Soldat de la paix

Il est des métiers qui sont bien plus que des métiers. Des emplois dont le niveau d’exigence et les contraintes sont tels qu’ils requièrent, chez ceux qui les choisissent, une bonne dose de foi… Nicolas Rey partage son expérience à la SWISSINT, l’Armée suisse engagée pour des missions de maintien de la paix.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer, DR

« L’ONU est une organisation assez peu versée dans la religion. »

Lorsqu’on parle de vocation, on pense plutôt à la prêtrise. Les métiers de l’armée ont-ils aussi une valeur vocationnelle ?
Pour ma part, cela a d’abord été un sens du devoir et une volonté de pouvoir expérimenter quelque chose de nouveau, mais je n’ai jamais ressenti cela comme une vocation. La question de faire de ma vie une succession de mission pour l’armée s’est posée, mais ce n’était pas une option. De plus, il faut rester humble, car même si à notre échelle nous essayons de rendre le monde un peu meilleur, sur le terrain il n’est pas toujours évident d’y discerner la présence divine. 

On entend souvent que militaire et chrétien sont deux termes (ou deux statuts) inconciliables. Qu’en pensez-vous ?
Le saint patron de l’infanterie est saint Maurice. Plusieurs autres saints sont associés aux métiers militaires, donc je ne crois pas que cela soit incompatible. Il y a toujours eu un lien entre la notion de combat et le christianisme, bien que l’idée même de violence n’entre jamais, à mon sens, en ligne de compte. Elle est en tout cas quelque chose qu’on se refuse.

De quelle manière la volonté de Dieu s’accomplit-elle quand on est militaire ?
C’est assez… dichotomique (rires). Si nous faisions sa volonté, il n’y aurait pas besoin de soldats de maintien de la paix. En même temps, on pourrait voir une sorte d’intention divine, de pouvoir participer à notre petite échelle à rendre le monde un peu meilleur.

Le drapeau suisse, sous lequel vous officiiez, est une référence claire à la croix christique. Est-ce que cela a de l’importance pour vous ?
Cela a soulevé quelques interrogations, surtout au Moyen-Orient. Je me suis demandé comment cela allait être reçu auprès de nos partenaires musulmans. J’avais l’inquiétude que ces interlocuteurs nous voient en « croisés », mais cela n’a jamais été le cas. D’une part, parce que nous œuvrions sous la bannière de l’ONU et d’autre part, car les Suisses ont une réputation d’ouverture et d’intérêt pour l’autre, tout en essayant d’éviter le « faux pas culturel ». Même si pour moi la foi reste quelque chose de très personnel, l’importance symbolique est autant de nature historique que religieuse.

Etait-il possible de vivre ou de partager votre foi dans l’exercice de vos fonctions ?
Par principe, nous n’abordions pas tellement les questions de foi. Les gens étaient très pudiques à ce sujet, quand bien même nous y étions continuellement confrontés dans les pays où nous étions missionnés. A dire vrai, l’ONU ne permet pas vraiment de vivre sa foi… c’est une organisation assez peu versée dans la religion pour des raisons évidentes.

Les zones de conflits sont des lieux éprouvants physiquement et moralement. En quoi votre foi était-elle une ressource ?
Les voies du seigneur peuvent parfois sembler difficilement explicables ou justifiables, mais elles m’ont amené à grandir. Lors des missions, il y avait des moments éprouvants et aussi de la solitude, mais sentir que Dieu m’était personnellement présent m’a permis de tenir un peu mieux.

L’armée cherche à augmenter de 40 % les effectifs de l’aumônerie. Pensez-vous que les jeunes recrues sont encore sensibles à la dimension spirituelle ?
La dimension spirituelle décrite comme telle, je pense que non. Par contre, l’utilité de l’aumônerie et du soutien spirituel est indéniable. Même si les recrues ne considèrent que rarement que ce soutien est de l’ordre du spirituel. J’ai payé mes galons de capitaine en pleine crise Covid, avec du service ininterrompu. En d’autres termes, personne ne pouvait quitter la caserne. Durant cette période, l’appui de l’aumônerie a été inestimable. Cette orientation spirituelle permet à l’aumônier un rapport beaucoup plus vrai avec les gens. Un psychologue va s’attacher à l’aspect clinique, alors que l’aumônier travaille avec la pâte humaine…

(Auto) bio express

A 31 ans et après un cursus de latiniste helléniste au Collège Saint-Michel de Fribourg, je me suis installé à Genève depuis une dizaine d’années, où j’ai fait mes études en relations internationales (Bachelor et Master). Au bénéfice d’une formation d’officier (capitaine), j’ai pu prendre part à des missions de promotion de la paix en Bosnie-Herzégovine (EUFOR) et au Moyen-Orient (UNTSO), avant de rentrer pour reprendre le commandement d’une compagnie d’infanterie. Je me tourne maintenant vers les métiers de la police.

Une Eglise cash dans un monde liquide

Du 1er au 3 mars dernier, tous les agents pastoraux de la partie francophone du diocèse de Sion étaient conviés à se retrouver au Foyer Franciscain de Saint-Maurice pour leur session pastorale annuelle, formation continue mais surtout occasion de se rencontrer autour de notre évêque.

Par l’abbé Vincent Lafargue | Photos : cath.ch, DR

Vincent Lafargue.

C’est Arnaud Join-Lambert qui assurait les apports théoriques, cette année. Ce père de famille, professeur de théologie à Louvain (Belgique), fait partie des grands penseurs européens de l’Eglise de notre temps. Il nous a invités à réfléchir à comment vivre et annoncer l’Evangile dans une société devenue « liquide », un concept que les sociologues utilisent volontiers aujourd’hui pour parler d’un monde dans lequel le relationnel a pris le pas sur l’institutionnel, le réseau sur la stabilité géographique, le manque de repères au lieu de valeurs reçues et transmises.

L’occasion d’abord de se situer. Sommes-nous passéistes, en nostalgie d’une Eglise à dentelles, adeptes du « c’était mieux avant » ? Ou sommes-nous les acteurs d’une Eglise qui doit sans doute commencer par aller vers les gens, là où ils sont, avant de les attendre là où elle les veut ?

