Journée JRJ, le 3 juin 2023

Par Brigitte Kaltenrieder | Photos : Lazare Preldakaj, Mélanie Dutoit

Cette rencontre était initialement prévue à Notre-Dame de Tours mais suite à un problème d’agenda indépendant de l’organisateur, M. Lazare Preldakaj (responsable de la pastorale jeunesse de la Broye) a trouvé dans l’urgence une solution pour accueillir plus de 100 jeunes Broyards de 13 à 25 ans et une vingtaine de jeunes Focolaris issus des cinq continents. Accompagnée d’une météo clémente et un ciel dégagé, c’est finalement au Centre des Focolari de Montet que la journée a débuté avec un tournoi de jeux, des ateliers créatifs, la réalisation d’une banderole suivis d’une célébration œcuménique avec un témoignage de Rémy Berchier, ancien vicaire général du diocèse. La rencontre s’est terminée dans la soirée par des grillades au feu de bois ainsi qu’une fête musicale (chants et danses).

Pour cette journée JRJ basée sur le thème « il est avec toi sur ta route », référence aux disciples d’Emmaüs qui marchent en compagnie de Dieu, l’équipe organisatrice dont trois jeunes de notre Unité pastorale (Alex Degiorgis, Charline et Bryan Kaltenrieder), s’est réunie plusieurs soirées au centre paroissial de l’église catholique à Payerne. Durant ces préparatifs, Lazare Preldakaj a pu expérimenter deux choses : la joie de travailler avec des jeunes et la difficulté de les motiver, mais lorsqu’ils viennent et voient, ils ont du plaisir à participer aux activités proposées. Ce fut pour lui un beau défi : rejoindre cette jeunesse, l’inviter à une animation festive, sportive et spirituelle.

Médecin et chrétien

Salle des malades des Hospices de Beaune, aujourd’hui un musée.

Médecine et religion sont liées. Dans l’Antiquité, les prêtres exercent couramment la médecine. Jésus-Christ, Fils de Dieu, est aussi un « médecin » des âmes et des corps. Les Evangiles sont remplis d’anecdotes, d’histoires décrivant comment, dans sa vie publique, le Christ guérit les malades. Dieu nous guérit, directement ou indirectement, par l’entremise des saints et bienheureux.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

Dieu guérit par les sacrements : réconciliation, Eucharistie, onction des malades.

Dieu guérit par des miracles de guérison qui sont les signes et surtout les rappels de sa compassion et de Son Amour infini.

Dieu guérit par la médecine et les médecins : c’est son action la plus normale, la plus commune. Ainsi, l’Eglise n’est pas éloignée de la médecine. Bien au contraire, car toute guérison est un retour à plus de vie, à cette vie que Dieu est toujours prêt à nous donner.

L’Eglise est à l’origine des hospices, des hôtels-Dieu, des hôpitaux. Combien de missionnaires, de religieux, de religieuses se sont sacrifiés au service des souffrants, des exclus, des sans-abris ? Saint Damien, saint Camille de Lellis, saint Jean de Dieu, saint Vincent de Paul, la bienheureuse Mère Teresa, entre autres, qui nous montrent que l’Eglise a toujours été la première à s’occuper des malades, des lépreux, des handicapés, des sidéens, des exclus.

Ferveur et désintéressement

Et elle continue ! Ainsi, par exemple, en matière de lutte et de soins contre le sida, c’est l’Eglise catholique qui prend en charge 28 % de l’activité mondiale. A la suite
de l’Eglise, de nombreux médecins se sont attachés au soin des malades avec ferveur et désintéressement. Dans l’histoire du christianisme, plus de 50 médecins ont été béatifiés ou canonisés ; parmi eux citons :
Luc, patron des médecins, Côme et Damien, les médecins anargyres (c’est-à-dire les saint médecins byzantins qui exerçaient leurs talents sans être payés), saint Martin de Porrès, le bienheureux Nicolas Sténon, saint Joseph Moscati, sainte Jeanne Beretta Molla et tant d’autres.

La question du lien entre Eglise et médecine n’est pas récente. Mais contrairement à l’idée commune, l’Eglise ne condamne ni la médecine ni la chirurgie. Nous pensons souvent en effet que le concile de Tours de 1163 interdit la pratique de la chirurgie en citant Ecclesia abhorret a sanguine (L’Eglise a horreur du sang). Or cet adage ne se trouve nulle part dans les actes du concile de Tours. Il n’apparaît qu’en 1744 à la page 35 de l’histoire de la chirurgie française composée par François Quesnay. En réalité, le concile de Tours défend aux religieux profès (religieux qui a prononcé ses vœux pour s’engager dans un ordre) de sortir de leur cloître pour exercer la médecine, étudier les lois civiles et s’adonner aux affaires sous prétexte de charité (canon 8). Le concile ne flétrit pas la médecine, le droit ou le commerce, mais les religieux qui se mêlent d’affaires séculières. 

Citons deux exemples de médecins chrétiens qui n’auraient pas pu exercer leur art si ce concile de Tours l’avait interdit. 

Au XIVe siècle, Guy de Chauliac, chanoine de la collégiale Saint-Just dans la région lyonnaise, fut médecin et chirurgien de quatre papes : Benoît XII, Clément VI, Innocent VI et Urbain V. Il aurait, par exemple, trépané Clément VI pour le soigner de céphalées. Il est considéré comme le plus grand chirurgien du Moyen-Age : son ouvrage Chirurgie, Chirurgia Magna restera un ouvrage de référence jusqu’au XVIIIe siècle.

Guy de Chauliac soignant le pape Clément VI.

Ambroise Paré, chrétien fervent, ne cessa jamais de célébrer dans ses œuvres la gloire de Dieu. Paré soignait tous les hommes, sans tenir compte de leur confession, fait extrêmement rare au XVIe siècle, période des guerres de religion. Mais Paré ne limita pas son art à soigner les rois et les pauvres gens, qu’il plaçait, en tant que thérapeute, sur un pied d’égalité. Gynécologue avant la lettre, il se préoccupa avec une magnifique attention des femmes enceintes, des techniques d’accouchement et des soins aux nouveau-nés, « petites créatures de Dieu », écrit-il, qui l’émerveillaient comme l’émerveillaient toutes les beautés de la création, plantes incluses. La foi chrétienne d’Ambroise Paré s’épanouit dans son esprit d’entreprise, dans son inventivité, dans sa compassion envers ses patients, rois, notables et simples soldats, et plus que tout dans sa volonté de transmettre un savoir exigeant par amour du bien public, trait de cet humanisme du XVIe siècle dont, aux côtés d’Erasme, de Rabelais ou de Montaigne, il nous offre un exemple admirable.

