En apprenant à connaître Myriam Bovet lors d’un pèlerinage alpin, je l’avais trouvée particulièrement rayonnante. Elle m’avait alors confié qu’elle avait rencontré Jésus dans son cœur à l’âge de 21 ans. Depuis, elle diffuse ce soleil christique dans chacune de ses activités. Tous les mois, elle se rend à Pramont pour y visiter des jeunes.
Par Christelle Gaist Photos : DR
Rendre visite aux prisonniers fait partie des sept œuvres de miséricorde corporelles, les œuvres que les chrétiens sont invités à accomplir par amour pour Dieu et pour leur prochain. Les six autres consistent à nourrir l’affamé, abreuver l’assoiffé, accueillir l’étranger, vêtir les malheureux, soigner les malades et ensevelir les morts *.
Myriam dédie une bonne partie de son temps à Jésus et à son Eglise. Cette maman de quatre enfants enseigne la catéchèse ; elle assure le service de la sacristie et fleurit l’autel de l’église de Dorénaz. Elle est aussi bergère d’un groupe de prière… pour ne citer que quelques-unes de ses activités.
Adolescente, elle remarque déjà le pénitencier de Sion aujourd’hui transformé en musée. Elle se demande comment la vie se déroule au sein de tels établissements. Ce n’est que des années plus tard, en 2018, à la suite d’un témoignage, qu’elle rejoint le groupe « Parole en Liberté » et qu’elle en pousse finalement les portes.
A l’établissement de Pramont, les rencontres mensuelles se déroulent de la manière suivante. Au sein de petits groupes, les intervenants échangent avec les jeunes sur des thèmes choisis en amont. Le but est d’offrir un espace de parole. Ils partagent également un moment de jeux. Myriam souhaite dans le meilleur des cas leur apporter un peu d’espérance. Les échanges sont nourrissants pour tous, c’est un beau moment d’humanité.
Pour nombre de ces jeunes, c’est une vraie souffrance d’être enfermés entre quatre murs. Ils souhaitent en sortir meilleurs qu’avant. Myriam partage une image avec moi, celle d’un arbre qui aurait été renversé par une tempête ou tronçonné. Contre tout espoir, une pousse en émerge, signe d’une grande résilience. Les racines de la foi ne peuvent être coupées et elles permettent toujours une renaissance.
* Il y a également sept œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, et prier Dieu pour les vivants et les morts.
Sur le chemin de mon entretien avec Myriam, les peupliers n’avaient pas dit leur dernier mot.
En train, en bus, en avion, mais aussi à pied, à moto ou à vélo : tous les moyens de transport seront bons en 2024 pour se rendre à Lourdes pour le 100e pèlerinage interdiocésain du printemps, du 19 au 25 mai. Les organisateurs veulent marquer ce jubilé par de nombreuses initiatives pour faire connaître le message de Lourdes.
Par Claude Jenny
Lourdes, c’est le pèlerinage annuel des chrétiens de Suisse romande. Certaines années, ils furent jusqu’à 4000 à se rendre au pied de la grotte de Bernadette Soubirous, notamment en 1972 pour l’année du 50e pèlerinage interdiocésain de printemps. L’année dernière, ce sont près de 1400 personnes (pèlerins, malades, hospitaliers, personnel médical) qui sont allés vivre ce temps particulier que les malades vont chercher à Lourdes.
Là, où, dans un petit village, en 1858, vivait une famille extrêmement pauvre, du nom de Soubirous. Une fille de 14 ans, prénommée Bernadette, verra 18 fois la Vierge Marie. Depuis ces apparitions, jusqu’à 15’000 personnes sont venues quotidiennement à Lourdes. On parle de visites de Suisses depuis 1873 et en pèlerinage avec des chrétiens français dès les années 1890.
Depuis 1910 un pèlerinage suisse
Mais c’est en 1910 que le pèlerinage de la Suisse romande à Lourdes a été créé officiellement et il sera organisé chaque année. Les deux guerres et le Covid ont engendré des interruptions. Le 50e pèlerinage fut marqué en 1972. Le 100e aurait dû l’être en 2022. La pandémie en a décidé autrement. Qu’importe, le rendez-vous est pris : c’est pour tantôt, en mai 2024, pour le pèlerinage interdiocésain de printemps.
Désireux de marquer cette année du 100e pèlerinage interdiocésain à Lourdes, l’équipe organisatrice a décidé d’organiser plusieurs rendez-vous ou initiatives en lien avec ce jubilé et destinés à faire découvrir ou redécouvrir le message de Marie à Bernadette.
A relever :
• Les chapelains de Lourdes seront en visite en Suisse romande du 17 au 25 février et s’exprimeront lors de diverses célébrations dans plusieurs villes romandes : Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel et Bulle.
• Le samedi 17 février, le spectacle musical « Bernadette de Lourdes » sera proposé à l’Arena de Genève (à 15h et 20h).
• En février prochain, le film « Je m’appelle Bernadette » sera projeté dans plusieurs lieux de Romandie.
• Le 19 mai 2024, soit durant le pèlerinage, une messe sera retransmise à 9h sur les ondes de la Radio romande (Espace 2) en direct de Lourdes avec la participation de la chorale du pèlerinage. Cette messe sera diffusée dans le train et les bus qui seront en route pour Lourdes.
… et des douceurs à acheter et déguster !
Toujours dans le but de récolter des fonds pour financer les frais de voyage et de séjour des malades qui se rendront à Lourdes en mai prochain, les organisateurs mettent en vente quelques douceurs réputées de qualité fabriquées par des producteurs fribourgeois et dont le prix de vente sera légèrement majoré pour la bonne cause. L’objectif est de récolter en un semestre la somme de 35’000 francs.
Il s’agit d’abord de boîtes de chocolat Villars recouvertes d’un emballage spécial ainsi que de cornets des fameux biscuits du Carmel du Pâquier déclinés sous diverses saveurs. Commandes et paiements possibles par Twint au 079 245 231 30.
Sur les pas de Bernadette
Propos recueillis par Claire Moullet
Nous publions ci-dessous le témoignage d’une paroissienne de Cheyres, Marie Pillonel, qui s’est rendue à plusieurs reprises en pèlerinage.
« La première fois que je me suis rendue à Lourdes c’était en mars 1998, j’allais être grand-maman quelques mois plus tard. Etant retraitée, nous avons décidé, avec une amie d’enfance, de nous rendre une semaine à Lourdes. Naturellement, à cette période de l’année il n’y avait pas de pèlerinage organisé. Nous avons visité tous les endroits concernant le parcours de vie de Bernadette. L’endroit qui m’a le plus bouleversée, c’était l’immersion dans la fontaine. J’ai ressenti une grande émotion et j’ai pleuré mais pas de chagrin, mais d’un moment inexplicable de bien-être et me suis dit : ici il s’est passé une chose extraordinaire et surnaturelle.
