PAR L’ ABBÉ LÉONARD BERTELLETTO, CURÉ
PHOTO: RAPHAEL DELALOYE
«Il n’est pas bon que l’homme soit seul» (Ge 2, 18) dit Dieu dans le premier des livres de la Bible, le livre de la Genèse. Selon saint Paul, l’apôtre est «mis à part» pour exercer sa mission. Comment concilier ces deux injonctions de l’Ecriture? L’Eglise latine a tranché depuis longtemps, imposant à ses ministres la loi du célibat sacerdotal. Le prêtre est un homme «seul». Ainsi le veut la Tradition. De plus, la communauté, les confrères, ne sont plus aussi porteurs qu’auparavant.
Souffre-t-il parfois de solitude ? Morale, affective ? Poser la question, c’est y répondre. Une disponibilité plus grande est sans conteste laissée à qui choisit cette façon de vivre. Il y a des prêtres qui ne comptent pas leur temps. Mais d’immenses difficultés surgiront dans l’existence de ces hommes seuls si l’équilibre n’est pas trouvé. L’histoire de l’Eglise est affligée d’incessants problèmes à ce propos, de scandales, même. Ces comportements déviants n’évangélisent personne.
Dans l’Eglise de Rome, on ne sait, on ne veut résoudre ces problèmes récurrents. On préfère que l’Eglise se meurt et se suicide petit à petit plutôt que de réformer ce qui doit l’être. Que restera-t-il de notre Eglise d’ici 20 ans ? J’imagine – mais qui suis-je pour me permettre un avis sur la question – l’existence d’un clergé marié, sur le modèle de celui qui anime les paroisses de l’Eglise d’Orient, ce qui n’empêcherait pas que des prêtres célibataires déploient leur charisme, dans le cadre de communautés fraternelles suivant une règle.
Vivons dans la sérénité et l’harmonie, quel que soit notre état de vie, en cultivant l’essentiel, notre foi en Jésus-Christ, dispensateur de vie et d’amour. Que celui-ci comble chacun !
Par vœu, par choix ou par nécessité, la solitude se vit comme une compagne agréable ou comme une souffrance au quotidien. Que ce soit le jeune en recherche de partenaire pour la vie ou la personne âgée ayant perdu son conjoint, nombreux sont ceux qui expérimentent le silence et l’absence à la place d’une relation suivie et complémentaire. Au moment où ce thème est abordé dans la rubrique «éclairage» de notre magazine, il nous a semblé important de donner la parole aux prêtres qui desservent notre secteur pour qu’ils partagent avec nous quelques réflexions sur leur «solitude».
Par l’Abbé Gildas tchibozo
Dire que le prêtre est seul, cela me dérange un peu ; et pourtant, c’est quelquefois la réalité.
Au sens théologique du terme, il est bien vrai que le prêtre n’est jamais seul. Avant de s’en aller vers son Père, Jésus faisait cette promesse aux disciples: «… Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mt 28, 20)
Par ailleurs, l’Apôtre Paul affirme dans sa Lettre aux Galates (5, 20): «Si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.» Donc, en réalité, le prêtre ne devrait jamais se sentir seul ou solitaire. Il est sans doute isolé, du fait qu’il incarne une réalité, que je qualifierais de «mystique», qui gêne les gens de notre époque.
Me sentir seul et isolé, oui, cela m’est pourtant arrivé plusieurs fois ! Je donne juste deux témoignages.
Le premier, c’est quand on m’affecte pour aller d’une paroisse à une autre. Là, je me rends compte que je suis seul, et que je dois y aller seul !
Le deuxième témoignage, c’est surtout après les grandes célébrations paroissiales. L’église est remplie de fidèles (à la sortie de la messe, les paroissiens attendent volontiers pour des échanges, ou même pour l’apéro). Mais, quelques minutes après, la paroisse est vide et je me rends compte que je dois retourner seul à la cure, dans ma chambre. Malgré la présence des confrères prêtres, je me sens seul ; et c’est sans doute aussi leur ressenti. Chacun se sent seul face à lui-même. Néanmoins, en reprenant mes esprits, je culpabilise de me laisser gagner par un tel sentiment, alors que j’ai pleinement conscience que le Christ est en moi et il est avec moi de façon permanente, que j’appartiens à un corps sacerdotal, à une famille biologique, et aussi ecclésiale qui m’entourent. Pourtant, je suis seul ! Alors, j’ai compris il y a fort longtemps que la solitude du prêtre ne se trouve pas dans le fait de son état de vie, comme célibataire, mais plutôt dans son état d’être, en tant que configuré au Christ, seul à Gethsémani, seul sur la croix. Depuis lors, je vis ma solitude avec beaucoup de joie, surtout grâce à la bienveillance des paroissiens qui comprennent mes limites humaines.
Par Joseph Voutaz
Pour moi il y a une bonne et une mauvaise solitude.
La mauvaise solitude correspond à l’isolement et à la fatigue. Elle est un cercle vicieux qui me plonge dans l’activisme. Même si je croise du monde, le cœur reste vide. Le remède consiste à prendre du temps en face de Dieu pour lui confier ma vie et mon cœur.
La bonne solitude correspond au ressourcement. Dans mon ministère, je croise tant et tant de visages que j’ai parfois besoin de prendre du recul. Etre seul, prendre du recul, prier, ça fait du bien : Jésus prenait lui même des temps prolongés de prière.
J’ajoute que la vie communautaire (pas toujours facile cependant !) est un cadeau inestimable qui fait que je ne me sens jamais vraiment seul !
Par René-Meinrad Kaelin
En complément des articles de Joseph et de Gildas, qui parlent davantage de leur vécu, je vous donne un regard vertical, spirituel sur la solitude du prêtre.
Par rapport à tant et tant de personnes qui vivent dans une profonde solitude et qui en souffrent tant et plus, je pense que la solitude du prêtre est très différente.
D’abord, elle est CHOISIE : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. » Cette solitude n’est pas stérile… elle nous permet de porter du fruit et d’être écouté-exaucé par le Père.
Cette solitude est HABITéE. Le prêtre, fidèle à son engagement, peut dire comme Jésus : « Je ne suis jamais seul ; le Père est toujours avec Moi. » (Jn 8, 16)
Et il y a la promesse merveilleuse du Christ à Pierre : « Pierre se mit à lui dire ; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? » Jésus leur dit : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des terres, avec des persécutions et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. » (Mt 17, 27-29)
La promesse : recevoir au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des frères, des sœurs, des mères… des enfants…
Je pense ici, à la communauté qui nous entoure et qui nous porte : la communauté bernardine de ma famille religieuse… la communauté de la famille paroissiale… Il y a aussi toutes les personnes avec lesquelles nous nouons un profond contact par le biais du ministère sacerdotal.
NON NON, je ne suis jamais seul avec le Seigneur, mon Bon Pasteur… !
«La solitude du prêtre…» Vaste sujet, important et ô combien délicat.
Merci aux chroniqueurs(euses) qui vont s’y risquer, dans L’Essentiel de ce mois !
– «La solitude, ça n’existe pas» chantait haut et fort Gilbert Bécaud. Pas d’accord avec toi, l’ami. Désolé.
– «Quand vous butez sur toutes sortes d’épreuves, pensez que c’est une grande joie.» (Jc 1, 2) Là encore, je décroche… Dieu me pardonne!
– «Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel , écrivait une femme de lettres… Là aussi, je peine à avancer!
C’est alors que me tombe du ciel un article de journal, signé de l’abbé Jean-René Fracheboud: «Notre vie passe par d’impressionnantes variations climatiques. Au temps des hautes pressions, peuvent succéder des périodes de basses pressions, des dépressions, le brouillard…»
Et que dire de ces quelques lignes de Guy Gilbert. «Rien n’est plus petit, plus fragile qu’un prêtre: l’isolement affectif, la solitude et un ministère asséchant, peuvent le tuer. Par voie de conséquence, il peut déraper tragiquement…»
Quant au dernier livre de Mgr Daucourt «Prêtres en morceaux», c’est un cadeau du ciel… et je vous le recommande chaudement! Des remèdes à l’isolement du prêtre existent, Dieu merci. Davantage de contacts personnels, l’Eucharistie vécue en profondeur et non célébrée par routine, plus d’humilité. «Le prêtre est serviteur et non sauveur du monde.» (G. Daucourt)
Oui, il faut le savoir, des prêtres souffrent de solitude, pour des raisons diverses.
