L’Observatoire du Vatican est né de la volonté du pape Grégoire XIII en 1578. Il souhaitait réformer le calendrier utilisé alors qui souffrait d’imperfections notoires dues à des mesures du temps et du positionnement des planètes approximatives.
Dès 1582, le frère jésuite Christopher Clavius introduit ce que nous appelons aujourd’hui le calendrier grégorien, toujours d’actualité.
L’Observatoire est placé sous la direction de l’ordre des Jésuites, décision qui perdure de nos jours.
Parmi les grands thèmes de recherche menés actuellement par l’Observatoire, citons la mécanique quantique, la cosmologie quantique, la biologie moléculaire et évolutive, les neurosciences.
Le directeur actuel est le frère Guy Consolmagno, prêtre, astronome et mathématicien.
Né en 1952, Guy Consolmagno est renommé dans la communauté scientifique pour ses travaux sur les corps célestes de petite dimension comme les astéroïdes et les météorites. Un des travaux scientifiques auquel il collabore est l’identification de l’objet astronomique dénommé Etoile de Bethléem : c’est-à-dire l’étoile qui guida les rois mages vers le berceau du Christ à Bethléem. Il est l’auteur de plus de 200 publications portant très haut le niveau d’excellence mondialement reconnu de l’Observatoire du Vatican.
Parmi ses ouvrages célèbres, les plus connus sont : « Donneriez-vous le baptême à un extra-terrestre ? », « La mécanique de Dieu : comment les scientifiques et les ingénieurs donnent un sens à la religion », « Le Chemin vers la Demeure de la Lumière ».
Pour mieux cerner la quête du frère Consolmagno, écoutons-le lorsqu’il nous déclare : « Dieu veut que l’Univers existe… cette volonté de Dieu se manifeste à chaque instant, dans l’espace et dans le temps. »
Les stagiaires spiritains se succèdent à la cure de Vouvry. Issus de l’Afrique, ils se forment à la « pastorale » du secteur du Haut-Lac, sous la conduite du curé. Dans quel cadre et dans quel but leur stage s’insère-t-il ? Réponse avec leur « maître de stage ».
Par le Père Patrice Gasser | Photo : DR
Parfait, Arnaud, Andrea, Abel, sont les noms de ceux qui auront atterri à Genève pour venir travailler à Vouvry. Le stage de formation pastorale s’inscrit après le temps du postulat (première découverte de la vie ensemble, de la prière et du partage des tâches quotidiennes), de la philosophie (étude des différentes réponses offertes au sens de la vie) et du noviciat (période initiale visant à structurer la vie spirituelle et à aider la décision d’entrer en communauté). Peu à peu, au rythme de ses rencontres et de ses expériences, le candidat à la vie spiritaine accepte le travail de Dieu sur lui et avec lui.
Il peut alors partir en stage pour une durée de deux ans dans une autre culture afin de voir comment on y vit et on y travaille, avec une autre langue… Il a fait ses premiers vœux avec la promesse de mettre Dieu à une place centrale dans sa vie, d’obéir à l’autorité religieuse, de partager ses biens au service de l’apostolat et de rester célibataire. C’est avant de faire la théologie que ces jeunes adultes voient la réalité de la vie avec d’autres façons de s’organiser, de fêter et de prier. Une expérience vitale pour la poursuite de leur cheminement…
A la fin de la vingtaine, ils ont tous un caractère bien différent : doux, affirmé, hésitant, fonceur, cordial ou têtu ; mais une chose les rassemble : leur amour du Christ et de l’Eglise et leur désir d’entrer dans la vie religieuse missionnaire. C’est l’apôtre Paul qui écrit dans sa première épître aux Corinthiens (12, 4) : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même esprit. » Pas facile de partir à 5’000 ou 10’000 kilomètres de chez soi pour se former…
Andrea est le dernier venu depuis la Tanzanie et Genève pour se baigner dans la langue française ; il apprécie le calme de la campagne et la beauté du Valais. Merci à tous ceux qui ont collaboré avec eux et ont pris du temps pour corriger leur français, stimuler leur créativité, soutenir leur joie apostolique ; vous avez contribué à leur formation. Dans quelques années ils deviendront prêtre ou frère spiritain et aideront, en Europe ou ailleurs, à l’évangélisation des jeunes de ce temps.
La situation a empiré ces derniers mois en Haïti. Depuis mi-février, le secteur dans lequel se trouve le Foyer Maurice Sixto (FMX), soutenu par l’Association les Amis d’Haïti, a été envahi par les gangs. Le FMS a dû être fermé pendant deux mois. Il a rouvert ses portes le 8 avril mais avec prudence bien sûr.
Par Bernadette von Niederhäusern Photos : DD
Environ 350 élèves et jeunes sont revenus (sur 450). Les enfants qui y étaient accueillis chaque jour ainsi que le personnel ont été directement impactés. L’insécurité a contraint certains à fuir leur domicile. Le comité de direction du FMS a tenté de garder des contacts avec tous et d’aider celles et ceux qui en ont le plus besoin.
C’est pourquoi les Amis d’Haïti ont alloué une aide d’urgence au foyer. Elle va être utilisée pour une contribution d’encouragement au personnel. L’évolution de la situation sur place rendra peut-être nécessaire une aide supplémentaire.
Un travail efficace en 2023
Dans ce contexte difficile, le Foyer Maurice Sixto (FMS) a pu maintenir une grande partie de ses activités durant la deuxième moitié de l’année dernière. En particulier, il a travaillé avec des jeunes en fin de scolarité. Il les a aidés à s’intégrer dans le marché du travail. Pour cela, le foyer a dispensé à ces jeunes des formations professionnelles courtes (maximum 3 mois). Il les a aidés à obtenir les documents d’identité indispensables pour fonctionner normalement dans la société. Il a accompagné certains dans la création de micro-entreprises. Plus d’une centaine de jeunes sont concernés par ces accompagnements. Vu que les déplacements sont difficiles, Nancy, responsable du projet, téléphone aux jeunes une fois par semaine et prend note de la discussion, de leurs avancées, de leurs difficultés et le FMS cherche avec eux des solutions si nécessaire.