En 1999 et 2001, je me suis inscrite comme hospitalière. Je voulais apporter ma modeste contribution en aide à ces personnes qui souffrent et peut-être, leur donner une chance de ressentir ce moment de bien-être que j’ai vécu.
Il y a une chose que j’ai constatée : le sourire des personnes aidées nous apporte beaucoup plus que ce qu’on leur donne. »
La fresque du Jugement dernier de l’abbaye de Saint-Jean-des-Sœurs, dans le Val Müstair, fait partie des plus anciennes peintures murales de l’Europe médiévale.
Voir le Christ sur une œuvre d’art est presque banal pour nous aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas toujours été une évidence.
Le possible visage de Jésus selon des chercheurs britanniques.
Par Amandine Beffa | Photos: DR, cath.ch/Maurice Page
De l’interdit vétérotestamentaire de faire une « image de ce qui a la forme de ce qui se trouve au ciel » (Dt 5, 8) jusqu’aux débats du XXe siècle autour de l’art sacré contemporain, s’intéresser aux représentations du Christ, c’est étudier « comment on croit ». Ce que l’on représente, et peut-être plus encore ce que l’on ne représente pas, dit beaucoup.
Donner ou ne pas donner de visage au Fils de Dieu
Aux premiers siècles, le Christ est évoqué par des symboles : poisson, chrisme (initiales du Christ), ancre, agneau… Dans les catacombes, il y a plus d’une centaine d’images du Bon Pasteur. Ce n’est toutefois pas encore une figuration du Christ à proprement parler. C’est la mise en image d’une parabole. Or, les paraboles sont des récits allégoriques. Ainsi, on évoque une histoire qui relate quelque chose du Fils de Dieu.
Des scènes bibliques sont observables, mais il s’agit surtout d’exprimer une espérance. Ce sont avant tout les miracles et la résurrection qui sont figurés.
Si le Christ est ressuscité, s’Il a ramené à la vie Lazare, alors, ceux qui sont morts peuvent espérer la vie.
Pour le frère Philippe Lefebvre : « Si l’on ne peut s’empêcher de se faire des images de ce en quoi on croit, quelles sont les images qui correspondent à la révélation de Dieu Lui-même ? »1
L’enjeu de l’art est aussi ce que l’on souhaite transmettre. Les évangiles ne disent rien de l’apparence de Jésus. Pour le représenter, il est impératif d’imaginer ce à quoi il ressemble. Mais, est-ce si anodin ? Pas forcément. En effet, l’image que nous avons de Lui provient en partie des œuvres que nous avons vues depuis que nous sommes enfants.
Ainsi que le développe Robert Will, il n’est pas possible de trouver une image qui exprime à elle seule le tout du Christ. Elle ne dira jamais « la plénitude de la vie divine en lui »2. Toute représentation est nécessairement réductrice.
Jésus enfant a parfois les traits d’un adulte miniature ou d’un « enfant vieillard ».
Définir les traits du Christ
Les traits du Christ ont été progressivement définis pour arriver à une forme d’art canonique. Aujourd’hui, si on demande à des personnes prises au hasard de dessiner Jésus, il y a fort à parier qu’il y aura beaucoup de points communs.
C’est au Ve siècle que se fixe l’apparence du Jésus que nous connaissons.
Par la suite, « […] depuis le XVIe siècle, les tendances artistiques se sont dispersées dans la mesure où la vie religieuse s’est individualisée »3.
Parfois, les débats se trouvent là où nous ne les attendrions pas. Au XIe siècle, Jésus enfant a les traits d’un adulte miniature ou d’un « enfant vieillard ». Cela repose sur la conviction qu’il est impossible à Dieu de changer, de vieillir, de mourir.
Aujourd’hui, certains chercheurs essaient de retrouver ce à quoi le « Jésus historique » ressemblait réellement, en utilisant des crânes de l’époque et toutes les informations dont nous disposons. Les images 3D sont certes impressionnantes, mais nous pouvons nous demander ce qu’elles apportent à notre foi.
Le Beau Dieu
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les critères esthétiques sont prépondérants. Saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin insistent sur le fait que Jésus ne peut qu’avoir une apparence parfaite.
La beauté physique est comprise comme reflet de la beauté de l’âme. Le Psalmiste ne dit-il pas : « Tu es beau comme aucun des enfants de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : oui, Dieu te bénit pour toujours. » (Ps 44, 3) ?
Le Christ mort et souffrant
Si la Résurrection a été fêtée dès le début du christianisme, il faut attendre le IVe siècle pour voir apparaître les premières crucifixions. Elles restent malgré tout très symboliques. Longtemps, ces scènes ne sont pas réellement défigurantes, les traits restent harmonieux. C’est le cas par exemple du Retable des Cordeliers à Fribourg.
Au centre du Retable des Cordeliers, à Fribourg, le Christ conserve des traits harmonieux malgré la crucifixion.
Le glissement est progressif : « Vers la fin du Moyen Age, ce fut surtout le Crucifié que l’on représenta dans l’horreur de l’agonie, tandis que l’ancienne Eglise éprouvait une certaine répugnance pour ce spectacle. »4
Dès le XIVe siècle, se développe une obsession pour la mort et la passion. Elle va de pair avec une spiritualité doloriste. On cherche à éveiller la pitié, une forme de culpabilité aussi : le Christ est mort pour nous, à cause de nous.
Le Christ défiguré
Représenter le Christ souffrant ne revient pas nécessairement à représenter le Christ laid. Pourtant, le prophète Esaïe déclare : « La multitude avait été consternée en le voyant, car Il était si défiguré qu’Il ne ressemblait plus à un homme ; Il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. […] Il était sans apparence ni beauté qui attirent nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, Il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. » (Es 52, 14-53, 3)
Que nous dit la souffrance du Christ ? Elle nous rappelle que la crucifixion n’est pas banale. Paul ne nous parle-t-il pas du scandale de la croix (1 Co 1, 22-23) ?
Parmi toutes les œuvres, deux sont incontournables : le Retable d’Issenheim de Mathias Grünewald et le Christ de Germaine Richier. Les deux ont en commun d’avoir été réalisés pour des malades, au cours de périodes d’épidémies. Grünewald et Richier, chacun à son époque, ont voulu montrer un Christ défiguré par la souffrance.
Une œuvre exilée
Au Plateau d’Assy, les malades des sanatoriums ont tout de suite apprécié ce Jésus illustrant si bien les paroles du prophète : « En fait, c’étaient nos souffrances qu’Il portait, nos douleurs dont Il était chargé. Et nous, nous pensions qu’Il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’Il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’Il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur Lui : par ses blessures, nous sommes guéris. » (Es 53, 4-5) Mais, la multitude est consternée si bien que le crucifix de Germaine Richier est exilé de 1951 et 1969.