Seulement voilà, lorsqu’il s’agit de rêver l’Eglise de demain, dans les petits groupes de travail formés après chaque conférence, force est de constater que notre imagination manque furieusement d’audace. Que de réponses convenues, que de petits rêves étriqués ou téléphonés ! On sent bien que l’avenir est au dépassement de ce que nos esprits sont encore capables de concevoir.

Et c’est là le véritable enjeu : tant que les membres de l’Eglise-institution garderont le même logiciel, il leur sera vain de demander aux paroissiens de faire une mise à jour de leur pratique. Comme une illustration de cette incapacité à dépasser ce qu’on a toujours fait depuis des siècles, la messe de la session était célébrée chaque soir à la royale abbaye de Saint-Maurice et consacrait la frontière entre laïcs sagement parqués dans les bancs et clercs élevés aux places de choix dans les stalles millénaristes du chœur. On peut regretter que les organisateurs n’aient pas eu l’audace de certaines années précédentes où les participants à la session imaginaient et vivaient aussi une eucharistie différente, entre eux, avant de la porter au monde.

L’Eglise du monde de demain est amenée à être cash, comme on le dit volontiers chez ses jeunes membres : franche, audacieuse, innovante, surprenante. Comme le disait George Bernard Shaw jadis : « Il y a les gens qui voient les choses comme elles sont et qui se demandent pourquoi, et puis il y a ceux qui les rêvent telles qu’elles n’ont jamais été et qui se demandent… pourquoi pas. » Puissent les membres de notre Eglise diocésaine appartenir à la seconde catégorie !

Sauvons Radio Maria Suisse Romande !

Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : DR

Radio Maria a commencé à émettre ses émissions religieuses, catholiques, en mai 2020 pour la Suisse romande. L’on peut y écouter en direct ou en différé (en « podcast ») la messe du jour, la prière des Laudes ou des Vêpres, le Chapelet depuis Lourdes… Sous la direction de l’abbé Jean-Pascal Vacher, différents intervenants animent des émissions de foi (catéchèse, vie de saints…), des questions de société (bioéthique, éducation, médecine…) et donnent la parole à des chrétiens « engagés ».

Aujourd’hui, Radio Maria Suisse Romande risque de « plonger » comme le Crédit Suisse. Elle ne vit que sur le don des auditeurs et ses finances sont dans le « rouge ». Avant de devoir licencier du personnel, avant de voir « mourir » Radio Maria, l’abbé J.-P. Vacher lance un « S.O.S. », un appel pressant à la générosité des auditeurs. 

C’est pourquoi nous relayons son appel. 

Pour écouter Radio Maria Suisse Romande : 

Avec une radio DAB +, ou sur internet (radiomaria-sr.ch) ou avec l’application mobile Radio Maria Suisse Romande.

Pour soutenir financièrement Radio Maria Suisse Romande : 

–> par carte, depuis le site internet : radiomaria-sr.ch/faire-un-don 

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Vitrail de Jules Schmid, église catholique de Charmey, Fribourg

La chapelle semble rayonner, peut-être pour symboliser l’influence que Nicolas a exercée.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Le verrier fribourgeois Jules Schmid a réalisé plusieurs vitraux pour l’église catholique de Charmey. Une première série date de 1938 et une deuxième de 1960, ce qui peut expliquer les différences de style. 

Le vitrail représentant saint Nicolas de Flüe comporte deux registres. Dans la partie basse, le saint est représenté revêtu d’une robe de pèlerin. Il tient un chapelet dans une main et un bâton dans l’autre. C’est ainsi qu’il se serait présenté devant sa famille au moment de faire ses adieux en 1467 pour devenir ermite.

La Suisse du XVe siècle est incertaine et en proie à de nombreux conflits. Pour Nicolas, Dieu est le Dieu de la paix. C’est cette conviction qui l’anime alors qu’il sert dans l’armée. On raconte qu’il combattait l’épée dans une main et le chapelet dans l’autre. 

Le saint est analphabète, ce qui n’empêche pas les puissances européennes de lui envoyer des émissaires pour bénéficier de ses conseils et de sa sagesse. L’épisode le plus marquant est représenté dans la partie haute du vitrail. Le 21 décembre 1481, après plusieurs années de discussion, la Diète de Stans s’apprête à prendre l’épée pour résoudre une querelle qui dure depuis quatre ans. Un conseiller se rend auprès de Nicolas qui lui remet un message de paix à destination des Confédérés. Le texte est consultable sur internet. Il se conclut ainsi : « Gardez-vous de divisions : elles vous détruiraient. Aimez-vous les uns les autres, Confédérés, et que le Dieu tout-puissant vous garde en sa bonté, comme Il l’a fait jusqu’à aujourd’hui. » Beaucoup sont convaincus que le saint a sauvé la Suisse ce jour-là. 

Dans le haut du vitrail, en arrière-plan des Confédérés se serrant la main, la chapelle semble rayonner, peut-être pour symboliser l’influence que Nicolas a exercée sans jamais quitter son ermitage.

Le visiteur attentif notera que le vitrail comporte la mention Bx Nicolas de Flüe. La raison est extrêmement simple. L’œuvre a été réalisée en 1938 et Nicolas de Flüe a été canonisé en 1947. 

Les roses

Par Jean-Charles Labelle | Photo : pexels

Vous soignez avec Amour ce parterre de roses que votre main a planté ; elles sont belles comme un enfant des hommes et tous les jours vous leur rendez visite. Vous les soignez, vous leur apportez la nourriture qui leur convient, soit parce que vous l’aviez prévu dès la terre de plantation, soit parce qu’un nutriment nouveau est indispensable. Certains jours vous les offrez en cadeau à un ami ou bien vous les placez dans un vase proche de votre cœur. Elles sont en partie liées à votre vouloir mais certaines prennent un chemin que vous ne voudriez pas… Les voilà accablées par la maladie ou certaines se rebellent et vous piquent avec gourmandise. Vous voudriez qu’elles déploient tous leurs efforts pour resplendir, pour que leurs pétales soient comme la soie, leur senteur un parfum divin, mais elles ont leur mot à dire et peuvent se rebeller. Cependant si des gourmands poussent à partir de leur pied, elles comptent toujours sur vous pour les enlever.

