Un nouveau logo pour le diocèse de Sion

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion | Photo : cath.ch

A partir de janvier 2024, le diocèse de Sion introduit une nouvelle identité visuelle : un nouveau logo et une nouvelle charte graphique.

Le logo reprend les éléments de la vision pastorale diocésaine : « Ensemble en chemin pour annoncer l’amour de Dieu… C’est cela la joie de l’Evangile. »

Valère et Tourbillon représentent l’ancrage territorial. 
La croix invite à lever les yeux. Elle est en mouvement vers l’extérieur et donne un nouvel élan à ce symbole.
Le cercle ouvert manifeste l’unité du diocèse et son ouverture aux autres. Il est signe de communion.

Le bleu évoque visuellement la sérénité, la confiance, couleur de l’eau, du ciel et de la Vierge Marie.
Le jaune manifeste la joie qu’il y a à connaître le Christ, soleil, vie et lumière. 

Le logo est un élément d’identité important pour un diocèse. Il sera progressivement introduit dans les communications, les supports écrits et visuels du diocèse. 
Le logo est accompagné d’un ensemble de déclinaisons, notamment pour les services diocésains qui sont invités à l’employer progressivement. Il permet ainsi de mieux rendre compte des propositions diocésaines, tout en les rassemblant et en les fédérant.
Les paroisses qui n’ont pas de logo pourront également utiliser le logo diocésain. Les organisateurs d’évènements d’Eglise, pèlerinages, conférences ou autres manifestations reconnus par le diocèse sont invités, s’ils le souhaitent, à employer le logo diocésain. Cette utilisation illustrera un lien mutuel entre l’évènement et le diocèse. D’une part, l’évènement pourra se réclamer du soutien moral du diocèse. D’autre part, le diocèse exercera un droit de regard sur l’évènement et son contenu, afin d’en vérifier la cohérence avec les orientations pastorales diocésaines. Toute utilisation de l’identité graphique diocésaine, et en particulier du logo, devra donc au préalable être validée par le Service diocésain de la communication ou l’autorité diocésaine.

Le successeur des apôtres à la rencontre de nos communautés

Rencontre avec la communauté de Port-Valais.

Par Stéphanie Reumont
Photos : Stéphanie Reumont, Christophe Allet

Du 4 au 10 décembre, nous avons eu la grande joie d’accueillir notre évêque Jean-Marie Lovey et son vicaire général Pierre-Yves Maillard sur nos paroisses du Haut-Lac ! Ils ont pris le temps de rencontrer nos différentes communautés en participant à la fenêtre de l’Avent à Vionnaz et en célébrant la messe dans chacune de nos paroisses. 

Le jeudi, avant de célébrer l’eucharistie, notre évêque a mangé avec des employés et des résidents de Riond-Vert ; il a pu entrevoir l’ouverture humaine et professionnelle de ces nombreuses personnes qui rendent la vie de nos aînés plus agréable et plus significative. Et de 14h30 à 16h, il a tenu à saluer chacun-e des résident-e-s
ce qui a donné lieu à des rencontres touchantes.

En soirée, nos deux voyageurs ont également rencontré et partagé un repas avec nos conseils de communauté et nos conseils de gestion ; l’occasion d’échanger et d’écouter les rêves et les espoirs de ceux qui se sont engagés dans nos paroisses. 

Le samedi, un après-midi intergénérationnel de secteur a été proposé avec une possibilité pour petits et grands de poser toutes les questions qu’ils ont toujours voulu poser à notre évêque. 

De beaux échanges, simples et fraternels, qui ont enrichi des plus jeunes aux moins jeunes ; l’occasion pour chacun de mieux connaitre le pasteur qui conduit notre diocèse, un homme à l’écoute, simple, avec une belle ouverture d’esprit. 

Cette rencontre a été suivie par une messe KT-familles de secteur à l’église de Vionnaz durant laquelle notre Evêque a confié officiellement le service de l’autel à nos 13 servants de messe présents. 

Nous remercions Mgr Lovey et Pierre-Yves Maillard pour ces quelques jours dans nos paroisses, ces riches échanges et ces beaux partages. 

Jeux, jeunes et humour – janvier 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi au début la messe, le prêtre dit : « Le Seigneur soit avec vous » ? *
Après le baiser de l’autel, symbole du Christ point de jonction entre Dieu et les hommes, et le signe de croix, le prêtre prononce cette formule au début ainsi qu’à trois reprises au cœur de la célébration. Il s’agit d’une très ancienne bénédiction rappelant que Dieu vient demeurer en nous.
La réponse de l’assemblée « Et avec votre Esprit » rappelle en quelque sorte le rôle du prêtre : « Que l’Esprit qui t’a été donné le jour de ton ordination soit avec toi et agisse en toi pour que tu accomplisses bien ton ministère ! »

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Un touriste arrive à Paris et s’adresse à un passant : 
Sprechen Sie deutsch ? 
– Non, répond le Parisien.
Do you speak English ?
– Non, non.
Voce fala portugues ?
– Non.
Hablas espagnol ?
– Non, non, désolé Monsieur, je ne parle que le français.

Le touriste s’éloigne. Notre Parisien se tourne vers son ami et lui dit : « Tu vois, il sait quatre langues, mais ça ne lui sert à rien ! »

Par Calixte Dubosson

Une soirée ciné en famille à Vionnaz

Le 17 novembre dernier, une « Soirée cinéma en famille » a été organisée par le Cocom (Conseil de Communauté) de Vionnaz dans sa salle de paroisse. Le choix du film s’est porté sur « Le monde de Narnia », partie une, dont l’histoire écrite par C.S. Lewis et portée à l’écran en 2005 est riche en symbolique chrétienne.

Texte et photos par Yasmina Pot

En entrant dans la maison de paroisse ce soir-là, on était immédiatement saisi par un doux parfum de popcorns chauds flottant dans l’air ; puis on découvrait, dans la salle dédiée à la projection, une variété de sièges allant de la chaise de camping au fauteuil en cuir, en passant par de gros coussins jetés çà et là sur des tapis colorés où les plus paresseux pouvaient s’étendre à leur guise pour savourer leur film.

