Quel Jacques fête-t-on le 25 juillet ? Parmi les apôtres appelés par Jésus, on distingue Jacques de Zébédée, frère de Jean, et Jacques d’Alphée associé à l’apôtre Thadée. C’est le premier qui est fêté en ce jour et appelé « le Majeur ». Les Actes des Apôtres rapporte sa mort à la suite de la persécution d’Hérode et en fait le deuxième martyr après Etienne. Une tradition ultérieure en fait l’évangélisateur de l’Espagne où il est vénéré à Compostelle.
par Pascal Ortelli
Humour
Une épouse essayait désespérément de guérir son mari d’un penchant à l’alcool. Après de multiples tentatives infructueuses, elle décida de prendre les grands moyens. « Si tu rentres une nouvelle fois éméché, tu n’échapperas pas à la caresse de mon rouleau à pâte. » Sentant que cela devenait sérieux, le mari promit de ne plus recommencer. « D’ailleurs, dit-il, dès ce soir, à la place du bistrot, j’irai à la chasse aux escargots. » Il en recueillit une grande quantité dans un sac qu’il mit sur ses épaules. Au moment de rentrer chez lui, des copains insistèrent pour boire un verre au bistrot du coin. Après plusieurs refus, il accepta mais, dit-il : « Juste un verre ! » Ce qui devait arriver arriva et au lieu de revenir chez lui à 20h, il arriva à 23h. Au moment de franchir le seuil, il buta sur le perron et tous les escargots se répandirent dans le couloir sous les yeux de sa femme. Dans un éclair de lucidité, il regarda vers les escargots et il dit tout fort : « Voilà les petits, on est enfin arrivés ! »
En jouant dimanche 18 juin, après la messe, la célèbre pièce «L’orage» de Jacques Vogt, Philippe Marchello a marqué d’une manière spectaculaire ses trente ans de présence à l’orgue de la collégiale d’Estavayer. Une église comble a réservé une standing ovation à cet organiste passionné autant que dévoué.
Par Claude Jenny Photos: Georges Losey, Claude Jenny
C’est avec une œuvre impressionnante que le compositeur a voulu transmettre par le son les diverses séquences d’un orage violent. Et traduire la partition sur l’instrument exige de l’organiste expérience et… débauche d’énergie ! C’était seulement la troisième fois – la dernière il y a 13 ans – que Philippe Marchello se lançait ainsi sans peur… en plein orage. Une technique vidéo défaillante n’a malheureusement pas permis au public de voir physiquement l’artiste sur grand écran durant son interprétation, lorsqu’il est quasiment couché sur les claviers ou que ses pieds actionnent le pédalier dans tous les sens ! Restait donc le son, avec ses passages fracassants, qui montrent toutes les potentialités de l’instrument et de l’organiste !
Philippe Marchello a été honoré et félicité pour l’occasion par une délégation du Conseil de paroisse emmenée par son président Alexandre Duc, qui lui a remis un présent pour tant d’années de fidélité à sa mission de musicien d’Eglise. L’abbé Bernard, en ouverture de la messe, a lui aussi relevé la qualité d’un tel dévouement au service de la liturgie.
L’artiste félicité par Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse.
Depuis 50 ans, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) s’intéresse à la diversité des héritages chrétiens pour établir durablement des traits d’union entre confessions chrétiennes. Dès septembre, la nouvelle volée s’interrogera sur la manière de raviver ces héritages respectifs. Entretien avec Anne Deshusses-Raemy, codirectrice catholique, et Blaise Menu, son homologue protestant.
Par Myriam Bettens | Photos : J.-Claude Gadmer, M. Deshusses
L’œcuménisme est aujourd’hui perçu comme un acquis. Comment nourrir le débat œcuménique de nos Eglises, qui semble un peu… endormi ? Anne Deshusses-Raemy – C’est un acquis parce que nous sommes les héritiers de ces pionniers qui ont fait un travail énorme pour l’unité. Et ce n’est pas un acquis parce que l’œcuménisme semble un peu victime de son succès. Beaucoup de choses se passent à la base et ne sont pas reconnues par les institutions. A l’inverse, des initiatives se concrétisent, en bilatéral, entre les Eglises mais ne descendent pas à la base ou ne sont pas acceptées. Blaise Menu – L’horizon que nous pouvons avoir par rapport à l’œcuménisme est à l’image de la compréhension de l’origine et elle a beaucoup changé. Nous avions un regard relativement unitaire et complètement imaginaire sur l’Eglise des origines, alors que le christianisme est dans la diversité et le conflit depuis le début ! Si l’œcuménisme est de revenir à cette espèce d’unité parfaite, rêvée, c’est une pure illusion. L’œcuménisme ne peut que faire face à sa diversité. Je ne sais pas s’il est un objectif ou un chemin, mais j’opterais plutôt pour le second. Un chemin sans cesse à réentreprendre.
N’y a-t-il pas également un changement de la compréhension de ce qu’est l’œcuménisme et donc des attentes qui s’y rapportent ? ADR – Dans la société, le terme commence à prendre une connotation interreligieuse. Dans les milieux ecclésiaux, les positions se polarisent beaucoup plus qu’avant entre ceux qui sont fatigués et ceux pour qui œcuménisme rime avec « surtout pas ». BM – Auparavant, on pouvait compter sur une compréhension partagée. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus flou et cela va dans plusieurs directions. Ce qu’on constate surtout, c’est une espèce de fatigue par rapport aux appareils ecclésiastiques et l’incompréhension que nous soyons toujours à nous diviser pour des choses qui apparaissent de plus en plus pour les gens comme des broutilles.
Comment parler aujourd’hui d’œcuménisme quand pour beaucoup de chrétiens cet héritage (ou identité) est synonyme de blessure ? ADR – C’est d’abord de reconnaître la blessure. Les formations comme l’AOT permettent de les mettre au jour, pour ensuite en guérir certaines. En remettant notre théologie en perspective par la contextualisation, cela permet de se demander si aujourd’hui, certains de ces principes sont toujours aussi pertinents pour notre vie de croyant. BM – Nous connaissons les casseroles de nos institutions et de nos théologies. Nous essayons de faire en sorte que ce tintamarre de casseroles que l’on traine devienne quelque chose d’un peu plus musical ! Si on refuse ces casseroles, on laisse le tintamarre derrière nous. Plus que de nommer les blessures, nous cherchons à donner aux participants des outils pour comprendre comment le réaliser.