Engagements actuels

Et aujourd’hui ? Si l’Eglise et la médecine sont si proches, comment, par des exemples d’engagement de médecins et de chrétiens, pouvons-nous comprendre ce lien qui est si difficile à comprendre dans nos sociétés modernes ?

Le Père Philippe Gauer – prêtre, médecin, spécialiste de bioéthique – nous rappelle que l’homme, voulu et aimé par Dieu, est au cœur du regard du médecin chrétien sur son patient. Dans son ouvrage Soigner : la découverte d’une mission à la lumière du Christ médecin, il nous rappelle que « jamais nous ne voyons Jésus s’apitoyer sur une maladie, son regard se fixe toujours sur la personne ». S’inspirant de l’attitude du Seigneur, les médecins catholiques apprennent à poser un regard d’amour sur le patient et à en être les serviteurs.

Des soins pour l’âme

Le docteur Xavier Emmanuelli, médecin, philosophe, chrétien, voue sa vie et surtout son action en tant que médecin au profond engagement chrétien qui l’anime. Il est cofondateur de « Médecins sans frontières » en 1971, médecin-chef à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis de 1987 à 1993, fondateur du SAMU Social de la ville de Paris en 1993, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de l’Action humanitaire d’urgence du 18 mai 1995 au 2 juin 1997, président du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées du 29 août 1997 au 23 août 2015, fondateur du SAMU Social International en 1998, parrain d’Action Froid (Association citoyenne à but non lucratif venant en aide aux sans domicile fixe toute l’année).

Dans une interview de 1995, réalisée par Jean-Claude Noyé, Xavier Emmanuelli s’exprimait ainsi : « A vrai dire, c’est la fin d’un monde, d’une civilisation, qui a commencé au XVIe siècle et qui a eu des étapes marquantes comme le XVIIIe siècle, dit des « Lumières », le XIXe siècle et son lot de souffrances terribles qui ont accompagné la révolution industrielle, puis ce XXe siècle vraiment apocalyptique avec ses deux conflits mondiaux et tout le reste. Un monde sans Dieu voué à la production. On est arrivé au bout de cette logique. Le communisme lui-même, sorte de « christianisme de la terre » sans transcendance, amorce de communion des saints en termes matérialistes, a déçu ceux qui avaient placé en lui leurs espoirs. L’apocalypse est là. C’est l’exclusion qui nous sépare les uns des autres. C’est se couper de nos racines. »

N’y a-t-il pas du saint Vincent de Paul dans ces propos et ces actions ? 

Laissons enfin le dernier mot à Monique Cuany, PhD, Professeur HET-PRO en Histoire du christianisme qui nous rappelle que pour Basile le Grand (330-379) « la médecine est une image des soins dont notre âme a besoin ». Comme certains médicaments, les soins et avertissements du Seigneur peuvent parfois nous être désagréables et pénibles. Mais son but, comme celui du médecin ou du chirurgien, est de nous guérir et de nous restaurer.

Un hôpital catholique en Irlande.

L’homme invisible

Avec délicatesse, Françoise Besson nous ouvre ici une tranche de vie : une belle et étonnante rencontre avec un vieil homme qui nous donne à réfléchir…

Par Françoise Besson | Photo : Pexels

Frère Roger

Il avait durant des années surveillé les élèves dans la cour de récréation d’un collège… Il connaissait très bien l’art de la discrétion, « voir sans être vu », et ce malgré sa haute stature et ses larges épaules… Mais là, il avait l’impression de passer dans une autre dimension… Il était le premier au petit-déjeuner dans la salle à manger de l’étage, une quinzaine de places tout au plus. Quand je me suis avancée pour lui souhaiter une bonne journée, il m’a fait une révélation fracassante : « Vous savez, me dit-il, je suis invisible ! » Et comme je manifestais un certain étonnement, il m’a invitée à en faire moi-même le constat. « Attendez, vous verrez… »

Arrive une soignante qui vient chercher un plateau de petit–déjeuner, elle me salue, nous échangeons quelques mots puis elle s’en retourne avec son plateau. Frère Roger me fait un clin d’œil, et je reste en silence à côté de lui. Une autre soignante arrive, occupée elle aussi à quelque urgence du matin, puis une autre… et le scénario se répète : à chaque fois, elles me souhaitent une bonne journée, comme s’il n’y avait que moi dans la pièce…

« Vous voyez, reprend le Frère Roger, je suis transparent, invisible ! » Il a raison de son point de vue… mais pas dans l’absolu pour autant, car chacune des personnes qui me salue s’est sans doute adressée à lui dans l’heure qui précède, étoffant le salut du questionnement habituel (« Vous allez bien ? Vous avez bien dormi ? »…).

Mais voilà, dans ce temps suspendu, ce présent continu que vivent certaines personnes très âgées, le passé récent ne laisse pas de trace. L’heure qui précède, le jour, la semaine passée coulent dans le sablier et les petits événements du quotidien restent hors d’atteinte, dans cette mémoire ensablée…

Dans ce temps suspendu, Frère Roger est là, bien présent, occupé comme chacun d’entre nous à donner du sens à ce qui lui arrive. Je vois que sa trouvaille l’inquiète et le fascine… Nous partageons, complices, l’étrangeté de la découverte…

La providence 

Frère Roger est assis sur un fauteuil, dans le couloir, un matin vers 9h30… Il est là, tout beau, rasé de près, chemise blanche, débardeur de couleur et pantalon au pli impeccable. En me voyant il s’exclame : « Je n’ai encore vu personne ce matin ! » Je lui réponds spontanément : « Si je vous trouve ici, «  debout  », lavé et bien habillé, c’est sans doute que vous avez déjà croisé deux ou trois personnes aujourd’hui… » Il reste perplexe, réfléchit un instant, puis me dit d’un air satisfait et comme rasséréné : « Il arrive que la Providence s’occupe de nous sans nous consulter ! » J’acquiesce en souriant, et je ne doute pas que cette providence soit pour lui écrite en majuscules… 

Médecin et chrétien: rencontres avec le Dr Kirchner et la Dresse Girard

En écho au thème développé par la rédaction de Saint-Augustin, « Médecin et chrétien », nous avons voulu de notre côté, aller à la rencontre de médecins qui se déclarent chrétiens. Rencontre ici avec le Dr Nicolas Kirchner, médecin généraliste, père de quatre enfants, résidant à Monthey depuis 2010.