Pour le Cocom de Vionnaz, deux buts à cette soirée : rassembler la communauté des familles de paroissiens et partager ensemble – parents, enfants et organisateurs – des moments de détente. Puis découvrir des thèmes chrétiens dans un film d’aventure fantastique pour enfants.

Salle presque comble

Les familles sont arrivées en nombre, à la satisfaction des organisateurs. Aucune inscription n’avait été demandée mais le Cocom a tablé sur une information pendant les messes, de la pub sur Facebook et par le biais de flyers. 

Avant la projection, une certaine effervescence accompagna la dégustation des pizzas sorties du four de la cuisine attenante. Puis, muni de cornets de popcorns à profusion, chacun gagna le siège de son choix. Deux membres du Cocom exposèrent alors brièvement les thèmes chrétiens du film et proposèrent un quiz à l’issue de la séance ; puis la salle fut plongée dans l’obscurité.

Les participants étant nombreux, des soirées telles que cette première devraient être reconduites. Avis aux amateurs. Mais chut ! le film commence. Comme au cinéma et même encore mieux. 

« Narnia », une histoire d’enfants dans un monde magique, où l’on découvre de nombreux thèmes chrétiens.
Le bar à sirop, pizza, popcorns et autres gourmandises.
Les spectateurs au complet, prêts à savourer leur film.

Missionnaire du continent numérique

Pour le missionnaire du web, le meilleur communicant reste le Christ.

Le continent sur lequel évolue ce missionnaire hors norme est… numérique. Cofondateur de l’association Lights in the Dark, Jean-Baptiste Maillard veut évangéliser internet. Pour cela, il prend la communication religieuse sur le web à bras de corps. Une conversion…à triple sens.

Par Myriam Bettens
Photos : Jean-Claude Gadmer

Qu’est-ce que l’évangélisation du « continent numérique » implique concrètement ?
Cela implique d’aller à la rencontre des personnes qui vont sur Internet en mettant en contact des e-missionnaires et les internautes. Ce n’est pas seulement être présent sur le web, mais à l’écoute des aspirations, questions et préoccupations de ceux qui sont loin de l’Eglise, de la foi et même de Dieu. D’ailleurs, les papes ont toujours parlé de l’importance d’utiliser les nouvelles technologies pour annoncer que nous sommes aimés de Dieu.

Elle est également source d’une triple conversion…
En effet, il y a les conversions à proprement parler, mais aussi celles des e-missionnaires que nous sommes. Sans un cœur brûlant d’amour pour Dieu, pas d’évangélisation. Impossible de transmettre l’essence de ce que nous n’avons pas nous-mêmes expérimenté. Nous avons mis en place une plateforme pour les personnes dépendantes à la pornographie. Ce n’est pas un sujet dont nous avons spontanément envie de parler. Nous devons donc nous « convertir » à plus de compassion et d’écoute pour ces personnes. L’évangélisation se trouve aussi sur ces terrains-là. Outre cela, il y a aussi une conversion à la culture du numérique à mener. Les mots ont une importance et le « jargon catho » est à oublier !

Pourquoi avoir choisi spécifiquement ce terrain de mission ?
J’ai commencé à évangéliser sur Internet avec l’avènement du numérique, en 1994. Je me suis vite rendu compte que les gens étaient intéressés par Dieu. Ils avaient plein de questions. Internet pour atteindre les gens fonctionnait ! Pourtant, j’étais loin d’imaginer qu’un jour, je monterai avec d’autres amis, une mission à part entière pour investir ce continent numérique et envoyer des e-missionnaires.

Aujourd’hui nous avons des « communicants » dans tous les domaines. Savons-nous pour autant mieux communiquer ?
Non ! Le meilleur communicant que nous n’ayons jamais eu, c’était le Christ. Tant que nous ne sommes pas à l’école de Jésus, on ne communique pas encore assez bien. Comme on le voit avec la Samaritaine, à qui Il commence par demander à boire, Il est toujours dans la posture de Celui à qui on peut apporter quelque chose et non le contraire. Jésus était à l’écoute des questions et préoccupations des gens. On doit s’en inspirer non pas pour devenir des pros de la communication, mais pour rejoindre l’autre dans ce qu’il est et vit.

On pense souvent que l’évangélisation via le numérique est plutôt l’apanage des évangéliques, à tort ?
C’est vrai qu’ils avaient, et ont peut-être encore, une grande longueur d’avance sur nous. Ils ont toujours eu comme principe de garder la rencontre au cœur d’internet et on ne parle pas de rencontre virtuelle. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’évangélisation sur Internet, en 2011, je m’étais rendu dans les bureaux de TopChrétien, en région parisienne [un précurseur dans l’évangélisation sur internet, ndlr.]. Ils m’avaient expliqué qu’ils travaillaient avec 400 églises partenaires, cela afin de rediriger les personnes rencontrées virtuellement vers des chrétiens de communautés locales. L’Eglise dit depuis plus de vingt ans que la rencontre doit être au cœur de tout processus d’évangélisation, mais c’est aux chrétiens de mettre cela en œuvre. De ce côté, les évangéliques nous interpellent et cela doit nous encourager à aller de l’avant !

Vous avez le code du Li-Fi ?

Le Li-Fi (ou Light Fidelity) est une technologie de communication sans fil reposant sur l’utilisation de la lumière visible pour coder et transmettre des données. 

L’association Lights in the Dark repose sur la lumière de l’Evangile pour décoder et transmettre un message de Vie. Fondée en 2015, elle trouve son nom dans la prophétie d’Isaïe (9, 3) : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » Ses e-missionnaires sont une présence qui « écoute, dialogue, encourage » (cf. pape François) à travers un chat mutualisé à des plateformes thématiques. Quant à son cofondateur, Jean-Baptiste Maillard, il est marié, père de trois enfants et également coauteur du livre Evangéliser sur Internet, mode d’emploi (EDB 2019).

Domaine «Les Barges»: ils sont candidats réfugiés à Vouvry

Rencontre avec Pauline Praplan, responsable du Foyer pour candidats réfugiés de Vouvry, au domaine des Barges. Entre ses nombreux rendez-vous, elle m’accorde une heure de son précieux temps, merci !