Est-ce que la posture d’« œcuménisme poli » a rendu la parole moins impertinente et stimulante ? BM – Je pense que c’est tout à fait juste. A la base des démarches œcuméniques, il y a une réalité qui est celle de la rencontre. Des personnes qui se parlent franchement, vont au bout des choses et apprennent à s’apprécier. Cela traduit un œcuménisme d’agapè, d’amour mutuel, que le Christ nous a commandé. ADR – Et c’est dans ce sens que cela doit aller… l’amour pour atteindre ensuite l’unité et non pas l’inverse. Mais une unité dans la diversité. C’est aussi la raison qui nous a décidés à nous demander comment devenir un ferment pour cet œcuménisme.
La foi en héritages ?
« Chacune et chacun d’entre nous vient de quelque part : une famille, un lieu, une culture, une tradition, une religion, un milieu social… que nous portons, selon notre histoire, comme un poids lourd ou comme un étendard. C’est ce « quelque part » que nous nommons « héritages ». Il arrive qu’il soit non pas unique ou unifié, mais multiple, croisé, entrelacé. Pour Confronter les points de vue et rivaliser d’estime mutuelle, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) lance sa 26e volée sur la thématique des héritages.
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 septembre prochain !
Notre Dame de la Visitation, Toi qui partis vers la montagne rejoindre Elisabeth en hâte, Conduis-nous nous aussi à la rencontre de tous ceux qui nous attendent Afin que nous leur annoncions l’Evangile vivant : Jésus Christ, Ton fils et notre Seigneur ! Nous nous hâterons, sans nous laisser distraire et sans retard, Dans la disponibilité et la joie.
Nous avancerons sereinement car qui apporte le Christ apporte la paix, Sûrs que le plus grand bien-être vient du bien-agir. Notre Dame de la Visitation, par ton intercession, Lors de ces JMJ nous porterons le Christ, comme toi-même tu le fis. Permets que ces journées soient un temps de témoignage et de partage, De fraternité, d’action de grâce, Et une occasion d’aller vers ceux qui vivent encore dans l’attente. Avec toi, nous parcourrons ce chemin d’unité Pour que notre monde lui aussi soit uni Dans la fraternité, la justice et la paix.
Notre Dame de la Visitation, aide-nous à porter le Christ à tous, Obéissant au Père et dans l’amour de l’Esprit.
Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, j’ai toujours imaginé que Pierre marchait sur une mer calme, lisse comme une patinoire. L’histoire que nous raconte ce vitrail est bien différente. Le travail du verre met en évidence des flots sombres et agités. Et en effet, lorsqu’on lit l’épisode rapporté dans l’Evangile selon saint Matthieu (14, 22-33), on remarque que la barque est battue par les vagues, que le vent est contraire et qu’il fait nuit.
En arrière-plan du vitrail, les disciples semblent lutter pour maintenir leur embarcation. Le personnage en bleu clair tient fermement les cordages. Pierre a de l’eau jusqu’à la taille, la situation semble tragique. Pourtant, son visage est étonnamment calme. En s’attardant sur la poignée de main par laquelle Jésus le retient, on observe qu’elle est solide. Le Seigneur dégage une grande stabilité.
L’inscription au bas de l’œuvre rappelle la demande de Jésus à Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14, 31)
Se pose alors une question : à quel moment Pierre a-t-il douté ? Est-ce le moment où il a pris peur en marchant sur l’eau ? Peut-être… et en même temps, sa première réaction est de crier vers Jésus pour être sauvé. Le visage du disciple sur le vitrail exprime cette sérénité de celui qui sait que le Seigneur est à ses côtés dans les épreuves.
Peut-être est-ce le doute initial : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » (Mt 14, 27-28)
Le grec nous donne un élément de réponse. Le mot que nous traduisons généralement par « douter » signifie littéralement « se tenir entre deux ». Il exprime quelque chose de l’hésitation.
Et si le problème n’était ni de demander des preuves, ni d’avoir peur face à l’adversité, mais de ne pas aller au bout de l’élan. Et si ce que Jésus demande a Pierre était : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu renoncé ? »
Par l’abbé Jean-Michel Moix Photo: abbé Valentin Roduit
S’il il fut un temps où la tendance en architecture était de faire « table rase du passé » pour construire à neuf, les temps ont maintenant changé. L’on aime parler aujourd’hui de restauration, de préservation du patrimoine bâti. Et c’est le sujet qui occupe le thème central de ce numéro, dans les pages 16 et 17.
Ainsi les restaurations d’églises peuvent conduire à d’intéressantes découvertes. En 1972-1973, à la restauration de l’église de Muraz, l’on découvrit sous l’église, dans son sous-sol, les vestiges de différents murs qui témoignaient d’édifices antérieurs remontant jusqu’à l’époque gallo-romaine ! L’on répertoria ainsi un premier sanctuaire chrétien remontant au IXe siècle !
Nos communautés paroissiales se sont donc développées autour de sanctuaires ou de chapelles. Souvenons-nous ici des racines de notre foi : nous sommes les héritiers, les heureux bénéficiaires, d’un patrimoine religieux, vécu par des générations successives de chrétiens !
Sachons donc maintenir vivante notre foi afin de la transmettre à la génération future qui elle-même, à son tour, transmettra cette même foi à la génération suivante…
Et profitons donc de cet été pour « refaire » si nécessaire nos forces humaines et spirituelles, pour « restaurer » au besoin notre foi afin qu’elle nous unisse à Dieu, source de toutes grâces.
Pourquoi ne pas suivre en cela le conseil que Jésus avait donné à ses apôtres, de retour d’une mission épuisante et fatigante : « Venez à l’écart… et reposez-vous un peu ! » (Mc 6, 31) Venez cet été à la maison Cana pour participer à une table d’hôte ou à un brunch dans une ambiance conviviale, (infos pp. 8-9) ! Participez à une messe sur les alpages, sur les hauteurs de Vionnaz ou de Vouvry (infos p. 19), aux Giettes ou encore à Chalet Neuf (infos pp. 18 et 20) !
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Valaisanne Laetitia Vergère.
Par Laetitia Vergère Photo: DR
Le patrimoine, dans sa diversité, est une source de richesse collective et d’héritage. Il constitue un facteur de rapprochement, de tolérance, de liberté et de respect. Sa destruction représenterait une menace, c’est pourquoi il est primordial de le protéger et de le garder précieusement afin d’éviter qu’il disparaisse de la conscience générale.