Crise et espoir
Haïti se trouve actuellement dans une crise majeure. Les médias le relatent abondamment : effondrement de l’Etat, mainmise des gangs sur la plus grande partie du pays, crise alimentaire et sanitaire. Jeudi 25 avril, un espoir est né avec l’installation officielle du « Conseil présidentiel de transition » (CPT). La société civile est vigilante et proactive et ne sait pas si elle ose espérer…
Un témoignage
Nous vous livrons ci-dessous le témoignage d’une des bénéficiaires : « Les autres jeunes et moi, nous remercions les responsables du FMS d’avoir mis une accompagnatrice très dévouée pour nous booster et nous pousser à réussir. Elle est toujours présente lorsqu’on a besoin d’elle et elle trouve toujours un petit mot qui calme, une solution à nos problèmes avec l’appui du personnel du FMS. »
Appel à votre générosité
Nous en appelons à votre générosité pour soutenir, par un don spécial, l’équipe du FMS et les enfants. D’avance un tout grand Merci. IBAN : CH98 0900 0000 1715 6509 5
L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Cap ce mois-ci sur la médaille du Sacré-Cœur de Jésus. La porter, c’est rappeler l’amour immense et infini que le Christ a pour nous.
Les années de catéchèse auront peut-être permis de répondre à quelques questions et à connaître un peu plus Jésus Christ, mais le chemin de découverte est loin d’être fini !
Faire sa première communion n’est donc pas un simple rite social ni une célébration marquant la fin d’une année catéchétique. La communion est un don du Ciel qui guide l’enfance sur le chemin de l’Espérance.
Ces premières des communions marquent surtout un « commencement », un nouveau chemin de « communion » avec le Christ comme guide.
Les premières communions à l’église de Vouvry, le dimanche 5 mai.Les premières communions à l’église de Vionnaz, le jeudi de l’Ascension, 9 mai.Les premières communions à l’église du Bouveret, le dimanche 12 mai.
Une partie des membres de l’abbaye, devant l’oratoire de la confrérie, lors de l’assermentation l’année dernière de Philippe Marchello, premier non Staviacois.
Comme le veut désormais l’habitude, à chaque assemblée de la paroisse Saint-Laurent Estavayer, une confrérie locale est invitée à se présenter. En avril dernier, ce fut au tour de celle que l’on appelle maintenant l’Abbaye de Notre Dame du Mont Carmel. Son gouverneur, André Butty, a bien expliqué le tournant que prend ce mouvement religieux en s’ouvrant largement.
Le gouverneur André Butty durant son intervention devant l’assemblée paroissiale en avril dernier.
Par Claude Jenny Photos : Georges Losey, Claude Jenny
Cette confrérie est la plus ancienne d’Estavayer. Elle a été créée en 1655. Ses buts sont de vénérer la Vierge Marie, de connaître et d’approfondir les mystères de la Vierge Marie et, matériellement, de « soutenir dans la charité les mères de famille », ce que la confrérie fait en apportant principalement une aide au mouvement « SOS Futures mamans ». Elle dispose d’un oratoire sur la façade sud de la collégiale d’Estavayer.
Mais la confrérie connaît un souci d’effectif ! Ils ne sont que 12 membres actuellement. Pour attirer de nouveaux membres, le Grand Chapitre a avalisé des modifications des statuts qui font que, désormais, tout un chacun et chacune peut y adhérer s’il le souhaite ! Avant, il fallait être un homme et bourgeois d’Estavayer.
Première ouverture : l’accès aux femmes. Deux membres féminins ont déjà été acceptés – Mmes Marie-Christine Mota et Danielle Plancherel – et une troisième sera proposée par le Petit Chapitre (le comité) lors de la rencontre annuelle du Grand Chapitre qui se tiendra le 8 décembre prochain.
Deuxième ouverture : aux paroissiens et paroissiennes non bourgeoises d’Estavayer.
Et, troisième ouverture : la prise en compte de toute demande émanant d’une personne croyante domiciliée sur la paroisse Saint-Laurent Estavayer. Même la couleur du passeport n’est désormais plus un obstacle. Ce qui permettra d’accueillir un personnage bien connu à Estavayer qui n’a pas le passeport à croix blanche…
Donc une ouverture presque optimale en vue de trouver de nouveaux adhérents. Toutes les personnes intéressées à cette abbaye peuvent s’adresser au gouverneur André Butty au 026 663 35 73.
Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui leur tient à c(h)œur ? Regards croisés.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : Marion Perraudin, DR
Voici le troisième et dernier volet de notre triptyque « musique et liturgie ». Ce mois-ci, nous laissons la parole à Doris Sauthier, chantre et directrice du Chœur des Familles et Edmond Voeffray, organiste titulaire des orgues de Martigny.
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Doris : Le chant m’a habitée depuis mon enfance. Il m’a dévoilé ses différentes facettes et m’a fait apprécié toutes ses couleurs : profane, religieuse, classique, moderne. Quel que soit le groupe vocal, les notes de musique égrenées me vont toujours droit au cœur et me rendent plus humaine. Edmond : En tant que musicien professionnel, je vois chaque instant de ma vie habité par la musique. Travail personnel, enseignement, liturgies, concerts, administration, spéculation ou recherche occupent corps et esprit presque totalement.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Doris : Que la liturgie soit simple et belle et puisse rejoindre toutes les sensibilités. Pour certains, le silence dit Dieu, pour d’autres, c’est la musique ou le chant. Selon les générations, la musique chantée ou jouée sera méditative ou explosive, mais surtout porteuse de sens. Edmond : Que la musique favorise la vie d’une célébration. En ce sens, j’essaie de m’opposer à l’usage de musique enregistrée où un des acteurs de l’interaction interprète / auditeur est absent.
Qu’est-ce qui vous agace ? Doris : Qu’une personne mette son talent à disposition et que des remarques fusent… Trop haut, trop long, trop fort, pas assez ceci, cela… en oubliant qu’il n’est pas si simple de prêter sa voix, de se « dévoiler ». Edmond : L’envahissement du lieu sacré par la technologie. Après une longue journée devant un ordinateur, on peut désirer autre chose lors du service divin que de voir une publicité Microsoft projetée par erreur sur le buffet d’orgue ou entendre le bruit ridicule signalant la connexion de la sono…
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Doris : J’aime beaucoup les chants à Marie. Ils occupent une place privilégiée dans ma vie. Elle m’a accompagnée dans toutes les périodes décisives. Edmond : Dans l’absolu, celle que, après un long travail, je maîtrise au mieux. Ceux qui ont chanté de la polyphonie vocale connaisse le plaisir de pouvoir tenir son registre, alors imaginez la volupté de pouvoir mener seul les « quatre registres » en les habitant pleinement !