Par Nicolette Micheli | Photos : Gervaise Imhof

« Il y a du job ! » me dit-elle dans un large sourire et c’est avec dynamisme qu’elle répond à mes questions de manière nette et précise. Le Foyer est situé sur un vaste domaine  acheté par l’Etat du Valais en 1999. L’entreprise Sygenta en loue une partie pour conduire des essais sur les arbres et les plantes. Dès août 2011, l’Office Valaisan de l’Asile utilise ce site comme Centre de Formation pour les réfugiés. Marie-Pascale Chambovey se souvient de cette époque où elle a enseigné le français à une trentaine de résidents qui suivaient diverses formations.

Puis la guerre en Ukraine éclate. Il faut augmenter en urgence le nombre de places disponibles. Grâce à des conteneurs-habitations, ce Foyer accueille 200 personnes qui viennent en majorité d’Ukraine, de Turquie, d’Afghanistan et d’Afrique de l’Ouest. Familles, célibataires, jeunes et aînés se côtoient sans grand problème. La mixité de cette population contribue favorablement au « bien vivre-ensemble » du groupe, malgré leurs différences de culture.

Toutes ces personnes sont occupées. De nombreux projets sont mis en place pour répondre à leurs besoins, favoriser leur autonomie et leur intégration. Outre les cours de français, on les rend attentifs au respect de l’égalité entre hommes et femmes, on les renseigne sur les structures et le fonctionnement de la vie en Suisse. Des projets ciblés soutiennent les familles monoparentales et les mineurs non accompagnés. Pauline  précise : « Nous avons ici 40 enfants répartis en 4 classes. Ils apprennent à vivre ensemble, à être disciplinés, à communiquer en français et se préparent à l’intégration. En Valais, déjà 700 élèves sont intégrés en classes de scolarité obligatoire. Nous avons aussi 50 jeunes entre 18 et 30 ans qui partent à l’extérieur dans des structures qui leur sont destinées. Ils s’y  préparent à entrer dans la vie professionnelle. » 

Les adultes restent sur le site et, avec les personnes qui les encadrent, assurent le bon fonctionnement du Foyer. Certains sont en cuisine pour assurer chaque jour les repas de 200 personnes, d’autres entretiennent l’extérieur, participent aux nettoyages, travaillent à la buanderie, à l’intendance ou redonnent vie à des meubles ou des objets récupérés. Beaucoup cultivent l’immense potager et le verger qui leur fournissent légumes et fruits frais.

Quelques bénévoles  aident les aînés ayant des difficultés à aborder une nouvelle langue et à s’insérer dans le monde du travail. Les apprentissages visent plutôt les codes sociaux. Pauline va à l’essentiel : « Quand on sait dire : s’il te plait, merci, bonjour… et avec le sourire, c’est le début d’un échange. L’on profite aussi des fêtes pour proposer des animations afin d’apporter une nouvelle dynamique au Foyer. » Avec son équipe, Pauline Praplan a préparé une belle fête de Noël pour la joie des petits et des grands ! Nous souhaitons à chacun que l’année nouvelle s’ouvre sous le signe de l’espoir.

Témoignage d’une bénévole

Elfrieda Walter.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photo : Gervaise Imhof

Et voici le témoignage d’une bénévole qui œuvre au domaine des Barges. Enseignante à la retraite, Elfrieda Walter apporte son aide aux réfugiés. 

Le domaine des Barges a toujours fait partie de ma vie. J’y suis née, j’y ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence. Je l’ai quitté en 1975 pour y revenir en 1986 et, depuis, j’y passe des jours paisibles et heureux.

En 2011, lorsque l’Etat par l’Action sociale nous a convoqués pour nous expliquer que la partie du domaine où nous logions aller devenir un foyer de 2e accueil pour requérants d’asile, on nous a donné le choix : partir ou rester. Je suis restée et je ne l’ai jamais regretté.

J’ai ainsi eu la chance de côtoyer de nombreux/ses requérants/es érythréens, sri lankais, afghans, kurdes, syriens, africains, ukrainiens, etc.

C’était l’occasion pour eux de parler un peu français et de participer une fois par mois à une soirée jeux. Que de fous rires partagés autour de nos parties de UNO ou de Rummikub !

Par ma profession d’enseignante, j’ai aussi pu donner bénévolement quelques cours d’appui, puis des cours de français. Ce fut l’occasion de découvrir d’autres écritures : tigrigna, arabe, cyrillique, etc. ; d’autres religions : l’orthodoxie, l’islam et leurs pratiques. On n’imagine pas quel investissement ils font pour apprendre une nouvelle langue si différente de la leur.

Ce fut aussi l’occasion de partager un petit bout de chemin avec eux et de leur offrir un sourire, une écoute et beaucoup d’empathie. Ils en ont énormément besoin. 

Après 12 ans de cohabitation, je peux dire que j’ai fait de très belles rencontres aussi bien avec le personnel encadrant qu’avec les requérants eux-mêmes. J’y ai noué des liens d’amitiés indéfectibles. C’est toujours une joie quand au détour du chemin, je suis hélée par un homme, une femme qui me dit merci et qui me raconte leur vie.

Vitrail de la vie de saint Joseph, Adrien Mastrangelo, église Saint-Hyppolite, Grand-Saconnex (Genève)

Adrien Mastrangelo propose quatre scènes de la vie de Joseph : la nativité, la fuite en Egypte, son mariage et son rêve.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Si saint Joseph prend une place importante dans le temps de Noël, habitant toutes nos crèches et marquant de sa présence le récit de la nativité, il est aussi celui dont on ne sait pas grand-chose. Tout au plus, savons-nous qu’il est de la descendance du Roi David, que c’est un homme bon et qu’il est charpentier. 

Adrien Mastrangelo propose quatre scènes de sa vie : le mariage de Marie et Joseph, le rêve de Joseph, la nativité et la fuite en Egypte. 

