Un parcours «providentiel»

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : CATH.CH / BERNARD HALLET

Officiellement fondée en 2017, après l’ordination de Naseem Asmaroo, la communauté chaldéenne catholique compte environ deux cent cinquante familles en Suisse, dont une trentaine à Genève qui se réunit le dernier samedi du mois à l’église Sainte-Marie du Peuple.

Un pont entre l’Orient et l’Occident

Imprégné de la culture et de la spiritualité orientale de son église, Naseem Asmaroo, originaire d’Irak, arrive en Europe en 2007. D’abord la Belgique, où il termine ses études, avant de se rendre en Suisse pour y rejoindre Lusia, qu’il épouse en 2010. Il nomme les opportunités offertes par l’Eglise en Suisse : « providence ». Ces signes du destin se matérialisent par un engagement en tant qu’agent pastoral laïc pour l’Eglise catholique dans le canton de Vaud (ECVD). En 2017, il est ordonné prêtre dans l’Eglise chaldéenne catholique et sillonne depuis une grande partie de la Suisse romande pour célébrer autant les messes que les mariages ou les baptêmes de cette communauté attachée à son héritage spirituel. C’est ensuite Mgr Morerod qui propose personnellement à Naseem Asmaroo de faire une demande de « bi-ritualité » auprès de Rome. Celle-ci lui est accordée en février 2018. Depuis, le Père Asmaroo célèbre dans les deux rites. « C’est une grâce de vivre cela. Il y a une réelle complémentarité entre ce que je vis avec les fidèles de l’église chaldéenne et les fidèles de l’église latine. C’est une grande richesse et une manière pour moi de construire un pont entre les deux cultures et les deux spiritualités ». D’ailleurs, toutes les messes sont célébrées en araméen, en arabe et en français. Ainsi, quiconque le désirant peut se joindre à la communauté.

Catholicité à tous niveaux

Loin de chercher à « créer une église dans l’Eglise. C’est une manière de perpétuer notre culture en encourageant à vivre pleinement les autres dimanches avec les paroisses locales. Ici, nous nous sentons vraiment chez nous. L’accueil que nous avons reçu donne un bon exemple aux nouvelles générations d’une intégration vécue et non imposée ».

Une dignité inaliénable

Créée en 1988 à l’initiative des trois Eglises officielles du canton de Genève, catholique romaine, catholique chrétienne et protestante, l’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des requérants d’asile (AGORA) se bat, hier comme aujourd’hui, pour contrer les idées reçues et remettre au centre de toute discussion la dignité humaine.

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS : OLIVIER CHANSON, ECR

Depuis 1993, on dénombre plus de 48’000 personnes décédées en essayant de fuir vers l’Europe. La plupart noyées dans la mer Méditerranée. D’autres abattues aux frontières. Des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, des bébés. Ceux qui survivent aux barricades de la forteresse Europe ne s’attendent pas à trouver un sol inhospitalier qui leur réserve bien souvent un parcours digne des Douze travaux d’Astérix avant l’obtention du droit d’asile.

« La migration et l’asile sont perçus comme un poids. Or, ils font partie de l’histoire et de l’ADN de Genève. D’ailleurs, le développement de l’industrie horlogère aurait été différent sans eux », pointe Virginie Hours. Mais les préjugés sont tenaces. « Trop souvent j’entends la formule : ils viennent en Europe, car ils s’imaginent que la vie y est plus facile. On oublie que la grande majorité d’entre eux aurait préféré rester chez eux au lieu d’être contraints à l’exil ». Virginie Hours fait partie de l’équipe d’aumôniers et bénévoles à pied d’œuvre dans différents lieux du canton : tels que la zone de transit de l’aéroport de Cointrin, dans les établissements de détention administrative, dans les différents logements où les requérants résident sur le territoire.

« De nombreuses situations trouveraient des issues simples et humaines si le droit était appliqué, car les dispositions législatives existent et prévoient les conditions d’accueil ou de régularisation des personnes ». L’Eglise a un vrai rôle de garde-fou à jouer afin de « rappeler sans cesse qu’il s’agit d’hommes et de femmes tous uniques et qui méritent le respect ».

 

Au service, mais comment ?

Une chose que l’AGORA accomplit et dont on ne se rend peut-être pas compte ?

Virginie Hours : Nous faisons partis d’un « réseau », celui des aumôniers suisses qui travaillent dans le domaine de l’asile. Nous nous rencontrons à Berne deux fois par an afin d’échanger sur la situation existante dans les Centres fédéraux d’asile (CFA), un partage d’expérience et d’information. Ces contacts nous permettent ainsi de suivre des personnes que certains collègues accompagnent déjà au sein d’un CFA lorsqu’elles sont affectées au canton de Genève. Aussi, il n’y a pas de rupture. Ces instances sont importantes également pour mener certaines réflexions ou négociations avec Berne. Actuellement par exemple, un accord-cadre avec le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) est en cours de renégociation et un travail de réflexion est mené sur la présence d’aumôniers musulmans, présence que nous appelons de nos vœux.

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?

VH : Nous intervenons régulièrement dans les écoles, à la demande des enseignants, pour présenter l’AGORA et rendre plus tangible la question de la migration et de l’accueil. Nous essayons ainsi de contribuer à casser certains préjugés ou certaines peurs. Nous intervenons aussi en appui du travail de la coordination asile lors de temps forts ou en sollicitant que l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) applique simplement les règles en transmettant des dossiers à Berne. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, mais de compréhension et de reconnaissance. Il s’agit aussi de permettre la construction de pont entre les Genevois et les personnes de l’asile et de susciter la réflexion. C’est pourquoi, par exemple, nous avons répondu positivement à la demande de l’Espace Madeleine. Celui-ci proposait de nous y impliquer le mois dernier en animant deux soirées dans le cadre de l’exposition Les Pèlerins afin de susciter la réflexion sur les liens entre pèlerinage, asile et migration.

Une pastorale pour rendre visible

La Pastorale des familles de l’Eglise catholique romaine à Genève a officialisé l’accueil pastoral et spirituel des personnes LGBTIQ+ et de leurs familles ainsi que sa collaboration avec l’Antenne LGBTI Genève de l’Eglise protestante genevoise (EPG). Le 1er septembre dernier, à l’occasion d’une soirée témoignage, un prêtre a partagé la manière dont il concilie son homosexualité et sa vocation ecclésiale. Le point avec Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale des familles.

PROPOS RECUEILLIS PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : ECR

Vous avez évoqué lors de la soirée une rencontre avec Mgr Morerod. Que vous a-t-il dit ?

Il était au courant du témoignage du prêtre et m’a remerciée d’oser porter ce dossier.

Depuis le témoignage du prêtre, quelles ont été les réactions ?

Beaucoup de remerciements et d’encouragements, mais également des paroles moins bienveillantes. Certaines personnes ont l’impression que cela met l’Eglise en péril.

Le fait que cet accueil se fasse sous l’étiquette Pastorale des familles heurte les croyants ?

