui nos difficultés, elle les présentera à son Fils.
« Ils n’ont plus de vin ».

Edifier le triomphe

Jules II ordonnant les travaux de la Basilique Saint-Pierre à Bramante, Michel Ange et Raphaël, vu par Horace Vernet.

Par Thierry Schelling | Photo : DR

« La magnificence des sanctuaires » et la « solennité du service de Dieu », ce sont les deux motivations pour le pape Jules II d’avoir entrepris la construction de la Basilique Saint-Pierre dont il posa la première pierre le 18 avril 1506. 

Il écrit dans ce qui sera sa dernière bulle papale, le 19 février 1513 (il meurt deux jours plus tard) : « Lorsque j’étais cardinal, j’ai restauré ou fait construire des églises et des couvents spécialement à Rome […] ; devenu Pape, nous avons continué ce qui constitue le devoir de notre office envers la chrétienté… à l’image du sage Salomon qui érigea le Temple de Jérusalem. »

A quel prix ?

Par trois fois, Jules II lança des décrets auprès des fortunes européennes pour les solliciter dans le financement de cette basilique, au prorata de leur besoin d’indulgences… ce qui déclencha l’ire de Martin Luther ! Les principes de « La Doctrine sociale de l’Eglise » n’existaient évidemment pas…

La Sagrada Famiglia

Dans sa belle homélie du 7 novembre 2010, Benoît XVI, consacrant l’édifice de Gaudí à Barcelone, décrit cette entreprise architecturale de la façon suivante : « Gaudí a voulu unir l’inspiration qui lui venait des trois grands livres dont il se nourrissait comme homme, comme croyant et comme architecte : le livre de la nature, le livre de la Sainte Ecriture et le livre de la Liturgie. » Mais cette fois, le Pape souligne la conséquence morale liée à une telle entreprise « géniale » : « Nous ne pouvons pas nous contenter de ces progrès. Ils doivent toujours être accompagnés des progrès moraux, comme l’attention, la protection et l’aide à la famille… »

Sculpter la pierre pour élever l’âme

Et de conclure : « Au cœur du monde, sous le regard de Dieu et devant les hommes, dans un acte de foi humble et joyeux, nous avons élevé une imposante masse de matière, fruit de la nature et d’un incalculable effort de l’intelligence humaine qui a construit cette œuvre d’art. Elle est un signe visible du Dieu invisible, à la gloire duquel s’élancent ces tours, flèches qui indiquent l’absolu de la lumière et de celui qui est la Lumière, la Grandeur et la Beauté mêmes. » C’est bellement dit.

Où portons-nous notre regard?

Par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo : DR

Avec ce numéro d’octobre, nous portons notre regard sur des personnes qui s’engagent dans la vie paroissiale avec l’abbé Martin Filipponi (qui vient d’être nommé vicaire pour le secteur de Monthey et prêtre référent pour la paroisse de Choëx, voir article p. 7) ou avec Abel (nouveau stagiaire en la communauté des spiritains pour le Haut-Lac, voir article p. 13) ou encore sur des personnes « méritantes » avec Solange Lugon-Moulin (médaillée « Saint-Théodule » pour la paroisse de Choëx, voir article p. 5).

Notre regard se porte aussi sur des événements d’Eglise qui viennent de se dérouler : avec le Théocamp (ayant réuni plus d’une vingtaine de jeunes servant(e)s de messe, du 12 au 15 août, au monastère de Collombey, (voir article p. 12) ou avec le pèlerinage de juillet à Lourdes (vécu par un certain nombre de jeunes de notre région, voir article pp. 14-15).

Notre regard se porte encore sur nos vénérables édifices religieux ou églises, consacrés au culte divin, avec un dossier qui analyse l’évolution de l’architecture de nos églises (voir article pp. 16-17) et avec une commémoration, celle des 150 ans de l’église paroissiale de Collombey, le 6 octobre prochain (voir article p. 9).

Enfin, en ce mois d’octobre appelé aussi traditionnellement mois du rosaire (avec la fête de Notre Dame du Rosaire, le 7 octobre), nous voulons élever notre regard, nous voulons regarder ou plutôt contempler Marie, la sainte Mère de Dieu, que Jésus nous a donnée par ailleurs pour notre sainte Mère du Ciel ! (voir prière p. 2, voir article p. 11). Aimons plus encore à l’invoquer, à la prier avec foi et confiance de façon à vitaliser ce lien qui nous unit à elle, de façon qu’elle puisse exercer sur nous, sur notre monde, sa maternité spirituelle, elle qui est la dépositaire et la dispensatrice des grâces divines, elle qui est encore notre avocate toute-puissante sur le cœur de son divin Fils, Jésus !

Plus vite, plus haut, plus fort… vraiment ?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Par Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF
Photo : DR

Ecrire une « carte blanche » au cœur de l’été (délais éditoriaux obligent) est un exercice quelque peu ardu. La liesse olympique a convoqué le souvenir de saint Paul, champion de la métaphore sportive : effort, ténacité, endurance… en vue d’« une couronne qui ne se fane pas ». (1 Co 9, 25)

En ce 13 août, l’évangile (Mt 18, 1-5.10.12-14) s’invite comme partenaire de réflexion. La question que les disciples y posent est olympique : qui est le plus grand dans le royaume des Cieux ? Jésus répond en mettant au centre celui qui n’a aucune chance de médaille : un « petit enfant ». Il ajoute qu’il faut se garder d’en mépriser un seul, de ces petits, car leurs anges voient sans cesse la face de Dieu. Une injonction morale ? Ou une manière d’être au monde pour que nous puissions en saisir la logique ? Marcel Aymé disait : « Le mépris me fait l’effet d’un bandeau qu’on s’applique sur la conscience pour se dispenser de comprendre. »1

Jésus mettant « un enfant au milieu d’un groupe de « grands » »2 propose une image saisissante de la catéchèse (qui, faut-il le rappeler ? concerne aussi bien les adultes que les enfants) : le petit n’a pas à devenir grand, il est pour le grand le modèle à suivre. Notre Dieu est vraiment celui qui « renverse les puissants de leur trône et élève les humbles » ! (Lc 1, 52)

Le Christ nous révèle, en écho à David et d’autres personnages de l’Ancien Testament, que les grandeurs humaines sont à la merci du petit qui marche avec Dieu. La performance, la puissance, le pouvoir… nous fascinent ? Nous y mettons nos espoirs ? « Un enfant au milieu d’un groupe de « grands » » nous rappelle qu’avec Jésus « un nouveau régime » du « messianisme » […] remet en cause les habitudes, les pouvoirs établis ; il cherche de nouvelles manières de vivre ensemble et fait advenir des partenaires improbables. Il n’est pas d’abord un programme, mais s’apparente peut-être au jeu. Il réclame un certain esprit d’enfance et se pense d’abord « sans concept ». » Une bien belle définition de la catéchèse, en somme…