Pour le frère Philippe Lefebvre, l’idole est une « projection sur le divin de son propre imaginaire, de sorte qu’elle enferme sur soi au lieu de favoriser la rencontre »5. Rejeter certaines représentations du Christ serait-il finalement une forme d’idolâtrie ? Nous pouvons ainsi nous demander quelle rencontre nous manquons lorsque nous rejetons une œuvre.
1 Lefebvre Philippe. Peut-on représenter Dieu ? Un questionnement dans la Bible. In : Etudes, n° 4225. mars 2016. p. 63. 2 Will Robert. Le symbolisme de l’image du Christ. Essai d’iconographie chrétienne. In : Revue d’histoire et de philosophie religieuses, 16e année n° 3-5, Mai-octobre 1936. Cahier dédié à la mémoire de G. Baldensperger. p. 403. 3 Ibid, p. 148. 4 Ibid, pp. 415-416. 5 Lefebvre, op. cit., p. 63.
J’ai la joie de participer régulièrement à un atelier d’écriture animé par Marie-Laure Choplin. Les consignes ont souvent un ancrage dans la Bible. Cette fois-là, il s’agissait d’écrire au sujet de notre dernier «éblouissement»: ça tombait bien, car je venais de vivre un de ces moments lumineux, la veille au soir, à l’école…
Par Françoise Besson | Photos : DR, Pexels.com
Une jeune fille en grande hâte monte les escaliers : elle a oublié dans la salle de classe ses airpods (écouteurs). C’est vendredi soir, l’école est déjà silencieuse et la perspective de traverser le week-end sans musique déversée à même l’oreille la met en panique. Elle a 17 ans peut-être et, de tout elle-même, émane un sentiment d’urgence. Elle est très belle dans son essoufflement…
Je vois dans son regard que je fais, sans le vouloir, figure de sauveur, car j’ai la clé – ce précieux sésame qui ouvre toutes les salles ! En chemin vers la classe, nous discutons, je ne la connais pas. Je lui demande ce qu’elle aime faire, et là elle s’arrête et me répond : « Moi, Madame, ce que j’aime, c’est dessiner des couvertures de livre… Alors après, il faut que j’écrive le livre, sinon la couverture reste là, comme une plante verte… »
Jaillissement de poésie pure ! Elle l’a dit avec feu et j’en suis tout éblouie… C’est là ce que l’on pourrait appeler une « transfiguration ». En quelques secondes, je prends en plein visage la vibrante lumière de sa passion, et elle sait que je l’ai reçue…
Nous nous quittons un peu plus tard comme deux sages tibétains, en échangeant un long regard, nous inclinant un peu… Dans mon cœur, je remercie les oublis, les questions anodines, les rencontres inattendues en cette heure où l’école presque vide se fait soudain écrin…
Ces moments où nous sommes témoins de la manifestation de la Vie, sur le visage d’un parent qui regarde son enfant, sur le visage d’un musicien jouant de son instrument ou de quelqu’un qui nous partage ce qui l’anime ; ces moments émouvants, nous devons les garder précieusement dans notre cœur… Sous la fine couverture du quotidien, ils nous révèlent qu’il y a plus que nous-mêmes en nous-mêmes. Et comme les apôtres au Mont Thabor, nous aimerions tellement nous installer là, dans cet instant sacré où l’on effleure du regard la Vie même… Il nous faut reprendre le chemin du quotidien, habités, pleinement, de ce que nous avons vu…
Tout entier *
Ne déchirons pas le texte Tissé d’une seule pièce Ne le déchirons pas ! Ta fin lamentable en fait partie Et notre tendance, Toujours la même A chercher un coupable Calmer l’agitation Avec un mort de plus Quelle illusion tenace ! Et dans les franges du texte Mystérieusement Retrouver ta présence En tout lieu Et ta voix familière Qui ne cesse de nous dire Allez, vivez ! Soyez mes témoins…
* Voici encore le « fruit » d’un autre atelier, sensiblement sur le même thème.
Le Christ Roi. Peinture d’Arcabas. « Les soldats prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. » Jn 19, 23
Véronique Christinaz : un quart de siècle de dévouement au service de la paroisse.
Le 8 décembre dernier, fête de l’Immaculée Conception, Mme Sophie Delpedro, présidente du Conseil de communauté de Nuvilly, a adressé un chaleureux remerciement à Mme Véronique Christinaz, qui quitte son mandat après 25 ans de fidèle présence au sein du Conseil paroissial.
Par Marianne Berset Photos : André Bise
C’est le 4 juillet 1998 que Véronique est assermentée comme membre du Conseil de paroisse de Nuvilly sous la présidence de Charles Broye. Très dévouée, elle assume toutes les tâches d’un conseiller (secrétaire, responsable des servants, des lecteurs, etc.). Sous la présidence de Mme Marchon, elle prend aussi son bâton de pèlerin pour trouver les fonds nécessaires à la restauration de l’église. En 2014, c’est la présidence qu’elle assure jusqu’à la fusion de la nouvelle paroisse Saint-Laurent Estavayer. Là, elle maintient son dévouement de conseillère comme responsable des manifestations.
Pour tout ce temps donné dans le calme, la bonne humeur et la générosité, Mme Christinaz a été fleurie par le Conseil de communauté. A cette occasion, Mme Delpedro a également souligné que M. Dominique Monnerat a assuré la présidence du Conseil de communauté de 2014 à 2022 et qu’une attention lui sera remise lors d’un prochain conseil.
Merci à toutes les personnes qui se dévouent au sein des conseils pour le bien de nos communautés.
Représentation du Christ créateur, par Giusto de Menabuoi.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
« Il est l’image du Dieu invisible », eikôn en grec, qui donne le terme français « icône ». Le cantique qui ouvre la lettre de Paul aux Colossiens et que nous chantons régulièrement à l’office des vêpres (du soir) célèbre d’abord le Christ créateur, le Premier-Né en qui toutes choses ont été faites, autant les créatures visibles qu’invisibles, puissances, principautés, souverainetés, dominations, pour reprendre les quatre mots employés par l’hymne afin de désigner les êtres non-visibles et spirituels, mais soumis au Christ. « Tout est créé par lui et pour lui », ajoute Paul, car il est engendré de toute éternité dans le sein du Père, « il est avant toute chose et tout subsiste en lui ».