Ainsi en va-t-il des humains, ils agissent selon leur bon vouloir mais ne comprennent pas quand Celui qui les a pétris au cours des âges et qui les a fait surgir de l’histoire de l’univers, ne vient pas à leur secours alors qu’ils se sont affranchis de lui. L’Humanité aurait-elle perdu la trace de son Jardinier ? Comment recevra-t-elle l’information vivifiante, celle qui la rapproche de son Créateur ? Certes, l’humanité est comme les roses, elle se meurt, mais une greffe spirituelle lui est proposée, une renaissance, une résurrection comme celle que nous fêtons à Pâques dans le sillage du Christ. Et Lui, le Christ, ne cesse de tendre la main à toutes « ses roses », quelle que soient leur espèce, leur beauté. Chacune, il les voudrait toutes dans le bouquet final, réunies autour de Lui.

Prière des mères

« Unies, par la prière nous sauverons nos enfants. » Se soutenir mutuellement par des prières toutes simples, s’appuyer sur la Parole de Dieu et choisir la confiance…

Par Marie-Hélène Rudin Cajeux, coordinatrice valaisanne et l’abbé Valentin Roduit | photo : l’abbé Valentin Roduit

Ce beau projet est celui de la Prière des mères, né en Angleterre en 1995, et présent en Valais depuis 15 ans. Le mouvement réunit, partout dans le monde, des groupes de deux à huit femmes au cœur de mère, désirant confier leurs enfants et tous les enfants du monde à la protection du Seigneur. Chaque semaine, les mères prient dans leur groupe, réunies chez l’une d’entre elles. Elles prient pour leurs enfants et face aux difficultés de ceux-ci, demandent la grâce de l’Abandon au Seigneur et du lâcher prise. Guidées par le petit livre blanc et bleu de la fondatrice Veronica Williams, les mères s’ouvrent à l’action du Seigneur et reçoivent de nombreuses réponses à leurs prières, à commencer par la paix du cœur. Sans jugement ni conseils, les prières formulées restent dans l’intimité et la confiance du groupe.

Murielle, une maman, raconte : « La Prière des mères m’a donné les meilleurs outils pour calmer les tracas de maman : prendre conscience que nos enfants sont avant tout ceux du Seigneur, Lui confier nos enfants (on dépose leurs noms dans un panier qui symbolise les bras du Seigneur) et Lui faire pleinement confiance. »

La Prière des mères fera une escale à Collombey. Bienvenue à toutes les femmes au cœur de Mère pour prier ensemble une fois, de manière ponctuelle et pourquoi pas entendre l’appel à lancer un groupe…

Le vendredi 19 mai à 8h30 au Monastère des Bernardines : messe aux intentions de la prière des Mères en Valais. La messe sera suivie de la prière des Mères avec toutes celles qui seront là, et un partage fraternel.

Pour vous procurer un carnet de prière, créer ou connaître un groupe proche de chez vous, n’hésitez pas à contacter : 
• Coordination VS : Marie-Hélène Rudin Cajeux, 077 485 66 93, cajeux.rudin@gmail.com
• Coordination CH : Christine Delalande, 022 349 97 24, switzerland@mothersprayers.org

La foi vécue avec joie

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec le séminariste du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, Rémi Steinmyller. 

Rémi Steinmyller.

Par Rémi Steinmyller | Photos : DR

Au moment de rédiger cette carte blanche, la Suisse romande compte plus de 400 inscrits qui se rendront au Portugal en juillet prochain. 

Quel est leur désir profond ? Vivre un événement dans la foi, c’est-à-dire une expérience communautaire. Ce que ces jeunes vont découvrir sur place c’est que leur foi, qui peut parfois être mise entre parenthèses pendant l’année, peut être vécue avec joie. Les JMJ seront la grande respiration annuelle dont chaque croyant a besoin. Une retraite spirituelle, lors d’un voyage qui mène loin de chez soi : c’est ce qu’on appelle un pèlerinage. Jésus n’était-il pas constamment sur les routes ? Il entraîne derrière lui une foule innombrable ; à Lisbonne c’est lui qui rassemble des centaines de milliers de personnes ! Si certains y vont pour la fête, ils se rendent vite compte que Dieu mène la barque et qu’il les appelle à le rencontrer. Nombreux sont ceux qui, bouleversés par la joie qui transpire de l’événement, se rendent compte que l’Eglise resplendit de la diversité de ceux qui en font partie.

Mais ne nous berçons pas d’illusions, la grande effervescence vécue va retomber. Eh quoi ? Regardons l’évangile: alors que Jésus a disparu aux yeux des apôtres et que ceux-ci retournent à leurs occupations, il faudra que Pierre se lève au milieu des disciples, pour proposer d’aller à la pêche. 

De même, il en faudra quelques-uns parmi les pèlerins de retour de Lisbonne, qui se lèvent et qui disent : « Allons ! Et engageons-nous pour Jésus-Christ. » Comment ? Il faudra créer des petites communautés vivantes qui prient. Il faudra ici des témoins qui donnent leur vie au Christ pour continuer de vivre ce qu’ils auront vécu auprès du Seigneur là-bas. Si nous souhaitons que l’esprit des JMJ continue, il faut s’engager là où le Seigneur nous le demande. 

Etre pèlerin, cela consiste, de retour chez soi, à témoigner du voyage, à se souvenir des rencontres dans lesquelles nous avons vu le Seigneur et surtout à faire advenir le règne du Christ en s’engageant à un événement dans lequel la foi est impliquée. Comme Marie, levons-nous et partons en hâte vers les lieux dans lesquels le Seigneur nous appelle. 

JMJ 2023: Vamos a Lisboa!

Les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) sont une formidable aventure spirituelle et humaine. La prochaine édition aura lieu en été 2023. Elles sont proposées à tous les jeunes de 16 à 30 ans qui désirent vivre cette aventure. 

Par le Comité romand JMJ | Photos : WYofficial, DR

Plusieurs routes et différentes formules sont proposées au départ de la Suisse (en vélo, en passant par Lourdes, en passant par Braga). 420 jeunes Romands sont déjà en route pour l’aventure. Les jeunes pèlerins pourront découvrir le Portugal et recevront l’hospitalité des Portugais qui se préparent à recevoir les jeunes du monde entier depuis des mois. Des jeunes seront en route entre le 22 juillet et le 8 août selon les formules, ils seront tous le 31 juillet à Lisbonne pour vivre une semaine le long du Tejo du 1er au 6 août 2023 à l’invitation du pape François.

