Une bonne vingtaine de jeunes « passion-nés » du Christ se sont retrouvés le Jeudi saint pour monter vers Pâques après s’être « plongés » dans le repas traditionnel de la Pâque juive.
PAR MILOS ET ARIANE | PHOTOS : DR
Notre montée vers Pâques du secteur de Martigny a commencé le jeudi après-midi vers 14h, avec la collaboration des écoles de la région, qui ont donné congé à nos jeunes. Mené par une sympathique équipe d’animation, composée de jeunes adultes, le camp itinérant à vélo a pris pour base le rectorat de Martigny-Bourg. Après une prière et des jeux de présentation, les jeunes ont participé à plusieurs ateliers : fabrication de prie-Dieu, méditation sur l’onction de Béthanie, préparation d’un souper original.
En effet, il ne s’agissait pas d’un simple repas, nous nous sommes plongés dans la Pâque juive qu’avait célébrée Jésus la veille de sa passion. Entre les cierges du sabbat, et les bénédictions de coupes, l’ambiance était pour le moins exotique, entraînant les vingt-quatre jeunes de douze à seize ans hors de leur quotidien. Suite à la célébration de la dernière Cène, la veillée d’adoration en retint plus d’un à Gethsémani.
Vendredi, suite au témoignage poignant de l’aumônière d’hôpital Karen Rapin, nous avons pu partager en profondeur sur le thème de la compassion. Revigorés par une soupe communautaire, l’après-midi nous a portés sur les hauts du secteur, des Valettes à Bovernier, avec un chemin de croix ensoleillé, animé par les enfants du caté. La journée s’est achevée par la célébration de la Croix en présence d’un jeune diacre.
Dans l’attente de la veillée pascale, un jeu de piste nous fait rouler dans les dédales de la ville d’Octodure, à la suite de Marie-Madeleine, qui nous mènera jusqu’au matin de la résurrection.
Le téléphone ne cesse de sonner. Depuis que la guerre a éclaté dans son pays, Sviatoslav Horetskyi reçoit au minimum cinquante appels par jour. Ce prêtre ukrainien gréco-catholique, officiant à Genève et Lausanne, a malgré tout trouvé le temps de nous accorder un entretien.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER
Comment vivez-vous le conflit qui agite votre pays ?
J’aimerais préciser que ce n’est pas un conflit, mais une guerre. C’est d’ailleurs même pire que la guerre, on évoque dans les médias un génocide. Personnellement, c’est difficile de voir les images de mon pays, car elles sont loin de la réalité.
L’Ukraine compte un tiers de fidèles du Patriarcat de Moscou. Comment se passe la cohabitation avec les autres croyants ?
Le Patriarcat de Moscou nous trompe sur le nombre réel de fidèles. Beaucoup de paroisses qui étaient rattachées à Moscou se sont regroupées avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Certains fidèles de paroisses russes réfléchissent et se demandent si leurs autorités montrent le bon exemple. Il en résulte que beaucoup de ces croyants ont aujourd’hui une vision plus globale de la réalité et quittent l’Eglise russe.
En quoi la religion contribue-t-elle à la guerre en Ukraine ?
Honnêtement, je ne pense pas qu’on puisse dire que le déclencheur de la guerre en Ukraine soit la religion. Aujourd’hui, beaucoup d’églises à l’ouest de l’Ukraine accueillent des réfugiés et essayent de s’organiser pour être présentes pour tous ceux qui ont besoin d’aide et pas seulement pour leurs propres fidèles.
Dans quelle mesure l’Eglise orthodoxe russe craint d’être dépossédée de son pouvoir en Ukraine ?
Elle perd déjà de son pouvoir ! Et si l’Eglise orthodoxe russe ne se positionne pas pour arrêter ce massacre, elle perdra encore plus.
Quelle influence possède le Patriarcat de Moscou au plan politique ?
On constate cette influence rien que dans la réaction du patriarche Kiril, en tant que chef de l’Eglise russe, il use de cette même propagande, de ce mensonge permanent à l’attention des Russes en Russie. Le fait que l’Eglise ne réagisse pas à ce qu’il se passe est déjà pour moi une réponse à cette question.
Certains croyants ont peur d’un retour des persécutions de l’ère communiste ?
