
Etre à l’écoute des jeunes, un souhait souvent entendu dans notre Eglise ! Mais le constat est souvent le même : les forces manquent et les jeunes aussi… A la paroisse de Martigny, une pastorale à leur intention se révèle fort dynamique ! Immersion dans une soirée organisée à leur intention, comme celles qui ont lieu chaque dernier samedi du mois. Mais avant, un petit peu d’histoire s’impose…
Par Michel Abbet | Photos : Marion Perraudin, Simon Roduit et Michel Abbet
Au moment où le séminariste Simon Roduit effectue son stage dans la paroisse du coude du Rhône, il parcourt les différentes églises du lieu, au Bourg, à la Croix ou en ville et rencontre des jeunes « isolés », assistant à la messe au milieu de têtes grisonnantes… Il les aborde avec cette question : qu’est-ce que la paroisse pourrait faire pour toi ? Les réponses sont pour lui autant de pistes à suivre et de projets à concrétiser. Devenu prêtre et nommé vicaire de Martigny, il se met immédiatement à la tâche pour créer et renouer des liens avec des jeunes de la Ville et des paroisses avoisinantes. Assez rapidement, trois axes se dessinent :
A. Echanger ! Un des souhaits des jeunes était de pouvoir discuter entre eux de questions existentielles. En réponse à cette demande, « En quête de foi » a vu le jour, et la difficulté d’écrire (en un ou deux mots) agit comme un premier questionnement et un joli petit clin d’œil. Chaque 15 jours, le vendredi soir, une vingtaine de jeunes se retrouvent pour échanger sur un thème donné, préparé par l’un d’eux selon deux critères. « Que dit la Bible sur ce thème ? Et que dit l’Eglise à travers son catéchisme ? » Après avoir pris connaissance de ces positions, les jeunes discutent librement et confrontent la position de l’Eglise avec leur opinion personnelle. La présence du prêtre à ces réunions est perçue comme un « plus », mais elle n’est pas systématique, nous explique Charlotte Favre, responsable d’« En quête de foi ».
B. Chanter. Autre vœu des jeunes, pouvoir être actifs lors des messes en chantant ensemble. Un chœur d’adolescents a été formé au Bourg, dans un premier temps sous la responsabilité du prêtre. « Ce que je souhaite, dit Simon Roduit, ce sont des structures pas trop lourdes, ouvertes et le plus rapidement possible autonomes. » Chose faite pour le chœur des jeunes du Bourg ! Celui-ci, composé de jeunes de 13 à 17 ans très motivés, est désormais dirigé par Laurie Moulin et anime une messe par mois. « J’avais du souci au moment de reprendre la direction, dit-elle, car je pensais que les jeunes allaient arrêter si Simon ne participait plus. Mais la transition s’est bien passée, les jeunes sont toujours présents et l’ambiance est très sympathique. »
C. Se rencontrer. Autre désir souvent évoqué, surtout par les garçons, créer des activités où les jeunes peuvent se rencontrer en toute décontraction. Comment accéder à cette aspiration tout en conservant la foi comme signe de ralliement ? Une des réponses a été d’organiser un pèlerinage à vélo. Les JMJ en 2023 ont permis de concrétiser ce « rêve » et le magnifique pèlerinage à vélo de Saint-Jacques-de-Compostelle à Lisbonne reste un souvenir absolument inoubliable. Arno Giroud, un des responsables de l’organisation, se souvient avec enthousiasme de ces moments vécus entre jeunes de la région et des échanges enrichissants avec les jeunes du monde entier qui partagent la même foi. L’expérience a été si positive qu’un deuxième pèlerinage se prépare. Il conduira les cyclistes à Rome pour le jubilé des jeunes de l’année sainte en 2025.
Les rencontres des derniers samedis du mois
17h : les jeunes arrivent à l’église. Il reste une heure avant le début de la messe. Après une prière commune, place à l’organisation.
Un groupe de jeunes rejoint le chœur. Une heure ne sera pas de trop pour répéter ensemble et préparer ainsi l’animation musicale de l’office divin.
Un autre groupe se dirige vers la salle de Notre-Dame des Champs. Simon le rejoint et propose les différentes activités liées à la messe. En un tour de main, tout est réglé et chacun a choisi l’option qui lui convient : lecture, intentions de messe à rédiger ou messe à servir. Les autres s’occuperont de préparer le repas et la salle pour la soirée qui suit la messe.
18h : la messe commence. Dans les bancs, on remarque que toutes les générations sont représentées, de l’enfance à l’âge avancé. La présence active des jeunes dynamise l’office et leurs chants apportent fraîcheur et gaieté. La sortie de l’office est chaleureuse et plusieurs personnes en profitent pour faire causette entre elles ou avec le prêtre et le diacre. De leur côté, les jeunes sont déjà à table. Quelques minutes leur suffisent pour tout ratiboiser, dans une ambiance des plus détendues. On a l’impression qu’ils se connaissent bien, qu’une belle amitié voire davantage pour certains les lie. Puis Simon arrive : journée des médias oblige, un quiz a été préparé et les jeunes sont invités à se mettre en groupe, histoire de parler dans la bonne humeur des connaissances religieuses. La soirée se poursuit avec l’annonce des futures activités proposées spécialement aux jeunes et se termine officiellement, à 22h, par une prière commune à l’Eglise.
22h30 : certains évoquent la période des examens pour prendre congé, remettant certainement au mois de juin les prolongations qui peuvent durer jusqu’au petit matin… D’autres rejoignent la salle de Notre-Dame des Champs pour poursuivre leur rencontre. Parmi eux, des Entremontants, ce qui réjouit particulièrement le chanoine Simon…
Renseignements
Sur le site : https://paroissemartigny.ch, rubrique « Jeunes Martigny » ou sur la page Instagram « paroissemartigny ».





