Cet évènement mondial hors du commun rassemble des jeunes venus des cinq continents. L’invitation est faite à tous. La rencontre des cultures et le vivre ensemble lors des JMJ est un riche témoignage d’humanité pour construire la paix. 

Tous sont invités à vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse. Les anciens participants, les amis, les paroisses sont invités à encourager les jeunes à participer, à prendre soin de les accompagner spirituellement et à les soutenir financièrement. Les jeunes de 16 et 30 ans sont invités à se lever et à partir pour l’aventure. Ensemble, en marche, à la suite de Marie : « Elle se leva et partit en hâte. » (Luc 1, 39)

->  Infos et inscriptions : www.jmj.chinfo@jmj.ch

La foi vécue avec joie

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec le séminariste du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, Rémi Steinmyller. 

PAR Rémi Steinmyller | Photos : DR

Au moment de rédiger cette carte blanche, la Suisse romande compte plus de 400 inscrits qui se rendront au Portugal en juillet prochain. 

Quel est leur désir profond ? Vivre un événement dans la foi, c’est-à-dire une expérience communautaire. Ce que ces jeunes vont découvrir sur place c’est que leur foi, qui peut parfois être mise entre parenthèses pendant l’année, peut être vécue avec joie. Les JMJ seront la grande respiration annuelle dont chaque croyant a besoin. Une retraite spirituelle, lors d’un voyage qui mène loin de chez soi : c’est ce qu’on appelle un pèlerinage. Jésus n’était-il pas constamment sur les routes ? Il entraîne derrière lui une foule innombrable ; à Lisbonne c’est lui qui rassemble des centaines de milliers de personnes ! 

Dieu mène la barque

Si certains y vont pour la fête, ils se rendent vite compte que Dieu mène la barque et qu’il les appelle à le rencontrer. Nombreux sont ceux qui, bouleversés par la joie qui transpire de l’événement, se rendent compte que l’Eglise resplendit de la diversité de ceux qui en font partie.

Mais ne nous berçons pas d’illusions, la grande effervescence vécue va retomber. Eh quoi ? Regardons l’évangile: alors que Jésus a disparu aux yeux des apôtres et que ceux-ci retournent à leurs occupations, il faudra que Pierre se lève au milieu des disciples, pour proposer d’aller à la pêche. 

Créer des communautés vivantes

De même, il en faudra quelques-uns parmi les pèlerins de retour de Lisbonne, qui se lèvent et qui disent : « Allons ! Et engageons-nous pour Jésus-Christ. » Comment ? Il faudra créer des petites communautés vivantes qui prient. Il faudra ici des témoins qui donnent leur vie au Christ pour continuer de vivre ce qu’ils auront vécu auprès du Seigneur là-bas. Si nous souhaitons que l’esprit des JMJ continue, il faut s’engager là où le Seigneur nous le demande. 

Etre pèlerin, cela consiste, de retour chez soi, à témoigner du voyage, à se souvenir des rencontres dans lesquelles nous avons vu le Seigneur et surtout à faire advenir le règne du Christ en s’engageant à un événement dans lequel la foi est impliquée. Comme Marie, levons-nous et partons en hâte vers les lieux dans lesquels le Seigneur nous appelle.

La prière, au-delà de la méditation

Eckhart von Hochheim.

La pratique de la prière, ses liens avec la méditation sont décrits et analysés dès les débuts de l’ère chrétienne. Saint Jérôme (347-420) écrit : « Le moine se reconnaît non à ses paroles et ses discours, mais à son assise en silence. » 

Mais cette « méditation chrétienne », qui peut prendre la forme d’une attitude contemplative, se situe toujours dans l’attention du croyant à la présence de Dieu comme le précise le théologien Eckhart von Hochheim (1260-1328) : « Il est très doux pour un ami d’être près de son ami. Dieu nous assiste et demeure près de nous, constant et immuable. »

Cependant, si la prière peut utiliser les méthodes de la méditation, elle prend de nombreuses formes : parole et silence, méditation sur un texte et simple disponibilité, solitude et communauté. Bien des polarités de ce type structurent le champ de la prière chrétienne.

Les bienfaits de la méditation

La science s’intéresse à la méditation en cherchant à montrer ses effets sur nos comportements, nos perceptions de notre environnement. Il apparaît ainsi que la méditation apporte de nombreux bienfaits essentiellement sur nos perceptions mentales et psychologiques :

• La méditation favorise le bien-être mental.

• La méditation stimule le cerveau.

• La méditation réduit la douleur.

Il est démontré qu’à l’issue de cinq séances de 20 minutes de méditation, la plupart des participants ont remarqué une diminution significative de leur niveau de stress au quotidien, d’anxiété, de dépression, de colère et de fatigue, et une meilleure attention. Par ailleurs, ils ont vu leur comportement s’améliorer sur le plan émotionnel, cognitif et social.

Prière silencieuse

Concrètement, l’attention portée dans la foi à la présence de Dieu se trouve facilitée par l’énonciation intérieure du Nom de Dieu. Origène (185-253) nous le rappelle lorsqu’il écrit : « Aujourd’hui encore le nom de Jésus apaise les âmes troublées, réduit les démons, guérit les maladies ; son usage infuse une sorte de douceur merveilleuse ; il assure la pureté des mœurs ; il inspire l’humanité, la générosité, la mansuétude. »

En présence de Dieu, ce que nous sommes est plus important que ce que nous faisons, « Dieu est le Dieu du présent, disait Eckhart von Hochheim. Tel il te trouve, tel il te reçoit, tel il te prend. » C’est dans cette relation de personne à personne entre le croyant et Dieu que réside la spécificité de la méditation chrétienne.

Ce qui est essentiel dans cette longue tradition d’assise silencieuse, ce n’est pas la pratique, encore moins ce qui pourrait apparaître comme des techniques, c’est la présence du Christ. C’est Lui qui donne sens à la pratique, c’est le don de son Esprit qui fait grandir l’union avec Lui.