Ainsi, restaurer une église ou un autre bâtiment religieux est nécessaire sur plusieurs points. Tout d’abord, cela permet de garder les fondamentaux : les murs, les vitraux, l’autel, etc. Aussi, il incite à garder une certaine cohérence architecturale et permet aux fidèles et aux visiteurs de reconnaître aisément de quelle confession fait partie l’édifice. Et finalement, la restauration peut permettre de donner « un coup de neuf », en remettant le bâtiment au goût du jour, adapté à l’époque de restauration.
Mais la restauration est-elle uniquement physique, se rapportant à l’édifice, ou bien pourrait-on aller plus loin ? L’église (la bâtisse) et l’Eglise (la communauté) n’ont-elles pas les mêmes besoins ?
Le mot Eglise – du grec ekklêsia, qui signifie « assemblée » et provient du verbe ekkaleô (« je convoque ») – désigne à la fois la communauté religieuse fondée par Jésus-Christ, le christianisme et l’institution religieuse qui a été mise en place autour de cette foi commune. Comme nous le rappelle l’Evangile selon saint Matthieu (Mt 9, 13) Jésus « n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». Peut-être qu’une restauration de la pensée et du jugement serait nécessaire, en grattant les dorures et les parures de l’Eglise actuelle, afin de retrouver ceux que Jésus est venu appeler : tout le monde, quel qu’il soit, afin que chacun se sente accueilli et accepté, dans l’Amour du Christ et de la Communauté ?
Le lundi de Pentecôte (le 29 mai), nous sommes allés à la cathédrale de Lausanne avec les servants de messe de Monthey et Choëx. Cet édifice religieux qui était d’abord rattaché à l’évêché fut voué au culte protestant dès 1536. Cette sortie était organisée par «Les Anciennes» pour remercier le groupe des servants qui ont fidèlement servi aux messes durant cette année. Par chance, le soleil nous a accompagnés tout au long de notre journée, lui donnant des airs de vacances.
Quelle vue au sommet du beffroi.
Par Valentine Genolet | Photos : Léa Ambrozinho
La journée a commencé par un petit moment de jeu sur le quai de gare pour patienter jusqu’à l’arrivée du train. Puis, nous avons commencé notre voyage jusqu’à la cathédrale. A travers la ville de Lausanne, monter les marches n’aura pas été de tout repos mais la récompense sur l’esplanade de la cathédrale en valait la peine. Après une visite menée par Sandrine Mayoraz, nous avons entrepris l’ascension des multiples marches du beffroi, frissons garantis ! C’est du haut de cette tour qu’à l’époque comme encore à l’heure actuelle, la personne préposée au « guet » crie chaque nuit les heures.
La journée s’est poursuivie par un pique-nique bien mérité au parc, des jeux et une petite glace. D’après les commentaires des servants de messe présents, la sortie a été très appréciée et tout le monde a passé une excellente journée ! Voici quelques ressentis sur notre sortie et sur l’année passée en tant que servant de messe :
Kenza :« J’ai réussi à grimper en haut de la tour malgré mon vertige. Servir la messe m’a permis de me sentir moins seule et de connaître plein de monde. »
Salomée :« La cathédrale était super impressionnante, j’ai pu apprendre plein de choses sur la religion. »
Maël :« J’ai beaucoup aimé cette sortie car le groupe des servants de messe est un groupe calme, on peut prendre le temps et profiter. »
Pour les « Anciennes », l’organisation de la sortie s’est faite de manière assez naturelle avec une bonne répartition des tâches, pour elles, les servants de messes ont pris du plaisir donc l’objectif a été atteint !
Merci aux « Anciennes » pour la coordination et la formation du groupe ainsi qu’aux servants et leurs parents pour leur engagement tout au long de l’année. Bel été à tous.
Les servants de messe s’engagent à servir la messe une fois par mois le samedi ou le dimanche. Ils se rencontrent plusieurs fois dans l’année pour apprendre à servir, se connaitre, passer des moments sympas de jeux ou de sortie et prier ensemble. Certaines rencontres sont organisées avec les servants de Collombey-Muraz et du Haut-Lac.
Les enfants (dès 6H) qui souhaitent rejoindre le groupe des servants de messe peuvent s’inscrire et se renseigner auprès d’Erika Meninas au 079 333 03 26.
On se réjouit de les accueillir.
Les servants de Monthey et Choëx encadrés par les « Anciennes » commencent la visite de la cathédrale de Lausanne.
Les couleurs suscitent en nous des émotions. D’un point de vue statistique, le bleu, par exemple, est aimé par 57 % des hommes, mais seulement par 35 % des femmes. 23 % des femmes aiment le violet mais 0 % des hommes.
Dans l’Antiquité, la couleur bleue était le symbole du deuil, du malheur et du désarroi, mais ces croyances se sont inversées après l’an mille. Chez les Romains, cette couleur était associée aux barbares : avoir les yeux bleus était dévalorisant et personne ne portait de vêtements de ce coloris avant le IIIe siècle. Les XIIe et XIIIe siècles marquent une « révolution du bleu » du fait de la théologie. Dieu est un dieu de lumière et celle-ci se manifeste de deux façons : la lumière divine (lux) et la lumière terrestre (lumen). Pour les différencier, il fallait trouver une technique dans les images : le ciel au sens de la couche atmosphérique devient bleu, alors que l’or est utilisé pour représenter la lumière divine et le Ciel au sens du paradis céleste. Le bleu est devenu le symbole de la pureté, de la spiritualité en désignant des valeurs positives comme la force, le sacré, l’inaccessible (le Ciel).
A Rome, le rouge est associé au pouvoir. C’est la couleur des généraux, des patriciens et plus tard des empereurs. Son usage est d’ailleurs réglementé et interdit à ceux qui ne font pas partie de ces catégories. Le Code Justinien (VIe siècle ap. J.-C.) condamne à mort ceux qui achetaient ou vendaient le tissu de couleur Porpora à mauvais escient.
Dans la culture chrétienne, la royauté spirituelle de la Vierge revêt des insignes de la royauté temporelle, dont le rouge. Ceci indique, aussi bien pour la Vierge que pour le Christ, leur nature humaine, alors que pour tous deux, le bleu est indice de divinité. Lorsque l’habit de Marie est une robe rouge, recouverte d’un manteau bleu, le rouge signifie son lien avec le monde terrestre tandis que le bleu (plus ou moins foncé) est la couleur spirituelle, par analogie avec le Ciel, mais aussi parce que le bleu est la couleur la plus coûteuse pour les artistes du Moyen-Age, car elle provient du lapis-lazuli broyé.