ALORS dites-leur que vous les aimez, que vous les aimez comme ils sont, rien de plus, rien de moins!
«Nul n’est trop pauvre, pour ne rien avoir à donner ; nul n’est trop riche pour ne rien avoir à recevoir.» (op. ci.)
Un évêque avait dit un jour à ses prêtres: «Faites ce que vous pouvez faire, et ce que vous pouvez faire, essayez de bien le faire.»
Une chose est certaine, et saint Paul nous le rappelle: «Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ notre Seigneur.»
En novembre dernier, Viviane Gay-des-Combes est partie vivre un temps de mission sur l’île de la Réunion à la suite d’une année de formation chrétienne qu’elle a vécue dans le sud-ouest de la France (Ecole Jeunesse Lumière du P. Daniel Ange). La rédaction lui a demandé de raconter un peu ce qu’elle y vivait.
Texte et photos par Viviane Gay-Des-Combes
Voilà déjà un mois que je suis accueillie avec mes amis au foyer de Charité du Tampon à la Réunion. Un mois que je m’acclimate à cette île, à ce nouveau mode de vie, à l’alimentation et à sa culture. Il ne se passe pas un jour sans que je fasse de nouvelles découvertes. Au début, le temps passait très vite.
Tout à découvrir – La première semaine, j’ai découvert l’île et ses richesses en profitant pleinement de chaque instant qui m’était donné de vivre ici. Je me suis aussi imprégnée des lieux qui allaient m’accueillir. J’ai pris le temps de faire connaissance avec les personnes avec qui j’allais partager ce bout de chemin. La principale richesse découverte ici concerne l’aspect culinaire. Tous les fruits proviennent de l’île et le goût est incomparable par rapport à ceux que l’on mange chez nous. J’aime beaucoup rendre service à la cuisine et aider à la préparation des plats typiques. Le seul point négatif pour moi reste le piment.
A ma place ? – Puis, peu à peu, une certaine routine s’installe et vient le temps où la distance avec mon pays natal et avec les personnes qui me sont proches se fait sentir. La question de savoir si je suis à ma place est aussi présente : est-ce que j’ai fait le bon choix de repartir une deuxième année ? Je me confie donc à Jésus, valeur sûre, que je retrouve partout où je vais et en qui je trouve ma force et ma paix. Dans mon cœur résonne cette parole : « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi ; ne crains pas car je suis avec toi. » (Is 41, 9-10) Je comprends alors que ma place est bel et bien ici et je suis heureuse de pouvoir vivre cette expérience qui sera charnière pour ma vie, j’en suis certaine.
Au foyer – Notre quotidien est rythmé par une vie de prière soutenue. J’aime beaucoup ce verset que l’Eglise proclame lors du premier office de la journée. « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange. » (Ps 50, 15) Ce verset me parle beaucoup car la première parole de la journée que je prononce est lors de l’office des laudes. Nous avons aussi la chance de recevoir l’Eucharistie chaque jour. Remplis de cette force, la journée peut commencer.
La vocation du foyer est d’accueillir des personnes en leur proposant de vivre des retraites. Les retraitants vivent une semaine de silence accompagnée d’enseignements et de temps de prière personnelle. Pour y avoir participé, ces retraites sont des temps forts où l’on voit vraiment Dieu à l’œuvre. J’ai aussi eu le temps de me redécouvrir à travers la Parole de Dieu qui regorge de trésor. Puis, en fin de journée, nous prions les vêpres et le chapelet ensemble.
Finalement, avant d’aller nous coucher, nous prions les complies personnellement ou en communauté.
Je vous souhaite une belle et sainte année 2023 à chacun et vous porte dans mes prières.
PAR NATHALIE ANGELINI-TRAEGER
PHOTO: MATTHIEU ANGELINI
Toute l’équipe de la rédaction de «Au Large – L’Essentiel» vous envoie encore ses meilleurs vœux et, afin de célébrer ce premier numéro de l’année 2023, nous avons la joie de vous offrir une nouvelle rubrique: «La Bible au quotidien».
Avec elle, nous avons le souhait que chacun connaisse un peu mieux la Bible et puisse la lire le plus souvent possible. Pourquoi ? Car elle est notre référence, notre vérité, elle contient tout ce qui peut nous aider à suivre l’exemple de notre Seigneur Jésus et par celui-ci vivre une meilleure vie, plus sainte, plus vraie. La Bible nous guide et nous éclaire, elle est notre nourriture. Chaque passage est une source de réflexion, elle nous enseigne comment aimer, comment pardonner, pourquoi choisir chaque matin la joie, la bonté et la bienveillance, les plaisirs de la charité, les vertus de la patience, et tant d’autres comportements puissants qui ont le don de changer véritablement nos vies.
L’abbé Darius inaugure cette rubrique qui sera ensuite alimentée par l’un des membres de l’équipe de rédaction ou de l’équipe pastorale.
Nous espérons qu’avec cette nouveauté, votre foi sera renforcée et qu’ensemble nous vivrons gaiement selon les fruits de l’Esprit Saint.
Jean 13 : 34-35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
Rappelons-nous que l’amour n’est pas un simple sentiment, l’amour vrai se montre par des actes simples du quotidien. Il existe de nombreuses façons de montrer l’amour du Christ et en tant que chrétiens nous sommes amenés à donner de l’amour aux autres, comme Jésus nous l’enseigne. Alors, essayons tous ensemble cette année que l’amour que l’on porte à notre sauveur se reflète dans notre façon d’aimer les autres, même ceux qui ne sont pas faciles à aimer. Si l’on peut attendrir le cœur d’une personne grâce à l’amour, peut-être qu’à son tour elle touchera le cœur d’une autre personne et ainsi de suite.
« Seigneur montre-nous des moyens de donner de l’amour et donne-nous la force de ne pas nous décourager. »
C’est par un froid matin que Cindy Rey m’accueille dans son antre, l’Eco Broc au Pré-de-Foire à Martigny-Bourg. Des myriades d’objets en tous genres attendent, bien rangés, leur nouveau propriétaire…
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : C. REYW
Originaire du lieu, Cindy a 32 ans. Elle est l’épouse de Jérémy qui est aussi partie prenante de la « boutique » avec elle. Formée dans le domaine du service, elle sert aujourd’hui les gens d’une autre manière. L’Eco Broc est née et a grandi à Charrat, il y a cinq ans. Depuis deux ans, c’est au Pré-de-Foire qu’elle a pris pied. Cindy en est la cheville ouvrière : « Ma brocante, c’est devenu un peu le QG de ma famille. Comme je ne m’en sortirais pas toute seule, il y a toujours l’un ou l’autre qui me tend le coup de main dont j’ai besoin ! »
« Eco Broc », qu’est-ce que ça signifie ? Ça signifie que je déteste jeter des objets. Depuis toute petite, j’ai toujours vécu avec des objets de seconde main. Donc « Eco » pour faire des économies et pour vivre les valeurs de l’écologie. Avec l’Eco Broc, les circuits courts sont privilégiés : les objets que je récupère dans la région trouveront le plus souvent preneur tout près d’ici…
Quels sont les motifs à l’origine du projet ? Ça s’est fait progressivement. On peut dire que c’est un vieux rêve et que ce mode de vie me colle à la peau depuis toujours. J’adore récupérer, réutiliser, faire des vide-greniers… Je suis dégoûtée de voir la durée de vie des objets que nous consommons sans arrêt et qui finissent dans les bennes des déchetteries. Je n’aurais pas pu me dire à l’adolescence « je vais devenir brocanteuse » car je ne m’imaginais pas ouvrir ma propre « boîte », mais je trouve que ça donne un sens supplémentaire à ma vie parce que c’est un bon service que je peux rendre aux gens.