1 Marcel AYMÉ, Les tiroirs de l’inconnu (Folio, 1960, p. 166).
2 Philippe LEFEBVRE, David et Goliath entre Bible et Iliade. Comment passer à un monde nouveau.In « Ecritures », Bulletin de l’Association Biblique Catholique Suisse Romande, n° 2/2024, p. 33. L’auteur relit dans ce passage d’évangile une scène biblique inaugurale : « David, appelé « le petit »(1 S16, 11), reçoit l’onction « au milieu de ses frères » (1 S16, 13). »

Une nouvelle médaillée en la Patronale de Choëx le dimanche 13 octobre

Comme il est de tradition, lors de la Patronale, la paroisse de Choëx remettra à Solange Lugon-Moulin la médaille « Saint Théodule ». Celle-ci honore les choristes qui ont exercé 25 ans d’activité. « Un bail » comme le dit la principale intéressée. Rencontre avec Solange, choriste et coprésidente de l’Echo du Coteau.

Texte et photo par Sandrine Mayoraz

La musique, elle en écoute, petite, chez ses parents à Orsières. Du folklorique à la radio ou sur les disques. Pas de solfège, ni de musique, c’est bien plus tard, qu’elle rencontrera l’art choral ! D’Orsières, elle a suivi la Dranse jusqu’à Martigny ; à l’école, elle intègre pour deux ans le chœur des jeunes. C’est sa première expérience de chorale.

Par Amour, elle descend encore le Rhône jusqu’à Monthey. Elle s’y marie avec Roger ; ensemble ils montent vivre sur le Coteau et ensemble ils rejoignent les rangs de l’Echo du Coteau. Elle s’en souvient : « C’était la Toussaint 1999, une chorale ad hoc était mise sur pied pour la cérémonie au cimetière de la Bercla. C’est là qu’on m’a dit de venir chanter à l’Echo du Coteau. » En 2002, elle s’investit dans le comité, puis devient coprésidente avec Guy Perrin, après le mandat de Sonia Matti. 

Des cellules qui dansent !

Depuis 1999, chaque semaine, Solange prend le chemin de la répétition pour rejoindre les soprani. Elle apprécie les chants profanes, tant la variété française qu’anglo-saxonne, et le répertoire religieux lors des messes. Oh bien sûr, comme tout le monde, certains soirs d’hiver, ça lui coûte de sortir au froid, mais une fois la porte de la salle de répétition poussée, « toutes les cellules du corps dansent de joie ! ». Cette émotion, elle aime la partager au public et aux assemblées qui les écoutent lors de messes ou de concerts.

L’une des expériences les plus marquantes reste l’atelier « classique » de la Fête de chant à Brigue qui lui a permis d’être initiée à un répertoire inhabituel, exigeant, inattendu aussi… C’était un challenge de chanter ces pièces célèbres. Un investissement supplémentaire lors cette saison mais qui en vaut la chandelle : la représentation avec les quelque 200 chanteurs est un souvenir poignant. La vibration humaine est incomparable ; cette émotion, aucun micro ne peut la donner.

25 ans, un bail : quelques changements

Ce qui change en 25 ans ? « Les costumes » répond-elle du tac au tac. Elle ne regrette pas la jupe gris souris assortie de son chemisier rose saumon. La présidente est satisfaite de leur tenue actuelle, pratique et simple. Les directeurs aussi ont changé, cinq se sont succédé, chacun apportant ses compétences techniques et artistiques pour faire progresser les choristes. Sa passion de la musique, Solange l’a transmise à ses enfants, tous trois sont engagés dans des fanfares.

La saison musicale reprend, avec la chorale de Monthey ; les deux sociétés se sont rapprochées pour s’enrichir mutuellement. Musique d’avenir !

Jeux, jeunes et humour – octobre 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi appeler l’Esprit lors de la consécration ?*
C’est une invocation nommée épiclèse. Dans la liturgie eucharistique, il y en a deux. La première est l’appel de l’Esprit sur le pain et le vin pour qu’ils deviennent Corps et Sang du Christ ; la deuxième est l’appel de l’Esprit sur la communauté afin qu’elle soit sanctifiée par la communion au Corps et au Sang du Christ.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Deux fiancés se présentent chez M. le Curé pour se préparer au mariage. Il leur demande s’ils ont apporté tous les papiers requis : certificat de baptême et de confirmation. « Oui, les voilà », répondent les fiancés. Le curé leur pose une première question : « Avez-vous la foi ? » La fiancée regarde dans le dossier qui contient tous les documents puis regarde son amoureux et lui lance d’un air navré : « Je t’avais bien dit qu’on oublierait quelque chose ! »

Par Calixte Dubosson

Monthey: une nouvelle crypte plain-pied pour tous !

Chapelle du Pont.

Par l’abbé Jérôme Hauswirth, curé de Monthey
Photos : J.-M. Moix

Face au manque objectif de salles funéraires sur le secteur de Monthey et après une interpellation politique officielle sur les Communes de Monthey et Collombey-Muraz en 2022, il a été décidé d’augmenter la capacité des salles funéraires de Monthey. En effet, il n’est plus possible de continuer avec seulement deux emplacements pour une ville de 20’000 habitants !

Dès lors, dans un premier temps, il a été décidé de réaffecter la très belle et très solennelle Chapelle du Pont comme chapelle funéraire. Cela ne coûte rien et surtout cela ajoute une place ! L’usage récent a montré l’excellence de ce choix pragmatique.

Ensuite la Paroisse de Monthey s’est manifestée comme partenaire du nouveau projet en mettant à disposition le rez-de-chaussée de la cure de Monthey, où se trouve actuellement les deux cryptes. L’idée était de repenser les volumes et l’entier de l’espace suite à la motion politique. Après une étude très professionnelle, un devis de 3,5 millions a été présenté… puis rejeté ! 

La Commune a alors décidé de financer la Paroisse à hauteur de Fr. 300’000.–, montant forfaitaire pour une nouvelle salle à la cure et le rafraîchissement des deux anciennes. Pour la Paroisse, il s’agit donc d’un projet quasiment subventionné à 100 %. 

Après réflexions, nous avons décidé : 
• de faire une nouvelle crypte dans l’ancienne buanderie de la cure (salle actuellement utilisée) ; 
• de faire un accès plain-pied, par l’extérieur du côté de l’Avenue de France, pour les personnes à mobilité réduite ;
• d’orner les trois salles par de belles pièces d’étoffe (rideaux en velours violet, voilage en soie, etc.) ;
• de changer les fenêtres vétustes par des fenêtres modernes (isolation thermique et phonique). 