Synesthésie
Mais les couleurs peuvent aussi être associées aux sons, aux goûts. C’est ce qu’on appelle la synesthésie. Environ 4 à 6 % de la population avec une proportion significative de « créatifs » possède cette capacité d’association entre les couleurs et les émotions. Pensons à Arthur Rimbaud et son poème « voyelles » (1871), Van Gogh (La nuit étoilée, 1889), Charles Blanc-Gatti (Suite bergamasque de Debussy, 1930), Kandinsky (composition VIII, 1923).
Et nous, ne sommes-nous pas émus devant la beauté des couleurs d’un vitrail d’une église ou d’une cathédrale ? Nos prières n’en sont-elles pas plus éclairées ?
Guillaume nous partage son expérience et sa passion pour la musique
Bien connu sur le coteau de Choëx où il a grandi, Guillaume Délèze anime régulièrement des messes à l’orgue ou au piano. Parmi ses projets musicaux variés, ce musicien «touche-à-tout» a récemment composé deux ordinaires pour la messe. Guillaume nous partage son expérience et sa passion pour la musique.
Propos recueillis par Sandrine Mayoraz Photo : Suzy Mazzanisi
Quel est votre parcours musical ? J’ai commencé avec le piano quand j’étais tout petit, mais ma passion pour la musique s’est vraiment développée à partir de mes 14-15 ans. C’était à une période où j’ai appris à improviser au piano à partir d’accords, ce qui m’éclatait plus que de déchiffrer longuement des partitions, et où j’ai aussi découvert plusieurs de mes groupes préférés (Nightwish et le « metal symphonique » pour les connaisseurs…). C’est à ce moment que je me suis mis à composer plus sérieusement. Depuis, j’ai aussi appris la guitare basse et la batterie, j’ai joué du piano dans de très nombreux projets variés, j’ai fait un Bachelor en musicologie et je dirige un chœur.
Vous avez composé un ordinaire pour la messe. D’où vient cette idée ? Au départ, c’est le groupe Raising Hope qui m’a demandé si je pouvais en composer un pour eux… Cela tombait bien, car j’y songeais depuis un petit moment. Quand je compare la musique qu’il y a à la messe et tout ce qu’il y a en dehors, je me dis qu’une petite mise à jour ne ferait pas de mal. Alors on ne peut pas non plus faire n’importe quoi à la messe, car la musique doit rester au service de la prière, mais malgré tout j’avais ce sentiment que je pouvais amener ma petite goutte d’eau au répertoire liturgique.
Justement, quelles sont les exigences à respecter pour composer une messe ? L’exigence de base, c’est que le texte reste le plus important et donc doit être bien compréhensible : l’idéal étant que le rythme de la musique respecte le rythme naturel du texte. Et ce n’est pas toujours facile à gérer. Par exemple, le Gloire à Dieu ne se laisse pas découper en couplets de longueur égale et chantable sur la même mélodie.
Ensuite, l’exigence déterminante, c’est de s’adapter au contexte auquel la messe est destinée. Pour la première messe, composée pour Raising Hope – qui est un groupe de louange jeune – j’ai cherché à créer une messe dans ce style-là, en y ajoutant ma touche personnelle. J’ai composé une seconde messe pour le festival Open Sky, pour chœur à quatre voix. Cette fois-ci, j’ai voulu faire quelque chose qui correspondait à l’ambiance de l’événement : jeune mais intense.
Enfin, il y a aussi des contraintes plus « terre à terre » : ce chœur n’ayant pas beaucoup de temps de répétition, j’ai cherché à faire la messe la plus simple possible !
Qu’est-ce que la musique apporte à votre foi ? J’ai entendu que quand on prie, on doit essayer de ne pas trop le faire avec la tête, mais plus avec le cœur. Les mots ont tendance à s’arrêter à la tête tandis que la musique est pour moi le meilleur moyen de toucher le cœur. C’est l’outil parfait pour nous aider à ressentir les choses, et ne pas rester purement dans l’intellectuel. Cela rend le fait de composer des messes passionnant : c’est chercher à traduire ce que l’on trouve beau dans la foi, en espérant le faire ressentir, le partager avec l’assemblée.
Merci Guillaume de ce partage et de mettre ta passion et tes multiples talents musicaux au service de la prière et de la foi.
Vous pouvez écouter ses compositions sur Dreamsailer.com Les messes ne sont pas encore disponibles en ligne. Vous pouvez lui demander les partitions en le contactant à guillaume.deleze@gmail.com
Beaucoup ont parié qu’il deviendrait prêtre. Au lieu de cela, Peter To Rot a non seulement fondé une famille, mais aussi engagé sa propre vie pour défendre le mariage. Méconnu en Europe, il est vénéré par les catholiques d’Océanie.
Par Myriam Bettens | Photo: DR
C’est en 1912, que la ville de Rakunai, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a vu naître celui que beaucoup considéraient comme un leader né. A 21 ans à peine, Peter To Rot était déjà un catéchiste accompli et servait de bras droit au prêtre missionnaire de la paroisse locale. Ce dernier, croyant déceler en son collaborateur les germes d’une vocation sacerdotale, envisage de l’envoyer en Europe pour qu’il y fasse des études. Peter s’est donc préparé à ce ministère, confirmant tout ce que le missionnaire avait vu en lui : une étonnante capacité à enseigner, une connaissance approfondie de la Bible, une facilité à entrer en relation avec tout le monde et une forte influence sur les autres, en particulier sur les jeunes. Contre toute attente, le jeune homme se marie en 1936, mais poursuit néanmoins sa vocation de catéchiste laïc.
En 1942, les forces impériales japonaises envahissent toute la région et s’attaquent à ce qu’ils estiment être la « religion apportée par les Occidentaux ». Les missionnaires européens sont capturés et internés dans des camps de concentration et les lieux de culte détruits. Peter poursuit malgré tout sa tâche et prend en charge la communauté privée de curé. Il baptise, visite les malades, assiste aux mariages : son statut de laïc autochtone lui offre alors une relative sécurité. Or, les Japonais le surveillent de près, bien conscients qu’il constitue le seul point de référence pour les catholiques de la région. Mais les choses tournent court pour Peter lorsqu’il prend clairement position contre la décision des autorités japonaises d’introduire la polygamie dans son pays. A Noël 1944, les autorités japonaises l’arrêtent et l’emprisonnent dans un camp de concentration. Ils veulent rapidement se débarrasser de lui et la nuit du 7 juillet 1945, trois fonctionnaires assassinent en secret Peter To Rot par injection létale. Il est béatifié par le pape Jean-Paul II le 17 janvier 1995 lors de sa visite en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Une page d’histoire se tourne plus précipitamment qu’envisagé. La dernière messe paroissiale a été célébrée le samedi 17 juin à la chapelle du Closillon. Et pour cause, la vétusté du bâtiment exige une mise en conformité de tout le système électrique. Explication avec Bernard Premand, président du Conseil de Gestion.