Peut-on parler d’entreprise sociale et solidaire ? L’Eco Broc est plutôt une association de trois personnes, mon mari Jeremy Rey, une amie Gladys Augsburger et moi-même. J’aimerais qu’Eco Broc grandisse et se développe encore. C’est tout récemment que je parviens tout juste à me sortir un petit salaire. Donc on avance pas à pas ! Il est vrai que la période Covid a été un terrible coup d’arrêt pour nous et pour tant d’autres.
Nous vivons dans une société qui produit et donc gaspille intensément. Comment le vivez-vous concrètement ? Mal et ma vie en témoigne. Il n’y a pratiquement pas d’objets neufs dans ma maison. Il ne me viendrait pas à l’idée d’aller acheter un objet neuf, sans avoir fait d’abord un détour par un lieu où je pourrais le trouver d’occasion.
J’aimerais qu’une loi existe qui interdise de jeter les objets directement dans les bennes des déchetteries et qui incite plutôt les gens à passer d’abord par des lieux où les objets pourraient retrouver de nouveaux propriétaires…
Quelles valeurs défendez-vous ? Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur ? Disons que je ne supporte pas l’injustice, alors j’agis en conséquence. Je vois des maisons pleines à craquer d’objets que l’on doit débarrasser et, à côté, des personnes qui n’ont rien. Ce qui me tient à cœur, c’est de pouvoir équiper des familles en matériel de base très bon marché. En effet, la plupart des objets que j’offre à la vente coûte entre 1 et 50 francs. Je suis heureuse si je peux servir les gens comme ça.
Où trouver Cindy ?
Eco Broc, Pré-de-Foire 14 à Martigny Bourg ➤ Ouvert du lundi au jeudi de 13h-17h, vendredi de 13h-19h et samedi de 10h-17h ➤ 079 586 93 79 ou cindy@ecobroc.ch ➤ Découvrez la boutique en ligne : choisissez, réservez, payez directement sur www.ecobroc.ch
Le pape François a choisi le mot « humilité » pour qualifier Noël. Personnellement, j’ai choisi « belle collaboration. ». Après cette période bien compliquée du covid, nous avons apprécié de retrouver des assemblées bien présentes pour vivre ces célébrations de la nativité.
Par Marianne Berset Photos: André Bise
La veillée de Noël a débuté par la messe des familles à Aumont où de nombreux enfants ont mimé admirablement le récit de la naissance de Jésus. Même notre sacristain n’a pas hésité à être Joseph, 20 ans après avoir été lui-même l’Enfant Jésus en compagnie d’Alessia Pidoux. Cette année, il nous est venu de Nuvilly en la personne d’Eléonore Christinaz dans le foyer d’Aurélie et de Joël. Nous nous sommes aussi réjouis de la venue des flûtistes sous la direction de Marianne Bürgy et de celle de deux servants de Cugy avec leur responsable.
A Cugy, la messe de minuit a réuni les paroissiens pour célébrer cette naissance avec quelques grands servants de Montet et la présence du chœur qui se sont unis à ceux de Cugy.
Et à Nuvilly dans une église magnifiquement fleurie, nous avons célébré Celui qui s’est fait chair parmi nous.
Bravo et merci à chacun et chacune pour l’engagement magnifique qui a été déployé pour que cette fête de la Nativité puisse être pleinement vécue.
La superbe crèche d’Aumont
Photos: André Bise
Cette crèche circulaire, entièrement réalisée en bois, est l’œuvre de Gérard Ayer et Lulu Volery.
Cheyres : un beau moment de partage
Une alliance réussie : celle de la messe dominicale et la fenêtre de l’Avent, ce moment convivial fleurant bon la cannelle et les épices. C’est ce qu’a vécu la communauté paroissiale de Cheyres à l’occasion de la fenêtre de l’Avent du 17 décembre. Une animation chorale a accompagné ce Noël avancé, faute de messe de minuit le 24.
Le chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres a donné une aubade fort appréciée avant la messe.
Par Claire Moullet | Photos: André Bise
Tandis que le chœur répète ses chants à la tribune, des mains expertes décorent et achalandent les tables déposées sur le parvis : biscuits divers, gâteaux alléchants, mandarines, sans oublier les lanternes, fidèles compagnes de Noël. Chut… du chœur de l’église, une nuée d’anges emmenés par l’archange Jacques, entonnent « le carillon de Noël. ». Les auditeurs, attentifs, accompagnent le chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres « Dans une étable obscure », « Douce nuit », « La nuit de Noël », « Les anges dans nos campagnes » de leurs souvenirs émus ou de quelques paroles. Une préparation tout en douceur de la messe festive. La fenêtre restée ouverte dans la nuit noire et glaciale accueille le curé Darius, les paroissiens et les chanteurs pour un dernier verre du nectar de Noël bien chaud et les échanges de vœux.
Un moment de partage convivial a suivi la célébration.
Oser un Noël différent… en chantant aux Mouette
Vu le manque de prêtres, il n’est pas toujours possible d’avoir une messe de Noël dans chaque communauté de la paroisse. Le chœur mixte de Lully, dirigé par Sarah Fontaine, ne s’est pas laissé abattre par la nouvelle. Il a trouvé une solution pour partager sa joie de chanter en allant animer la messe de Noël au home des Mouettes.
Par Bernadette von Niederhäusern Photos: Georges Losey
Le matin du 24 décembre, Christian Moullet, l’aumônier, et quelques bénévoles ont organisé la mise en place des chaises et sont allés chercher les résidents dans leur chambre. Ainsi, tout était prêt pour que l’abbé Bernard Alassani puisse célébrer une messe riche en musique suivie de quelques chants. Les résidents ont beaucoup aimé cette prestation. La joie pouvait se lire sur les visages. Noël était présent dans les cœurs de toutes les personnes présentes ainsi que des chanteurs. Pour les remercier, un apéro fut servi. Vraiment Jésus est venu habiter toutes ces rencontres ! Bravo à tous !
Le chœur de Lully chantant la messe au home des Mouettes.Une belle participation à cette messe présidée par l’abbé Bernard.
Il y a solitude et solitude. Quand Jésus dit aux apôtres, de retour de mission : « Venez vous-mêmes à l’écart, dans un lieu désert et reposez-vous un peu » (Marc 6, 31), c’est d’un isolement bénéfique de ressourcement, auprès du Père, qu’il leur parle.
Car, aujourd’hui encore pour les agents pastoraux laïcs ou ordonnés, les sollicitations peuvent s’avérer si nombreuses qu’ils se sentent littéralement « mangés » et que, comme les disciples de l’époque, ils ne trouvent même plus le temps de s’asseoir pour partager le repas et de se reposer. Le risque de l’épuisement guette alors, avec l’impression de « brûler » toutes ses énergies apostoliques (le « burn-out »).
Le Fils de l’homme leur en donne lui-même l’exemple, puisqu’il n’hésite pas à se retirer en barque dans un espace à part (6, 32). Mais les foules le devancent, si bien qu’en débarquant, il voit une populace si nombreuse qu’il en a pitié et que, pris aux entrailles, il multiplie pour elle l’enseignement et les pains, tellement elle ressemble à un troupeau sans berger (6, 34).
D’ailleurs le Christ, après avoir rassasié et nourri la multitude et fait embarquer à nouveau les douze, s’isole à son tour et gravit la montagne pour y prier (6, 45-47). Sans des temps de face à face avec la Trinité Sainte, « des moments prolongés d’adoration, de rencontre priante avec la Parole, de dialogue sincère avec le Seigneur, affirme le pape François, les tâches [de l’évangélisation] se vident facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés, et la ferveur s’éteint » (La joie de l’Evangile, no 262). Ne consacre-t-il pas lui-même une heure par jour à l’oraison ?