Si l’Ukraine arrive à repousser les soldats russes hors de son territoire, alors la liberté religieuse sera garantie pour toutes les communautés. Depuis la chute de l’URSS, la liberté religieuse n’est pas un vain mot en Ukraine et doit le rester.
Une foi illégale
Selon Portes Ouvertes, une ONG internationale qui soutient les chrétiens persécutés, les Eglises de la région du Donbass, non affiliées au patriarcat de Moscou, subissent une pression croissante depuis 2014. Les autorités des deux Républiques autoproclamées (Donetsk et Louhansk) ont édicté des directives qui obligent les organisations religieuses à se faire enregistrer. Une liste de 195 organisations religieuses enregistrées, établie en décembre 2019 par les autorités de Louhansk, a montré qu’aucune communauté protestante n’avait obtenu d’autorisation. Ne pas être enregistré signifie ne pas avoir accès au gaz, à l’électricité ou à l’eau. Cela rend, de fait, toute activité religieuse impossible.
Les Eglises d’Ukraine
Il est utile de préciser que, outre les communautés protestantes dont parle le communiqué de Portes Ouvertes, il existe dans le pays quatre Eglises : l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou (EOU-PM), l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Kiev (Kyïv) (EOU-PK), l’Eglise autocéphale et l’Eglise gréco-catholique (EGCU).
Biographie express
Né en Ukraine centrale dans la ville de Zhytomyr, Sviatoslav Horetskyi est prêtre au sein de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne (de rite byzantin). Marié et père de trois enfants, il appartient à l’éparchie (diocèse) de Saint-Volodymyr le Grand de Paris et a été nommé l’an dernier administrateur des centres pastoraux des villes de Genève et Lausanne. Stagiaire dans l’UP de La Seymaz (GE) pour l’année pastorale 2022, il se forme pour célébrer dans le rite romain.
PAR DAVID BAGNOUD, PRÉSIDENT DE LA COMMUNE DE LENS PHOTO : DR
«Son clocher abrite l’un des plus exceptionnels carillons de Suisse.» David Bagnoud
Autrefois propriété de l’évêque de Sion, Lens devient une commune à part entière au XIVe siècle. Elle tire son charme en grande partie de la richesse du patrimoine bâti de son cœur historique, répertorié dans l’ISOS (Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse) et dont l’église constitue un précieux élément.
Dédiée à Saint-Pierre-aux-Liens, l’actuelle église paroissiale de Lens est érigée en 1843 sur le site des trois édifices précédents. De style piémontais, son plan d’un seul rectangle rappelle les lieux de culte postérieurs au Concile de Trente. Elle possède des orgues de 1903 manufacturés par la maison Kuhn de Männedorf (ZH) dont les origines remontent à 1864. Son clocher abrite l’un des plus exceptionnels carillons de Suisse. Comportant vingt-quatre cloches, il se distingue par le fait qu’il est équipé d’un clavier mécanique de type flamand tout en ayant conservé un actionnement valaisan fait de cordes, poulies et chaînes. Cloches et carillons rythment les événements de notre communauté, les jours de fête et l’année liturgique des paroissiens.
L’église de Lens a été restaurée entre 1968 et 1974. Des travaux de conservation ont encore été réalisés en 2010 lorsque la commune a entrepris de revitaliser son centre historique en parallèle du remplacement de ses conduites d’eaux souterraines. A cette occasion, le parvis a été réaménagé en une véritable place du village, conférant à ce dernier une nouvelle dynamique.
Ne représentant pas seulement notre histoire, les sites construits illustrent notre espace de vie actuel. Ils nous permettent de nous identifier à l’endroit où nous vivons. Leur valorisation et leur développement harmonieux bénéficient à la qualité de notre environnement. En laissant une empreinte durable, le patrimoine bâti participe ainsi pleinement à notre bien-être.
Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Mgr Jean-Marie Lovey qui prend la plume.