Dr Nicolas Kirchner.

Propos recueillis par Yves Tornay | Photo : Yves Tornay

Comment vivez-vous le rapport entre votre profession de médecin et votre foi ? 
Quand j’exerce la médecine, ça n’a aucun rapport avec la foi. La rencontre médecine-foi, c’est dans la mort que je l’ai vécue, de façon pratique. Lors de la levée des corps, j’ai pris l’habitude de toucher l’épaule, de dire au revoir. Ce n’est pas un simple constat. Je propose parfois un accueil spirituel, un prêtre (on n’y pense pas souvent). La décision avec la famille et un prêtre de laisser partir une personne âgée suite à un très grave malaise, reste rarissime et dit bien la grande séparation entre foi et médecine, ou foi et civilisation. 

Médecin de district, je fais la levée des corps lors de décès à l’aide d’Exit. Pour moi, le patient a fait son choix. J’arrive serein, sans problème de conscience. Mais trouver ça normal, banaliser le suicide : ça me choque, ça favorise la chose. 

Et la prière, le ressourcement ? 
Une prière quotidienne est structurante. Une petite prière pour mes patients, ça fait partie de ma vie. Je réserve aussi du temps pour autre chose que le travail, le jardin par exemple (pas souvent). Sinon le travail étouffe le reste. 

Je prie Marie Madeleine. Jésus a créé quelques belles ouvertures envers les femmes. J’aime la basilique de Vézelay ou l’église de Troistorrents consacrées à Marie-Madeleine.

J’aime Matthieu 7, 8 : « Quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et l’on ouvre la porte à qui frappe. » Ma Bible est sur le canapé du salon. Face à une difficulté, c’est l’occasion de demander. C’est la base de la prière. 

Quant à ma foi : Dieu est ce qu’il est, il n’est pas forcément ce qu’on dit qu’il est. Il faut savoir rester humble. Je m’éloigne donc des dogmes. On peut s’occuper d’un patient sans tout savoir sur lui, et on peut vivre la foi sans connaître tous les détails. Résurrection de l’esprit ou de la chair, peu importe. L’important c’est de s’aimer les uns les autres. Ce n’est pas dans le credo. C’est un exemple pour dire que la foi ne se vit pas avec ces mots-là. Ce n’est pas une foi de dogme, mais une foi du vécu. Du reste il faudrait aimer les autres même si l’on ne devait pas ressusciter.

Quant à Jésus, je le confonds avec Dieu, ou le Saint-Esprit. Ce sont trois choses différentes d’une même chose. Dieu est ce qu’il est. 

Quant aux musulmans : manger du porc ou non ? Cela lui (Dieu) est probablement indifférent. Pourquoi s’entretuer pour cela ? Pour éviter les extrémismes, on manque de culture religieuse.

Et nous rencontrons à présent la Dresse Anne-Claire Girard. Elle est native de la France et elle est diplômée de la faculté de médecine de Dijon. Sa foi est ancrée en elle depuis son enfance. Et ses centres d’intérêts ne se limitent pas à la médecine classique mais débordent par exemple sur l’aromathérapie ou la naturopathie.

Dresse Anne-Claire Girard.

Propos recueillis par Stéphanie Reumont | Photo : DR

Née dans une famille chrétienne pratiquante, Anne-Claire a grandi en France à Pont De Vaux dans l’Ain.

Elle a ressenti un appel dans son cœur lors de sa première communion à six ans. Chrétienne active, elle a ensuite eu une révélation concernant son orientation professionnelle lors d’une messe dominicale en 2003. Le choix de la médecine générale est devenu une évidence ! 

Elle porte un intérêt pour la bioéthique et elle a suivi plusieurs week-ends sur ce sujet à Paray-le-Monial : travail de sujets en atelier, échange de points de vue qui l’ont beaucoup aidée dans sa pratique quotidienne (pilule, IVG, fin de vie). 

Elle s’intéresse également à la naturopathie et aux médecines alternatives afin de laisser la vie et le naturel agir, faire confiance au corps et à l’esprit, aux individus, à l’univers et à Dieu.

Médecin et chrétien, un combat pour la vie !
« Je prie beaucoup Marie, les anges pour leurs protections et ils m’aident dans mon quotidien personnel et professionnel. Je confie souvent les patients dans la prière. »

« J’ai besoin d’avoir un lieu proche du cabinet pour me ressourcer cinq minutes à midi ; je prie cinq à dix minutes tous les matins avant de me lever, cela m’aide à affronter la journée. »

« En consultation, si je ne suis pas d’accord avec les patients on prend le temps de discuter, je suis très ouverte. Je suis opposée à certains actes comme l’IVG, la stérilisation ou les associations comme Exit pour mes raisons religieuses. La plupart du temps, les gynécologues s’occupent de renouveler l’ordonnance des pilules contraceptives ou pratiquent l’IVG donc finalement je suis peu confrontée à ces questions d’éthique et de foi dans mon cabinet .» 

« La médecine est à la base pro-vie et la religion chrétienne aussi, donc tout va bien même si certains sujets sont plus épineux ! »

« J’ai quelques patients qui m’ont informée être en contact avec EXIT ; je pense que ça rassure les gens mais au final peu de personnes font le pas, il me semble. Je pense que les patients ont juste peur de souffrir. La loi devrait protéger de l’acharnement thérapeutique comme de l’euthanasie, pour que cela suffise à prendre en charge correctement les fins de vie. »

« Je suis souvent confrontée à la mort, et ce n’est pas toujours évident de parler d’Espérance avec les patients. On devrait oser finalement, car les patients n’osent pas aborder le sujet avec leur médecin, pensant que nous ne sommes que des scientifiques… alors que cela ne nous empêche pas d’être croyants ! »

Photo: Pixnio

JMJ: des souvenirs plein les yeux

Témoignages en images des jeunes de la région qui racontent comment ils ont vécu l’aventure des JMJ de Lisbonne, du 2 au 6 août 2023.

«Tout pour et seulement pour la mission!»

Par Thierry Schelling | Photo : flickr

En arrière-fond, un procès sur un immeuble à Londres ; sur le devant de la scène, un Pape résolument déterminé à boucler le dossier « assainissement des finances du Saint-Siège » et autres règlements touchant au patrimoine de l’Eglise.