Ce dont par contre peuvent souffrir les agents pastoraux, c’est au contraire d’une mise de côté qui les prive des relations interpersonnelles indispensables pour leur équilibre personnel. Le ministère ne se tisse-t-il pas de partages missionnaires avec des groupes et des assemblées de toutes sortes et d’échanges profonds avec des ami(e)s, des confidents et un accompagnateur spirituel ?
Il s’agit donc de bien doser les réalités entre fréquentation intime de l’Esprit dans le secret de sa chambre et contacts vivifiants avec des personnes de confiance.
Avec Mother Teresa & Me, le cinéaste suisse-indien Kamal Musale conte deux parcours en miroir de femmes de conviction dans l’Inde d’hier et d’aujourd’hui. D’un côté, Kavita, jeune Britannique aux racines indiennes, est placée devant un choix difficile la ramenant à Calcutta où, bien que bouleversée face à la misère, elle trouve l’amour véritable. Puis, derrière le mythe, il y a Mère Teresa, la femme, aussi forte que fragile car livrée à « la nuit de la Foi », une perte de repères exprimée de manière déchirante.
PAR ANNE-LAURE MARTINETTI PHOTO: DR
De Mère Teresa il est vrai, on connaît surtout le mythe. Prix Nobel de la Paix en 1979, canonisée en 2016 par le pape François, son rayonnement dépasse les clivages religieux et culturels même si elle a aussi eu ses détracteurs. Sa figure incarne le don de soi, l’altruisme, l’amour inconditionnel. Légende vivante, elle a été maintes fois contée dans la littérature et au cinéma. Comment alors « s’attaquer » à un tel monument ? Je me suis beaucoup documenté, explique le réalisateur, et j’ai découvert un personnage plus complexe que souvent décrit. A un moment, j’ai perdu en sympathie et je m’en suis éloigné : j’ai alors eu besoin du personnage fictionnel de Kavita pour m’en rapprocher. Le résultat est un beau film, un très beau film. Le récit se concentre sur une période de 12 ans : du jour où Mère Teresa, de son vrai nom Anjezë Gonxhe Bojaxhiu née à Skopje en 1910, appelée par la voix de Jésus, débute son travail dans les bidonvilles de Calcutta en 1948 jusqu’à sa perte de Foi, gardée secrète hormis pour ses confesseurs. Si la Foi, l’Espérance et la Charité demeurent trois piliers du christianisme, ce qu’elle n’a pas perdu, déclara Mgr Lovey lors de la projection du 9 décembre dernier à Sion, c’est bien la Charité. Mais c’est là tout le drame de la sainte : notre charité ne suffit pas à sauver le monde. Désarroi, impuissance, sentiment d’abandon, elle se confiera dans des lettres qu’elle souhaitait voir détruites après sa mort, ce qui ne sera pas fait. Alors Mère Teresa n’était pas une inébranlable héroïne ? Non, elle avait ses doutes, ses fragilités mais ce qui est remarquable, commente Kamal Musale, c’est que malgré sa perte de Foi qui dure jusqu’à sa mort, malgré un terrible isolement intérieur, elle continue son travail auprès des misérables dans l’abnégation la plus totale.
Un dialogue en miroir – Si Mère Teresa souffre en silence, l’autre personnage du film, la jeune violoniste Kavita, submergée elle aussi par un sentiment d’abandon, exprime ouvertement sa révolte, les doutes et les conflits qui l’habitent. C’est à ce personnage que le spectateur s’identifie et en particulier les femmes qui occupent une place centrale dans le film alors que les hommes, lâches et égoïstes, sont relégués au second plan. Kavita représente la jeune génération en quête de sens. Dans ce dialogue en miroir, le thème de l’avortement est présent dans les deux destins : celui de la jeune fille, ébranlée pas une grossesse inattendue, abandonnée par le père, et celui de la sainte dont la position très dogmatique sur le sujet lui a valu de nombreuses attaques. Le film ne donne toutefois aucune leçon, aucune réponse. Kamal Musale expose uniquement la complexité des situations en fonction des ressentis, des parcours de vie.
Des couleurs et des mélodies – Filmée en grande partie en Inde dans le format d’une grande production, l’œuvre reconstitue admirablement l’atmosphère des années 50 alors que le pays est en proie à des troubles sociaux entraînant une terrible famine. Le film doit aussi beaucoup à la justesse de ton de ses interprètes et aux choix formels. Les couleurs, notamment, contribuent au rapprochement des deux femmes pourtant éloignées dans le temps et l’espace : Mère Teresa nous apparaît d’abord en noir et blanc et la jeune fille en couleurs puis, sur la fin, les tons se rejoignent dans des pastels pour lier les deux personnages de façon surprenante. Outre cette esthétique de l’image soignée, la musique tient une place de choix, accompagnant particulièrement Kavita.
Des recettes reversées à des organismes humanitaires – Fondée en 2010 à l’occasion du centenaire de la naissance de Mère Teresa, la Fondation Zariya a commandé le film à Kamale Musale qui d’emblée a souhaité une œuvre centrée sur la compassion. Le budget, conséquent, de quatre millions de francs, a été financé uniquement par des donations. Ainsi, les bénéfices iront directement à des ONG indiennes perpétuant le travail de la sainte de Calcutta. Le sens de la vie, de la souffrance et de la mort, ces préoccupations universelles sont au cœur de cette réalisation. Dans une scène, Kavita s’étonne devant l’autel de Deepali, sa nounou indienne, qui érige aussi bien des divinités hindouistes, bouddhistes, chrétiennes… Ne voulons-nous pas tous la même chose, musulmans, juifs, chrétiens… ? répond Deepali, l’amour.
Comédie dramatique de Kamal Musale (2022) avec Banita Sandhu, Jacqueline Fritschi-Cornaz, Deepti Naval, Bryan Lawrence (2h02). Version originale en anglais sous-titrée en mode « lecture facile ». www.mother-teresa-and-me.film avec bande-annonce. A découvrir dans les cinémas de Martigny fin janvier et courant février.
Le dossier du cahier romand de ce mois porte sur la solitude du prêtre. Nous avons demandé aux deux prêtres de notre équipe pastorale, l’abbé Darius et l’abbé Bernard, de nous livrer leurs témoignages.
Solitude ? Dieu protège !
Par l’abbé Darius, curé-modérateur Photo: DR
Une solitude cruelle peut rattraper chaque être humain sans exception. Cependant, être célibataire, seul, ne signifie pas forcément éprouver de la solitude.
Suis-je trop jeune (62 ans) pour ne pas avoir vécu cette douloureuse expérience ? Peut-être. Mais il y a sûrement d’autres éléments qui peuvent protéger de ce triste état d’âme.
En tant que prêtre, je ne suis pas marié, je n’ai pas fondé de famille pour mieux exercer une autre paternité et mission. Je suis marié à l’Eglise et mon premier compagnon de route est le Seigneur. Et même si je passe par des hauts et des bas dans ma vie spirituelle, c’est bien elle qui reste primordiale, assurant ma relation avec mon Maître : ami, guide et… protecteur contre la solitude.
La vie m’a appris qu’il y a peu de valeurs humaines qui puissent être autant importantes que l’amitié… J’ai des amis de longue date et des connaissances formidables sur qui je peux m’appuyer. Dieu soit béni ! Eux aussi m’empêchent de ressentir la solitude.
Un bon remède contre elle est sans doute le travail, la vie « professionnelle » pleine de maintes activités et contacts avec les gens. J’espère que la retraite (qui s’imposera un jour) ne m’enlèvera pas complètement ni la joie des liens avec les autres, ni la convivialité…
Et tous mes hobbys ? Ils me portent, me rendent bien vivant et passionné ! Je suis confiant qu’il n’y a pas d’âge pour suivre des compétitions sportives et s’en régaler.
Seigneur, aide-moi à ne pas subir la solitude !