Le Canton, par son Service du Patrimoine en la personne d’Eric Bonnerfält, collabore activement avec la Paroisse et nous avons avec eux finalisé un projet respectueux et des besoins actuels et de l’histoire du bâtiment. 

Voilà. Nous essayons de faire au mieux, pour le bien de tous. En effet, ces salles funéraires ne sont pas réservées aux seuls catholiques, mais sont au service de toute famille endeuillée 😊.

Cure de Monthey.

«Ne m’abandonne pas»

Par Thierry Schelling
Photo : vatican.media

Depuis 2021, le pape François a instauré la fête des aïeux, en plein mois de juillet (à la fête de Joachim et Anne, les prétendus 1 grands-parents de Jésus), afin de rappeler l’importance cruciale pour la famille et l’Eglise de prendre soin des aînés, dont il développe, au cours de son « Message », les joies et les affres.

Après Amoris Laetitia

Cette exhortation du Pape sur la vie matrimoniale et familiale a été à l’origine de l’instauration d’un dimanche « pour les aînés » : avec ceux « de la Parole » (3e de janvier), « des Enfants » (4e de mai), et « des Jeunes » (initialement, aux Rameaux, devenu les JMJ) ou des liens avec le judaïsme (Dies judaicus, le 3e de Carême), Rome souhaite inclure tout le monde dans la ronde des dimanches… Dans ses messages, après « Porter du fruit dans la vieillesse » (2e journée, en 2022), « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge » (3e journée), le Pape a opté pour la 4e édition pour : « Ne m’abandonne pas dans ma vieillesse », autrement dit, la solitude de la personne âgée…

« Réseau et sagesse »

Le Pape relève ces deux forces de la personne aînée à faire fructifier pour tous, société comme familles, paroisses comme communautés religieuses. En effet, un.e retraité.e a « un réseau de connaissances, tant personnelles qu’intellectuelles », qui ne peut qu’être bénéfique pour tous – encore faut-il prendre le temps de s’en imprégner. Quant à la sacrosainte sagesse due à l’âge, le Pape n’insiste pas tant sur un moralisme bon enfant qu’enseigneraient nos grands-parents, mais bien sur le fait qu’ils sont une « source de conseils et de propositions » née de leur capacité d’écoute, dont toutes les générations devraient profiter.

Mais on ne peut également s’empêcher de voir, dans cette démarche pastorale vis-à-vis des aînés, comme un vadémécum de l’octogénaire pontife à son Eglise…

1 Seule une source apocryphe les cite comme tels.

Qu’allons-nous vivre?

Par Marianne Berset, animatrice pastorale 
Photo : LDD

Après ce temps de vacances, l’heure est venue de la rentrée pastorale !

Qu’allons-nous vivre ? Quelle vision pastorale pour cette année ? Voilà certainement les questions que l’on peut se poser !

Premièrement, la meilleure chose est celle de se tourner vers le Seigneur en se rappelant le slogan qui nous accompagnera encore cette année.

« Jésus, ma soif et ma source. »

Oui, Jésus est là, il est la Source d’où jaillit une eau vive qui ne s’arrête jamais. Elle nous irrigue et nous permet de nous ressourcer pour garder l’espérance dans tous les moments à vivre. Sans Lui, tous nos projets pastoraux sont voués à l’échec car la fécondité de notre vie et de nos projets dépend de notre enracinement en Lui. 

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » dit Jésus. Jn 15, 5

Il nous donne la soif d’aimer et la force d’avancer pour affronter tous les défis qui vont s’offrir à nous. Pour cela, apprenons à lire dans les évènements de la journée, les clins d’œil que Dieu nous fait. Les relectures nous montreront combien Il est présent au cœur de la vie.

Aujourd’hui, nous, les chrétiens, nous devons oser dire notre enracinement dans la foi, appeler ceux que nous rencontrons, accueillir de nouvelles personnes pour une mission bien sûr toujours dans la bienveillance pour créer des communautés qui se rassemblent, qui échangent, qui partagent.

Ainsi, entrons dans la nouvelle année pastorale ensemble et retrouvons-nous tous à Bussy le 22 septembre prochain, à 9h30, pour vivre la messe d’envoi et confier cette année à Notre Seigneur. Surtout maintenons cette envie de nous retrouver chaque dimanche, même si la messe n’a pas lieu dans notre communauté. Nous pouvons aussi resserrer les liens entre nous, en vivant le pèlerinage à Paray-le-Monial qui aura lieu du 19 au 20 octobre prochain ou encore en participant à un événement qui sera proposé en 2025 pour l’Année Sainte.

Maintenant, demandons au Seigneur de nous donner la grâce dont nous avons besoin pour rester dans sa joie et témoigner de sa présence dans tout ce que nous vivrons. 

Belle rentrée !

Catholicisme du Haut-Rhône

Huile de Gérard de Palézieux, peintre établi à Veyras, ami de Maurice Chappaz, partageant son attrait pour les paysages valaisans.

Dans Testament du Haut-Rhône, le grand poète valaisan Maurice Chappaz (1916-2009) signale la fin d’une civilisation à la fois paysanne et catholique. Car, dans sa pensée, une foi authentique est difficilement dissociable d’un lien fort avec la nature.

Par Benjamin Mercerat
Photo : avec l’aimable autorisation de M. René Mounir, pour la « Galerie Mounir »

Ce grand poème en prose, composé de dix chapitres, est comme le chant du cygne d’une civilisation valaisanne traditionnelle vouée à disparaître. A l’image de son maître et ami Gustave Roud relatant la fin d’un monde, Chappaz regrette l’arrivée de la modernité industrielle, la transformation du paysan en ouvrier d’usine, le remplacement du « Valais de bois » par le « Valais de l’alumine et de l’acier ». Mais, à la différence de Roud, Chappaz associe cela à une perte du sacré, des sacrements, allant jusqu’à affirmer : « Nous avons reçu le don de croire. Sur les autels obscurs un linge blanc recouvre les mets du mystère, mais la racine de Jessé s’épuise en nous et la voix des veilleurs n’a plus de sève. »

Parallèlement, le poète constate un étiolement liturgique. Dans sa pensée, dans sa poésie, cohabitation enchantée avec la nature et témoignages du rite catholique sont indissociables ; et c’est ce qu’il a pu expérimenter, particulièrement au contact des petits villages haut-valaisans. Il s’en explique dans un texte qu’il rédige en parallèle à Testament du Haut-Rhône, « La religion de la terre ». Dans cette lettre adressée à des intellectuels de la revue Rencontre, il témoigne de la réalité vécue par les paysans catholiques du Vieux-Pays : leur vie et leur foi sont comparées à celles des Athéniens du Siècle d’Or : « Nous passons du monde sacré au monde profane, d’un règne paysan au règne actuel encore de la petite bourgeoisie, le pire ennemi de toute grandeur sacrée. Le Hasard remplace la Destinée, le roman policier de notre existence fait suite au drame antique. » 

Cette idée, le poète l’exprime différemment dans le Testament, mobilisant à la fois la référence à la Grèce et une expression liée à la Terre promise des Hébreux : « Nous étions de petits maîtres apolliniens mais les souffles de la Destinée nous ont brisés, renversés et ainsi se sont brisés les villages de l’anémone, les vases d’où coulent le lait et le miel. » Le christianisme de Chappaz semble en effet devoir autant puiser dans le paganisme grec que dans le judaïsme, d’où une certaine ambivalence de sa poésie, oscillant entre panthéisme et lien avec un Dieu transcendant.