L’Evangile nous dit que Marie avait été accordée en mariage à Joseph (Matthieu 1, 18). La coutume voulait qu’après la promesse, les jeunes femmes vivent encore un an chez leurs parents avant de rejoindre leur époux. En bas à gauche du vitrail, l’artiste a choisi de mettre cette promesse en image. Marie est représentée la main droite levée, en signe d’acceptation. C’est elle qui semble prendre la main de Joseph.

« Or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par l’action de l’Esprit Saint » (1, 18) poursuit l’évangéliste. Joseph choisit de répudier Marie en secret. Décision étonnante puisque seule une répudiation publique pourrait le libérer des liens du mariage. Sur le vitrail, Joseph semble bien accablé (partie en bas à droite). L’ange s’approche, lui touchant délicatement le genou de la main gauche et indiquant le ciel de la droite : « Ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » (1, 20)

En haut à gauche se trouve la nativité. Les représentations plus anciennes – notamment médiévales – ont tendance à mettre Joseph à l’écart, dans une position de protection. Ici, l’époux de Marie est un « père comme les autres », penché sur le berceau de l’enfant qui vient de naître. Point de bergers ni de mages, la scène est familiale et intime.

La dernière scène est celle de la fuite en Egypte. Joseph ne parle pas dans l’Evangile, mais il a des songes et à chaque fois, il écoute et agit en conséquence. Bâton en main, Joseph guide la famille vers la sécurité. On ressent une forme de détermination dans la façon dont l’artiste l’a représenté.

Colis du Cœur du district de Monthey: la générosité est essentielle dans cette période troublée

Par Anne-Marie Ulrich | Photos : DR

Grâce à la générosité et à la contribution de nos bénévoles, la dernière récolte des 6 et 7 octobre derniers a répondu à nos attentes et a permis de remplir le stock qui était vide. Nous avons récolté 522 cartons dans les 10 commerces impliqués du District et 7 tonnes de marchandises. 

Face au contexte actuel de la baisse du pouvoir d’achat et aux augmentations liées à la santé, à l’énergie et à l’alimentation, de nombreuses familles ont de plus en plus de peine à boucler les fins de mois. Ce phénomène ne touche plus seulement les familles à faibles revenus mais la classe moyenne inférieure est aussi durement impactée.

De janvier 2023 à la mi-décembre 2023, les Colis du Cœur ont distribué plus de 760 colis et ont apporté de l’aide à 2’550 personnes dont plus de la moitié concerne des enfants. Ces chiffres sont en croissance constante et témoignent de la progression de la précarité dans la région. 

La prochaine récolte est agendée les 2 et 3 février 2024. Pour assurer la tenue des permanences dans les différents commerces, les Colis du Cœur ont besoin de plus de 250 personnes et sont toujours à la recherche de bénévoles pour compléter leurs équipes. Nous cherchons aussi des livreurs bénévoles en alternance, 1 à 2 vendredis après-midi par mois. Vous pouvez nous contacter sur cette adresse mail : info@colisducoeur-monthey.ch ou au 076 397 26 90

D’avance, l’Association, Les Colis du Cœur, tient à vous remercier du fond du cœur pour votre entraide extraordinaire car chacun représente un des maillons de cette immense chaîne de solidarité envers nos concitoyens en difficulté.

Le nombre 40

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, le nombre 40 est souvent associé à des périodes de test, de préparation ou de transformation. Par exemple, il a plu pendant 40 jours et 40 nuits lors du Déluge et Jésus a jeûné pendant 40 jours dans le désert. 

Mais pourquoi 40 ? Y a-t-il une signification à ce nombre ? 

On serait tenté d’interpréter ce nombre 40 en utilisant les codes de la numérologie telle que pratiquée actuellement. Mais ce serait une erreur : le zéro, au moment où, selon les archéologues et historiens, commence l’écriture de la Bible (l’Ancien Testament) sous le règne du roi Josias (640-609 avant Jésus-Christ), ne fait pas partie des connaissances mathématiques de l’époque (il sera introduit au VIIIe siècle par les mathématiciens indiens et sera utilisé en Europe à partir du XIVe siècle – voir L’Essentiel janvier 2023). 

Cependant, en hébreu, les lettres ont une valeur numérique et peuvent être utilisées pour compter. Elles ont aussi une symbolique particulière que les exégèses de la kabbale savent interpréter. 

Le nombre 40 correspond à la lettre Mem. Le symbolisme de Mem est l’Eau ou la Mère. 

Mem évoque le changement, les cycles de la mort (la symbolique des mouvements de l’eau, par exemple, comme le perpétuel mouvement de sac et de ressac de l’eau sur une plage) et de la renaissance (d’où la symbolique de la mère). 

Active ou passive

L’eau est une matière instable, changeante, ressemblant en cela à l’âme humaine. L’eau peut être active ou passive, destructrice ou au contraire porteuse de vie. Solide (emprisonnée par la matière), liquide (libre) ou gazeuse (spiritualisée), elle peut donc aussi bien être attirée vers le bas, c’est-à-dire vers la matière (l’ego, les instincts naturels, l’inconscient), que vers le haut (l’esprit supérieur). 

L’eau peut aussi évoquer la source, la femme qui donne vie, pourvoit, nourrit, aime ses enfants. Le nombre 40 ou son équivalent, la lettre Mem, c’est donc la Nature ou le « Tout » qui est régi par la loi d’Amour, puisque tout dans l’Univers est lié et solidaire.

Le nombre 40 constitue cet appel à retourner à la source, aux eaux matricielles qui diffusent partout la vie et le progrès par-delà la mort, afin de nous redécouvrir comme les enfants de l’Univers créé par Dieu.

Paroisse de Vionnaz – comptes 2022

Vous trouvez ci-dessous les comptes de la paroisse de Vionnaz pour l’année 2022. Ce n’est pas une coutume, mais pour informer tous ceux qui pensent que la paroisse est riche, quoi de mieux que de publier les comptes. Vous remarquerez que 2022 laisse apparaitre un léger déficit qui s’accentuera car les charges du Secteur ne cessent de prendre l’ascenseur.

