Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : abbé Valentin Roduit
Le mois de mai est un mois de transition : il se situe entre la fête de Pâques qui a lieu ordinairement en avril et le mois de juin qui « sent » déjà la fin de l’année scolaire et l’approche des grandes vacances.
Du point de vue paroissial, c’est aussi le mois des messes des premières communions solennelles. Nous vous en parlerons dans le numéro qui paraîtra en juin.
Traditionnellement on appelle encore le mois de mai le mois de Marie : la piété populaire aime ainsi orner les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame par des bouquets de fleurs qui fleurissent justement à cette époque de l’année. C’est en ce sens que la première page de ce magazine présente une photo de Marie avec l’Enfant-Jésus.
C’est durant le mois de mai que nous fêtons en outre l’Ascension. Anciennement, durant les trois jours qui précèdent le jeudi de l’Ascension, avaient lieu ce qu’on appelle les Rogations. Pour plus de précisions vous pouvez vous reporter à la page 7 de ce magazine.
En ce numéro de L’Essentiel, vous pourrez découvrir entre autres (en page 6) l’annonce du Théocamp pour jeunes à Revereulaz (du 12 au 15 août), ainsi que du pèlerinage projeté à Rome en automne (du 23 au 27 octobre). Vous pourrez faire mieux connaissance avec la communauté des spiritains résidant à la cure de Vouvry avec le Père Joseph ou avec Arnaud (pages 14-15). En ce magazine nous vous parlons encore de ces messes qui ont voulu rassembler les familles des baptisés durant la fête de Pâques de l’année passée sur Collombey et sur Muraz (page 10) ou encore du groupe de sacristains et de fleuristes de l’église de Muraz (page 11). Nous ne voulons pas oublier non plus nos aînés, avec l’interview d’une centenaire (en page 9).
Bref, avec toute l’équipe de rédaction de ce magazine, je vous souhaite une bonne lecture ainsi qu’un mois de mai béni !
Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photo : cath.ch
Chère Lectrice, cher Lecteur,
« Tout est accompli ». Ces paroles sont les dernières de Jésus, en croix, dans l’évangile de Jean (Jn 19, 30). Les prochaines seront celles du Ressuscité, méconnaissable, et s’adresseront à Marie de Magdala : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » (Jn 20, 15).
Le désir de notre cœur serait de sauter hâtivement de l’une à l’autre, de l’effroi et du déchirement de la croix au réconfort de la présence du Christ.
Pourtant, c’est bien la croix, le symbole de notre foi. Celle qui, peut-être, orne une porte de notre foyer. Celle qui scintille à notre cou en un bijou précieux reçu pour une occasion spécifique. Celle que nous signons sur notre corps à l’entrée d’une église, notamment, et lors des célébrations en communauté, d’un seul cœur. Celle des sommets de nos clochers et de nos montagnes. Celle qui déplace notre regard et souvent nous fait lever les yeux.
C’est pour cette raison que, il y a de nombreuses années, lors d’une retraite dans l’abbaye cistercienne de Hauterive et devant de petites aquarelles d’un moine souhaitant rester anonyme, je choisis entre une superbe Annonciation et un Christ en croix cette dernière. J’acquière ainsi mon premier tableau : un carré de 18 cm au cadre doré et vieilli apportant une douce lumière à ce Jésus crucifié. Corps et croix bleus sur fond ocre, stigmates bordeaux, halo tenu entourant le frêle corps et un visage « ouvert » sur le support de papier granuleux que j’interprète, malgré une tête inclinée, comme une représentation d’un Christ glorieux, ressuscité, qui élève mon regard.
« Tout est accompli ». Vraiment ?
Cette parole, qui m’accompagne de longue date, vient me déranger bien souvent tant ma vie et le monde m’apportent maintes occasions de vérifier que tout n’est guère achevé et que le salut est ô combien nécessaire. Si parfois je l’oublie, prise dans un quotidien effréné, ce tableau réactive mon questionnement. Certes, « tout est accompli » du point de vue de l’Ecriture (Jn 19, 28), pourtant la portée des paroles du Christ, déjà opérantes est encore à venir. Et c’est là le terreau de notre confiance et espérance : par son incarnation, sa mort et sa résurrection, le Seigneur nous rend participatifs du salut de nos vies et du monde. Il nous offre l’Esprit Saint (Jn 20, 22), que nous célébrerons tout particulièrement le 28 mai prochain lors de la fête de la Pentecôte.
« Tout est accompli ». Du Vendredi saint à la Pentecôte, que ce temps pascal nous fortifie dans l’assurance d’un Seigneur présent dans notre quotidien, quelles que soient les situations que nous expérimentons, au cœur de nos vies, nous offrant son Esprit pour être au monde selon son exemple.
« Ils sont finis, les jours de la passion ; suivez maintenant les pas du Ressuscité. » C’est par cette bénédiction solennelle que se sont terminées les Montées vers Pâques. Pour le Triduum pascal, des enfants, des jeunes et des familles se sont rassemblés avec leurs pairs pour méditer, prier et vivre ensemble les derniers jours de la Vie de Jésus, son passage de la mort à la Résurrection. Une expérience spirituelle et communautaire forte dont nous vous proposons quelques souvenirs en images.
Par Céline Sallin et Sandrine Mayoraz | Photos : Sandra Aellen, Aloïs Morel, Florian Thomi, Céline Sallin
Une douzaine de jeunes encadrés par des animateurs ont vécu un camp de trois jours sous le thème « PacTe » au monastère. Ils adressent un remerciement particulier aux sœurs Bernardines qui les ont accueillis une nouvelle fois dans leur maison. Une quarantaine d’enfants en âge primaire ont participé aux activités catéchétiques en paroisse à Monthey.
Nous saluons l’engagement des différents animateurs et catéchistes et nous les remercions. Avec leur disponibilité, leur enthousiasme contagieux, ils sont des témoins de la joie chrétienne auprès de ceux qui leur sont confiés.
Et comme beaucoup de participants attendent la prochaine édition avec impatience, voici les dates à noter dans votre agenda 2024 : du 28 au 31 mars !
« Merci pour les magnifiques messes de ces derniers jours et pour l’organisation des Montées vers Pâques pour Rosanna et Giulia. Nous avons, tous les quatre, passé des moments spirituels uniques » écrit leur maman, au soir de Pâques.