Reflet éternel de la grandeur de Dieu, il nous offre le visage de la bonté et de la tendresse divine. Jésus-Christ est notre Sauveur et notre Roi, la tête de l’Eglise, son Corps. Il est établi à ce titre par sa Résurrection dans l’Esprit Saint. Il est le premier-né d’entre les morts, le commencement de toute réalité. Il a en tout la primauté, parce qu’en lui habite la plénitude de vie et de vérité. C’est par lui que le Père s’est réconcilié toute chose. Par le sang de sa croix, il a offert au cosmos et à l’humanité la paix, le shalom, l’harmonie, sur la terre et dans le ciel. Il nous a donné d’avoir part dans la lumière à l’héritage promis avec tous les saints, les vivants et les défunts. Lui le Bien-Aimé, il nous a arrachés au pouvoir du mal, il nous a associés à son Royaume, il nous a offert la rédemption et le pardon de tous nos péchés.
Il vaut la peine de contempler ce chant et les métaphores qu’il déploie, de les déguster l’une après l’autre, de manière à ce que nous puissions toujours mieux habiter notre propre corps fait à l’image de la Trinité, l’univers qui nous est confié, et de façon à ce que nous parvenions à vivre dans la sérénité avec nos frères et sœurs dans l’Eglise et dans le monde, de toutes races, nations, peuples et religions.
Le Christ se donne à voir pour que nous puissions le représenter et l’offrir aux autres.
Situé sur le Mont Chemin, en Valais, le village de Chemin porte bien son nom. Enfant, j’y ai découvert vallons, moraines, prairies.
Texte, photo et gravure sur bois par Olivier Taramarcaz
Des alpages et des hommes – Le Mont Chemin, par sa configuration en étage, de Surfrête au col du Lein, comporte clairières et prairies, forêts clairsemées de mélèzes, entretenues par les paysans de montagne. Quatre alpages, Bioley, Planches, Tronc, Lein, racontent la vie rurale, fiable, humble, engagée. Les vaches de la race d’Hérens sont chez elles sur ce terrain vallonné. Rejoindre un alpage permet de goûter séracs et fromages aux saveurs des fleurs de montagne.
Mines de fer et cheminées – Le sentier didactique des mines du Mont Chemin conduit vers plusieurs sites. Le Mont Chemin signifierait aussi le Mont des fours. C’est ce qu’indique Mathias Vust dans son ouvrage de référence Le Mont Chemin1 : issu du bas latin camminus, le mot chemin est proche phonétiquement de caminus qui signifie fourneau, cheminée. Or, l’histoire qui a marqué le lieu de son empreinte, c’est bien celle des fours et cheminées d’extraction. La ville de Martigny porte ainsi dans son nom, une indication liée à la vie minière du Mont Chemin. Le fer était affiné près de la Dranse, à l’aide de martinets, marteaux mus par la force hydraulique. La présence d’un marteau en or sur les armoiries de la Ville atteste de cette parenté.
Diversité du paysage et de la faune – La diversité des espaces favorise des habitats propices à une variété d’espèces animales et végétales. Ainsi peut-on observer la buse survolant les hameaux, la chouette de Tengmalm, la chouette chevêchette. La famille des pics anime les forêts, dans un jeu percutant de toccata. Quelle surprise d’assister au ballet des becs croisés des sapins au buste flamboyant. Il m’arrive de surprendre la martre sur une branche d’épicéa.
Flore en bouquet de parfums – La variété de fleurs, de janvier à décembre, laisse pantois. Crocus, hépatiques, pulmonaires, tapissent les prairies dès la fonte des neiges. Au cœur du printemps, une explosion de lueurs manifeste la palette du Créateur : trolle, primevère officinale, sauge des prés, scabieuse des champs. Les papillons s’y délectent : azuré, demi-deuil, machaon, petite tortue, apollon, cuivré. En été, ancolie noirâtre, orchis tacheté, bouillon blanc, vipérine, exhalent leurs parfums portés par l’élan de tiges aux allures de notes symphoniques. En automne, la carline acaule apporte sa teinte nacre à l’ombrage des mélèzes, dans un accord de lumières, invitant à s’asseoir dans les pentes. Durant l’hiver, la promenade de l’étang du Goilly des Planches à l’étang du Col du Lein, permet de contempler les massettes à feuilles étroites.
Chemin de rencontre – Vivre à Chemin, c’est être en chemin, près de tout, entouré de parfums. Ici, un rêve de fleurs me prend par la main. Dans ce jardin d’en Haut, je me sens convié à la reconnaissance à l’égard de notre Créateur. Oui, la Création est le premier Livre par lequel Dieu nous parle. Assis contre un tronc de mélèze, j’aime méditer la Parole faite terre. Porté par l’élan de l’amour du Père, j’accueille, reconnaissant, la douceur de Sa Présence. J’aime demeurer dans son intimité. Jésus dit : « Je suis le chemin. » (Evangile de Jean 14, 6) Oui, Le Chemin est une personne, et Chemin, le village d’en Haut, un chemin de rencontre.
1 Vust Mathias, Le Mont Chemin. Hommes d’hier, Nature d’aujourd’hui, Sierre, Iterama, 2010, 34-35.
C’était à Marseille, en septembre 2023. Le pape François encourageait les prêtres et consacrés en ces termes éloquents : faire sentir le regard de Jésus. Et de rappeler que sur les images de Marie, il convient de fixer notre regard sur le sien, qui souvent porte soit vers son Fils, soit vers nous. Idem pour le regard de l’Enfant dans ses bras : il se pose sur nous ou sur sa mère. Une invitation à contempler les images pieuses non pas en tant que talismans ou idoles, mais comme vecteurs d’une relation à Dieu et au prochain tout intérieure, qui passe par le regard…
Joli coup d’œil
En nous laissant regarder par le Christ, nous devenons – continue le Pape – nous-mêmes des observateurs aux caractéristiques suivantes : « Proximité, compassion et tendresse. » En nous laissant ainsi portés par son regard, nous devenons celles et ceux qui, de par notre étreinte, traduisons l’encouragement de Dieu aux blessés de la vie et de par notre caresse, incarnons la proximité d’un Dieu de miséricorde pour qui en a besoin.
Œil pour œil…
Mais il y a également, précise le Pape, le regard des priantes et des priants envers l’icône, l’image, le visage du Christ. L’adoration se fait aussi par le regard : sur l’ostensoir, sur le Saint ou la Sainte peinte, sur le visage même du Christ en croix, ou en gloire. « Portons à nos frères et sœurs le regard de Dieu », et « portons à Dieu leur soif », leur cécité, leurs aveuglements, en une chaîne bienfaisante qui délie de la mièvrerie et relie au Regardant qu’est le Christ, du haut de la croix.
La Journée intercantonale des proches aidants s’est tenue le 30 octobre 2023. En Suisse, une personne sur quatre est proche aidant: un nombre considérable. Pourtant, contrairement à d’autres pays, on tarde à établir un statut juridique clair pour ces aidants alors qu’ils jouent un rôle essentiel pour le système de santé et, au-delà, pour la société tout entière.
