« Nous vivons la fin d’un monde »

PAR THIERRY SCHELLING
PHOTO : FLICKR

Si Silvestre II en 1000 et Jean-Paul II en 2000 ont conduit l’Eglise romaine dans un nouveau millénaire, ce n’est pas avec les mêmes craintes et espérances. Mais aucun des deux pontifes n’aurait envisagé les cataclysmes qui surviendraient quelques années plus tard : Grand Schisme d’Occident (Avignon, plusieurs papes en même temps…) pour celui-là, et ouragan des abus par le clergé pour celui-ci. Deux apocalypses 1, vraiment…

Et Bergoglio survint !

Voilà qu’en 2013, le collège des cardinaux-électeurs choisit l’archevêque de Buenos Aires. Un jésuite. Inédit… Et ce pape prend un nom… inédit, lui aussi : François, en écho au Poverello de l’Ombrie moyenâgeuse. Epoque de changements…

L’une des caractéristiques des jésuites est de discerner Dieu en toutes choses : donc dans ce monde-ci, au cœur de cette humanité-là. Et d’y répondre positivement, constructivement : réforme des finances du Saint-Siège, réorganisation de la Curie Romaine, voyages apostoliques aux périphéries du monde…

Changement d’époque

Et plus l’on met la pression sur François pour qu’il n’ouvre quand même pas trop grand les fenêtres de l’Eglise 2, plus il met en place les décisions du Concile Vatican II (enfin !) : accès des femmes aux ministères, ouverture des laïcs et laïques aux postes de décisions, consultations multiples (canaux officiels et officieux…), Synode pour l’Amazonie… sans parler de son récent voyage au Canada pour y faire pénitence devant les membres des Premières Nations.

Et de rappeler en substance : nous ne vivons pas une époque de changements, mais un changement d’époque où « l’Eglise catholique-romaine n’est plus la première productrice de sens, ni même écoutée, ni même sollicitée »… C’est comme ça ! Or, Dieu est présent dans ce monde-ci – et pas celui d’hier ! A nous de discerner…

1 Mot voulant dire « révélation au vu de tou.t.e.s » !
2 Expression prêtée à Jean XXIII pour parler de l’effet Concile Vatican II.

Faim de vie ?

La fin du monde, la fin d’un monde, la fin de mon monde : des questions infinies…

PAR KLAUS SARBACH
PHOTO : PEXELS.COM

On nous pose la question : « La fin du monde, est-elle une histoire sans fin ? »… et personne ne sait donner une réponse juste. Cherchons plutôt des réponses à la question : « Quelle est la fin de mon monde ? »

« Mon monde », c’est le temps de ma vie sur terre qui finit avec la mort du corps. Personne ne connaît cette heure-là. Mais en employant le mot « fin » non comme mort, mais comme but de ma vie, ne trouvons-nous pas chaque jour cent raisons de vivre dans l’amour… qui ne finit pas ?

Sainte Catherine de Sienne nous offre cette clé : « La vie est un pont. Traverse-le, mais n’y fixe pas ta demeure. » Pour sa part, l’abbé Maurice Zundel explique que « le vrai problème n’est pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais si nous sommes des vivants avant la mort. » Jacques Clerc écrit dans son cahier scolaire : « Le but de la vie, c’est la mort. » Mais à la fin de sa vie, il écrit : « Le but de la vie, c’est la VIE ! »

«Comment pouvons-nous finir si nous n’avons jamais commencé ?» Père Walter Ludin

La vie ne se résume pas à 24 heures par jour. La vie est un cadeau que Jésus nous donne puisqu’il est la VIE et qu’il nous promet de rester avec nous jusqu’à la fin du monde. Donc, la réponse à la question : « La fin du monde, est-elle une histoire sans fin ? » est un grand OUI, car chaque seconde de notre vie avec Jésus est une histoire d’amour qui commence ici-bas et qui ne finira jamais au ciel.

Qui dit amour dit se lier pour toujours. Et qui dit se lier dit répondre à l’amour. Alors nous expérimentons ce que Vladimir Ghika 1 nous explique : « Si nous savions mettre Dieu dans tout ce que nous faisons, nous le retrouverions dans tout ce qui nous arrive. » Selon le pape François, « on ne peut pas connaître Jésus  » en première classe  » ou dans la tranquillité, encore moins en bibliothèque. Jésus on ne le connaît que sur le chemin quotidien de la vie ». Alors retroussons nos manches en suivant le conseil du pape Jean-Paul II : « Prenez en main votre vie et faites-en un chef-d’œuvre. »

«Ce qui donne un sens à la vie donne également un sens à la mort.» Antoine de Saint-Exupéry

A la fin de son séjour d’été le Père Sébastien Cibumbu nous invite à « faire de notre vie une parole d’Evangile ! » donc, une « Bonne Nouvelle » dans l’Esprit de Jésus ressuscité qui donne aux autres l’envie de vivre dans la confiance, la paix et la joie à travers notre manière de penser, de parler et d’agir.

1 Vladimir Ghika ou Vlad Ghica, né à Constantinople en 1873 et mort à la prison de Jilava en mai 1954, est un prélat roumain issu d’une famille princière. Orthodoxe d’origine, il se convertit au catholicisme et est ordonné prêtre.