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Doris : A travers le chant et la musique, je me rapproche toujours plus de L’Essentiel (!). Il me remet en question sur ma façon d’être et d’agir. Il m’invite toujours plus à entrer en relation. Edmond : Contrairement à beaucoup d’autres religions, le catholicisme n’a pas développé de réticence excessive à l’utilisation de l’art musical même purement instrumental. L’Eglise a ainsi pris à son service les artistes. Loin de se laisser impressionner par les crises iconoclastes de la Réforme, l’Eglise a continué à miser sur le pouvoir des arts d’élever la spiritualité des fidèles et cela en dépit de certains textes de la Bible ou de certains Pères. Ainsi, pratiquer la musique dans des lieux tels que l’église de Martigny-Ville ou la cathédrale de Sion m’apporte des émotions toujours renouvelées.
Doris Sauthier dirige le Chœur des Familles, ici lors de la fête paroissiale en septembre 2018.
En écho au thème proposé par les Editions Saint-Augustin, trois parents s’expriment sur leur deuil suite aux fausses couches. Tous ont gardé une place pour leur enfant dans leur cœur de parents et dans leur famille.
Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR
Fausse couche, vrai bébé ?
Dans les années 90, on ne parlait pas du fœtus comme d’un enfant. Moi, je le considère comme un enfant. Après l’intervention, en salle de réveil, deux mondes se côtoient : j’ai perdu mon cinquième bébé et je pleure. La femme à côté s’étonne de mes larmes : elle vient d’avorter de son troisième. Je me suis sentie jugée et vraiment déséquilibrée ou anormale. Mes trois fausses couches ont été physiquement violentes, toujours avec une hospitalisation. C’est un deuil. Un vrai. « Se dire, c’est fini, il n’y a plus de bébé », c’est une première étape. Ni échographie, ni prénom, ni corps – on ne connaissait pas le sexe – je garde leur souvenir dans ma mémoire.
Mes enfants ont chacun leur place dans la fratrie. C’est important que ceux qui n’ont pas grandi font partie de la famille. Je ne supporte pas qu’on sous-entende que ce ne sont pas des enfants : ils ont été désirés, attendus – peu de temps mais attendus vraiment – et ils sont aimés. Je n’ai aucun doute sur le fait que Dieu les a accueillis auprès de lui.
Un jour, chez ma gynécologue, j’annonce que c’est mon sixième, puis je me reprends : j’ai quatre enfants à la maison. Et l’assistante m’a dit : « Oui, vous avez raison, c’est votre sixième enfant. » J’étais légitimée dans mon cœur de maman, j’avais enfin le droit de parler de mes bébés partis trop vite. Leur vie, si courte fut-elle, a enfin de la valeur.
Un deuil sans corps
Enceinte, je connaissais les statistiques sur les fausses couches. Pour moi, il n’y a qu’une seule statistique : 100 % de mon bébé est mort. Une copine m’a dit : « Tu peux en parler à ma sœur, elle l’a aussi vécu. » J’ai eu l’impression qu’un monde s’ouvrait à moi : tant de femmes ont connu cette douleur. Et moi, est-ce que j’étais une maman ? Ces échanges sans tabou m’ont aidée et soutenue.
Dans l’Eglise, on a des mots : la communion des saints, la vie éternelle. On reconnaît la vie dès sa conception, mais on n’a pas de rite pour ce deuil-là. J’ai eu besoin d’un geste. Alors j’ai acheté 13 fleurs pour les 13 semaines où j’ai porté cet enfant. Après une prière, je les ai jetées dans une rivière et je les ai regardées partir. Après ce rituel, j’ai retrouvé le sommeil. J’ai pu envisager sereinement une autre grossesse.
Papa concerné aussi
La première chose difficile, c’est l’annonce de la gynécologue. C’était à quelques jours de l’annonce officielle à la famille, c’était le premier petit-enfant de mes parents. On dit souvent que pour les pères, tant que le bébé n’est pas là, ce n’est pas concret. En fait, c’est faux : pour moi, j’avais déjà des projets, des idées de prénoms, un avenir avec ce bébé. Il y a déjà une présence remplissante. Le deuil que j’ai eu est perçu comme un fait divers par la plupart, alors que le deuil de la mère est reconnu de plus en plus.
Nous lui avons donné un prénom, nos enfants et nos proches le connaissent. J’ai écrit à mon bébé une lettre que j’ai lue durant une cérémonie d’adieu. Mon message a été particulièrement difficile à dire à travers les larmes, mais c’était un soulagement et un apaisement. Verbaliser marque l’absence, l’adieu, mais paradoxalement atteste de son existence et de son passage dans nos vies.
« Partis avant d’avoir aimé, avant même d’avoir eu la vie, pour exister » chante Pierre Bachelet. La réalité des grossesses non arrivées à terme est un phénomène douloureux qui peut creuser de profondes cicatrices chez celles et ceux qui doivent le vivre. « Nous vous avions tant imaginés, dessinés avec nos sourires, nos espoirs et nos soupirs… nous nous réjouissions de vous tenir dans nos bras. »
Toutes ces vies qui se sont éteintes avant d’éclore, que sont-elles devenues ? Où faut-il les chercher maintenant ? Sur les gouttes de rosée ? Sur les ailes du vent ? Qui saura nous le dire ? En attendant, nous devons apprendre à aimer toute vie : celle qu’il y a dans l’herbe qui pousse, dans la fleur qui s’épanouit, dans l’oiseau qui chante.
Ces petits êtres si désirés, si attendus, où sont-ils maintenant ? Notre foi en Dieu nous permet de croire qu’ils ont traversé la vie sans que rien ni personne ne les arrête et qu’ils ont continué sur leur élan : ils ne sont plus dans la mort, ils n’y reposent pas. Ils l’ont traversée puisque la mort n’est qu’un instant. Dès maintenant, ils vivent sans fin. Ils sont à jamais reliés à ceux qui les ont aimés dès le moment de leur conception. Leur envol n’est pas une absence, plutôt une flamme qui diminue d’intensité à nos regards, mais sans jamais s’étouffer.
Lorsque vous lirez ces quelques lignes, je serai probablement de retour de mon pèlerinage en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. Appelée à me mettre en marche, je suis partie du Puy-en-Velay à la mi-mars et je me suis mise à avaler les kilomètres de la Via Podiensis.