La tonalité générale du poème est élégiaque ; l’avenir est noir pour le poète. La parution du chef-d’œuvre, mûri pendant dix ans, correspond d’ailleurs à une période difficile pour l’auteur. Chappaz reprendra pied, non pas en se réfugiant dans un passé rêvé et en refusant le monde, mais en affrontant la modernité dans ce qu’elle a de plus concret : il s’engage comme aide-géomètre sur le chantier du barrage de la Grande Dixence : « On me proposait le divan, j’ai choisi la Dixence. » Là il expérimente la camaraderie, exprime une charité, un amour de ses prochains qu’il a en quelque sorte nourri de son deuil, de sa souffrance. Ainsi est-il envers et contre tout « disciple de l’homme de douleur », pour reprendre une expression du Testament.

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Testament du Haut-Rhône, suivi de Les Maquereaux des cimes blanches, éditions ZOE, Genève, 2016.

• Maurice Chappaz, Journal intime d’un pays, Editions de la Revue Conférence, Paris, 2011.

• Benjamin Mercerat, François Zay, Testament du Haut-Rhône de Maurice Chappaz, coll. « Le Cippe », Infolio, Gollion, 2023.

Une Eglise de retraités? Quelle chance pour le bénévolat!

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève
Photo: DR

Une récente étude1 menée par les Universités de Lausanne, Genève, Neuchâtel et la Haute école et Ecole supérieure de travail social Valais-Wallis rend compte du bénévolat des seniors. Bonne nouvelle : leur engagement est ample, vaste et apporte pléthore de compétences, entre savoir-être et savoir-faire ! Allant de divers milieux associatifs au proche-aidant (notamment la garde des petits-enfants), force est de constater que leurs apports effectifs au fonctionnement de la société est vital, avec quasi 50 % des 65-74 ans engagés dans des tâches et activités réalisées gratuitement.

En plus de leur travail au service du bien commun, ce bénévolat participe à leur bien-être, la notion de plaisir étant une donnée forte de leur investissement. Offrir une prestation de qualité et avoir la possibilité d’une gestion du temps et de l’agenda plus adaptée à cette période de la vie sont aussi des facteurs aidants. 

Sommes-nous attentifs à ces paramètres lorsque nous sollicitons nos aînés pour un engagement auprès de nos communautés ?

Leur permet-on de prendre conscience des richesses en termes de connaissances et de capacités qu’ils ont à nous offrir et leur offrons-nous une image valorisante de leur engagement ?

Sommes-nous créatifs, en permettant, par exemple, des duos avec des personnes plus jeunes, afin de mutualiser disponibilité, compétences, énergie, transmission et engendrement ? 

Sommes-nous à l’œuvre pour favoriser une Eglise intergénérationnelle, inclusive, qui s’enrichit des diversités ? 

Laissons-nous inspirer par la prophétesse Anne (Luc, 2, 36-38), qui du haut de ses 84 ans est remplie de zèle à la vue de Jésus, annonçant à qui voulait l’entendre les louanges de Dieu et la naissance de l’Enfant, elle qui servait Dieu jour et nuit à quelques pas du temple !

Bien souvent, lors de messes ou de rencontres paroissiales, le nombre de têtes blanches dépasse nettement celui des têtes blondes. Pourtant l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre et nourrit notre confiance et notre agir pour faire fructifier les richesses de nos communautés.

Alors oui, laissons-nous nous inspirer par la prophétesse Anne, par nos prêtres en âge de retraite si nombreux à poursuivre leur engagement, par les retraités rendant d’innombrables services et remplissant d’importantes missions ! Osons solliciter davantage nos aînés, non pas comme des bénéficiaires, mais comme des acteurs clés de nos pastorales !

1 https://www.unil.ch/ceg/vivra

Réflexion pour la rentrée

« Le monde meurt de faim et de soif de Dieu »

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Dessin : LDD

Ouvrant l’année pastorale 2023-2024, nous avons mis à nos yeux et dans nos cœurs le slogan : « Jésus, ma soif et ma source ». Le dimanche 22 septembre prochain, à 9h30, nous allons de nouveau inviter tous les paroissiens à une eucharistie (à Bussy) pour démarrer solennellement une nouvelle année pastorale. Notre fil rouge restera le même pour permettre à tous de continuer l’exercice de mettre le Christ au centre de notre vie et de puiser en lui nos forces d’aimer, d’espérer et de persévérer dans la foi.

Qui est-il pour moi ? Comment est-ce que je réponds à son appel ? Il m’interpelle, me questionne ; il me dérange, il m’invite à agir, à changer mon regard, ma conduite…

Nous avons avant tout soif de la vie, mais pas n’importe laquelle… belle, heureuse, riche en bonnes découvertes et merveilleuses rencontres… La vraie vie n’existe pas sans amour. Dieu est amour, l’amour absolu, la source de l’amour. Nous existons grâce à son amour ; nous avons soif de Dieu.

Dans la rencontre de Jésus avec une Samaritaine (J 4, 1-42), c’est l’amour qui est en cause. Tous les deux ont soif d’eau, mais le Christ sait que cette femme a des problèmes avec les partenaires d’une vraie communion de vie. Elle en est à son sixième homme qui ne peut pas être son mari (son milieu ne tolère que trois mariages successifs). La soif de la Samaritaine est avant tout spirituelle.

Elle découvre que ce Juif qui lui parle est exceptionnel, il est « un prophète ». Cela la dirige vers la vraie question de l’amour absolu. Un tel amour exige l’adoration. « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. » Ils adorent aussi son envoyé, le Messie, le Fils de Dieu.