Par l’abbé Bernard, prêtre auxiliaire Photo: André Bise
Le prêtre un homme ordinaire, avec ses faiblesses et ses forces. Il est associé au ministère sacerdotal de Jésus-Christ, le Grand Prêtre de la Nouvelle et Eternelle Alliance. Idéalement, il doit porter le souci du salut du genre humain. Cette fonction lui impose un certain renoncement (vœux de chasteté, pauvreté et obéissance) qui fait de lui un être mis part, qui malheureusement se trouve confronté à la vie de solitude. Vivre seul dans sa cure, loin de sa famille, de ses amis est quelque chose de difficile pour le prêtre mais il doit vivre ainsi, pour être totalement libre dans sa mission et pour répondre en serviteur du Christ aux besoins du peuple que Dieu lui a confié. Beaucoup peuvent se poser la question : comment fait le prêtre pour vivre sa solitude ? Est-il heureux ? En dehors de ses activités pastorales, comment se prend-il en charge pour sortir de cette solitude ? Chose difficile mais pas impossible.
En premier lieu, je peux affirmer que le prêtre n’est pas seul. Le Christ est avec lui comme Il est avec tout le monde. En dehors de cette présence invisible du Christ, la rencontre avec les paroissiens, les visites dans les familles pour un café ou un repas ou simplement discuter me font sortir de mes moments de solitude. En plus, je profite de mon temps libre pour faire de la marche et des activités sportives tout comme les autres ; la lecture de livres et des recherches font partie essentiellement de ma vie pour vaincre cette solitude. Des séries télé, des matchs de foot et d’autres émissions sont des moments importants pour moi pour sortir de la solitude.
Nous, prêtres, avons besoin des paroissiens et des paroissiennes, surtout les prêtres qui sont très loin de leur famille et de leur pays, pour vivre heureux et sortir de cette solitude. On a besoin d’être soutenu dans notre ministère.
L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.
PAR DOROTHÉE THÉVENAZ GYGAX, REPRÉSENTANTE DE L’ÉVÊQUE POUR L’ÉCOLOGIE DU DIOCÈSE DE LGF PHOTOS: DIOCÈSE LGF, DR
L’écologie intégrale, telle que l’a définie le pape François dans son encyclique Laudato Si’, reconnaît que tous les aspects du monde naturel sont interconnectés. En tant qu’êtres humains, nos actions ont donc un impact considérable sur le vivant. Le Pape nous appelle à un changement radical de nos modes de vie et de nos systèmes économiques afin de faire face à la crise climatique et la perte de la biodiversité auxquelles notre planète est confrontée.
L’un des aspects essentiels de ce changement est la nécessité de réformer notre système alimentaire industriel actuel. Ce dernier repose sur la production à grande échelle de monocultures et l’utilisation intensive d’intrants chimiques qui dégradent l’environnement. En outre, les systèmes agricoles et alimentaires sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre.
Une alternative que promeut la prochaine campagne œcuménique d’Action de Carême et de l’EPER est l’agroécologie. Cette approche globale offre une transition vers des systèmes alimentaires durables et équitables. L’agroécologie garantit une production d’aliments sains, qui préserve la fertilité des sols, favorise la diversité biologique des semences et nécessite peu de ressources naturelles. Elle vise à optimiser les interactions entre l’être humain et son environnement, à privilégier les circuits courts. Sur le plan social, l’agroécologie renforce l’autonomie et la souveraineté des acteurs agricoles.
En soutenant une agriculture paysanne de proximité, des méthodes agricoles durables et en privilégiant la variété de nos aliments, nous favorisons la transition vers des modèles économiques qui encouragent la solidarité et le respect des ressources naturelles.
On risquerait de la trouver… Au départ de cette réflexion aux allures d’oxymore, une phrase de Christian Bobin entendue dans un podcast: «La vie nous appelle à l’aide et a besoin de tout genre d’accident pour que nous lui rendions grâce, pour que nous la portions à son plus haut… La vie est plus grande que tout ce que nous rêvons comme tranquillité… »1
TEXTE ET PHOTO PAR FRANÇOISE BESSON
Accidents – Cette phrase m’arrête, ou plutôt, me met en route. Je remonte le cours des ans et je vois les accidents de parcours. Par exemple, à un carrefour de vie, le licenciement abrupt, la galère du chômage, ce nouveau métier dans lequel j’entre à reculons, et, passé l’épreuve des premiers mois dans ce flot de jeunesse, la grâce de la rencontre et de la transmission. Quelle chance merveilleuse vue de loin, mais quels questionnements douloureux dans cette période… Et aujourd’hui, tel scandale qui fait trembler mes murs, bouleverse mes habitudes, les vide de sens et me laisse dans le désarroi… Accident de la vie aussi, et peut-être que la Vie, dans l’obscurité, foisonne déjà et s’apprête à envahir les failles, les lézardes ouvertes par le choc.
Ces moments ne manquent pas dans vos vies non plus, et il paraît sensé de se dire que dans la plupart des cas nous ferons tout pour que l’accident n’arrive pas, que la tranquillité gagne, que le chaos s’éloigne. Mais…
Intranquillité de l’Evangile – Que serait-il advenu si le Christ avait cherché la tranquillité ? Si, passé l’éblouissement du Jourdain, il avait replié tout cela dans son bagage et repris le chemin de la menuiserie ? Un des seuls épisodes où on le voit tenté de refuser une demande, de dire en quelque sorte « Laisse-moi tranquille ! », c’est avec la femme cananéenne (Mt 15, 21-28). Et Dieu merci, elle insiste, têtue, avec son petit chaos personnel et sa rhétorique qui vient ouvrir le Christ à l’universalité du Royaume annoncé… Que se serait-il passé si Pierre et ses amis étaient rentrés à tout jamais dans leurs familles et leurs rôles, après la folle et douloureuse aventure ? Et Paul ? Et la longue liste des amis de Dieu, de celles et ceux qui ont été bousculés et jetés hors de leurs sentiers ? Que se passerait-il aujourd’hui si le pape François avait cherché à faire le moins possible de vagues ? Que resterait-il de l’élan de vie, par quelles failles l’Esprit passerait-il pour parler à nos cœurs ?
Un risque très actuel – Dans sa chronique, Christian Bobin nous alerte : le risque n’est pas tant de passer à côté de la vie, mais de ne pas l’aider à être portée à son sommet, à l’état de grâce. Et aujourd’hui le risque est grand, parce que nous avons les moyens de la trouver, cette mortelle tranquillité… Nous avons les moyens de nous isoler de tout ce qui fait bruit, failles et chaos, de réduire nos vies à une bulle, en nous investissant beaucoup pour tenir à distance la douleur du monde. Et si nos efforts nous permettent d’atteindre le but, la victoire est terrible sous son apparence réconfortante : une terre morte, ensevelie sous le gravier blanc qui entoure la maison, une terre où n’affleure plus le vivant, le désordre vert à travailler sans cesse…
Aujourd’hui, la vie a besoin de notre aide, nous dit Bobin, et cela fait écho au verset admirable du psalmiste « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur… » (Ps 94) Ne nous replions pas dans l’illusion d’atteindre le lieu de la tranquillité, mais restons debout, dans l’espérance vivante que l’Esprit habite nos « pour quoi »…
1 Chronique intitulée « l’écuelle du chat et l’irruption de la mort » podcast de l’émission Initiales, RTS Espace2.
Le chœur mixte de Murist, « L’Echo de la Molière », a aussi un nouveau visage pour le diriger depuis le début de cette année. Guillaume Bainier succède à Quentin Monteil.
PAR CLAUDE JENNY | PHOTO: LDD
C’est le partant qui a proposé de reprendre la direction de cette chorale à son compatriote français. Le changement s’est donc opéré tout en douceur, ce qui réjouit la présidente Swastee Vonlanthen : « Nous continuerons à animer la messe une fois par mois et, cette année, nous participerons évidemment aux Céciliennes ». Animer la chorale, mais aussi faire chanter l’assemblée : tel est le rôle du nouvel « animateur choral » puisque tel est son titre officiel sur son contrat. Habitant Neuchâtel – où il étudie la musique à la Haute Ecole Neuchâtel-Genève – , ce jeune directeur de 29 ans viendra deux fois par mois conduire des répétitions à Murist.