Touche finale

Point d’orgue symptomatique de sa réforme financière de l’Eglise et du Vatican, un motu proprio (ou lettre apostolique faisant acte de son « propre chef », motu proprio en latin), en italien, signé du 20 février dernier et publié dans les deux organes officiels que sont l’Osservatore Romano (journal du Saint-Siège) et les Acta Apostolicae Sedis (archives), déclare sans équivoque que « tous les biens mobiliers et immobiliers, les disponibilités liquides et les titres en mains des divers Dicastères de la Curie romaine ou de la Cité du Vatican, présents et futurs, sont des biens publics ecclésiastiques et comme tels bien du Saint-Siège ». Point barre !

Quoi de neuf ?

Finies les acquisitions par tel ou tel cardinal cupide ou opportuniste, tel ou tel organisme sis dans la Cité du Vatican et agissant en son nom propre sous couvert d’être au service du Pape ! Terminés les passe-droits entre amis et collègues. Basta cette forme de népotisme encore existante même si bien réduite depuis les temps des Borghese et des Borgia ! Arrivederci les entourloupes enrichissant tel ou tel « serviteur du Saint-Père »… au nom de ce même service ! Oui, tout pour et seulement pour la mission : évangéliser !

Administrateurs et pas proprio !

« Aucune institution ou entité d’Eglise ne peut s’arroger le droit absolu et privé de propriété d’un bien d’Eglise » qui doit être, selon la dernière constitution apostolique Praedicate Evangelium, dévolue exclusivement à la mission au sens large du terme.

Et « les biens confiés auxdites entités ne font d’elles que des administratrices et des non des propriétaires » sous la tutelle du désormais unique responsable financier de l’Eglise, le « Conseil pour l’Economie » et son « Secrétariat » – entités créées par François pour rationaliser, assainir et simplifier la gestion du patrimoine ecclésiastique.

François avait été élu il y a dix ans pour évangéliser… même les finances de l’Eglise – et c’est réussi ! Reste à faire suivre…

Une écolière de Montet honorée par Missio-enfance

Le dessin qui va valu une récompense à Eva Bertschy (photo).

Par Marianne Berset
Dessin : Eva Bertschy / Photo : LDD

Chaque année au mois de novembre, nous invitons les enfants à être des missionnaires en soutenant par la prière, le partage de dessins et la participation à un temps fort. Durant cette année scolaire, nous étions en Indonésie où Missio-enfance a mené un projet qui veille à protéger les enfants. Aujourd’hui, Missio et les catéchistes de la paroisse adressent un chaleureux remerciement à tous les enfants qui ont participé au temps fort ou qui ont transmis un dessin pour les enfants d’Indonésie.

Les responsables ont sélectionné quelques dessins. Cette année, c’est Eva Bertschy, en 8H à Montet, qui reçoit un cadeau. 

A la rentrée, nous irons à la rencontre des enfants d’Amazonie. Nous nous réjouissons déjà de vous retrouver pour le temps fort. 

A tous un bel été en se rappelant que le Seigneur nous aime tous d’un amour infini.

Vie consacrée et joie!

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF
Photos : cath.ch, DR

Il y a quelques mois, les médias se sont « emparés » d’un sujet sensible : que vont devenir les bâtiments des communautés religieuses, des monastères ? Mais ils ont oublié que dans ces bâtiments, vivent des hommes et des femmes qui ont consacré toute leur vie au Seigneur ! Je ne veux pas nier la réalité : l’âge des consacrés, des consacrées augmente ; il y a des congrégations qui s’éteignent, mais après avoir été des témoins vivants de Jésus ressuscité. Et pourtant, il y a encore la vie. 

Qu’est-ce que je découvre en visitant les communautés ? La joie ! Une joie profonde, qui interpelle dans ce monde marqué par la violence, les guerres, l’inquiétude du lendemain, etc. qui sont des réalités. Mais le Christ ressuscité nous communique sa joie. « Je vous ai dit cela, dit Jésus, pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11) C’est le don que Jésus nous fait. « Un saint triste est un triste saint » disait saint François de Sales. Et notre pape François encourage souvent les consacré-e-s à être des témoins joyeux de l’Evangile. « Là où il y a des consacrés, il y a toujours de la joie » dit-il. Et cette joie, les consacrés la vivent en Suisse romande soit dans le silence des monastères soit dans le service apostolique. Ils sont actifs comme visiteurs de prison, d’hôpital, dans les paroisses, auprès des étudiants, étudiantes…

La vie religieuse est en voie d’extinction, disent certains ! Les communautés religieuses se colorent ! Venus d’autres continents, de plus jeunes apportent une vitalité encourageante. Le mélange des cultures n’est pas toujours facile, d’un côté et d’un autre, mais quelle richesse partagée ! Dans la liturgie, dans les moments de détente, dans le service… Le mélange de générations aussi enrichit. 

« Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. » (Jn 16, 22)

Splendide concert de la Chorale de Lourdes

Les voûtes de l’église ont vibré aux alléluias de la chorale de Notre-Dame de Lourdes et aux tonalités de l’orgue lors du concert-méditation du 4 juin à Cheyres.

Par Claire Moullet
Photo: André Bise

Un concert placé sous le même amour de Notre-Dame de Lourdes et du chant, lors des interprétations tant liturgiques que profanes. Un programme riche devant un nombreux public attentif, et pour beaucoup, un pèlerinage-souvenir à Lourdes avec la cohorte des malades qui, chaque année, vibrent à l’écoute des œuvres préparées à leur intention. Chanteuses et chanteuses se sont déclarés ravis de cette escapade en terre broyarde, aux sources pour quelques-uns, sous l’œil maternel de Notre-Dame de Grâce.

• Lire la présentation de la Chorale de Lourdes dans notre édition de juin 2023.

Jeux, jeunes et humour – juillet-août 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Quel Jacques fête-t-on le 25 juillet ?
Parmi les apôtres appelés par Jésus, on distingue Jacques de Zébédée, frère de Jean, et Jacques d’Alphée associé à l’apôtre Thadée. C’est le premier qui est fêté en ce jour et appelé « le Majeur ». Les Actes des Apôtres rapporte sa mort à la suite de la persécution d’Hérode et en fait le deuxième martyr après Etienne. Une tradition ultérieure en fait l’évangélisateur de l’Espagne où il est vénéré à Compostelle.