D’une naissance à l’autre

FABIENNE GIGON, REPRÉSENTANTE DE L’ÉVÊQUE À GENÈVE
PHOTO : CATH.CH

Chère Lectrice, cher Lecteur,

Il se trouve que je suis enceinte. Voilà une drôle de temporalité qui vient s’inscrire sur deux plans. Le premier est bien sûr relatif à mon entrée en fonction. Cette éventualité fut annoncée à l’évêque dès sa demande de le représenter formulée et à l’équipe que j’ai rejointe lors du discernement. La « prise de risque » acceptée de toutes parts, voici que les projets étaient confiés dans les mains de Dieu. Le Seigneur fait grâce à mon couple d’une prompte grossesse et pour ce « miracle » parfois banalisé, je lui suis infiniment reconnaissante. Je porte dans mes prières les couples pour qui ce projet prend plus de temps à se réaliser et ceux qui doivent trouver une autre façon de porter du fruit dans la vie. J’ai beaucoup d’humilité face aux chemins que la vie nous fait emprunter au cours de notre existence.

Durant cette nouvelle réalité qu’il m’est offert de vivre, j’ai été émue des mots de l’évêque qui questionnait : « quelle Eglise serions-nous si nous ne pouvions pas nous réjouir de toute naissance et l’accueillir avec confiance ». Aussi, j’ai été très touchée d’entendre d’une amie de rite oriental que les femmes enceintes, porteuses en elles de la vie, sont sollicitées pour bénir qui le leur demande. Voici l’un de mes bonheurs depuis quelques mois, bénir largement. Je le mets au service de mes rencontres et de l’Eglise à Genève, appelant les bénédictions du Seigneur.

L’autre temporalité qui me rejoint est celle de la Nativité, puisque mon accouchement est prévu en décembre. Je pense à Marie qui rencontre sa cousine Elisabeth, et à cette magnifique visitation qui met au jour, par le tressaillement des enfants dans les ventres, la magnificence du Seigneur et son désir d’être proche de notre humanité. Je pense à Marie, sur les chemins du recensement jusqu’à Bethléem. Dès la fin de ce mois, nous sommes invités à cheminer avec Joseph et elle vers l’avènement de la naissance extraordinaire de Jésus. Car oui, le temps de l’Avent démarre ce 27 novembre déjà. A chacune, à chacun, je souhaite de tout cœur un bon mois de novembre et un beau cheminement avec la Sainte Famille. Qu’il nous amène à accueillir l’Enfant Dieu dans notre quotidien et à approfondir toujours plus le mystère de sa lumineuse présence !

Un parcours «providentiel»

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : CATH.CH / BERNARD HALLET

Officiellement fondée en 2017, après l’ordination de Naseem Asmaroo, la communauté chaldéenne catholique compte environ deux cent cinquante familles en Suisse, dont une trentaine à Genève qui se réunit le dernier samedi du mois à l’église Sainte-Marie du Peuple.

Un pont entre l’Orient et l’Occident

Imprégné de la culture et de la spiritualité orientale de son église, Naseem Asmaroo, originaire d’Irak, arrive en Europe en 2007. D’abord la Belgique, où il termine ses études, avant de se rendre en Suisse pour y rejoindre Lusia, qu’il épouse en 2010. Il nomme les opportunités offertes par l’Eglise en Suisse : « providence ». Ces signes du destin se matérialisent par un engagement en tant qu’agent pastoral laïc pour l’Eglise catholique dans le canton de Vaud (ECVD). En 2017, il est ordonné prêtre dans l’Eglise chaldéenne catholique et sillonne depuis une grande partie de la Suisse romande pour célébrer autant les messes que les mariages ou les baptêmes de cette communauté attachée à son héritage spirituel. C’est ensuite Mgr Morerod qui propose personnellement à Naseem Asmaroo de faire une demande de « bi-ritualité » auprès de Rome. Celle-ci lui est accordée en février 2018. Depuis, le Père Asmaroo célèbre dans les deux rites. « C’est une grâce de vivre cela. Il y a une réelle complémentarité entre ce que je vis avec les fidèles de l’église chaldéenne et les fidèles de l’église latine. C’est une grande richesse et une manière pour moi de construire un pont entre les deux cultures et les deux spiritualités ». D’ailleurs, toutes les messes sont célébrées en araméen, en arabe et en français. Ainsi, quiconque le désirant peut se joindre à la communauté.

Catholicité à tous niveaux

Loin de chercher à « créer une église dans l’Eglise. C’est une manière de perpétuer notre culture en encourageant à vivre pleinement les autres dimanches avec les paroisses locales. Ici, nous nous sentons vraiment chez nous. L’accueil que nous avons reçu donne un bon exemple aux nouvelles générations d’une intégration vécue et non imposée ».

Une dignité inaliénable

Créée en 1988 à l’initiative des trois Eglises officielles du canton de Genève, catholique romaine, catholique chrétienne et protestante, l’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des requérants d’asile (AGORA) se bat, hier comme aujourd’hui, pour contrer les idées reçues et remettre au centre de toute discussion la dignité humaine.

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS : OLIVIER CHANSON, ECR

Depuis 1993, on dénombre plus de 48’000 personnes décédées en essayant de fuir vers l’Europe. La plupart noyées dans la mer Méditerranée. D’autres abattues aux frontières. Des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, des bébés. Ceux qui survivent aux barricades de la forteresse Europe ne s’attendent pas à trouver un sol inhospitalier qui leur réserve bien souvent un parcours digne des Douze travaux d’Astérix avant l’obtention du droit d’asile.

« La migration et l’asile sont perçus comme un poids. Or, ils font partie de l’histoire et de l’ADN de Genève. D’ailleurs, le développement de l’industrie horlogère aurait été différent sans eux », pointe Virginie Hours. Mais les préjugés sont tenaces. « Trop souvent j’entends la formule : ils viennent en Europe, car ils s’imaginent que la vie y est plus facile. On oublie que la grande majorité d’entre eux aurait préféré rester chez eux au lieu d’être contraints à l’exil ». Virginie Hours fait partie de l’équipe d’aumôniers et bénévoles à pied d’œuvre dans différents lieux du canton : tels que la zone de transit de l’aéroport de Cointrin, dans les établissements de détention administrative, dans les différents logements où les requérants résident sur le territoire.