Un besoin de poésie – Je nourrissais cette envie de fouler la Via Podiensis depuis quelques années. A la fin de l’hiver, j’ai fait mon sac et j’ai commencé à marcher depuis le Puy-en-Velay. A cette période de l’année, les pèlerins se font encore très rares sur le chemin. Les paysages magnifiques se succèdent et les églises romanes qui les ponctuent me ravissent. Je marche parfois des heures, toute seule, sans côtoyer d’autres randonneurs. Chaque rencontre devient alors un événement. Je croise un paysan avec le visage aussi marqué que son champ. Il m’invite à boire un café. Lui non plus n’a pas interagi avec grand monde ces derniers mois.
Les rencontres chrétiennes – La vraie charité chrétienne se loge surtout dans les actes que les pèlerins posent entre eux. Nous partageons les mêmes galères physiques et logistiques. Les aléas de la météo nous cueillent tous équitablement. Quand l’un manque de quelque chose, l’autre pourvoit tout naturellement. Nous formons un vrai corps actif, une communauté mobile et avançons tous à notre rythme vers un but commun. Nous veillons au bien des autres, car nous nous sommes rencontrés dans le cœur. La beauté de ce chemin y prend sa source.
La légèreté de l’être – Au fur et à mesure du voyage, le sac semble s’alléger. Le corps s’habitue et la tête se vide. Il n’y a plus que les oiseaux à écouter. Je m’agite un peu car j’ai dû mal à simplement être et faire confiance. Le pèlerinage met l’emphase sur des problématiques déjà bien présentes dans nos vies et que nous nous efforçons de mettre sous le tapis. Pour ma part, c’est une Foi que je devais venir muscler, par cet effort physique et mental.
Si vous avez moins de temps et que vous souhaitez tout de même faire oraison, je ne peux que vous recommander chaudement les pèlerinages alpins organisés par l’Hospice du Grand-Saint-Bernard durant l’été.
Ce mois de mai va célébrer la collision des mères et des médias. Ce choc n’est pas nouveau. Il n’y a qu’à voir la place que certains objets prennent dans lesdits médias : avortement, inégalités sociales, AVS, pour n’en citer que quelques-uns. Mais ceux-là, ce sont ceux dont tout le monde parle.
Je voudrais apporter plus d’éclairage sur les souffrances dont on parle un peu moins, pour ne pas dire pas assez : infertilité, fausses couches et les interminables procédures d’adoption entourées d’un silence assourdissant. Ne sont-elles pas aussi, ces détresses, des cris des « Mater Dolorosa » ?
Je crois, moi, que l’éclairage de ces douleurs vient de leur exposition, ou non, aux médias. Surtout de l’audience que ces « informateurs » peuvent en attendre. Le danger, en invoquant des sujets qui font appel aux convictions, c’est qu’il ne peut y avoir de consensus… donc, soit je suis un immonde rétrograde, soit je suis un assassin. Valeurs contre libertés, c’est la porte ouverte à tous les clivages, aux intégrismes de tous bords. Pas de débats, pas d’échanges, pas de compromis : quelle pauvreté…
A celles qui revendiquent de pouvoir gérer leur corps, je répondrais que la liberté totale n’existe pas : on peut choisir de mourir, on ne peut pas choisir de naitre, comme on ne choisit pas d’être stérile. La liberté dont vous rêvez ne se trouve pas dans le droit de faire n’importe quoi. Cette liberté s’arrête où commence celle des autres. C’est peut-être une lapalissade, mais qui devrait trouver un écho encore plus fort chez nous, chrétiens. Le pape François va même plus loin : la liberté est dans le service. Ses paroles sont les prolongements ultimes de ce fameux adage.
Les arguments des défenseurs de la vie « à tout prix », ils sont connus de tous et toutes. Admirables sur le fond, ces valeurs ne peuvent et ne doivent pas être imposées. Car imposer c’est déjà juger, juger c’est contrôler et parfois même punir. Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de m’opposer à ces valeurs chrétiennes, il s’agit juste de les hiérarchiser : aimer avant de légiférer, servir avant d’ordonner. Pour éviter de répéter les haines de l’Histoire… Pour oser un nouveau chemin plus… apaisé. Bonne lecture.
Chaque minute, quarante-quatre femmes subissent une fausse couche dans le monde. Au niveau suisse, les estimations avancent qu’une grossesse sur quatre serait concernée. Malgré cela, le silence autour de cet événement douloureux et les lacunes dans l’accompagnement persistent.
Par Myriam Bettens | Photos : Micaël Lariche, Flickr, DR
N’allez pas dire à Natacha, Alice, Cynthia, Lauren et bien d’autres qu’elles viennent de perdre du « matériel gestationnel ». Pour elles, c’était déjà un enfant à naître et des projets en construction. Or, le terme même de « fausse couche » tend à signifier que ce qu’elles ont vécu n’est pas si « vrai » que cela et donc d’une importance moindre. La perte est pourtant bien réelle. Alors, qu’y a-t-il de « faux » dans cette épreuve ?
Des pertes inexistantes
Fausse couche, avortement spontané, perte de grossesse : ces termes évoquent une même réalité, tout en divergeant sur son acception. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), aucun consensus n’existe entre les pays sur la définition de la perte de grossesse. En Suisse, elle est circonscrite par le cadre légal, dont les implications se font ensuite ressentir dans les autres aspects de la prise en charge. Lorsque le fœtus meurt avant la 13e semaine, on parle de fausse couche précoce, la complication la plus courante du début de grossesse. Or, « la fréquence et le manque d’explication médicale à ces pertes précoces les banalisent », indique Caroline Chautems, chercheuse postdoctorante au Centre en Etudes Genre, à l’Université de Lausanne. Il n’existe d’ailleurs aucune statistique sur le pourcentage de fausses couches parmi la population suisse. Les estimations avancent qu’une grossesse sur quatre serait concernée. « Les hôpitaux et les gynécologues ne sont pas tenus de les répertorier. Les chiffres sont donc largement sous-évalués » pour Aurélie Pasqualino, fondatrice de l’association Naîtr’Etoile, qui soutient les familles touchées par un deuil périnatal. Un manque de données doublé d’une sous-investigation des arrêts de grossesses dans la recherche scientifique, selon Caroline Chautems, notamment à cause du désintérêt durant de nombreuses années des questions sexuelles et reproductives des femmes. De plus, l’individualisation de la responsabilité prônée par notre société implique que l’enfant est devenu un choix. Aux familles d’assumer lorsque cela ne se passe pas comme prévu.