PAR MGR JEAN-MARIE LOVEY, ÉVÊQUE DU DIOCÈSE DE SION PHOTO : CATH.CH / BERNARD HALLET
On ne peut pas ne pas tenir compte de ce qui se passe devant notre porte. Le monde étant devenu un village, ce qui se vit au bout de ce monde se vit en immédiateté devant notre porte. Depuis la semaine après Pâques, la porte semble contenir une double signification. Huit jours plus tard, dit saint Jean, Jésus vient au milieu de ses disciples : ils sont là réunis, Thomas y compris, lui qui avait manqué la semaine précédente au même rendez-vous. Tous les disciples in corpore, dans le même lieu, dans la même peur, dans le même enfermement ! Les portes du lieu où ils se tenaient sont soigneusement verrouillées. Il y a trop de risques à sortir voir ce qui s’y passe, trop de risques à laisser l’inconnu entrer. Cependant il vient. Et c’est une autre porte qu’il ouvre. Une ouverture qui est désormais littéralement à portée de main. Mets ta main dans mon côté. (Jn 20, 26)
L’Eglise, c’est-à-dire nous tous en tant que communauté de foi, se situe, au long des âges et aujourd’hui encore, devant ces deux types de portes. D’un côté, les portes que l’on ferme par peur des autres, une peur qui nous garde prisonniers de nos propres fabrications. De l’autre, une béance, une blessure, porte ouverte au côté de celui qui aime et appelle à se laisser rejoindre « ma main sur son cœur ».
La première phase de la démarche synodale s’est déroulée dans chaque diocèse du monde. Notre Eglise diocésaine s’y est mise, modestement peut-être, mais avec bonheur. Jusqu’ici, des portes se sont-elles ouvertes ? Des peurs et des paralysies en ont-elles fermé d’autres ? Le processus se poursuit, au niveau des pays, des continents puis de l’Eglise universelle, tant il est vrai que le but de ce synode est précisément le chemin qui se vit sans cesse. Autrement dit, ce qui importe est de faire chemin ensemble ; d’oser avancer malgré tout ce que l’Eglise subit de revers, malgré nos infidélités, malgré nos courtes vues étriquées ou partisanes ; d’oser maintenir notre attention prioritaire sur l’abîme du côté ouvert du Christ. A l’écoute commune des battements de son cœur, dans la vie diocésaine, nous resterons des marcheurs en chemin (synode). Le synode ne s’achèvera pas en 2023, mais bien au seuil de l’ultime porte, celle du Paradis.
Les conseils de gestion portent le souci du patrimoine bâti des paroisses. Ainsi, l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques est en cours de rénovation; la chapelle d’Ollon aura des travaux début 2023. Présentation.
Rénovation de l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques
PAR STÉPHANE PONT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION COMMUNICATION ET RECHERCHE DE FONDS PHOTO : DR
L’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques figure au patrimoine architectural du canton, témoin sacré du début du XVIe et de la fin du XIXe siècle.
Afin de la préserver, il a été décidé d’effectuer d’importants travaux de rénovation qui ont débutés voilà quelques semaines et qui vont se poursuivre au moins jusqu’en décembre prochain.
Grâce au soutien de la commune de Crans-Montana, de l’Etat du Valais et de la Loterie Romande deux tiers du budget de 850’000 francs est déjà couvert. UN GRAND MERCI A EUX !
Il nous reste donc à trouver le solde et nous comptons sur de nombreuses contributions.
Un appel au don est lancé et vous pouvez d’ores et déjà y contribuer en effectuant un virement sur les coordonnées bancaires suivantes: IBAN : CH14 8080 8008 4018 9075 6 – Intitulé du compte « Dons restauration SML »
Rénovation de la chapelle d’Ollon
PAR CÉDRIC VOCAT, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE GESTION (COGEST) PHOTO : DR
La chapelle d’Ollon, dont l’existence est attestée dès 1711, a été agrandie en 1861, puis de 1916 à 1920 par Louis Gard, architecte de la statue du Christ-Roi. De style baroque, cette chapelle est dédiée à la Présentation de Marie au temple.
Les paroissiens ont pu constater que ce bâtiment nécessite un grand entretien. En effet, des fissures sont apparues sur la voûte, la peinture s’étiole, l’éclairage n’est plus à jour, les rambardes des esca-liers ainsi que celles de la tribune ne sont plus aux normes, … Le CoGest a donc décidé de mettre cette rénovation à l’ordre du jour.