Par Sandrine Mayoraz et Bernard Premand | Photo : Jean-Michel Moix
Dans un récent courrier, le Service Electricité, Energies & Développement durable de la ville de Monthey demandait une mise à jour du système électrique au Closillon pour le 7 juin 2023, suite à un contrôle périodique imposé par la législation fédérale et effectué par un organisme indépendant. Sans cette mise aux normes, l’électricité est coupée. Les frais d’investissement sont trop élevés, estime le Conseil de Gestion. En accord avec le Conseil de Communauté, la paroisse renonce à investir une somme de plusieurs milliers de francs, disproportionnée par rapport aux besoins et à l’utilisation du lieu .
De fait, la chapelle peut toujours être utilisée, mais sans électricité, soit sans chauffage ni lumière. Ceci est envisageable de manière ponctuelle pour un baptême en été par exemple, mais ce n’est pas approprié pour les messes paroissiales. Ainsi, avec émotion, la dernière messe paroissiale a eu lieu le samedi 17 juin.
Retour à ses origines
Son histoire commence dans les années 60. Le Curé Louis Bonvin fait construire la chapelle du Closillon avec l’intention de créer une nouvelle paroisse, sous gare, avec son église, sa cure, une maison d’œuvres. Ainsi, la paroisse de Monthey achète cette grande parcelle. Provisoirement, on se contente de mettre en place une modeste chapelle préfabriquée en bois, dédiée à saint Joseph. Le provisoire dure : la nouvelle paroisse n’a pas vu le jour.
Néanmoins, une communauté fidèle s’est formée autour de cette chapelle de quartier. En 60 ans, d’autres communautés ont bénéficié et prié dans cet espace sacré : les Haut-Valaisans, la mission portugaise, le renouveau charismatique.
La paroisse remercie tous les bénévoles qui ont œuvré et les paroissiens qui ont prié dans ces murs. Ils ont fait vivre la chapelle du Closillon.
Charles de Foucauld a souvent été interrogé sur sa vie d’avant. Il y toujours répondu sans détour. Lorsqu’il déclare : « Je demeurai douze ans sans rien nier et sans rien croire, désespérant de la vérité et ne croyant même pas en Dieu… » et « J’étais dans la nuit. Je ne voyais plus Dieu ni les hommes », que nous dit-il ? L’absence de Dieu dans sa vie le rend aveugle à l’autre : nous ne pouvons pas Le rencontrer quand nous nous enfermons dans la seule satisfaction de nos besoins. Nous allons vers Lui quand nous nous tournons vers autrui pour lui dire nos attentes ou pour répondre aux siennes. C’est donc une quête de son amour à laquelle nous sommes invités.
L’absence originale de Dieu de Charles de Foucauld, son athéisme, se transforment lentement en une foi tournée vers l’autre : « Je suis prêt à aller jusqu’au bout du monde… Mon Dieu faites que tous les humains aillent au ciel ! » Vers quoi nous invite-t-il ? Nos actions n’ont de sens que si elles incluent la dimension de l’autre, c’est-à-dire la pleine conscience de l’Amour de Dieu. Pour l’atteindre, point de fioriture nécessaire, la Vérité, Sa Vérité, sont nos seuls guides.
La présence de Mgr Farine à notre après-midi du 14 mars dernier a transformé notre rencontre MCR (Mouvement des Chrétiens Retraités) en un moment exceptionnel. Il n’est en effet pas si fréquent de recevoir un évêque !
C’est pourtant en toute simplicité que Pierre Farine, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg de 1996 à 2015, est venu partager avec nous cet après-midi, en qualité de nouveau conseiller spirituel de notre Mouvement.
Celui qui préfère qu’on s’adresse à lui avec un « Pierre » ou un « mon Père » plutôt que le pompeux « Monseigneur » a d’abord participé à notre pause spirituelle autour du thème de l’Espérance avant de concélébrer la messe avec l’abbé Joël Akagbo et rencontrer ensuite de manière informelle et directe les membres de notre groupe autour d’une tasse de thé et de quelques gourmandises sûrement agréées en temps de Carême.
Comme il se l’est promis, Pierre Farine va visiter ainsi tous les groupes de notre Mouvement dans le canton de Genève. Ce n’est pas sans une certaine fierté que nous lui avons permis d’essuyer les plâtres en étant le premier groupe à avoir eu l’honneur de sa venue dont nous garderons toutes et tous un souvenir chaleureux d’un homme de foi dont le lumineux sourire vous met tout de suite à l’aise.
Prochaine et dernière rencontre de l’année pastorale : le 13 juin, dès 14h15 dans la salle Saint-François de Chêne (messe à 15h15 suivie du goûter).
Le dimanche 14 mai, en la messe célébrée par l’abbé Valentin Roduit, 18 enfants ont fait leur première communion solennelle à l’église de Collombey : Léo Azevedo Barroso, Gabriel Vicky Faustinelli, Lucy Gamito Soares, Liam Miranda, Daren Miranda, Leandro Daniel Pereira Cerqueira Magro, Ilenia Touihri, Jenna Vicino, Daniel Delorme, Enzo Francisco Marques, Clémence Janovale, Leticia Lima Magalhaës, Camille Ottesen, Naya Stéphanie Parvex, Luca Previti, Jennifer Rodrigues, Leandro Ventura Dos Santos, Elsa Voide.Le jeudi 18 mai, fête de l’Ascension, en la messe célébrée par l’abbé Jean-Michel Moix, 14 enfants ont fait leur première communion solennelle à l’église de Muraz : Noémy Cretenoud, Marion Delaloye, Rui Gabriel Dias Mota, Kylian Favre, Clara Freitas Da Silva, Alessandro Carmine Genito, Emilie Geracitano, Emelyne Granger, Zélie Mariéthoz, Inès Neves Costa, Isaline Perruchoud, Noé Pfammatter, Zara Teixeira Mumun, Joël Deifreitas Proenca.
Chanteuses et chanteurs se réjouissent déjà : le retour des Céciliennes est programmé pour novembre prochain à Cugy. Avec quelques changements mais ce même besoin pour les membres des chorales de se retrouver pour le plaisir de chanter ! Les préparatifs avancent bon train. Etat à six mois de l’événement.