Par Jean-Paul Angeloz

La médaille de saint Benoît

« La piété populaire est un trésor pour l’Eglise », affirme le pape François. L’Essentiel décrypte cette année ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Regard sur la médaille de saint Benoît, qui remonte au Moyen-Age et est utilisée pour se protéger des embuches des démons.

Par Pascal Ortelli | Photos : DR

Prière à l’Enfant-Jésus

L’Enfant-Jésus de Prague.

Prière et photo proposée par Jean-Michel Moix 

Avec la fête du saint Nom de Jésus et la fête de l’Epiphanie que nous célébrons au début de ce mois de janvier, l’Eglise nous invite à nous tourner vers l’Enfant-Jésus, à le contempler dans la crèche ou en les bras de sa sainte Mère, Marie, et à lui présenter nos hommages avec les Rois Mages. 

Divin Enfant Jésus, nous voici prosternés à vos pieds pour vous rendre nos hommages et nous consacrer à vous pour toujours. 

Vrai Fils de Dieu et de Marie, soyez remercié de tous les bienfaits dont votre naissance a été la source pour nous. Eclairez notre esprit, enseignez-nous à devenir comme des enfants pour entrer dans le royaume des cieux. Fortifiez notre volonté, attachez-la invinciblement à la vôtre, aidez-nous à purifier toutes nos intentions par le souvenir des exemples que vous nous avez donnés. 

Divin Enfant, étendez vos bras et répandez vos bénédictions sur la sainte Eglise notre Mère, sur notre saint Père le Pape, sur les évêques, les prêtres et les religieux. Protégez nos familles, nos amis et nos ennemis. Veillez sur tous les enfants de l’univers, gardez le berceau des nouveau-nés, l’école des adolescents, la vocation des jeunes gens. Soyez l’appui des enfants déshérités, malades ou handicapés et des orphelins ; sauvez les enfants en danger d’avortement.

Faites-nous éprouver la Toute Puissance cachée dans votre petitesse. Convertissez les pécheurs, secourez les âmes du purgatoire et accordez-nous la grâce de vous posséder éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il. 

(Extrait du fascicule : L’enfant Jésus de Prague, abbé M. Koller, Association N.-D. du Pointet)

Etre à contre-courant… signe du temps ?

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photo : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur, 

Il n’y a que les poissons morts qui vont dans le sens du courant.

Ce proverbe chinois, tel que je l’ai retenu, était à choix comme thème de dissertations lors de mon collège. Il fait corps avec moi depuis. Nul souvenir des arguments de mes thèse et antithèse de l’époque… pourtant l’interpellation demeure. Comment être « un vivant » dans notre monde ?

Je pense à ce passage énigmatique de l’évangile de Luc où Jésus « passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Lc 4, 30). Il va littéralement à contre-courant de cette foule voulant le jeter en bas d’un escarpement. Quand et comment le Seigneur nous invite-t-il à l’imiter ?

Toujours dans l’association d’idées émerge cette injonction de la constitution pastorale Gaudium et Spes (« Joie et espoir », 1965, art. 4) « l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée, à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. » Le discernement des signes des temps est demandé par Jésus lui-même (Mt 16, 2-3 ; Lc 12, 54-57) et les évangiles nous montrent le caractère subversif de la Bonne nouvelle, de la Parole de Dieu. 

En écho encore, cette formule de la célébration eucharistique juste avant la communion, prononcée par l’assemblée et le prêtre : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guéri ». Elles reprennent les paroles du soldat de l’évangile de Matthieu (Mt 8, 5-11) : l’humilité et la confiance de ce centurion romain ne sont-elles pas un exemple de contre-courant total ? Comment cette parole offerte par la liturgie, dimanche après dimanche, jour après jour, peut-elle nous fortifier à oser un contre-courant en examinant les signes du temps ?

En ce début d’année, je demande au Seigneur, pour son Eglise, le discernement, afin de participer à la lecture du temps présent et aller par les voies qu’Il souhaite, sans crainte de ne pas se conformer à « l’air du temps ». Je sollicite la grâce de sa Parole pour guérir tout ce qui empêche d’en être des témoins vivants et d’annoncer sa présence, son royaume déjà de ce monde.

Puisse-t-Il, en cette année qui s’ouvre devant nous, nous bénir et nous faire don de ses grâces afin de poser nos pas dans ceux du Christ qui nous précède. 

Meilleurs vœux pour vos proches et vous !

«Mon aîné voulait devenir pape»

A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande. Fabienne Bingler, secrétaire/comptable de la paroisse francophone du Sacré-Cœur de Bâle, ouvre le chemin.

Par Nicolas Maury | Photo : DR

Quand on lui demande quelle est sa fonction, Fabienne Bingler répond du tac au tac : « Je ne fais pas seulement le secrétariat et la compta, mais m’occupe de plein de choses : l’ouverture de l’église, le rangement de la sacristie. Même la Putzfrau ! » Pour preuve, à l’heure de l’interview, elle bataille avec un chauffage récalcitrant…

L’emploi de la langue de Goethe ne doit rien au hasard. Son employeur est la Paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle, qui compte près de 400 fidèles et trouve son origine dans l’exode de population de 1871 : « Souvent, des jeunes venus à Bâle pour échapper à l’enrôlement dans l’armée prussienne. Il y avait aussi des cheminots alsaciens, ainsi que des Jurassiens et des Valaisans voulant un enseignement religieux dans leur langue. »

Parfaitement bilingue, Fabienne se rappelle très bien la manière dont elle a été embauchée. « C’était deux ans après la naissance de mon premier garçon. Je cherchais un job et j’ai postulé. Etre catholique était un prérequis. Mais ce qui a fait la différence c’est ma souplesse professionnelle. » 

Avouant volontiers être croyante, son métier est, pour elle, un reflet de sa foi en Dieu. « J’ai essayé de la transmettre à mes enfants. Ma mère et moi leur apprenions à prier. Comme je travaillais pour la paroisse, nous allions peut-être un peu plus souvent à la messe que les autres. A l’époque, mon aîné voulait devenir pape. A l’école, quand il dessinait, il mettait des croix partout. Quand la maitresse lui a demandé pourquoi, il a expliqué que c’est parce que je travaillais dans une église. »