Pour ce faire, nous nous sommes réparti le travail. Tout d’abord nous avons demandé des conseils auprès de spécialistes puis nous avons sollicité plusieurs entreprises afin d’obtenir des devis. Ayant reçu ces documents, nous avons pu établir le montant brut de la rénovation. Et, nous fûmes surpris par le montant qui est, tout de même, de 120’000 francs !
Afin de mener à bien cette rénovation, le CoGest s’est mis à la recherche de mécènes et généreux donateurs. Nous avons sollicité plusieurs fondations et, actuellement, nous sommes dans l’at-tente de leur réponse.
Les travaux débuteront, normalement, au début 2023 et devraient être terminés à la fin du printemps 2023.
Si le cœur vous en dit, nous recueillons volontiers tout don pécunier. Un grand merci pour votre précieux soutien. IBAN : CH82 8080 8002 4644 1292 9 avec la mention « Rénovation chapelle d’Ollon » – Paroisse Saint-Georges Chermignon
La preuve que l’Eglise tient aux bâtiments de son patrimoine, c’est que le terme est le même pour désigner le contenant (le bâtiment matériel) et le contenu (l’Eglise peuple de Dieu). C’est ensuite que nous fêtons le 9 novembre la Basilique du Latran, la cathédrale du pape et la mère de toutes les églises du monde. C’est enfin qu’en principe, un baptême, un mariage, voire des funérailles ne peuvent avoir lieu en plein air, même si le Seigneur habite partout.
Reste que l’édifice de pierre ne sert qu’à permettre à chacun-e de se prêter « comme une pierre vivante à la construction de l’édifice spirituel » en Jésus-Christ (1 Pierre 2, 5). Le bien nommé disciple de l’apôtre Pierre livre dans sa première épître une splendide méditation sur la dignité de chaque croyant et Vatican II a retenu ce texte pour désigner le sacerdoce commun de tous les fidèles.
C’est le Christ qui constitue la pierre vivante fondamentale, choisie par le Père, mais rejetée par les hommes (2, 4). Cette pierre qu’ont repoussée les constructeurs est cependant devenue la tête d’angle (Psaume 118, 22), précieuse pour ceux qui se confient à elle et ne seront pas déçus (Isaïe 28, 16 ; cité en 1 Pierre 2, 6) : ceux qui pourtant étaient chargés de bâtir le peuple de l’Alliance d’Israël ont décidé quant à eux de s’en distancer, si bien qu’elle est désormais pour eux un rocher qui fait tomber (Isaïe 8, 14-15). C’est le drame de la coupure entre les représentants de l’Alliance ancienne, supplantés par les disciples du Fils de l’Homme (1 P 2, 8).
Noms prestigieux
Car tous ceux qui adhèrent au Christ sont maintenant considérés comme aptes à offrir des sacrifices spirituels que le Père agrée pleinement (2, 5b). C’est ainsi qu’ils reçoivent des noms prestigieux, en devenant comme Jésus, prêtres, rois et prophètes : ils bénéficient d’un « sacerdoce royal » ; ils forment une « race élue », jouissant de la miséricorde céleste ; une « nation sainte », participant de la nature divine (2 Pierre 1, 4) ; un « peuple de prophètes, acquis » pour proclamer les louanges du Créateur et Rédempteur de l’univers (Isaïe 43, 20-21) et appelé à rayonner de sa lumière. S’il y a besoin de sauvegarder les bâtisses et chefs-d’œuvre architecturaux hérités de l’histoire, c’est pour que chaque membre du peuple élu s’y trouve « à demeure » et y fasse monter son action de grâce.
Quelle joie de vous présenter ce mois-ci un journal plus « jeune » !
L’équipe de rédaction a la volonté de toucher plus large que nos précieux et traditionnels lecteurs, en ciblant davantage les enfants et leurs familles, qui font partie intégrante de l’Eglise d’aujourd’hui et de demain.
« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. En vérité je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant, n’y entrera pas. » Marc, 10 : 13-16 Voilà une parole d’Evangile que nous chérissons particulièrement car elle se veut attendrissante et réconfortante. Cela nous permet d’oser avancer dans la foi, avec confiance.