Par Claude Jenny | Photo: LDD
« Toutes les commissions sont à pied d’œuvre depuis un bout de temps et tout s’annonce bien ! », se réjouit Maurice Bourqui, président du comité d’organisation. Côté musical, c’est Jacques Michel qui joue le coordinateur et les chorales auront du travail pour préparer les diverses partitions programmées pour être prêtes à la mi-novembre prochain.
Toutes les chorales ensemble
Ces Céciliennes de la Broye seront les premières depuis 2017 pour le secteur Saint-Laurent et 2018 pour la Haute-Broye. Le Covid a imposé un break qui sera enfin oublié mais qui verra, innovation de taille, les deux secteurs réunis en un seul rendez-vous les 17 et 19 novembre à Cugy suite à la fusion des deux secteurs votée en 2020.
Ce regroupement a pour effet que ce sont au total neuf chorales, toutes mixtes, de l’enclave d’Estavayer ainsi que de celle de Surpierre qui seront au rendez-vous, soit au total quelque 230 chanteurs dont deux tiers environ de voix féminines. Seul Murist ne sera pas représenté. Toutes les chorales participantes (voir liste ci-contre) sont de ce fait impliquées dans l’organisation de ce rassemblement. Quant au plan musical, il n’y a plus de directeur décanal. « Il en résulte une belle volonté d’œuvrer ensemble » relève Maurice Bourqui qui souligne aussi « le besoin éprouvé par tous les chanteurs de se retrouver et de chanter ensemble ».
Ces Céciliennes revêtiront la forme d’une rencontre. « Nous avons voulu insister sur ce point ; ce n’est pas un concours. Il n’y aura d’ailleurs pas d’experts lors du concert » relève Jacques Michel.
Un concert innovant
Le concert du vendredi verra les 9 chorales se produire ainsi que le chœur des jeunes du CO de Cugy. Chaque chorale interprétera deux chants. Trois chorales – Aumont – Estavayer et Notre-Dame des flots – en chanteront un en solo et un second avec une autre chorale. Les chœurs comptant moins de membres chanteront chaque fois en duo avec un autre chœur, mais pas le même pour les deux chants ! Une formule originale déjà testée lors des dernières Céciliennes de la Haute-Broye avec succès. Le thème central est celui de l’eau, laissant aux chorales un vaste choix d’œuvres. La décoration sera teintée de bleu et chanteuses et chanteurs porteront un signe distinctif rappelant cette couleur. Deux chants d’ensemble viendront clôturer ce concert : « Un bateau » et « Les chemins de la mer ». Des textes de liaison seront signés Jean-Paul Brügger.
Messe de Saint Bernard
Relâche le samedi mais, comme il se doit, messe des Céciliennes le dimanche à l’église. Les directeurs des chorales ont porté leur choix sur la « Messe de Saint Bernard » de Geneviève Moullet, messe écrite avec un texte en latin, avec Philippe Marchello à l’orgue. Le grand chœur formé de l’ensemble des chorales sera dirigé par plusieurs des directeurs. La fanfare de Cugy se produira à l’extérieur de l’église après la messe et le chœur des jeunes du CO de Cugy durant la partie officielle à la grande salle. Plusieurs chanteuses et chanteurs seront également honorés pour 20 ans d’activités chorales.
Les chorales participantes
• Le chœur mixte d’Aumont-Nuvilly (direction : Marion Pagin) ; • Le chœur mixte de Cugy-Vesin (direction : Nicolas Demierre) ; • Le chœur mixte Saint-Laurent d’Estavayer direction : Jean-Louis Raemy) ; • Le chœur mixte de Fétigny-Ménières (direction : Sarah Fontaine) ; • Le chœur mixte de Font-Châbles- Cheyres (direction : Jacques Michel) ; • Le chœur mixte de Lully-Bollion-Châtillon (direction : Sarah Fontaine) : • Le chœur mixte de Montet-Frasses (direction : Léa Manesse-Lamri) ; • Le chœur mixte de Notre-Dame des Flots (direction : Gérard Moullet) ; • Le chœur mixte « Ensemble » de Surpierre (direction : Eddy Gaspou).
Le programme
• Vendredi 17 novembre 2023, à 20h : concert de toutes les chorales à la grande salle de Cugy, suivi d’une partie conviviale ;
• Dimanche 19 novembre 2023, à 10h : messe à l’église de Cugy suivie de la partie officielle à la grande salle.
Ce week-end chanté sera précédé du « Loto des Céciliennes » le dimanche 12 novembre, à 19h30, à la salle de Rueyres-les-Prés.
L’existence de Dieu sera-t-elle un jour confirmée par la science ? Qui sait…
Vous aussi, cela vous fait tousser de lire que les athées sont en voie de disparition alors qu’on parle sans arrêt d’une baisse du sentiment religieux? Paradoxalement, cette classe « d’incroyants » est bien en voie d’extinction selon certaines recherches. Faut-il alors créer un biotope protégé pour la préserver?
Par Myriam Bettens | Photos : DR
« La religion est l’opium du peuple. Aujourd’hui, je dirais plutôt la Ritaline des masses », écrit tout de go Thierry Stegmüller lors d’un échange de SMS. Il fait encore partie de ces 4 % de la population suisse se qualifiant d’athées. « Sommes-nous en voie de disparition ? », répond-il en écho, tout en ponctuant sa réponse d’un rire. L’enseignant au Gymnase de Bienne n’y croit pas : « De la part des croyants, nous avons tout de suite une étiquette. Or, cela dépend où est-ce que nous plaçons le curseur. Les gens que je rencontre ne se disent pas athées, mais le sont de fait. » Une observation que confirme Thierry Dewier, président de l’Association suisse de la Libre Pensée. « Après une semaine au Salon du livre de Genève à discuter avec de nombreux visiteurs, j’ai remarqué que ces personnes se disent par exemple catholiques, mais ne croient à aucun des dogmes du catholicisme. La religion n’est plus qu’une marque culturelle. » Tout comme son homonyme, il soutient que tout est question de définition. « Très peu de gens affirment être persuadés que Dieu n’existe pas. Ils préfèrent dire qu’ils ne savent pas et souvent, ils ne veulent pas non plus savoir. »
Pourcentages d’athées et d’agnostiques dans le monde.