Oui bien entendu. Dans la tradition catholique, la famille naît du sacrement du mariage et donc de l’union d’un homme et d’une femme. Lorsqu’on parle d’un couple de même sexe, l’aspect de procréation disparait et cela va à l’encontre de l’image de la famille prônée dans l’Eglise. La Pastorale des familles se veut le lieu de départ d’une pastorale LGBT : le tremplin pour qu’elle prenne son envol.

Qu’avez-vous voulu officialiser, car de facto « l’accueil » existe déjà ?

En effet, il existe déjà des lieux pastoraux qui accueillent ces personnes dans la bienveillance, mais ce n’est pas le cas partout. L’officialisation est une manière de montrer que la question existe bel et bien en église et que nous n’allons pas l’esquiver.

Comment cet « accueil » va-t-il se matérialiser ?

Nous allons organiser des temps spirituels en collaboration avec l’Antenne LGBTI. Je fais d’ailleurs partie du comité liturgique qui se met en route. Il y a aussi tout l’aspect de la recherche théologique et nous allons mettre sur pied un groupe avec des théologiens et des personnes concernées afin de travailler sur cette question.

Justement, le Catéchisme de l’Eglise catholique est souvent évoqué pour condamner l’homosexualité…

La théologie catholique autour de la distinction entre l’être et l’acte et la manière dont le comportement des personnes est qualifié doit être repensée. Les actes sont jugés et non la personne, mais il n’est pas possible de dissocier pleinement les deux. Cette question est complexe, car elle concerne avant tout l’anthropologie sous-jacente à la foi et à la théologie. Aujourd’hui, il n’est plus possible de mettre de côté la dimension incarnée de l’humain.

Une proposition…

… pour plonger dans les histoires et imaginaires de nos rues

Des mots soufflés par des panneaux accrochés à des arbres en ville de Genève invitent à plonger dans les histoires qui remplissent nos rues et font les identités singulières de notre ville. Pour écouter ces récits, tissés entre la préhistoire et le futur, on saisira avec son smartphone les codes QR suspendus dans les branchages et on glissera ses écouteurs dans ses oreilles. Des voix de comédiennes donnent vie, d’arbre en arbre, à ce fourmillement d’histoire(s), d’imaginaire et de vécu.

Trois possibilités pour plonger dans ces parcours-récits :

• Les codes QR :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours et vous notez le point de départ pour le parcours sélectionné,

– en saisissant avec votre smartphone les codes QR accrochés aux arbres, vous atterrissez directement sur les podcasts de chaque halte et sur les autres contenus liés à chaque lieu.

• Par GPS / Géolocalisation :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours

– vous activez le bouton « GPS » sur le plan,

– vous autorisez Hypercity à accéder à votre localisation si votre appareil vous le demande,

– vous repérez votre position (vous êtes le point bleu sur le plan),

– et vous cliquez sur « Commencer le parcours ».

• Par un « simple » clic :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours

– vous cliquez sur le n. 1 dans le plan ou dans la liste « Les haltes »,

– après avoir écouté le contenu d’une halte, vous cliquez sur « Poursuivre le parcours », puis sur le no suivant dans le plan, et ainsi de suite…

… pour visiter Genève en répondant à des devinettes

Une application mobile gratuite, dénommée Ouchui, a débarqué à Genève : elle permet de découvrir des lieux de la Cité de Calvin, mais aussi de Lancy ou Carouge, en répondant à des devinettes sur les lieux visités. Au fil d’une enquête faisant appel à la culture générale, la rapidité et le sens de l’observation, ce jeu de piste vous conduira à travers diverses zones géographiques et thématiques tout en satisfaisant votre curiosité grâce à diverses anecdotes et faits historiques. Rendez-vous sur ouchui.ch avec votre smartphone pour commencer à explorer votre ville.

Thèmes et rubriques 2023

Thèmes 2023

Mois Sujet
Janvier Mobilité-immobilité des fidèles (Thierry Schelling)
Au vu des regroupements de communautés, de célébrations et d’équipes pastorales au service de grands territoires, d’aucuns se plaignent : il nous faut aller à la messe dans l’église d’à-côté ! Qui se trouve à 700 mètres! A l’ère de la mobilité douce et aérodynamique, où l’on fait des kilomètres – et à tout âge ! – pour les vacances, les courses, les visites chez le médecin, les sorties culturelles, on freine des quatre fers pour changer d’église pour « sa » messe dominicale. Pourquoi ? Tentative de réponse… critique..
Février La solitude du prêtre (Calixte Dubosson)
« Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau. » Cette recommandation de saint Paul (Ac 20, 28) invite les responsables de communauté à prendre soin d’eux-mêmes. Beaucoup de prêtres aujourd’hui ressentent une réelle solitude et un découragement face à la mission qui leur est confiée. A la suite des scandales, le prêtre n’apparaît plus comme le garant d’un comportement moral indéfectible. Soupçonné, il ne peut plus donner une image de solidité et de vérité et son ministère s’en trouve ainsi fragilisé.
Mars Archéologie biblique (Pierre Guillemin)
Le Nouveau et l’Ancien Testament citent de très nombreux lieux, bâtiments, personnalités historiques. Est-ce pure invention ou pouvons-nous, au contraire, en retrouver la trace par une exploitation scientifique des recherches archéologiques menées aux endroits supposés du droulement des récits? A la lueur des découvertes, comment pouvons-nous réconcilier le Sacré et la réalité des faits ?
Avril Mortellement vôtre (Myriam Bettens)
Parler de la mort est peu plaisant. Tellement peu qu’elle a été reléguée en marge et confiée à des personnes qui savent s’en occuper sans trop faire de bruit. Le Covid l’a ramenée sur le devant de la scène, et avec fracas. Ne serait-il pas temps de lui redonner sa place au sein de notre société. Au sein de la vie ?
Mai Comment comprendre la baisse des vocations en Europe ? (Calixte Dubosson)
La constatation est générale : les vocations religieuses et sacerdotales dans les pays occidentaux sont en baisse constante, contrairement à d’autres continents. Il n’est pas si facile de discerner les causes d’une telle situation. Il est donc important de ne pas tomber dans des considérations simplistes pour expliquer ce phénomène, mais de rechercher les origines de la dévalorisation d’un idéal si apprécié et si recherché dans la vie de l’Eglise.
Juin Athée souhaits (Myriam Bettens)
Vous aussi cela vous fait tousser de lire que les athées sont en voie de disparition alors qu’on parle sans arrêt d’une baisse de sentiment religieux ? Paradoxalement, cette classe « d’incroyants » est bien en voie d’extinction selon de récentes recherches. Faut-il alors créer un biotope protégé pour la préserver ?
Juillet-août Restaurer le patrimoine (Amandine Beffa)
Si les notions de préservation du patrimoine et de restauration sont désormais incontournables, elles sont toutefois récentes. En effet, avant le XIXe siècle, c’est le besoin et les goûts du moment qui orientaient les décisions. Aujourd’hui des questions profondes accompagnent les grands chantiers : quel est le sens d’un lieu ? Parle-t-il du passé ? Est-il au service des hommes de ce temps ? Est-il fonctionnel ? Autant d’interrogations qu’abordera cet éclairage.
Septembre Médecin et chrétien (Pierre Guillemin)
Maladies et traumatismes sont le quotidien des médecins. Le médecin soigne, guérit (très souvent) mais, comme le chrétien, il se trouve confronté à des questions difficiles d’éthique, de choix. Comment la foi chrétienne d’un médecin l’aide-t-elle dans son combat pour la vie ?
Octobre Cathé connecté ! (Thierry Schelling)
Le catéchisme ou la catéchèse ? Des chants à la guitare ou des concerts de Push Up (groupe de musique chrétienne) ? Des leçons avec quiz et découpages ou des mangas, voire des Escape rooms ? Transmettre une religion nécessite des moyens pertinents; la jeunesse (enfants, ados et jeunes adultes) a besoin qu’on l’évangélise avec des moyens de son temps. Nos méthodes sont-elles actuelles, actualisables ? Quel type de transmission pour la mission aujourd’hui ? Panorama.
Novembre Les reliques (Amandine Beffa)
Les reliques posent de nombreuses questions. Certains n’y croient pas du tout, mettant notamment en cause leur authenticité, alors que d’autres parcourent des kilomètres pour pouvoir en vénérer. Au-delà de la découverte des beaux reliquaires de Suisse, nous pouvons nous demander ce que sont les reliques et si elles sont réellement nécessaires à notre foi.
Décembre Evangélistes et auteurs du Nouveau Testament (François-Xavier Amherdt)
Qui sont les évangélistes et notamment Luc, l’auteur des Actes ? Qui est Paul, quelles sont les épîtres qui viennent de lui ? Et Jacques, Pierre et Jean, les auteurs des Lettres qui leur sont attribuées ? Le rédacteur de l’Apocalypse est-il le même que celui du 4e évangile ? Voilà quelques questions auxquelles l’Eclairage vise à répondre brièvement : situer les auteurs des écrits du Nouveau Testament permet d’entrer plus profondément dans leur intelligence.