J’aime particulièrement cette image car j’y vois toute ma joie d’être, moi aussi, enfant de Dieu ! Savoir que le Père qui nous attend tous garde les bras ouverts pour nous accueillir ! Tout comme lorsqu’un parent admire, le souffle suspendu, les premiers pas d’un enfant, puis son premier coup de pédale à vélo, ou plus tard sa première virée en vélomoteur…
Oui, prions et prenons soin de nos enfants, de nos jeunes, de nos familles, quelles que soient leurs difficultés ou réalité ! Confions-les à Dieu le Père.
Pour aller plus loin dans l’art de prendre soin de notre foi en famille, rendez-vous sur le site www.prierenfamille.ch
Faire cohabiter les générations, offrir un toit à ceux qui recherchent chaleur et protection tout en redonnant vie et sens aux édifices religieux ? Les initiatives qui vont dans cette direction existent déjà en Suisse romande.
A l’heure où les agglomérations manquent de crèches et de places d’accueil pour les sans-abris ou les réfugiés, n’existerait-il pas là un moyen de redonner vie au patrimoine immobilier de l’Eglise sans passer par la vente ou la désacralisation ? Ces deux options impliquent nécessairement une période de séparation et de deuil, alors que Dieu incarne la Vie par excellence ! C’est vrai qu’il a opté pour des « lieux » comme un buisson ou une nuée pour se rendre visible aux humains, mais il a aussi choisi… Jésus.
A-t-Il donc besoin d’un lieu saint particulier pour se déployer ? Je ne crois pas. Il habite déjà chaque are de notre humanité, personnes en recherche de
protection et enfants compris.
Julie habite à Vionnaz. Au moment où nous la rencontrons chez elle avec sa maman au début du mois de mai, elle se prépare, quelques jours plus tard, à recevoir le baptême et sa première communion.
PAR YASMINA POT
PHOTO : DR
La maman de Julie, Nathalie, se souvient que lorsque sa fille a commencé l’école dans le canton de Vaud, elle avait des cours d’Histoire biblique. « Quand elle est rentrée des premiers cours, tout de suite elle en a parlé à la maison : » Tu te rends compte, il y a plusieurs religions, ils ont chacun un Dieu ! » Ça a été une des seules choses qu’elle racontait de l’école ! »
Suite à cela Julie a souhaité avoir une Bible, que sa maman lui a achetée à son anniversaire en 2020. « J’ai aimé à peu près toutes les histoires qu’il y avait dans la Bible des enfants », raconte
Julie.
La décision du baptême
Mais quand Julie a-t-elle eu envie d’être baptisée et pourquoi ? « C’était au premier cours de religion, en 4H, avec maîtresse Marie, se souvient-elle. Pour moi le baptême c’est comme une étape de la vie où Dieu s’allie à nous, même si en réalité il est tout le temps avec nous. C’est un peu comme s’il était plus avec nous, ça fait plus ressentir Dieu en nous. »
La maman de Julie se souvient bien de ce jour où sa fille est rentrée à la maison et a annoncé qu’elle voulait se faire baptiser.
Depuis la petite enfance
Nathalie raconte que lors d’une croisière en Italie en 2017 Julie s’est montrée très admirative des églises. « Elle avait presque 5 ans. C’était assez fort, elle posait pas mal de questions. Elle voulait entrer dans toutes les églises, et on l’a emmenée dans un grand nombre d’entre elles. »
« Oui, répond Julie, je me sens bien dans les églises, parce que là on sent qu’il y a vraiment Dieu, Jésus, tout le monde avec nous ; et c’est là qu’on retrouve de bons souvenirs ; et j’aime aussi parce que c’est joli. J’ai envie d’être proche de Jésus parce que c’est le fils de Dieu ; du coup ça me rapproche de Dieu. Jésus c’est mon ami de la religion. Ça m’apporte de l’amour, ça m’apprend à aider ceux qui ont des problèmes à l’école, à être sympa avec ceux que je n’aime pas vraiment. Ça m’apprend plein de choses sur la vie. J’apprends aussi à ne pas forcément tout avoir tout de suite, à patienter. En plus, si on n’arrive pas à parler aux autres parce que c’est trop puissant ou que c’est très urgent, on peut parler à Dieu en priant pour se sentir plus léger. »
Un trio uni pour toujours
Nathalie explique que Julie a dû choisir entre devenir catholique ou protestante et qu’elle a choisi d’être catholique parce qu’elle croit en la Vierge Marie : « Marie est la maman de Jésus alors ça fait un trio : Marie a une moitié de cœur, Jésus une autre et Dieu la dernière. Le tout forme un cœur et les unit pour toujours. »
Première messe
« La chambre de Julie donne sur l’église, raconte encore Nathalie ; c’est d’ailleurs pour cela qu’elle l’a choisie, sourit-elle. Et un dimanche à 9h15 elle m’a dit : » Maman je veux aller à la messe ! » Après la messe, elle m’a confié s’être sentie détendue.