« J’ai adoré jouer dans les scènes mises en place pour représenter des passages de la Bible. J’ai été garde du tombeau. » Floris 11 ans
« J’ai tout aimé pendant la Montée vers Pâques en vrai. Si je réfléchis un peu mieux ce qui a été le plus fort c’était de me confesser le samedi, ça m’a fait du bien. Cette année, j’ai dit à une amie de m’accompagner, je crois qu’on reviendra l’année prochaine. » Mafalda, 13 ans
« Les enfants ont joué dans la neige tout en apprenant les valeurs de notre foi. Des papas sont partis en randonnée pour être encore plus proches de la beauté de la création. Les mamans ont pu profiter du « Stamm parents » pendant la sieste des petits pour échanger autour d’un café. Cette Montée vers Pâques a rempli tout le monde de joie. » Un papa au Simplon
Par Simone Buisson
Trois familles du Chablais se sont mises en route pour rejoindre une vingtaine de familles là-haut sur la montagne, à l’hospice du Simplon. Un lieu à lui tout seul qui inspire à la communion, au partage et à la prière. Accompagnées de la Pastorale des familles, des chanoines du Grand-Saint-Bernard et de l’évêque Jean-Marie, nos familles ont pu vivre le Triduum pascal au rythme de chacun. Trois jours animés par des ateliers de bricolage, de discussions, de chants, de préparations des célébrations.
Notre évêque Jean-Marie a béni et offert une bougie à chaque Montée Vers Pâques, en signe d’unité et de communion.
Ensemble, les enfants reconstituent le chemin de croix de Jésus.
Vendredi midi, on déguste les délicieuses soupes de Carême préparées par les confirmands.
Au matin de la Résurrection, les enfants ont apporté une nappe d’autel festive lors de la messe de Pâques.
Répétition de chants en vue des laudes du lendemain avec les sœurs Bernardines.
Huitième station du chemin de croix : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent sur lui.
Trois familles du Chablais au Simplon.
Textes de la veillée : sous le soleil du samedi, nous évoquons les textes de la veillée pascale avec l’abbé Valentin comme berger.
Les « grands Kids » ont rejoint les jeunes pour la messe.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, religieux et laïcs de 8 pays se réunissent pour travailler en réseau à la protection des enfants.Ils créent, en 1948, le Bureau international Catholique de l’Enfance (BICE). Il œuvre aujourd’hui à promouvoir et défendre la dignité de chaque enfant, en tant qu’être humain à part entière et sujet de droits.
Par Myriam Bettens | Photo : BICE
L’association, reconnue par le Saint-Siège, œuvre en faveur des enfants en situation de vulnérabilité. Le Bureau international Catholique de l’Enfance (BICE) effectue un travail de recherche, de mise en réseau, de formation, de plaidoyer auprès de l’ONU pour influencer les politiques publiques et met en place des projets de terrain. Alors que l’Assemblée générale des Nations unies adopte en décembre 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme, un groupe de religieux et de laïcs de 8 pays s’unissent pour que le droit des enfants ne soit pas oublié. Ces derniers ne seront entérinés qu’en 1959 par la Déclaration des droits de l’enfant. Le BICE participe activement à l’élaboration de ce texte constituant le socle de ce qui deviendra en 1989 la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).
La CIDE a été signée par 196 Etats, et ratifiée par 195 (à l’exception des Etats-Unis). Un grand nombre de pays possèdent aujourd’hui un code de l’enfant dans leur législation nationale et se sont également dotés d’un défenseur des droits de l’enfant. Bien que les Droits de l’enfant progressent dans le monde, sur le terrain, l’application de ces réglementations n’est pas toujours chose aisée. C’est pourquoi, outre son engagement auprès des instances internationales, le BICE poursuit ses actions de terrain au niveau local pour garantir à tous les enfants le droit à grandir dans la dignité.
Les enfants invisibles
« Soglo a été privée d’école pendant près d’un an. Un an à tourner en rond, livrée à elle-même, ou à aider ses parents dans leurs activités professionnelles. La raison de cette exclusion du système scolaire ? Elle n’a pas été enregistrée à l’état civil à sa naissance ». Sans cette formalité administrative, pas d’existence légale et impossible de continuer les études au-delà d’une scolarisation de base.
Dans la région rurale du sud-est du Togo, cette réalité n’est pas rare. Beaucoup de parents n’ont eux-mêmes pas été scolarisés et ne comprennent pas l’importance d’un acte de naissance. De plus, avant janvier 2022, le coût de cette formalité représentait un frein pour nombre de familles. Le BICE a soutenu entre septembre 2020 et février 2022 le projet d’un de ses partenaires locaux afin d’aider ces enfants dits invisibles à recouvrer leurs droits.
D’une part, en prenant en charge sur le plan administratif et financier les démarches à réaliser auprès du tribunal puis de la mairie pour obtenir un jugement supplétif d’acte de naissance, afin de les remettre à des enfants jusqu’alors « invisibles », leur permettant notamment de continuer l’école. D’autre part, en menant des actions de sensibilisation auprès des habitants et des chefs communautaires, car la fraude à l’état civil est un autre problème récurrent.
En effet, certains agents enregistrent les naissances hors délai ou fournissent de faux actes de naissance en échange d’un pot-de-vin. Les parents se retrouvent doublement lésés : ils perdent le peu d’économies qu’ils possèdent en pensant régler le problème et reçoivent en échange un acte qui n’a aucune valeur légale. L’équipe de l’association togolaise sillonne ainsi la campagne pour informer le plus grand nombre que l’inscription à l’Etat civil est désormais gratuite quarante-cinq jours après la naissance et pour redonner aux enfants concernés un jugement supplétif d’acte de naissance. Un soulagement, mais surtout une joie pour ces enfants privés d’identité.
Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : Bernard Fournier
Sous l’impulsion du curé, l’abbé Jérôme Hauswirth, un prochain pèlerinage à Rome est organisé pour l’automne 2023. Y sont invités tout d’abord les paroissiens de Monthey, de Choëx, de Collombey et de Muraz (avec une prise en charge spéciale des jeunes). Et puis, dans la limite des places disponibles (deux cars de 80 places chacun ont été réservés), d’autres personnes peuvent s’y inscrire également.