Les Camps Voc’: un trésor à transmettre à vos enfants

Par Benjamin Bender, Centre Romand des Vocations

Chaque année, à Pâques et en été, c’est plus de 200 enfants et jeunes qui vivent une semaine entre pairs pour approfondir leur foi, réfléchir aux grandes orientations de leur vie, rencontrer Dieu au travers d’un thème spécialement conçu pour les camps, exprimer leurs talents et partager des activités avec d’autres jeunes chrétiens. 

Vous en avez certainement déjà entendu parler, les Camps Voc’ sont ancrés dans le paysage romand depuis plus de 40 ans. Et ils savent se renouveler d’année en année ! Le but de ces camps est d’inviter les enfants à ouvrir leurs yeux et leurs oreilles à l’appel particulier que Dieu leur fait. Pour cela, nous sommes tout d’abord sensibles à la représentation des diverses vocations et états de vie dans nos équipes : laïc, prêtre, religieuse, jeune, famille… nous essayons de montrer aux participant·e·s que toute personne est appelée à se donner, d’une manière ou d’une autre, au travers d’un état de vie mais aussi d’un métier choisi ou d’une activité bénévole offerte. Nos équipes offrent un vrai témoignage de la diversité de l’Eglise. 

Puis, c’est au travers d’activités ludiques – indispensables pour vivre une vraie semaine de camp – ainsi que des temps de prières, de partages, que nous sensibilisons vos enfants à la vie chrétienne dans notre société. Jeux de pistes, Cluedos géants, veillées et messes se côtoient, tout comme dans notre vie d’adulte chrétien·nes en 2023. 

N’hésitez pas à contacter les responsables de camp pour en savoir plus sur ces fabuleuses semaines consacrées au 9-20 ans ou à vous rendre sur www.vocations.ch

Qui sont les spiritains?

François Libermann, 1802-1852.
Claude Poullart des Places, 1679-1709.

Par Joseph Akuamoah-Boateng | Photo : DR

Les spiritains sont des religieux, prêtres ou frères, membres d’un institut missionnaire : la Congrégation du Saint-Esprit sous la protection du Cœur Immaculé de Marie.

Cet institut est né il y a 320 ans, dans le quartier latin à Paris, de l’initiative d’un jeune avocat et séminariste Claude Poullart des Places, en vue de former des prêtres qui se destinaient à servir dans des missions éloignées, délaissées ou en manque de pasteurs !

La congrégation du Saint-Esprit fut revivifiée en 1848, par la fusion avec la société du Saint-Cœur de Marie, formée par un prêtre converti du judaïsme, le Père François Libermann.

Les spiritains vivent en communauté fraternelle, accueillante et priante. Frères ou prêtres, ils partent en mission dans le monde entier, surtout là où l’Eglise trouve difficilement des ouvriers. Il y a aussi des laïcs qui se joignent à la mission spiritaine tout en gardant leur état de vie. Ce sont les Associés spiritains. 

La présence spiritaine en Suisse a commencé les premières années du XXe siècle, lorsqu’en 1901, la loi qui vise la suppression des congrégations religieuses fut promulguée en France. Les spiritains ont trouvé un pays de refuge en Suisse avec la fondation des trois premières  communautés, d’abord à Fribourg avec l’ouverture en 1906 du Séminaire des Missions. Quelques années plus tard s’ouvrira la « Villa Notre-Dame » à Montana et puis « l’Ecole des Missions » au Bouveret.

Aujourd’hui les spiritains en Suisse œuvrent uniquement en Suisse romande : dans le Diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, avec une communauté apostolique à Genève et deux communautés à Fribourg (au Botzet 8 et à Marly) et dans le diocèse de Sion, il y a une communauté régionale à Erde et la communauté de Vouvry. Il y a aussi la communauté de l’Ecole des Missions au Bouveret située dans le diocèse d’Annecy ! 

Brève présentation du Père Joseph Akuamoah-Boateng

A la rencontre de la communauté des spiritains de Vouvry

Texte et Photo par Joseph Akuamoah-Boateng

Je suis Joseph Akuamoah-Boateng, originaire du Ghana, une ancienne colonie britannique en Afrique de l’Ouest. Je suis né le 22 juillet 1979 à Akomadan-Ashanti, d’une fratrie de trois enfants. Je suis entré chez les spiritains en 2002 après le collège. J’ai fait mon premier engagement en 2004 après le noviciat, puis des études philosophiques avec licence à Ejisu, Ghana en 2007. La même année j’ai commencé deux ans de stage apostolique en la République Islamique de Mauritanie.

En septembre 2009, j’ai commencé les études théologiques à Ngoya, Cameroun. Je suis ordonné prêtre le 17 août 2013 à Accra, Ghana et affecté au Bénin.

En 2015, je suis rappelé au pays pour une formation en sciences d’éducation (Master) et pour un ministère comme vicaire pendant trois ans. 

Je suis entré au Séminaire comme formateur et chargé de vocation spiritaine en 2018, d’où je suis réaffecté en Suisse depuis l’automne 2021 comme vicaire des paroisses du Haut-Lac. 

Bienvenue en Suisse, Arnaud !

A la rencontre de la communauté des spiritains de Vouvry

Rencontre avec Arnaud, jeune stagiaire du Gabon, qui a rejoint la communauté spiritaine de Vouvry. Il retrace  son parcours qui l’a mené de l’Afrique jusqu’à nous.

Texte et propos recueillis par Nicolette Micheli | Photo : Gervaise Imhof

« Très jeune, j’ai senti grandir en moi le désir de devenir prêtre, nous dévoile Arnaud avec calme et assurance. Après ma communion, j’ai rejoint le groupe des servants de messe. On se retrouvait une soixantaine chaque samedi. J’ai évolué dans le groupe : de responsable, je suis devenu formateur. On admirait les prêtres et plusieurs d’entre nous avaient le projet d’être un jour comme eux ! » On sent déjà, chez Arnaud, une vie très ancrée en Dieu et un engagement mûrement réfléchi pour le faire connaître.