par Pascal Ortelli

Humour

Une épouse essayait désespérément de guérir son mari d’un penchant à l’alcool. Après de multiples tentatives infructueuses, elle décida de prendre les grands moyens. « Si tu rentres une nouvelle fois éméché, tu n’échapperas pas à la caresse de mon rouleau à pâte. » Sentant que cela devenait sérieux, le mari promit de ne plus recommencer. « D’ailleurs, dit-il, dès ce soir, à la place du bistrot, j’irai à la chasse aux escargots. » Il en recueillit une grande quantité dans un sac qu’il mit sur ses épaules. Au moment de rentrer chez lui, des copains insistèrent pour boire un verre au bistrot du coin. Après plusieurs refus, il accepta mais, dit-il : « Juste un verre ! » Ce qui devait arriver arriva et au lieu de revenir chez lui à 20h, il arriva à 23h. Au moment de franchir le seuil, il buta sur le perron et tous les escargots se répandirent dans le couloir sous les yeux de sa femme. Dans un éclair de lucidité, il regarda vers les escargots et il dit tout fort : « Voilà les petits, on est enfin arrivés ! »

par Calixte Dubosson

Spectaculaire interprétation de l’organiste Philippe Marchello

En jouant dimanche 18 juin, après la messe, la célèbre pièce «L’orage» de Jacques Vogt, Philippe Marchello a marqué d’une manière spectaculaire ses trente ans de présence à l’orgue de la collégiale d’Estavayer. Une église comble a réservé une standing ovation à cet organiste passionné autant que dévoué.

Par Claude Jenny
Photos: Georges Losey, Claude Jenny

C’est avec une œuvre impressionnante que le compositeur a voulu transmettre par le son les diverses séquences d’un orage violent. Et traduire la partition sur l’instrument exige de l’organiste expérience et… débauche d’énergie ! C’était seulement la troisième fois – la dernière il y a 13 ans – que Philippe Marchello se lançait ainsi sans peur… en plein orage.  Une technique vidéo défaillante n’a malheureusement pas permis au public de voir physiquement l’artiste sur grand écran durant son interprétation, lorsqu’il est quasiment couché sur les claviers ou que ses pieds actionnent le pédalier dans tous les sens !  Restait donc le son, avec ses passages fracassants, qui montrent toutes les potentialités de l’instrument et de l’organiste !

Philippe Marchello a été honoré et félicité pour l’occasion par une délégation du Conseil de paroisse emmenée par son président Alexandre Duc, qui lui a remis un présent pour tant d’années de fidélité à sa mission de musicien d’Eglise. L’abbé Bernard, en ouverture de la messe, a lui aussi relevé la qualité d’un tel dévouement au service de la liturgie.

L’artiste félicité par Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse.

Des héritages à raviver

Depuis 50 ans, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) s’intéresse à la diversité des héritages chrétiens pour établir durablement des traits d’union entre confessions chrétiennes. Dès septembre, la nouvelle volée s’interrogera sur la manière de raviver ces héritages respectifs. Entretien avec Anne Deshusses-Raemy, codirectrice catholique, et Blaise Menu, son homologue protestant.

Par Myriam Bettens | Photos : J.-Claude Gadmer, M. Deshusses

L’œcuménisme est aujourd’hui perçu comme un acquis. Comment nourrir le débat œcuménique de nos Eglises, qui semble un peu… endormi ?
Anne Deshusses-Raemy – C’est un acquis parce que nous sommes les héritiers de ces pionniers qui ont fait un travail énorme pour l’unité. Et ce n’est pas un acquis parce que l’œcuménisme semble un peu victime de son succès. Beaucoup de choses se passent à la base et ne sont pas reconnues par les institutions. A l’inverse, des initiatives se concrétisent, en bilatéral, entre les Eglises mais ne descendent pas à la base ou ne sont pas acceptées.
Blaise Menu – L’horizon que nous pouvons avoir par rapport à l’œcuménisme est à l’image de la compréhension de l’origine et elle a beaucoup changé. Nous avions un regard relativement unitaire et complètement imaginaire sur l’Eglise des origines, alors que le christianisme est dans la diversité et le conflit depuis le début ! Si l’œcuménisme est de revenir à cette espèce d’unité parfaite, rêvée, c’est une pure illusion. L’œcuménisme ne peut que faire face à sa diversité. Je ne sais pas s’il est un objectif ou un chemin, mais j’opterais plutôt pour le second. Un chemin sans cesse à réentreprendre.

N’y a-t-il pas également un changement de la compréhension de ce qu’est l’œcuménisme et donc des attentes qui s’y rapportent ?
ADR – Dans la société, le terme commence à prendre une connotation interreligieuse. Dans les milieux ecclésiaux, les positions se polarisent beaucoup plus qu’avant entre ceux qui sont fatigués et ceux pour qui œcuménisme rime avec « surtout pas ».
BM – Auparavant, on pouvait compter sur une compréhension partagée. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus flou et cela va dans plusieurs directions. Ce qu’on constate surtout, c’est une espèce de fatigue par rapport aux appareils ecclésiastiques et l’incompréhension que nous soyons toujours à nous diviser pour des choses qui apparaissent de plus en plus pour les gens comme des broutilles.

Comment parler aujourd’hui d’œcuménisme quand pour beaucoup de chrétiens cet héritage (ou identité) est synonyme de blessure ?
ADR – C’est d’abord de reconnaître la blessure. Les formations comme l’AOT permettent de les mettre au jour, pour ensuite en guérir certaines. En remettant notre théologie en perspective par la contextualisation, cela permet de se demander si aujourd’hui, certains de ces principes sont toujours aussi pertinents pour notre vie de croyant.
BM – Nous connaissons les casseroles de nos institutions et de nos théologies. Nous essayons de faire en sorte que ce tintamarre de casseroles que l’on traine devienne quelque chose d’un peu plus musical ! Si on refuse ces casseroles, on laisse le tintamarre derrière nous. Plus que de nommer les blessures, nous cherchons à donner aux participants des outils pour comprendre comment le réaliser.

Est-ce que la posture d’« œcuménisme poli » a rendu la parole moins impertinente et stimulante ?
BM – Je pense que c’est tout à fait juste. A la base des démarches œcuméniques, il y a une réalité qui est celle de la rencontre. Des personnes qui se parlent franchement, vont au bout des choses et apprennent à s’apprécier. Cela traduit un œcuménisme d’agapè, d’amour mutuel, que le Christ nous a commandé.
ADR – Et c’est dans ce sens que cela doit aller… l’amour pour atteindre ensuite l’unité et non pas l’inverse. Mais une unité dans la diversité. C’est aussi la raison qui nous a décidés à nous demander comment devenir un ferment pour cet œcuménisme.

La foi en héritages ?

« Chacune et chacun d’entre nous vient de quelque part : une famille, un lieu, une culture, une tradition, une religion, un milieu social… que nous portons, selon notre histoire, comme un poids lourd ou comme un étendard. C’est ce « quelque part » que nous nommons « héritages ». Il arrive qu’il soit non pas unique ou unifié, mais multiple, croisé, entrelacé. Pour Confronter les points de vue et rivaliser d’estime mutuelle, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) lance sa 26e volée sur la thématique des héritages.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 septembre prochain ! 