« De nombreuses situations trouveraient des issues simples et humaines si le droit était appliqué, car les dispositions législatives existent et prévoient les conditions d’accueil ou de régularisation des personnes ». L’Eglise a un vrai rôle de garde-fou à jouer afin de « rappeler sans cesse qu’il s’agit d’hommes et de femmes tous uniques et qui méritent le respect ».

 

Au service, mais comment ?

Une chose que l’AGORA accomplit et dont on ne se rend peut-être pas compte ?

Virginie Hours : Nous faisons partis d’un « réseau », celui des aumôniers suisses qui travaillent dans le domaine de l’asile. Nous nous rencontrons à Berne deux fois par an afin d’échanger sur la situation existante dans les Centres fédéraux d’asile (CFA), un partage d’expérience et d’information. Ces contacts nous permettent ainsi de suivre des personnes que certains collègues accompagnent déjà au sein d’un CFA lorsqu’elles sont affectées au canton de Genève. Aussi, il n’y a pas de rupture. Ces instances sont importantes également pour mener certaines réflexions ou négociations avec Berne. Actuellement par exemple, un accord-cadre avec le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) est en cours de renégociation et un travail de réflexion est mené sur la présence d’aumôniers musulmans, présence que nous appelons de nos vœux.

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?

VH : Nous intervenons régulièrement dans les écoles, à la demande des enseignants, pour présenter l’AGORA et rendre plus tangible la question de la migration et de l’accueil. Nous essayons ainsi de contribuer à casser certains préjugés ou certaines peurs. Nous intervenons aussi en appui du travail de la coordination asile lors de temps forts ou en sollicitant que l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) applique simplement les règles en transmettant des dossiers à Berne. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, mais de compréhension et de reconnaissance. Il s’agit aussi de permettre la construction de pont entre les Genevois et les personnes de l’asile et de susciter la réflexion. C’est pourquoi, par exemple, nous avons répondu positivement à la demande de l’Espace Madeleine. Celui-ci proposait de nous y impliquer le mois dernier en animant deux soirées dans le cadre de l’exposition Les Pèlerins afin de susciter la réflexion sur les liens entre pèlerinage, asile et migration.

Une pastorale pour rendre visible

La Pastorale des familles de l’Eglise catholique romaine à Genève a officialisé l’accueil pastoral et spirituel des personnes LGBTIQ+ et de leurs familles ainsi que sa collaboration avec l’Antenne LGBTI Genève de l’Eglise protestante genevoise (EPG). Le 1er septembre dernier, à l’occasion d’une soirée témoignage, un prêtre a partagé la manière dont il concilie son homosexualité et sa vocation ecclésiale. Le point avec Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale des familles.

PROPOS RECUEILLIS PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : ECR

Vous avez évoqué lors de la soirée une rencontre avec Mgr Morerod. Que vous a-t-il dit ?

Il était au courant du témoignage du prêtre et m’a remerciée d’oser porter ce dossier.

Depuis le témoignage du prêtre, quelles ont été les réactions ?

Beaucoup de remerciements et d’encouragements, mais également des paroles moins bienveillantes. Certaines personnes ont l’impression que cela met l’Eglise en péril.

Le fait que cet accueil se fasse sous l’étiquette Pastorale des familles heurte les croyants ?

Oui bien entendu. Dans la tradition catholique, la famille naît du sacrement du mariage et donc de l’union d’un homme et d’une femme. Lorsqu’on parle d’un couple de même sexe, l’aspect de procréation disparait et cela va à l’encontre de l’image de la famille prônée dans l’Eglise. La Pastorale des familles se veut le lieu de départ d’une pastorale LGBT : le tremplin pour qu’elle prenne son envol.

Qu’avez-vous voulu officialiser, car de facto « l’accueil » existe déjà ?

En effet, il existe déjà des lieux pastoraux qui accueillent ces personnes dans la bienveillance, mais ce n’est pas le cas partout. L’officialisation est une manière de montrer que la question existe bel et bien en église et que nous n’allons pas l’esquiver.

Comment cet « accueil » va-t-il se matérialiser ?

Nous allons organiser des temps spirituels en collaboration avec l’Antenne LGBTI. Je fais d’ailleurs partie du comité liturgique qui se met en route. Il y a aussi tout l’aspect de la recherche théologique et nous allons mettre sur pied un groupe avec des théologiens et des personnes concernées afin de travailler sur cette question.

Justement, le Catéchisme de l’Eglise catholique est souvent évoqué pour condamner l’homosexualité…

La théologie catholique autour de la distinction entre l’être et l’acte et la manière dont le comportement des personnes est qualifié doit être repensée. Les actes sont jugés et non la personne, mais il n’est pas possible de dissocier pleinement les deux. Cette question est complexe, car elle concerne avant tout l’anthropologie sous-jacente à la foi et à la théologie. Aujourd’hui, il n’est plus possible de mettre de côté la dimension incarnée de l’humain.

Une proposition…

… pour plonger dans les histoires et imaginaires de nos rues

Des mots soufflés par des panneaux accrochés à des arbres en ville de Genève invitent à plonger dans les histoires qui remplissent nos rues et font les identités singulières de notre ville. Pour écouter ces récits, tissés entre la préhistoire et le futur, on saisira avec son smartphone les codes QR suspendus dans les branchages et on glissera ses écouteurs dans ses oreilles. Des voix de comédiennes donnent vie, d’arbre en arbre, à ce fourmillement d’histoire(s), d’imaginaire et de vécu.

