Pour Maurice Zundel, la liberté est essentielle et constitutive de l’humain. Il en a d’ailleurs cherché sa vie durant le chemin. A l’occasion des cinquante ans de sa mort, est paru « Devenir libre », un condensé de sa pensée sur la liberté. Un des deux auteurs, Virgile Rochat, était présent au Temple de la Madeleine, lors de la dernière rencontre Un auteur, un livre, pour présenter l’ouvrage.
Virgile Rochat et Marc Donzé, Devenir libre, Bière, Cabédita, 2025, 112p.
Par Myriam Bettens Photos : Myriam Bettens, DR
« Vous voulez entendre la voix de Maurice Zundel ? », lance un homme à l’assemblée tout en tirant de sa poche son téléphone. Micro placé stratégiquement, la voix du prêtre neuchâtelois s’élève alors dans le silence du Temple de la Madeleine. Pendus aux lèvres, numérisées, de Maurice Zundel, l’assistance essaie tant bien que mal de saisir quelques bribes de cette homélie proposée de manière inopinée. « Il était tellement pénétré de sa propre recherche qu’il pouvait parler des heures sans aucunes notes », glisse alors le pasteur Virgile Rochat. Début octobre, il était invité à parler lors de la rencontre Un auteur, un livre, de son dernier ouvrage, Devenir libre, écrit à quatre mains avec l’abbé Marc Donzé. Ce dernier, retenu à la journée annuelle de l’Association Maurice Zundel Suisse (AMZ-Suisse) a laissé à son co-auteur le soin de présenter ce qu’ils considèrent à la fois comme une anthologie et un commentaire de la pensée de Maurice Zundel sur la liberté.
« La pensée de Zundel n’est pas facile d’accès, mais on la redécouvre à l’occasion des cinquante ans de sa mort », avance Blaise Menu, modérateur de la rencontre, à l’attention de l’auteur. « On peut tenter de la vulgariser en l’expliquant, mais on passe alors complètement à côté du sens profond voulu par l’auteur. Maurice Zundel ne voulait pas communiquer un contenu, mais une expérience productrice d’une transformation profonde grâce à la rencontre de Dieu », souligne le pasteur réformé. La forme anthologique, avec un choix de textes organisés et commentés permet donc de fournir une introduction sommaire à la pensée du théologien neuchâtelois. « En mettant le lecteur en contact direct avec le texte, cela devrait lui permettre d’effectuer son propre exercice spirituel », comme l’aurait certainement souhaité Maurice Zundel, qui privilégiait l’expérience aux dogmes.
Le théologien n’a pas seulement pensé la liberté, il a aussi vécu avec passion son aventure personnelle d’homme libre. « Il lui arrivait d’ailleurs souvent de dire : « Ne rien subir, tout tourner vers la lumière » », développe Geneviève de Simone-Cornet, autre modératrice de la matinée. Dans cette optique, toute sa pensée ne cherche pas « à disserter sur la liberté comme un idéal en soi, mais de se mettre en route et de persévérer sur un chemin où celle-ci grandit peu à peu », expose Virgile Rochat. « C’est un peu contre-intuitif, mais Maurice Zundel affirme que l’humain arrive au monde « préfabriqué », avec un héritage personnel et social dont il doit se défaire ». Son itinéraire spirituel consistera donc précisément à s’alléger pour devenir toujours plus lui-même. « Une libération progressive, qui consiste à se désencombrer de tout ce qui nous tient en esclavage », non pas dans un chemin solitaire, mais qui laissera peu à peu place au Dieu intérieur, lui-même don et désappropriation totale.
Or, passer de ce « » moi-résultat », au « moi-origine », ne va pas sans affronter un certain nombre d’obstacles ». Il illustre son propos en reprenant la citation du réformateur : « J’ai voulu noyer le vieil homme, mais le bougre, il savait nager ! ». Alors que l’assemblée rit de ces bons mots, Virgile Rochat enchaîne. « On est ici loin du développement personnel. Ce que propose Maurice Zundel est une sacrée ascèse, et je précise, sacrée dans tous les sens du terme ! », mais « lorsque Dieu nous habite et devient le moteur de l’action, la morale « coule » » et rien n’est plus de l’ordre de l’obligation, mais de l’amour.
Les cartes célestes servaient à la navigation lorsque les ordinateurs n’existaient pas.
Par l’abbé Paul Martone Photo : DR
« Attache ta charrette à une étoile. » Cette citation de Leonardo da Vinci semble étrange : qui attacherait sa charrette à une étoile ? Que voulait dire da Vinci par ce conseil ?
« Mon destin est écrit dans les étoiles », dit-on parfois. C’est peut-être vraiment le cas. Si nous nous penchons sur l’histoire de la navigation, nous voyons qu’à l’époque où il n’y avait pas d’ordinateurs pour diriger les navires, les capitaines s’orientaient grâce aux étoiles pour atteindre un port sûr.
Il serait bon que nous attachions la charrette de notre vie, avec tous ses fardeaux et ses difficultés, à l’étoile qui a déjà montré aux mages d’Orient le chemin vers Jésus dans la crèche de Bethléem. Ainsi, une lumière s’allumera aussi pour nous, qui surpassera la luminosité de toutes les étoiles du firmament et nous montrera le chemin vers Jésus qui est La lumière à travers cette période tumultueuse.
Marie, que la tradition appelle « étoile de la mer », peut nous aider à nous orienter.
La Transfiguration (ici représentée par Raphaël), associe le visage de Jésus à l’éclat du soleil.
A l’échelle de l’infini, notre soleil aura son crépuscule: expansion, souffle, braise, silence. Mais sa «mort» fécondera d’autres mondes et nos regards y cherchent un sens, entre science et espérance.
Par Pierre Guillemin | Photos : unsplash, DR
Le soleil est un symbole puissant dans les Ecritures, représentant souvent la lumière, la gloire de Dieu et le Christ, qui est décrit comme la « lumière » et le « soleil levant » (Luc 1 : 78). L’Evangile de la Transfiguration (Matthieu 17 : 1-9) associe le visage de Jésus à l’éclat du soleil.
Pourtant, au même titre qu’un être vivant, les étoiles naissent, vivent et meurent.
Depuis plus de quatre milliards et demi d’années, notre étoile transforme l’hydrogène en hélium générant une énergie constante, stable, qui a permis la vie terrestre. On peut la comparer à un énorme réacteur à fusion nucléaire dont le carburant est l’hydrogène. Au cœur du soleil, en raison de la gravité qui attire en son centre toute la matière, la pression et la température (15 millions de degrés) sont tellement fortes qu’elles provoquent la fusion des atomes d’hydrogène. Ils s’entrechoquent violemment et fusionnent, se transformant en hélium et libérant au passage de l’énergie. Chaque seconde, le soleil brûle 620 millions de tonnes d’hydrogène. L’énergie ainsi produite dans le noyau met ensuite 1 million d’années pour rejoindre la surface où elle s’évacue sous forme de rayonnements.
Depuis plus de quatre milliards et demi d’années, notre étoile transforme l’hydrogène en hélium générant une énergie constante, stable, qui a permis la vie terrestre.
L’éternité par étapes
Mais rien, dans l’univers, n’échappe à l’usure du temps : de même que nous ne connaissons pas de phénomènes qui se créent à partir de rien, nous ne connaissons pas de phénomènes qui ne se modifient pas, qui ne se transforment pas (la transformation pouvant être assimilée à une mort). Ce qui semble éternel n’est qu’une étape et le soleil, lui aussi, a une fin.