Plus de renseignements sur aotge.ch

L’équipe enseignante et administrative de l’AOT se met au vert en attendant ses futurs étudiants.

Notre Dame de la Visitation

Prière proposée par l’abbé Jean-Michel Moix

Notre Dame de la Visitation,
Toi qui partis vers la montagne rejoindre Elisabeth en hâte,
Conduis-nous nous aussi à la rencontre de tous ceux qui nous attendent
Afin que nous leur annoncions l’Evangile vivant :
Jésus Christ, Ton fils et notre Seigneur !
Nous nous hâterons, sans nous laisser distraire et sans retard,
Dans la disponibilité et la joie.

Nous avancerons sereinement car qui apporte le Christ apporte la paix,
Sûrs que le plus grand bien-être vient du bien-agir.
Notre Dame de la Visitation, par ton intercession,
Lors de ces JMJ nous porterons le Christ, comme toi-même tu le fis.
Permets que ces journées soient un temps de témoignage et de partage,
De fraternité, d’action de grâce,
Et une occasion d’aller vers ceux qui vivent encore dans l’attente.
Avec toi, nous parcourrons ce chemin d’unité
Pour que notre monde lui aussi soit uni
Dans la fraternité, la justice et la paix.

Notre Dame de la Visitation, aide-nous à porter le Christ à tous,
Obéissant au Père et dans l’amour de l’Esprit.

Jésus marche sur l’eau, vitrail de Jaeger, église Saint-Pierre, La Chaux-de-Fonds

Le Seigneur dégage une grande stabilité.

Par Amandine Beffa | Photo:Jean-Claude Gadmer

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, j’ai toujours imaginé que Pierre marchait sur une mer calme, lisse comme une patinoire. L’histoire que nous raconte ce vitrail est bien différente. Le travail du verre met en évidence des flots sombres et agités. Et en effet, lorsqu’on lit l’épisode rapporté dans l’Evangile selon saint Matthieu (14, 22-33), on remarque que la barque est battue par les vagues, que le vent est contraire et qu’il fait nuit. 

En arrière-plan du vitrail, les disciples semblent lutter pour maintenir leur embarcation. Le personnage en bleu clair tient fermement les cordages. Pierre a de l’eau jusqu’à la taille, la situation semble tragique. Pourtant, son visage est étonnamment calme. En s’attardant sur la poignée de main par laquelle Jésus le retient, on observe qu’elle est solide. Le Seigneur dégage une grande stabilité.

L’inscription au bas de l’œuvre rappelle la demande de Jésus à Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14, 31)

Se pose alors une question : à quel moment Pierre a-t-il douté ? Est-ce le moment où il a pris peur en marchant sur l’eau ? Peut-être… et en même temps, sa première réaction est de crier vers Jésus pour être sauvé. Le visage du disciple sur le vitrail exprime cette sérénité de celui qui sait que le Seigneur est à ses côtés dans les épreuves.

Peut-être est-ce le doute initial : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » (Mt 14, 27-28)

Le grec nous donne un élément de réponse. Le mot que nous traduisons généralement par « douter » signifie littéralement « se tenir entre deux ». Il exprime quelque chose de l’hésitation.

Et si le problème n’était ni de demander des preuves, ni d’avoir peur face à l’adversité, mais de ne pas aller au bout de l’élan. Et si ce que Jésus demande a Pierre était : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu renoncé ? »

Restaurons notre foi !

Par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo: abbé Valentin Roduit

S’il il fut un temps où la tendance en architecture était de faire « table rase du passé » pour construire à neuf, les temps ont maintenant changé. L’on aime parler aujourd’hui de restauration, de préservation du patrimoine bâti. Et c’est le sujet qui occupe le thème central de ce numéro, dans les pages 16 et 17. 

Ainsi les restaurations d’églises peuvent conduire à d’intéressantes découvertes. En 1972-1973, à la restauration de l’église de Muraz, l’on découvrit sous l’église, dans son sous-sol, les vestiges de différents murs qui témoignaient d’édifices antérieurs remontant jusqu’à l’époque gallo-romaine ! L’on répertoria ainsi un premier sanctuaire chrétien remontant au IXe siècle ! 

Nos communautés paroissiales se sont donc développées autour de sanctuaires ou de chapelles. Souvenons-nous ici des racines de notre foi : nous sommes les héritiers, les heureux bénéficiaires, d’un patrimoine religieux, vécu par des générations successives de chrétiens !

Sachons donc maintenir vivante notre foi afin de la transmettre à la génération future qui elle-même, à son tour, transmettra cette même foi à la génération suivante…

Et profitons donc de cet été pour « refaire » si nécessaire nos forces humaines et spirituelles, pour « restaurer » au besoin notre foi afin qu’elle nous unisse à Dieu, source de toutes grâces. 

Pourquoi ne pas suivre en cela le conseil que Jésus avait donné à ses apôtres, de retour d’une mission épuisante et fatigante : « Venez à l’écart… et reposez-vous un peu ! » (Mc 6, 31) Venez cet été à la maison Cana pour participer à une table d’hôte ou à un brunch dans une ambiance conviviale, (infos pp. 8-9) ! Participez à une messe sur les alpages, sur les hauteurs de Vionnaz ou de Vouvry (infos p. 19), aux Giettes ou encore à Chalet Neuf (infos pp. 18 et 20) !

Patrimoine et richesse collective

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Valaisanne Laetitia Vergère. 

Par Laetitia Vergère
Photo: DR

Le patrimoine, dans sa diversité, est une source de richesse collective et d’héritage. Il constitue un facteur de rapprochement, de tolérance, de liberté et de respect. Sa destruction représenterait une menace, c’est pourquoi il est primordial de le protéger et de le garder précieusement afin d’éviter qu’il disparaisse de la conscience générale. 

Ainsi, restaurer une église ou un autre bâtiment religieux est nécessaire sur plusieurs points. Tout d’abord, cela permet de garder les fondamentaux : les murs, les vitraux, l’autel, etc. Aussi, il incite à garder une certaine cohérence architecturale et permet aux fidèles et aux visiteurs de reconnaître aisément de quelle confession fait partie l’édifice. Et finalement, la restauration peut permettre de donner « un coup de neuf », en remettant le bâtiment au goût du jour, adapté à l’époque de restauration.