Différentes visites sont prévues : la Basilique du Vatican, l’Audience avec le Pape sur la place Saint-Pierre, la Chapelle Sixtine, la Maison de la Garde suisse pontificale, la Basilique du Latran… ou encore : le Forum romain, le Colisée, la Piazza Navona, le Trastevere…
Le prix se monte à Fr. 550.– tout compris. Les bénévoles des paroisses ont droit à une réduction.
Qu’est-ce que l’octave de Pâques ? Comme dans l’Eglise on aime bien faire la fête, un seul jour pour commémorer l’inouï de la Résurrection du Seigneur est bien trop peu. On prolonge ainsi la fête toute la semaine, appelée « octave », après le dimanche de Pâques et on continue de porter les habits liturgiques blancs durant les 50 jours du Temps pascal jusqu’à la Pentecôte.
par Pascal Ortelli
Humour
Deux grands-mères parlaient ensemble de leurs petits-enfants.
L’une dit : – Chaque année, j’envoie à chacun de mes petits-enfants une carte avec un généreux chèque dedans. Pourtant, je n’entends plus parler d’eux, pas même un merci ou une visite.
L’autre dit : – Je fais la même chose que toi, mais dès la semaine suivante, ils viennent tous me rendre visite et me remercier. – Vraiment ? dit la première, comment c’est possible, comment fais-tu ? – Quand je leur envoie le chèque, je ne le signe pas !
Joséphine Bakhita est injustement méconnue. Saisie par son portrait et une note biographique dans une église de Touraine, Véronique Olmi se lance dans des recherches au résultat plutôt maigre. Injustice à réparer, se dit-elle, face à cette destinée hors normes. Son roman, moult fois primé, raconte l’incroyable odyssée d’une femme ayant survécu à tout.
Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR
Couverture du livre de Véronique Olmi.
Son temps d’écriture ne fut pas solitaire car la romancière, se disant pleine, envahie par ce sujet, en parlait beaucoup tant il est impossible de garder pour soi les émotions suscitées par cette trajectoire. Arrachée à sept ans à son village du Darfour par des marchands d’esclaves à la fin du XIXe siècle, la fillette endurera tant de souffrances qu’elle en oubliera jusqu’à son nom.
« Je ne lâche pas ta main. » – Tout n’est plus que désolation à Olgassa, village de la tribu nubienne des Dadjo : corps mutilés, animaux errants, oiseaux muets, cases défoncées. Dans une précédente « razzia », Kishmet, l’aînée de Bakhita, avait été enlevée. A nouveau, les villageois n’ont rien pu faire. « Contre les fusils et la poudre, leurs flèches et leurs arcs n’ont servi qu’à signaler leur présence impuissante. » Commence alors une vie d’esclave faite d’humiliations et de violences durant laquelle la fillette rencontre Binah, enfant martyre elle aussi, avec qui elle tente de fuir sans succès. Les fillettes ont une devise, « je ne lâche pas ta main », mais Binah ne sera pas sauvée. Vendue et revendue par des marchands d’esclaves qui la baptise « Bakhita », traduction – quelle ironie – de « la chanceuse », l’enfant d’Olgassa marchera des centaines de kilomètres sous un soleil de plomb, enchaînée, fouettée, affamée. Elle appartiendra notamment à un riche arabe et à un général turc sans jamais revoir ni sa sœur ni Binah.
Arrive une trêve – Le Consul d’Italie à Khartoum, Calisto Lignani, est son premier « sauveur ». Elle a 14 ans. Il fait son acquisition, lui donne le prénom de Joséphine et la traite plus humainement. Dans sa maison, elle ne vit plus nue, peut se laver, se nourrir. Suite à un conflit colonial, le Signore doit quitter le pays et, à Gênes, il la transfère à la famille Michieli, propriétaire d’un hôtel à Suakin au Soudan. Bientôt, la présence de Madame Michieli est requise dans l’établissement. Elle confie alors sa fille Alice et Bakhita aux sœurs canossiennes de Venise. Au retour de sa maîtresse, elle refuse de quitter l’Institut des catéchistes. L’affaire est tranchée par un tribunal et, en 1889, le procureur accorde la liberté de choix à Bakhita car l’esclavage est illégal en Italie. La jeune femme a alors 20 ans. Elle est baptisée en 1890 par l’Archevêque de Venise et prononce ses vœux en 1896 à Vérone.
Le « miracle » de Schio – Déplacée sur Schio, province de Vicence, elle s’occupe de l’intendance, des bonnes œuvres et prépare les sœurs en partance pour le continent noir. En Italie, où sa couleur, par ignorance, fait souvent peur, tout n’est pas si simple mais Bakhita est une âme forte malgré les tourments de la nuit qui la ramènent à ses souffrances d’enfant dont elle taira la plupart. Surnommée « la Madre Moretta » ou « la Petite Mère Noire » (les enfants lui jetaient de l’eau pour voir si la couleur partait…), elle écrit son histoire, encouragée par sa supérieure. Durant la deuxième Guerre Mondiale, alors que les bombes pleuvent sur Schio, l’histoire retiendra que la ville s’en est bien tirée grâce, pense-t-on, à la Madre Moretta, considérée désormais comme sa protectrice. Lorsque le ciel terrorisait les enfants, elle les rassurait avec une petite histoire « et les enfants regardaient sans répondre cette vieille dame ridée, tordue et noire, qui avait l’air si pauvre et si puissante ».
Ladite vieille dame décède suite à une longue maladie à l’âge supposé de 78 ans en 1947. Béatifiée en 1992, elle est canonisée par Jean-Paul II en 2000. Il semblerait que Benoît XVI avait une affection profonde pour cette fille d’Afrique à l’humanité préservée.
Une rencontre privilégiée – La biographie de Véronique Olmi est une longue lecture. Pourtant, il est difficile de la lâcher car on ne veut pas abandonner Bakhita. On aimerait aussi qu’elle ait retrouvé son prénom. Lisez l’histoire de Bakhita car, à coup sûr, il demeurera quelque chose d’elle en vous. La biographe, à qui on demandait une raison de lire son ouvrage, répondit : « Bakhita est une personne qui ne s’oublie pas. Lire son histoire, même romancée, c’est la rencontrer et la rencontrer est un privilège1. »
Au matin de Pâques la joie remplace la peur et la tristesse du Vendredi saint. Tout comme la nature qui renaît après avoir vécu l’hiver, la Vie gagne sur la Mort ! Youpi ! Alléluia ! Christ est ressuscité ! Il est vivant, comme il l’avait promis.