Les estimations actuelles donnent au soleil entre 3 et 5 milliards d’années encore à briller comme aujourd’hui. Jacques Deferne, ancien conservateur du département de minéralogie et pétrographie du Muséum de Genève écrit dans son ouvrage Notre système solaire : « On estime que le soleil continuera à briller sans modification notable pendant encore environ 5 milliards d’années avant d’avoir épuisé tout l’hydrogène qui alimente sa fournaise nucléaire. Mais, lorsque ce combustible sera épuisé, le noyau du soleil s’effondrera sur lui-même en provoquant l’augmentation de sa température dans ses couches profondes. Les couches gazeuses de la surface se dilateront et le diamètre du soleil augmentera considérablement (environ 100 fois son diamètre actuel). Les couches extérieures, moins chaudes, vireront au rouge. Il se transformera alors en une géante rouge. Sa surface atteindra la planète Mercure qui sera entièrement absorbée. Si la Terre parvient à échapper à cette absorption, la température s’y élèvera de plusieurs centaines de degrés et la vie disparaîtra totalement. »
Enfin, au sein du noyau solaire, l’hélium fusionnera en carbone et en oxygène. Mais cette phase ne durera qu’un instant cosmique, quelques centaines de millions d’années, avant que l’instabilité ne triomphe. Le vent solaire s’intensifiera, rejetant dans l’espace les couches externes de gaz et de poussière. L’astre laissera derrière lui un linceul lumineux : une nébuleuse planétaire, vaste bulle irisée où se mêlent les atomes d’hélium, d’azote, d’oxygène – les restes de ce qui, jadis, fit battre la vie sur Terre.
Une fin et un commencement
Au centre de cette enveloppe spectrale, il restera le cœur nu du soleil : une naine blanche. De la taille de la Terre, mais mille fois plus dense. Un fragment d’étoile refroidi, sans fusion, sans lumière propre. D’abord d’un éclat bleu-blanc, elle se ternira peu à peu, perdant son énergie dans l’immensité du vide. Pendant des milliards d’années, cette braise silencieuse rayonnera ses derniers photons, jusqu’à devenir une naine noire, invisible, morte – un souvenir d’étoile dans un univers devenu froid.
Illustration de la taille d’une naine blanche (ici Sirius B) au centre, bien plus petite que les planètes géantes (au-dessus, Neptune et Uranus), mais comparable à la Terre ou à Vénus (respectivement à gauche et droite).
Mais la mort du soleil n’est pas seulement une fin : elle est aussi un commencement. Les gaz qu’il dispersera nourriront les nuages interstellaires, où naîtront d’autres étoiles, d’autres mondes. Les atomes de carbone et d’oxygène qu’il aura créés voyageront, se mêleront à la poussière cosmique, et peut-être, ailleurs, participeront-ils à l’émergence d’une nouvelle forme de vie. La mort d’un astre est toujours un acte de transmission : la matière ne disparaît pas, elle se transforme.
Mais même si nous disparaissons avant ce crépuscule cosmique, il restera une trace : celle de la conscience capable de contempler sa propre origine et sa fin. La mort du soleil nous rappelle que tout ce qui vit meurt ; mais aussi que la mort, dans l’univers est un mouvement, non une rupture. Le soleil s’éteindra et pourtant, son essence continuera de rayonner dans la matière qu’il aura semée. Nous sommes déjà faits de cette poussière d’étoiles ; demain, d’autres êtres le seront à leur tour.
Le dernier instant du soleil sera silencieux. Pas d’explosion, pas d’effondrement spectaculaire : une lente extinction, un souffle qui s’achève. L’espace autour de lui sera peuplé de fantômes lumineux – les fragments d’un passé incandescent. Puis, dans un lointain avenir, quand l’univers lui-même aura vieilli, quand les galaxies se seront diluées dans la nuit, les dernières naines blanches s’éteindront à leur tour. Alors seulement, la mort du soleil prendra tout son sens : il aura vécu, brillé, transformé la matière, avant de rendre au cosmos la lumière qu’il lui avait empruntée.
Battement de cœur cosmique
Et dans ce grand silence, peut-être subsistera une vibration comme l’écho d’un battement de cœur cosmique. Le soleil aura disparu, mais sa trace demeurera dans chaque atome, dans chaque onde, dans la mémoire même de l’univers – car rien, jamais, ne s’efface entièrement de la lumière.
Pour nous, humains, la perspective de cette disparition lointaine soulève de grandes questions. Nous savons que notre existence, nos civilisations, nos mémoires tiennent dans la bienveillance d’une étoile moyenne, stable et docile. Et pourtant, un jour, cette lumière qui fut nécessaire à l’apparition de la vie sur Terre s’éteindra. L’humanité, si elle veut survivre jusque-là, aura depuis longtemps quitté la Terre. Peut-être errera-t-elle parmi les étoiles, portant en elle le souvenir du vieux soleil, cette première chaleur qui lui donna vie.
Faut-il en avoir peur ? Non : notre foi en la Résurrection, en la Parole de Dieu et de son Fils Jésus nous fournit la réponse : « Son règne n’aura pas de fin. » Nous trouverons la réponse à cette fin du soleil et l’humanité ne disparaîtra pas.
« Dieu a fait le ciel, la lune et les étoiles », chante le Psaume 8.
Par François-Xavier Amherdt | Photo: unsplash
Qui peut connaître les desseins du Créateur ? Dieu a fait le ciel, la lune et les étoiles, ouvrages de ses doigts, chante le magnifique Psaume 8, déposé par les astronautes américains sur le satellite de la terre quand il fut foulé pour la première fois de l’histoire.
Mais puisque nous savons par la science que notre soleil a une durée d’existence limitée, qu’adviendra-t-il lorsque le combustible de la fournaise solaire sera épuisé ? Sera-ce la fin du monde, avec l’apparition « des cieux et de la terre nouvelle » que promet l’Apocalypse 21, 1 ?
Peu importe, quoi qu’il en soit. Que fera alors le Seigneur ? Recréera-t-il une autre planète habitable une fois que l’actuelle sera ou absorbée par le diamètre élargi du soleil ou aura disparu totalement ? Personne ne peut se mettre dans la pensée de Dieu, ni les astrophysiciens ni les théologiens.
La place centrale de l’humanité
Ce qui compte, c’est que, selon son projet initial, Dieu a placé au milieu de l’immensité des milliards de milliards de galaxies un petit être, l’homme et la femme, façonnés à son image. Si petits que nous soyons face au cosmos illimité, le Seigneur nous a couronnés de gloire et il a tout placé à nos pieds, il nous a confié les bêtes sauvages et domestiques, les oiseaux, les poissons et les monstres marins, non pour que nous les exploitions ni ne les exterminions, mais pour que nous sauvegardions un cadre favorisant le vivre-ensemble.
Et la bouche d’un petit enfant capable de chanter la majesté du nom divin l’emporte en dignité et en honneur sur tout le reste des créatures ! Il y a quelque chose de divin en la personne humaine qui la rend responsable du reste de la planète et du monde.
Abandonnons-nous totalement à la créativité de notre Seigneur. Il nous surprendra une fois de plus, comme il ne cesse de le faire chaque jour en maintenant sa création dans ses mains. Il conduit l’ensemble de l’univers au salut et à la rédemption, chacun(e) de nous comme le cosmos tout entier.
Une étoile figure sur le blason de François, accompagnée du monogramme IHS de la Compagnie de Jésus, dont il était membre.
Etoiles en héraldique
Depuis que les Papes arborent des écussons de règne (dès le XIIe siècle), 14 Papes et 1 antipape ont fait figurer sur leur blason… une, deux, cinq, plusieurs étoiles.
Signe aux sens variés selon le nombre de branches et d’éléments, ces étoiles papales sur des bannières publiques rappellent, peut-être, ce que le tarot met en avant quant au symbolisme de l’astre : chance, bénédiction, bonheur, en amour comme en affaires… Quand ce n’est pas un souvenir de la Stella matutina (étoile du matin) une des multiples appellations de Marie dans la litanie de Pompéi.
Le dernier en date à reprendre une étoile est le bien-aimé François, avec le monogramme IHS de la Compagnie de Jésus dont il était membre.