Mais la restauration est-elle uniquement physique, se rapportant à l’édifice, ou bien pourrait-on aller plus loin ? L’église (la bâtisse) et l’Eglise (la communauté) n’ont-elles pas les mêmes besoins ? 

Le mot Eglise – du grec ekklêsia, qui signifie « assemblée » et provient du verbe ekkaleô (« je convoque ») – désigne à la fois la communauté religieuse fondée par Jésus-Christ, le christianisme et l’institution religieuse qui a été mise en place autour de cette foi commune. Comme nous le rappelle l’Evangile selon saint Matthieu (Mt 9, 13) Jésus « n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». Peut-être qu’une restauration de la pensée et du jugement serait nécessaire, en grattant les dorures et les parures de l’Eglise actuelle, afin de retrouver ceux que Jésus est venu appeler : tout le monde, quel qu’il soit, afin que chacun se sente accueilli et accepté, dans l’Amour du Christ et de la Communauté ? 

Les servants de messe en sortie à Lausanne

Les servants montent dans les rues de Lausanne, la cathédrale en ligne de mire.

Le lundi de Pentecôte (le 29 mai), nous sommes allés à la cathédrale de Lausanne avec les servants de messe de Monthey et Choëx. Cet édifice religieux qui était d’abord rattaché à l’évêché fut voué au culte protestant dès 1536. Cette sortie était organisée par «Les Anciennes» pour remercier le groupe des servants qui ont fidèlement servi aux messes durant cette année. Par chance, le soleil nous a accompagnés tout au long de notre journée, lui donnant des airs de vacances.

Quelle vue au sommet du beffroi.

Par Valentine Genolet | Photos : Léa Ambrozinho

La journée a commencé par un petit moment de jeu sur le quai de gare pour patienter jusqu’à l’arrivée du train. Puis, nous avons commencé notre voyage jusqu’à la cathédrale. A travers la ville de Lausanne, monter les marches n’aura pas été de tout repos mais la récompense sur l’esplanade de la cathédrale en valait la peine. Après une visite menée par Sandrine Mayoraz, nous avons entrepris l’ascension des multiples marches du beffroi, frissons garantis ! C’est du haut de cette tour qu’à l’époque comme encore à l’heure actuelle, la personne préposée au « guet » crie chaque nuit les heures.

La journée s’est poursuivie par un pique-nique bien mérité au parc, des jeux et une petite glace. D’après les commentaires des servants de messe présents, la sortie a été très appréciée et tout le monde a passé une excellente journée ! Voici quelques ressentis sur notre sortie et sur l’année passée en tant que servant de messe :

Kenza : « J’ai réussi à grimper en haut de la tour malgré mon vertige. Servir la messe m’a permis de me sentir moins seule et de connaître plein de monde. »

Salomée : « La cathédrale était super impressionnante, j’ai pu apprendre plein de choses sur la religion. »

Maël : « J’ai beaucoup aimé cette sortie car le groupe des servants de messe est un groupe calme, on peut prendre le temps et profiter. »

Pour les « Anciennes », l’organisation de la sortie s’est faite de manière assez naturelle avec une bonne répartition des tâches, pour elles, les servants de messes ont pris du plaisir donc l’objectif a été atteint ! 

Merci aux « Anciennes » pour la coordination et la formation du groupe ainsi qu’aux servants et leurs parents pour leur engagement tout au long de l’année. Bel été à tous.

Les servants de messe s’engagent à servir la messe une fois par mois le samedi ou le dimanche. Ils se rencontrent plusieurs fois dans l’année pour apprendre à servir, se connaitre, passer des moments sympas de jeux ou de sortie et prier ensemble. Certaines rencontres sont organisées avec les servants de Collombey-Muraz et du Haut-Lac.

Les enfants (dès 6H) qui souhaitent rejoindre le groupe des servants de messe peuvent s’inscrire et se renseigner auprès d’Erika Meninas au 079 333 03 26.

On se réjouit de les accueillir.

Les servants de Monthey et Choëx encadrés par les « Anciennes » commencent la visite de la cathédrale de Lausanne.

Des couleurs et des sens

Par Pierre Guillemin | Photo : Pixabay

Les couleurs suscitent en nous des émotions. D’un point de vue statistique, le bleu, par exemple, est aimé par 57 % des hommes, mais seulement par 35 % des femmes. 23 % des femmes aiment le violet mais 0 % des hommes. 

Dans l’Antiquité, la couleur bleue était le symbole du deuil, du malheur et du désarroi, mais ces croyances se sont inversées après l’an mille. Chez les Romains, cette couleur était associée aux barbares : avoir les yeux bleus était dévalorisant et personne ne portait de vêtements de ce coloris avant le IIIe siècle. Les XIIe et XIIIe siècles marquent une « révolution du bleu » du fait de la théologie. Dieu est un dieu de lumière et celle-ci se manifeste de deux façons : la lumière divine (lux) et la lumière terrestre (lumen). Pour les différencier, il fallait trouver une technique dans les images : le ciel au sens de la couche atmosphérique devient bleu, alors que l’or est utilisé pour représenter la lumière divine et le Ciel au sens du paradis céleste. Le bleu est devenu le symbole de la pureté, de la spiritualité en désignant des valeurs positives comme la force, le sacré, l’inaccessible (le Ciel).

A Rome, le rouge est associé au pouvoir. C’est la couleur des généraux, des patriciens et plus tard des empereurs. Son usage est d’ailleurs réglementé et interdit à ceux qui ne font pas partie de ces catégories. Le Code Justinien (VIe siècle ap. J.-C.) condamne à mort ceux qui achetaient ou vendaient le tissu de couleur Porpora à mauvais escient.

Dans la culture chrétienne, la royauté spirituelle de la Vierge revêt des insignes de la royauté temporelle, dont le rouge. Ceci indique, aussi bien pour la Vierge que pour le Christ, leur nature humaine, alors que pour tous deux, le bleu est indice de divinité. Lorsque l’habit de Marie est une robe rouge, recouverte d’un manteau bleu, le rouge signifie son lien avec le monde terrestre tandis que le bleu (plus ou moins foncé) est la couleur spirituelle, par analogie avec le Ciel, mais aussi parce que le bleu est la couleur la plus coûteuse pour les artistes du Moyen-Age, car elle provient du lapis-lazuli broyé.