Par Anne-Laure Martinetti Photos : pexels.com
Qu’est-ce qu’un proche aidant ? Selon l’Association Proches Aidants Valais, il s’agit de quelqu’un qui permet à une personne en perte d’autonomie de continuer à vivre chez elle dans de bonnes conditions. Cette définition recouvre forcément nombre de situations, car la perte d’autonomie concerne aussi bien le grand âge, le handicap, la maladie physique ou mentale, l’addiction… Fréquemment, le proche aidant sait à qui s’adresser pour ce qui regarde directement la personne dont il s’occupe mais ignore qu’il a, lui aussi, droit à une aide.
Un signal positif du Conseil des Etats – La Conseillère aux Etats, Marianne Maret, a déposé une motion visant à définir un statut juridique pour une meilleure reconnaissance de ce travail indispensable. L’an dernier, la commission compétente du Conseil des Etats a débattu et continue d’approfondir le sujet. Marianne Maret a déclaré : « Il s’agit d’une première étape. Cela entraînera certes des coûts, mais ceux-ci seront bien plus élevés à l’avenir si le cadre règlementaire décourage les proches aidants et que c’est le système de santé étatique qui doit prendre le relais. »1
Quelle réalité pour le proche aidant ? – Marie2 prend soin d’un enfant souffrant d’une malformation pulmonaire de naissance. La santé de son fils exige des soins journaliers de plusieurs heures, et ce, sans compter les rendez-vous médicaux, la physiothérapie, l’ergothérapie… « J’ai arrêté de travailler et nous avons dû déménager pour faciliter les trajets maison-école. J’ai aussi engagé un répétiteur à domicile pour pallier le retard dû aux absences scolaires. Je ne savais pas que j’avais droit à quoi que ce soit. C’est par la Ligue pulmonaire que je l’ai appris. J’ai reçu une somme de l’AI afin de payer une personne pour une partie des soins. En revanche, la somme annuelle allouée pour des heures de ménage sur mon assurance maladie ne pouvait être perçue car je n’étais pas la personne malade. Si je m’étais cassé un bras, j’y aurais eu droit ! » Josie s’occupe de sa mère souffrant d’Alzheimer. « Elle est encore relativement autonome mais je suis en permanence en souci. Mon frère habite à l’étranger et mes enfants m’aident parfois mais ils sont en pleine vie active entre travail et enfants en bas âge. » Adaptation du temps de travail, voire abandon, vacances et week-ends inexistants, déménagements, lourde charge mentale… : voilà la réalité des proches aidants. L’épuisement les guette d’où la nécessité d’un soutien efficace.
Les femmes en première ligne – Les femmes sont non seulement surreprésentées parmi les proches aidants, mais également parmi les personnes dépendantes. Dans le premier cas, la raison en est le temps partiel, certes, mais peut-être aussi la « vocation ». Cela dit, ce terme fourre-tout justifie trop souvent l’inaction d’autres instances. Dans le second cas, deux raisons sont généralement évoquées : une plus longue espérance de vie et des moyens économiques plus faibles, réalité due à une protection sociale en partie fondée sur le genre. Rebecca Durollet, docteure en géographie sociale et codirectrice de l’étude intituée « Vieillir sans la présence de la famille », explique : « On a envie que les personnes puissent vieillir chez elles, ce qui est une très bonne chose. Mais dans cette politique de l’ambulatoire au stationnaire, on compte énormément sur les proches aidants et on sait peu ce que l’on peut faire si ces proches n’existent pas. Ces personnes peuvent connaître des obstacles structurels et financiers. »3 Enfin, tout un chacun peut aider, à l’occasion ou régulièrement : apporter des courses, poster un colis, faire un trajet chez le médecin… Ne perdons pas de vue que nous pouvons tous, un jour, devenir proche aidant ou proche aidé.
1 Site web : www.mariannemaret.ch 2 Tous les prénoms sont fictifs. 3 Emission La Matinale, RTS, 11 décembre 2023.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Céline Ruffieux, représentante de l’évêque à Fribourg, est l’auteure de cette carte blanche.
L’Eglise est morte ; vive l’Eglise !
Par Céline Ruffieux, représentante de l’évêque à Fribourg Photo: cath.ch
L’Eglise de nos paroisses, parfois millénaires (dès le VIe siècle), ne peut que constater qu’elle est en décalage de quelques centaines d’années avec le monde d’aujourd’hui, autant par rapport aux besoins qu’aux réalités de nos contemporains. Le rythme de vie des familles, les offres et les besoins dans le domaine de la spiritualité, l’éco-anxiété des jeunes adultes, l’individualisme de la société…
Il y a une rupture de confiance générale : même les plus grands sont mis à terre publiquement, accusés d’abus et d’emprise, jouissant de leur position asymétrique dans leurs relations ; l’institution s’est autoprotégée au détriment des victimes et aujourd’hui, nous nous retrouvons à devoir chercher l’Essentiel.
Le sol s’effrite sous les pieds des gens engagés dans cette Eglise-institution. Et pourtant… nous sommes toujours là ! Prêtres, agent-es pastoraux-ales laïcs-ques, diacres, conseillers-ères de paroisse, collaborateurs-trices administratifs-ves, sacristains-ines, chantres… représentant-e de l’évêque, évêque, et vous, surtout vous, baptisé-e-s, paroissien-ne-s, curieux-ses… Nous sommes toujours là, avec Jésus, présent au milieu de nous, parce que c’est bien Lui qui nous engage à mettre nos vies sur son chemin et non pas un contrat ou un salaire.
Chaque matin, j’ai la petite discipline de me poser la question de mon « Oui » à Le suivre. Je prends le temps de prendre conscience et de m’émerveiller de ce monde encore une fois créé pour nous. J’aurai une journée chargée, avec des conflits à gérer, des solutions à construire pour des problèmes qui semblent pourtant parfois insolubles, des décisions à prendre, réjouissantes ou effrayantes quant à leurs conséquences, des séances à animer ou à amender. Ma journée sera surtout l’occasion de laisser le souffle de l’Esprit créer l’improbable, l’amour du Christ infuser chacune de mes rencontres, chacune de mes décisions, chacun de mes silences.
Nous avons célébré la naissance du Fils de Dieu il y a à peine quelques semaines. Cette naissance n’a pas eu lieu il y a environ 2000 ans, mais bien dans « l’aujourd’hui » de nos vies, aujourd’hui de Dieu. Nous avons peut-être rangé le sapin et la crèche, ne rangeons pas la lumière de Noël hors de nos cœurs et vivons l’Eglise ensemble !