Seul Léon XIII a mis une étoile filante : cette comète, éphémère aux yeux terriens, a été contredite par ses 25 ans de pontificat…
L’étoile de François
Aux Angélus comme aux messes de l’Epiphanie, le pape François aimait reprendre le motif de l’étoile. En 2021, il médite : « Pourquoi les mages sont-ils les seuls à voir l’étoile ? Peut-être parce que peu nombreux sont ceux qui avaient levé le regard vers le ciel. Souvent, en effet, dans la vie, on se contente de regarder vers le sol : la santé, un peu d’argent et quelques divertissements suffisent.
Et je me demande : nous, savons-nous encore lever le regard vers le ciel ? Savons-nous rêver, désirer Dieu, attendre sa nouveauté ; ou bien nous laissons-nous emporter par la vie comme un rameau sec au vent ? »
En 2018, François a invité à choisir la bonne étoile et non pas des « météores », qui brillent un peu, mais « tombent vite », des « étoiles filantes qui désorientent au lieu d’orienter ». « L’étoile du Seigneur, au contraire, n’est pas toujours fulgurante, mais toujours présente : elle te prend par la main dans la vie, elle t’accompagne, à condition de marcher, d’assumer cet effort et d’accepter les imprévus qui apparaissent sur la carte de la vie tranquille… »
Cocooning ecclésial (Thierry Schelling) Prendre soin de soi, pour mieux vivre, être et témoigner de sa foi. Fini le temps où le soin de soi était vilipendé comme égoïste ! A l’ère du burnout même en Eglise, il est essentiel de se donner le temps pour le corps et l’esprit tant il est vrai que mens sana incorpore sano…
Février
Sans judaïsme, pas de christianisme (Paul Martone) Qu’est-ce qui nous relie, nous chrétiens, aux juifs ? «Les juifs et les chrétiens devraient se considérer comme des frères et sœurs, unis dans la foi en un seul Dieu et par un riche héritage spirituel commun sur lequel ils peuvent s’appuyer et continuer à construire l’avenir.» (Pape François)
Mars
Handicaps et foi (Véronique Benz) En réponse à l’appel du pape François à écouter la parole des personnes en situation de handicap, nous vous invitons à découvrir leur rôle dans les communautés de foi. Comment promouvoir leur pleine participation et leur inclusion dans nos communautés paroissiales. A la suite d’un colloque sur le thème «Handicaps et foi» qui aura lieu à l’Université de Fribourg, nous vous proposons une plongée dans cette pastorale spécialisée et ses défis.
Avril
La Mer Rouge à pied sec (Pierre Guillemin) Moïse sauve le peuple d’Israël du pharaon d’Egypte et de son armée traversant les eaux de la Mer Rouge, protégé en cela par la puissance de Dieu, sa propre foi et sa confiance en Lui. La science cherche à expliquer ce phénomène ou tout au moins à en trouver des traces archéologiques. Plusieurs explications sont données de nos jours sans parvenir à une conclusion claire et précise de cet évènement fondamental du récit biblique.
Mai
Le Christ, c’est qui au fait ? (Paul Martone) Nous sommes chrétiens parce que nous suivons le Christ. Mais le connaissons-nous vraiment ? Savons-nous que «Christ» n’est pas un nom, mais un titre honorifique ? Qui est-il donc ? Le Christ n’est pas simplement un grand homme ayant vécu une expérience religieuse importante, il est Dieu, Dieu fait homme.
Juin
Décrypter le jargon ecclésiastique (Paul Martone) L’Eglise a perdu l’art de transmettre son message dans un langage compréhensible pour les gens. Dans sa prédication et même dans
notre prière individuelle, nous utilisons des expressions et des images qui étaient compréhensibles à l’époque de Jésus, mais qui ne le sont plus pour les hommes modernes d’aujourd’hui. Dans cet article, nous allons nous pencher sur la question suivante : que signifient réellement les mots que nous utilisons ? Essayons un «aggiornamento», c’est-à-dire à une traduction des mots anciens dans une forme moderne.
Juillet-août
Les intentions de messe (Calixte Dubosson) «Il s’agit d’une des manières les plus concrètes par lesquelles les fidèles participent à la vie de l’Eglise : demander qu’une messe soit célébrée pour les vivants ou pour les défunts. Une coutume
très ancienne, fondée sur de profondes motivations pastorales et spirituelles. Un bref historique montrera que cette tradition existe déjà dans l’Ancien Testament.
Septembre
A tire d’aile (Myriam Bettens) Joues roses, fesses rebondies et sourire énigmatique, l’imaginaire populaire et chrétien associé aux anges est parsemé de clichés. Cette représentation digne de bibelots de garden center semble pourtant bien loin des descriptions que nous livre la Parole. Alors qui sont ces ambassadeurs célestes ?
Octobre
Dieu le tentateur (Paul Martone) Il y a encore quelques années, nous priions dans le Notre Père : «… et ne nous soumets pas à la tentation…» Dans certaines langues, cette prière est encore récitée ainsi aujourd’hui. Dieu nous soumet-il vraiment à la tentation? Ou comment faut-il comprendre cette phrase du Notre Père ?
Novembre
Départ différé (Paul Martone) Tout commence dans un halo d’intense lumière. Ils sortent de leurs corps et s’observent. Les témoignages relatant des expériences de mort imminente (EMI) sont nombreux et transformateurs. Au carrefour de la science et de la foi, ces départs différés continuent d’interroger.
Décembre
Dieu créateur du ciel et de la terre (Paul Martone) Les premières pages de la Bible décrivent comment Dieu a créé le ciel et la terre en six jours. La science, en revanche, voit les
choses tout autrement. Selon elle, la création a commencé avec le Big Bang et a duré des millions d’années. Qui a raison: la Bible ou la science ? Ou existe-t-il un moyen de concilier ces deux points de vue ?
Rubriques 2026
Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2026.
En 2026, pleins feus sur les docteurs de l’Eglise
➤ sous la plume de Paul Martone
Allô Docteur – En nommant John Henry Newman docteur de l’Eglise, le pape Léon XIV a remis ces pilliers de l’Eglise au centre des préoccupations des fidèles. Mais qui sont les docteurs de l’Eglise et comment s’appellent-ils? Qu’ont-ils enseigné et quelle est leur importance pour les fidèles d’aujourd’hui?
Cette nouvelle rubrique prend la place de « Au fil de l’art religieux ».
Magazine au format B5
Pages
Rubrique
Auteur
1
Edito
Tournus de la rédaction
2-5
Eclairage
Tournus de la rédaction
6
Ce qu’en dit la Bible
François-Xavier Amherdt
7
Les Papes ont dit…
Thierry Schelling
8
Carte blanche diocésaine
Tournus externe
9
Jeunes, humour et mot de la Bible
M.-C. Follonier Véronique Benz Calixte Dubosson
10-11
Small Talk
Myriam Bettens
12
Allô Docteur
Paul Martone
13
Merveilleusement scientifique
Pierre Guillemin
14-15
Ecclésioscope
Véronique Benz
16
En librairie
Calixte Dubosson
Magazine au format A4
Pages
Rubrique
Auteur
1
Edito
Tournus de la rédaction
2-3
Eclairage
Tournus de la rédaction
4
Ce qu’en dit la Bible
François-Xavier Amherdt
4
Les Papes ont dit…
Thierry Schelling
5
Allô Docteur
Paul Martone
6
Small Talk
Myriam Bettens
7
Merveilleusement scientifique
Pierre Guillemin
7
Carte blanche diocésaine
Tournus externe
8
Ecclésioscope
Véronique Benz
Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.
Maria Teresa Gonzàlez-Quevedo a été proclamée vénérable par Jean-Paul II en 1983.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mari Carmen Avil, représentante de l’évêque pour la prévention, du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.