Rubriques 2023

Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2023.

En 2023, nous vous proposons deux nouvelles rubriques

sous la plume de Pierre Guillemin qui rejoint la rédaction romande

Merveilleusement scientifique : l’objectif de cette rubrique est d’illustrer, par des exemples concrets, la démarche scientifique d’hommes et de femmes d’Eglise dans leur quête de la compréhension de notre monde.

sous la plume de Myriam Bettens, en remplacement de « Faire recette »

Saint aujourd’hui : le saint ou le bienheureux n’est pas seulement celui qui a vécu il y a longtemps, dans un pays et un contexte différents des nôtres. Il peut être compatriote, contemporain et vivre dans des conditions assez semblables aux nôtres. A une différence près : il a fait le choix (parfois radical) de se mettre à la suite du Christ.

Magazine au format B5

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-5 Eclairage Tournus de la rédaction
6 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
7 Le Pape a dit… Thierry Schelling
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
9 Jeunes et humour M.-C. Follonier
Pascal Ortelli
Calixte Dubosson
10-11 Small Talk Myriam Bettens
12 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
13 Paroles de jeunes, parole aux jeunes Tournus externe
14 Merveilleusement scientifique Nouveau! Pierre Guillemin
15 Saint aujourd’hui Nouveau! Myriam Bettens
16 En librairie Calixte Dubosson

Magazine au format A4

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-3 Eclairage Tournus de la rédaction
4 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
4 Le Pape a dit… Thierry Schelling
5 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
6 Small Talk Myriam Bettens
7 Merveilleusement scientifique Nouveau! Pierre Guillemin
8 Paroles de jeunes, parole aux jeunes Tournus externe
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe

Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.

Marcher et prier ensemble

PAR DORIS BUCHARD | PHOTO : WWW.TOURISME-TARN.COM

Marcher, oui, mais vers où ?
Aide-nous, Seigneur, à nous diriger constamment au centre, pour nous reconnaître sarments greffés sur l’unique vigne qui est Jésus.
Aide-nous à nous aider mutuellement afin de rester unis et de porter des fruits autour de nous.
Aide-nous à laisser sur le bas-côté les péripéties existentielles et quotidiennes.
Ainsi notre marche sera convaincue vers le monde afin d’y porter la présence du Seigneur.

Prier, oui, mais comment ?
Dans notre prière aussi, comme sur le chemin, nous ne pouvons pas avancer seuls.
Aide-nous Seigneur, par la grâce de Dieu à la diffuser harmonieusement entre les croyants qui s’aiment.
Aide-nous à prier les uns pour les autres car chacun est une rencontre sur notre chemin.
Aide-nous à être unis dans la prière comme Tu nous l’a appris.
Ainsi, notre prière sera convaincue pour les autres et le vent de l’Esprit soufflera et nous inspirera.
Alors oui PRIER et MARCHER ENSEMBLE aura du sens.

« Chrétien dans un monde qui ne l’est plus »

PAR L’ABBÉ AIMÉ MUNYAWA
PHOTOS: ODIE ARIANE, JEAN-CLAUDE GADMER

Aux jours d’aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre des voix qui disent: «ce monde est pourri» ou encore «tout a changé on ne sait plus où on va». Toutes ces expressions et tant d’autres encore de même nature prouvent à suffisance combien le changement d’époques est parfois déconcertant. S’il n’impose pas un véritable défi ou challenge comme ce fut à l’époque des dinosaures, il exige tout de même des efforts assez particuliers d’adaptation pour se mettre à jour ou de renoncement pour se forger un nouveau style de vie.

« Appelé aujourd’hui à être témoin par des compromis sans compromissions.»

Les chrétiens, dans leurs efforts quotidiens de sainteté et de rectitude morale, se trouvent aussi à la croisée des chemins où ces mutations sociétales et éthiques peuvent tantôt s’emboîter ou tantôt s’opposer. Mais il faut que la marche continue dans une série de compromis sans compromissions. Le défi est de taille quand on veut être une personne de son temps, de son milieu tout en restant un véritable chrétien, c’est-à-dire un aspirant du ciel. Comment vivre avec le cœur au ciel et les pieds sur la terre sans que la terre ne remplisse le cœur ? Rien de nouveau sous le soleil. Le Seigneur Jésus avait déjà prévenu ses disciples en leur disant : « Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde. » Cette recommandation incite les chrétiens de tous temps à rester comme de véritables lumières pour leur temps et pour leur époque. Pourtant, moult voix invitent fidèles et pasteurs de l’Eglise à s’adapter tant à l’époque qu’à la société. Mais concrètement, à quoi l’Eglise et ses fidèles doivent-ils s’adapter ? Le défi des compromis sans compromissions se révèle être une architecture complexe et sans formule prédéfinie. Il faut du bon sens au rendez-vous ! Or, le bon sens n’étant pas toujours la chose la mieux partagée par l’humanité, l’urgence est à l’humilité du Christ pour porter sur notre société le même regard d’amour qui incite au service.

Bâtisseurs de paix

 

TEXTES ET IMAGES
PAR MADEP-ACE ROMAND

A l’écoute des enfants qui s’interrogent très sérieusement sur leur avenir, le MADEP-ACE propose cette année d’aborder la thématique de la paix avec le slogan:

« Bâtisseurs de paix ! »

Ce thème étant très vaste, nous avons choisi de le développer à travers quatre clés qui sont les suivantes:

Respecter: « Agir, non seulement pour cultiver (labourer, défricher, travailler) notre terre, mais également pour la garder (sauvegarder, soigner, surveiller) » (Laudato Si) afin de la conserver pour les générations futures.