La Française d’origine ne dément pas avoir un caractère bien trempé. « Il faut parfois avoir de la patience avec les paroissiens qui pensent que, vu que nous travaillons pour l’Eglise, nous devons être là en permanence. Mon mari n’est pas ravi quand, le dimanche matin, nous sommes dérangés par un téléphone impromptu. Mais j’essaye d’être de bonne humeur et de montrer mes bons côtés. Même mon curé en est souvent étonné (rire) ! »

Fabienne Bingler, 55 ans, secrétaire et aide-comptable depuis mars 2006 à la paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle. Maman de deux garçons de 19 et 13 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Commencement de l’Evangile

Icône de Marc, le plus ancien des évangélistes, à Notre-Dame de Kazan de Saint-Pétersbourg.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Le deuxième évangile, le plus ancien des quatre, débute sa narration par le terme de « Bonne Nouvelle » (eu-angelion, en grec). Il ne fait pas précéder cette exclamation initiale ni par les récits de l’enfance, comme c’est le cas chez Matthieu et Luc, ni par un prologue, comme chez Jean. Il nous met immédiatement en présence de la prédication de Jean le Baptiste (1, 2-8) et rapporte en quelques brefs versets le baptême de Jésus (1, 9-11) et ses tentations au désert (1, 12-13). 

C’est comme si Marc était pressé d’en venir à l’essentiel de son message : il ponctue d’ailleurs son propos de l’adverbe « aussitôt » (1, 10.12.23.29). De cette façon, il nous plonge de suite dans l’annonce de l’accomplissement des temps et de la proximité du Royaume (1, 14-15). Après que Jean a été livré, le Christ se met à proclamer en Galilée le cœur de la Révélation de son Père : « Le Règne de Dieu est tout proche, repentez-vous et convertissez-vous, croyez à cette Bonne Nouvelle, car elle accomplit l’histoire. »

Il n’y a pas de temps à perdre pour se tourner vers celui qui incarne le salut. Tout le texte marcien est polarisé vers la révélation du visage du Christ. Pierre le reconnaît comme le Christ Messie, à Césarée de Philippe, en cours de route dans le chapitre central (8, 27-30), avant que soient par trois fois annoncées sa Passion et sa Résurrection.

Hélas, les foules ont tendance à se méprendre sur lui, à voir en lui avant tout un libérateur politique ou un faiseur de miracles. Ainsi, dès la profession de Pierre, il exhorte les apôtres au « secret messianique », particulièrement mentionné chez Marc (8, 29). Ce n’est que vers la fin, au pied de la croix, qu’un étranger, un pécheur, un centurion romain, s’exclame : « Vraiment cet homme était le Fils de Dieu. » (15, 30) Cette question de l’identité de Jésus occupe donc l’ensemble du document marcien et lui confère son côté dramatique et sa particulière densité. Au point même que dans la première des deux finales, en 16, 8, les femmes s’enfuient du tombeau vide sans rien dire à personne. Car elles avaient peur… Le dévoilement de la figure du Fils de Dieu ne cesse de se poursuivre.

Pars Pas !

« Pars Pas » est une association valaisanne fondée il y a plus de 20 ans par les parents d’un jeune qui s’était suicidé. Après avoir cherché de l’appui auprès des instances officielles et de multiples organisations, ils ont dû faire le constat qu’il n’y avait pas de structure spécifique disposée à les accompagner. Ils se sont alors demandé ce qu’ils pouvaient faire pour soutenir les personnes concernées et leurs proches. C’est ainsi que « Pars Pas » – l’Association valaisanne pour la prévention du suicide, est née.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : DR

« A l’échelle de la planète, on estime qu’un suicide a lieu toutes les 40 secondes et une tentative toutes les 3 secondes ce qui correspond à un million de suicides chaque année, un million de vies perdues, explique Philippe Hatt, président de l’association. En Valais, les statistiques de la Police cantonale font état de 120 suicides en 2022 dans lesquels sont compris 70 suicides assistés, précise-t-il encore. Ces chiffres ne peuvent pas nous laisser indifférents ! »

Lara Kate Crettaz, vous êtes la responsable de prestations de « Pars Pas ». Ces chiffres font peur. Pourquoi tant de suicides ?
Il y a plusieurs facteurs. Nous évoluons dans une société intransigeante. Il y a très peu de tolérance pour l’erreur ou l’imperfection. A cela s’ajoute le fait que souvent, nous n’osons pas demander de l’aide. Il y a la honte de dire que nous sommes en difficulté. Il y a la peur de paraître faible, moins bien ou moins capable que d’autres, mais aussi une pudeur. On ne parle pas de ses problèmes. 

Quels types d’accompagnements proposez-vous aux familles des personnes suicidées ?
Les groupes de parole constituent notre offre principale. Ce sont des temps d’échanges privilégiés où les participants peuvent s’appuyer sur le vécu des uns et des autres, se rassurer et surtout s’exprimer sans être jugés. 

Qu’est-ce qui est le plus douloureux pour les proches ?
Le deuil s’accompagne souvent de l’isolement. On constate que l’entourage de ces familles se distancie. Ne sachant ni quoi dire, ni comment se comporter, petit à petit ils s’éloignent. Encore aujourd’hui, le suicide reste un tabou. C’est un sujet qui fait peur. La société veut rapidement tourner la page. Or, en matière de deuil, il n’y a pas de durée déterminée.

Un suicide assisté reste un suicide, quelles difficultés vivent les proches de ces personnes ?
Je crois qu’ils ont du mal à accepter que l’autre puisse vouloir mourir. Ce « choix » de mourir est une question difficile. En vérité, est-ce vraiment un choix ? En ce qui concerne le suicide, on parle plutôt de non-choix. Car ce geste met fin à des mois, à des années de souffrance. On se suicide parce qu’on ne supporte plus la douleur dans notre cœur et notre esprit. Une personne qui fait appel au suicide assisté veut avant tout mettre fin à sa douleur physique ou morale.