Par Mari Carmen Avila, représentante de l’évêque pour la prévention du diocèse de LGF Photos : DR
« Ma Mère, que celui qui me regarde te voie » est une phrase attribuée à María Teresa González-Quevedo, dite Teresita, jeune religieuse espagnole née en 1930 et proclamée vénérable par Jean-Paul II en 1983. Depuis mon plus jeune âge, cette expression m’interpelle profondément. Je l’ai adoptée comme prière, en l’adressant aussi à Jésus, à qui je répète souvent ce désir de mon cœur. Jésus répond à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » (Jn 14, 9) Si Jésus peut dire cela, alors nous aussi, en tant que disciples, sommes appelés à refléter Dieu dans nos vies. Cela change tout dans notre mission pastorale.
Dans mon rôle de représentante de notre évêque pour la prévention, je rencontre de nombreuses personnes. Cette phrase me revient souvent à l’esprit, surtout face à ceux qui vivent le drame de la solitude intérieure, conséquence d’un repli sur soi. Elle me rappelle que nous sommes tous confrontés à une tension fondamentale : appelés à être des icônes, nous risquons de devenir des idoles.
Notre vocation, en tant qu’enfants de Dieu, est d’être des icônes qui ouvrent à la transcendance, qui invitent à regarder plus haut, à découvrir la joie d’être profondément aimés. Mais nous trahissons cette vocation lorsque nos blessures, nos ambitions ou notre histoire prennent le devant de la scène, reléguant Dieu à l’arrière-plan. Cette trahison, parfois subtile, peut conduire à des abus – de pouvoir, de conscience, ou sexuels – qui trouvent souvent leur origine dans une perte de la dimension iconique du ministère.
Notre Eglise est appelée à changer de culture : il n’y a ni supérieurs ni inférieurs, seulement des frères et sœurs en quête de Dieu. Mon plus grand souhait est que ceux qui nous regardent voient une communauté unie autour d’un seul Seigneur, désireuse de le révéler au monde.
Cette expression qui signifie renoncer, se décourager, nous vient du Livre de l’Exode (chapitre 17, 8-16). Les Amalécites attaquent le peuple d’Israël et semblent gagner la partie lorsque Moïse baisse les bras. Finalement, les troupes d’Amaleq sont vaincues lorsque Aaron et Hour soutiennent Moïse et l’aident à maintenir ses bras levés. Ce récit serait à l’origine de l’ordalie de la croix, cette forme de procès appelée aussi « jugement de Dieu », qui aurait été instituée par Charlemagne. Elle consistait à placer les accusés en forme de croix, ligotés à un poteau et condamnés à tenir le plus longtemps possible les bras tendus à l’horizontale. Le premier à baisser les bras était considéré comme le coupable et condamné. Le roi Louis le Pieux interdit cette épreuve au début du IXe siècle, la jugeant offensante au regard de la passion du Christ.
Par Véronique Benz
Humour
Deux vieux garçons peu habitués à voyager visitent Londres et décident de prendre les fameux bus rouges à deux étages. Ils se mettent en bas et soudain, l’un d’eux décide d’aller voir en haut, par curiosité. Quelques instants plus tard, il revient et dit à son copain : « On a bien fait de se mettre en bas : en haut, il n’y a pas de chauffeur ! »
Le père Jean-Christophe Thibaut est un ancien luciférien converti.
Pendule, médiumnité, magie… L’ésotérisme fascine et sa pratique attire de plus en plus d’adeptes. Le père Jean-Christophe Thibaut a lui-même été séduit par ces trompeuses lumières. Ancien luciférien converti, il est aujourd’hui investi dans l’accueil et l’accompagnement des personnes ayant eu recours à des pratiques occultes.
Par Myriam Bettens | Photos : DR
Aujourd’hui on a tendance à imputer toutes les manifestations démoniaques à des troubles mentaux. Comment discerne-t-on la nature maléfique (ou non) de ces phénomènes ? Nous sommes dans un domaine proche de celui de la psychologie, la vie spirituelle reposant aussi sur la vie psychique des individus. L’Eglise s’est donc donné un certain nombre de critères de discernement. La plainte doit être précise et, après avoir éliminé les causes naturelles, les phénomènes décrits doivent sortir de l’ordinaire. Les « manifestations » doivent avoir un début clairement identifié. Il y a toujours un événement déclencheur qu’il faut repérer, tels que tirage de cartes, magnétisme, mais aussi une retraite spirituelle ou un événement spirituel fort. Le dernier critère concerne le déséquilibre émotionnel que cela crée, comme la peur ou l’impossibilité de prier.
Le Démon a parfois bon dos lorsqu’il s’agit d’expliquer des événements que l’on ne comprend pas… On a du mal aujourd’hui à reconnaître sa propre responsabilité dans les événements qui adviennent. On cherche un coupable, en se demandant ce qu’on a fait au bon Dieu ou au Diable pour vivre cela. Toutefois, le prêtre est bien souvent la dernière personne que l’on vient voir, car il y a toujours cette hantise d’être pris pour un fou, jugé, voire moqué, alors que la parole reste la première forme d’exorcisme en formulant le trouble que l’on vit.
En parlant d’exorcisme, ces ministères de délivrance n’ont pas si bonne presse et tendent à disparaître. Est-ce à dire que l’Eglise elle-même s’emploierait à rationaliser ces manifestations ? Je crois au contraire que c’est un ministère en plein développement ou plutôt redéveloppement. Simplement parce que les demandes sont nombreuses et qu’il faut pouvoir les prendre en compte. Cela nécessite d’être formé, de ne pas avoir de tabous sur ces sujets-là et de reconnaître que ce monde invisible existe réellement. Sur ce dernier point, la position de l’Eglise n’a jamais varié. Néanmoins, l’apport de la psychologie nous aide à bien discerner ce qui relève effectivement du spirituel. D’où l’importance d’être entouré et d’avoir des relais dans d’autres spécialités sans minimiser la réalité de ces phénomènes.
La Bible et l’Eglise ont toujours mis en garde contre la tentation des pratiques occultes et, vous ne cessez de le rappeler, elles ont un prix… Les pratiques occultes rendent débiteurs, car elles finissent toujours par lier la personne dans sa liberté. Lorsqu’on cherche à obtenir quelque chose dans le cadre du spiritisme, de la sorcellerie, du chamanisme, de la voyance, de la médiumnité ou encore du secret, les esprits du monde invisible vont intervenir dans nos vies, au point d’en prendre le contrôle. On abdique tout ce qui est de l’ordre de notre libre arbitre en laissant des forces extérieures nous diriger.
Lorsqu’on devient débiteur, comment fait-on pour solder sa créance ? D’ailleurs, peut-on vraiment s’en débarrasser ? La bonne nouvelle, c’est que oui ! On invite premièrement la personne à une démarche de vérité pour mettre en lumière ce qui a été fait, sciemment ou de bonne foi. Le sacrement de réconciliation, des actes de renonciation et les prières de délivrance sont les autres instruments de libération que l’Eglise nous donne. Or, nous sommes dans une époque de mentalité magique où toutes les réponses doivent être rapides. Les gens veulent une petite prière qui n’implique pas trop et sans effets secondaires, alors que tout l’enjeu est de se mettre en chemin.
Bio express
Le père Jean-Christophe Thibaut (65 ans) est prêtre de paroisse dans le diocèse de Metz, aumônier d’un centre hospitalier en Moselle et historien des religions. Il se consacre depuis plus de trente ans à l’étude des phénomènes ésotériques et des thérapies alternatives. Il est d’ailleurs l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Avec le soutien de son évêque qui l’encourage dans ce ministère, depuis son ordination en 1992, il sillonne la France, parfois les pays voisins, pour aller à la rencontre des paroissiens lors de conférences, « le défi étant d’expliquer l’enjeu spirituel qu’il y a derrière ces pratiques sans que les personnes se sentent accusées ou jugées ».