Coopérer : Agir, travailler ensemble en vue de quelque chose, participer, concourir à une œuvre ou à une action commune en laissant une large place aux jeux de coopération qui poursuivent les objectifs de notre Mouvement.

Nuancer : Eveiller l’esprit critique en dépassant la vision binaire (vrai / faux, bien / mal…) pour entrer dans une manière de penser qui transforme l’intériorité pour accueillir l’inattendu et pouvoir ainsi vivre de manière plus fraternelle.

Pardonner : Devenir de vrais bâtisseurs de paix en devenant des exemples vivant d’actions pouvant nous y conduire, le principal moyen d’y parvenir étant, selon le pape François, le pardon qui permet d’élargir nos cœurs et obtenir la paix à laquelle nous aspirons tous.

A l’aide de ces thématiques, qui aident à bâtir la paix quotidiennement dans les différents milieux où vivent les enfants, chacun d’entre eux pourra ainsi développer une empathie envers l’autre afin de mener une vie heureuse dans une société en paix et vivre de la parole de l’évangile :

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu ! » (Mt 5, 9)

Oui, Jésus est venu apporter la paix. C’est un don de Dieu qui nous donne confiance pour traverser ensemble les difficultés et les conflits dans l’espérance d’une vie heureuse pour chacun. Contrairement à la paix du monde qui serait absence de guerre, la paix de Dieu nous mobilise en profondeur.

Etre bâtisseurs de paix est ainsi une attitude à adopter à chaque instant pour favoriser une dynamique qui rend possible de vivre ensemble afin de contrer la violence, d’apprendre la tolérance, le respect et l’harmonie.

Lors des rencontres qui se déroulent une fois par mois, il sera donné une couleur particulière à notre démarche du « voir / comprendre / agir » qui deviendra « respecter / nuancer / coopérer, pardonner ».

Si des enfants souhaitent rejoindre ou créer une équipe ou des adultes désirent devenir accompagnateurs d’équipes, vous pouvez prendre contact avec Pascale Delaloye au 078 661 48 90 ou par mail : pascale.
delaloye@paroisses-herens.ch.

Synode 2023…

… qu’attend Dieu de son Eglise du troisième millénaire ?

PAR L’ABBÉ ROBERT NIÊM | PHOTO : DR

A l’occasion du 50e anniversaire du synode des évêques en 2015, le pape François a insisté sur l’égale dignité des baptisés. Ceux-ci ont tous un rôle à jouer dans l’Eglise et forment ensemble un unique Peuple de Dieu. C’est dans cette perspective que le prochain synode mondial aura lieu. Il se déroule en trois étapes: une consultation dans tous les diocèses, une synthèse au niveau des conférences épiscopales et, pour terminer, un débat au niveau continental.

Le dimanche 17 octobre 2021, le synode a été officiellement inauguré par une liturgie dans chaque diocèse du monde catholique; il prendra fin en octobre 2023. Que signifie le mot «synode»? Synode, du grec synodos, signifie «chemin parcouru ensemble», d’où sa dénomination d’assemblée délibérante. Il réunira, en octobre 2023 à Rome, des évêques du monde entier pour discuter de la Mission de l’ensemble de l’Eglise et de l’Unité de la foi en son sein. Par la suite, se fera la mise en œuvre des orientations votées.

Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission. Notre diocèse LGF a organisé des échanges, des enquêtes et des débats sur les expériences et les attentes des fidèles envers une Eglise synodale. Notre Unité Pastorale Sainte-Claire a également mis sur pied une démarche synodale intéressante par deux soirées : mardi 22 et mercredi 23 février 2022. Celles-ci ont réuni une soixantaine de personnes qui ont exprimé de nombreux vœux. Le CUP a retenu deux pistes les plus importantes à ses yeux qui seront discutées lors des prochains conseils de communauté en automne: la liturgie et la place des jeunes dans un proche avenir.

Nous sommes au seuil de ce processus. Poursuivons donc notre chemin conjointement, avec confiance, enthousiasme, fidélité et surtout avec un amour fraternel et solidaire, dans l’unité et dans le souffle de l’Esprit Saint. C’est là le chemin de la synodalité que Dieu attend de chaque baptisé de son Eglise. Amen! Alléluia.

Synodalité, où en sommes-nous?

A l’issue de la phase diocésaine (automne 2021-printemps 2022) et après la rencontre suisse du 30 mai à
Einsiedeln, on peut se demander où en est le processus synodal lancé par le pape François en vue du Synode des évêques en automne 2023.

Le soufflé est-il déjà en train de retomber ? Tout au contraire, mais il faut du souffle pour accompagner sur la durée ce pro- fond renouveau souhaité pour l’Eglise. La Conférence des évêques suisses a publié la synthèse nationale envoyée à Rome, et la suite du processus fera l’objet d’une réflexion sur le plan de chaque continent.

Faut-il attendre des changements structurels immédiats ou de nouvelles règles rela- tives à la question des ministères? Si l’on se souvient que la synodalité, dans l’esprit du Pape, est avant tout une attitude spirituelle et une manière d’être Eglise en ce temps, rien n’empêche d’œuvrer déjà à la mise en œuvre de ce «marcher ensemble» dans toutes nos activités pastorales.

Prière pour le Synode

PHOTO : PXHERE

Chaque session du Concile Vatican II a commencé par la prière Adsumus Sancte Spiritus, premiers mots de l’original latin signifiant «Nous nous tenons devant Toi, Esprit Saint», qui a été utilisée historiquement lors des conciles, synodes et autres rassemblements de l’Eglise depuis des siècles et étant attribuée à Saint Isidore de Séville (vers 560 – 4 avril 636).

Nous voici devant Toi, Esprit Saint;
en ton nom, nous sommes réunis.
Toi notre seul conseiller,
viens à nous, demeure avec nous,
daigne habiter nos cœurs.
Enseigne-nous vers quel but nous orienter ;
montre-nous comment nous devons marcher ensemble.
Nous qui sommes faibles et pécheurs,
ne permets pas que nous provoquions le désordre.
Fais en sorte que l’ignorance ne nous entraîne pas
sur une fausse route
ni que la partialité influence nos actes.
Que nous trouvions en Toi notre unité,
sans nous éloigner du chemin de la vérité et de la justice,
en avançant ensemble vers la vie éternelle.
Nous Te le demandons à Toi,
qui agis en tout temps et en tout lieu,
dans la communion du Père et du Fils,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Les anges dans nos campagnes

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Omniprésents dans les églises et nombre de représentations artistiques, les anges imprègnent l’imaginaire populaire. Pour l’Eglise catholique, l’existence des anges est une vérité de foi, marquée chaque 2 octobre par la mémoire liturgique des saints Anges gardiens.

Lorsque les bébés naissent, ils posséderaient toute la Connaissance du monde. Dieu, ne souhaitant pas que ce «secret» soit dévoilé trop rapidement, chargerait les anges gardiens de veiller à ce que celui-ci ne soit pas éventé. Pour ce faire, le protecteur ailé poserait alors un doigt sur les lèvres de l’enfant avant sa naissance. Chacun de nous conserverait alors, dans sa chair, la marque des anges: le creux se situant entre la lèvre supérieure et la base du nez.