Le pape François dans son encyclique « la Joie de l’Evangile » nous avertit : « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. » Alors que toute notre joie d’être chrétien prend sa source en la résurrection du Christ ! Imaginez une seule seconde que l’histoire se termine le Vendredi saint, au mont Golgotha. Jésus aurait été pour nous un héros, un martyr et c’est tout. Mais il est tellement plus que cela : il est ressuscité ! Il nous l’avait annoncé !
Gardons au cœur la gratitude de se savoir sauvés par la mort et la résurrection de Jésus, et partageons cette joie autour de nous ! Célébrons la joie de Pâques et, à la suite du Christ, partons en mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » (Jn 19, 21) Cette joie doit être annoncée et proclamée.
Alors après l’avoir célébrée en famille, à la messe du dimanche de Pâques, décorez vos maisons, rassemblez-vous autour d’un bon repas, dansez, chantez, poussez des cris de joie ; louez Dieu !
Mgr Morerod constate, en examinant la vie des saints, qu’ils ont presque tous eu « des nuits de la foi ».
Lorsqu’il n’y a plus que le vide dans notre existence comme dans le tombeau du matin de Pâques, nous touchons peut-être là le vrai mystère de la Résurrection…celui d’une présence qui pourtant soutient encore et fait avancer. Avec l’humour qui le caractérise, Mgr Charles Morerod nous parle de l’espérance radicale que porte Pâques.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
En tant que croyant, que représente Pâques pour vous ? En tant qu’évêque, je suis aussi croyant (rires). C’est la Résurrection du Christ… qui implique également la nôtre. Il n’est pas venu ni n’est mort pour Lui-même, mais pour que nous puissions vivre et soyons avec Lui éternellement. Cela parce qu’Il nous aime.
Comment, entre un papa protestant et une maman catholique, se vivaient les fêtes de Pâques de votre enfance ? Nous n’y mettions pas tellement l’accent. A vrai dire, je n’en ai pas de souvenir particulier. J’allais certainement à la messe le jour de Pâques, mais comme avant d’avoir vingt ans, j’ignorais que la Semaine sainte existait, cela me paraissait un dimanche comme les autres. Si ce n’est que je savais que c’était Pâques.
Nous savons ce que Pâques signifie. Or, la vie comporte aussi son lot de « petites Pâques », entendez par là de « petites morts et de résurrections ». Quelle serait une des Pâques de votre vie ? Oh… j’espère qu’il y en a plus d’une ! Je reste marqué par ce que je pourrais qualifier de petit Vendredi saint. Je marchais sur un trottoir à Fribourg et j’ai vu que celui-ci se terminait. Je m’apprêtais à en descendre et assez curieusement je me suis dit : « Non pas maintenant. » Une fraction de seconde après, une grosse moto a passé à toute vitesse à côté de moi. Là, j’ai pensé : « Tiens, ma vie continue. »
Et de petites Pâques en tant que telles ? Vu que c’était une non-mort, on peut la comprendre comme une forme de résurrection… L’expérience d’avoir accepté ma vocation, ça m’a obligé à vivre autrement. J’ai vraiment eu l’impression d’une irruption de Dieu dans ma vie… mais pas de manière telle que j’aurais dû commencer par être « à peu près mort » (rires). J’observe aussi des Pâques chez d’autres. Des personnes dont la vie reprend. Cela arrive par exemple lorsque les gens se confessent. Tout d’un coup, un poids se lève de leurs épaules et c’est très frappant.
En bonne protestante, je ne vais pas très régulièrement me confesser… Vous le regretterez, certainement plus tard, (ndlr. Mgr Morerod est pris d’un fou rire communicatif). En attendant, profitez bien de la vie ! (rires)
Le tombeau vide du matin de Pâques peut aussi représenter, pour le croyant, cette tension entre présence et absence de Dieu… Oui, absolument. Il y a des moments où on s’interroge et c’est normal dans le dialogue avec Dieu de lui dire : « Tu respectes notre liberté, c’est très bien, mais est-ce que Tu ne pourrais pas, parfois, la respecter un peu moins ? » (sourires)
Lorsqu’on Le laisse causer, est-Il plus bavard ? Pas nécessairement. On voit dans la vie des saints qu’ils ont presque tous eu « des nuits de la foi ». Ces périodes parfois très longues marquées par l’impression que Dieu n’existe pas ou en tout cas n’est pas là. Ils interprètent ce silence en termes de : « Il veut voir si c’est Lui que nous aimons ou seulement ce qu’Il nous donne. »
Beaucoup de croyants préféreraient éliminer le Vendredi saint et ne voir que le côté festif et heureux de la Résurrection. D’ailleurs, dans plusieurs cantons, ce n’est pas un jour férié… Oui, mais ce n’est pas l’Evangile. Il y a aussi des Vendredis saints dans l’existence humaine. Alors, une foi dont on aurait éliminé le Vendredi saint, qu’est-ce qu’elle a à dire à des gens qui se trouvent eux-mêmes dans ce Vendredi saint ? La foi donne une espérance radicale, même si on ne voit pas toujours très bien où on va. Si l’on croit que Dieu est présent, cela change la donne et ça, c’est aussi une expérience de Pâques. Cela ne veut pas dire qu’être croyant rend la vie facile.
Après la contemplation du Christ crucifié de Boular présenté récemment dans nos colonnes, approchons-nous du maître-autel, de style baroque de la fin du XVIIe siècle.
Marcel Comby avec Fabienne Seydoux | Photos : DR
Il présentait à l’origine un aspect principalement bicolore : noir et gris, pour imiter vraisemblablement la pierre de Saint-Triphon (matériau utilisé pour les portails) avec d’importantes parties dorées. Son aspect actuel date de 1931, lorsque le retable a été entièrement repeint.
