Voilà revenu le temps du jardin, des heures de travail patient, des jours où nous trouvons le bonheur et l’apaisement dans le soin donné à la terre, qui elle-même parle à notre âme… les images se croisent et nourrissent l’esprit…
PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR
Dans les évangiles, il y a des fleurs bien habillées et du blé en épi d’une variété très productive, qui a poussé dans une bonne terre…
Dans les évangiles, il y a des vignes qu’on chérit ou qu’on laisse à l’abandon, des figuiers qui parfois ne produisent rien, et des plantes qui poussent si bien que les oiseaux du ciel y viennent faire leur nid…
Dans les évangiles, il y a de la vermine, de la mauvaise herbe, des ronces et même des brigands qui abîment les clôtures…
Dans les évangiles, il y a des journées de travail harassantes, d’autres qui commencent au beau milieu de l’après-midi, de la patience, de la poussière, et la satisfaction dangereuse d’avoir les greniers pleins à craquer…
Dans les évangiles, il y a une nature qui nourrit, des épis arrachés et froissés un jour de Sabbat, et le fruit du figuier qui s’offre peut-être enfin, au-delà du récit…
Dans les évangiles, il y a des chemins parcourus en tous sens, des chemins qui mènent à la Vie, une vie qui est Le Chemin…
Dans les évangiles, il y des sources, des puits, de la pluie qui ne retourne pas au ciel sans avoir abreuvé la terre…
Dans notre nature, nos champs, nos jardins, il y a toute la Bonne Nouvelle et ses paraboles, la vie à protéger comme on protège les plus petits, la croissance malgré tout, même dans l’adversité, et l’émerveillement de voir la pousse fragile et têtue, soulever la terre et frémir dans le vent…
Dans notre nature, nos jardins, nos vies, il y a tout l’amour du jardinier, parfois penché vers la terre, parfois debout et méconnaissable, jusqu’au moment mystérieux où il prononce notre nom…
Pour renforcer le sentiment de communauté et, peut-être, agir comme un remède
aux épreuves que certaines personnes traversent, la Pastorale de la santé est présente dans les milieux de santé et de vie pour répondre aux besoins spirituels.
Ces accompagnements offrent la possibilité d’aller puiser les ressources nécessaires
pour affronter une nouvelle étape de vie.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : PASTORALE DE LA SANTÉ
« L’accompagnement spirituel, pour moi, c’est oser se laisser rejoindre par l’autre dans sa propre vulnérabilité comme " Jésus et la samaritaine au bord du puits de Jacob ", d’humain à humain par la nourriture commune de la parole de Dieu ou pas. Ensemble accompagner " le souffle de vie ", le don gratuit de Dieu », témoigne Ami Satchi. Elle est l’une des nouvelles Référentes Régionales Santé (RRS) qui officient au sein de plusieurs EMS genevois. Depuis septembre 2020, ces nouveaux engagements sont venus renforcer l’équipe de bénévoles et d’aumôniers de la Pastorale de la santé. Ils visent à développer encore l’accompagnement spirituel prodigué dans différents lieux d’hospitalisation et de vie.
« La Pastorale de la santé est un grand et dynamique service de l’Eglise Catholique romaine à Genève. Il offre présence, soutien, accompagnement spirituel dans le respect de la personne fragilisée par la maladie ou la vieillesse », détaille Cathy Espy-Ruf, sa responsable. « Sans le concours d’une équipe compétente et expérimentée, les milliers de visites auprès de patients des HUG et de résidents des EMS, les nombreuses messes, célébrations œcuméniques, sacrements, cérémonies du souvenir ou encore funérailles, ne pourraient pas avoir lieu », rappelle-elle également. Les aumôneries œuvrent avec un vrai souci d’œcuménique, dans le respect des convictions de la personne rencontrée et dans un dialogue interreligieux.
Une collaboration soutenue avec le personnel soignant permet d’identifier plus aisément les souffrances morales et spirituelles. Des outils sont mis à disposition des aumôniers et des soignants permettant d’intervenir de la manière la plus appropriée. Deux petites brochures ont, par exemple, été publiées. L’une pour aider le personnel hospitalier à comprendre ce qu’est l’accompagnement spirituel et lui expliquer qu’il n’est pas exclusivement dévolu aux aumôneries, l’autre fournit des indications au sujet de dix-sept confessions chrétiennes et non chrétiennes en matière de pratique religieuse et de soins.
Au service, mais comment ?
Une chose que la Pastorale de la santé accomplit et dont on ne se rend pas compte ?
Cathy Espy-Ruf : On est présents et je pense que les gens ne réalisent pas le nombre de prestations que nous accomplissons. Nous sommes également en lien avec les paroisses au cœur de ce volet
de diaconie. Je remercie vraiment le vicariat de nous donner les moyens d’être sur le terrain.
Toute l’équipe de bénévoles, aumôniers et RRS est motivée. Leurs compétences, ainsi que la diversité de leurs personnalités offrent des prestations de qualités. Je considère toutes ces personnes comme les visages de l’Eglise.
Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?
CER : Le nombre de personnes qui sont rencontrées dans un moment de fragilité lié à une hospitalisation ou une entrée en EMS est considérable. Cela représente des milliers de visites ! Il y a aussi l’accompagnement des familles, parfois jusqu’aux funérailles. Je pense que nous sommes vraiment un service en interface avec la société, car tout le monde un jour ou l’autre est concerné par la santé, ou sa perte partielle. Nous avons aussi un rôle très important à jouer au niveau social. La santé fait partie des questionnements existentiels. On s’interroge souvent sur la vie et son sens au moment d’un problème de santé.
Le chanoine Klaus Sarbach réagit à sa façon au thème du dossier romand, au centre de votre Magazine, et qui traite du patrimoine immobilier de l’Eglise.
PAR KLAUS SARBACH | PHOTO : DANIEL TORNAY
Depuis le début de ma vie religieuse, j’ai vécu, par saccades, durant 21 ans en Octodure. Puis-je pour autant affirmer que, pour les martignerains, je fais partie des « meubles » de la Cité ?
« Meuble ? » – Oui, dans le sens que la parole est « meuble » c’est-à-dire « mobile » ; qu’elle peut bouger, être déplacée, changer, être utilisée pour différents services. Ainsi, en 47 ans de sacerdoce, j’espère avoir été « utile » dans douze paroisses et trois hospices, en deux pays, en trois langues, en plaine et en montagne… et de pouvoir encore être utile comme « vicaire grand-père » !
Partout, j’étais bien dans ma peau parce que partout je me suis senti « chez moi », dans « ma maison », accueilli par des frères et des sœurs, par des amis de Jésus. J’étais dans mes « meubles » que sont les activités sacerdotales différentes, complémentaires et enrichissantes.
« Immeuble ? » – C’est-à-dire que l’on ne peut pas bouger ? Un immeuble est un bâtiment au service de tous qui offre une sécurité, une chaleur, une solidarité, une vie partagée que ce soit en des jours de soleil ou de pluie. L’immeuble « Eglise » a des racines invisibles qui lui fournissent l’eau qui nous nourrit et qui nous purifie ; la sève invisible qui lui apporte les forces de vie qui viennent du Créateur et que nous appelons la foi, l’espérance et la charité.
« Patrimoine ? » – Le patrimoine, ce sont des choses et des valeurs que nous n’avons pas fabriquées nous-mêmes, mais que nous héritons gratuitement de Dieu et de nos « pères » (au sens d’ancêtres) dans la vie et dans la foi. L’immeuble « église » n’est donc pas un « musée mort » mais est le lieu où l’on peut trouver ce qui est nécessaire pour se maintenir en vie et maintenir debout l’Eglise de Jésus, la Maison de toutes les filles et de tous les fils du Père. L’église – immeuble visible – devient donc un « meuble vivant » et nourrissant par l’amour que les habitants accueillent régulièrement du Père et partagent entre eux selon les besoins de chacun. Alors, quand nous disons : « je fréquente l’église », nous faisons davantage que le devoir dominical : nous expérimentons cette phrase d’une personne anonyme : « Le charme d’une maison ce sont les amis qui la fréquentent. »
La cité médiévale de Romont possède un riche patrimoine d’art religieux. On peut penser à sa célèbre Collégiale dotée de magnifiques vitraux qui témoignent en style, les diverses époques de la vie religieuse en ces lieux. Durant l’année, de nombreuses visites guidées sont organisées en lien avec le Vitromusée de la ville. Aujourd’hui encore, la pastorale se poursuit dans ces vénérables bâtiments chargés d’histoire. Pour ce qui est de la Collégiale, il a fallu des réadaptations pour mener à bien la vie liturgique dans l’esprit de Vatican II. Des transformations ont été nécessaires. Il revient donc au Conseil de paroisse de veiller à ces transformations et à l’entretien de ces bâtiments qui, à Romont, sont quasi tous classés monuments historiques. Ainsi, nous proposons quelques questions au président du Conseil de paroisse M. Benoît Chobaz.
Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre responsabilité quant à la gestion de ce patrimoine ?
En consultant les Statuts des corporations ecclésiastiques catholiques du canton de Fribourg, parmi les tâches et responsabilités qui sont attribuées au Conseil de paroisse, deux font directement référence au patrimoine paroissial : gérer les biens paroissiaux (art. 32 al. 2 let b) et constituer des archives et veiller à leur conservation et à leur gestion (art. 32 al. 2 let. h).
L’ampleur de la tâche des Conseils de paroisse qui se succèdent dépend, d’une part, de la richesse patrimoniale de la paroisse ; celle de Romont est justement dépositaire d’une histoire et d’un patrimoine hors du commun. D’autre part, la grandeur de la tâche dépend du dynamisme des conseillers en cours de législature, des projets qu’ils rêvent de réaliser et qu’ils portent à maturité.
L’aventure commence toujours par des personnes passionnées et convaincues du projet à réaliser, par des conseillers / ères qui y croient et qui osent se lancer parfois contre vents et marées.
Pour illustrer ces propos, parlons de Notre-Dame de l’Assomption, cette belle dame qui demande beaucoup de soin ! De 1976 à 2011, il a fallu 35 ans et 14 étapes de rénovation pour lui redonner son aspect extérieur actuel sous la direction de l’architecte romontois Aloïs Page. Ensuite, s’est enchaînée la rénovation intérieure avec la mise en place d’un nouveau chauffage sous la baguette de l’Atelier d’architectes Antoine Vianin, puis la rénovation de l’orgue de la Collégiale par les soins de la manufacture d’orgues alsacienne Quentin Blumenroeder. Finalement, l’assemblée de paroisse vient d’accepter, il y a un mois, une dernière étape de rénovation des façades extérieures et un rafraîchissement global des pierres soumises aux constantes intempéries.
Si la Collégiale est le joyau de la ville de Romont, le patrimoine paroissial s’étend au-delà de ce majestueux édifice religieux. Il suffit de penser aux bâtiments de la Maison Saint-Charles, construits en partie au XIXe siècle et dans un deuxième temps à partir de 1928 par l’architecte Ferdinand Duma, qui abritent un véritable bijou artistique, la chapelle dédiée à saint Charles Borromée, embellie par des artistes célèbres tels qu’Alexandre Cingria, Gaston Favarel et Marcel Feuillat.
Actuellement, des études sont élaborées pour une rénovation du site de Saint-Charles. Une première étape est déjà en cours avec les travaux de restauration des peintures de Ferdinand Dumas dans certains locaux de l’aile de 1928.
La bibliothèque du clergé et les archives paroissiales représentent également une mémoire historique remarquable, qui s’étend du Moyen-Age au vingtième siècle. Durant dix ans, le Conseil de paroisse a défendu, fait mettre en valeur et cataloguer ses archives et sa bibliothèque du clergé par Florian Defferrard de la maison Passeurs d’archives. Le conseil a également soutenu l’édition de son livre « Des clercs et des livres. Le catalogue de la bibliothèque du clergé de Romont (1478-1900) ». Ce fonds contient des documents concernant le temporel de l’Eglise de Romont et les activités de son clergé. S’y retrouvent aussi les séries concernant les cures dépendant du Clergé de Romont telles que Cudrefin, Attalens, Siviriez et Villaz-Saint-Pierre. Ce travail de recensement et de catalogage met en lumière plus de 1’000 parchemins, 1’189 papiers, 300 cahiers et 146 registres.
La paroisse de Romont est également propriétaire de la cure à la rue de l’Eglise, également monument protégé, d’une ferme au pied de la cité et de nombreuses parcelles de terrain, en particulier sur le versant côté Alpes de notre colline ronde. L’entretien et la gestion de ces immeubles est également sous la responsabilité du Conseil de paroisse.
Comme président de paroisse, il faut parfois être un chef d’orchestre pour coordonner les projets, pour rassembler les bonnes compétences, pour constituer des dossiers, prendre les bonnes décisions collégiales avec le Conseil de paroisse. On y apprend la polyvalence, on y acquiert beaucoup d’expériences. Pour réaliser ces projets et ces tâches, le conseil est en lien avec des mandataires (architectes, ingénieurs), avec de nombreux corps de métier, avec des services financiers et juridiques, avec les services de l’Etat, avec la corporation ecclésiastique, avec des experts, etc.
Mais la conservation du patrimoine ne s’arrête pas à la conservation des pierres et des vieux documents. Les chrétiens sont des pierres vivantes, c’est le patrimoine le plus précieux de l’Eglise.
Certes, des traces remarquables sont inscrites dans le patrimoine architectural et dans celui des archives de la paroisse. Cependant, la vie communautaire ne s’arrête pas au passé, le présent est lui aussi pétri de croyances et de traditions vivantes ancrées dans l’histoire des croyants. Pensons à la procession des pleureuses, aux liturgies, au chant choral, aux fidèles venant prier à Notre-Dame du Portail, à la procession de Notre-Dame de Fatima et tant d’autres événements qui scandent aujourd’hui encore la vie romontoise et manifestent que les femmes et les hommes ont toujours les mêmes aspirations transcendantes, les mêmes préoccupations humaines face à la vie, la même espérance face à la maladie et à la mort. Le Conseil de paroisse est responsable des conditions matérielles pour que cette foi puisse se vivre et s’incarner selon la tradition de l’Eglise.
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres concernant l’entretien de ces bâtiments ?
Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’être interpellé par des paroissiens / nes et même des professionnels / elles engagés dans l’Eglise qui me reprochaient de dépenser des millions pour la rénovation des pierres : « Vous ne faites rien pour la pastorale. » Ce à quoi, je rétorque toujours : « Venez aux Assemblées de paroisse pour vous opposer démocratiquement aux investissements liés aux bâtiments, et prendre conscience, peut-être par vous-mêmes, que votre affirmation n’est pas tout à fait correcte. » Il faut se rendre compte qu’investir, c’est s’enrichir !
Les travaux de rénovation extérieure de la collégiale de 1976 à 2011 ont coûté Fr. 6’160’000.–. Les travaux de rénovation intérieure et pose d’un nouveau chauffage en 2017-2018 s’élèvent à un montant total de Fr. 2’100’000.–. Le catalogage des archives et leur mise en valeur ont été réalisés pour un montant total de Fr. 150’000.–, réparti sur dix années de travaux.
Lors de gros projets tels que ceux-ci, la paroisse fait appel habituellement à des emprunts. La paroisse, au 31 décembre 2021, est endettée pour un montant de Fr. 2’200’000.–. Elle paie des intérêts et des amortissements financiers pour un montant global de Fr. 91’000.– par année.
Les charges des comptes 2021 s’élevant à Fr. 1’340’000.–, les charges liées aux investissements décrits ci-dessus représentent donc 6.8% des charges de la paroisse en 2021.
D’une façon globale, les charges pour les assemblées, les conseils, l’administration, les salaires et l’entretien de tous nos bâtiments se montent à 50% des charges des comptes annuels, l’autre 50% est utilisé pour honorer les frais de culte, de célébrations, du ministère pastoral et d’entraide.
Rencontrez-vous de la satisfaction dans l’exercice de cette fonction ?