Révisons nos relations affectives, nos relations avec Dieu : l’adoration de Celui qui est au-dessus de tout. Ouvrons-nous à ceux qui sont différents, qui ne nous comprennent pas, qui s’opposent à nous… 

Quand la Samaritaine a ressenti qu’une source a jailli en elle, elle a couru vers son village pour inviter ses proches : Venez voir quelqu’un qui m’a aimée vraiment ! Faisons de même ! Le monde meurt de faim et de soif de Dieu. N’oublions pas qu’au « menu » du festin eucharistique, il y a toujours la vraie nourriture et la vraie boisson.

Rendez-vous pour une messe unique de la rentrée pastorale le dimanche 22 septembre à 9h30 à l’église de Bussy. Messe animée par l’ensemble des chorales de la paroisse, suivie d’un apéritif.

La foi vécue au quotidien par des personnes «retraitées»

Le thème central de ce numéro de septembre (pp. 16-17) aborde le fait que nos assemblées des messes dominicales (par exemple) soient en grande majorité composées par des « retraités », par des personnes du 3e âge. Nous avons donc voulu aller à la rencontre de l’une ou l’autre de ces personnes dites retraitées, en leur posant la question : « Pourquoi, selon vous, est-ce important de croire ? De prier ? D’aller à la messe le dimanche ? » etc.

Photo: DR

Une paroissienne de Choëx 

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz

Le dimanche c’est le jour de Dieu. La semaine, je regarde à la télé, mais le dimanche, c’est important pour moi d’aller à l’église et de recevoir l’hostie. C’est recevoir le corps et le sang du Christ et le Christ habite alors en moi ! C’est un moment plus intense.

Et en plus, j’y vais aussi pour les paroissiens, pour être ensemble un moment pendant le temps de la messe. Etre en communion, c’est quelque chose d’incroyablement beau. J’ai de la peine à finir la rencontre comme ça. Souvent on s’invite pour prolonger le dimanche autour d’un dîner.

Marie-Céline, une paroissienne de Monthey 

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz

J’aime prier à la messe plutôt que d’autres prières ou dans d’autres lieux. Il y a de nombreux moments. Pendant la lecture, par exemple, je me dis : « C’est une parole pour aujourd’hui et j’écoute ce que saint Paul a à me dire. » Au moment de l’offrande, je viens avec mes joies et mes soucis. Je confie toute ma famille. J’aime aussi qu’on pense à nos défunts, à ceux qui sont passés sur l’autre rive, je les vois comme des bienheureux dans les bras de Dieu. 

Le Notre Père, c’est la prière que Jésus nous a laissée. C’est important de le mettre en pratique et de réfléchir à chaque mot qui est prié. Puis, la communion, c’est magnifique de partager le pain avec tous. Tout comme la paix qu’on se donne avant, suivant à côté de qui tu es… (silence)

A Monthey, cela m’a toujours impressionnée la peinture sur le tabernacle avec Marie qui tient son Fils au pied de la croix. Je me demande ce qu’elle a pu ressentir, quelle était cette foi qui l’animait à ce moment de sa vie.

A la messe, il y a aussi les gens autour de moi qui prient comme moi. Ils ont ce même besoin, je pense, de sentir la présence de Dieu et de savoir que Dieu nous écoute. Bien sûr, chez moi aussi, Dieu est là. Mais chez moi, il n’y a pas cette sensation d’être entourée et de prier ensemble. Quelle chance d’avoir autant de messes par paroisse ! Dans d’autres pays ce n’est pas comme ça. Je ressors de la messe réconfortée et je m’aperçois que cela me fait du bien et j’y retourne chaque semaine.

Une fille de neuf ans

Propos recueillis par Nicolette Micheli

J’ai reçu la première communion cette année. J’attendais ce moment avec impatience ! Depuis mes trois ans, j’accompagne mes grands-parents à la messe le dimanche. Je pose beaucoup de questions. Ma grand-mère me répond et me parle de Dieu, de Jésus et des personnages de la Bible : ça m’intéresse beaucoup. J’ai demandé à maman d’être baptisée et j’ai reçu le baptême à huit ans. Pendant la messe, j’ai chanté deux chants de Sœur Agathe, car je l’aime beaucoup. Je l’ai rencontrée cette année au Festival des familles… c’était super ! Le dimanche, j’aime servir la messe et chanter. Parfois, je peux lire le psaume quand je me suis bien entraînée.

Agnès et Bernard 

Propos recueillis par J.-Michel Moix 

D’emblée, ils me montrent chez eux un crucifix de la chambre de madame, crucifix qui leur a été offert, 65 ans plus tôt, au jour de leur mariage ! Puis sur leur terrasse ils me désignent une croix, à peine discernable à l’œil nu, croix qui se découpe dans le ciel bleu au sommet d’une crête, croix installée par le passé par des habitants de Muraz, la croix de Bellevue ! Agnès évoque dans ses souvenirs l’époque où résidant à Muraz, elle se rendait à pied, chaque dimanche, à la chapelle d’Illarsaz, pour la messe dominicale où elle chantait à la chorale, trajet qui lui prenait bien une heure de temps. Et chaque soir, me confie Agnès, le couple obéit à un rituel : celui de prier en commun un « Notre Père » et un « Je vous salue Marie » ! Preuve, s’il le fallait encore, que la foi occupe une place importante pour eux. 

Par ailleurs, si la mémoire d’Agnès se montre un petit peu défaillante, elle ne manque pas d’humour : en se signant, elle me dit, voici le signe de croix du fainéant : « Mon Dieu, (la main sur le front) comment remplir celui-là (la main sur l’estomac), sans fatiguer ces deux-là (ces deux bras, en portant successivement la main à ses épaules) ? 

Autre petite anecdote : les initiales d’Agnès sont A. A. et les initiales de Bernard sont B. B. Ainsi lorsque lui s’est marié à elle, il a fait une B.A. (une bonne affaire) et elle, elle a fait une B.A. (une bonne action) ! 

Simone

Propos recueillis par J.-Michel Moix 

En quoi la messe (dominicale) est importante pour vous ? 
La messe nous aide à vivre la semaine qui suit (Simone confie cependant que lorsque des enfants font les lectures à la messe du dimanche, ça l’ennuie, car elle est malentendante, et malgré ses appareils elle a de la peine à comprendre les paroles). 

A la messe nous apportons nos difficultés. D’autres fois, je ne parviens pas toujours à bien prier. Et je si ne viens pas (à la messe du dimanche, pour diverses raisons), je la regarde à la télé. Mais là, je suis frustrée de ne pas pouvoir communier.

On me demande pourquoi je souris quand je reçois la communion… parce que c’est une joie. Il n’y a pas plus beau que d’aller prendre le corps du Christ.

Comment vivez-vous la prière au quotidien ? 
La prière c’est important. Si je n’avais pas eu la prière (dans les moments difficiles), qu’est-ce que j’aurais fait ? 