Trois possibilités pour plonger dans ces parcours-récits :

• Les codes QR :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours et vous notez le point de départ pour le parcours sélectionné,

– en saisissant avec votre smartphone les codes QR accrochés aux arbres, vous atterrissez directement sur les podcasts de chaque halte et sur les autres contenus liés à chaque lieu.

• Par GPS / Géolocalisation :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours

– vous activez le bouton « GPS » sur le plan,

– vous autorisez Hypercity à accéder à votre localisation si votre appareil vous le demande,

– vous repérez votre position (vous êtes le point bleu sur le plan),

– et vous cliquez sur « Commencer le parcours ».

• Par un « simple » clic :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours

– vous cliquez sur le n. 1 dans le plan ou dans la liste « Les haltes »,

– après avoir écouté le contenu d’une halte, vous cliquez sur « Poursuivre le parcours », puis sur le no suivant dans le plan, et ainsi de suite…

… pour visiter Genève en répondant à des devinettes

Une application mobile gratuite, dénommée Ouchui, a débarqué à Genève : elle permet de découvrir des lieux de la Cité de Calvin, mais aussi de Lancy ou Carouge, en répondant à des devinettes sur les lieux visités. Au fil d’une enquête faisant appel à la culture générale, la rapidité et le sens de l’observation, ce jeu de piste vous conduira à travers diverses zones géographiques et thématiques tout en satisfaisant votre curiosité grâce à diverses anecdotes et faits historiques. Rendez-vous sur ouchui.ch avec votre smartphone pour commencer à explorer votre ville.

Marcher et prier ensemble

PAR DORIS BUCHARD | PHOTO : WWW.TOURISME-TARN.COM

Marcher, oui, mais vers où ?
Aide-nous, Seigneur, à nous diriger constamment au centre, pour nous reconnaître sarments greffés sur l’unique vigne qui est Jésus.
Aide-nous à nous aider mutuellement afin de rester unis et de porter des fruits autour de nous.
Aide-nous à laisser sur le bas-côté les péripéties existentielles et quotidiennes.
Ainsi notre marche sera convaincue vers le monde afin d’y porter la présence du Seigneur.

Prier, oui, mais comment ?
Dans notre prière aussi, comme sur le chemin, nous ne pouvons pas avancer seuls.
Aide-nous Seigneur, par la grâce de Dieu à la diffuser harmonieusement entre les croyants qui s’aiment.
Aide-nous à prier les uns pour les autres car chacun est une rencontre sur notre chemin.
Aide-nous à être unis dans la prière comme Tu nous l’a appris.
Ainsi, notre prière sera convaincue pour les autres et le vent de l’Esprit soufflera et nous inspirera.
Alors oui PRIER et MARCHER ENSEMBLE aura du sens.

« Chrétien dans un monde qui ne l’est plus »

PAR L’ABBÉ AIMÉ MUNYAWA
PHOTOS: ODIE ARIANE, JEAN-CLAUDE GADMER

Aux jours d’aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre des voix qui disent: «ce monde est pourri» ou encore «tout a changé on ne sait plus où on va». Toutes ces expressions et tant d’autres encore de même nature prouvent à suffisance combien le changement d’époques est parfois déconcertant. S’il n’impose pas un véritable défi ou challenge comme ce fut à l’époque des dinosaures, il exige tout de même des efforts assez particuliers d’adaptation pour se mettre à jour ou de renoncement pour se forger un nouveau style de vie.

« Appelé aujourd’hui à être témoin par des compromis sans compromissions.»

Les chrétiens, dans leurs efforts quotidiens de sainteté et de rectitude morale, se trouvent aussi à la croisée des chemins où ces mutations sociétales et éthiques peuvent tantôt s’emboîter ou tantôt s’opposer. Mais il faut que la marche continue dans une série de compromis sans compromissions. Le défi est de taille quand on veut être une personne de son temps, de son milieu tout en restant un véritable chrétien, c’est-à-dire un aspirant du ciel. Comment vivre avec le cœur au ciel et les pieds sur la terre sans que la terre ne remplisse le cœur ? Rien de nouveau sous le soleil. Le Seigneur Jésus avait déjà prévenu ses disciples en leur disant : « Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde. » Cette recommandation incite les chrétiens de tous temps à rester comme de véritables lumières pour leur temps et pour leur époque. Pourtant, moult voix invitent fidèles et pasteurs de l’Eglise à s’adapter tant à l’époque qu’à la société. Mais concrètement, à quoi l’Eglise et ses fidèles doivent-ils s’adapter ? Le défi des compromis sans compromissions se révèle être une architecture complexe et sans formule prédéfinie. Il faut du bon sens au rendez-vous ! Or, le bon sens n’étant pas toujours la chose la mieux partagée par l’humanité, l’urgence est à l’humilité du Christ pour porter sur notre société le même regard d’amour qui incite au service.

Bâtisseurs de paix

 

TEXTES ET IMAGES
PAR MADEP-ACE ROMAND

A l’écoute des enfants qui s’interrogent très sérieusement sur leur avenir, le MADEP-ACE propose cette année d’aborder la thématique de la paix avec le slogan:

« Bâtisseurs de paix ! »

Ce thème étant très vaste, nous avons choisi de le développer à travers quatre clés qui sont les suivantes:

Respecter: « Agir, non seulement pour cultiver (labourer, défricher, travailler) notre terre, mais également pour la garder (sauvegarder, soigner, surveiller) » (Laudato Si) afin de la conserver pour les générations futures.

Coopérer : Agir, travailler ensemble en vue de quelque chose, participer, concourir à une œuvre ou à une action commune en laissant une large place aux jeux de coopération qui poursuivent les objectifs de notre Mouvement.