Est-il possible, si l’on a soi-même été touché par un suicide, d’aider d’autres personnes en devenant bénévole ?Oui, mais pas tout de suite. D’abord, il est important de prendre soin de soi, de s’accorder du temps pour se reconstruire. Mais effectivement, quelques années plus tard certaines personnes ont envie de venir en aide aux autres avec l’espoir d’épargner un tel drame à une autre famille. D’ailleurs, tout le travail que nous faisons est possible grâce à une équipe d’une quinzaine d’intervenant-es bénévoles dans le Bas-Valais et de huit intervenant-es bénévoles dans le Haut-Valais.

Contacter « Pars Pas » ?

Sur notre ligne d’écoute au 027 321 21 21 active tous les jours de l’année de 8h à 20h ou par e-mail à l’adresse aide@parpas.ch

Nous cherchons des intervenant-es bénévoles répondant à nos lignes téléphonique et écrite

Compétences requises : écoute, empathie, discrétion, disponibilité afin de soutenir les personnes en crise existentielle, leurs proches et les personnes endeuillées à la suite du suicide d’un proche. Formations dispensées. Pour plus d’informations sur nos prestations : www.parspas.ch

Merci d’envoyer votre CV et une lettre de motivations à Pars Pas Association valaisanne pour la prévention du suicide, case postale 2287, 1950 Sion 2 ou à info@parspas.ch

Le temps de l’Avent: un appel à la vigilance

Par l’abbé Bernard Alassani
Photo : André Bise

Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4e dimanche précédant Noël.   

L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché. C’est une période qui célèbre le triple avènement du Christ : sa naissance à Bethléem, sa venue dans le cœur des hommes de tous les temps, et son retour à la fin des temps. Il représente aussi la période où l’on se prépare principalement à la parousie 1, la venue du Christ dans la gloire à la fin des temps ; et dans les derniers jours précédant Noël, à faire mémoire de l’incarnation de Jésus, de sa naissance corporelle. Ce temps s’apparente au temps du Carême qui nous invite tous à la conversion et prépare nos cœurs à accueillir le divin Sauveur qui vient.

Durant ce temps chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, attendant la venue du Messie Sauveur comme le rappellent également les autres lectures de la messe.

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa résurrection (Pâques). L’Eglise relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans «  l’aujourd’hui  » de sa liturgie ».

Le temps de l’Avent place sur notre chemin les précieux cailloux blancs de la Parole de Dieu, qui de multiples manières, nous redit : « Préparez les chemins du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu » et de « veiller » en attendant la venue du Sauveur. Dieu vient au-devant de nous, il nous faut veiller pour l’accueillir non dans le ciel, mais bien sur terre où nous sommes invités à le reconnaitre. 

Bon temps de l’Avent et joyeux Noël !

1 Second avènement du Christ

L’importance des chants d’assemblée et de la musique populaire dans la liturgie

Texte et photo par Steve Dunn *

La fameuse citation attribuée à saint Augustin : « Chanter, c’est prier deux fois » ou, plus exactement : « Qui bien chante, deux fois prie » (« Qui bene cantat bis orat », en latin), nous encourage à utiliser des chants pendant nos célébrations religieuses. Les chants ne remplacent pas les prières et il ne suffit pas de chanter n’importe comment mais il faut « bien chanter » pour « prier deux fois ». Quand nous chantons nous utilisons les deux hémisphères de notre cerveau alors que pour lire ou réciter un texte nous utilisons surtout l’hémisphère gauche. La musique que nous aimons et que nous connaissons bien stimule également notre corps et nous procure des émotions. Donc, si nous prions en chantant bien nous engageons nos esprits, nos corps et nos âmes. Je pense que c’est pour cette raison que l’on peut considérer qu’ainsi nous « prions deux fois ».

Les chœurs de paroisse avec des chanteurs expérimentés peuvent atteindre cet état grâce à des répétitions régulières et nos paroissiens à Sainte-Thérèse me disent souvent que les chants du Chœur mixte les aident à prier. Mais comment arriver au même résultat avec une assemblée dont certains membres disent ouvertement qu’ils ne savent pas chanter ? En vérité, la recherche montre que les gens qui n’ont pas d’oreille au point de ne pas pouvoir reconnaître et reproduire une mélodie forment moins de 4% de la population humaine. En revanche, beaucoup de gens ont plus ou moins de difficulté à contrôler leurs voix quand il s’agit de bien chanter. Mon expérience avec la Maîtrise de Sainte-Thérèse m’a montré que les enfants à qui les parents ont chanté ont plus de facilité à reproduire des mélodies. Cependant, les enfants qui avaient de la peine au début ont tous appris à chanter juste avec la pratique. D’ailleurs, les adultes peuvent apprendre aussi et il n’est jamais trop tard pour se mettre à chanter ! Le chant s’apprend et les chanteuses et chanteurs classiques étudient pendant de longues années comme les autres instrumentistes. Car, oui, la voix est un instrument, mais avec la spécificité d’être située à l’intérieur de la personne qui le pratique. Elle est aussi le seul instrument capable de « jouer » des paroles, permettant ainsi cet engagement total de la personne qui prie en chantant.

Pour que les assemblées dans nos églises puissent bien chanter, il faut des chants simples (mais pas trop, s’il vous plaît !) et bien connus. Ceux que nous chantons depuis notre plus jeune âge ont un pouvoir émotionnel sur nous qui favorise l’implication de l’esprit, du corps et de l’âme. Nous avons toutes et tous des souvenirs de moments magiques de Noël pendant notre enfance. Les chants populaires de Noël y sont toujours associés et quand nous les rechantons chaque année, tous ces souvenirs nous reviennent. Quand une église pleine chante pianissimo Douce nuit il y a une communion extraordinaire et nous nous sentons attirés ensemble vers le Seigneur dans un moment de prière intense.

Alors, s’il vous plaît, parents, chantez à vos enfants et encouragez-les à chanter. Adultes, osez chanter à la messe. Enfants et adultes engagez-vous dans un chœur. Prenez des cours de chants. Plus vous chanterez, mieux vous chanterez et ainsi vous pourrez « bien chanter » et « deux fois prier » ! 