En raison de sa dimension et de sa richesse décorative, il attire spontanément le regard du visiteur qui entre dans cette église. Il est constitué de trois éléments de mobilier. D’abord l’autel principal (on le dit « principal » par opposition aux deux autels latéraux qui se trouvent de part et d’autre du chœur). Deuxième élément juste au-dessus, le tabernacle se présente comme une petite armoire où sont conservées les hosties consacrées. Une petite lumière rouge brille en permanence, elle indique la présence du Christ dans le « Pain de Vie ». Le tabernacle est couronné par la représentation du Christ comme Agneau vainqueur, qui porte les emblèmes de sa victoire sur la mort. Troisième élément, le retable. Il s’agit d’une méditation sur le mystère du Christ. Nous voyons au centre le tableau de la Visitation du peintre biennois Théophile Robert (1879-1954) qui, en 1933, a remplacé celui peint vers 1680-1690. Il évoque la très belle scène de la « Visitation » que nous rapporte l’Evangile selon saint Luc : Marie, enceinte de Jésus, rend visite à sa vieille cousine Elisabeth, enceinte elle aussi, de Jean le Baptiste. Elisabeth salue en Marie, la « Mère de son Seigneur ».
Il est bon de se souvenir que cette église a de tout temps été dédiée à la Vierge Marie. D’abord, elle s’appelait Sainte Marie d’Octodure, puis en 1420, Notre-Dame-des-Champs, en référence à la modeste agglomération rurale qui l’entourait à l’époque, et ce, jusqu’en 1575, où elle prit définitivement le nom de « Notre-Dame de la Visitation ».
De part et d’autre du maître-autel, se trouvent deux statues. D’un côté, Charlemagne, qui en raison d’une légende aurait confié le comté du Valais au premier évêque du Valais, saint Théodule ; mais en réalité Charlemagne a vécu bien après Théodule et cette légende a perduré pendant des siècles pour renforcer la légitimité de la donation du comté du Valais à l’évêché.
De l’autre, saint Maurice, en référence à saint Théodule, premier évêque du lieu, dans les années 380 parce qu’il a beaucoup fait pour développer le culte de saint Maurice.
Dans sa partie supérieure, le maître-autel représente les trois personnes de la Trinité. Immédiatement, au-dessus du tableau central, le Fils enfant porte une sphère qui symbolise le monde qu’il bénit. Au-dessus de lui, la colombe symbolise l’Esprit Saint et tout en haut, Dieu le Père avec sa coiffe triangulaire.
Dernière pièce remarquable l’antependium. Pour vous la présenter, voici un article du bulletin paroissial d’août 1934 : « Le 8 juillet, jour de la fête paroissiale, les paroissiens ont eu la joie de constater que l’église s’est enrichie d’un magnifique antependium, c’est-à-dire, devant d’autel, œuvre d’art et de patience due au dessin d’un paroissien, M. André Closuit, artiste de talent, et aux mains expertes de sa sœur, Mlle Laurence Closuit. Cette broderie, remarquable par la richesse et l’harmonie des tons et la finesse de l’exécution, parachève heureusement la splendeur du maître-autel. »
Hey les enfants. Que faites-vous à Pâques ? Il y a un super programme pour le début de tes vacances de Pâques. On te propose de participer à la première Montée vers Pâques Kids à Monthey. Trois jours avec les copains et Jésus. Ça te dit ?
Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR
La Montée vers Pâques (MvP) ce sont les trois jours qui précèdent la fête de Pâques. L’Eglise commémore les derniers jours de la vie de Jésus et sa Résurrection. C’est une traversée de la mort à la Vie.
La particularité de la MvP Kids c’est qu’elle rassemble des enfants pour suivre Jésus tous ensemble. Jour après jour, on découvre les événements de la vie de Jésus avec des activités et des célébrations adaptées à leur âge, en alternant bien évidemment avec des moments ludiques et conviviaux. On chante, on joue, on prie, on goûte, on écoute des histoires de la Bible, on partage, on bricole.
A la MvP, on relit l’histoire de la vie de Jésus et on la relie avec notre propre vie. Dans ces événements si intenses, Dieu a un message pour chacun, aujourd’hui.
Pour qui ? Pour les enfants de 3H à 8H. Et quel défi d’avoir une activité avec des enfants de tout âge ! Ça promet d’être animé 😃. Tant mieux, car l’équipe d’animation est bien motivée. On est convaincu qu’ensemble, c’est toujours plus dynamique et qu’on a tous à apprendre des uns et des autres. Pour partager sa foi, il n’y a pas d’âge.
Et enfin, un aperçu du programme(du Jeudi saint 6 avril au Dimanche de Pâques 9 avril).
Les quatre jours forment une unité. En cas d’empêchement c’est possible de s’inscrire pour l’un ou l’autre jour seulement.
Jeudi de 16h30 à 19h Pour notre premier soir ensemble, on goûte, on joue, on fait connaissance. On commence avec le dernier repas de Jésus avec ses disciples.
Vendredi de 9h à 16h C’est le jour de la mort de Jésus… On prépare et anime le chemin de croix.
Samedi de 9h à 12h C’est l’attente… Pour patienter, on va entre autres décorer des œufs et apprendre plein de choses sur les symboles de la Résurrection.
Samedi soir de 18h à 23h En bonus, pour les plus grands (7H et 8H), on passe la soirée ensemble et nous célébrons la Résurrection de Jésus à la Veillée pascale. On rejoint pour cette messe les paroissiens de Monthey ainsi que les jeunes.
Dimanche de 9h à 12h C’est la joie de Pâques qui éclate ! Nous nous rassemblons avec les familles pour un déjeuner festif, une chasse aux œufs et la belle messe de Pâques où nous chantons « Alléluia, Jésus est Vivant » !
Nous nous réjouissons de partager cette première édition avec tous les enfants qui oseront tenter l’aventure ! Bienvenue.
Parmi les œuvres extraordinaires de la Collégiale de Romont se trouve un décor peint du XVIIe siècle. Il représente une descente de croix qui nous invite à méditer cet « entre temps » entre la mort et la Résurrection.
La composition de l’œuvre épouse l’architecture. Le mouvement nous entraîne dans la partie haute, sous l’arc brisé, en passant de l’obscurité à la lumière.