Le prêtre de paroisse dans le diocèse de Metz est l’auteur de plusieurs ouvrages.
Les vitraux racontent des épisodes de la vie de saint Martin de Tours selon La Légende dorée.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
L’église de Torny-le-Petit est un joli édifice assez typique de ce qui était construit au dix-neuvième siècle. Elle se situe sur l’ancienne route romaine qui reliait Vevey et Avenches et il est probable qu’un lieu de culte se trouvait déjà à cet endroit pendant l’Antiquité.
Ce qui est plus inattendu, c’est l’explosion de couleurs attendant le visiteur qui pousse la porte. Les huit baies que l’on doit à Claude Sandoz sont une invitation au voyage. L’artiste suisse est connu pour s’inspirer de ses expéditions en Asie. Il dit de lui-même que la principale qualité de son œuvre est « la vibration sonore de la couleur ».
Les vitraux racontent des épisodes de la vie de saint Martin de Tours selon La Légende dorée. Si vous êtes sur place, prenez le temps de faire le tour et de repérer tout ce qui évoque le Japon. Vous y trouverez des personnages issus du théâtre nô, des dessins inspirés des estampes…
Concentrons-nous sur l’œuvre de ce mois. Si le bas de la baie est très exotique, les motifs végétaux de la partie haute rappellent les lampes Tiffany. Il y a quelque chose de presque art nouveau. La construction en symétrie axiale est caractéristique de certaines des œuvres de l’artiste.
La thématique est « la charité de saint Martin ». C’est la scène la plus célèbre de la vie du saint : rencontrant un homme quasiment nu en plein hiver, il est pris de pitié. Il partage alors son manteau pour en offrir la partie qui lui appartenait en propre.
Sandoz a choisi de représenter le saint comme dédoublé. A notre gauche, le légionnaire romain, casque sur la tête, brandit son épée, à notre droite, coiffé d’un nimbe (une auréole), il abaisse son arme pour partager son vêtement. Entre les mains du pauvre (en bas à droite), l’étoffe prend un aspect de fleur. La dualité figurée par l’artiste peut évoquer deux aspects de la personnalité de Martin : extérieurement, c’est un militaire qui doit obéissance à l’Empereur ; intérieurement, c’est un chrétien qui se laisse toucher par la souffrance des pauvres et qui donne tout ce qu’il peut.
Dans le Nouveau et l’Ancien Testament, les nuages ou les nuées sont bien plus que des phénomènes météorologiques : ils sont les signes de la présence divine. Lors du baptême du Christ, une voix se fait entendre « du sein de la nuée » (Matthieu 17 : 5). Moïse, lui aussi, rencontre Dieu dans une nuée épaisse. Dans l’Apocalypse, Jésus revient « sur les nuées du ciel » (Apocalypse 1 : 7). Le nuage devient alors promesse, retour, accomplissement.
Physiquement, nous voyons les nuages dans le ciel, nous leur donnons des noms afin d’en distinguer les caractéristiques : cirrus, stratus, cumulus, par exemple. Mais comment se forment-ils ? Quelques éléments de physique nous aident à comprendre le phénomène.
Une masse d’air ne peut contenir qu’une certaine quantité de vapeur d’eau, qui dépend de la température. Plus l’air est chaud, plus il peut être chargé en vapeur d’eau. Lorsqu’une masse d’air chaud saturée en vapeur d’eau se refroidit, une partie de l’eau qu’elle contient sous forme gazeuse va se condenser et former des gouttelettes.
Dans l’atmosphère, les nuages se forment donc par refroidissement d’une masse d’air humide. Ce refroidissement est provoqué soit par contact avec une surface plus froide (les sols, les montagnes, les océans) soit par soulèvement dans l’atmosphère. En prenant de l’altitude, une masse d’air voit en effet sa pression diminuer, ce qui la refroidit (pour un volume donné, la pression d’un gaz est proportionnelle à la température). Ainsi, les phénomènes de condensation et de congélation de la vapeur d’eau apparaissent au fur et à mesure que la température de l’atmosphère baisse. Or, condensation et congélation dégagent de l’énergie : environ 600 calories pour 1 gramme d’eau condensée et 80 calories pour la congélation. L’énergie dégagée lors d’un orage de deux heures est alors voisine de celle d’une bombe atomique de 20 kilotonnes (Hiroshima 15 kilotonnes). C’est phénoménal ! D’où le lien avec le divin.
Les nuages sont mouvants, changeants, insaisissables et demandent à être regardés avec attention, voire médités ou mis en musique (Nuages – Django Reinhardt). Le ciel nuageux devient alors une page où s’écrit l’attente, l’espérance, la foi.
« A l’âge de 15 ans, j’ai suivi à la télévision les JMJ de Rio de Janeiro au Brésil. En voyant ces jeunes qui partageaient la même foi et le même désir de prier et louer le Seigneur, je me suis dit : un jour tu y participeras. » Lucie Mosquera a vécu les JMJ à Lisbonne et à Rome. Jeune femme passionnée par son métier d’enseignante, elle a la foi vive et contagieuse.
Par Véronique Benz Photos : DR
Lucie souhaitait ardemment participer aux JMJ, mais elle était trop jeune pour aller à Cracovie (en 2016). Sa situation professionnelle ne lui permit pas d’aller à Panama (en 2019). Elle se décide pour celles de Lisbonne (en 2023). Cependant, sur Vevey, à l’époque, il n’y avait pas de groupe de jeunes. Qu’à cela ne tienne, elle fonde son propre groupe : Tallma. « J’ai été servante de messe dans l’UP de Vevey pendant plus de dix ans. Par conséquent, j’ai contacté tous mes anciens amis servants de messe pour créer le groupe. Au départ, nous n’étions que six, mais au final nous sommes parties à huit à Lisbonne. »
Après les JMJ de Lisbonne, le groupe désire vivre le jubilé des jeunes, à Rome. Lucie avait également envie d’aller voir son frère, qui est garde suisse.
« Lors du jubilé à Rome, je me suis rendu compte que, par des gestes quotidiens, je peux être présente pour les autres et pour Dieu. Construire sa foi, ce n’est pas forcément prier trois fois par jour ! » Lucie a été marquée par la fraternité et la force de la prière. « Nous nous sommes tout de suite liés d’amitié, malgré le fait que nous ne nous connaissions pas. J’ai pu développer des liens amicaux avec des jeunes qui n’ont pas le même âge, qui n’ont pas le même cheminement de foi. Je trouve cela très beau, car nous nous apportons mutuellement quelque chose. »
Le moment culminant de ce jubilé des jeunes a été pour Lucie la veillée de prière à Tor Vergata. « Nous étions plus d’un million de jeunes dans le silence à adorer le Saint-Sacrement. De plus, nous voyions sur les écrans le Pape à genoux comme nous en train d’adorer. Je ne sais comment l’expliquer, mais j’étais remplie de l’Esprit Saint, d’amour. » Lucie avoue que dans ce temps intense d’émotion, des larmes de joie et de tristesse ont inondé son visage.
Les souvenirs des JMJ emplissent le cœur de Lucie. « J’étais très heureuse lorsqu’un participant m’a dit : « merci Lucie, grâce à toi j’ai pu vivre pleinement ma semaine et j’ai pu me réconcilier avec le Seigneur. » »
Le pèlerinage à Rome a apporté à Lucie une paix intérieure. Depuis son retour, elle prend chaque jour quelques minutes pour confier au Seigneur sa journée.
A Rome, lors du jubilé des jeunes, le groupe TALLMA et le groupe Théoapéro.