Simples créatures imaginaires ou véritables messagers d’un céleste monde, un rapide coup d’œil sur les étals des commerces et dans les librairies démontrera que le succès de ces figures célestes ne se dément pas. D’ailleurs, l’enquête de l’Office fédéral de la Statistique (OFS) sur la langue, la religion et la culture, datée de 2019, révèle que près d’un Suisse sur deux croit que des anges ou des êtres surnaturels veillent sur eux (ndlr. toutes traditions confondues).

Le terme «d’Ange gardien» n’est jamais explicitement indiqué dans la Bible, mais associé aux anges protecteurs, mentionnés dans divers passages, tels que celui de l’Exode (23, 20) où Dieu dit: «Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé.» Le concept d’Ange gardien remonte à la Haute Antiquité, mais la compréhension d’une créature surnaturelle dévolue à notre protection n’intervient que dans les derniers siècles de notre ère, à partir du moment où la croyance se détache du collectif pour s’installer dans un rapport plus personnel à la divinité. Déjà célébrée localement depuis le XVe siècle, la fête des saints Anges gardiens est rendue universelle sous l’impulsion de Clément X et devient ainsi une doctrine officielle de l’Eglise catholique.

Recette: Le gâteau des anges

Temps de préparationTemps de cuissonPortions
20 minutes30 minutes12

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Gâteau des anges, préparation venue des Etats-Unis, ne doit sa naissance qu’à l’avènement… du batteur électrique. Il a été nommé ainsi par opposition aux gâteaux à base de beurre ou de chocolat, beaucoup plus «diaboliques» pour la digestion !

Ingrédients et ustensiles

  • Moule à gâteau «cheminée» de 4 l minimum (de type Savarin haut ou Kouglof)
  • Beurre pour le fond du moule
  • 10 blancs d’œufs
  • ¼ cc de sel
  • 1¼ cc de jus de citron
  • ½ cc de poudre à lever
  • 1 gousse de vanille, pulpe raclée
  • 240 g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 2 cs de liqueur d’amande amère (Amaretto, p. ex.) ou un peu d’extrait d’amande
  • 125 g de farine, tamisée
  • 250 – 500 g de fraises ou autres fruits de saison 2 dl de crème fouettée
Le Gâteau des anges a été nommé ainsi par opposition aux gâteaux à base de beurre ou de chocolat, beaucoup plus «diaboliques» pour la digestion !

Préparation

  1. Beurrer le fond du moule sans graisser les bords.
  2. Battre les blancs d’œufs, le sel, le jus de citron, la poudre à lever et la gousse de vanille.
  3. Incorporer la moitié du sucre et le sucre vanillé progressivement sans cesser de remuer. Continuer de battre jusqu’à ce que la masse brille.
  4. Ajouter la liqueur ou l’arôme.
  5. Mélanger le reste du sucre et la farine, incorporer délicatement à la masse en 2-3 portions.
  6. Verser dans le moule préparé. Tapoter plusieurs fois le fond du moule de façon à chasser les bulles d’air.
  7. Cuire 30-35 min dans la partie inférieure du four préchauffé à 180°C. Retourner immédiatement sur une grille avec le moule et laisser refroidir dedans. (Il est essentiel que le gâteau ne s’affaisse pas.)
  8. Détacher les bords du gâteau du moule avec un couteau, démouler.
  9. Couper les fraises ou les fruits de saison en morceaux. En décorer le gâteau ou servir les fruits et la crème en accompagnement du gâteau.

N.B: Des moules spéciaux à gâteau des anges existent. Si vous utilisez un moule à Savarin d’une contenance de 1¾ l, les proportions sont les suivantes : 6 blancs d’oeufs, ¼ de cc de sel, 1 cc de jus de citron, 1 pointe de couteau de poudre à lever, 1 gousse de vanille, 145 g de sucre, ½ sachet de sucre vanillé, 1½ cs de liqueur ou un peu d’arôme et 75 g de farine.

L’eau et le feu

Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Romuald Babey qui prend la plume.

PAR ROMUALD BABEY, REPRÉSENTANT DE L’ÉVÊQUE À NEUCHÂTEL
PHOTOS : CATH.CH, JEAN-CLAUDE GADMER

En écoutant la prédication d’un prêtre en ministère de remplacement dans ma paroisse cet été, j’ai continué sa réflexion sur la temporalité. En effet, ma paroisse fête les cinquante ans de son église cette année. « C’est une « bébé église » par rapport aux deux mille ans de christianisme ! », s’est exclamé l’abbé, tout en faisant la différence entre l’Eglise communauté et l’église bâtiment.

Si nous nous référons à l’échelle humaine, cinquante ans, c’est plus que la moitié de la vie, même si l’espérance de vie a augmenté ces dernières décennies, dans certaines régions du monde. Cinquante ans, ce sont des noces d’or ! Cela marque une certaine stabilité !

Pour nous souvenir du passé et mieux le comprendre, quoi de mieux que d’avoir une mémoire vivante ! Des témoins qui nous racontent… Et ensuite, laisser des traces pour que les générations futures puissent se souvenir.

J’ai continué à cogiter, l’été s’y prêtant bien. Ce sont cette fois les vitraux du chœur de notre église qui m’ont inspiré. L’artiste fribourgeois Yoki, dont nous célébrons cette année les cent ans de la naissance, a choisi, pour ses deux grandes verrières, les thèmes de l’eau et du feu : « symboles des forces de la vie, éléments de purification et symboles de vie spirituelle que l’on retrouve constamment dans la liturgie », écrit-il.

L’eau et le feu sont également au cœur de l’actualité de cette période estivale. En effet, la canicule a provoqué une pénurie d’eau et a préparé le terrain aux feux de forêt. Ces deux éléments essentiels se complètent, s’opposent, s’attirent, s’annulent. La nature est déboussolée par l’activité humaine.

L’homme, dans la création, créature de Dieu, fait à son image, peut voir dans ce qui se passe la fin du monde ou la fin d’un monde. S’il se laisse envahir par le feu de l’Esprit de la Pentecôte, il sera le temple vivant voulu par Dieu. Et l’eau, baptismale cette fois, le purifie et fait de lui un homme nouveau.

Un parcours de foi

Catherine est moitié belge, moitié haut-valaisanne. En 1992, nous étions toutes les deux aides-soignantes au home de la Providence à Montagnier. Trente ans ont passé, trente ans d’amitié… Quand je l’ai rencontrée, Catherine était non-croyante, à ce moment-là nous étions bien loin d’imaginer le chemin de foi qui l’attendait.