Nuancer : Eveiller l’esprit critique en dépassant la vision binaire (vrai / faux, bien / mal…) pour entrer dans une manière de penser qui transforme l’intériorité pour accueillir l’inattendu et pouvoir ainsi vivre de manière plus fraternelle.

Pardonner : Devenir de vrais bâtisseurs de paix en devenant des exemples vivant d’actions pouvant nous y conduire, le principal moyen d’y parvenir étant, selon le pape François, le pardon qui permet d’élargir nos cœurs et obtenir la paix à laquelle nous aspirons tous.

A l’aide de ces thématiques, qui aident à bâtir la paix quotidiennement dans les différents milieux où vivent les enfants, chacun d’entre eux pourra ainsi développer une empathie envers l’autre afin de mener une vie heureuse dans une société en paix et vivre de la parole de l’évangile :

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu ! » (Mt 5, 9)

Oui, Jésus est venu apporter la paix. C’est un don de Dieu qui nous donne confiance pour traverser ensemble les difficultés et les conflits dans l’espérance d’une vie heureuse pour chacun. Contrairement à la paix du monde qui serait absence de guerre, la paix de Dieu nous mobilise en profondeur.

Etre bâtisseurs de paix est ainsi une attitude à adopter à chaque instant pour favoriser une dynamique qui rend possible de vivre ensemble afin de contrer la violence, d’apprendre la tolérance, le respect et l’harmonie.

Lors des rencontres qui se déroulent une fois par mois, il sera donné une couleur particulière à notre démarche du « voir / comprendre / agir » qui deviendra « respecter / nuancer / coopérer, pardonner ».

Si des enfants souhaitent rejoindre ou créer une équipe ou des adultes désirent devenir accompagnateurs d’équipes, vous pouvez prendre contact avec Pascale Delaloye au 078 661 48 90 ou par mail : pascale.
delaloye@paroisses-herens.ch.

Synode 2023…

… qu’attend Dieu de son Eglise du troisième millénaire ?

PAR L’ABBÉ ROBERT NIÊM | PHOTO : DR

A l’occasion du 50e anniversaire du synode des évêques en 2015, le pape François a insisté sur l’égale dignité des baptisés. Ceux-ci ont tous un rôle à jouer dans l’Eglise et forment ensemble un unique Peuple de Dieu. C’est dans cette perspective que le prochain synode mondial aura lieu. Il se déroule en trois étapes: une consultation dans tous les diocèses, une synthèse au niveau des conférences épiscopales et, pour terminer, un débat au niveau continental.

Le dimanche 17 octobre 2021, le synode a été officiellement inauguré par une liturgie dans chaque diocèse du monde catholique; il prendra fin en octobre 2023. Que signifie le mot «synode»? Synode, du grec synodos, signifie «chemin parcouru ensemble», d’où sa dénomination d’assemblée délibérante. Il réunira, en octobre 2023 à Rome, des évêques du monde entier pour discuter de la Mission de l’ensemble de l’Eglise et de l’Unité de la foi en son sein. Par la suite, se fera la mise en œuvre des orientations votées.

Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission. Notre diocèse LGF a organisé des échanges, des enquêtes et des débats sur les expériences et les attentes des fidèles envers une Eglise synodale. Notre Unité Pastorale Sainte-Claire a également mis sur pied une démarche synodale intéressante par deux soirées : mardi 22 et mercredi 23 février 2022. Celles-ci ont réuni une soixantaine de personnes qui ont exprimé de nombreux vœux. Le CUP a retenu deux pistes les plus importantes à ses yeux qui seront discutées lors des prochains conseils de communauté en automne: la liturgie et la place des jeunes dans un proche avenir.

Nous sommes au seuil de ce processus. Poursuivons donc notre chemin conjointement, avec confiance, enthousiasme, fidélité et surtout avec un amour fraternel et solidaire, dans l’unité et dans le souffle de l’Esprit Saint. C’est là le chemin de la synodalité que Dieu attend de chaque baptisé de son Eglise. Amen! Alléluia.

Synodalité, où en sommes-nous?

A l’issue de la phase diocésaine (automne 2021-printemps 2022) et après la rencontre suisse du 30 mai à
Einsiedeln, on peut se demander où en est le processus synodal lancé par le pape François en vue du Synode des évêques en automne 2023.

Le soufflé est-il déjà en train de retomber ? Tout au contraire, mais il faut du souffle pour accompagner sur la durée ce pro- fond renouveau souhaité pour l’Eglise. La Conférence des évêques suisses a publié la synthèse nationale envoyée à Rome, et la suite du processus fera l’objet d’une réflexion sur le plan de chaque continent.

Faut-il attendre des changements structurels immédiats ou de nouvelles règles rela- tives à la question des ministères? Si l’on se souvient que la synodalité, dans l’esprit du Pape, est avant tout une attitude spirituelle et une manière d’être Eglise en ce temps, rien n’empêche d’œuvrer déjà à la mise en œuvre de ce «marcher ensemble» dans toutes nos activités pastorales.

Prière pour le Synode

PHOTO : PXHERE

Chaque session du Concile Vatican II a commencé par la prière Adsumus Sancte Spiritus, premiers mots de l’original latin signifiant «Nous nous tenons devant Toi, Esprit Saint», qui a été utilisée historiquement lors des conciles, synodes et autres rassemblements de l’Eglise depuis des siècles et étant attribuée à Saint Isidore de Séville (vers 560 – 4 avril 636).