De l’athéisme à l’indifférence
« Il y a aujourd’hui une indifférence du religieux », pointe Christophe Monnot, maître de conférence en sociologie des religions à l’Université de Strasbourg. « On voit actuellement en Europe que lorsqu’une génération se désaffilie [ndlr., quitte officiellement une Eglise], la génération suivante va plus loin en termes de « non-religion ». » Même si la Suisse semble encore relativement préservée, Thierry Dewier souligne que le renouvellement constant des croyances engendrera une mutation de la société et peut-être même des dogmes. « Ce qu’il se passe en Europe constitue probablement l’embryon de ce qu’il va se produire à l’échelle mondiale. » Ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur selon les derniers chiffres de l’Office de la statistique suisse (OFS) et « la catégorie des « sans-religion » retient de plus en plus l’attention des chercheurs, à la mesure de l’importance que ces personnes occupent dans les statistiques sur les affiliations religieuses », relève Jean-François Mayer, directeur de l’Institut Religioscope. « En Suisse, dans les années septante, on ne recensait que quelques pourcents de non-affiliés. Aujourd’hui, ils représentent un tiers de la population », développe Christophe Monnot.
Chrétiens, vraiment ?
« Il y a maintenant tellement de personnes qui sont dans la non-croyance que les limites de ce que l’on considère comme l’athéisme peuvent se reconfigurer. Les critères employés pour le définir correspondent à une certaine classe de personnes, alors que l’on constate que dans la population, beaucoup en sont malgré tout très proches. » Pour Thierry Dewier, « toute notre société se rattache fortement aux valeurs humanistes, sans pour autant le reconnaitre ». Il va même plus loin : « La population tient peut-être même plus de la libre-pensée qu’elle ne le pense. » Christophe Monnot explique que la compréhension de la religion est devenue beaucoup plus sectorisée. « Ce n’est plus une religion globale et sociale, mais de l’ordre du bien spirituel privé. Il entre dès lors en compétition avec d’autres biens ou propositions. » Le choix est devenu possible. « Avant, la tradition familiale primait en matière de religion. Ce qui relevait auparavant de l’inné ne l’est plus aujourd’hui. » Thierry Stegmüller abonde dans le même sens, il temporise toutefois : « Ce qui finalement me dérange n’est pas la religion, mais ce que les gens font de leur foi. » En effet, la remise en question de l’utilité de la religion dans la société risque de « pousser les Eglises à devenir plus confessantes et donc en marge », argue Christophe Monnot. Il ne faut donc pas tout jeter, car « l’histoire et la dimension sociale des Eglises démontrent qu’elles ne répondent pas qu’en termes de biens spirituels. C’est un ensemble de facteurs favorisant la cohésion sociale ». Néanmoins, le processus d’effacement du religieux déjà bien entamé ne s’effectuera pas sans tensions sociales.
Analphabétisme religieux
« Nous allons inévitablement vers une rupture entre les religieux et les athées, car ces derniers n’ont presque pas d’enfants, alors que les croyants en ont plus. Au niveau mondial, les croyants seront donc beaucoup plus nombreux. Alors que les athées seront en minorité de population, mais constitueront le groupe dominant dans les pays occidentaux. Le clivage entre ces deux pôles ne peut que s’accentuer. » Le problème principal étant l’analphabétisme (a)religieux : « Les athées ne comprendront pas ce que les religieux entendent sur certaines choses et les religieux auront du mal à dialoguer avec les athées parce qu’ils auront l’impression qu’on leur sert des concepts erronés. » Pour reprendre les mots du philosophe allemand Jürgen Habermas, les religieux et les laïcs doivent entrer dans le langage de l’autre pour maintenir un espace public serein.
De Dieu aux « A-dieux »
Etre « sans Dieu » n’est pas nouveau. Cette occurrence retrouvée dans la Lettre aux Ephésiens en atteste.
Pour certains, Il est l’Alpha et l’Oméga. Pour d’autres, cet alpha, ou ce « A » n’est que la particule signifiant la privation, voire plus intimement la négation. Petit lexique pour s’y retrouver dans cet univers où Dieu ne fait pas loi.
Athéisme : doctrine ou attitude fondée sur la négation d’un Dieu personnel et vivant.
Agnosticisme : doctrine ou attitude philosophique qui considère l’absolu inaccessible à l’intelligence humaine.
Ignosticisme : position philosophique qui considère qu’une définition cohérente d’une doctrine théologique doit être posée avant toute discussion sur la nature ou l’existence de ce concept. Le « I » initial provenant du latin ignoro (ignorer, ne pas savoir).
Areligiosité : attitude de celui qui est étranger à toute préoccupation religieuse.
Irréligiosité : attitude de celui qui conteste ou défie la religion. Employé à tort pour qualifier une personne sans religion.
Voltairianisme : scepticisme en matière religieuse, esprit de dérision exercé à l’encontre des Eglises, notamment chrétiennes.
Libre-pensée : revendication de l’autonomie de la conscience humaine contre les règles qui prétendent la limiter.
Humanisme : attitude philosophique qui tient l’homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d’épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines.
Naturalisme : doctrine philosophique qui considère la nature comme principe unique, à l’exclusion de toute intervention divine ou idéale.
Déisme : doctrine selon laquelle la raison peut accéder à la connaissance de l’existence de Dieu, mais ne peut déterminer ses attributs.
Par Jean-Pierre Voutaz, prévôt | Photo: Yves Crettaz / Rhône FM
Le 19 avril 2023, les chanoines du Grand-Saint-Bernard m’ont élu prévôt. Le mot prévôt, équivalent au terme père-abbé, vient du latin prae-positus, celui qui est posé devant les autres. En ornithologie, ça pourrait correspondre à des canards en sortie : la maman est posée devant les petits. Elle leur donne le rythme et assure leur sécurité. Avec les oiseaux en vol, le prévôt pourrait être le premier qui ouvre la formation triangulaire dans le ciel puis se déplace pour permettre à chacun de prendre la plénitude de sa place pour voler en liberté, prudence et joie, et arriver tous ensemble à destination. Nous sommes essentiellement des prêtres vivant en communauté avec un frère, un oblat, trois femmes consacrées. Concrètement nous partageons par petites communautés le toit, les prières en commun plusieurs fois par jour, les repas. Notre appel personnel au bonheur passe par une vie en communauté avec ses joies et ses difficultés, comme en famille.