La grossesse est une maladie comme une autre
Le cadre légal en vigueur en Suisse se charge de le rappeler. Pour la Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), les grossesses se terminant avant la 13e semaine sont soumises au même régime que la maladie et ne sont remboursées qu’à concurrence de la franchise et de la quote-part. « Avant trois mois, votre grossesse est une maladie », illustre Marie-Laure, ancienne employée d’une assurance maladie. Elle a depuis quitté ses fonctions, ne supportant plus ce sentiment d’asséner à longueur de journée des articles de loi à des femmes en pleine détresse. Du côté professionnel, la maternité a encore des répercussions sur la carrière des femmes. Elles n’évoquent donc souvent pas leur grossesse sur leur lieu de travail avant trois mois et prennent sur leurs congés lors de la survenue d’une fausse couche, car la loi n’accorde aujourd’hui aucun congé en cas de perte de grossesse avant la 23e semaine. « C’est une affaire de santé publique qui se doit d’être débattue politiquement », affirme Sabine Cerutti-Chabert, cofondatrice de la Fondation pour la Recherche en Périnatalité (FReP). Or, « en Suisse, la famille est perçue comme une affaire privée. Le contexte néolibéral appelle à la responsabilisation individuelle », complète Caroline Chautems. Néanmoins, trois interventions parlementaires, acceptées en 2020 et 2023, sont en consultation au Conseil fédéral afin de réfléchir à l’instauration d’un congé payé en cas de fausse couche et à la gratuité des prestations pendant toute la durée de la grossesse. Un pas pour accroître la protection des femmes enceintes.
Maux compte triple
« Le problème est de nature sociétal », avance Aline Wicht, sage-femme en obstétrique aux HUG et membre du Groupe Deuil, une équipe de travail multidisciplinaire réunie autour du deuil périnatal. « Les gens sont mal à l’aise avec la mort, surtout lorsqu’elle vient contrarier le début de la vie. Cela vient rompre toute logique. » Et le personnel médical ne fait pas exception à cette règle, « d’où l’importance d’avoir un personnel formé au deuil aussi pour les fausses couches précoces ». La mort pose aussi des limites à la médecine. Dans le cas des fausses couches précoces, on sait qu’elles sont fréquentes, mais on ne peut pas en expliquer la cause avec certitude. Il faut donc « soutenir sans chercher à être dans l’action, mais dans l’accueil ». Or, puisqu’il n’y a pas d’acte de soins à prodiguer et n’étant pas considérée comme une complication « à risques », cela tend à banaliser cet événement dans la prise en charge médicale et aussi aux yeux des patientes. Quant à l’entourage, il n’est pas mieux outillé pour accueillir ce type d’incidents. Les « tu en auras d’autres » ou les « mieux vaut maintenant que plus tard » sont alors perçus comme une minimisation de la douleur rendant la perte illégitime.
Un deuil fantôme
Pour que la perte puisse être vécue comme telle, encore faut-il que celle-ci soit reconnue et identifiée. Une condition mise en échec par l’organisation même des hôpitaux. Avant 13 semaines, les femmes enceintes passent sous les radars, ce que confirme Aline Wicht pour les HUG en notant qu’il en va certainement de même dans les autres hôpitaux romands. Jusqu’à 12 semaines, les femmes sont généralement prises en charge par la gynécologie, ce n’est qu’après ce terme qu’intervient le service d’obstétrique, dans lequel peut leur être proposé un soutien quant au deuil qu’elles viennent de vivre. La possibilité d’un accompagnement psychologique ou spirituel n’est donc pas conditionnée par le besoin des patientes, mais par le stade de leur grossesse. Un état de fait à corréler avec le délai légal de 12 semaines pour recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Un changement de statut des 13 premières semaines risquerait de remettre en cause ce droit, de l’avis d’une gynécologue et de plusieurs sages-femmes.
Donner corps au deuil avec l’aide de l’Eglise
La compréhension du deuil périnatal n’étant pas unanime, les mères se retrouvent face à une interprétation à géométrie variable de leur souffrance, car pour beaucoup, lorsqu’il n’y a pas de corps, il n’y a pas non plus de deuil. Outre les associations qui existent pour épauler les familles se retrouvant très souvent seules face à ces questions, quelques initiatives ecclésiales ont vu le jour en Suisse romande, dont une dans le Jura. « Il y a trois ans, j’ai réalisé le désarroi et la solitude de ces parents. Cette thématique est devenue mon cheval de bataille », révèle Philippe Charmillot, diacre pour le Jura pastoral. Avec ses homologues réformés, il a donc pris à bras le cœur la condition de ces parents endeuillés, quel que soit le stade de grossesse. Ils ont mis à disposition une chapelle à Develier-Dessus où les parents peuvent « déposer » ce qu’ils souhaitent et participer à une célébration œcuménique annuelle d’au revoir. Une ligne téléphonique est également à disposition, permettant aux parents de trouver informations et réconfort. La mobilisation des diacres et ministres jurassiens ne s’arrête pas là. Ils ont aussi interpelé les gynécologues et les médias de la région pour les sensibiliser à la question. Comme le glisse une des mères, c’est une manière de matérialiser, « ces enfants qui nous traversent, mais que l’on n’oubliera jamais ».
Cette enquête est réalisée avec le soutien de JournaFonds. La version longue de cette enquête est accessible en ligne sur Cath.ch
Les rituels permettent de faire exister et rendre visible la perte d’un être, qui n’a souvent laissé
de souvenirs que dans la chair de la mère.
La non-reconnaissance de la perte est influencée par l’immatérialité de l’événement.
Alors que l’âme et le corps saignent, la société intime à la mère en deuil « d’aller de l’avant ».
Ils n’étaient familiers ni des scènes, ni des coulisses et pourtant ils ont assuré au spectacle écrit par Benjamin Bender et Aline Bonvin, une qualité et une profondeur exceptionnelles ! Certains d’entre eux reviennent ici sur cette expérience unique qui les a mis… face à eux-mêmes !