Nous voici devant Toi, Esprit Saint;
en ton nom, nous sommes réunis.
Toi notre seul conseiller,
viens à nous, demeure avec nous,
daigne habiter nos cœurs.
Enseigne-nous vers quel but nous orienter ;
montre-nous comment nous devons marcher ensemble.
Nous qui sommes faibles et pécheurs,
ne permets pas que nous provoquions le désordre.
Fais en sorte que l’ignorance ne nous entraîne pas
sur une fausse route
ni que la partialité influence nos actes.
Que nous trouvions en Toi notre unité,
sans nous éloigner du chemin de la vérité et de la justice,
en avançant ensemble vers la vie éternelle.
Nous Te le demandons à Toi,
qui agis en tout temps et en tout lieu,
dans la communion du Père et du Fils,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Les anges dans nos campagnes

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Omniprésents dans les églises et nombre de représentations artistiques, les anges imprègnent l’imaginaire populaire. Pour l’Eglise catholique, l’existence des anges est une vérité de foi, marquée chaque 2 octobre par la mémoire liturgique des saints Anges gardiens.

Lorsque les bébés naissent, ils posséderaient toute la Connaissance du monde. Dieu, ne souhaitant pas que ce «secret» soit dévoilé trop rapidement, chargerait les anges gardiens de veiller à ce que celui-ci ne soit pas éventé. Pour ce faire, le protecteur ailé poserait alors un doigt sur les lèvres de l’enfant avant sa naissance. Chacun de nous conserverait alors, dans sa chair, la marque des anges: le creux se situant entre la lèvre supérieure et la base du nez.

Simples créatures imaginaires ou véritables messagers d’un céleste monde, un rapide coup d’œil sur les étals des commerces et dans les librairies démontrera que le succès de ces figures célestes ne se dément pas. D’ailleurs, l’enquête de l’Office fédéral de la Statistique (OFS) sur la langue, la religion et la culture, datée de 2019, révèle que près d’un Suisse sur deux croit que des anges ou des êtres surnaturels veillent sur eux (ndlr. toutes traditions confondues).

Le terme «d’Ange gardien» n’est jamais explicitement indiqué dans la Bible, mais associé aux anges protecteurs, mentionnés dans divers passages, tels que celui de l’Exode (23, 20) où Dieu dit: «Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé.» Le concept d’Ange gardien remonte à la Haute Antiquité, mais la compréhension d’une créature surnaturelle dévolue à notre protection n’intervient que dans les derniers siècles de notre ère, à partir du moment où la croyance se détache du collectif pour s’installer dans un rapport plus personnel à la divinité. Déjà célébrée localement depuis le XVe siècle, la fête des saints Anges gardiens est rendue universelle sous l’impulsion de Clément X et devient ainsi une doctrine officielle de l’Eglise catholique.

Recette: Le gâteau des anges

Temps de préparationTemps de cuissonPortions
20 minutes30 minutes12

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Gâteau des anges, préparation venue des Etats-Unis, ne doit sa naissance qu’à l’avènement… du batteur électrique. Il a été nommé ainsi par opposition aux gâteaux à base de beurre ou de chocolat, beaucoup plus «diaboliques» pour la digestion !

Ingrédients et ustensiles

  • Moule à gâteau «cheminée» de 4 l minimum (de type Savarin haut ou Kouglof)
  • Beurre pour le fond du moule
  • 10 blancs d’œufs
  • ¼ cc de sel
  • 1¼ cc de jus de citron
  • ½ cc de poudre à lever
  • 1 gousse de vanille, pulpe raclée
  • 240 g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 2 cs de liqueur d’amande amère (Amaretto, p. ex.) ou un peu d’extrait d’amande
  • 125 g de farine, tamisée
  • 250 – 500 g de fraises ou autres fruits de saison 2 dl de crème fouettée
Le Gâteau des anges a été nommé ainsi par opposition aux gâteaux à base de beurre ou de chocolat, beaucoup plus «diaboliques» pour la digestion !

Préparation

  1. Beurrer le fond du moule sans graisser les bords.
  2. Battre les blancs d’œufs, le sel, le jus de citron, la poudre à lever et la gousse de vanille.
  3. Incorporer la moitié du sucre et le sucre vanillé progressivement sans cesser de remuer. Continuer de battre jusqu’à ce que la masse brille.
  4. Ajouter la liqueur ou l’arôme.
  5. Mélanger le reste du sucre et la farine, incorporer délicatement à la masse en 2-3 portions.
  6. Verser dans le moule préparé. Tapoter plusieurs fois le fond du moule de façon à chasser les bulles d’air.
  7. Cuire 30-35 min dans la partie inférieure du four préchauffé à 180°C. Retourner immédiatement sur une grille avec le moule et laisser refroidir dedans. (Il est essentiel que le gâteau ne s’affaisse pas.)
  8. Détacher les bords du gâteau du moule avec un couteau, démouler.
  9. Couper les fraises ou les fruits de saison en morceaux. En décorer le gâteau ou servir les fruits et la crème en accompagnement du gâteau.

N.B: Des moules spéciaux à gâteau des anges existent. Si vous utilisez un moule à Savarin d’une contenance de 1¾ l, les proportions sont les suivantes : 6 blancs d’oeufs, ¼ de cc de sel, 1 cc de jus de citron, 1 pointe de couteau de poudre à lever, 1 gousse de vanille, 145 g de sucre, ½ sachet de sucre vanillé, 1½ cs de liqueur ou un peu d’arôme et 75 g de farine.

Je suis le chemin avec vous

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : PIXABAY

Parmi les définitions de son être et de sa mission en « Je suis », selon l’évangile de Jean, celle où Jésus se présente comme « Je suis le chemin, la vérité et la vie » est particulièrement évocatrice et englobante. A côté des formulations absolues, telle « Avant qu’Abraham existât, je suis » (Jean 8, 58), les expressions avec un qualificatif « Je suis le pain de vie » (Jean 6, 35) ; « la lumière du monde » (8, 12) ; « le bon pasteur » (10, 7-16) ; « la résurrection » (11, 25) : et « la vigne véritable » (15, 1) se réfèrent toutes au nom de Dieu manifesté à Moïse lors de l’épisode du buisson ardent (Exode 3, 14) : « Je suis qui je suis », et je montrerai au fil de l’histoire qui je serai en demeurant fidèle à mon Alliance avec Israël.