Un souvenir marquant de votre enfance En 2013, alors que nous attendions un nouveau Pape, je participais à un cours de Caté-Art. Le prêtre avait son ordinateur. Il nous a montré la place Saint-Pierre et nous a expliqué l’élection d’un Pape. Nous avons attendu que la fumée blanche sorte de la cheminée, puis nous sommes restés pour voir apparaître le pape François. Evidemment, nous n’avons pas vu passer le temps et j’ai oublié d’avertir ma maman. Elle est arrivée, une heure et demie plus tard, désespérée après m’avoir cherchée dans tout Vevey. Moi et tous les autres, nous étions simplement heureux, en train de regarder l’élection du Pape.
Votre moment préféré de la journée ou de la semaine Le week-end, je suis contente de pouvoir passer du temps en famille avec mes amis et d’aller à l’église. J’aime aussi le début de la semaine parce que je suis heureuse de retrouver mes élèves en classe.
Votre principal trait de caractère La persévérance.
Un livre que vous avez beaucoup aimé Le livre du pape François sur la jeunesse : « Dieu est jeune. »
Une personne qui vous inspire Ma maman qui nous a indiqué le chemin vers le Seigneur. Elle ne nous a jamais forcés à aller à l’église, mais avec amour, elle nous a toujours montré la persévérance.
Votre prière préférée ou une citation biblique qui vous anime J’aime particulièrement le récit de la Pentecôte. Quand j’ai dû faire ma confirmation, je vivais une année difficile. J’étais très énervée contre tout le monde, moi-même et Dieu. Je n’étais pas sûre de la faire. J’ai été bouleversée lors d’un week-end à Prier témoigner. Au moment de l’adoration du Saint Sacrement, j’ai été remplie d’une paix intérieure. Le Seigneur m’a dit : « Je t’ai entendue, je suis là ». Je suis restée un long moment à pleurer, mais un mois après, je faisais ma confirmation.
Lucie Mosquera
• Lucie Mosquera, d’origine espagnole et suisse, a toujours vécu à Vevey.
• Elle a 26 ans et est enseignante primaire sur le canton de Vaud.
• Elle aime sa famille, son frère, sa sœur, ses amis et la vie.
• Elle fait du sauvetage bénévolement sur le Léman.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Dieu crève l’écran Jean-Alexandre de Garidel
La révolution numérique a transformé nos existences de l’extérieur, mais elle a également des conséquences sur notre vie intérieure. Sans un engagement sérieux à prendre soin de notre intériorité, nos existences risquent de se dissoudre dans ce « monde liquide ». Pour mener une vie sensée, nous devons retrouver le sens de ce qui est vraiment urgent : notre relation à Dieu. Nous pourrons alors intégrer les écrans et internet à leur juste place. A travers des thèmes comme le rapport au temps et à l’espace, intériorité, images et sons, place du corps, sens des limites, évangélisation, l’auteur nous rend attentifs aux dangers du numérique. Dieu crève l’écran quand nous lui laissons sa vraie place dans notre vie, échappant ainsi à l’idolâtrie numérique.
Les puissances de l’invisible sont de retour. L’IA promet de faire advenir l’homme augmenté et de soigner les malades, de se substituer aux vivants et de faire parler les défunts. Jusqu’à vaincre la mort elle-même ? Professeure en intelligence artificielle à la Sorbonne, spécialiste reconnue internationalement, Laurence Devillers présente les défis, explique les menaces et nous ouvre aux enjeux intellectuels et spirituels d’une force en passe de redéfinir les frontières du réel. Elle fait la part des progrès et des risques. Et nous dit quel sera le monde de demain.
Mes très chères saintes Dix femmes inspirantes Natasha St-Pier
« Il y a quelques années, nous dit Natasha St-Pier, je remarquai, gravés sur l’autel d’une église, une dizaine de noms de saintes. Cette place inattendue faite aux femmes m’avait émue et questionnée. Pourquoi ces figures sont-elles une source intarissable d’inspiration ? En y réfléchissant, j’ai réalisé qu’elles étaient dotées de qualités que je n’avais pas et qu’elles me poussaient à devenir une meilleure version de moi-même. Thérèse de Lisieux, Jeanne d’Arc, Thérèse-Bénédicte de la Croix, Hildegarde von Bingen, Gianna Beretta Molla, Catherine de Sienne, Mère Teresa, Teresa d’Ávila, sainte Geneviève, la Vierge Marie. Découvrir ces dix femmes, c’est peut-être se donner l’envie de suivre leurs traces. Ce livre, modestement, vous y invite. »
10 conseils d’une maman pour vivre la messe Claire de Féligonde
Dans ce petit livre, une maman souvent débordée et distraite à la messe, livre à toutes les mamans ses secrets pour vivre, chaque dimanche, une véritable rencontre avec le Seigneur. Ces secrets, simples, concrets et accessibles, permettront à chacune de trouver comment prier ou écouter une homélie, même avec des enfants bruyants ou des soucis dans la tête.
La retraite Kairos a été ma première retraite spirituelle et je ne regrette pas du tout de l’avoir vécue. Pendant trois jours, j’ai pu entendre de beaux témoignages et apprendre de nouveaux chants qui m’ont beaucoup marquée. Durant cette retraite, j’ai appris que chaque personne avait sa propre manière de vivre sa foi et qu’importe les difficultés que ces personnes ont eues, Dieu a toujours été à leurs côtés pour les aider à les surmonter. Merci à tous les animateurs et animatrices qui nous ont accompagnés à cette retraite Kairos et partagé leurs témoignages. De très beaux souvenirs qui resteront gravés dans ma mémoire.
Retraite au Simplon : j’ai beaucoup aimé les lieux. Ça a été une belle découverte pour moi car je n’y avais jamais été auparavant. Pendant trois jours, nous avons pu faire des activités sympas tous ensemble, tisser de nouveaux liens d’amitié et partager ce que nous savons de Dieu, ce qui nous a rapprochés de Lui. A l’intérieur de l’hospice, je me suis sentie chez moi. Le décor était chaleureux ainsi que les personnes qui y séjournaient. Je remercie toutes les personnes qui ont participé à l’organisation et qui nous ont accompagnés durant cette belle retraite spirituelle. Grâce à eux, j’ai pu faire de belles rencontres et passer d’excellents moments.
Diane et 23 autres jeunes de la Région ont été confirmés le samedi 4 octobre par notre évêque Charles, invité ensuite à partager un repas chez les Aloysius. Entre Inde, Singapour et… Veyrier !
Les jeunes ne veulent pas d’un amour au rabais, mais face au foisonnement d’informations, comment trouver des repères lorsqu’il s’agit d’affectivité et de sexualité ? Le parcours TeenSTAR, d’inspiration chrétienne, leur propose d’aborder toutes ces questions sans tabou, afin de les aider à poser des choix libres et responsables.
Par Myriam Bettens Photos : Pixabay, captures Youtube
« Pour accomplir sa propre vocation, il est nécessaire de développer, de faire pousser et grandir tout ce que l’on est. Il ne s’agit pas de s’inventer, de se créer spontanément à partir de rien, mais de se découvrir soi-même à la lumière de Dieu et de faire fleurir son propre être […] pour la gloire de Dieu et le bien des autres. » Dans l’exhortation, Christus Vivit, le pape François s’adressait à la jeune génération en l’invitant à entrer dans la découverte de soi et des autres. Cela afin de mieux s’aimer pour pouvoir véritablement… aimer.
Inévitablement, des questions surgissent lorsqu’on parle de ce que signifie concrètement « aimer » et d’autant plus lorsque la personne est en pleine construction. Le parcours pédagogique TeenSTAR [Teenager Sexuality Teaching in the context of Adult Responsibility, ndlr.] part des interrogations des adolescents pour leur permettre d’accéder à un discours authentique sur l’amour. Malgré la pression ambiante, « les jeunes veulent vivre un grand amour et ne veulent pas d’amour au rabais. Ils constatent que celui-ci a besoin de se construire pour s’épanouir dans la confiance », affirme l’association TeenSTAR suisse. Discerner la limite entre amitié et amour, résister à la pornographie ou encore savoir dire « non » dans le cadre de relations affectives sont quelques-unes des questions abordées par cette pédagogie mise au point en 1980 par la religieuse et gynécologue américaine Hanna Klaus. Le programme a essaimé dans le monde entier et existe aujourd’hui dans plus de 40 pays. En Suisse, il existe depuis 1996 sous la forme d’une association à but non lucratif.