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : Pierre Daendliker
Sandrine Volluz, musicienne du projet : « Face à toi-même », c’était d’abord l’occasion rêvée de refaire de la musique avec Laurine. On se connaît grâce au chant et voilà que je me retrouve à jouer sa musique à l’alto. C’est quelque chose de se retrouver avec un micro dans le pavillon pour jouer la musique tout droit sortie du cœur d’une amie – Je ne vous explique même pas la pression – et c’était magique ! Je suis toute reconnaissante de cela… mais aussi d’avoir débarqué, un peu par hasard, parmi un petit groupe d’inconnus (ou presque) et de repartir avec l’impression d’avoir lié de solides amitiés que quelques (longues) journées de répétitions et quelques heures de spectacle ont permis d’enraciner aussi profondément que des années de souvenirs accumulés. Je me souviendrai longtemps des petites impros jazzy entre deux pics de trac, des joyeux échauffements avant l’entrée en scène, et, bien sûr, de Prosper. Youplaboum !
Jeanne Gabioud, comédienne du projet : « Face à toi-même », ç’a été pour moi une belle aventure. Je garde plein de souvenirs en tête et plein de belles rencontres ! Ce qui était beau c’est qu’on s’est soutenu tout le long. On était ensemble et on se sentait porté par le groupe ! Ce genre de projet apporte toujours de la confiance en soi. C’est un bon exercice pour apprendre à être sur scène devant un public ! C’était très enrichissant mais aussi exigeant et pas toujours facile ! Ce spectacle prend encore plus de sens et d’importance lorsque l’on constate qu’il a été joué lors d’un week-end dramatique en montagne… Et bien sûr, c’est une grande satisfaction et une grande fierté d’avoir participé à ce projet, de se présenter sur scène et de recevoir des compliments…
Manon Berthouzoz, comédienne du projet : « Je marche sur le banc pour aller mettre le deuxième quand, « pan », je me tape contre l’angle du panneau solaire » : cette phrase tirée de la pièce « Face à toi-même » résonne encore en moi. Comment en suis-je arrivée à jouer dans cette pièce de théâtre ? J’avais vu passer, sur les réseaux sociaux en été 2023, un petit flyer qui expliquait le projet. Ça m’avait l’air très sympa ! Et c’est vrai qu’il y a plusieurs années, j’avais noté cette idée de faire du théâtre un jour si l’occasion se présentait. Je me suis donc inscrite pour cette incroyable aventure. Quand Aline Bonvin et Benjamin Bender nous ont expliqué un peu plus en détail le projet – la pièce en trois actes, la fréquences des répétitions, le lieux où nous allions jouer – et que nous allions être dotés de micros, j’ai eu des étoiles plein les yeux. Nous avons eu six mois d’intenses répétitions pour arriver jusqu’au jour du spectacle et il faut dire que j’ai apprécié chaque instant. Cette aventure m’a fait grandir, j’y ai découvert plein de facettes de ma personnalité. Chacun-e e m’a « portée » d’une manière ou d’une autre. C’était aussi une aventure collective et bienveillante, nous étions soudés les uns avec les autres et nous avons aussi beaucoup rigolé. J’y ai rencontré des personnes formidables tant chez les comédiens amateurs que chez les chanteurs, les musiciens et l’équipe technique. L’ambiance était super ! Benjamin et Aline nous ont mis en confiance. J’ai vraiment ressenti toute la passion qu’ils ont pour leur métier de comédien et, grâce à toute l’équipe, j’ai mieux compris le monde artistique et celui du théâtre. Ils ont su me faire comprendre l’importance des mots qui sont portés sur la scène et ça m’a touchée. Quand nous avons joué le spectacle, j’étais très contente de pouvoir voir le public, de pouvoir faire entendre les magnifiques textes qui parlent de la montagne et de redire ce que quelqu’un a personnellement réellement vécu. Ces mêmes textes qui, pendant six mois, m’ont touchée et tant de fois interrogée. Je remercie toute l’équipe de « Face à toi-même », ainsi que toutes les personnes qui sont venues voir ce spectacle.
Barnabé Gard, chanteur du projet : Je chante depuis mon enfance et, pour moi, le chant est un moyen d’expression privilégié aux vertus thérapeutiques et stimulantes. Peu d’activités me font ressentir autant de plaisir. Sauf peut-être quand la musique se mêle au théâtre. Pour moi, l’expérience de « Face à toi-même » a été vraiment unique ! La musique a donné beaucoup de force au texte déjà touchant des témoignages. Non seulement participer à cette création a été un vrai plaisir, mais ç’a été une de ces expériences dont on ne ressort pas le même. Un grand merci à Aline, Laurine et Benjamin pour avoir entièrement composé et monté ce spectacle.
Léa Surmont, comédienne du projet : Quand je me suis engagée dans cette aventure, je n’avais jamais mis les pieds sur scène et encore moins parlé devant autant de gens. Je me suis souvent demandé : « Pourquoi donc t’être lancée là-dedans ? » Maintenant, je répondrais simplement pour tout ce que va t’apporter cette expérience : rencontrer des gens formidables, apprendre un texte par cœur, apprendre à le jouer sous l’œil bienveillant de deux brillants metteurs en scène, prendre conscience de son corps et de sa situation dans l’espace. C’était simplement beau et touchant. Ce sont des moments gravés à jamais dans mon cœur. Merci à toutes les personnes qui ont fait partie de l’aventure et qui m’ont soutenue dans toutes ces étapes.
Sandrine Volluz (2e depuis la droite), avec les trois autres musiciens du projet.
Au centre, Jeanne Gabioud et tout à droite, Manon Berthouzoz.
Léa Surmont, comédienne du projet.
Barnabé Gard, 1er chanteur à gauche de la directrice et compositrice de la musique, Laurine Moulin.
Voilà bientôt deux mille ans que cet évènement, fondamental dans l’histoire de l’humanité dont il changera le cours, est célébré de façons très diverses selon les différentes cultures populaires, les sensibilités religieuses ou la foi des uns ou des autres.
Parmi nous, malgré la diminution considérable des fidèles, beaucoup continuent à commémorer la Résurrection du Christ dont ils proclament la signification essentielle, passablement occultée par les coutumes qui se sont greffées au cours des siècles.
Puissent-ils éprouver la même joie intense que les amis de Jésus lorsqu’ils ont compris qu’il était vivant et l’ont reconnu, ou tout simplement connu tel qu’il était vraiment : Fils de Dieu que la mort ne pouvait faire disparaître, révélant au contraire son immortalité !