Quand il se révèle comme le chemin (odos), le Christ indique clairement qu’il restera aux côtés de son peuple nouveau. Dans le terme « sun-odos », le « Je suis-avec » précède la voie. Ce qui signifie bien que si le Fils de l’homme est la route vers le Père, il la parcourt toujours avec l’humanité. Nous sommes précédés par un « nous », celui des trois personnes de la Trinité dans leur circulation d’amour, qui nous ont faits à leur image et ressemblance, et celui de la communauté ecclésiale et humaine, sans laquelle nous perdons le Nord.

Or, selon la parole qu’il laisse en testament à ses apôtres après leur avoir lavé les pieds (Jean 13), en réponse à la question de Thomas, « Nous ne savons pas où tu vas » (Jean 14, 5), le Fils de Dieu se dit « chemin » en tant que « vérité » communiquée et « vie » transmise. Les trois termes avancent de concert. S’il ménage la voie du Royaume, c’est parce que le Père le lui en a révélé les mystères, qu’ainsi il nous rend libres grâce à la Vérité qu’il nous manifeste (Jean 18, 32) et vers la plénitude de laquelle l’Esprit Saint nous conduit (Jean 16, 13). De plus, cette route mène à la Vie éternelle en plénitude, auprès du Père que Jésus dévoile totalement : « Qui m’a vu a vu le Père » (14, 9), affirme-t-il à Philippe juste après notre verset.

Ainsi donc, l’itinéraire à la suite du Christ est « syn-odal », véridique et vital par nature. Ce qui implique des conversions spirituelles et structurelles en Eglise et une adhésion dans la foi, l’espérance et l’amour à la Trinité Sainte.

Sur les hauteurs…

PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Différentes célébrations eucharistiques champêtres sont offertes chaque été sur les hauteurs et notamment au Crêtet, à Charavex, à la Crettaz et au Plan de l’Au. Ces célébrations au cœur de la Création sont l’occasion de vivre l’eucharistie un peu différemment et notamment avec une post-communion qui ouvre à une convivialité se poursuivant parfois jusque tard dans l’après-midi ! Ces célébrations se sont réduites ces dernières décennies à quelques-unes pour plusieurs raisons. Le Covid est la dernière en date.

Nous adressons un grand MERCI aux personnes – chœurs, animatrices et animateurs, sacristains, associations et bénévoles, prêtres d’ici ou d’ailleurs – qui permettent à ces célébrations et à la convivialité qui les entoure d’avoir lieu.

Animation par le chœur L’Antonia.
Bernard Falcetti (ici en train de proclamer la Parole) et son épouse Chantal, amis du Père Gabriel Hachem, prêtre libanais, sont les chevilles ouvrières de la messe estivale donnée au Crêtet.

L’eau et le feu

Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Romuald Babey qui prend la plume.

PAR ROMUALD BABEY, REPRÉSENTANT DE L’ÉVÊQUE À NEUCHÂTEL
PHOTOS : CATH.CH, JEAN-CLAUDE GADMER

En écoutant la prédication d’un prêtre en ministère de remplacement dans ma paroisse cet été, j’ai continué sa réflexion sur la temporalité. En effet, ma paroisse fête les cinquante ans de son église cette année. « C’est une « bébé église » par rapport aux deux mille ans de christianisme ! », s’est exclamé l’abbé, tout en faisant la différence entre l’Eglise communauté et l’église bâtiment.

Si nous nous référons à l’échelle humaine, cinquante ans, c’est plus que la moitié de la vie, même si l’espérance de vie a augmenté ces dernières décennies, dans certaines régions du monde. Cinquante ans, ce sont des noces d’or ! Cela marque une certaine stabilité !

Pour nous souvenir du passé et mieux le comprendre, quoi de mieux que d’avoir une mémoire vivante ! Des témoins qui nous racontent… Et ensuite, laisser des traces pour que les générations futures puissent se souvenir.

J’ai continué à cogiter, l’été s’y prêtant bien. Ce sont cette fois les vitraux du chœur de notre église qui m’ont inspiré. L’artiste fribourgeois Yoki, dont nous célébrons cette année les cent ans de la naissance, a choisi, pour ses deux grandes verrières, les thèmes de l’eau et du feu : « symboles des forces de la vie, éléments de purification et symboles de vie spirituelle que l’on retrouve constamment dans la liturgie », écrit-il.

L’eau et le feu sont également au cœur de l’actualité de cette période estivale. En effet, la canicule a provoqué une pénurie d’eau et a préparé le terrain aux feux de forêt. Ces deux éléments essentiels se complètent, s’opposent, s’attirent, s’annulent. La nature est déboussolée par l’activité humaine.

L’homme, dans la création, créature de Dieu, fait à son image, peut voir dans ce qui se passe la fin du monde ou la fin d’un monde. S’il se laisse envahir par le feu de l’Esprit de la Pentecôte, il sera le temple vivant voulu par Dieu. Et l’eau, baptismale cette fois, le purifie et fait de lui un homme nouveau.

Un parcours de foi

Catherine est moitié belge, moitié haut-valaisanne. En 1992, nous étions toutes les deux aides-soignantes au home de la Providence à Montagnier. Trente ans ont passé, trente ans d’amitié… Quand je l’ai rencontrée, Catherine était non-croyante, à ce moment-là nous étions bien loin d’imaginer le chemin de foi qui l’attendait.