« L’Echo de la Molière » compte actuellement une dizaine de chanteuses et chanteurs et, comme toutes les chorales, en accueillerait volontiers de nouveaux !
La « Petite Mère Noire », plus connue sous le nom de Joséphine Bakhita, a vécu bien des tourments avant d’être élevée au rang de sainte. Canonisée en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II, la Soudanaise est devenue la première sainte africaine non martyre et symbolise, à bien des égards, le destin de tout un continent.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTO: DR
Bakhita. Traduisez : « La chanceuse ». Un euphémisme pour celle qui a été arrachée à la chaleur de son foyer à l’âge de sept ans (vers 1877) par des négriers pour être vendue comme esclave.
Le choc est tel qu’elle en oublie son nom de naissance et sa langue maternelle. Renommée Bakhita par ses geôliers, elle passe de main en main jusqu’à atterrir chez le consul italien de Khartoum. Celui-ci la traite avec bienveillance et lui donne le prénom de Joséphine.
Education catholique
Poussé par les prémisses d’une révolution, le fonctionnaire rentre en Italie. La jeune fille le suit. Au port de Souakin, le consul retrouve l’une de ses connaissances, le commerçant Augusto Michieli accompagné de son épouse, à qui il offre Bakhita. L’esclave soudanaise rejoint alors la Vénétie avec ses nouveaux maîtres.
En moins d’un an, la famille multiplie les allers-retours entre l’Italie et le Soudan. Alors que Maria Michieli se rend une nouvelle fois à Souakin, elle confie Bakhita et sa fille aux sœurs canossiennes, qui dirigent un institut à Venise.
C’est là que commence l’éducation catholique de l’esclave, sous l’œil bienveillant de la sœur supérieure. Bakhita découvre Dieu, à qui elle vouera le reste de son existence.
Patronne du Soudan
Au bout de neuf mois, Maria Michieli fait son retour avec la ferme intention de récupérer sa propriété. Pour la première fois de sa vie, l’esclave ose dire « non ». A l’issue d’un procès retentissant au cours duquel Maria Michieli veut faire valoir ses droits, un procureur prononce l’affranchissement de la Soudanaise. En Italie, l’esclavage n’existe plus. Nous sommes en novembre 1889, Bakhita a vingt ans, elle est libre. L’année suivante, celle que tout Venise surnomme la Madre moretta est baptisée, confirmée puis reçoit la communion.
En 1895, à Vérone, elle prend l’habit des sœur canossiennes et reçoit la médaille de l’ordre des filles de la Charité. Béatifiée le 17 mai 1992, Jean-Paul II la déclare trois ans plus tard, patronne du Soudan, avant d’instruire son procès en canonisation en octobre 2000. Elle est fêtée le 9 février.
Comment être un ferment dans un monde qui s’est détourné de Dieu et de sa Parole, la Bible ? Le Créateur de l’univers est l’Auteur de la Vie. Si je me tourne vers mon Créateur, que je renonce à vouloir vivre en dehors de sa présence, Il insufflera en moi la vie de son Esprit. Alors mon être sera transformé. Renouvelé de l’intérieur, je porterai du fruit, et c’est Dieu qui l’aura produit en moi.
TEXTE ET PHOTOS PAR OLIVIER TARAMARCAZ
Dieu nous a créés pour vivre avec lui – Nous avons été créés pour être en relation avec Dieu, pour l’adorer, pour le louer, pour expérimenter une communion intime, de cœur à cœur avec notre Père. Dieu désire nous régénérer, pour que nous vivions dans la joie, dans la paix, avec l’Esprit de la Vie en nous. Dieu aime sa création : « Dieu est plein d’amour dans tout ce qu’il fait. »(Ps 145, 13) Il suffit d’observer Sa Nature, de se promener, pour nous émerveiller : « Depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit. » (Rm 1, 20) La Bible révèle notre origine, nos racines, notre filiation, notre identité. Nous pouvons contempler la beauté de la Création mais, nous avons perdu cette communion avec notre Créateur, à cause du péché, qui a altéré notre nature originelle. Pour éviter de reconnaître notre état de pécheur, nous avons rejeté Celui qui est l’Auteur de notre vie. Nous l’avons remplacé par des hypothèses qui nous confortent dans nos pensées et n’interrogent pas nos actes. Une manière de nous dédouaner, de nous déresponsabiliser.
Les dégâts de l’idéologie évolutionniste – La religion évolutionniste a phagocyté, chez nos contemporains, la capacité de penser en dehors du narratif officiel. Des générations entières ont incorporé la pensée qu’il n’y a pas de Dieu. Dans la culture occidentale, depuis le siècle dit des lumières, il est commun de s’appuyer sur l’hypothèse que le monde s’est autoproduit, auto-diversifié. Il en a décliné la pensée que la vie n’a aucun sens, aucun but. Nombre de scientifiques, de politiques, d’acteurs culturels sont aujourd’hui les porteurs d’eau de cet impensé, sans jamais le questionner. Dans notre culture, nous avons tous reçu le même message, en boucle, de la maternelle à l’université, soit que l’homme n’est rien d’autre qu’un animal évolué. Avec ce modèle, comme unique repère, est-il surprenant de voir émerger des visions du monde et de l’homme réclamant plus d’animalité ?
L’antispécisme : eugénisme du moment – L’antispécisme est l’un des fruits acides tombés de l’arbre de l’évolutionnisme matérialiste athée. Les antispécistes dénoncent le spécisme, soit la différenciation des espèces, pourtant explicitée et décrite dans le premier Livre de la Bible, la Genèse. L’utilitariste Peter Singer, accorde plus de valeur à un singe en bonne santé qu’à un enfant handicapé. Cette vision eugéniste, d’élimination du plus faible, se situe au fondement de l’évolutionnisme. Singer va plus loin : considérant que l’être humain est un animal au même titre que les animaux non humains, il estime que l’antispécisme comprend la possibilité de relations sexuelles avec les animaux. Les antispécistes disposent d’une forme de légitimité scientifique, culturelle, politique, difficile à contrer, dans une société qui a transmis le modèle évolutionniste comme référence pour penser le monde et se penser soi-même.
Les insensés pensent : Dieu n’existe pas – L’Eternel dit : « Moi, Je suis, je ne suis rien pour vous. […] Vous tous, comme Adam, vous avez transgressé l’alliance, […] vous vous êtes rebellés contre moi. » (Os 1, 9 / 6, 7 / 7, 10) Tant de cultures ont voué des cultes à des dieux en carton-pâte, donné du crédit à des idéologies annihilant la pensée, bafouant la dignité de l’être humain créé à l’image de Dieu. L’athéisme est une expression de la rébellion contre Dieu. La Bible situe cette posture ainsi : « Les insensés pensent : Dieu n’existe pas. » (Ps 14, 1) En s’éloignant de la Parole de Dieu, les êtres humains ne se sont pas libérés, ils se sont dévoyés, applaudissant des visions dégradantes de la vie humaine, transgressant les lois naturelles et spirituelles, sans aucune limite ni retenue. Jésus dit : « Si le fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jn 8, 36) Il appartient à chacun de considérer l’arrière-plan de ses pensées, de mesurer ce qu’elles peuvent produire comme fruits, ce qu’elles peuvent engendrer comme perspectives de vie ou de mort, de liberté ou d’esclavage.
Les moniales du Monastère des Dominicaines d’Estavayer ont tenu leur chapitre le 29 novembre dernier et ont désigné une nouvelle prieure pour les trois années à venir. Laquelle n’est autre que celle qui avait déjà occupé ce rôle dans le passé. Mais oui, c’est Sœur Monique Ribeaud qui succède à Sœur Anne-Sophie Porret, arrivée au terme de son mandat de trois ans.
PAR CLAUDE JENNY | PHOTO: LDD
Il est vrai que Sœur Monique est une… habituée de la fonction ! Elle avait déjà été prieure précédemment plusieurs fois et avait dû « passer son tour » en 2019 car le règlement de l’ordre indique qu’une moniale ne peut pas être prieure plus longtemps que pour trois mandats de trois ans ! Et Sœur Monique avait vécu une seconde série de trois mandats entre 2011 et 2019.