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : DR

Parcours…
« Je suis laïque consacrée dans le célibat au sein de la communauté de l’Emmanuel depuis vingt-cinq ans, issue d’une famille qui n’était pas très pratiquante, et moi vraiment athée jusqu’à l’âge de 24 ans. Cette année-là, lors d’un week-end particulier, j’ai fait une belle rencontre personnelle de Dieu, cela n’a pas été une extase ou un grand choc émotionnel, mais c’était tout d’un coup une certitude intérieure, non seulement que Dieu existait, mais qu’il m’aimait telle que j’étais… Je ne peux pas l’expliquer rationnellement, mais c’est quelque chose que j’ai reçu au fond de moi…

Depuis 13 ans, je travaille auprès de personnes âgées dans un EMS à Namur après avoir exercé pendant longtemps le métier de bibliothécaire documentaliste. J’habite avec deux autres consacrées de ma communauté. »

« La charité est une attitude intérieure, qui s’exprime dans l’accueil de l’autre, dans l’écoute et la bienveillance… Je ne suis pas obligée d’accepter tout ce que l’autre dit ou fait mais je peux l’aimer comme il est…»

Un passage d’Evangile…
« Pendant longtemps, un passage de l’Evangile de Matthieu m’a vraiment soutenue, poussée de l’avant, juste les deux grands commandements : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et ton prochain comme toi-même. » Pour moi, ça avait vraiment le sens de me dire « je donne toute ma vie à Dieu » et forcément cela rejaillit sur le prochain, sur moi-même, sur mon chemin de vie : tout est lié. C’est cette communion entre Dieu, les autres et moi qui fait que quelque chose se construit et que la vie avance. Ce passage reste une parole phare…

Depuis un an ou deux, une autre parole, dans l’Evangile de Jean, m’est apparue comme centrale : « Demeurez dans mon amour car hors de moi vous ne pouvez rien faire. » Demeurer en Dieu, c’est-à-dire apprendre à vivre les choses avec amour en le recevant de Dieu… Je me rends compte de plus en plus que je ne suis pas la source et que ce n’est pas à la force de mes petits poignets que je peux arriver à faire quoi que ce soit, mais c’est vraiment en vivant de la grâce de Dieu. Souvent cet élan vers Dieu – « Seigneur aide-moi ! » – me donne la force ou l’inspiration pour agir. D’autres fois je me sens tellement démunie devant certaines situations que je me dis intérieurement : « Seigneur, là j’ai fait ce que j’ai pu mais je ne peux pas aller plus loin… à Toi maintenant… »

«Je rêve du jour où j’arriverai au ciel et que Jésus me regardera et me dira, comme à Marie-Madeleine, « Catherine » avec la même tendresse et une sorte d’amusement, comme pour dire « maintenant, tu vas comprendre…»

Un souhait pour notre Eglise
« J’aurais envie que tous les chrétiens, quelle que soit leur confession, aient une vraie relation avec le Christ, qu’ils apprennent à le connaître, qu’ils aient le désir de le re-connaître, de le re-découvrir et que cela rejaillisse en vraie charité fraternelle, dans une vraie communion… Pour moi, l’unité de l’Eglise ne peut passer que par l’amour… »

«Mon engagement de vie, c’est d’être fidèle à ce que Dieu me demande jour après jour, dans mes temps de prière, de service, de disponibilité.»

La communauté des Béatitudes

De nombreuses communautés sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur la communauté des Béatitudes présente à Venthône, au-dessus de Sierre.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Dates clés

1973 Fondation par Gérard Croissant et son épouse Jo ainsi que par un autre couple, marqués par une expérience saisissante de l’effusion du Saint-Esprit et de l’intimité avec Dieu.

1981 Essor de la communauté à Cordes où le cardinal Robert Coffy, archevêque d’Alby, la reconnait comme « pieuse union ».

2002 Le Conseil pontifical pour les laïcs la reconnait comme « association privée internationale de fidèles ».

2020 La communauté des Béatitudes est érigée en « famille ecclésiale de vie consacrée de droit diocésain » par la Congrégation romaine des instituts de vie consacrée.

Organisation : la communauté compte 760 membres dont 97 prêtres et 8 diacres sur 177 frères, 271 sœurs, 312 laïcs dont 11 diacres permanents et 51 « célibataires pour le Royaume » ainsi que 33 stagiaires en vue d’un engagement. 51 fondations sont présentes sur tous les continents et réparties en 27 pays.

Mission : « Contemplation, communion, compassion et mission » qui se déploient au travers d’un charisme marqué par la vie dans l’Esprit, la communion des états de vie et le rayonnement apostolique.

Présence en Suisse romande : foyer Saint-Joseph à Venthône en Valais où la communauté anime en particulier des retraites de jeunes qui se préparent aux sacrements.

Depuis 2017, une mission permanente a vu le jour à Lausanne à la paroisse Sainte-Thérèse.

Une particularité : la louange et une expérience forte du souffle de Pentecôte.

Pour aller plus loin : beatitudes.org

« S’engager au sein de la communauté des Béatitudes, c’est… »

Par frère Benoît Vary

« Pour moi, faire partie de la Communauté des Béatitudes c’est rendre le Christ présent dans tout ce que je vis et permettre à d’autres de le rencontrer. C’est vivre la vie dans l’Esprit Saint grâce notamment à l’eucharistie quotidienne dont les bienfaits se déploient dans l’oraison. Cette vie d’union à Dieu vient nourrir toute mon activité quotidienne (services, missions…) et me donne la joie de redire « oui » chaque jour, à l’école de la Vierge Marie. »

Un projet soutenu par Missio : « A la rescousse des mamans thaï avec Sœur Chalaad »

PAR MISSIO
PHOTOS : MISSIO AUSTRALIE

Parce que Churai était enceinte, son partenaire l’a mise à la porte. Elle craignait désormais le pire pour son enfant à naître et pour elle-même. Sa vie jusque-là avait été marquée par des abus et par l’échec d’un premier mariage arrangé. Churai ne voyait plus comment s’en sortir. Par chance, une proche lui a donné l’adresse de Sœur Chalaad, qui dirige à Bangkok une maison d’accueil pour jeunes mères et un jardin d’enfants. Churai y a trouvé refuge. Son histoire ressemble à celles de nombreuses jeunes femmes qui ont grandi dans la pauvreté en Thaïlande. C’est ce que souhaitent changer les Sœurs du Bon Pasteur.

« Nous avons beaucoup de jeunes mamans chez nous qui, avant même l’accouchement, affirmaient qu’elles n’allaient pas pouvoir s’occuper de l’enfant, parce qu’elles n’avaient personne pour les aider », explique Sœur Chalaad. Mais après la naissance, la plupart d’entre elles souhaitent prendre la responsabilité de veiller sur leur enfant. Elles reprennent courage, se sentent prêtes et veulent l’annoncer à leur famille : « Je compte me battre quoi qu’il arrive. »

J’ai rencontré personnellement, sur plusieurs continents, des religieuses qui – comme Sœur Chalaad – s’investissent totalement dans leurs projets. Je pense par exemple à Sœur Joyce au Malawi ou à Sœur Angeline aux Philippines. Des prêtres et des religieux comme le père Guaranaj en Inde, l’abbé Stephen au Kenya et bien d’autres encore font également des choses admirables pour rendre le monde meilleur. Le pape François les appelle les « missionnaires d’espérance ». Ces missionnaires d’espérance ont toutefois besoin d’alliés qui les soutiennent dans leurs efforts. Avec votre aide, les personnes comme Churai peuvent trouver des refuges dans lesquels elles reçoivent l’aide et l’attention dont elles ont besoin. Elles y acquièrent aussi les compétences qui leur font défaut pour prendre en main leur propre vie.