Concrètement, le parcours TeenSTAR est constitué de temps d’échange en petits groupes, non mixtes et par tranche d’âge, ce qui permet « des échanges en toute liberté ». Les jeunes sont accueillis « là où ils en sont, avec leur histoire. Accompagnés dans leurs réflexions, avec bienveillance et dans un souci de confidentialité ». Par cette démarche, les animateurs ont à cœur de favoriser le dialogue des jeunes avec leurs parents, souvent démunis face à ces questions. Ceux-ci restant toutefois leurs premiers éducateurs, ils sont invités à s’impliquer par deux échanges prévus durant le parcours, car pour l’association « TeenSTAR complète l’éducation sexuelle dans le cadre familial et ne se substitue pas à celle-ci. Plus les parents réalisent le rôle prépondérant qui leur incombe dans cette tâche, mieux le programme peut les soutenir. »
« Développer cette vision globale de la sexualité avec les jeunes est une forme d’épanouissement personnel » et au cœur de l’esprit TeenStar toutes les dimensions de la personne sont prises en considération, autant physiques, intellectuelles, sociales, affectives que spirituelles. « En tenant compte de ces cinq aspects de la personne et en les ajustant les uns aux autres, le jeune est amené à unifier sa vie. » A Genève, le parcours s’adresse aux adolescents de treize à quinze ans et se compose d’une quinzaine d’ateliers d’une durée de septante-cinq minutes chacun à intervalle de quinze jours. Les adolescents « s’engagent, à l’issue des deux premiers ateliers, qui sont à l’essai, à suivre le parcours dans son intégralité ». Cela permet ainsi « de creuser vraiment les sujets de l’affectivité et de la sexualité. De se forger une opinion, tout en éveillant son sens critique, afin de pouvoir poser des choix libres pour sa vie ».
Avec la célébration à Puplinge le samedi 27 septembre, enfants, parents, catéchistes et communauté, autour du Père Karol et animés par la chorale malgache, ont ouvert la saison de la catéchèse avec tact et finesse par cette MFAM ; comprendre Messe en FAMille. Les chants chrétiens de Madagascar se prêtent par leur douceur à la célébration soft du Dieu fait homme. Un bel apéritif garni attendait les convives pour la « messe après la messe »… Les prochaines MFAM auront lieu le samedi 24 janvier à Saint-François pour fêter la Patronale de l’église de Chêne, et le samedi 2 mai à Chêne également pour la clôture de l’année pastorale et catéchèse (mais on n’y est pas encore !).
Vis-à-vis de celles et ceux que j’ai rencontrés pour alimenter cette rubrique et que je remercie chaleureusement, le moment semble venu de rédiger un petit témoignage personnel…
Par François Riondel Linographie : Raphael Beffa
Que de bons souvenirs de mon enfance de jeune catholique. Je revois des séquences de cette période, comme ma première communion, une journée mémorable et joyeuse ou, dans un registre moins sérieux, mes fous rires d’enfant de chœur, quand l’encensoir suralimenté par nos grands frères farceurs enfumait tout le chœur de l’église, ou encore lorsque le gros orteil de notre prêtre d’alors, chaussé de sandales, s’échappait d’un trou de sa chaussette en pleine homélie !
Comme tout le monde, j’ai grandi. J’ai poursuivi ma pratique religieuse, sans me poser trop de questions. J’ai vécu la joie du mariage, celle du baptême de mes enfants et des autres sacrements qu’ils reçurent. Et puis, la trentaine bien sonnée, une grosse crise de foi (sans « e ») m’est tombée dessus : que faisaient ces prêtres entre nous et le Seigneur, pourquoi l’Eglise maintenait-elle ses fidèles dans une position passive, voire servile, en regard de notre spiritualité, pourquoi imposer ces « rituels » souvent dépassés et d’un autre temps ? Je décidais donc de poursuivre mon chemin seul et ailleurs. Je me suis alors intéressé à d’autres formes de « spiritualités » bien plus séduisantes et, au fil de formations et stages, me suis adonné à la pratique chamanique. Je ne suis pas capable de dire si c’est le Malin qui m’a poussé à ça, pour m’égarer autant que possible, ou si c’était peut-être une voie orchestrée par notre Seigneur pour que j’avance un peu… ? Toujours est-il que plusieurs années dans ce milieu m’ont permis, outre l’acquisition d’un certain savoir, des rencontres enrichissantes et des expériences aussi intéressantes que risquées : notamment des rencontres d’esprits et d’entités, certaines se présentant comme des « guides ». On apprenait aussi à éviter des contacts malfaisants, mais ceux qu’on recherchait étaient-ils aussi inoffensifs qu’il nous semblait ? Et puis il y avait une dimension flatteuse : faire quelque chose d’exceptionnel, aller sur des terrains un peu magiques où tout le monde n’a pas accès, vivre des expériences très fortes puis pouvoir les partager avec d’autres « initiés ».
Puis j’ai eu progressivement l’impression que je m’engluais dans cette forme de spiritualité que je ressentais de plus en plus stérile, voire dangereuse, comme si, croyant maîtriser, j’étais manipulé. Ce malaise m’a finalement conduit à tout « plaquer ». Dès cet instant, mon cœur pouvait recevoir autre chose, mais quoi ?
La réponse à cette question ne s’est pas fait longtemps attendre. En automne 2020, alors que je me baladais dans le village de Choulex, j’ai senti nettement deux doigts qui m’ont attrapé par le lobe de l’oreille droite et m’ont tiré à l’intérieur de l’église. Comme par hasard… un prêtre était là, m’offrant un accueil chaleureux et un très bel échange. Tous mes griefs envers notre religion se sont alors rapidement dissipés. Je comprenais clairement le magnifique rôle du prêtre, la position spirituelle active des pratiquants, la beauté de notre Eglise et la richesse de la Bible, source inépuisable de notre développement spirituel. Quelle joie de pouvoir reprendre cette pratique religieuse qui me révèle peu à peu le sens profond de ma vie.
Merci Seigneur de m’avoir guidé et permis de revenir à Toi. Je t’aime du fond du Cœur.
Une querelle divise les premiers chrétiens : peut-on manger les viandes immolées aux idoles ? Une part brûle pour les dieux, une autre nourrit les prêtres, le reste se retrouve sur le marché. Acheter un steak, c’est risquer de communier, malgré soi, à un rite païen. Faut-il refuser et se marginaliser, ou accepter et passer pour idolâtre ? Paul tranche : l’idole n’a aucun pouvoir, mais mieux vaut ménager les consciences fragiles.
Des siècles plus tard, Nietzsche proclame le « crépuscule des idoles ». Mais en creusant la tombe du divin, il laisse le regard, trop humain, plonger dans l’abime.
Et nous ? Nous croyons avoir enterré les idoles, mais n’ont-elles pas simplement changé d’adresse ? Les temples antiques se sont mués en stades.
Quand L’Equipe titre « Dieu est mort » au lendemain du décès de Maradona, preuve est faite que les idoles ne meurent jamais. Elles se recyclent. D’ailleurs, l’évangile du foot avait déjà couronné son nouveau Messi.
Presque tout le monde, dans sa jeunesse, veut ressembler à un modèle qui rayonne dans le domaine qui lui est cher. Arrive pourtant le jour où un choix doit être posé : Dieu, qui peut donner à la personne humaine un avenir éternel, ou les idoles, qui s’effaceront avec le temps.