Le matin, en prenant le petit-déjeuner, je remercie le Seigneur de pouvoir manger… C’est surtout le soir que je prie, je remercie le Seigneur de la journée.

Je parle au Seigneur comme je vous parle. Je l’ai aussi « engueulé » lorsque mon mari était malade…

Par contre j’ai de la peine avec la Vierge et le chapelet. Je ne sais pas pourquoi. Quand je suis allée à Lourdes, je priais le chapelet. Durant le « Covid », je priais aussi le chapelet sur la chaîne KTO. Je m’adresse le plus souvent au « bon Dieu » ou au « Seigneur ».

Au cours de ma jeunesse (sur Lyon) ce qui m’a soutenue dans la foi, c’était de participer au patronage de la paroisse (les jeudi et dimanche après-midi, de 13h30 à 17h), on y apprenait à faire de la couture, on avait des partages d’évangile, on jouait, on prenait un goûter… ; c’était aussi des rencontres, une fois par semaine, de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) ; c’était encore, dans le cadre du Prado, de s’occuper de jeunes en difficultés.

Une grand-maman

Propos recueillis par Nicolette Micheli

Pourquoi je vais à la messe ?

Mais parce qu’Il m’attend. « II » c’est Jésus et j’ai rendez-vous avec Lui le dimanche à la messe.

Si vous avez un ami, vous passez du temps avec lui, vous l’appelez, vous lui rendez visite. Dans la prière, à la maison ou à l’église vous Lui parlez comme un ami parle à son ami. Je sais que je peux tout Lui dire, tout Lui confier, tout Lui demander. Et il me répond à travers les lectures du jour, Il m’interpelle, m’offre un programme pour resserrer nos liens, plus encore, Il se donne en nourriture dans l’hostie. Dans ce face à face, notre amitié grandit et je peux déceler sur son visage le bonheur que je Lui donne quand je Lui dis combien je L’aime. Voilà pourquoi dimanche prochain, j’irai à la messe parce que j’ai un nouveau rendez-vous comblant. De rendez-vous en rendez-vous jusqu’à la rencontre définitive le jour de ma mort.

Jeux, jeunes et humour – septembre 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

A la fin du chant du Sanctus, que signifie Hosanna ? *
Après l’offertoire, un dialogue se noue entre le prêtre et les fidèles pour introduire la préface. Elle se compose de trois parties : la reconnaissance de la louange au Père par la médiation du Fils, les motifs particuliers d’action de grâce et l’introduction au Sanctus qui se termine par : « Hosanna au plus haut des cieux. » Ces paroles ont été prononcées par la foule qui a accueilli Jésus comme le Messie le jour des Rameaux… avant de le crucifier ! Hosanna (« donne le salut ») signifie donc une acclamation de joie ou de victoire.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Cette histoire se passe dans l’armée suisse. Un jour, un lieutenant-colonel rassemble sa troupe et informe ses soldats en ces termes, avec un léger accent d’Outre-Sarine : « Messieurs, nous allons organiser un exercice d’envergure pour simuler une grande attaque avec tout ce que cela comporte. Tout le monde sera mobilisé et chacun devra se tenir prêt pour cette manœuvre exceptionnelle. Donc, demain matin, on attaque la Russie !
Y a-t-il des questions ? » Un bon petit soldat originaire du Gros-de-Vaud lève la main et dit : « Qu’est-ce qu’on fait demain après-midi ? »

Par Calixte Dubosson

Cheyres: une nouvelle croix de mission

La nouvelle croix.
L’ancienne croix.

Par Claire Moullet
Photos : André Bise

Sur un joli monticule surmontant le chemin de la gare de Cheyres, un socle de pierre entouré de deux oliviers porte l’inscription « Mission 1924 ».

Il supportait une une croix en bois avec un grand Christ, fruit de la semaine de prières et de célébrations de la mission paroissiale qui avait lieu à cette époque.

L’outrage des ans a pesé sur la centenaire pour laquelle une remise en état s’avérait compliquée et onéreuse. La paroisse a opté pour une nouvelle croix de bois, proposition entérinée par le Conseil de communauté.

Sortie de l’atelier de la menuiserie Roulin à Estavayer, la nouvelle croix, toute de sobriété, invite à lever les yeux. Elle épouse l’air du temps qui prône la simplicité et l’unité, avec le bois de nos forêts.

La messe suivie de la bénédiction prévue le samedi 6 juillet a dû être reportée au 31 août, à 18h, caprice de la météo oblige ! Le ciel sera sûrement clément pour le baptême étrennant la route vers 2124 !

Du changement au Conseil de gestion de Vionnaz

Par Vanessa Gonzalez
Photos : Vanessa Gonzalez, DR

Dans le diocèse de Sion, l’organe paroissial compétent pour l’administration des biens ecclésiaux se nomme le « Conseil de gestion » (Cogest).

Ce Conseil a pour cahier des charges l’administration de l’ensemble des biens de la paroisse qui comprend la construction, la rénovation, la gestion, l’entretien de la fortune mobilière et immobilière, les décisions sur les baux à loyer et, bien entendu, la bonne tenue des budgets et des comptes.

Pour rappel, les paroisses de Port-Valais, Vouvry, Vionnaz et Revereulaz sont rassemblées en secteur « paroisses du Haut-Lac ». Chacune de ces paroisses contribue financièrement à un fonds commun proportionnellement au nombre de catholiques inscrits dans leurs communes.

Par conséquent, une autre des responsabilités du Cogest de Vionnaz est de participer aux rencontres des quatre Cogest. Pour ce faire, le président du Cogest et le représentant de la commune sont envoyés pour discuter des budgets et des comptes du secteur ainsi que de la gestion des salaires des collaborateurs paroissiaux (prêtres et laïcs). 

Un tout grand merci à Jean-Luc Delseth, Philippe Guérin et Cindy Gisclon qui ont assuré cette mission avec générosité et engagement pendant de nombreuses  années. 

Un grand MERCI pour toute l’énergie investie ! La paroisse de Vionnaz vous en est très reconnaissante. 

Suite à ces départs, pour compléter l’équipe du COGEST composée de Jean-Paul Angeloz (caissier ad intérim) et de Raphaël Filliez (représentant de la commune), notre évêque, Jean-Marie Lovey a confirmé la nomination de Diego Gonzalez (président), Patrick Raboud (secrétaire) et Jean-Marc Hohenauer (membre). Ce conseil de gestion est maintenant prêt à apporter son aide et ses conseils au curé Patrice Gasser. 

QUI SONT NOS TROIS NOUVEAUX MEMBRES ? 

• Des maris et pères de famille entre 40 et 50 ans.

• Des passionnés, que cela soit dans leur travail, en famille ou dans leurs loisirs. 