Sept chorales étaient rassemblées samedi 16 décembre pour un concert d’exception en faveur de la Fondation Theodora. Ces magnifiques moments de partage à l’orée de Noël permettent de se réchauffer les cœurs mais aussi de découvrir les nombreux visages, qui trouvent une grande joie à être réunis pour chanter au long de l’année dans le secret des salles de la région et là pour la joie de tous !
Chœur des Aînés, Chœur des Familles, Chœur d’Hommes…
Pourquoi, après la prière du « Je confesse à Dieu » et la formule d’absolution du prêtre, nous demandons encore au Seigneur de prendre pitié ? * Tel est le sens du Kyrie eleison (en grec ancien) : « Seigneur, prends pitié. » Il nous permet d’élargir notre prière et de proclamer la miséricorde de Dieu pour nos frères et sœurs en humanité. Le Kyrie est donc une acclamation du Seigneur ressuscité, victorieux de la mort sous toutes ses formes, y compris le péché et qui vient nous relever.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Un frère d’un monastère avait des problèmes psychiques. On lui confiait des petits travaux comme donner à manger aux poules. Un jour, il refusa d’aller dans le poulailler, car il s’était mis dans la tête qu’il était un grain de riz. Le supérieur l’hospitalisa et après trois semaines de soin, il retourna au couvent guéri de sa certitude d’être un grain de riz. Le supérieur lui confia à nouveau la tâche de donner à manger aux poules. Il y alla, mais au dernier moment, il renonça. Le Père-Abbé lui dit : – Voyons, frère Antoine, vous n’êtes plus un grain de riz. Vous pouvez y aller sans peur ! – Moi je sais que je ne suis pas un grain de riz, mais les poules ne le savent pas !
La question de la représentation des images de Dieu est légitime et traverse toutes les traditions chrétiennes. Une multitude de visages ont été prêtés au Christ. Chaque artiste lui en a façonné un avec ce qu’il comprenait de Lui théologiquement. Entre le Christ historique et celui de nos mémoires rétiniennes, décryptage avec Daniel Marguerat.
Pour l’exégète, les auteurs du Nouveau Testament mettent en avant l’intelligence de la foi.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
La quête du Jésus historique fait-elle peur dans la mesure où le résultat de ces recherches pourrait contredire le contenu de la foi ? Lorsqu’elle ne coïncide pas avec l’image que l’on s’est faite de Jésus, autant empreinte de tradition doctrinale que d’imaginaire, elle peut faire peur. Cette image qui nous désoriente doit être vue comme une chance pour la foi, car elle nous rapproche des Ecritures. Notre compréhension de Jésus vient s’affiner, s’enrichir et s’approfondir. Tous les auteurs du Nouveau Testament mettent en avant ce que l’on appelle l’intelligence de la foi et celle-ci doit grandir, sans quoi, elle se sclérose.
Risquerait-elle de rendre Jésus trop humain ? Il faut éviter de penser que Jésus serait en partie humain et en partie divin. Tout en lui est à la fois humain et « divin », dans le sens où il s’est fait médium de Dieu. Il est l’icône de Dieu comme nul humain ne l’a été. Mais il est vrai que dans la foi traditionnelle, un peu plus du côté catholique, la part « divine » a été majorée par rapport à la part humaine et c’est un déséquilibre qu’il faut éviter.
C’est justement sur l’humanité (ou l’incarnation) qu’est fondée la permission des représentations du Christ. Un peu paradoxal, non ? La sacralisation du personnage a commencé extrêmement tôt dans la foi chrétienne, mais toute la recherche sur le Jésus de l’histoire est au service de notre foi en l’incarnation. Il faut avouer que l’ambivalence de la liturgie fausse notre compréhension du Christ, car elle nous fait adresser nos prières autant à Dieu qu’à Jésus. Pourtant, ce dernier n’a jamais été que celui qui nous oriente vers Dieu, il n’a jamais réclamé qu’on le prie. Ni celui de l’histoire, ni celui des Evangiles. Ce flou est théologiquement regrettable, car on en vient à majorer la part divine de Jésus de telle manière qu’il en perd son humanité.
On reproche à la recherche historico-critique d’être incapable de comprendre qui était vraiment Jésus… La recherche historico-critique n’a qu’un objectif : celui de reconstruire la biographie de Jésus de Nazareth par les moyens de l’histoire. Elle va donc décrire l’humain Jésus et n’a absolument pas pour but de légitimer la foi en Jésus. Ce n’est pas son rôle. Par contre, elle a permis d’énormes avancées dans la compréhension de ce que fut le monde de Jésus et a évité ainsi d’énormes contresens.
Jésus a généré plusieurs lectures, les quatre Evangiles en sont la preuve, mais l’exégèse canonique gomme parfois toute cette diversité, à quelles fins ? A la fin du IIe siècle, il y a eu une tentative de rédiger une « harmonie » des quatre Evangiles, mais l’Eglise a été bien inspirée de refuser. Cela nous montre que personne ne peut mettre la main sur le Christ en le définissant par une parole unique. Il nous faut absolument respecter cette diversité, car elle nous permet également d’accueillir la diversité chrétienne. Légitimer une seule approche croyante est une posture sectaire. Les événements que représentent la venue de Jésus, son action et ses paroles sont d’une telle richesse qu’aucun courant théologique ni aucune spiritualité ne peuvent les capter tout entier. Dieu, merci !
« Messianique » intelligence artificielle
La start-up AvatarLabs vient de développer un robot conversationnel à l’image du Christ. Cette intelligence artificielle (IA) capable de répondre à des questions théologiques et spirituelles laisse Daniel Marguerat quelque peu… dubitatif. « Ce Personal Jesus a été construit par des ingénieurs ayant leur propre image de Jésus. L’IA n’est que la vitrine de la spiritualité de ses concepteurs. Ce Jésus n’est donc ni neutre, ni scientifique, ni objectif. Une icône en fin de compte, qui ne sert qu’une seule spiritualité et une unique approche. »
Bio express
Daniel Marguerat a enseigné le Nouveau Testament à l’Université de Lausanne de 1984 à 2008. Il est notamment spécialiste de la question du Jésus de l’histoire et de la théologie paulinienne. Auparavant, pasteur dans l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), il est désormais retraité et divise son temps entre la rédaction de nouveaux ouvrages, ses petits-enfants et… les vacances.
Entrons en Carême et ouvrons sa porte, Pour prendre le temps de nous laisser conduire au désert, Celui de nos doutes et de nos tentations. Entrons en Carême et ouvrons sa porte, Suivons les pas du Christ Sauveur, Afin de suivre un chemin de conversion et de prière.
Entrons en Carême et changeons de cap, Pour prendre le temps de nous laisser conduire au désert, Celui de fausses certitudes et de nos masques d’apparence. Entrons en Carême et changeons de cap, Fixons la boussole de notre cœur et de notre regard sur le Christ Sauveur, Pour revêtir un regard de vérité et d’humilité.