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : DR

Parcours…
« Je suis laïque consacrée dans le célibat au sein de la communauté de l’Emmanuel depuis vingt-cinq ans, issue d’une famille qui n’était pas très pratiquante, et moi vraiment athée jusqu’à l’âge de 24 ans. Cette année-là, lors d’un week-end particulier, j’ai fait une belle rencontre personnelle de Dieu, cela n’a pas été une extase ou un grand choc émotionnel, mais c’était tout d’un coup une certitude intérieure, non seulement que Dieu existait, mais qu’il m’aimait telle que j’étais… Je ne peux pas l’expliquer rationnellement, mais c’est quelque chose que j’ai reçu au fond de moi…

Depuis 13 ans, je travaille auprès de personnes âgées dans un EMS à Namur après avoir exercé pendant longtemps le métier de bibliothécaire documentaliste. J’habite avec deux autres consacrées de ma communauté. »

« La charité est une attitude intérieure, qui s’exprime dans l’accueil de l’autre, dans l’écoute et la bienveillance… Je ne suis pas obligée d’accepter tout ce que l’autre dit ou fait mais je peux l’aimer comme il est…»

Un passage d’Evangile…
« Pendant longtemps, un passage de l’Evangile de Matthieu m’a vraiment soutenue, poussée de l’avant, juste les deux grands commandements : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et ton prochain comme toi-même. » Pour moi, ça avait vraiment le sens de me dire « je donne toute ma vie à Dieu » et forcément cela rejaillit sur le prochain, sur moi-même, sur mon chemin de vie : tout est lié. C’est cette communion entre Dieu, les autres et moi qui fait que quelque chose se construit et que la vie avance. Ce passage reste une parole phare…

Depuis un an ou deux, une autre parole, dans l’Evangile de Jean, m’est apparue comme centrale : « Demeurez dans mon amour car hors de moi vous ne pouvez rien faire. » Demeurer en Dieu, c’est-à-dire apprendre à vivre les choses avec amour en le recevant de Dieu… Je me rends compte de plus en plus que je ne suis pas la source et que ce n’est pas à la force de mes petits poignets que je peux arriver à faire quoi que ce soit, mais c’est vraiment en vivant de la grâce de Dieu. Souvent cet élan vers Dieu – « Seigneur aide-moi ! » – me donne la force ou l’inspiration pour agir. D’autres fois je me sens tellement démunie devant certaines situations que je me dis intérieurement : « Seigneur, là j’ai fait ce que j’ai pu mais je ne peux pas aller plus loin… à Toi maintenant… »

«Je rêve du jour où j’arriverai au ciel et que Jésus me regardera et me dira, comme à Marie-Madeleine, « Catherine » avec la même tendresse et une sorte d’amusement, comme pour dire « maintenant, tu vas comprendre…»

Un souhait pour notre Eglise
« J’aurais envie que tous les chrétiens, quelle que soit leur confession, aient une vraie relation avec le Christ, qu’ils apprennent à le connaître, qu’ils aient le désir de le re-connaître, de le re-découvrir et que cela rejaillisse en vraie charité fraternelle, dans une vraie communion… Pour moi, l’unité de l’Eglise ne peut passer que par l’amour… »

«Mon engagement de vie, c’est d’être fidèle à ce que Dieu me demande jour après jour, dans mes temps de prière, de service, de disponibilité.»

La communauté des Béatitudes

De nombreuses communautés sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur la communauté des Béatitudes présente à Venthône, au-dessus de Sierre.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Dates clés

1973 Fondation par Gérard Croissant et son épouse Jo ainsi que par un autre couple, marqués par une expérience saisissante de l’effusion du Saint-Esprit et de l’intimité avec Dieu.

1981 Essor de la communauté à Cordes où le cardinal Robert Coffy, archevêque d’Alby, la reconnait comme « pieuse union ».

2002 Le Conseil pontifical pour les laïcs la reconnait comme « association privée internationale de fidèles ».

2020 La communauté des Béatitudes est érigée en « famille ecclésiale de vie consacrée de droit diocésain » par la Congrégation romaine des instituts de vie consacrée.

Organisation : la communauté compte 760 membres dont 97 prêtres et 8 diacres sur 177 frères, 271 sœurs, 312 laïcs dont 11 diacres permanents et 51 « célibataires pour le Royaume » ainsi que 33 stagiaires en vue d’un engagement. 51 fondations sont présentes sur tous les continents et réparties en 27 pays.

Mission : « Contemplation, communion, compassion et mission » qui se déploient au travers d’un charisme marqué par la vie dans l’Esprit, la communion des états de vie et le rayonnement apostolique.

Présence en Suisse romande : foyer Saint-Joseph à Venthône en Valais où la communauté anime en particulier des retraites de jeunes qui se préparent aux sacrements.

Depuis 2017, une mission permanente a vu le jour à Lausanne à la paroisse Sainte-Thérèse.

Une particularité : la louange et une expérience forte du souffle de Pentecôte.

Pour aller plus loin : beatitudes.org

« S’engager au sein de la communauté des Béatitudes, c’est… »

Par frère Benoît Vary

« Pour moi, faire partie de la Communauté des Béatitudes c’est rendre le Christ présent dans tout ce que je vis et permettre à d’autres de le rencontrer. C’est vivre la vie dans l’Esprit Saint grâce notamment à l’eucharistie quotidienne dont les bienfaits se déploient dans l’oraison. Cette vie d’union à Dieu vient nourrir toute mon activité quotidienne (services, missions…) et me donne la joie de redire « oui » chaque jour, à l’école de la Vierge Marie. »

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