Dans les parties basses, les anges portent les instruments du supplice, ou Arma Christi. A la droite du visiteur, les clous et la lance (Jean 19, 23. 34). A la gauche du visiteur, la colonne sur laquelle Jésus a été attaché et le fouet (Jean 19, 1). Ces objets mettent en évidence deux temps de la Passion : d’un côté la mort et de l’autre les outrages survenus pendant les étapes du procès.
Le second registre fait place à de nombreux personnages. Tout à droite, sainte Véronique présente le Voile de la Sainte-Face. Elle fait le lien entre la condamnation et la crucifixion. En effet, si l’épisode n’est pas attesté dans la Bible, la tradition tient que Véronique a essuyé le visage du Christ alors qu’Il portait la croix.
Aux pieds de Jésus se trouve Marie-Madeleine. Sa chevelure est particulièrement soignée. Avec elle, plusieurs des femmes représentées tiennent des mouchoirs. Elles rappellent la parole du Seigneur : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. »(Luc 23, 28) Laissons-nous interroger par cette interpellation : quelles sont nos émotions devant la croix ? Sommes-nous à la place de Marie-Madeleine qui ne voit que le corps de celui qui n’est plus ? Sommes-nous comme le personnage tout à gauche (probablement le donateur) qui est certes à genoux, mais loin de la scène et loin de la lumière ? Ou sommes-nous comme Marie qui n’a pas peur de s’approcher de la réalité de la Passion. Elle porte le corps de son Fils, ne faisant pas l’économie de la mort. Mais, elle est dans la lumière.
Et là est peut-être l’apport le plus intéressant de l’œuvre. La partie la plus lumineuse est celle où se trouve la croix. L’obscurité qui a recouvert la terre (Matthieu 27, 45) se dissipe pour faire place à la Victoire. Une victoire déjà là et pas encore.
Après trois années perturbées, la soirée des bonnes nouvelles renaît. Le mercredi 8 février dernier, au rectorat de l’église du Bourg, une quarantaine de personnes se sont rencontrées et ont médité une parole de vie éditée par le Mouvement des Focolari: «Apprenez à faire le bien, recherchez la justice.»
Texte et photo par Florian Boisset
Dans notre marche quotidienne, nous avons toujours quelque chose à comprendre, à améliorer et nous pouvons recommencer en cas d’erreur. Pratiquer la justice nous aide à apprendre à faire le bien.
Dans un deuxième temps nous avons reçu le témoignage d’un responsable de l’institution « Terre des Hommes » qui, par son engagement, contribue à aider les enfants dans quarante pays dans le monde, à guérir de leur maladie. Terre des Hommes à Massongex accueille des enfants de ces pays pour un séjour de convalescence à la suite d’une opération chirurgicale dans notre pays.
Terre des Hommes est particulièrement active au Burkina Faso où la majorité des enfants souffrent de la faim ou de malnutrition. Un responsable local a écrit dans le Journal Courage ce témoignage : « Nous travaillons avec fierté à rendre leur dignité aux personnes déplacées. Lorsque nous prenons en charge un malade et que nous le retrouvons quelque temps après, il nous témoigne de la reconnaissance parce que nous l’avons aidé à aller mieux. Je tire une profonde satisfaction de notre engagement. »
La prochaine soirée des bonnes nouvelles aura lieu le 26 avril à 19h30 au rectorat de l’église du Bourg avec le thème « Contemplation et action ». Bienvenue à chacune et chacun !
Lors de la messe de la Veillée pascale (cette année c’est le Samedi saint au soir, 8 avril), la liturgie invite les fidèles à renouveler leurs promesses de baptême. En outre, depuis les premiers siècles de son histoire, l’Eglise y voit un moment privilégié pour conférer le baptême. C’est ainsi que nous avons voulu donner la parole à Noémie : en tant que catéchumène, elle se prépare à recevoir le baptême, le samedi de l’octave de Pâques, en l’église de Reveurelaz.
Propos recueillis par François-Xavier Mayoraz | Photo : Noémie
Qui es-tu ? Je m’appelle Noémie et je suis maman d’une adorable et magnifique princesse de quelques mois.
Pourquoi souhaites-tu être baptisée ? Je demande le baptême pour diverses raisons.
Je ressens un besoin de renouveau, un besoin d’appartenance, de sentir ma place au sein d’un groupe. Un besoin de me sentir aimée, peu importe mes choix de vie. Un besoin d’écoute sans que l’on puisse me juger. Le besoin d’un nouveau départ… Le baptême saura m’apporter tout cela.
Ta fille recevra le baptême au cours de la même célébration. Qu’est-ce que cela représente pour toi ? C’est pour moi un événement divin. Partager cet instant d’amour ensemble est magique. C’est justement un départ à nous. Une aventure dans laquelle nous sommes unies et où je pourrais l’accompagner, sans être dans l’ignorance.
Concrètement, comment se déroule le catéchuménat sur nos paroisses ?
Par F.-X. Mayoraz
« Les adultes qui demandent le baptême (et qu’on appelle des catéchumènes) participent à cinq soirées de préparation, au cours desquelles les différents mystères de la vie chrétienne sont abordés. Les jeunes se regroupent également entre eux avec des préparations plus adaptées. Les enfants ont une préparation moins dense, étant donné qu’ils s’inscrivent par la suite dans un cheminement sacramentel avec les préparations aux autres sacrements : pardon, communion et confirmation. »
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Vaudoise Malika Schaeffer.
Malika Schaeffer.
Par Malika Schaeffer Photos : cath.ch / Bernard Hallet, DR
Depuis près de deux ans, les catholiques du monde entier sont appelés par le pape François à vivre une démarche synodale, c’est-à-dire à cheminer ensemble (le mot « synode » vient du grec synodos signifiant « le chemin commun ») pour découvrir et discerner ce que Dieu attend de l’Eglise du IIIe millénaire. Un projet à la fois ambitieux, stimulant et porteur d’espérance dans une société dans laquelle les questions religieuses suscitent bien souvent des réactions contrastées.
Ce « chemin commun », j’ai eu la chance de l’expérimenter de manière concrète comme déléguée en ligne et en compagnie de dix autres délégués suisses dans un ancien couvent bénédictin à Wislikofen (AG) et dans le cadre de l’étape continentale du Synode. Cette étape a réuni à Prague, du 5 au 9 février dernier, 39 régions d’Europe, 150 participants (dont 3 Suisses !) et plus de 500 délégués en ligne pour échanger et débattre autour de l’avenir de l’Eglise.