«Grâce à vous, l’Eglise reste une source d’espérance !»

Sœur Chalaad en mission auprès de mamans en situation de précarité à Bangkok.

Soutenir les projets de Missio :

Le principe est simple : chaque paroisse donne selon ses moyens, puis le fonds de solidarité est réparti selon les besoins dans des diocèses qui ne sont pas encore financièrement autonomes. L’idée d’échange est au centre également de ce dimanche. Chacun donne, prie et échange partout dans le monde.

Missio, Rte de la Vignettaz 48, 1700 Fribourg
IBAN CH61 0900 0000 1700 1220 9
ou scannez le QR code ci-contre pour faire un don en ligne –>

La voix des jeunes

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour d’Emile Abou Chaar de Neuchâtel de prendre la plume.*

* AVEC LA COLLABORATION DE BENJAMIN BENDER | PHOTO : DR

Je m’appelle Emile Abou Chaar et suis un jeune Libanais de 28 ans, aujourd’hui accompagnant spirituel au Centre Neuchâtelois de Psychiatrie et responsable de la pastorale de la santé et de la pastorale des jeunes pour le canton de Neuchâtel. Je suis aussi membre du nouveau Conseil des jeunes au Vatican pour le Moyen-Orient.

En 2019, après mes études de pharmacien, je suis venu en Suisse dans le cadre d’un échange avec l’Université Saint Joseph de Beyrouth pour suivre un CAS en accompagnement spirituel en milieu de la santé. En raison du Covid, j’ai dû reporter mon stage prévu en septembre 2020. Après une année passée au Liban, me voici de retour.

Représentant des jeunes maronites

Entre 2016 et 2019, j’étais responsable de la pastorale des jeunes du diocèse d’Antelias, au Liban. Il m’a été proposé de représenter tous les jeunes maronites du monde lors du Synode sur la foi, les jeunes et le discernement vocationnel. Lors de la réunion pré-synodale, j’ai rencontré 350 jeunes du monde réunis pour parler des jeunes avec des jeunes, tisser des liens avec la curie romaine, avec les cardinaux et les évêques puis rencontré le pape François. Une grande grâce.

Le synode, et après ?

Après un synode, la réunion post-synodale a permis de voir comment la démarche synodale s’est implantée dans les milieux de pastorales des jeunes du monde. Une expérience magnifique. J’ai coordonné une équipe francophone. On a parlé d’innovation dans la pastorale des jeunes et de Christus vivit (l’exhortation apostolique du pape François, fruit du synode). J’ai vu une différence et une amélioration globale depuis le synode. On est très enthousiaste à l’idée de faire participer les jeunes à la vie de l’Eglise. Il y a une plus grande écoute et une plus grande implication des jeunes. Il est capital de les inclure dans toutes les pastorales, pas que dans celle des jeunes.

Un bureau des jeunes au Vatican

Une première action concrète du synode, proposée par Mgr Alain de Raemy, évêque des jeunes en Suisse, a été la création de l’Organisme international consultatif des jeunes qui veut intégrer leurs voix dans les décisions du Vatican. C’est un groupe de vingt personnes choisies et nommées dans le monde entier en tant que consultants, afin d’améliorer la façon d’être et de faire de la pastorale des jeunes de l’Eglise universelle. C’est une première dans l’histoire de l’Eglise et j’ai ainsi été nommé pour représenter une voix du Moyen-Orient, depuis novembre 2019.

Un message pour les jeunes

Osez vivre la vie pleinement, sans peur, dans l’instant présent, dans votre réalité. A chaque jour suffit sa peine, mais en même temps la vie est très belle malgré tous les défis. Je viens d’un milieu où il y a beaucoup de défis. Chez nous, au Liban, il n’y a plus d’électricité, de médicaments, de travail. Profitez de ce que vous avez, car si une journée n’est pas vécue pleinement, c’est une journée de perdue.

« Une prière par jour, un sou par semaine » (Pauline Jaricot, la femme derrière Missio)

C’est à Lyon qu’une jeune fille de 19 ans, Pauline Jaricot, décide d’organiser un fonds de solidarité pour les missions auquel chacun peut contribuer. Sa devise : « Une prière par jour, un sou par semaine. » L’œuvre qu’elle crée en 1822, appelée Missio aujourd’hui en Suisse, prend vite une dimension mondiale.

PAR MISSIO | PHOTOS : DR

En 1819, Pauline Jaricot organise, à 19 ans, « la collecte du sou de la mission » auprès des ouvrières de son père, inventant le premier réseau social missionnaire. Par « dizaines », « centaines » et « sections », les donateurs se rencontrent pour donner leur sou et échanger les nouvelles des missions, créant d’autres dizaines à leur tour.

Une renommée internationale

Cette idée géniale, que Pauline appelle son « plan », s’institutionnalise avec la création en 1822 de l’Œuvre de la Propagation de la Foi – qui prendra en Suisse le nom de Missio. L’œuvre acquiert rapidement un rayonnement international et aide des centaines de missions à travers le monde.

Pauline Jaricot fonde une autre œuvre majeure en 1826 : le Rosaire vivant. Elle établit aussi une communauté féminine en 1832, « les filles de Marie ». La maison de Lorette, où vit la communauté, devient le centre du Rosaire vivant et accueille des hôtes venus du monde entier.

Un engagement social

A l’époque de Pauline Jaricot, les ouvriers commencent à développer une conscience de classe et à s’organiser. Le conflit entre la classe ouvrière et la bourgeoisie s’intensifie et aboutit, en 1831 et 1834, aux révoltes des canuts. Après avoir créé l’Œuvre de la Propagation de la Foi et le Rosaire vivant, Pauline Jaricot, bouleversée par les conditions de vie matérielles et spirituelles des ouvriers, souhaite s’impliquer davantage. Elle veut d’abord fonder une banque de prêts, « la Banque du ciel ».

Un chemin de croix

En 1845, elle se lance dans un projet plus ambitieux avec l’usine de Rustrel. Pauline veut y créer un modèle de société idéale chrétienne, dans laquelle les ouvriers pourraient vivre dignement. Pauline Jaricot fait confiance aux mauvaises personnes et se fait escroquer. Sa vie est alors jalonnée par des problèmes financiers. Jusqu’à la fin, elle essaie de rembourser ses débiteurs, dont certains sont des ouvriers, ce qui la peine particulièrement. Pauline Jaricot meurt isolée et dans le dénuement le plus total le 9 janvier 1862, alors que les deux œuvres qu’elle a fondées rayonnent dans le monde entier.

Femme d’action révoltée par la misère, mais aussi femme profondément spirituelle, Pauline Jaricot a fait le choix de se consacrer à Dieu en restant laïque.

Et toi, seras-tu la Pauline d’aujourd’hui ?

Qui était Pauline Jaricot ? Une jeune femme qui a vécu au début du 19e siècle et qui, de Lyon sa ville natale, a su soutenir la mission jusqu’aux extrémités de la terre ? Des Pauline, ne le sommes-nous pas tous un peu, lorsque l’on est enraciné dans la foi et engagé pour notre prochain ? Dans la vidéo « Mon cloître, c’est le monde ! » – réalisée par Gaëlle May en collaboration avec Missio – nous découvrons le charisme missionnaire qui habitait cette femme française laïque et qui, petit à petit, s’est répandu dans le monde entier.