Prendre la présidence d’une telle paroisse a été et est encore un labeur, un grand et beau défi. Dès lors, il y a naturellement de grandes satisfactions. Parfois même, l’expérience est grisante. Je pense au jour de la bénédiction de l’orgue après sa rénovation. A cet instant, vous vous souvenez de toutes les étapes qu’il a fallu traverser pour arriver à ce jour, à l’énergie mise à convaincre, à toutes les séances ardues, aux devis à défendre et surtout à tenir, aux problèmes administratifs et juridiques réglés, à tous les procès-verbaux interminables à composer et relire, à toutes les coordinations nécessaires, à tous les doutes qu’il a fallu dépasser, à tous les problèmes qui ont trouvé une solution, et surtout au florilège des belles personnes et à leurs compétences qui ont contribué à une telle réussite. Finalement, telle une pièce de musique, chaque note a trouvé sa place pour créer et découvrir l’harmonie. A ce moment, vous êtes très satisfaits, fiers d’avoir servi !
Pourquoi y a-t-il des militaires à la Fête-Dieu ? La Fête-Dieu a été instituée au XIIIe siècle seulement, à une époque où il convenait de rappeler la présence réelle du corps du Christ dans l’hostie. Pour marquer cela, de grandes processions sont organisées où le prêtre porte l’hostie dans un ostensoir. Très vite, militaires, gardes suisses ou grenadiers y ont participé en signe d’hommage et de protection offerte à Jésus. La Fête-Dieu, en associant les autorités politiques et militaires, nous rappelle que la religion n’est pas qu’une affaire privée.
par Pascal Ortelli
Humour
Un grand footballeur aborde son curé au sortir de l’office et lui pose cette question : – Mon Père, y a-t-il des matches de foot au Paradis ? – Question délicate que je soumettrai au Seigneur dans ma prière. Le dimanche suivant, le curé apporte la réponse. Il est quelque peu contrarié. – J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous. – Commencez par la bonne, M. le Curé. – Il y a en effet des matches tous les dimanches au Paradis. – Et la mauvaise ? – Vous jouez dimanche prochain !
L’anagramme de saveur est « sauver ». La saveur est ce qui nous sauve. Sans saveur nous sommes perdus. Si nous méprisons le réel, au final, nous perdons la saveur qui fait notre vie. La Bible fait référence à la saveur : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi va-t-on le saler ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. » (Mt 5, 13) En tant qu’êtres humains créés par Dieu, partageons la saveur du sel de la Parole vivifiante.
TEXTE ET PHOTO PAR OLIVIER TARAMARCAZ
Le bol des saveurs. – Théodore Monod, le grand explorateur, a cherché une expression capable de traduire en quelques mots son rapport au monde. Il nous livre trois mots simples : « Nul pouvoir, un peu de savoir, beaucoup de saveurs. »L’ami des déserts a bien pointé trois enjeux formulés dans cette simple triade, prenant soin de les positionner dans un ordre choisi. La nuance est marquée en particulier par le choix d’un mot, faisant écho à la métaphore du jardin : les saveurs. Savourer est un verbe qui semble n’avoir que peu de place dans l’échelle de nos considérations. Pourtant, le savoir et la sagesse sont intrinsèquement associés aux saveurs. Le savoir contient la même racine que la saveur. « sapere », « avoir de la saveur », est utilisé pour parler des choses ; « avoir du goût, du discernement », fait référence aux personnes. La saveur contient le germe d’un savoir, une forme de connaissance liée à l’expérience. La Bible n’est pas un livre qui fait l’éloge du savoir pour lui-même. La Bible est le Livre de l’expérience, de la connaissance du Dieu personnel, le Livre du discernement, le Livre du bon goût du réel, le Livre des saveurs : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. » (Gn 1, 31) Il y a pourtant un risque à prendre au sérieux, si nous nous arrêtons au carrefour de la triade proposée par Théodore Monod. En renversant son propos, nous aboutissons à cette formulation : « Nulle saveur, un peu de savoir, beaucoup de pouvoir ». Ce sont les mêmes mots, placés différemment, et ce n’est plus le même monde. La question se pose dans chaque situation, de discerner si le savoir est au service des saveurs ou au service du pouvoir.
Chercher le « la ». – Je me souviens d’une histoire au sujet du roi de Siam. Un jour, il se rendit à un concert avec des amis. A la fin, l’un d’eux lui demanda : « Est-ce que cela vous a plu ? » – « Oui », répondit le roi de Siam. Son interlocuteur lui adressa encore cette question : « Quelle partie vous a le plus touché ? » Le roi répondit : « Le plus émouvant pour moi a été d’assister au moment où les instruments s’accordent entre eux. » Certains experts en gestion du temps auraient peut-être proposé de supprimer ce moment, le considérant comme non nécessaire. De quelle manière, dans nos relations, donnons-nous un réel espace à la recherche du « la » ? Sans ce temps « perdu », durant lequel nous nous accordons, que peut-on attendre des mouvements suivants ? Ce qui est au début se retrouve généralement dans tout ce qui suit jusqu’à la fin.
Dans la vie chrétienne, la recherche de l’accord se réalise dans la prière, dans la méditation de la Parole, dans l’écoute de la voix du Père. Prendre le temps d’écouter le message libérateur de la Bible, se relier au Souffle de vie de l’Esprit de Dieu, c’est chercher le « la » de sa vie, le « la » qui donne sens à chacun de mes choix, de mes engagements. Il est de bon ton aujourd’hui, de faire des choix, sans considération de la Parole de Dieu, sans chercher à s’y accorder, sans désir de s’approcher de notre Créateur. Le Seigneur, pour sa part, désire me faire découvrir la saveur authentique de la vie accordée au « la » de la Parole qui porte le réel. En négligeant d’accorder une place à mon Créateur, mon identité risque de se désaccorder dans une spirale de déconstruction progressive de ma personnalité.
Une vie relationnelle. – Au cœur de la vie est la relation. Il n’y a pas de vie réelle sans relation. Me tenir à l’écart du Dieu relationnel, du Dieu personnel qui m’aime, qui m’a créé pour être en relation, produit un écart dans mon être intérieur, une division, une fracture. Notre temps contemporain illustre cette brisure, ce désaccord. Quelque chose sonne faux. Cette fissure ne peut pas être comblée par des paroles en carton, par des masques. Mon autojustification s’appuyant sur la rhétorique de la satisfaction et du bien-être, perçu comme bien ultime, pourra, au mieux, réduire momentanément le poids d’une identité marquée par la séparation qui a pris place dans mon cœur et dans mon esprit.
La foi chrétienne est d’abord relationnelle. Elle se conjugue selon les mêmes nuances que les saveurs premières de Théodore Monod ; avec la même attention que celle portée par le roi de Siam, à la recherche du « la » ; avec le même souci d’accueillir le souffle de la Parole de Vie. Si j’écrase une fleur, elle répond seulement par ce qui constitue sa nature : en offrant son parfum. Si je méprise la Parole de Dieu, si je rejette le Sauveur, Jésus me répond encore par un regard bienveillant, m’invitant à venir à lui, à goûter la joie de sa présence, à le connaître. Au final, le Ressuscité nous invite à discerner quelles saveurs nous portons réellement par notre vie. Il nous propose de considérer quel parfum nous répandons par notre être au monde. Alors, il nous revient de répondre à la question que Dieu nous pose, comme il l’a posée à Adam et à Eve : « Où es-tu ? » ; « Que fais-tu de la vie que je t’ai donnée ? » Jésus te dit : « Viens, suis-moi. » (Mc 10, 21)
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Jésus revient… en Suisse Philippe Le Bé
Ce 8 novembre 2024, personne ne l’attend. Discrètement, Jésus a choisi la Suisse pour un retour sur notre planète, toujours plus chamboulée par des pandémies qui n’en finissent pas, un climat qui se détraque et une biodiversité qui s’effondre. L’Envoyé a quelques semaines pour dénicher douze nouveaux disciples, de Genève au Jura, qui pourront témoigner qu’un autre monde est possible sur Terre.