Une joie enthousiaste (dans son sens profond : d’inspiration divine !), car cette Résurrection, fondement de notre foi chrétienne, est une introduction à une vie spirituelle qui dépasse nos limites mortelles et une promesse de faire de nous des vivants dans l’éternité ! Et qui surtout nous prouve, après la Passion dramatique que Jésus a subie avec courage et détermination malgré ses souffrances, que nous pouvons avoir une confiance totale en Lui !
Il nous a promis qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps et Il a continué jusqu’à nos jours à se manifester de diverses façons, que ce soit à Paul de Tarse, à François d’Assise ou à tant d’autres, en se faisant connaître ou reconnaître comme lors de sa Résurrection afin que la Foi en Lui vive et éclaire le monde.
Réjouissons-nous donc de cet évènement exceptionnel qui nourrit notre Espérance d’une vie dans un Royaume de Paix et d’harmonie, ici et maintenant et pour l’Eternité !
Et témoignons-en, notamment à travers la messe dominicale : n’est-elle pas célébration du Christ vivant ? Puissions-nous en faire une manifestation joyeuse de la certitude que Pâques a forgée en nous et que l’Eglise est chargée d’annoncer !
Marie Mère de Dieu pleure la mort de son fils Jésus au Golgotha. Elle est restée jusqu’au bout, avec sa sœur Marie, la femme de Cléophas, avec Marie de Magdala et avec Jean : Stabat Mater, chantent Pergolesi et bien d’autres compositeurs, en des accents si poignants.
La voyant, le Christ lui confie comme « fils de substitution » le disciple qu’il aimait : « Femme, voici ton fils. » Il la remet à Jean : « Voici ta mère », pour que celui-ci la prenne chez lui (19, 26-27).
La Vierge pleure également avec toutes ces femmes qui perdent leur enfant dans leur ventre, elle qui a porté le Fils de Dieu en son sein. Combien de mamans font des fausses couches, dont on parle si peu, hélas, et dont on fait « comme si de rien n’était ». Alors que ce sont des êtres humains à part entière !
Jésus-Christ s’identifie à chacun de ces bébés, qui sont tissés à son image. Toutes ces pertes constituent de véritables deuils. Je trouve extrêmement dommageable que le Rituel actuel des funérailles de l’Eglise catholique-romaine ne comporte pas de séquence pour les fausses couches, les enfants décédés avant terme ou mort-nés.
Combien cela peut consoler et soulager de nommer le petit, de l’inscrire dans le livre d’or de la famille, de vivre une célébration d’obsèques pour lui. Pour l’avoir pratiqué à plusieurs reprises, je puis vraiment attester du bienfait que cela procure ?
Le Magistère ecclésial qui prône tant le respect de l’existence humaine dès sa conception – à juste titre d’ailleurs – ne devrait-il pas relever davantage ces situations et leur octroyer l’accompagnement pastoral, spirituel et liturgique qu’elles réclament ?
La Mater Dolorosa pourrait servir de figure protectrice pour les mères si profondément affectées. A la paroisse de Savièse, nous disposons d’une chapelle dédiée à Notre Dame des Corbelins, c’est-à-dire les « corbeilles » où les familles en pleurs apportaient leurs enfants mort-nés. Sa fête patronale est célébrée le 8 septembre, à la Nativité de la Vierge.
Des motifs colorés retrouvés sous les plâtres ont été restaurés.
Par la CoCom et le CoGest de la paroisse de Bovernier Photos : Gérard Puippe
Après plus d’une année de travaux en profondeur, nous nous réjouissons de vivre ensemble l’inauguration de l’église de Bovernier, qui aura lieu le jour de la Fête-Dieu, jeudi 30 mai 2024. Vous êtes toutes et tous les bienvenus à cette fête qui réjouira toute notre communauté.
Nos comptes ne sont pas encore équilibrés et, si vous souhaitez nous aider à le faire, envoyez votre soutien à l’aide des coordonnées bancaires ci-dessous.
Au plaisir de vous rencontrer dans notre église fraîchement rénovée.
Pour vos dons : Banque Raiffeisen Entremont, IBAN : CH56 8080 8008 9688 3870 4 En faveur de : Rénovation de l’église de Bovernier, Rue de l’église, 1932 Bovernier
On ne les voit pas ou on ne veut pas les voir. Ils sont parmi nous, mais à l’écart. Des « semblables » dont l’identité n’est constituée que de leur différence. Ces (in)visibles étaient au cœur de deux soirées témoignages organisées dans le cadre du projet Salomon 2024. Celui-ci explore durant une année la thématique de Salomon et de son jugement, ainsi que les divers sujets éthiques, théologiques et spirituels qui s’y rapportent.
Dessin du flyer de la soirée témoignage réalisé par Oscar, un immigrant colombien qui a souhaité, par cette réalisation, « rendre la pareille » à ceux qui l’ont soutenu à son arrivée en Suisse.
Par Myriam Bettens Photo : Oscar
« Je dois rendre gloire à Dieu, car c’est grâce à Lui si je me trouve ce soir devant vous ». Vêtu d’un pull à capuche blanc, d’un jean et de tennis bleues, la voix mal assurée de Jean-Yves contraste avec sa stature. Et pour cause, avant de se trouver face à la petite assemblée venue écouter son témoignage au Temple de la Servette, le jeune homme a connu quinze ans d’invisibilité. « En 2008, j’ai rencontré le Diable », poursuit-il. Pour lui, le diable, c’est la drogue. Une spirale infernale commence alors pour Jean-Yves, entre internements psychiatriques et incarcération. Il est alors en prison et s’adresse à Dieu « en Lui demandant de redevenir visible ». Aujourd’hui, dit-il, « je peux m’asseoir à la même table que ceux qui m’ont enfermé, invisibilisé » et il tente d’en aider d’autres à retrouver le chemin de la visibilité.
« Cette soirée thématique s’inscrit autour du récit du roi Salomon et de sa justice », indique Alexandre Winter, pasteur réformé et modérateur de la rencontre. Interpelés par les organisateurs du projet Salomon 2024, l’Espace Pâquis, l’Aumônerie Œcuménique des prisons et l’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des Requérants d’asile et des Réfugiés (AGORA) se sont unis pour réfléchir à la manière de témoigner de ce que peut signifier d’être aujourd’hui (in)visible, (in)audible et (in)juste. Ils ont donc choisi de donner la parole et de porter la voix de personnes prisonnières, requérantes d’asile ou sans statut officiel.