Ce condensé d’expérience synodale s’est révélé être un apprentissage intense d’écoute et de décentrement. Derrière mon écran, je me suis en effet trouvée devant une Europe mosaïque, dans laquelle notre Eglise présente une grande diversité d’idées et de mentalités. Toutes vivent cependant une prise de conscience profonde et bouleversante de leurs fragilités, notamment celles liées aux abus.
En compagnie des autres participants, je vis chaque jour et en direct un déplacement salutaire, émouvant et parfois révoltant. L’Esprit Saint est invité et plane au centre des réflexions, car un consensus se dégage : il est nécessaire que l’Eglise reconnaisse rapidement la vocation et la dignité de tous les baptisés et de tous les charismes. Sans craindre de se briser, l’Eglise devra désormais avoir le courage de vivre avec une série de tensions nécessaires et inévitables dans notre monde sécularisé pour, telle une fine équilibriste, « être dans le monde sans être du monde ».
Dans le jardin de l’angoisse avec Lui, Il faut descendre dans la nuit, Avec Lui dans le silence, Dans le jardin des souffrances, Malgré le poids de la fatigue, Posons notre regard sur Lui, veillons et prions avec Lui.
Dans le jardin de l’angoisse avec Lui, Il faut descendre dans la nuit, S’agenouiller avec Lui, Dans le jardin des ténèbres et de l’aridité Il nous enseigne à faire la volonté, Du Père de Miséricorde, d’Amour et de Tendresse.
Dans le jardin de l’angoisse avec Lui, Il faut descendre dans la nuit, Pour accueillir la promesse du Salut Dans le jardin des larmes et du désarroi, Levons les yeux vers ses bras étendus sur le bois du supplice Pour entrer dans l’attente de l’Aube nouvelle.
Dans le jardin du matin nouveau, Il faut descendre à l’aurore, Pour attendre la Lumière sans déclin, Qui a vaincu toute mort, Dans le jardin de la joie Il nous attend pour nous donner sa Vie.
Dans le jardin du renouveau et de l’allégresse, Par cette aube nouvelle, Elevons nos cœurs et nos mains, Le Christ nous rejoint pour nous faire revivre. Dans le jardin de nos aujourd’hui, Portons la Lumière du Christ Ressuscité, Pour faire de chaque matin l’aube nouvelle du matin de Pâques.
Oui, la Lumière a vaincu les ténèbres Oui, la Vie a vaincu la mort Alléluia, Christ est Vivant.
Au cœur de la nuit, la Veillée pascale fête, honore, célèbre le passage de la mort à La Vie ! C’est une longue messe et pourtant si belle si nous la vivons intensément au rythme des quatre symboles, comme quatre étapes, comme quatre passages.
Par Sandrine Mayoraz
Ce que Dieu a fait pour l’Humanité cette nuit est… incommensurable, inimaginable, indicible. C’est un mystère. Tellement difficile à saisir pour notre esprit humain, que l’Eglise nous a donné quatre symboles pour nous aider à passer de la mort à la Vie.
Le feu
Dehors, tard, dans la nuit noire, les gens arrivent, s’amassent autour d’un feu. Le prêtre allume le Cierge pascal. La nuit n’est plus « nuit ». Fragile, la Lumière est là. Elle se transmet. Chacun allume sa bougie au grand Cierge Pascal, qui signifie que Jésus, le Christ est notre Lumière. Nous marchons à Sa Suite. Dieu nous fait passer de la nuit à la Lumière.
La Parole de Dieu
Nous ouvrons le grand livre de la Bible et prenons pied dans la famille de tous ceux à qui Dieu se révèle. C’est long… Elle raconte le passage du néant à la création, de l’esclavage à la liberté du peuple hébreu, les prophètes qui ont annoncé la venue du Messie. Au fil des pages, Dieu parle, Dieu agit, Dieu fait alliance, Dieu aime, Dieu sauve ! Accomplissement des Ecritures, Celui que nous avons cherché est ressuscité : « Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (Mt 28)
L’eau
Puis, vient le moment de faire le lien entre la Résurrection du Christ et notre propre baptême. Le prêtre nous asperge d’eau bénite pour que nous nous souvenions de notre baptême, de ce passage à une vie renouvelée avec Dieu. Ainsi, la Veillée pascale est la nuit privilégiée pour les baptêmes : cinq adultes de nos secteurs sont baptisés à la Cathédrale de Sion, tandis que deux adolescentes et dix enfants scolarisés seront baptisés dans nos paroisses.
L’eucharistie
Comme l’aboutissement de tout ce qui a précédé : nous rendons grâce au Père qui a ressuscité Jésus. Nous vivons le passage mystérieux du pain et du vin qui deviennent le Corps et le Sang de Jésus Christ. Il se donne à nous en nourriture pour qu’en le recevant nous vivions de Sa vie !
Ces quatre symboles sont des indicateurs de la grandeur de ce que Dieu Trinité a réalisé par Amour pour l’Humanité et pour chacun personnellement. Non seulement Dieu est Lumière mais il veut que nous soyons Lumière. Ce que Dieu a, il nous le donne, il nous l’offre par Amour. Sa Vie, Jésus nous l’a donnée pour que nous vivions de cette Vie en plénitude. Incroyable ? et pourtant véridique. Un mystère à contempler avec gratitude.
A tes crayons ! Colorie les quatre symboles de la Veillée pascale.
Cicéron montre que le terme religio (religion) vient de legere (« cueillir, ramasser ») ou encore religere (« recueillir, récolter »). Nature et religion sont donc liées et ne sont rien sans le vivant : les dernières recherches scientifiques sur les végétaux nous indiquent qu’ils possèdent un langage, une communication, qui en fait des êtres vivants à part entière faisant partie intégrante du monde religieux.
Quels sont les éléments principaux du langage des plantes ?
Les couleurs et les formes
Nous savons que les fleurs violettes ou bleues attirent plus facilement les abeilles, car celles-ci perçoivent très bien les couleurs dans cette partie du « spectre visible ». Les fleurs blanches en revanche sont plus visibles la nuit et attirent les papillons de nuit.