Décoder un tableau religieux (Nouveau Testament) Eliane et Régis Burnet
Comment différencier une Annonciation d’une Assomption ? Que signifie le bleu du manteau de la Vierge Marie ? Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils représenté le Christ sous la figure d’un berger ? Nous sommes entourés de tableaux religieux, mais savons-nous encore les lire. A partir d’éléments facilement reconnaissables – un ange à genoux, une corbeille de pain ou une barque de pêcheurs –, Eliane et Régis Burnet élaborent une grille d’identification des épisodes de l’Evangile et décodent pour nous les symboles du christianisme. Sans dogmatisme ni a priori, ce guide offre les clés de lecture indispensables pour apprécier les plus belles œuvres de notre patrimoine.
Toujours la tête dans les nuages, le petit Jacques grandit à l’aube du XXe siècle. Deux rencontres vont sceller le destin de ce jeune élève, turbulent et artiste, d’un collège jésuite : d’abord sa rencontre avec Jésus, qui guidera son chemin spirituel, puis sa rencontre avec Baden-Powell, l’inventeur du scoutisme en Angleterre. Il met toutes ses qualités au service des jeunes : pédagogie, enseignement biblique, animation, chanson, écriture, peinture, sculpture. Il est l’homme de toutes les situations, toujours en mouvement pour aller à la rencontre de l’autre. Il a marqué durablement ceux qui ont croisé sa route, par sa profonde intelligence et sa grande humilité. Cette BD vous le fera découvrir.
L’évangile dans le sable Mgr Jean-Claude Boulanger
Le 1er décembre 1916, Charles de Foucauld est assassiné à Tamanrasset. Sa mort parle plus que toute sa vie. Non loin de son corps recroquevillé se trouvent à même le sable, l’Hostie que Frère Charles a tant contemplée et l’Evangile qu’il a tant médité. Mgr Boulanger relit la vie de Frère Charles à la lumière de cet événement. Celui qui sera canonisé à Rome le 15 mai 2022, par sa pauvreté, sa douceur, son désir de paix et de fraternité, son acceptation de la souffrance et de la persécution, est devenu l’homme des Béatitudes, le Frère universel.
Laurence Bender est artiste peintre. Les mots prudents qu’elle emploie pour parler de sa peinture sont comme des phares qui jalonnent une côte déchirée. Sa peinture, c’est sa vocation, son destin, sa vie. Cet univers intérieur à partir duquel elle s’exprime et qui relie l’art et la spiritualité, lui colle à la peau depuis son plus jeune âge. Le 15 avril dernier, elle a présenté à l’église de Martigny-Ville, lors de la célébration de la Passion, les quatorze stations d’un Chemin de Croix qu’elle a mis près de deux ans à réaliser.
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY PHOTOS : DR
Née en 1966 à Fully, elle suit d’abord une formation d’architecte d’intérieur – un joli clin D’Yeux – et travaille sept ans durant à Lausanne comme guillocheuse 1. Durant cette période, elle se questionne profondément sur le sens de son existence. Finalement, elle fait le choix résolu de quitter la sécurité liée à cet emploi pour ouvrir, en janvier 2003, un atelier de peinture à la rue d’Octodure à Martigny.
Un véritable accouchement. – « Ce chemin de Croix m’a été dicté à partir de plusieurs lieux sources comme Saillon ou Longeborgne. Dès le début, je me suis dit que je prendrai tout le temps nécessaire pour mener jusqu’au bout ce travail. Ça été un combat pour aboutir : un véritable accouchement. J’ai voulu laisser vivre chaque station dans le temps qui était le mien. En peignant Simon de Cyrène, Véronique ou Marie, j’ai eu affaire tour à tour symboliquement à eux dans ma vie quotidienne : j’ai eu besoin de l’aide d’un ami (S. de Cyrène) ; l’image que je me faisais de mon travail a évolué (Véronique). Et ma relation avec ma propre mère a été transformée… »
Une œuvre : un souffle. – « Il ne s’agit pas de quatorze œuvres mais d’une seule, d’un ensemble cohérent. Et aujourd’hui, c’est l’alléluia ! L’aboutissement est là. Je souhaitais que ce travail bouge et soit vivant, c’est pour cela que j’ai conçu des bannières qui bougent et peuvent flotter au vent. Que l’on soit croyant ou pas, je crois qu’on peut être touché par mon travail à travers plusieurs dimensions de la vie. »
Suivre les rythmes. – « Pour peindre, il me faut un silence monastique et beaucoup de temps. Je suis sensible aux rythmes. En effet, il y a un temps donné pour travailler et un temps donné pour laisser monter le souffle et il me faut respecter ces rythmes en profondeur. Ma peinture a elle aussi un rythme et il me faut suivre ses propres rythmes. Quand je peins, je suis à fleur de peau. Ce travail m’a emmenée vers davantage de patience et de persévérance. Comme je suis assez dispersée, j’ai dû me battre pour toujours me recentrer. »
Laisser l’élan réaliser ce qui doit. – « A proprement parler, ce n’est pas moi qui peins. Je laisse monter en moi, dans mes mains, une force qui me met en mouvement et ça, c’est parfait ! Parfois, je cherche à rectifier cet élan, alors là, je peste contre moi-même ! Comment vais-je améliorer ce qui est monté si parfaitement en moi jusque sur le papier ? Pour moi peindre, c’est être dans la démaîtrise complète. C’est laisser faire : ressentir et laisser. Je crois à ma peinture, car c’est ma vie, mon destin. C’est parfait ! »
Dieu comme un espace pour faire exister. – « Des amis m’ont dit : « Tu as vu ce que tu as fait là ? » Je réponds non, car je ne suis qu’une part de mon travail. Je peins par Dieu et à travers lui. Est-ce je sais peindre ou pas ? Je n’en sais rien. Dieu, je le sens comme un espace. Il est fort, invisible, bienveillant et juste. C’est une confiance intime. Je ne le vois pas comme un père ou comme une personne incarnée. Dieu est entre l’inspir et l’expir : un lieu paradoxal et vide. Un lieu où l’âme peut s’exprimer. »
Laisser son travail être vu. – « Laisser voir son travail, c’est une petite mort. Alors que j’ai passé près de deux ans dans une intimité totale avec mon travail, au vernissage, je l’abandonne tout d’un coup aux regards d’autrui. Ce n’est pas facile de le laisser aller au jugement des autres. C’est une mise au monde, une mise aux regards qui fait que mon travail m’échappe complètement.
C’est là que je m’aperçois qu’il n’existe que par le biais des multiples regards (et des ressentis) qui seront posés sur lui. C’est ainsi que mon ouvrage sera toujours vivant… car il n’est pas entièrement dépendant de moi. C’est cette part de l’ouvrage qui est plus grande que moi que je peux nommer Dieu, Lumière ou même l’Essentiel »… me rétorque malicieusement Laurence en tournant la dernière page dudit Magazine qu’elle feuilletait tout en m’entretenant…
1 Se dit d’une ouvrière qui orne de lignes gravées et entrecroisées des bijoux, du bois ou du métal et, dans le cas de Laurence, sur les billets de banque (éléments de sécurité).
Le travail de Laurence Bender a été présenté à l’église de Martigny-Ville lors de la célébration du Vendredi saint, le 15 avril dernier.
Les œuvres de Laurence Bender sont « vivantes ». Elles sont faites pour bouger dans le vent…
En 2021, dans le travail de transparence exigé par le pape François quant aux finances de l’Eglise, l’Administration du Patrimoine du Saint-Siège (APSA), sorte de trésorerie du Vatican, a publié pour la première fois une série d’informations sur son immobilier : plus de 5’000 propriétés dans le monde… dont 80 % en Italie quand même !
Un peu d’histoire…
Qui sait ce qui s’est passé le 20 septembre 1870 ? La suppression des Etats pontificaux, la relégation du Pape dans ses 0,44 hectares intra muros Vaticani, et le transfert à l’Etat italien d’immeubles et de terres d’une large bande de terre transversale allant en gros du Latium et de sa capitale, Rome, à la Romagne.