Entre intermèdes musicaux et témoignages, d’autres intervenants se relaient au micro. Une lectrice présente, par exemple, l’histoire du jugement de Salomon du point de vue de sa mère, Bethsabée. « Salomon a demandé à Dieu l’entendement et le discernement pour gouverner avec droiture son peuple. Il est garant de la paix auprès de ses sujets, même ceux qui semblent invisibles. » Luis Velasquez, quant à lui, côtoie une autre forme d’invisibilité à l’Espace Pâquis, dont les locaux se trouvent au Temple de la Servette. Chaque jour, l’association accueille environ deux cents personnes ayant toutes des demandes en lien avec la précarité ou l’immigration, que cela soit pour des leçons de français, une aide à la rédaction de courriers officiels ou des cours d’informatique. D’ailleurs, ce soir-là, il traduit les propos d’Oscar, immigrant colombien et artiste tatoueur qui a réalisé le dessin de l’affiche de l’événement. « Nous serons les bâtisseurs d’une histoire fantastique », conclut sobrement Oscar.
Le projet Salomon 2024 : question de justice
L’histoire de Salomon et le récit biblique de son jugement « interpelle les pouvoirs de tous les temps, la manière de l’exercer et les risques d’en abuser. Il interpelle aussi la justice, son rôle et sa possibilité de révéler la vérité. En ce sens, ce personnage d’un autre temps questionne notre rapport au pouvoir et à la justice, le rôle de l’autorité et toutes les questions en lien avec la quête de la vérité », indiquent les organisateurs du projet.
Au cœur de la démarche, la pièce de théâtre CRI ! Le Jugement de Salomon sera présentée à l’automne 2024 et les thématiques qui lui sont liées seront abordées dans des ateliers variés jusqu’à la présentation de la pièce. Plus d’informations sur salomon2024.ch
Extrait du Stabat Mater dans un manuscrit du XVe siècle, tercets 11-16.
… pour la récitation du Stabat Mater dolorosa, dixit Innocent XI. Cette hymne déployant les émotions incommensurables d’une mère, Marie, devant son fils agonisant a connu un parcours des plus mouvementés pour entrer dans le canon des prières officielles de Rome : en effet, les pontifes l’ont tantôt interdite, réhabilitée ou modifiée.
Ses vingt strophes ont mis du temps à mûrir, ayant une origine dans une théologie du XIIIe siècle où un certain dolorisme était encensé religieusement pour consoler et encourager la vie rude des fidèles, peut-être.
… puis interdite…
Ecrit par un Pape ou un Franciscain (origines incertaines donc), ce chant religieux a fait office de tube, notamment dans les campagnes, jusqu’au XVIe siècle, avec même des traductions en allemand, en français et en… néerlandais ! C’est à Cologne qu’il devient l’hymne de la nouvelle fête de la Compassion de la Vierge Marie (1423) et qu’il y est ensuite interdit (1538). Interdiction reprise par… le Concile de Trente et son ouvrage liturgique par excellence, le Missel Romain selon Pie V !
… puis repermise…
Benoît XIII change le nom de la fête de la Compassion de la Vierge Marie en Fête de Notre-Dame des Douleurs, en latin Beata Maria Virgo Perdolens ou… Mater dolorosa, une fête portée par l’Ordre des Servites autorisé à répandre l’hymne comme « chant fédérateur », qui a été enrichie d’un paragraphe écrit par le même pape Benoît : « Quel est l’homme qui ne pleurerait s’il voyait la Mère du Christ dans un si grand supplice ? »
… et finalement facultative !
Même si Innocent XI lui attribue cent jours d’indulgence (1681), repris par Pie IX (1876), le Concile Vatican II remet tout en perspective : elle devient facultative… C’était sans compter le monde de la musique qui s’en est emparé à toutes les périodes de son histoire : baroque (Scarlatti, Vivaldi) classique (Haydn), romantique (Rossini, Schubert, Verdi), contemporaine (Poulenc, Pärt, Hersant). Comme quoi, même une hymne peut rebondir !
Tel le souffle d’une brise douce et légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle créateur de l’Esprit de Vie, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Déverse sur nous les rayons de son amour, Pour que grandissent et fleurissent la paix et la charité.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle de force de l’Esprit de Pentecôte, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Nous réveille de nos torpeurs et de nos peurs, Pour faire de nous des témoins du Christ Vivant ayant un cœur brûlant.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle d’amour de l’Esprit promis par Jésus, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Nous ouvre à des gestes et à des paroles de pardon.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle de joie de l’Esprit de Pentecôte, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Réveille en nos vies un chant de louange et de merci à la gloire de notre Dieu.
Viens Esprit Saint souffler sur notre terre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Viens Esprit Saint nous donner la douceur et nous pourrons tendre la main au lieu de juger et de condamner. Viens Esprit Saint nous donner la joie et nous pourrons distribuer la fête à ceux qui ont perdu l’espoir. Viens Esprit Saint faire danser dans les cœurs des vivants le feu de l’amour de Dieu.
La dernière des messes en familles, à Vandœuvres, conclue par une excellente soupe de Carême, appréciée par petits et grands. Un temps convivial et très bien organisé par Sabrina, Conchita, Anna et les « mains dans l’ombre ». Dans notre UP La Seymaz, nous aurons OSÉ une nouveauté cette année pastorale 2023-2024 : des Messes en familles en SEMAINE, pour rejoindre les petites communautés de Choulex, Vandœuvres, Puplinge et même Presinge. Au grand dam de certain.e.s qui nous ont partagé leur scepticisme. Comme quoi, s’il faut s’écouter pour s’entendre, on n’est pas obligé d’obéir au « on a toujours fait comme ça » : innover fait partie de la PASTORALE, on appelle cela la créativité responsable. Avec une dose de confiance en l’Esprit Saint qui ne nous fait jamais défaut !
Un grand merci à Sabrina et Andrea qui ont réussi à fidéliser les enfants présents à chanter à chaque célébration leur répertoire : des chants connus s’entonnent plus facilement ! Bravo pour ce chœur en marche qui anime nos liturgies en familles et merci aux parents d’avoir « jouer le jeu » de venir dans les horaires proposés.
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