Synesthésie

Mais les couleurs peuvent aussi être associées aux sons, aux goûts. C’est ce qu’on appelle la synesthésie. Environ 4 à 6 % de la population avec une proportion significative de « créatifs » possède cette capacité d’association entre les couleurs et les émotions. Pensons à Arthur Rimbaud et son poème « voyelles » (1871), Van Gogh (La nuit étoilée, 1889), Charles Blanc-Gatti (Suite bergamasque de Debussy, 1930), Kandinsky (composition VIII, 1923). 

Et nous, ne sommes-nous pas émus devant la beauté des couleurs d’un vitrail d’une église ou d’une cathédrale ? Nos prières n’en sont-elles pas plus éclairées ?

Du cœur à la partition

Guillaume accompagne régulièrement des chorales pour animer la messe.

Guillaume nous partage son expérience et sa passion pour la musique

Bien connu sur le coteau de Choëx où il a grandi, Guillaume Délèze anime régulièrement des messes à l’orgue ou au piano. Parmi ses projets musicaux variés, ce musicien «touche-à-tout» a récemment composé deux ordinaires pour la messe. Guillaume nous partage son expérience et sa passion pour la musique.

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz
Photo : Suzy Mazzanisi

Quel est votre parcours musical ?
J’ai commencé avec le piano quand j’étais tout petit, mais ma passion pour la musique s’est vraiment développée à partir de mes 14-15 ans. C’était à une période où j’ai appris à improviser au piano à partir d’accords, ce qui m’éclatait plus que de déchiffrer longuement des partitions, et où j’ai aussi découvert plusieurs de mes groupes préférés (Nightwish et le « metal symphonique » pour les connaisseurs…). C’est à ce moment que je me suis mis à composer plus sérieusement. Depuis, j’ai aussi appris la guitare basse et la batterie, j’ai joué du piano dans de très nombreux projets variés, j’ai fait un Bachelor en musicologie et je dirige un chœur.

Vous avez composé un ordinaire pour la messe. D’où vient cette idée ? 
Au départ, c’est le groupe Raising Hope qui m’a demandé si je pouvais en composer un pour eux… Cela tombait bien, car j’y songeais depuis un petit moment. Quand je compare la musique qu’il y a à la messe et tout ce qu’il y a en dehors, je me dis qu’une petite mise à jour ne ferait pas de mal. Alors on ne peut pas non plus faire n’importe quoi à la messe, car la musique doit rester au service de la prière, mais malgré tout j’avais ce sentiment que je pouvais amener ma petite goutte d’eau au répertoire liturgique. 

Justement, quelles sont les exigences à respecter pour composer une messe ? 
L’exigence de base, c’est que le texte reste le plus important et donc doit être bien compréhensible : l’idéal étant que le rythme de la musique respecte le rythme naturel du texte. Et ce n’est pas toujours facile à gérer. Par exemple, le Gloire à Dieu ne se laisse pas découper en couplets de longueur égale et chantable sur la même mélodie.

Ensuite, l’exigence déterminante, c’est de s’adapter au contexte auquel la messe est destinée. Pour la première messe, composée pour Raising Hope – qui est un groupe de louange jeune – j’ai cherché à créer une messe dans ce style-là, en y ajoutant ma touche personnelle. J’ai composé une seconde messe pour le festival Open Sky, pour chœur à quatre voix. Cette fois-ci, j’ai voulu faire quelque chose qui correspondait à l’ambiance de l’événement : jeune mais intense. 

Enfin, il y a aussi des contraintes plus « terre à terre » : ce chœur n’ayant pas beaucoup de temps de répétition, j’ai cherché à faire la messe la plus simple possible !

Qu’est-ce que la musique apporte à votre foi ? 
J’ai entendu que quand on prie, on doit essayer de ne pas trop le faire avec la tête, mais plus avec le cœur. Les mots ont tendance à s’arrêter à la tête tandis que la musique est pour moi le meilleur moyen de toucher le cœur. C’est l’outil parfait pour nous aider à ressentir les choses, et ne pas rester purement dans l’intellectuel. Cela rend le fait de composer des messes passionnant : c’est chercher à traduire ce que l’on trouve beau dans la foi, en espérant le faire ressentir, le partager avec l’assemblée. 

Merci Guillaume de ce partage et de mettre ta passion et tes multiples talents musicaux au service de la prière et de la foi.

Vous pouvez écouter ses compositions sur Dreamsailer.com Les messes ne sont pas encore disponibles en ligne. Vous pouvez lui demander les partitions en le contactant à guillaume.deleze@gmail.com

Pour le meilleur et pour le pire

Peter To Rot.

Beaucoup ont parié qu’il deviendrait prêtre. Au lieu de cela, Peter To Rot a non seulement fondé une famille, mais aussi engagé sa propre vie pour défendre le mariage. Méconnu en Europe, il est vénéré par les catholiques d’Océanie.

Par Myriam Bettens | Photo: DR

C’est en 1912, que la ville de Rakunai, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a vu naître celui que beaucoup considéraient comme un leader né. A 21 ans à peine, Peter To Rot était déjà un catéchiste accompli et servait de bras droit au prêtre missionnaire de la paroisse locale. Ce dernier, croyant déceler en son collaborateur les germes d’une vocation sacerdotale, envisage de l’envoyer en Europe pour qu’il y fasse des études. Peter s’est donc préparé à ce ministère, confirmant tout ce que le missionnaire avait vu en lui : une étonnante capacité à enseigner, une connaissance approfondie de la Bible, une facilité à entrer en relation avec tout le monde et une forte influence sur les autres, en particulier sur les jeunes. Contre toute attente, le jeune homme se marie en 1936, mais poursuit néanmoins sa vocation de catéchiste laïc.

En 1942, les forces impériales japonaises envahissent toute la région et s’attaquent à ce qu’ils estiment être la « religion apportée par les Occidentaux ». Les missionnaires européens sont capturés et internés dans des camps de concentration et les lieux de culte détruits. Peter poursuit malgré tout sa tâche et prend en charge la communauté privée de curé. Il baptise, visite les malades, assiste aux mariages : son statut de laïc autochtone lui offre alors une relative sécurité. Or, les Japonais le surveillent de près, bien conscients qu’il constitue le seul point de référence pour les catholiques de la région. Mais les choses tournent court pour Peter lorsqu’il prend clairement position contre la décision des autorités japonaises d’introduire la polygamie dans son pays. A Noël 1944, les autorités japonaises l’arrêtent et l’emprisonnent dans un camp de concentration. Ils veulent rapidement se débarrasser de lui et la nuit du 7 juillet 1945, trois fonctionnaires assassinent en secret Peter To Rot par injection létale. Il est béatifié par le pape Jean-Paul II le 17 janvier 1995 lors de sa visite en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

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