Et le 11 février 1929 ? Les Accords du Latran sont signés entre Mussolini et le cardinal Gasparri, Secrétaire d’Etat, garantissant une quantité des bâtiments dans Rome et banlieue sous extraterritorialité (hors pouvoir italien)… et en compensation des pertes de 1870 ! Du coup, il a fallu gérer, et apprendre à le faire avec les règles du XXe siècle… Pour des clercs exclusivement italiens – jusqu’au fameux Marcinkus ! –, l’amateurisme, le népotisme, le favoritisme et l’à peu près ont souvent défrayé la chronique… jusqu’à récemment, avec l’affaire du cardinal Becciu et d’un bel immeuble à Londres…
Assainissement
Dès 2014, tant le changement des personnes que de statuts a déjà permis… qu’un cardinal soit mené devant les tribunaux, qu’un Secrétariat et un Conseil pour l’Economie soient érigés (2014), qu’un Réviseur des comptes soit nommé (2015) et qu’une mise au pas organisationnelle soit décrétée par la Lettre apostolique I beni temporali (2016). Son incipit : « Les biens temporels que l’Eglise possède ont comme fin le culte divin, le soutien honnête du clergé, l’apostolat et les œuvres de charité spécialement au service des pauvres… » Rome ne s’est pas bâtie en un jour…
A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de la Valaisanne Laura Pellaud de prendre la plume.
Par Laura Pellaud | Photos : Raphael Delaloye, DR
Nous sommes tous des pierres vivantes et créatives.
Laura Pellaud.
L’année dernière, j’ai eu la chance de me former à l’Ecole Pierre et c’est de cette expérience que j’ai décidé de vous parler.
L’Ecole Pierre est une école créative pour l’Eglise. Elle propose deux cursus d’étude : la communication et la louange. Ce choix de filière émane du fait que la philosophie de ce lieu est la suivante : « Le message d’amour du Christ est le plus beau message du monde. Il ne faut sous aucun prétexte le modifier. Cependant, pour le partager au plus grand nombre, il peut être intéressant de réfléchir à une forme attrayante de le transmettre. »
C’est pour cette raison que la créativité a une place si centrale et majeure dans ces études. En effet, l’année d’enseignement est rythmée par des projets concrets et artistiques qui permettent aux étudiants de développer leurs compétences créatives et professionnelles. Comme par exemple, la réalisation de clips musicaux, de vidéos pour des communautés religieuses et des festivals chrétiens ou encore la participation à des émissions de radio.
Cependant, comme je l’ai évoqué précédemment, la communication innovante est vaine si le message est désincarné. C’est pour cela qu’une grande partie des cours sont des cours de théologie. Ils aident à en apprendre plus sur le Christ et à se concentrer sur l’essence du message que nous avons tous à partager en tant que baptisés.
Une des forces de cette école est qu’elle se vit en colocation. En effet, tous les étudiants habitent ensemble. Cela permet la création de liens fraternels très forts et d’une vie de prière commune et quotidienne. Cet aspect est vraiment très important, car il permet de nous enrichir de nos diversités, de nous épauler dans les moments plus complexes mais surtout de faire Eglise.
J’aimerais conclure en vous disant que nous sommes tous des pierres vivantes et créatives remplies de dons et de talents donnés par Dieu. Nous sommes tous appelés à participer à la construction du royaume de Dieu en suivant son plan d’amour pour nos vies. Dans la beauté et la simplicité de nos quotidiens, nous sommes appelés à refléter Jésus.
Et si c’était cela le plus grand et le plus précieux patrimoine immobilier de l’Eglise ? Les pierres uniques et à l’image de Dieu qui, mises ensemble, peuvent former des choses impactantes pour faire rayonner l’amour de Dieu.
Notre rubrique « Vu d’ailleurs » vous propose régulièrement de petites réflexions à partir d’un fait de vie. Aujourd’hui, un matou et une chatonne en viennent « aux griffes » dans le jardin où la famille Pianta est réunie… Mais où cette histoire va bien pouvoir mener ?
PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY
Avec l’arrivée du printemps, la douceur de l’air et la caresse des rayons du soleil qui viennent réveiller les fleurs assoupies, je me pose dehors et j’écoute le bruissement du vent, les mélodies enjouées des oiseaux… Déjà quelques insectes volants se précipitent pour me taquiner. Petits et grands jouissent goulûment de cette liberté retrouvée dans un décor bucolique où tout semble respirer le calme et la sérénité du retour de la Vie… Résurrection de la nature qui s’accorde si bien avec la résurrection du Christ qui vient nous hisser hors de nos tombeaux hivernaux, froids et sombres. Tout va presque bien si on se laisse porter par cette Vie qui l’emporte toujours, si l’on fait confiance, malgré l’hiver, à cette certitude que Jésus est sorti du tombeau. Presque bien… Presque, car voilà qu’éclate un rugissement suivi d’un long grondement, ponctué à nouveaux de rugissements, puis de grondements ! Et soudain un bond, qui suffit à déclencher une bagarre ! Ce n’est ni la première, ni la dernière.
Nous nous regardons tous, distraits de notre douce sérénité, les petits interloqués et interrompus dans leurs rires et dans leurs chamailleries territoriales et possessives. Ma petite chatonne vient de se faire coincer par le matou des voisins qui ne cesse de la harceler, de la traquer, de pénétrer sur son territoire ! Et c’est ainsi trois fois par jour. La petite chatonne défend âprement son territoire – et sa peau – sans mâcher ses miaulements, pas prête du tout à céder, à renoncer. Nous nous regardons.
Dans ma tête, je transpose. Je vois s’inscrire en grosses lettres « GUERRE EN UKRAINE » : fraternité déchirée depuis la nuit des temps, domination géographique, physique, psychologique. Entre ma chatonne et le matou – toujours transposant – je vois se dessiner à gros traits toute cette obsession de l’être vivant qui est animé par ce désir violent d’écraser son semblable, de lui voler son territoire, ses biens matériels et psychologiques. L’être humain est-il donc aussi « animal » pour commettre autant de crimes et d’exactions qui laissent les autres mutilés dans leur corps comme dans leur âme, exsangues ?
Depuis les chats, en passant par les fraternités, puis les dictateurs, les abuseurs et les victimes, je réalise en contemplant les petits enfants qui nous entourent, à quel point il y a quelque chose à transformer dans l’ADN de l’être vivant, pour qu’il puisse s’élever au-dessus de l’instinct animal, jusqu’au rang d’homme. J’ai toujours cru que l’humanité était quelque chose d’inné en l’homme ! Mais depuis quelque temps je ne cesse de tomber de mon petit nuage avec un rude atterrissage, dans le pré, au milieu de la chatonne et du gros matou qui ne la lâche pas, des enfants toujours prêts à se bagarrer autour de ce qu’ils peuvent usurper à l’autre et des discussions amères sur la guerre. Pourtant je veux croire en cette humanité malgré tout, car je sais qu’elle porte en elle l’empreinte de Dieu. Et il nous revient de faire pousser cette humanité déposée en nos enfants comme une graine précieuse, d’élever, au sens propre comme au figuré, ces petits hommes créés à l’image de Dieu. Jardiniers de nos vies, c’est à nous de cultiver avec amour et tendresse chaque petite pousse de vie, de générosité, chaque progrès, chaque réussite, chaque effort, s’émerveiller devant les sourires, la spontanéité… Etre l’eau et le soleil pour nos petits afin que germe cette graine de Dieu déposée en chacun. Prendre soin de la vie pour que celle-ci ne soit pas gâchée ou endommagée par ce désir de posséder, de dominer, d’écraser l’autre, et ainsi de développer l’écologie de l’âme et du cœur plutôt que la sauvagerie animale, c’est la mission d’un jardinier.
Evidemment, je ris en regardant le matou et la chatonne ! Mais de tout cœur, je nous souhaite à tous d’œuvrer pour dépasser ce stade de comportement et révéler d’autres aspects de la vraie nature humaine…
De nombreuses communautés composées de religieux ou de laïcs sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur la Communauté S. Egidio à Lausanne.
PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR
Fondateur : Andrea Riccardi, professeur d’histoire du christianisme et ministre de la Coopération internationale et de l’Intégration dans le gouvernement Monti (2011-2013), réunit pour la première fois le 7 février 1968 un groupe de jeunes pour lire l’Evangile et le mettre en pratique au quotidien, quand il était élève au lycée Virgile de Rome.