Nous faisons les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Pour notre argent, les salaires arrivent sur un compte commun. Pour les dépenses qui me semblent utiles, je discute avec un supérieur de maison afin de déterminer ce qui nous semble judicieux tout en restant sobres. Le but c’est d’aller au ciel et de le manifester. La chasteté c’est pour nous le modèle de vie concret de Jésus sur terre en l’aimant lui, le grand amour de notre vie, et en aidant d’autres à découvrir l’amour de Papa du ciel pour eux. Le défi de la chasteté c’est de grandir ensemble en liberté en assumant une vraie paternité et fraternité. La chasteté navigue entre deux récifs d’un côté les fans club qui nous mettent au centre et masquent le Christ jusqu’à des cas d’abus de différents types, et à l’autre extrême l’effacement de soi par peur des excès possibles. L’obéissance c’est se mettre à disposition pour vivre, accueillir un lieu, des collaborateurs et une mission que je n’ai pas choisis en paroisse ou en hospice, et y consentir de tout mon cœur. Des dons et talents se révèlent progressivement en collaborant avec ceux qui sont là. C’est quelque chose de la fécondité de l’Eglise qui se dévoile. C’est comme ça que j’ai découvert que j’avais un peu d’humour, dans les sermons. Au début ça m’a choqué, moi qui pensais être sérieux.
Comme prévôt, c’est à moi de prendre soin de mes confrères et du peuple de Dieu qui nous est confié en proposant des communautés de vie et de ministère qui prennent soin d’eux, de vous et de moi. Merci de vos prières.
Pour la sortie récréative des lecteurs et servants de messe, cette année, nous sommes allés au Parc Aventure à Aigle. Cette journée était synonyme de joie et de bonne humeur. Elle a permis de faire de nouvelles rencontres et de profiter d’une après-midi au soleil et au cœur de la nature.
Pendant que les autres prennent la photo, Loris finit le parcours difficile.
Par l’abbé Valentin Roduit, Ana Rita D’Erasmo, Samantha Matmati Photos : abbé Valentin Roduit, Antonella Cimino
Voici quelques ressentis sur cette journée :
Soraya : « Ça m’a plu, je me suis bien amusée. La « big tyrolienne » est ce que j’ai préféré. »
Emelyne : « C’était super cool. J’ai pu rencontrer d’autres personnes. »
Alyson : « Oui, c’était cool. J’ai bien aimé le parcours bleu (ndlr, difficile), j’ai moins peur du vide maintenant. »
Samantha : « La sortie m’a plu. J’ai bien profité, j’ai pu parler avec d’autres personnes. »
Ana : « C’était amusant, divertissant. J’ai pu faire des rencontres avec d’autres personnes et ça changeait de ce que l’on fait d’habitude. »
Cette journée a plu à tout le monde, petits et grands tout en incluant l’Esprit-Saint.
Remerciements aux organisateurs.
Samantha et Ana, nos deux journalistes ad hoc, en pleine action dans le parc.
Les jeunes de nos paroisses sont les bienvenus dans nos groupes de lecteurs et servants de messe. Ils sont « de service » en moyenne une fois par mois, ils sont bienvenus à toutes les autres messes et ils bénéficient de temps de formation et de sorties récréatives ou culinaires.
Et bien sûr, tous sont invités au Théocamp et aux activités de la paroisse comme les pèlerinages et repas festifs. Joignons la convivialité au service du Seigneur, Il se réjouit de nous voir rigoler !
On souhaite évidemment que Phoebus soit au rendez-vous pourle Festival des Roses des 17 et 18 juin à Estavayer. Demeure que la météo annonce avec certitude un « orage » pour le dimanche sur le coup de 11h! Un événement musical signé par Philippe Marchello.
Par Claude Jenny | Photos: Georges Losey
Pour marquer ses trois décennies aux claviers de l’orgue de la collégiale (lire ce magazine de mars 2023), l’organiste du lieu a décidé de jouer pour la première fois depuis… 13 ans une œuvre magistrale pour orgue solo : « L’Orage », pièce spectaculaire du compositeur Jacques Vogt qui est très rarement jouée. Philippe Marchello a déjà interprétée deux fois – la dernière en 2010 – cette « fête champêtre » et a décidé de récidiver pour marquer son jubilé.
La partition de « L’Orage ».
L’événement est agendé au dimanche 18 juin, juste après la messe dominicale, soit sur le coup de 11h. Cette pièce est impressionnante puisque l’organiste arrive à simuler toutes les composantes d’un orage. D’abord un temps calme sur des notes d’un Lyoba bien fribourgeois, puis l’orage s’annonce, éclate et en jouant des claviers et du pédalier, l’artiste parvient à rendre vivants souffles de vent, éclairs et coups de tonnerre. Une véritable tempête musicale qui va faire trembler la collégiale durant un quart d’heure, après quoi le calme reviendra sur le cœur de la ville.
En vidéo sur grand écran
L’événement sera filmé à la tribune et retransmis en vidéo sur grand écran dans l’église, ce qui permettra d’apprécier toute la gestuelle que doit accomplir l’organiste pour rester fidèle à la partition du compositeur bâlois, qui a été organiste titulaire de la cathédrale de Fribourg et qui épata des célébrités – notamment Franz Liszt et George Sand – en l’interprétant sur le grand orgue de Moser. Voici ce qu’a dit George Sand à l’époque : « L’organiste de la cathédrale fit tant des pieds et des mains, et du coude, et du poignet et je crois, des genoux que nous eûmes un orage complet, pluie, vent, grêle, cris lointains, chiens en détresse, prière du voyageur, désastre dans le chalet, piaulement d’enfants épouvantés, clochettes de vaches perdues, fracas de la foudre, craquement des sapins, dévastation des pommes de terre »…
Le facteur d’orgue est aussi à l’origine de l’orgue staviacois, même s’il a subi une rénovation boîteuse en 1992. « J’aime cette œuvre qui appartient au patrimoine fribourgeois. Ce n’est pas une pièce très difficile, malgré son côté spectaculaire, mais qui nécessite un orgue d’une taille certaine pour rendre tout l’effet du crescendo de la partition, une petite part d’improvisation étant d’ailleurs possible avant que l’œuvre se termine sur l’air du traditionnel « Grand Dieu nous te bénissons ». »
Philippe Marchello prévoit encore d’autres rendez-vous à l’automne pour marquer son jubilé. Rendez-vous le dimanche 18 juin à 11h pour un premier acte… orageux à ne pas manquer !
Deux messes chantées
La messe dominicale du 18 juin à la collégiale sera la dernière de l’année pastorale chantée par le chœur mixte Saint-Laurent qui interprétera pour l’occasion une messe du compositeur Bernard Chenaux.
Le dimanche suivant, le 25 juin, ce sera la chorale « Clé de vie » qui animera la célébration dominicale à la collégiale.
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