Bénédiction pour une famille éprouvée

Tout un parcours l’a conduit à se retrouver parmi nous aujourd’hui. Arnaud est né en 1994 à Lambaréné, une ville du Gabon devenue célèbre grâce au Docteur Schweitzer, un Alsacien qui y a créé un hôpital gratuit, au siècle passé. Il est le cinquième d’une famille de six enfants. Son père est entrepreneur et sa mère  infirmière. Il a neuf ans quand sa mère meurt subitement : toute la famille est sous le choc. Désormais, c’est sa sœur aînée, ingénieure dans une ville voisine qui l’accueille chez elle. « J’étais bon élève, j’aimais le sport et surtout le foot. Un jour, ma sœur m’a demandé d’arrêter le club pour me consacrer entièrement à mes études. J’ai obéi, avec regret, avoue-t-il dans un léger soupir. Comme j’avais bien réussi mon bac, je pouvais bénéficier d’une bourse. Ma sœur me voyait déjà dans une école d’ingénieur en France. Mais mon choix
initial s’était toujours renforcé. Finalement, chacun l’a accepté. Tous étaient fiers de moi, car avoir un prêtre dans la famille, c’est une bénédiction ! »

Accueilli chez les spiritains

Arnaud choisit d’entrer chez les spiritains, une congrégation dont il admire l’esprit missionnaire. Durant quatre ans, il vit dans une cure comme aspirant-spiritain et suit une formation de catéchiste. Puis, après un an de postulat, il entre au Grand Séminaire International Spiritain de Libreville, où il partage la vie de 80 séminaristes. Durant trois ans, il étudie la philosophie à l’université et obtient sa licence. « J’avais de brillants professeurs qui, à travers la philosophie, m’ont ouvert l’esprit. » Il en parle encore avec enthousiasme !

Il est envoyé un an au Cameroun, pour le noviciat. En prononçant ses premiers vœux, il entre officiellement chez les spiritains. De retour au Gabon, dans la Maison Libermann, il fonctionne comme économe. « J’apprends que je dois partir pour un stage en Suisse. J’aurais préféré rester dans mon pays, confie-t-il avec un sourire plein de nostalgie. Mais, pour un spiritain, c’est important d’avoir une autre idée de la mission et d’enrichir son expérience. »

Arnaud accompagne les prêtres dans leur pastorale, s’implique dans le groupe d’enfants qui préparent leur communion, suit les servants de messe. Durant son temps libre, il découvre avec plaisir les ouvrages de l’abbé Joël Pralong. D’un naturel timide et réservé, on le découvre pourtant très à l’aise dans la prédication où il a l’art de toucher les cœurs : un vrai charisme ! Son projet immédiat : obtenir le permis de conduire… suisse ! Bonne chance !

Jusqu’à tout perdre par amour

Portrait d’Anne Pak-Agi. Elle est l’une des cent-trois martyrs de Corée.

Parmi les martyrs, nombreux sont ceux qui ont dû tourner le dos à leur famille et couper les liens avec elle pour suivre le Seigneur. La Coréenne Anne Pak-Agi était l’une d’entre eux.

Par Myriam Bettens | Photo : cbck

« Avez-vous encore beaucoup de vies à vivre ? », ont demandé les geôliers à Anne Pak-Agi face à son apparente insensibilité de cœur. En effet, son mari et son fils avaient été libérés alors qu’elle continuait à croupir en prison. « Il suffit d’un mot pour que vous fassiez de même. » Ce « mot » devait prendre la forme d’une apostasie et la Coréenne en rejette l’idée même : « J’ai décidé de garder ma foi et de mourir pour elle. » Une foi alors réprimée dans la Corée du XVIIIe siècle.

En 1836, elle est arrêtée en même temps que son mari et son fils aîné. Son époux avait alors de nombreux alliés à la cour. Ces derniers les incitent à apostasier pour éviter l’emprisonnement et la peine capitale. Après de multiples tortures, son mari et son fils cèdent. Anne Pak-Agi, quant à elle, reste ferme dans sa foi. Le juge alterne douceur et sévérité pour la faire ployer, en vain. Des morceaux de sa chair sont méthodiquement retirés, jusqu’à mettre ses os à nu, mais elle campe sur ses positions.

Ses proches lui rendent visite chaque jour et la supplient d’apostasier pour recouvrer sa liberté, au lieu de quoi celle-ci leur répond : « Pour quelques jours de votre vie, vous exposerez-vous à la mort éternelle ? Au lieu de me demander de transgresser, vous devriez m’exhorter à rester ferme. Revenez plutôt à Dieu et enviez mon bonheur. »

Après trois ans de prison, Anne Pak-Agi a été condamnée à mort par décapitation. Le 24 mai 1839, « pour avoir lu des livres erronés et porté des images diaboliques », elle a été emmenée à l’extérieur des murs de la ville avec huit autres catholiques afin d’y être exécutée. Anne Pak-Agi a été canonisée le 6 mai 1984 sur la place Yoido, à Séoul, par le pape Jean-Paul II.

Soupes de Carême et fenêtre caté à Martigny-Croix

Par Pascal Tornay | Photos : DR

C’est à la salle Saint-Joseph qu’on a pu déguster cette année à trois reprises une bonne soupe de Carême organisée et mitonnée par la communauté locale emmenée par Françoise Richon, la nouvelle responsable du Conseil de Communauté. Un grand merci d’avoir donné à tous l’occasion d’être rassemblés autour de ce simple repas si haut en convivialité.

Pour l’édition du 24 mars dernier, les enfants de 5H et 6H étaient conviés à participer à une matinée catéchétique en lien avec le thème « Que fais-je des biens qui me sont confiés ? » qui fait écho à la parabole que Jésus raconte au sujet de l’homme riche mais insensé qui amasse des biens pour lui-même et non en vue du Royaume (Lc 12, 15-21). Durant cette matinée caté, qui a aussi été proposée à Martigny-Ville et au Bourg, les enfants ont notamment apporté Fr. 5.– en soutien aux projets menés par Action de Carême au Laos et ont confectionné eux-mêmes la soupe de Carême qu’ils allaient partager à midi. Voilà de bien bonnes expériences…

Comment comprendre la baisse des vocations en Europe

Par le Chanoine Philippe Aymon | Photo : Wikimedia Commons

Lors d’une rencontre avec trois pasteurs.es des paroisses réformées de Suisse romande, ces derniers.res partageaient leur souci du manque de relève pour le corps pastoral protestant. J’ai alors fait la proposition suivante : « Il faut peut-être autoriser le mariage des pasteurs.es ? » Mais c’était déjà fait…

J’espère que la question chez nous n’est pas celle du célibat. Dans une société où plus de la moitié des mariages finissent en divorce, sans parler des unions libres qui précèdent le mariage officiel, ne cherche-t-on pas à refiler aux prêtres et religieux « un truc qui ne marche pas » ?