Dates clés : 1973 : La Communauté prend le nom de Sant’Egidio, du nom de l’église dédiée à saint Gilles, à Rome où se réunissaient les premiers membres. 1980 : Actions diplomatiques et pacifistes dans des zones de conflits. 2015 : Mise en place de couloirs humanitaires pour faciliter l’accueil de réfugiés en Europe. 2018 : Marco Impagliazzo, président du mouvement se rend en Corée du Nord où Sant’Egidio soutient un hôpital pédiatrique.
Organisation : Un réseau de communautés présentes dans 70 pays et comptant plus de 70’000 membres, reconnu par le Saint-Siège comme association de fidèles depuis 1986.
Mission : Se réunir par un lien de fraternité dans l’écoute de l’évangile et dans l’engagement bénévole et gratuit pour les pauvres et pour la paix.
Présence en Suisse : A Lausanne uniquement où un groupe a démarré en 1990 par la rencontre d’enfants qui avaient besoin d’une aide scolaire dans le quartier de la Bourdonnette et entre autres par une prière œcuménique chaque samedi soir à la chapelle du Cénacle (basilique Notre-Dame).
Une particularité : A la suite de la première rencontre interreligieuse d’Assise en 1986, initiée par Jean-Paul II, la Communauté Sant’Egidio organise chaque année une rencontre internationale pour renforcer le dialogue entre les religions et prier pour la paix.
… de pouvoir vivre une amitié et une solidarité sans frontière. Dans la communauté nous essayons de vivre un Esprit de famille, centré autour de la prière et ouverte aux réalités du monde. Nous disons souvent que nous avons deux piliers : la Bible qui nous met en présence de la parole de Dieu et le journal qui nous ouvre à la réalité du monde. C’est ainsi qu’à Lausanne, nous avons une prière hebdomadaire le samedi soir et plusieurs temps de service : cours de français à des étrangers, visites à des requérants d’asile et à des personnes âgées, soutien scolaire à des enfants roms.
« Faire chemin ensemble » – selon l’étymologie du mot « synode » – en veillant sur la communion, la participation et la mission, comme l’indique l’intitulé du Vatican, n’est-ce pas aussi tout un programme pour chacune de nos familles ? En effet, saint Jean Chrysostome au IVe siècle, repris par les Pères du Concile Vatican II quinze siècles plus tard, ont vu la famille comme une véritable Eglise en marche, une « Eglise domestique ».
Je trouve beau de voir ainsi s’enchevêtrer une multitude d’Eglises dans l’Eglise, comme les innombrables cellules d’un même corps. Peut-être l’Eglise universelle perçoit-elle de plus en plus que le travail synodal est un travail de gestation continuelle. Comme une femme enceinte « en travail » qui porte en elle sa mission : enfanter, mettre au monde…
Une famille, c’est un synode permanent ! Comment avancer autrement ? Une famille, c’est tellement petit et fragile qu’un mauvais vent peut la ballotter comme une frêle embarcation. Comment ne pas se sentir dans le même bateau lorsqu’on fait partie d’une même famille ? Une famille, c’est tellement grand que, si l’on n’avance pas au rythme du plus petit, on ne peut rien faire de grand. Une famille, c’est un synode vivant et continuel. Et quand elle ne l’est plus, elle se fragilise car elle se durcit. Elle peut alors se briser sur les rochers du diktat et de l’égoïsme, sur les hauts-fonds de la duperie et du mensonge.
Le synode, ce n’est pas maintenant. C’est toujours ! C’est un mode de vie qui dit que la vie vient du chemin vécu ensemble ; qu’elle jaillit, chemin faisant, de cette écoute mutuelle qui indique comment se réalisera la mission.
La recherche du bien commun dans une famille – c’est-à-dire le bien de chacun et de tous – prend du temps, car ce bien-là ne se donne pas à voir sans recherche commune, sans détours, sans renoncement, sans échange et sans partage. Combien de fois, le « synode familial » se vit par un détour par le plus fragile (ou par ce qui est fragile en tel ou telle) ? Pour celle ou celui qui est obnubilé par le but, ce peut être très pénible de devoir s’arrêter. Pourtant, le but, c’est déjà le chemin…
A qui appartiennent les édifices religieux ? Comment gère-t-on ces biens ? Peut-on facilement vendre un terrain paroissial ou désacraliser une chapelle ? Voilà autant de questions faciles à énoncer mais qui cachent des réponses bien plus complexes qu’il n’en paraît, à replacer dans le contexte des rapports entre l’Eglise et l’Etat.
PAR PASCAL ORTELLI | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, CATH.CH, DR
« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Une lecture trop simpliste du précepte évangélique pourrait nous faire croire de prime abord que les églises appartiennent aux paroisses et les autres biens non sacrés, comme les établissements scolaires ou les hôpitaux, à l’Etat. De la querelle du sacerdoce et de l’empire au Sonderbund, les aléas de l’Histoire viennent compliquer les choses. Les écoles ou autres institutions de soins ont longtemps été gérées par l’Eglise avant que le bras séculier ne s’en occupe, tandis qu’aujourd’hui, certains édifices religieux comme la cathédrale Saint-Nicolas ou l’église jésuite du collège Saint-Michel de Fribourg, appartiennent à l’Etat. En revanche à Sion, la cathédrale est en main du chapitre des chanoines. Difficile donc de s’y retrouver, de dégager une systématique et d’autant plus d’avancer des chiffres.
Qui reconnaît qui ?
Les deux principales difficultés résident dans le fait que l’Eglise, avec son droit canonique, dispose de normes particulières qui ne se retrouvent pas forcément dans le droit suisse et que la situation peut varier d’un canton à l’autre en fonction des conventions de reconnaissance contractées. Si l’entité « paroisse » est clairement définie sur le plan canonique et jouit de la personnalité juridique, qu’en est-il sur le plan civil ?
Cédric Pillonel est le secrétaire général de la FEDEC, qui s’occupe de la gestion financière de l’Eglise dans le canton de Vaud.
Dans le canton de Vaud, Cédric Pillonel, secrétaire général de la FEDEC 1, institution de droit public qui assure la gestion financière et administrative de l’Eglise ainsi que ses relations avec l’Etat, précise d’emblée qu’il n’y a pas de reconnaissance civile de la paroisse canonique. « On double alors la structure d’une association paroissiale où le conseil de paroisse – entité reconnue par le droit canon et responsable de la gestion administrative des biens – en constitue le comité. »
La même logique s’applique dans les autres cantons du diocèse avec quelques différences notoires qui ont leur importance quant à la possibilité ou non de prélever un impôt ecclésiastique. A Fribourg, on parle de corporations ecclésiastiques plutôt que d’associations, tandis qu’à Genève et Neuchâtel, en raison d’une séparation stricte, les paroisses, tant catholiques que protestantes, sont organisées en association de droit privé, ce qui les oblige à s’autofinancer uniquement par des dons. Seuls les cantons du Valais et du Tessin accordent à la paroisse en tant que telle la personnalité juridique.
Qui contrôle qui ?
Pour Jean-Baptiste Henry de Diesbach, président du Conseil d’administration du diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg, « si l’on pousse cette logique à l’extrême, cela pourrait poser des problèmes, car deux régimes diamétralement opposés entrent en concurrence. Une association fonctionne en effet selon un mode démocratique et son assemblée générale peut en théorie à tout moment modifier ses statuts, tandis que l’Eglise est régie par un type de gouvernement monarchique ». Si cela se comprend par la nécessité de préserver l’unité de la foi, à rebours, on pourrait imaginer qu’une assemblée générale décide de salarier, à la place du curé, un assistant social ou de vendre les biens de l’association paroissiale sans en référer à l’évêque. « Fort heureusement, précise-t-il, la bonne volonté de chacune des parties fait que les choses fonctionnent de concert. » Des passerelles existent aussi de part et d’autre. La législation fribourgeoise connait par exemple une spécificité qui oblige le notaire à se référer au droit canon pour certains actes.
Qui peut vendre quoi et à qui ?