• Des hommes qui s’engagent en Eglise pour les valeurs auxquelles ils croient, notamment le respect des autres, le travail et la foi. Sans imposer leurs croyances, ils veulent être des témoins d’une Eglise vivante qui participe aussi à la vie du village.

• Des hommes avec la tête sur les épaules qui savent que la tâche qui se trouve devant eux est ardue. 

Bon vent à cette nouvelle équipe !

«Je trouve qu’au niveau de notre paroisse il y a un dynamisme depuis quelques années qui est intéressant et j’espère que cela va perdurer. La cohésion entre les « anciens » et les « jeunes » est importante et doit être à mon sens au centre des efforts de la paroisse.» Patrick

«J’ai toujours eu à cœur de m’investir dans des sociétés locales où je vis, et m’engager en Eglise est pour moi l’occasion de vivre avec cohérence ma foi.» Jean-Marc

«Quand on m’appelé à intégrer le Cogest, j’ai été enthousiasmé par le challenge que représentent la gestion des finances et la création de projet d’avenir pour prendre soin de la paroisse de Vionnaz.» Diego

Sainte diplomatie

Les accords du Latran de 1929 ont entériné la souveraineté du Vatican, conférant à l’Eglise catholique une influence incontournable sur la scène internationale. Entretien avec Monseigneur Ettore Balestrero, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies.

Par Myriam Bettens | Photo: Jean-Claude Gadmer

Quelle est la mission de l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies ?
L’Eglise catholique est la seule institution religieuse au monde à avoir accès aux relations diplomatiques, comme cela est reconnu par le droit international. Les raisons de cette reconnaissance se trouvent dans l’universalité et la transnationalité de l’Eglise catholique et dans le fait que le Pape, contrairement à tout autre chef religieux, a une juridiction effective sur toute l’Eglise catholique. Le Saint-Siège est partie prenante de divers instruments internationaux [ndlr, conventions], il est membre ou observateur permanent dans les institutions spécialisées des Nations Unies ainsi que des organisations intergouvernementales internationales et participe donc activement à l’élaboration et aux travaux de l’Organisation des Nations Unies et des autres organisations.

Quel est l’avantage du statut d’observateur par rapport à celui de membre votant ?
L’ONU est une organisation avec une dimension politique dont les membres doivent prendre des positions politiques qui reflètent certains intérêts, parfois légitimes, mais toujours partisans. Ce positionnement est contraire à la dimension universelle et à la nature essentiellement spirituelle et morale du Saint-Siège. Il ne poursuit pas d’objectifs politiques ou économiques, mais uniquement religieux ou moraux, qui transcendent les limites géographiques des pays et des continents. De plus, en devenant membre, il ferait l’objet de nombreuses et pressantes demandes d’adhésion à des traités internationaux qui vont à l’encontre des positions de l’Eglise catholique et de la loi naturelle comme l’avortement ou l’euthanasie.

Quelle valeur ajoutée l’implication de la religion dans les affaires d’Etat offre-t-elle aux gouvernements ?
La religion a un effet sur les affaires des Etats, soit parce qu’elle est porteuse de valeurs auxquelles de nombreux citoyens s’identifient, soit parce qu’elle est un facteur de paix. En ce qui concerne l’Eglise catholique, le consensus est qu’il s’agit d’un acteur crédible, significatif et faisant autorité. Le Saint-Siège est, en ce sens, une autorité reconnue explicitement ou implicitement. De plus, bien souvent, les hommes et les femmes d’Eglise connaissent la réalité du terrain dans certains pays mieux que les institutions elles-mêmes, c’est donc un interlocuteur utile et fiable.

Comment contribuer à une interaction adaptée et efficace des religions, avec les objectifs et les activités des Nations Unies ?
La collaboration exige un respect partagé de la nature de l’homme, car c’est le seul dénominateur commun qui permette une rencontre efficace et profonde. Il faut en tout cas éviter de faire de l’ONU et de ses programmes une sorte de religion ou d’autorité morale incontestable. Quant à l’ONU, celle-ci ne devrait pas imposer aux religions de collaboration contraire à leurs propres principes et à ceux de millions de personnes qui y adhèrent. Par conséquent, la liberté religieuse devrait être considérée comme un droit, au même titre que les autres.

A l’échelle individuelle, nos sociétés sont aujourd’hui très polarisées. Quel rôle peut jouer la religion dans la paix, voire la paix sociale ?
La religion ne devrait pas faire de politique ni administrer la société, mais guider les gens vers Dieu. Elle change les cœurs et ce sont les cœurs des gens qui changent la situation. C’est cela qui les pousse à adopter de nouveaux comportements et à emprunter la voie de l’amour et du respect des autres hommes. Si la religion ne peut changer la vie d’une personne, alors elle ne sera jamais facteur de paix.

Bio express

Né à Gênes (Italie) en 1966, Mgr Ettore Balestrero a été ordonné prêtre en 1993. 
Il est entré dans le service diplomatique du Saint-Siège en 1996, puis a été nommé Nonce apostolique en Colombie en 2013, et ordonné évêque la même année au rang d’archevêque. En 2018, le pape François l’a nommé Nonce en République démocratique du Congo. 
Il a pris le poste d’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies en juin 2023.

Célébrations: quelques changements lors des fêtes

A l’image des chœurs mixtes, se rassembler pour célébrer fait sens ! L’église d’à côté, c’est aussi chez moi et une église pleine est forcément plus vivante et priante.

Comme déjà annoncé dans nos précédentes éditions, en raison de la diminution de nos prêtres dans notre paroisse, et ceci même si un nouveau vicaire dominical prendra le relais de l’abbé André cet automne, des ajustements d’horaires de messes seront inévitables.

Par Gérard Dévaud, au nom de l’équipe pastorale
Photo : Pierre Bondallaz

Comme le répète régulièrement Mgr Morerod, nous devons regrouper les communautés pour des célébrations eucharistiques plus festives et avec un plus grand nombre de fidèles.

Mais rassurez-vous : pour le moment, notre équipe pastorale n’entrevoit pas de grands chamboulements dans les horaires. Effectivement, il est important de maintenir une certaine régularité dans toutes nos églises et chapelles. Si depuis une année, les messes de semaines sont célébrées tous les 15 jours dans la plupart de nos communautés, la cadence des messes dominicales ne va pas changer pour le moment.

Près de chez moi, c’est aussi chez moi !

Par contre, il en est autrement au sujet des fêtes : mis à part la Toussaint où nous pouvons compter sur la présence de plusieurs prêtres ressortissants de la paroisse et d’agents pastoraux pour assurer la plupart des célébrations, nous devrons nous rassembler pour d’autres solennités. C’est déjà le cas depuis plusieurs années pour la messe du Jeudi saint qui est célébrée uniquement à la Collégiale et la messe d’ouverture de l’année pastorale – cette année le 22 septembre à Bussy – qui a pour objectif de réunir toute la paroisse.