Mais, comme la question est posée, il est possible que le problème ne soit pas les vocations, mais l’Europe. Que reste-t-il de la foi et de l’espérance chrétienne dans ce vieux continent marqué par le confort et la dénatalité ? Dans une société où la spiritualité n’a de valeur que comme quête d’un bien-être supplémentaire, où Dieu est une idée et plus une présence, qui aurait l’idée saugrenue d’embrasser une vocation religieuse ?

De plus, la question des vocations est le « marronnier » de l’Eglise : elle revient régulièrement et lui donne l’occasion de se regarder le nombril, au lieu de regarder la réalité. Elle compte les sorties d’Eglise et refuse de regarder ceux qui y sont sans plus y être. Comment peut-on attraper la vocation quand un enfant arrive à la confirmation, s’il y arrive, en ayant participé à une quinzaine de cours de catéchèse et un peu moins de messes ? La vocation est une rencontre avec le Christ, pas la réception d’un sacrement !

Le problème n’est pas Dieu qui oublie d’appeler ou un manque de générosité du côté de ceux qui devraient répondre. Le problème c’est notre pastorale incohérente, sociologique et vide d’une véritable rencontre avec le Christ.

En librairie – mai 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Au nom de Dieu, je vous le demande
Pape François

Pour les dix ans de son pontificat, le pape François confie son espérance pour le monde de demain, à travers dix voies majeures qui pourraient rendre le monde meilleur. Considérons le monde comme une maison commune, décidons des moyens concrets pour une humanité plus juste qui rejettera les abus, reconnaîtra la dignité de tous les individus, valorisera les femmes, n’utilisera plus jamais le nom de Dieu pour faire la guerre. Tout le réalisme du pape François jaillit de ces lignes où il manifeste sa conscience aiguë des problèmes que traversent les croyants comme les non-croyants. Un message passionnant et inspirant pour tous, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Eglise.

Editions Artège

Acheter pour 23.20 CHF

Tu m’as appelé par mon nom
Herbert Alphonso

Toute personne possède le potentiel de se réaliser pleinement. Découvrir sa vocation personnelle, c’est retrouver le caractère absolument unique que Dieu nous a donné en nous appelant par notre nom. Herbert Alphonso, jésuite d’origine indienne, a accompagné un grand nombre de personnes dans la découverte de ce qu’il appelle leur « vocation personnelle ». Par sa grande expérience de l’accompagnement spirituel et sa connaissance profonde des exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, le père Alphonso nous ouvre les portes de la connaissance profonde de soi. Guide spirituel, cet ouvrage nous envoie vers Dieu pour nous ouvrir à nous-mêmes.

Editions Saint-Paul

Acheter pour 12.00 CHF

Un pas de côté
Stéphane Roux

Père de famille d’une quarantaine d’années parti pour une simple épopée familiale avec sa femme et ses trois enfants, Stéphane Roux découvre à la faveur de cette année sabbatique une vie nouvelle en lui. Il comprend peu à peu que cette rupture se mue en cheminement spirituel. Ce temps au désert est aussi l’occasion d’une réflexion sur la société actuelle, sur le monde du travail et, plus largement, sur l’usage de notre liberté. Récit d’un changement de vie ? Plutôt celui d’un pas de côté pour ralentir, se laisser transformer par la vie, par les autres et par Dieu.

Editions Fidélité

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Sainte Claire d’Assise
Kim Hee-Ju

Un manga pour découvrir une sainte qui choisit la pauvreté par amour du Christ. Née dans une famille de seigneurs italiens, Claire était destinée à une existence noble et riche. Mais, à l’exemple de son ami, saint François, elle choisit de renoncer à tout pour fonder la première communauté de sœurs vivant vraiment dans la pauvreté : les Clarisses. Sa jeunesse dorée dans les rues d’Assise et Pérouse, sa rencontre avec François d’Assise et son choix radical de la pauvreté : le destin d’une jeune fille au caractère bien trempé nous est livré ici dans une BD à mettre dans les mains de tous les enfants.

Editions Mame

Acheter pour 23.70 CHF

Pour commander

Au souffle nouveau de l’Esprit

Texte et photo par Marion Perraudin

Au souffle nouveau de l’Esprit,
A l’image de Marie au jour de l’Annonciation,
Osons le oui à l’inattendu de Dieu.
Au souffle nouveau de la Pentecôte,
Laissons la Parole grandir en nous
Pour la porter dans nos aujourd’hui.

Au souffle nouveau de l’Esprit,
A l’image de Marie au jour de la Visitation,
Redisons avec elle MAGNIFICAT.
Au souffle nouveau de la Pentecôte,
Faisons de notre vie un chant de louanges et de mercis
Résonnant dans chacune de nos rencontres.

Au souffle nouveau de l’Esprit,
A l’image de Marie au jour des noces de Cana,
Devenons dociles à la Parole de son Fils.
Au souffle nouveau de la Pentecôte,
Ajustons-nous à l’Esprit de Dieu
Dans chacune de nos activités.

Au souffle nouveau de l’Esprit,
A l’image de Marie au jour de la Pentecôte,
Accueillons le feu de l’Esprit de Dieu.
Au souffle nouveau de la Pentecôte,
Devenons témoins du Christ Vivant
Dans nos lieux de vie.

Viens Seigneur Esprit Saint, conduire nos pas sur les chemins de ce monde.
Viens Seigneur Esprit Saint, allumer en nous le feu brûlant de l’amour.
Viens Seigneur Esprit Saint, nous apprendre la docilité du cœur.