Du point de vue de l’Eglise, les transactions relatives aux biens sont très strictes et soumises à un triple veto. Toute vente immobilière dès 1 m2 doit obtenir l’aval de l’évêque. Ce dernier ne donnera son feu vert qu’après avoir obtenu le préavis positif du Conseil diocésain pour les affaires économiques (CDAE) et du Conseil presbytéral. De plus, si la vente dépasse les 5 millions, il faut encore en référer au Saint-Siège. Ces filets de sécurité sont importants pour éviter que des paroisses ou des congrégations religieuses ne se fassent avoir par des agents immobiliers peu scrupuleux. En outre, comme ces biens appartiennent de fait à une multitude d’entités fractionnées, l’évêque dispose d’une prérogative permettant de garder une vision d’ensemble quant à l’utilisation et la valorisation du patrimoine foncier de son diocèse.
Comment générer des revenus pour demain ?
A ce propos, Mgr Morerod a d’ailleurs fait un pas de plus dans la professionnalisation de ces structures. La mise sur pied d’un Conseil d’administration diocésain constitué de membres laïcs ultra compétents dans leur domaine (finance, immobilier, droit…) permet d’élaborer une vision stratégique à long terme pour les affaires temporelles. Comme le relève Jean-Baptiste Henry de Diesbach, « il est important d’anticiper aujourd’hui les revenus de demain, car tôt ou tard, on assistera à une baisse de l’impôt ecclésiastique et des subsides de l’Etat ».
En ce sens, un outil juridique comme le droit de superficie est intéressant. Il donne la possibilité de construire ou modifier un immeuble comme si l’acquéreur en était propriétaire, tout en permettant au véritable détenteur de dégager un revenu sur du long terme jusqu’à 100 ans et de récupérer le bien à la fin.
Ne pas désacraliser
Un bâtiment appartenant à une congrégation religieuse et aujourd’hui inoccupé peut être réaffecté par exemple au canton dans un but d’utilité publique, tout en continuant à générer des produits pour cette dernière. Une fondation ecclésiastique a ainsi mis un ancien couvent à disposition du canton de Fribourg, à long terme et contre une rente annuelle, pour y héberger des requérants d’asile et des réfugiés. L’opération permet l’accueil de migrants sans en gérer les aspects opérationnels, tout en assurant des revenus qui permettent notamment de financer la formation de futurs prêtres.
Ainsi même si l’Eglise catholique en Suisse romande ne vole pas la palme aux CFF en matière de propriété foncière, compte tenu du caractère fractionné de ses possessions, elle n’a néanmoins pas besoin de désacraliser à outrance ses édifices religieux pour trouver de nouvelles liquidités. Il arrive que cela se produise, comme au Locle où une chapelle de quartier a été transformée en villa, mais dans la majorité des cas, une réaffectation sera préférée à une vente pure et simple, tout comme une saine collaboration avec les cantons et les communes qui dans la plupart des cas continuent de la soutenir.
1 Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud.
L’église jésuite du collège Saint-Michel de Fribourg est en main du canton.
Une bonne vingtaine de jeunes « passion-nés » du Christ se sont retrouvés le Jeudi saint pour monter vers Pâques après s’être « plongés » dans le repas traditionnel de la Pâque juive.
PAR MILOS ET ARIANE | PHOTOS : DR
Notre montée vers Pâques du secteur de Martigny a commencé le jeudi après-midi vers 14h, avec la collaboration des écoles de la région, qui ont donné congé à nos jeunes. Mené par une sympathique équipe d’animation, composée de jeunes adultes, le camp itinérant à vélo a pris pour base le rectorat de Martigny-Bourg. Après une prière et des jeux de présentation, les jeunes ont participé à plusieurs ateliers : fabrication de prie-Dieu, méditation sur l’onction de Béthanie, préparation d’un souper original.
En effet, il ne s’agissait pas d’un simple repas, nous nous sommes plongés dans la Pâque juive qu’avait célébrée Jésus la veille de sa passion. Entre les cierges du sabbat, et les bénédictions de coupes, l’ambiance était pour le moins exotique, entraînant les vingt-quatre jeunes de douze à seize ans hors de leur quotidien. Suite à la célébration de la dernière Cène, la veillée d’adoration en retint plus d’un à Gethsémani.
Vendredi, suite au témoignage poignant de l’aumônière d’hôpital Karen Rapin, nous avons pu partager en profondeur sur le thème de la compassion. Revigorés par une soupe communautaire, l’après-midi nous a portés sur les hauts du secteur, des Valettes à Bovernier, avec un chemin de croix ensoleillé, animé par les enfants du caté. La journée s’est achevée par la célébration de la Croix en présence d’un jeune diacre.
Dans l’attente de la veillée pascale, un jeu de piste nous fait rouler dans les dédales de la ville d’Octodure, à la suite de Marie-Madeleine, qui nous mènera jusqu’au matin de la résurrection.
Le téléphone ne cesse de sonner. Depuis que la guerre a éclaté dans son pays, Sviatoslav Horetskyi reçoit au minimum cinquante appels par jour. Ce prêtre ukrainien gréco-catholique, officiant à Genève et Lausanne, a malgré tout trouvé le temps de nous accorder un entretien.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER
Comment vivez-vous le conflit qui agite votre pays ?
J’aimerais préciser que ce n’est pas un conflit, mais une guerre. C’est d’ailleurs même pire que la guerre, on évoque dans les médias un génocide. Personnellement, c’est difficile de voir les images de mon pays, car elles sont loin de la réalité.
L’Ukraine compte un tiers de fidèles du Patriarcat de Moscou. Comment se passe la cohabitation avec les autres croyants ?
Le Patriarcat de Moscou nous trompe sur le nombre réel de fidèles. Beaucoup de paroisses qui étaient rattachées à Moscou se sont regroupées avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Certains fidèles de paroisses russes réfléchissent et se demandent si leurs autorités montrent le bon exemple. Il en résulte que beaucoup de ces croyants ont aujourd’hui une vision plus globale de la réalité et quittent l’Eglise russe.
En quoi la religion contribue-t-elle à la guerre en Ukraine ?
Honnêtement, je ne pense pas qu’on puisse dire que le déclencheur de la guerre en Ukraine soit la religion. Aujourd’hui, beaucoup d’églises à l’ouest de l’Ukraine accueillent des réfugiés et essayent de s’organiser pour être présentes pour tous ceux qui ont besoin d’aide et pas seulement pour leurs propres fidèles.
Dans quelle mesure l’Eglise orthodoxe russe craint d’être dépossédée de son pouvoir en Ukraine ?
Elle perd déjà de son pouvoir ! Et si l’Eglise orthodoxe russe ne se positionne pas pour arrêter ce massacre, elle perdra encore plus.
Quelle influence possède le Patriarcat de Moscou au plan politique ?
On constate cette influence rien que dans la réaction du patriarche Kiril, en tant que chef de l’Eglise russe, il use de cette même propagande, de ce mensonge permanent à l’attention des Russes en Russie. Le fait que l’Eglise ne réagisse pas à ce qu’il se passe est déjà pour moi une réponse à cette question.
Certains croyants ont peur d’un retour des persécutions de l’ère communiste ?
Si l’Ukraine arrive à repousser les soldats russes hors de son territoire, alors la liberté religieuse sera garantie pour toutes les communautés. Depuis la chute de l’URSS, la liberté religieuse n’est pas un vain mot en Ukraine et doit le rester.
Une foi illégale
Selon Portes Ouvertes, une ONG internationale qui soutient les chrétiens persécutés, les Eglises de la région du Donbass, non affiliées au patriarcat de Moscou, subissent une pression croissante depuis 2014. Les autorités des deux Républiques autoproclamées (Donetsk et Louhansk) ont édicté des directives qui obligent les organisations religieuses à se faire enregistrer. Une liste de 195 organisations religieuses enregistrées, établie en décembre 2019 par les autorités de Louhansk, a montré qu’aucune communauté protestante n’avait obtenu d’autorisation. Ne pas être enregistré signifie ne pas avoir accès au gaz, à l’électricité ou à l’eau. Cela rend, de fait, toute activité religieuse impossible.