* Directeur du Chœur mixte et de la Maîtrise de Sainte-Thérèse

La joie de l’Evangile

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Le premier texte que publie François est La joie de l’Evangile.

Le premier texte que publie le pape François en 2013 s’intitule « La joie de l’Evangile ». A lire et relire, car on y trouve toujours de quoi, même 10 ans après, alimenter sa pastorale, sa prière et sa réflexion chrétiennes.

Il a remis au centre de l’agir chrétien ce qu’il décrit comme « notre programme de vie », sans cosmétique.

Ecouter avant de prêcher

D’ailleurs, il a rappelé combien de fois la Parole de Dieu doit d’abord s’écouter dans le silence, « c’est une question de vie » ! Et c’est ainsi qu’à partir de son écoute attentive, voire de sa réécoute régulière, « elle doit faire son chemin en nous » et rejoindre enfin les mains pour mettre en forme ce qui a été médité. De fait, la Parole de Dieu « forme et transforme », conclut-il.

Dimanche de la Parole

D’où l’idée d’instaurer, en 2019, le Dimanche de la Parole célébrée le 3e dimanche du Temps ordinaire, soit le dimanche qui tombe dans la Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens. Même si chaque dimanche est celui aussi de la Parole, un dimanche spécifiquement dédié à l’Ecriture proclamée est bienvenu, alors que bien des fidèles sont plus enclins à écouter (et critiquer !) l’homélie et à recevoir coûte que coûte l’eucharistie, faisant presque l’impasse sur la première (et indispensable) partie de la Messe, la table de la Parole justement.

Accessibilité

Régulièrement, à la fin d’un Angélus dominical, le pape François fait distribuer sur la Place Saint-Pierre un exemplaire des Evangiles, joignant ainsi l’admonestation (Lisez l’Evangile !) au côté pratique d’en recevoir un à glisser dans sa poche. D’ailleurs, lectrice, lecteur, en avez-vous un dans la vôtre ?

Face aux pensées suicidaires, comment agir ?

Florian Perraudin est un jeune chrétien de Fully. Il nous partage quelques mots au sujet du suicide qu’il a exploré dans le cadre du groupe de jeunes « En quête de foi ». Il présente ici le point de vue de l’Eglise catholique sur ce thème grave.

Florian Perraudin.

Par Florian Perraudin | Photos : DR

Pourquoi ce sujet ? – Tout a commencé un jour où je suis allé me balader dans la librairie Saint-Augustin à Saint-Maurice. Lorsque que j’ai ouvert « au hasard » le livre du Père Lestage, partageant ses expériences sur la prévention du suicide (cf. ci-dessous), j’ai lu à peine une page avant de pleurer chaudement. Le suicide touche beaucoup de monde, que ce soient les familles, les amis, les conjoints et bien sûr les victimes. Ces dernières années, j’ai le sentiment qu’il touche de nombreux jeunes gens. Je suis d’autant plus sensible à ce drame que mes contemporains le vivent. De plus, ce type de mort tragique ne m’est pas étranger puisque par le passé, ma famille a aussi été touchée par le suicide. Ce sont donc la lecture du livre du Père Lestage mêlée à l’actualité malheureuse du suicide et à mon passif familial qui m’ont motivé à prendre ce sujet à bras le corps. Cela m’a amené à animer une soirée sur le suicide au sein d’un groupe de jeunes à Martigny, nommé « En quête de foi ». Ce groupe permet entre autres la discussion de sujets sociétaux sous le regard de l’Eglise catholique.

A l’instar de saint Thomas d’Aquin, l’Eglise catholique s’est inscrite pendant plus de 1400 ans dans une perspective juridique du suicide : en s’ôtant la vie, l’être humain s’arroge un droit qui ne lui appartient pas. Cependant, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, les avancées scientifiques sur le suicide participent à une réhumanisation du débat théologique sur le suicide. Une perspective psychologique entre alors dans la théologie catholique contemporaine.

Evolution (heureuse) de l’Eglise catholique sur le suicide. – Le catéchisme de l’Eglise catholique nous dit aujourd’hui que des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire et qu’on ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que le Lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. 

Quelques mesures de prévention. – Par le biais du livre du Père Lestage, j’ai appris entre autres deux mesures de prévention. L’écoute en est la plus importante ! Cependant, cette écoute ne doit pas juger mais accueillir l’histoire de l’autre. Des phrases comme « Il faut… » ou « Tu ne dois pas penser cela… » sont à bannir. Nous pouvons plutôt poser des questions qui ouvrent la parole comme « Qu’est-ce que ça veut dire pour toi mourir ? » ou « Que puis-je faire pour t’aider ? » Une réponse peut aussi être le silence. Quand on écoute une personne tentée par le suicide, nous devons être prêts à entendre ses envies terribles de mort et à descendre avec elle dans les profondeurs de ses abîmes. Ainsi, en descendant si bas avec elle, on lui montre que l’on croit à la vie qui peut encore jaillir d’elle, malgré les noirceurs qui l’enveloppent ! Si l’on se sent incapable d’écouter, nous pouvons proposer l’écoute d’autres auditeurs, par exemple via la ligne d’écoute de l’Association « Pars Pas ».

En tant que chrétien, la prière est aussi une mesure de prévention très forte : prière pour la personne souffrante et pour nous, afin de nous aider à écouter comme Dieu écoute. De plus, dans le livre de Tobie, nous découvrons un archange qui délivre Tobie et Sarra des pensées suicidaires : Raphaël. Nous pouvons aussi lui demander d’intercéder auprès de Dieu pour les personnes suicidaires. 

Face au suicide, ne perdons pas la foi, l’espérance et l’amour les uns pour les autres !

Source de mes propos et pour aller plus loin : 

Karsten Lehmkühler, Le suicide dans l’histoire de la théologie : d’Augustin à Bonhoeffer in Etudes sur la mort, Editions CIEM, 2016/2 (no 150), pp. 63-78

Eric Lestage, Ils voulaient mourir, ils ont éclairé ma vie, Editions Salvator, Paris, 2023.

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