Kairos – le temps favorable

Par Boleslaw Bieniek, curé des paroisses d’Anniviers | Photo : LDD

Aujourd’hui l’Eglise catholique surtout en Europe est confrontée à une grave crise du clergé et à une encore plus grave crise du christianisme. Des études sociologiques nous montrent que de nombreuses raisons ont abouti à ces deux crises. Je suis convaincu que le plus gros problème est l’identité fondamentale de la vocation sacerdotale et par conséquence son rôle dans la société moderne marquée par Chronos et même à l’intérieur de l’Eglise. Le même problème touche nos baptisés, qui sont sacramentalisés mais pas du tout évangélisés. La conséquence est la naissance au centre de l’Eglise d’un groupe appelé par les sociologues NONS. Ce sont des personnes indifférentes, découragées par la religion et en manque de confiance envers l’Eglise institutionnelle. Pour le bien de l’Eglise, je pense qu’il faut réorienter notre modèle pastoral de la paroisse territoriale vers la paroisse personnelle, comme un centre pour la vie spirituelle et sacramentelle où on prie, on cherche et on trouve le sens de la vie. Pour cela, il faudrait adapter la formation des futurs prêtres pour qu’ils deviennent des compagnons de route (à l’image du Christ sur le chemin d’Emmaüs), des conseillers spirituels, des ministres de l’eucharistie, des bergers et des confesseurs. 

Les laïcs pourraient réveiller l’Eglise traditionnelle de sa sieste en se voyant confier un plus grand espace dans la pastorale et ainsi devenir le pont solide entre la société moderne et une Eglise vue comme une communauté dans laquelle on peut trouver le ressourcement spirituel et la vie sacramentelle. Pour moi, l’image de l’Eglise comme une maison où tout le monde se sent très en sécurité et où on trouve les réponses aux questions existentielles, morales, théologiques et philosophiques est à mettre en pratique.

La crise actuelle est une sorte de carrefour avec la possibilité d’une grande ouverture qui aboutira sûrement dans la douleur à une nouvelle forme de christianisme mature. Le Christianisme secoué, réveillé, touché par cette mauvaise passe pourra agir comme un médecin blessé, qui guérira le monde dont il fait partie et c’est une chance réelle pour l’avenir avec la forte conviction que : l’amour et la réconciliation sont les seules forces qui unissent sans détruire. La réforme de l’Eglise devrait être basée surtout sur la théologie spirituelle et avoir ses racines dans l’Evangile, où on trouve une proposition de vie en harmonie avec soi-même, avec la nature et avec Dieu. 

Cette crise c’est aussi un Kairos, ce qui signifie la Chance, pour la société moderne marquée par Chronos (le matérialisme) qui cherche un solide point de repère afin de construire un bon avenir. Kairos, c’est aussi la chance pour l’Eglise de semer de bons grains pour transformer la société de consommation en société « Fratelli Tutti » (tous frères). Kairos, c’est enfin la chance pour ceux qui sont appelés à devenir prêtres de soigner dans l’« Hôpital de campagne » tous les blessés quelles que soient leurs blessures en étant des Bons Bergers de l’Evangile. 

La vocation, ma vocation

Par Anne-marie colandrea | Photo : DR

Qu’est-ce qu’une vocation ? C’est une parole avec une certaine densité dans l’expérience commune de la vie : de la conception personnelle d’une destinée à l’intimité de la vie spirituelle. Il est commun de comprendre la vocation comme une fin en soi : avoir trouvé une position sociale, professionnelle, un engagement. Les expressions « avoir la vocation ou pas » ou exercer un métier par « vocation » font partie du langage. Le terme lui-même de « vocation » se comprend comme un « appel » ou une inclination intérieure.   

Ce qui m’intéresse dans ce mouvement de la vocation, c’est la relation qu’elle implique. L’appel n’est-il pas le signe d’une relation ? Il y a la personne qui appelle et celle qui entend et répond. Le baptême en soi est une vocation, un appel, une promesse qui devient une vie, qui marque ce que je suis. Le Christ appelle – murmure, suggère, invite – il y a une rencontre unique entre Lui et moi qui embrasse tout ce que je suis, telle que je suis en toute liberté. Ce qu’il y a d’unique, c’est que Lui sonde mon cœur et m’offre l’occasion de vivre au centuple, au-delà même de ce que je peux projeter, au-delà même d’une forme de réponse escomptée.

La naissance offerte par nos parents est aussi un appel, un appel à la vie. Le baptême reçu est un appel du Seigneur à devenir son enfant, et frère et sœur en Eglise ; tel un appel à une double filiation. Tout est donné dans un élan d’amour. Personnellement, ma vocation est signée de visages et d’évènements qui m’ont accompagnée et m’accompagnent tout au long de mon chemin. Elle a pris un état de vie spécifique que j’ai reconnu comme étant celui que j’attendais, elle m’a offert une compagnie vocationnelle, une Fraternité, une demeure. La passion pour le Christ m’a conduite à reconnaître sa passion pour moi. Elle me donne d’être moi-même et de m’ouvrir à l’autre, dans le respect de mon tempérament et de ma liberté, de mon rythme, en faisant croître mes talents et mon affection, me rendant consciente de mes limites et vulnérabilités, de mes maladresses et incohérences. Ma vie s’accomplit à vos côtés : ma famille et mes amies et amis, mes collègues, celles et ceux de rencontres circonstancielles et ponctuelles. Alors MERCI à vous toutes et tous !

Vocation de baptisés de Lise Hudson-Bonin (Prions en Eglise)

Prière proposée par Jérôme Hauswirth | Photo : Flickr

Seigneur, notre vocation de baptisés est de laisser transparaître dans nos vies ton visage d’amour et de lumière.

Béni sois-tu pour toutes les personnes qui l’ont compris :
celles qui donnent leur vie au service de l’Evangile et répandent ta joie et ton pardon ;
celles qui consolent et soutiennent les gens tristes et affligés ;
celles qui prônent le respect, la tolérance et la justice.

Béni sois-tu pour ces bergers et ces bergères selon ton cœur !

Tu nous appelles tous et toutes, Seigneur, à révéler ton amour pour toutes les personnes.

Dans le sacerdoce ou la vie consacrée ? Dans le mariage ou le célibat ?

Que ton Esprit nous aide à discerner ton appel et à répondre avec confiance et générosité.

Que par notre façon d’être et de vivre dans nos familles, au travail, dans nos communautés, nous donnions le goût de te connaître.

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