Les Eglises d’Ukraine
Il est utile de préciser que, outre les communautés protestantes dont parle le communiqué de Portes Ouvertes, il existe dans le pays quatre Eglises : l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou (EOU-PM), l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Kiev (Kyïv) (EOU-PK), l’Eglise autocéphale et l’Eglise gréco-catholique (EGCU).
Biographie express
Né en Ukraine centrale dans la ville de Zhytomyr, Sviatoslav Horetskyi est prêtre au sein de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne (de rite byzantin). Marié et père de trois enfants, il appartient à l’éparchie (diocèse) de Saint-Volodymyr le Grand de Paris et a été nommé l’an dernier administrateur des centres pastoraux des villes de Genève et Lausanne. Stagiaire dans l’UP de La Seymaz (GE) pour l’année pastorale 2022, il se forme pour célébrer dans le rite romain.
PAR DAVID BAGNOUD, PRÉSIDENT DE LA COMMUNE DE LENS PHOTO : DR
«Son clocher abrite l’un des plus exceptionnels carillons de Suisse.» David Bagnoud
Autrefois propriété de l’évêque de Sion, Lens devient une commune à part entière au XIVe siècle. Elle tire son charme en grande partie de la richesse du patrimoine bâti de son cœur historique, répertorié dans l’ISOS (Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse) et dont l’église constitue un précieux élément.
Dédiée à Saint-Pierre-aux-Liens, l’actuelle église paroissiale de Lens est érigée en 1843 sur le site des trois édifices précédents. De style piémontais, son plan d’un seul rectangle rappelle les lieux de culte postérieurs au Concile de Trente. Elle possède des orgues de 1903 manufacturés par la maison Kuhn de Männedorf (ZH) dont les origines remontent à 1864. Son clocher abrite l’un des plus exceptionnels carillons de Suisse. Comportant vingt-quatre cloches, il se distingue par le fait qu’il est équipé d’un clavier mécanique de type flamand tout en ayant conservé un actionnement valaisan fait de cordes, poulies et chaînes. Cloches et carillons rythment les événements de notre communauté, les jours de fête et l’année liturgique des paroissiens.
L’église de Lens a été restaurée entre 1968 et 1974. Des travaux de conservation ont encore été réalisés en 2010 lorsque la commune a entrepris de revitaliser son centre historique en parallèle du remplacement de ses conduites d’eaux souterraines. A cette occasion, le parvis a été réaménagé en une véritable place du village, conférant à ce dernier une nouvelle dynamique.
Ne représentant pas seulement notre histoire, les sites construits illustrent notre espace de vie actuel. Ils nous permettent de nous identifier à l’endroit où nous vivons. Leur valorisation et leur développement harmonieux bénéficient à la qualité de notre environnement. En laissant une empreinte durable, le patrimoine bâti participe ainsi pleinement à notre bien-être.
Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Mgr Jean-Marie Lovey qui prend la plume.
PAR MGR JEAN-MARIE LOVEY, ÉVÊQUE DU DIOCÈSE DE SION PHOTO : CATH.CH / BERNARD HALLET
On ne peut pas ne pas tenir compte de ce qui se passe devant notre porte. Le monde étant devenu un village, ce qui se vit au bout de ce monde se vit en immédiateté devant notre porte. Depuis la semaine après Pâques, la porte semble contenir une double signification. Huit jours plus tard, dit saint Jean, Jésus vient au milieu de ses disciples : ils sont là réunis, Thomas y compris, lui qui avait manqué la semaine précédente au même rendez-vous. Tous les disciples in corpore, dans le même lieu, dans la même peur, dans le même enfermement ! Les portes du lieu où ils se tenaient sont soigneusement verrouillées. Il y a trop de risques à sortir voir ce qui s’y passe, trop de risques à laisser l’inconnu entrer. Cependant il vient. Et c’est une autre porte qu’il ouvre. Une ouverture qui est désormais littéralement à portée de main. Mets ta main dans mon côté. (Jn 20, 26)
L’Eglise, c’est-à-dire nous tous en tant que communauté de foi, se situe, au long des âges et aujourd’hui encore, devant ces deux types de portes. D’un côté, les portes que l’on ferme par peur des autres, une peur qui nous garde prisonniers de nos propres fabrications. De l’autre, une béance, une blessure, porte ouverte au côté de celui qui aime et appelle à se laisser rejoindre « ma main sur son cœur ».
La première phase de la démarche synodale s’est déroulée dans chaque diocèse du monde. Notre Eglise diocésaine s’y est mise, modestement peut-être, mais avec bonheur. Jusqu’ici, des portes se sont-elles ouvertes ? Des peurs et des paralysies en ont-elles fermé d’autres ? Le processus se poursuit, au niveau des pays, des continents puis de l’Eglise universelle, tant il est vrai que le but de ce synode est précisément le chemin qui se vit sans cesse. Autrement dit, ce qui importe est de faire chemin ensemble ; d’oser avancer malgré tout ce que l’Eglise subit de revers, malgré nos infidélités, malgré nos courtes vues étriquées ou partisanes ; d’oser maintenir notre attention prioritaire sur l’abîme du côté ouvert du Christ. A l’écoute commune des battements de son cœur, dans la vie diocésaine, nous resterons des marcheurs en chemin (synode). Le synode ne s’achèvera pas en 2023, mais bien au seuil de l’ultime porte, celle du Paradis.
Les conseils de gestion portent le souci du patrimoine bâti des paroisses. Ainsi, l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques est en cours de rénovation; la chapelle d’Ollon aura des travaux début 2023. Présentation.
Rénovation de l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques
PAR STÉPHANE PONT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION COMMUNICATION ET RECHERCHE DE FONDS PHOTO : DR
L’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques figure au patrimoine architectural du canton, témoin sacré du début du XVIe et de la fin du XIXe siècle.
Afin de la préserver, il a été décidé d’effectuer d’importants travaux de rénovation qui ont débutés voilà quelques semaines et qui vont se poursuivre au moins jusqu’en décembre prochain.
Grâce au soutien de la commune de Crans-Montana, de l’Etat du Valais et de la Loterie Romande deux tiers du budget de 850’000 francs est déjà couvert. UN GRAND MERCI A EUX !
Il nous reste donc à trouver le solde et nous comptons sur de nombreuses contributions.
Un appel au don est lancé et vous pouvez d’ores et déjà y contribuer en effectuant un virement sur les coordonnées bancaires suivantes: IBAN : CH14 8080 8008 4018 9075 6 – Intitulé du compte « Dons restauration SML »
Rénovation de la chapelle d’Ollon
PAR CÉDRIC VOCAT, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE GESTION (COGEST) PHOTO : DR
La chapelle d’Ollon, dont l’existence est attestée dès 1711, a été agrandie en 1861, puis de 1916 à 1920 par Louis Gard, architecte de la statue du Christ-Roi. De style baroque, cette chapelle est dédiée à la Présentation de Marie au temple.
Les paroissiens ont pu constater que ce bâtiment nécessite un grand entretien. En effet, des fissures sont apparues sur la voûte, la peinture s’étiole, l’éclairage n’est plus à jour, les rambardes des esca-liers ainsi que celles de la tribune ne sont plus aux normes, … Le CoGest a donc décidé de mettre cette rénovation à l’ordre du jour.
Pour ce faire, nous nous sommes réparti le travail. Tout d’abord nous avons demandé des conseils auprès de spécialistes puis nous avons sollicité plusieurs entreprises afin d’obtenir des devis. Ayant reçu ces documents, nous avons pu établir le montant brut de la rénovation. Et, nous fûmes surpris par le montant qui est, tout de même, de 120’000 francs !
Afin de mener à bien cette rénovation, le CoGest s’est mis à la recherche de mécènes et généreux donateurs. Nous avons sollicité plusieurs fondations et, actuellement, nous sommes dans l’at-tente de leur réponse.
Les travaux débuteront, normalement, au début 2023 et devraient être terminés à la fin du printemps 2023.
Si le cœur vous en dit, nous recueillons volontiers tout don pécunier. Un grand merci pour votre précieux soutien. IBAN : CH82 8080 8002 4644 1292 9 avec la mention « Rénovation chapelle d’Ollon » – Paroisse Saint-Georges Chermignon
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