Et si vous étiez la Pauline d’aujourd’hui ?

Scannez le QR code pour voir cette vidéo :

Révolutionnaire !

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Passée quasi inaperçue par le grand public, la dernière constitution régulant le fond et la forme de la Curie romaine, intitulée Praedicate Evangelium, a secoué le monde interne du Saint-Siège.

Pas seulement parce que la nomenclature a changé. Pas seulement parce que les tout premiers dicastères (terme remplaçant l’ancien terme de « Congrégation ») créés par François dès 2016, ont montré qu’il fallait du temps pour apprendre à travailler ensemble lorsqu’on a été relégué dans des conseils et des comités contigus et sans synergie. Mais parce qu’un curseur a été déplacé : désormais, ce n’est pas l’ordination de clercs qui légitime qu’ils soient seuls à gouverner, mais le baptême de tout.e un.e chacun.e qui, « missionné » par un évêque, peut légitimement gouverner dans l’Eglise…

Chefs et cheffes !

Si l’on prend notre diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, depuis septembre 2022, les cantons sont représentés par trois laïques, un laïc et un diacre : Mesdames Ruffieux, Pohl-Henzen et Gigon et Messieurs Racloz et Babey, font partie du Conseil de nominations de l’évêque et le représentent sur le terrain cantonal de manière légitime et canonique ! Mais c’est vrai que depuis des décennies, des chanceliers diocésains ont été chancelières, des théologiens théologiennes, des assistantes pastorales responsables de communautés UP ou paroisse. On va donc de l’avant : le baptême envoie en mission et pas juste par bénévolat (on pense au millier de catéchistes !) aussi pour décider dans l’Eglise.

Et au Saint-Siège ?

Le responsable du Dicastère de la communication est un laïc ; la directrice des musées du Vatican est une femme, la secrétaire de l’Etat du Vatican est une religieuse… Qui dit que pour finir, cela n’avance pas un peu quand même ?

« Vous serez mes témoins ! »

Telle est la devise retenue par Missio (œuvres pontificales missionnaires) comme fil rouge du mois de la Mission universelle 2022. Ces paroles de Jésus résonnent encore aujourd’hui ! En effet, nous sommes appelés et envoyés, chacun à notre manière, pour annoncer la Bonne Nouvelle jusqu’aux « extrémités de la terre » – et souvent c’est en bas de chez soi ! – pour faire connaître l’amour de Dieu par la parole et par l’action.

PAR MISSIO ADAPTÉ PAR PASCAL TORNAY

2022 est une année spéciale pour Missio. En effet, il y a 200 ans, une jeune femme lyonnaise, Pauline Jaricot (1799-1862), crée un réseau missionnaire de portée mondiale, l’Œuvre de la Propagation de la Foi que l’on nomme Missio aujourd’hui. Pauline Jaricot a été béatifiée à Lyon le 22 mai 2022.

Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale des Missions 2022, le pape François propose cette réflexion : « Ces paroles sont celles de la dernière conversation de Jésus ressuscité avec ses disciples, avant de monter au Ciel, telle qu’elle est décrite dans les Actes des Apôtres :  » Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.  » (Ac 1, 8)

Et c’est aussi le thème de la Journée mondiale des missions 2022 qui nous aide, comme toujours, à vivre le fait que l’Eglise est missionnaire par nature. Arrêtons-nous sur ces trois expressions clés qui résument les trois fondements de la vie et de la mission des disciples :

1.  » Vous serez mes témoins  » : L’appel de tous les chrétiens à témoigner du Christ.

2.  » Jusqu’aux extrémités de la terre  » : L’actualité perpétuelle d’une mission d’évangélisation universelle.

3.  » Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous  » : Laissez-vous toujours fortifier et guider par l’Esprit.

Le même Esprit, qui guide l’Eglise universelle, inspire également des hommes et des femmes simples pour des missions extraordinaires. C’est ainsi qu’une jeune fille française, Pauline Jaricot, fonda l’Œuvre pour la Propagation de la Foi [Missio en Suisse, ndlr], il y a exactement 200 ans. Je forme le vœu que les Eglises locales trouveront dans ces Œuvres un instrument solide pour nourrir l’esprit missionnaire dans le Peuple de Dieu. »

Une femme pour le monde

Par MgrJean Scarcella, Père-Abbé de Saint-Maurice d’Agaune | Photo : Guillaume Allet

Elle, c’est Pauline Jaricot, une femme laïque qui, il y a 200 ans, souhaitait dédier sa vie à Dieu dans le monde. Une femme portée par l’Esprit, qui a simplement eu une intuition extraordinaire, celle de créer un mouvement, déjà alors, pour soutenir toutes les nations par la prière et l’argent. Une femme, seule, avec une flamme missionnaire exceptionnelle, comme la main de Dieu ouverte sur le monde ! Elle a permis la création d’une œuvre aujourd’hui internationale et prophétique. Comment a-t-elle commencé ? Simplement en demandant à des ouvrières de prier une fois par jour et de donner un sou par semaine.

C’est certainement de cette action que vient la devise de Missio : « Echange et partage entre Eglises ». Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : Pauline est à la source de Missio.

L’année 2022 marque donc une étape majeure pour les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) qui sont confiées à la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. En effet en 2022 nous célébrons un triple anniversaire :

› le 400e anniversaire de l’institution de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples voulue par le pape Grégoire XV (Bulle Inscrutabili Divinæ du 22 juin 1622) ;

› le 200e anniversaire de la fondation de l’Œuvre de la Propagation de la Foi – créée par Pauline Jaricot – le 3 mai 1822 à Lyon ;

› et le 100e anniversaire de l’élévation des trois premières œuvres missionnaires au rang d’Œuvres pontificales (présentes aujourd’hui dans environ 140 pays) par le pape Pie XI avec le Motu proprio romanorum Pontificum du 3 mai 1922 :

o Œuvre de la Propagation de la foi (par Pauline Jaricot) – 1822

o Œuvre de la sainte enfance (par Mgr Charles de Forbin Janson) – 1843

o Œuvre pontificale de Saint-Pierre Apôtre, en soutien au clergé autochtone, (par Jeanne Bigard) – 1889

Et qui sont nommées aujourd’hui en Suisse : Missio.

Par l’intermédiaire des OPM, l’évangélisation s’est énormément développée à travers le monde et porte aujourd’hui des fruits en abondance. Nous connaissons l’attachement de notre Pape à la dimension missionnaire de l’Eglise. Il invite avec force et conviction tous les chrétiens à relancer l’activité missionnaire de notre Eglise. Ainsi le thème choisi pour le « Dimanche de la Mission universelle » 2022 : « Vous serez mes témoins ! » (Ac 1, 8)

Recevons donc cet appel à approfondir la mission d’évangélisation de l’Eglise, ainsi que la nature et la tâche des OPM au service du Saint-Père, pour la promotion missionnaire dans le monde entier.

Lisez le message en entier sur www.missio.ch/dmu

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