Par Calixte Dubosson Photos : unsplash, flickr, dr
Une idole, nous dit le dictionnaire, est une chose ou une personne qui fait l’objet de vénération ou de culte. Presque tout le monde, dans sa jeunesse voulait ressembler à un modèle qui rayonnait dans le domaine qui lui était cher. Je me suis un temps identifié à la grande vedette de football Johan Cruyff en laissant pousser mes longs cheveux, comme mon idole. De tout temps, la personne humaine a besoin de protection. L’enfant se réfugie dans les bras de ses parents, car il est sûr d’y trouver assistance et protection. Devenu adulte, en prise avec des éléments qu’il ne parvient pas à maîtriser, il se tourne vers des valeurs surnaturelles ou spirituelles.
Un exemple : le veau d’or
C’est dans le livre de l’Exode que nous pouvons trouver un exemple de cette difficulté qu’a la personne humaine de croire à l’invisible. L’homme aime ce qui est concret, qui se laisse toucher. Voilà pourquoi, quand Moïse passe 40 jours et 40 nuits sur la montagne pour recevoir les tables de la Loi données par Dieu, le peuple perd patience et se fabrique une idole sous la forme d’un veau d’or. Ils lui rendent un culte, ce qui attire la fureur de Moïse. (Ex 32)
Les idoles de ce temps
Si nous replongeons dans l’actualité, il faut admettre que c’est l’argent et tout ce qu’il représente qui est le nouveau veau d’or. Saint Paul, à la suite de Jésus, ne dit-il pas que « la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent » (1 Tm 6, 10) ? Le prestige, la volonté de domination trouvent des adeptes un peu partout dans le monde. Les guerres sont là pour le justifier. Certains prétendent que ce sont les religions qui sont à la base des conflits. C’est plutôt la religion qui est utilisée comme prétexte pour encourager les conflits qui ne visent que la victoire sur l’adversaire en faisant des milliers de victimes.
Nous pouvons aussi relever, dans un contexte moins dramatique, la puissance d’attraction des masses par un chanteur, une chanteuse, des comédiens. En son temps, Johnny Hallyday était surnommé l’idole des jeunes. Les sportifs de haut niveau sont adulés et l’exploit est de pouvoir s’en approcher et de recevoir un autographe. Ce phénomène est assez significatif pour expliquer la volonté de pouvoir qui se cache derrière ces manifestations. Si j’ai touché la main de Ronaldo, je serai un jour comme lui, ce qui arrive rarement ou pour ainsi dire jamais.
La mort de Maradona ne provoque pas la fin du culte de sa personne, bien au contraire.
Maradona
Restons dans le monde sportif pour évoquer un exemple unique au monde. Nous le devons à Diego Maradona. De son vivant, on a fondé ce qu’on appelle l’Eglise maradonienne. Elle a été créée en 1998. Elle possède actuellement entre 80’000 et 100’000 adeptes dans plus de soixante pays. L’Eglise possède son décalogue. Parmi les dix commandements, figurent :
• « diffuser les miracles de Diego partout dans le monde »
• « ne pas invoquer Diego au nom d’un seul club »
• « porter Diego comme deuxième prénom et le donner à ton fils ».
Le baptême consiste à marquer un but de la main gauche dans une cage fictive, en mémoire « de la main de Dieu » (Maradona a marqué un but de la main contre l’Angleterre), puis en une bénédiction sur la Bible, ici l’autobiographie de Diego Maradona. Diego Maradona décède le 25 novembre 2020 d’un arrêt cardiaque, ce qui modifie l’objet du culte, passant d’une figure d’admiration vivante à une figure morte. Sa mort ne provoque pas la fin du culte de sa personne, au contraire, le nombre de croyants est toujours fort. On a fait de Maradona un dieu avec ses rites et son culte. Arrive pourtant le jour ou un choix doit être posé : Dieu qui peut donner à la personne humaine un avenir éternel ou les idoles qui s’effaceront avec le temps.
En chrétienté
L’idolâtrie existe encore de nos jours. Dans bien des religions, on adore de faux dieux, dont certains se font des images, et d’autres, non. L’idolâtrie est toutefois une question de cœur. Par conséquent, le chrétien peut aussi y céder et pécher. Voilà pourquoi l’apôtre Jean a dit : « Petits enfants, gardez-vous des idoles. » (1 Jean 5.21)
Tout ce que nous aimons plus que Dieu constitue une idole, à un degré ou à un autre. Nous révélons notre attachement à une personne ou à une chose par le temps que nous lui réservons, les sacrifices que nous lui consentons et l’argent que nous lui consacrons. Les idoles nous empêchent de nous vouer entièrement au service de Dieu et nous poussent à croire que nous pouvons trouver la satisfaction et le contentement en elles, plutôt qu’en lui. Il est inutile de tenter de nous sevrer de nos idoles jusqu’à ce que nous priorisions le Seigneur. Si nous nous y essayons, nous découvrirons qu’une nouvelle idole remplace l’ancienne aussitôt que cette dernière est partie. Pour vaincre l’idolâtrie, il faut apprendre à aimer davantage le seul vrai Dieu et sa Parole. Quand il occupe tout notre cœur, il n’y reste plus de place pour les faux dieux.
De l’admiration à l’idolâtrie
Nous ne pouvons pas passer sous silence le phénomène des abus dans l’Eglise pour montrer que l’admiration peut hélas conduire à l’idolâtrie. A tous les abus commis par des personnes sans notoriété majeure s’ajoutent ceux dans lesquels sont impliquées des « figures » que beaucoup de chrétiens, dont les médias catholiques, avaient imprudemment valorisées et investies comme les porteurs d’un nouveau printemps pour l’Eglise : Thomas Philippe et Jean Vanier (l’Arche), père Marie-Dominique Philippe et sœur Alix (la Communauté Saint-Jean), frère Ephraïm (les Béatitudes), Thierry de Roucy (Points-Cœur), Georges Finet (Foyers de charité)…
L’abbé Pierre a généré une forme d’idolâtrie qui rend encore plus incompréhensibles les agissements qui ont été révélés.
C’est maintenant au tour de l’abbé Pierre, qui a été adulé bien au-delà du cercle chrétien. En témoigne son « élection » de nombreuses années comme « personnalité préférée des Français ». Adulé ? Il serait plus juste de parler, pour lui comme pour les autres figures, d’une forme d’idolâtrie qui rend encore plus incompréhensibles les agissements qui sont révélés.
« Moi qui, pourtant, ai toujours eu suffisamment de distance pour ne jamais sombrer dans l’idolâtrie, devant lui j’ai été tenté de m’incliner et de m’agenouiller » ; ainsi parlait un journaliste français après sa rencontre avec Mandela.
La nécessaire et saine désillusion
L’idole est la projection de nos aspirations. Elle se portera sur une star, un sportif, une personnalité politique, un parent, mais aussi possiblement sur un désir, une opinion, une idéologie, une mode ou une religion. Et cette tendance est si naturelle que nous n’avons pas toujours conscience d’être engagés dans une relation idolâtrique. Il faut donc désacraliser ce qui n’est qu’un objet ou une personne. C’est une désillusion, mais elle est nécessaire et vitale. En conclusion, je rapporte cette magnifique citation de Jean Guilhem Xerri, médecin et psychanalyste : « Pour ma part, conscient qu’il y a toujours tapi en moi ce besoin d’idolâtrer, et donc de me fourvoyer, je vois deux règles à suivre. D’abord, je privilégie l’estime à la vénération. Ensuite, à l’idole, je préfère l’icône. Si la première sature le manque, fixe le regard et attache à elle-même, la seconde ne fige jamais dans le visible. Elle renvoie à un autre, elle ouvre vers un mystère, elle fait remonter le regard vers le cours infini de l’invisible. »
La foi dans le Dieu vivant
Un extrait du psaume 113 nous invite à mettre notre foi dans le Dieu vivant plutôt que sur des objets : « Notre Dieu, il est au ciel. Les idoles des païens sont or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier ! »
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