Au bulletin secret !
La voilà donc embarquée pour un nouveau « règne » ! A-t-elle été surprise par cette nouvelle élection ? Elle ne le dit pas vraiment, mais précise : « Mes consœurs ont voté au bulletin secret ! » Donc démocratiquement. « J’ai accepté leur choix. Du moment que j’ai la santé, je me mets volontiers au service des autres » nous a confié cette personnalité hors du commun, qui est aussi très appréciée du fait qu’elle est infirmière de métier et que ses consœurs savent toute l’importance d’une telle professionnelle dans une communauté vieillissante, et qui a encore été durement touchée par de fichus virus à la fin de l’année.
Sœur Monique, qui avait pris la responsabilité de la gestion de l’hostellerie de « La Source », va remettre cette charge et la communauté va discuter en interne d’une nouvelle répartition des tâches. « Je voyagerai désormais le moins possible, dit la nouvelle prieure.
Nous souhaitons à Sœur Monique d’avoir toujours autant d’énergie pour assumer sa fonction et nous remercions la prieure sortante pour le vent de jeunesse qu’elle a fait souffler durant ses trois ans de fonction comme prieure. Et elle demeure – et pas seulement parce qu’elle est la plus jeune du groupe ! – un des piliers de la communauté.
La Vierge et l’Enfant Jésus (basilique du Saint-Valentin à Lausanne) s’inspire des techniques du Moyen-Age. Il n’y a pas de recherche de profondeur : la Vierge et Jésus sont sur le même plan, sans profondeur.
TEXTE ET PHOTO PAR PIERRE GUILLEMIN
L’une des plus grandes inventions mathématiques dans le domaine de l’art et donc dans l’art sacré est certainement la représentation de la perspective.
Les mathématiques, la peinture et le dessin sont étroitement liés non seulement dans leurs fondements théoriques, mais aussi dans leurs applications pratiques. La base des techniques de perspective repose sur deux théorèmes de géométrie fondamentaux : Pythagore et Thalès.
Représentation du réel
Pour mémoire, la connaissance de la perspective ne progresse pas pendant le Moyen-Age, où l’aspect symbolique prédomine sur la représentation du réel. Il n’est donc pas anodin que les artistes italiens des XIVe et XVe siècles (Giotto, Donatello…) utilisent les premiers principes de perspective définis par Leon Battista Alberti (1404-1472) en même temps que le nombre zéro apparaît dans les traités de mathématiques de l’époque. Dans son ouvrage « De Pictura » (1436), Leon Battista Alberti recommande « qu’un peintre soit instruit, autant que possible, dans tous les arts libéraux, mais […] surtout qu’il possède bien la géométrie ».
Léonard de Vinci, dans son « Traité de la peinture » (vers 1500), écrit : « Le jeune homme (l’apprenti peintre) doit d’abord apprendre la perspective, ensuite les proportions de toutes les choses », car « la perspective est bride et gouvernail de la peinture ».
Art et sciences se mêlent alors pour une maîtrise des apparences. L’idée de représenter une scène réaliste prend alors toute sa dimension dans l’art : les personnages sont dans un contexte (paysage, bâtiment, assemblée…) et leur importance se mesure à leur place dans l’espace.
Par perspective, on entend une modélisation calculée du dessin qui permette de « perspicere » : c’est-à-dire de voir au travers.
Invitation à voir autrement
Le mathématicien Johann-Heinrich Lambert (1728-1777) dont l’œuvre mathématique, scientifique et philosophique est considérable, – originaire de Mulhouse, cité-Etat alors rattachée à la Suisse –, pose définitivement dans ses publications les éléments clés de la perspective comme étant à l’intersection entre la géométrie, la pratique du dessin, l’esthétique et la philosophie et qui finalise l’ensemble des recherches sur le sujet. Tous les autres traités parus depuis s’inspirent de son œuvre.
La perspective ne nous surprend donc plus ? Suivant les travaux de Lambert, mathématiquement non, artistiquement oui ! D’où les peintures et vitraux de Chagall, les peintures de Picasso, Dali, entre autres, qui transforment notre vision « naturelle » de la perspective et nous invitent à voir autrement.
Vous avez envie de partager des moments sympas en notre compagnie ? Vous êtes les bienvenus…
➤ au Café du Parvis tous les mardis de 11h30 à 15h30 (Maison de la Visitation). S’il fait beau, nous sommes devant la maison.
➤ au repas P.A.S.T.O, tous les jeudis de 18h à 20h (Salle du Verger, à côté du temple).
➤ Nous cherchons aussi des personnes qui veulent bien cuisiner de temps en temps le jeudi.
Votre soutien est aussi bienvenu en faveur des personnes accompagnées : sur le compte CH22 0026 4264 H215 0259 3 de la Paroisse de Martigny (Rue Hôtel-de-Ville 3).
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Confidences de prêtres Jean-Marie d’Hébrail
Qui sont nos prêtres ? Qu’est-ce qui les anime ? Comment ont-ils reçu et accueilli ce mystérieux appel à la vocation ? Qu’ont-ils dans le cœur ? Quelles sont leurs joies et leurs souffrances aujourd’hui ? Afin de le découvrir, Jean-Marin d’Hébrail s’est adressé à plusieurs dizaines d’entre eux, en leur posant quelques questions simples, les mêmes à chacun, et en les laissant s’exprimer, une fois n’est pas coutume, sur eux-mêmes. Et l’on découvre, au fil des pages, des témoignages émouvants, des traits parfois communs autant que des histoires originales. Mais surtout des cœurs immensément ouverts à une joie profonde qui ne lasse pas de désigner Celui à qui ils ont consacré leur vie.
On ne naît pas prêtre. On le devient. C’est un chemin ardu, semé d’écueils. La vocation peut devenir une impasse. Le service, un poids. Les prêtres sont des frères comme les autres. Il arrive aussi qu’un prêtre se brise. Qu’il rencontre la difficulté, connaisse la rupture, doive faire face à un désarroi qui le mine de l’intérieur et sape une à une les relations qui le fondent : avec son évêque, avec ses frères dans le sacerdoce, avec ses collaborateurs laïcs, avec ses amis. Et avec Dieu lui-même. Il s’éprouve alors comme en morceaux. Comment peut-il faire pour retrouver son unité, son intégrité, son identité ? Ce livre aborde quelques pistes pour y répondre.
Ecouter Thérèse en parler et la suivre pas à pas, de son enfance à son dernier souffle, voici le chemin que Véronique Gay-Crosier nous propose d’emprunter à sa suite. Comprendre comment, dans cette courte vie, de sa toute petite enfance à son départ pour le ciel, à vingt-quatre ans, la jeune Thérèse a révolutionné la conception de la sainteté par son cheminement intérieur ; par quelle innovation de charité elle a pu transfigurer la vertu et la mortification en véritable amour ; par quel regard sur les fautes, l’abandon et la faiblesse humaine, elle en fait des occasions de croissance et d’union à Dieu.
Cœur enflammé Une vie de Saint Philippe Néri Florent Jacques et MariaMaris
Qui est ce prêtre surprenant qui arpente les rues de Rome en lançant des plaisanteries aux passants et emmène son chat à la messe ? A son contact, des cardinaux aux habits de luxe se retrouvent lavant les pieds des indigents et des étudiants fêtards lâchent leurs bouteilles pour adorer le Saint Sacrement ! Doté d’un sens de l’humour improbable, véritable amoureux de Dieu, Philippe Néri reste, encore aujourd’hui, un personnage inspirant pour les chercheurs de Dieu en tout genre. Cette BD nous invite à mieux le connaître et à l’aimer.
«Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau.» Cette recommandation de saint Paul (Ac 20, 28) invite les responsables de communauté à prendre soin d’eux-mêmes. Beaucoup de prêtres, aujourd’hui, ressentent une réelle solitude et un découragement face à la mission qui leur est confiée.