La chimie
Les plantes envoient et reçoivent des signaux souvent au moyen de composés organiques. Il s’agit d’informations destinées à les protéger, elles ou leurs congénères, ou à permettre leur reproduction. Dans le sol, les poils fins des racines des plantes peuvent par exemple reconnaître les signaux chimiques d’autres plantes. Les racines de certaines plantes cessent de croître dans la direction de leurs congénères. Des arbres et d’autres plantes vivent en symbiose avec les champignons : les champignons rendent les aliments difficilement disponibles dans le sol accessibles pour la plante, qui en retour produit dans ses feuilles des composés organiques qu’elle met à disposition des champignons comme nourriture via ses racines. Ce réseau relie même des plantes entre elles. Par exemple, les haricots peuvent avertir leurs congénères s’ils sont attaqués par des pucerons, via le réseau de racines et de filaments de champignons, afin que les haricots sains puissent produire aussi les substances de défense correspondantes.
Les sons
Les racines font des sons en émettant des bruits dans la fréquence des ultrasons. La question que se posent les scientifiques est de comprendre comment les autres végétaux peuvent capter ces signaux sonores. Une telle découverte nous permettra d’enrichir notre approche de la communication entre les êtres vivants en incluant les végétaux.
Retrouvons le dialogue avec les végétaux : les végétaux nous donnent une leçon d’humilité, nous rappelant que l’être humain n’est pas le sommet du monde vivant, mais une composante de la vie. Comme saint François d’Assise, nous disons : « Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur, notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »
Ayant notre origine en Dieu, nous les humains, nous avons – lors de toute notre vie – une faim de Lui. Notre nostalgie du Créateur ne peut être comblée que par Lui-même.
La résurrection du Christ, et en Lui la nôtre, est une preuve que Dieu ne s’est pas moqué de l’homme en le créant comme un être ayant faim de plénitude de la vie. La résurrection est une réponse définitive de Dieu à notre faim, à notre nostalgie de Lui. Là se trouve également une réponse à la question : qui est l’homme ?
Il est une merveille ! Il est unique, créé par Amour. Grâce à sa liberté, il peut entrer en relation avec son Créateur, mais il peut aussi gâcher sa vie, aller vers la mort. Chaque matin, nous recevons des nouvelles chances, de sanctifier ou détruire les instants de notre vie.
Croyant à la résurrection, nous croyons en nous-mêmes, créatures venant de l’Eternel, de l’Immortel. Chacun de nos pas, ainsi que nos œuvres, nos efforts, nos gestes et sourires reçoivent une valeur infinie.
Croyant à la résurrection, j’apaise ma faim de Dieu et je me dirige droit vers une communion définitive avec Lui.
Grâce à la résurrection du Christ, ma vie brille de la lumière de l’espérance : Mon Maitre m’assure que je vivrai à jamais, comme Lui, car je suis aimé !
Joyeuses et fructueuses fêtes de Pâques, chères paroissiennes et chers paroissiens !
Propos retranscrits par une maman (Isabel) | Photo : Nicolette Micheli
Avec Cay, Mats et Nola.
Depuis août 2022, Cay (une fille) et Mats (un garçon), des jumeaux d’une dizaine d’années, servent la messe dans les paroisses du Haut-Lac. On les rencontre aussi bien à Vionnaz qu’à Vouvry, au Bouveret qu’à Port-Valais. Leur maman les a interrogés. Ils nous parlent avec spontanéité et fraîcheur de leur récent engagement.
Pourquoi as-tu décidé de devenir servant.e de messe ? Cay : parce que je trouve que c’est plus intéressant de participer à la messe en haut des marches que de rester assise dans les bancs. Mats : j’ai toujours été curieux de regarder derrière les coulisses et j’ai voulu mieux comprendre ce qui se passe autour de la préparation d’une messe.
Est-ce que tu as eu des modèles chez tes amis ou dans ta famille ? C. : j’ai quelques cousins et cousines et mon parrain en Allemagne qui ont été servants de messe. Ma mère n’avait pas le droit de le faire à l’époque, les filles n’étaient pas admises dans les années 80. M. : mes deux grands-pères étaient déjà servants de messe et j’ai aussi des amis en Allemagne qui le sont.
Quel est le moment de la messe que tu préfères ? C. : j’aime bien la partie de la Sainte communion et la préparation qui précède. M. : j’aime beaucoup souhaiter la paix du Christ aux gens en passant dans les bancs.
Selon toi, que devrait-on changer dans la messe ? C. : la musique et les chants pourraient être un peu plus dynamiques et modernes. L’homélie est toujours difficile à suivre. Le message n’est parfois pas clair pour moi. M. : ce serait sympa de pouvoir participer encore plus pendant la messe. Parfois on est juste debout ou assis à ne rien faire.
Quels mots te viennent spontanément à l’esprit quand tu penses à « servant de messe » ? C. : l’hostie… et le chocolat à la fin. M. : les clochettes… et l’apéro à la fin.
Avec Lucas
Propos recueillis par Nicolette | Photo : Caroline Andenmatten
Avec Lucas (portant la croix) à droite de la photo.
« Suite à ma première communion, j’ai décidé de m’engager en tant que servant de messe à la paroisse du Haut-Lac. Cette expérience m’a permis de servir Dieu, d’apporter mon aide aux prêtres et de participer à des moments clés de la vie de la paroisse : comme la messe du 200e de l’église de Vouvry avec Mgr Lovey et la Fête-Dieu. J’ai participé à l’adoubement des servants de messe ou encore à la confirmation des plus jeunes. Chaque année, il y a la soupe de carême préparée par les enfants de chœur, la veillée du Jeudi saint. J’ai apprécié les rencontres avec les servants d’autres paroisses, le Théocamp à Revereulaz, les moments de partage ou de jeux avec les autres servants.
Lucas est un jeune ado. Il sert fidèlement la messe depuis plusieurs années à Vouvry. Il nous partage ses réflexions sur son riche parcours et aussi le plaisir qu’il a eu lors des rencontres avec des servants d’autres paroisses, lors des sorties annuelles et des camps d’été.
A l’occasion de cet article, je remercie toutes les personnes qui nous accompagnent durant l’année dans ces moments de partage et aussi les personnes qui m’ont fait grandir au cours de tous mes parcours : pardon, première communion et confirmation. »
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