Dorénavant, nous ne pourrons plus penser « clocher » individuel ni même « secteur » comme par le passé. Nous avons une seule paroisse et différentes célébrations proposées. Ce qui se passe à quelques kilomètres de chez moi est aussi chez moi ! L’Eglise n’est-elle pas universelle ? 

A Noël, à Pâques et à la Fête-Dieu : moins de célébrations

C’est ainsi qu’à Noël, nous aurons 2 célébrations des familles animées par les enfants, une messe de la veillée à 22h, 2 messes de minuit et 3 messes le 25 décembre. 

Un allègement identique pour les fêtes pascales, vu que nous ne pourrons compter que sur 3 prêtres… Et le dernier changement conséquent se verra lors de la Fête-Dieu : deux célébrations l’année prochaine au lieu de quatre jusqu’à présent, avec invitation aux enfants, aux chorales et à tous les fidèles à se regrouper pour célébrer ensemble !

Afin d’éviter de se perdre avec tous ces changements, nous pensons qu’il est bon qu’il y ait un endroit avec une certaine régularité d’horaires. C’est ainsi que, en principe (à part durant les vacances estivales et lors de certaines occasions exceptionnelles), vous pourrez toujours trouver une messe le dimanche matin à la collégiale.

Mais bien sûr, il n’y a pas que la messe ! Des temps de prières dans nos églises, lorsqu’il n’y a pas d’eucharistie, pourraient éventuellement être proposés… mais ceci est encore une musique d’avenir !

Malgré tous ces changements, restons unis, sereins et optimistes pour l’avenir, car l’Esprit Saint ne cesse de souffler et d’ouvrir de nouveaux horizons !

Un nouveau parcours baptême sur le Haut-Lac!

Par Stéphanie Reumont | Photo : Vanessa Gonzalez

Un projet passionnant et novateur voit le jour avec le lancement du tout nouveau parcours baptême sur le Haut-Lac. Cette initiative, qui a pris forme grâce à une réflexion profonde sur l’accompagnement des familles, prendra son envol lors de la première rencontre prévue le 24 août.

Jusqu’à présent, les familles désireuses de faire baptiser leur premier enfant devaient suivre une soirée de réflexion théologique, puis rencontrer le prêtre pour organiser le baptême. Ensuite, leur enfant recevait le sacrement du baptême entouré de ses proches et de sa famille, souvent en dehors de la messe dominicale.

Ce schéma, bien que traditionnel, ne laissait pas suffisamment de place pour l’échange, la discussion et l’établissement d’un véritable chemin de foi. Un petit groupe de réflexion a donc décidé de repenser cet accompagnement pour offrir aux familles une expérience plus riche et significative.

En repensant l’accompagnement prébaptismal, ce nouveau parcours offrira aux familles une occasion unique de se réunir, d’échanger sans jugement sur la foi et les changements qu’occasionne l’arrivée d’un enfant, de partager et de se préparer pleinement à ce moment important qu’est le baptême. En prenant le temps de cheminer ensemble, de poser des questions, de partager des expériences et de renforcer les liens communautaires, ce parcours vise à offrir une expérience plus profonde et plus significative aux familles qui souhaitent faire baptiser leur enfant.

Ce parcours sera animé par une équipe de laïcs formés, qui accompagneront les familles avec empathie et bienveillance.

La journée sera structurée en deux modules avec le matin un échange sur les changements de vie avec l’arrivée de bébé, la découverte de l’Amour de Dieu et un jeu Kahoot qui ouvre les discussions sur notre foi, nos croyances et nos espoirs. Un repas partagé à midi permettra de renforcer les liens entre les familles. L’après-midi, quant à elle, sera dédiée à l’exploration d’un texte biblique et les symboles du baptême ; un atelier créatif clôturera cette belle journée. 

Le 24 août marquera le début de cette belle aventure, où les familles pourront se retrouver, se connecter et se préparer ensemble à célébrer le sacrement du baptême. Ce nouveau parcours promet d’être une expérience enrichissante, pleine de sens et de partage, qui accompagnera les familles dans ce moment important de leur vie spirituelle.

Décors peints, chœur de l’église Saint-Jean-Baptiste, Corsier (Genève)

Jean-Louis Gampert propose une interprétation contemporaine d’un thème traditionnel.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Quel est le point commun entre les églises Saint-Paul à Cologny, Saint-Charles-Borromée à Avusy et Saint-Jean-Baptiste à Corsier ?
Ces trois édifices du canton de Genève accueillent un monumental décor peint dans leur abside.

Si la Déesis (= intercession, en grec) est une thématique artistique répandue dans le monde byzantin, c’est moins le cas du côté de l’Occident catholique. Dans la composition traditionnelle, saint Jean-Baptiste et la Vierge Marie entourent le Christ ressuscité qui tient un livre entre ses mains. Avec les saints et les apôtres, ils intercèdent pour le salut de l’humanité. 

Jean-Louis Gampert est, avec Cingria, un des membres fondateurs du Groupe Saint-Luc. Il a notamment étudié auprès de Maurice Denis. Comme ses illustres compagnons, il propose une interprétation contemporaine d’un thème traditionnel. 

Dans la partie haute de l’abside, le Christ trône dans les nuées. A notre gauche, mains jointes, Marie intercède. Légèrement plus bas, probablement pour indiquer une différence de dignité par rapport à la Mère de Dieu, Jean-Baptiste, à genoux, regarde dans notre direction.

Dans la partie basse, à notre gauche, nous reconnaissons : saint André, avec la croix caractéristique de son martyre ; saint Pierre, avec les clefs et la tiare que lui tend un angelot. A leurs pieds, saint Jean, jeune et imberbe avec un aigle. La jeune et belle femme aux cheveux lâchés est Marie-Madeleine. Une femme tient un grand livre, c’est Anne qui instruit Marie. Joseph tient le rameau fleuri qui, selon le protoévangile de Jacques, a permis de l’identifier comme époux de Marie.

A notre droite, depuis le centre : saint François de Sales, évêque de Genève et saint Maurice, vêtu comme un soldat romain. Un ange lui apporte la palme des martyrs et la couronne de laurier, rappelant ce qui s’est passé lorsque le bourreau a levé son épée. Le curé d’Ars est reconnaissable avec sa coupe de cheveux si caractéristique. A l’extrême droite, on trouve saint François d’Assise en bure. Devant, sainte Thérèse d’Avila avec le crucifix, combattant le démon qui souhaite l’attirer en Enfer et sainte Thérèse de Lisieux tenant les images de la Sainte Face.

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