PAR CALIXTE DUBOSSON | PHOTOS: PXHERE, DR
« Il est à peine 19h, j’ai cinq heures devant moi avant la messe de minuit. Nous sommes le soir de Noël et je suis seul. Aucun de mes paroissiens n’a songé à m’inviter, pour partager avec sa famille le dîner de Noël. Puis-je le leur reprocher ? Cela ne leur est tout simplement pas venu à l’esprit. Le soir de Noël est un soir réservé à la famille, à l’intimité et je ne suis pas de leur famille. Je ne suis l’intime d’aucun. Pour tous, je suis mis à part, séparé. Ma famille est au loin, je la retrouverai demain pour un goûter chez mes parents. En attendant, je suis un homme seul le soir de Noël. »
Ce témoignage d’un prêtre de mes amis nous invite à considérer d’autres solitudes plus conséquentes et plus dramatiques. L’actualité récente de l’Eglise catholique, en France, mais aussi dans d’autres pays comme l’Inde ou les Etats-Unis, a été marquée par plusieurs suicides de prêtres. Chaque histoire individuelle a des causes parfois intimes et inconnues, mais une prise de conscience progressive émerge dans l’Eglise quant à la nécessité de prêter une attention plus forte aux fragilités psychologiques des prêtres et des religieux, dans un contexte de pression sociale et médiatique qui est une source d’épuisement pour beaucoup.
Pression médiatique
Le dimanche 3 février 2008 au soir, un prêtre de Neuchâtel se donne la mort. Il ne supportait plus la pression médiatique, dit son entourage. Lors de la cérémonie funèbre de la veille à la basilique de Neuchâtel, le beau-frère du défunt prend la parole et accuse ouvertement les médias. Le prêtre, dit-il, a été « poursuivi par cette horde de journalistes, dont il sentait le souffle derrière lui ». Mgr Genoud avait lui aussi accusé les médias dans une émission de la « Télévision suisse romande », « Infrarouge », par ces mots : « Parfois, la rumeur tue ! »
Pression sociale
Il y a bien sûr l’éternel débat sur la possibilité de laisser le choix entre le mariage et le célibat, ce dernier étant vu, selon certains, comme la source de tous les maux. Ce n’est pas l’avis de l’Abbé Vincent Lafargue qui affirme fermement que la grande majorité des prêtres ne sont pas malheureux parce qu’ils sont célibataires, bien au contraire. Selon lui, les médias mettent trop souvent en lumière des cas qui ne sont pas forcément représentatifs. « Pourquoi toujours donner la parole à des prêtres qui le vivent mal ou qui ont quitté l’Eglise pour se marier ? », s’interroge le prêtre valaisan. Si le célibat des prêtres est source d’une grande fécondité dans l’Eglise, « ce choix de vie nous met également dans une grande vulnérabilité », explique un autre confrère. « Ne pas éprouver la tendresse d’une épouse, ne pas voir les enfants de sa propre chair, rentrer chaque soir seul chez soi et se coucher dans un lit vide, aucune main à serrer dans la sienne. Tout cela fait de nous des hommes fragiles. »
La vie d’un prêtre a toujours comporté une forme de solitude. Mais aujourd’hui, avec des églises de campagne quasiment vides et froides, sa figure décriée et ridiculisée dans les médias, une opinion publique indifférente ou défavorable et la crise des vocations, un prêtre se sent souvent plus que seul, il se sent abandonné. L’archevêque d’Oviedo en Espagne, Mgr Jésus Sanz, déplore « la méfiance et le mépris dans lesquels sont parfois tenus les prêtres au sein de la société, où on est passé d’une période où le prêtre était considéré avec respect et vénération, à une étape dans laquelle il ne compte pas et où l’Eglise en général, le curé en particulier, sont à bannir ».
La solitude des prêtres âgés
« N’oubliez pas les sœurs et les prêtres âgés », avait lancé le Pape lors de l’une de ses homélies. Souvent, ces prêtres se sentent inutiles, parce qu’ils n’ont plus de mission. Un de mes confrères m’a confié : « Je ne sers plus à rien. » La plupart d’entre eux attendent le plus tard possible avant de rentrer en communauté ou de rejoindre un EMS et le font parce qu’ils n’ont plus le choix, confrontés notamment à un état de dépendance. C’est difficile pour eux parce qu’ils ont eu une vie enrichissante, stimulante, ont eu beaucoup de contacts au cours de leur ministère et ils se retrouvent isolés. De plus, certains d’entre eux ne peuvent plus célébrer la messe.
Le fléau des agendas complets
La diminution du nombre de prêtres en Occident, ces dernières années, fait qu’ils sont souvent écrasés de travail avec des territoires très grands à parcourir ou plusieurs paroisses. Même s’ils ont des relations chaleureuses avec leurs paroissiens ou leurs collaborateurs, ils peuvent éprouver durement la solitude, lorsque le soir, ils regagnent leur presbytère vide et qu’ils doivent se préparer le repas. La réalité nous montre que cette fatigue, ce stress permanent peuvent mener au découragement, au reniement, à l’abandon. Pourtant, il est possible d’y faire face. Un curé du diocèse de Sion témoigne : « Ce qui me pousse à continuer et à trouver de la joie et de la confiance, ce sont tous les regards échangés, les sourires, les partages, les rencontres. Pour moi, l’important et l’essentiel est de rester en relation avec Dieu et avec les autres. C’est aussi la certitude que c’est Jésus qui conduit son Eglise et donc mon ministère. »
La solitude positive
Pourtant, la solitude fait partie de notre existence. L’expérience montre qu’elle n’est pas toujours négative : nous la recherchons parfois comme un bien précieux, nécessaire pour prendre du recul, réfléchir, prier. Beaucoup de prêtres que j’ai rencontrés m’ont transmis leur joie de retrouver leur cure comme un havre de paix et de repos après des journées harassantes et épuisantes. L’un d’eux m’a même déclaré : « Je suis un privilégié quand je pense aux pères et mères de famille qui rentrent chez eux et qui doivent gérer leur soirée avec les devoirs des enfants à surveiller, partager leur jeu et les mettre au lit après une journée fatigante. » Un autre estime « que la solitude est un espace de silence, de disponibilité, de rencontre, préservé contre l’envahissement du trop-plein. J’aime marcher seul en montagne. J’aime prier seul comme le Christ. J’aime et je recherche cette solitude qui est ma véritable condition devant Dieu ».
Quelques pistes pour mieux gérer la solitude
Les fragilités psychologiques de certains prêtres, souvent liées à des tensions relationnelles et au risque de solitude affective, sont prises en compte d’une façon de plus en plus sérieuse par l’Eglise catholique. Alors que la place de la psychologie dans la formation des prêtres suscitait autrefois une certaine méfiance, elle est aujourd’hui souvent considérée comme une ressource précieuse pour vivre un sacerdoce équilibré et durable. On peut aussi trouver des ressources dans la famille du prêtre, de ses parents, de ses frères et sœurs. Ce sont ceux qui le connaissent le mieux et qui peuvent comprendre ses difficultés. Il y a aussi la paroisse qui doit créer autour de lui une véritable fraternité en l’aidant à trouver les bonnes orientations pour sa communauté. Il y a enfin l’amitié sacerdotale (voir l’encadré) qui est précieuse et que chaque prêtre devrait cultiver par des repas en commun, des rencontres régulières et des loisirs bienfaisants.
Une main secourable
Un prêtre victime d’une dépression a pu retrouver son équilibre et sa joie de vivre grâce à un confrère qui est venu le seconder en paroisse durant sa maladie. Voici ce qu’il écrit : « Cher ami, tu es un prêtre qui m’a permis, avec la prière et l’amitié de tous nos chers paroissiens aux mille visages, à émerger, à retrouver souffle et énergie pour continuer ce ministère qui nous est commun et qui est la plus belle vocation du monde. Tu as été pour moi le bon samaritain. Je t’en suis à jamais reconnaissant. »
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