Entrons en Carême et écoutons la Parole de Dieu, En prenant le temps de nous laisser conduire au désert, Celui où nous nous perdons dans le bourdonnement et le bruit du monde. Entrons en Carême et écoutons la Parole de Dieu, Ouvrons les oreilles de notre cœur et écoutons la voix du Christ Sauveur, Afin de creuser notre faim de la Parole qui donne vie et l’accueillir.
Entrons en Carême et ouvrons-nous à l’Amour de Dieu, En prenant le temps de nous laisser conduire au désert, Celui de nos égoïsmes et de nos enfermements. Entrons en Carême et ouvrons-nous à l’Amour de Dieu, Accueillons dans notre coeur et notre vie la miséricorde du Christ Sauveur, Pour oser des paroles de pardon et d’amour.
Quarante jours Seigneur pour t’accueillir dans le silence de la prière. Quarante jours, Seigneur pour te suivre au désert, et s’ouvrir à ta Parole. Quarante jours Seigneur pour redécouvrir ta Miséricorde dans le pardon donné et reçu Quarante jours, Seigneur pour se délester de ce qui alourdit notre marche avec toi. Quarante jours, Seigneur pour se tourner vers toi, pour se priver du superficiel afin de s’ouvrir à l’essentiel.
Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs.
Par Amandine Beffa Photo : Jean-Claude Gadmer
La fin des travaux de restauration de la basilique Notre-Dame de Lausanne, prévue pour fin 2024, est l’occasion de redécouvrir l’extraordinaire fresque de Severini qui s’y trouve. La surface de plus de 200 m2 et la voûte dorée à la feuille en font une œuvre unique en Suisse.
Comme souvent avec le Groupe Saint-Luc, l’œuvre est tout à la fois très traditionnelle et très moderne. Les codes de l’art byzantin sont traduits dans une langue cubiste et futuriste.
Aujourd’hui, nous sommes surpris par les églises entièrement décorées. Mais, ce sont nos édifices sobres qui déconcerteraient les hommes et les femmes de la période byzantine. En effet, il était impossible de laisser un mur vide. Toute paroi était nécessairement peinte ou recouverte d’une mosaïque.
Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs. De manière très traditionnelle, la Vierge à l’Enfant est le point focal de l’abside.
La couleur de l’arrière-plan, symbole de la sainteté et de la lumière divine, fait le lien avec les scènes qui entourent la Mère de Dieu.
A notre gauche, l’ange désigne la colombe de l’Esprit Saint. Nous entendrions presque Marie, les mains ouvertes, déclarer : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »
Au premier registre, elle est présente aux pieds de la croix. Contrairement aux codes byzantins, elle est très expressive jusque dans le mouvement des bras qui recouvrent le bas de son visage.
La scène du couronnement de la Vierge, située sur la droite, n’est pas biblique. Elle est toutefois très commune dans l’art sacré, tant en orient qu’en occident.
Le décor citadin de l’œuvre est une note de modernité. Au-dessus de la scène de l’Annonciation, nous reconnaissons la cathédrale de Lausanne. En symétrie, se trouve la basilique Saint-Pierre de Rome.
Dans cette œuvre, la Vierge Marie présente le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour nous sauver. Est-ce que la présence d’un édifice protestant et de l’église catholique par excellence ne vient pas nous rappeler que le Salut est donné pour tous en Jésus-Christ ?
Cette année, le Carême commence le 14 février à la Saint-Valentin. C’est un signe que l’amour et la miséricorde de Dieu sont au cœur du Carême et que Pâques est l’apothéose de l’amour. Avec le thème « moins c’est plus ! », cela donne à réfléchir à son propre comportement vis-à-vis de soi-même, des autres, de la Création et de Dieu. Quelle conversion suis-je prête à faire ?
Le Carême, c’est l’occasion de s’arrêter et de se recentrer sur Celui qui est la source de l’amour. Il nous a montré l’exemple, comment aimer sans condition en donnant sa vie pour les autres, pour nous autres. Si je regarde le changement climatique, je vois qu’il apporte beaucoup de souffrances, surtout chez les peuples qui en subissent les conséquences. Est-ce que moi chrétien, je me soucie de mon prochain qui souffre ? Quel message chrétien transmettons-nous autour de nous par notre attitude ?
Ignace de Loyola a dit : « Prie comme si tout dépendait de Dieu, et agis comme si tout dépendait de toi. » L’attitude spirituelle nourrit l’action ; je dirais même que la prière amplifie notre action.
Chacun est invité à se mettre en prières pour se laisser devancer par Dieu. Suis-je d’accord d’aider à porter la croix des peuples en souffrance ? Qu’est-ce que je peux faire pour préserver le climat ? C’est à chacun de se laisser guider par l’Esprit Saint. Chaque goutte d’eau est importante, elle fait partie de l’océan des possibles. Allons à Jésus, notre source intérieure, pour que chacun soit une goutte d’eau vivifiante pour les autres et soi-même.
Elle prie beaucoup et récite son chapelet chaque matin. Paroissienne à Orsières, Amélie Métroz, 83 printemps, est aussi une karatéka accomplie ! Rencontre avec une ceinture noire 1er dan pleine d’enthousiasme.
Par Nicolas Maury | Photo : Pierre Pistoletti
« Ça ne t’embête pas si on se tutoie ? » Alors qu’Amélie Métroz effectue une démonstration de karaté, répondre par la négative constituerait une erreur stratégique. Dans son appartement d’Orsières, la tonique octogénaire enchaîne les mouvements. « Si tu me donnes un coup de poing, je me défends avec un geden baraï. Là, je chasse ton bras qui arrive : c’est un age uke. Il y a aussi le mae geri. Je lance le pied. Celui d’en face doit parer le coup avec la main. »
La Valaisanne fait reposer son équilibre sur deux piliers : l’art martial japonais et la prière. « Est-ce que je suis une bonne catholique ? Dieu seul le sait », sourit-elle. « Je crois à ce que mes parents m’ont enseigné. Ils étaient très croyants, même s’ils avaient trop de travail et qu’on ne pouvait pas toujours aller à la messe. Mais j’aimais bien le curé René Lonfat. Cela dit, je ne comprenais pas tout. » Son mariage a changé la donne. « J’ai vraiment appris à lire grâce à mon mari et j’ai dévoré les livres religieux. » Son engagement n’a dès lors cessé de croître. « En 1981, j’ai fait les vœux de la fraternité de Saint-François dont j’ai intégré le comité. J’ai aussi participé à l’Eveil à la Foi et au Renouveau. » Paroissienne assidue, son chapelet ne la quitte pas et elle ne manque que rarement la messe dominicale. « Quand le curé Joseph Voutaz ne me voit pas, il s’inquiète (rires). Le jeudi je vais aussi à celle du home. Aujourd’hui, je n’ai pas pu. Cela aurait été impoli de rater notre rendez-vous ! » Pendant près d’une année, Amélie s’est occupée de l’entretien de l’église d’Orsière. « Le nettoyage, un peu tout en fait… Mais ça faisait beaucoup. »
Sur la table située devant celle qui est ceinture noire 1er dan figurent plusieurs clichés, dont un avec plusieurs personnes en kimono. « Le karaté est une histoire de famille. Mes filles ont commencé avant moi et m’ont proposé de venir. C’était en 1981, j’avais 60 ans. Ça me relaxe. Mais je ne mélange pas les choses. Ce n’est pas ma vie spirituelle. » Et de saisir le recueil Prions en Eglise. « Là-dedans il y a tout: les psaumes, les évangiles, les épitres. Je le lis tous les jours. Mais surtout, je prie tous les jours pour tout. C’est le don que Dieu m’a donné. »
Amélie Métroz, née à Orsières le 15 décembre 1940. A quatre filles et neuf petits-enfants. Catholique fervente et instructrice de karaté.
A l’heure du « point pastoral » de la dernière assemblée paroissiale, en décembre dernier, c’est à l’abbé Bernard Alassani que revint la délicate tâche de faire une annonce qui va faire grincer, à savoir une diminution du nombre de messes qui doit être envisagée dans un proche avenir, du fait que seul deux prêtres sont aujourd’hui disponibles pour assurer les célébrations. Une mesure pénible mais inéluctable.
Par Claude Jenny Photo : Georges Losey
« Nous devons réfléchir ensemble à l’avenir du fonctionnement de la paroisse sur le plan des célébrations » a dit l’abbé Bernard au préalable. Il a mentionné une statistique parlante : « Lorsque je suis arrivé dans la paroisse, il y a 4 ans, en additionnant les prêtres actifs et les prêtres retraités qui fonctionnaient comme auxiliaires, nous étions 9 prêtres à pouvoir célébrer. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux prêtres, l’abbé Darius – curé-modérateur – et moi-même. Impossible donc de ne pas imaginer que nous devions réduire le nombre des célébrations. »
Au moins une messe mensuelle
« Que faire ? » a-t-il demandé à l’assemblée, promettant que des propositions seront faites par l’équipe pastorale et discutées avec les Conseils de communauté. « La solution que nous voulons mettre en place doit permettre à chaque communauté locale de pouvoir disposer d’au moins une messe mensuelle dans chacun des treize lieux de culte que nous desservons régulièrement » a-t-il dit. « Nous avons déjà taillé dans le nombre de messes célébrées en semaine, mais ce n’est pas suffisant. » Il a ajouté que « le maintien d’un rythme régulier dans chaque lieu de culte est aussi important pour les chœurs mixtes, car le nombre d’occasions de chanter lors des messes est évidemment de nature à influencer leur motivation et leur préparation ».
A relever que la paroisse peut compter depuis l’automne dernier sur le renfort d’un « vicaire dominical » avec l’abbé André Helle, qui vient officier dans la paroisse chaque week-end. Son contrat prendra fin en juin prochain, au terme de la présente année pastorale, et il n’est pas certain qu’il pourra être renouvelé car l’abbé André attend une décision de son évêque togolais quant à son avenir. Il se pourrait qu’il rentre dans son pays ou qu’il poursuive sa formation théologique à l’Université de Fribourg.
Concertation
La discussion sur ce sujet épineux n’a pas été ouverte lors de l’assemblée du 13 dé–cembre dernier. Il appartiendra donc aux membres de l’équipe pastorale de prendre leur bâton de pèlerin pour aller rencontrer les divers conseils de communauté avec des propositions concrètes quant au planning des messes dans le futur.
Lausanne est un haut lieu de spiritualité depuis l’Antiquité.
Par Pierre Guillemin | Photos : DR
Une cathédrale n’est pas construite au hasard et celle de Lausanne n’y déroge pas.
Le lieu, l’orientation sont les premiers éléments à observer. Viennent ensuite des éléments architecturaux qui vont lui donner une signification, un message particulier autour desquels le visiteur, pèlerin, croyant sera amené à se questionner et s’émerveiller.
Etymologie
La construction se situe sur un promontoire qui se nommait « La Grande Roche » : Moïse fait jaillir l’eau d’une roche, la roche fait écho à cette pierre sur laquelle l’Eglise est bâtie. Mais Lausanne est un haut lieu de spiritualité depuis la plus haute Antiquité. Le nom antique de la ville est Lousonna. Or, le radical Lou est issu de Lug en Celte qui désigne un dieu aux multiples pouvoirs (dieu solaire, dieu-roi maitrisant tous les arts et les sciences) et dont la fête se situe au 1er août… Lug c’est aussi Lausa en latin, c’est-à-dire une pierre plate, un autel.
Alors, en associant Lug et Sonna (soleil), LugSonna est l’endroit où le dieu resplendit. Lausanne se trouve liée à tous les autres lieux où le dieu Lug est vénéré : Lugdunum (Lyon), Lugano, Lucerne, Lutry, Loudun, entre autres.
L’orientation de l’édifice est dans la lignée classique de celle des églises. L’entrée est tournée vers l’Ouest tandis que le chœur et l’autel sont placés à l’Est. Au moment où le jour se lève, le public trouve un autel resplendissant de lumière symbole de la Présence, de la Puissance et de l’Amour de Dieu. Toutefois, on observe un décalage entre l’axe du chœur et l’axe de la nef. Symbole ou erreur de conception lors de la construction ? En l’absence de documents clairs, on penchera vers une erreur de conception : les architectes et Compagnons « corrigent » l’alignement en plaçant à la base droite du chœur un escalier donnant accès aux galeries supérieures.
La rosace, tout un symbole.
Quadrature du cercle
La grande question architecturale et symbolique pour la cathédrale de Lausanne est la quadrature du cercle. Mathématiquement, il est impossible d’obtenir un cercle ayant la même surface qu’un carré puisque Pi est un nombre irrationnel.
Ainsi, la rosace est une succession de carrés et de cercles qui cherchent à s’inscrire les uns dans les autres : les bâtisseurs s’interrogent (et le pèlerin avec eux) sur la logique de la construction de l’Univers et l’impossibilité de le représenter sous une forme géométrique résumant toutes les autres. Le mystère de Dieu est et reste donc entier, ce qui ne veut pas dire que l’on ne puisse pas s’en approcher par nos prières, nos actions, nos connaissances qui sont tous ces carrés et cercles que nous plaçons (comme sur la rosace) pour compléter cet ordre parfait de la Création.
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