Cela fait partie de ces moments dont on se rappelle, conclut Nathalie. On peut dire que la décision de Julie de recevoir le baptême n’a pas été prise à la légère, ou en vitesse ; on a d’ailleurs attendu un moment pour être sûrs que ce n’était pas un coup de tête. Cela a été véritablement le choix de Julie elle-même. »
Le pape François a donné la place à des femmes dans la curie comme aucun de ses prédécesseurs : directrice des Musées du Vatican, secrétaire du Gouvernorat du Vatican (l’organisme qui gère la Cité du Vatican), sous-secrétaire du Synode…
Il a également institué lectorat et acolytat pour les deux sexes ; chez nous, cela passe presque inaperçu, mais dans des milliers de diocèses dans le monde, c’est une occasion bénie d’institutionnaliser la place des femmes en Eglise de manière non plus exceptionnelle, circonstanciée ou opportuniste, mais réellement habituelle.
« L’Eglise est femme »
A la messe du 1er janvier 2022, le Pape s’est écrié : « Que de violence il y a à l’égard des femmes ! Assez ! Blesser une femme, c’est outrager Dieu qui a pris l’humanité d’une femme… » Et de rappeler qu’il faut les protéger comme devoir premier de la société et de l’Eglise, car « l’Eglise est femme ». Dans le contexte de la révélation des abus psychosexuels, c’est sûr que cela sonne… pour le moins rassurant de le souligner. Mais avec modestie…
« Experte en humanité », vraiment ?
Paul VI parlait de l’Eglise comme « experte en humanité »… Le cataclysme des rapports Sauvé de divers pays (France, Allemagne…), ainsi que les enquêtes en cours (Espagne, Suisse…), a fait sauter en éclats cette présomptueuse appellation de soi pour l’Eglise, « experte en humanité »… Désormais, l’Eglise doit incarner le service concret de cette même humanité, comme savent le faire, depuis des millénaires, les femmes, les filles, les mères… Et malgré les adversités, les cruautés, les crimes dont elles sont victimes depuis des siècles dans les sociétés patriarcales sur tous les continents, elles tiennent encore debout, comme Marie au pied de la croix ; elles accueillent et offrent le meilleur, comme Marie dans la crèche ; elles repèrent et encouragent le service d’autrui comme Marie à Cana… Et le Pape de conclure : « Au début de la nouvelle année, mettons-nous sous la protection de cette femme… » ; mettons-nous sous la protection de toutes les femmes, oui !
Au-delà de la réflexion assez étonnante lancée par la compagnie des pasteurs et des diacres de l’Eglise réformée évangélique de Genève à propos du «genre de Dieu» (voir le dossier), nous pouvons constater que la Bible affirme clairement la part féminine de notre Seigneur.
Dès les premiers versets de la Genèse (1, 2), la Ruah Yahweh, son Esprit, au féminin en hébreu, est dit planer sur les eaux. De plus, l’un des attributs principaux du Seigneur, sa miséricorde, s’engendre dans ses entrailles matricielles, comme il l’affirme lui-même à Moïse en Exode 34, 6, lorsqu’il remet à son prophète sa « carte de visite » : « Le Seigneur passa devant Moïse sur le mont Sinaï et il cria : « Yahweh, Yahweh, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » ». La bienveillance divine s’exprime dans la langue de l’Ancien Testament par le mot féminin pluriel rahamin,la matrice de la femme qui porte la vie. Le terme est repris en grec à propos du Christ, lorsque l’Evangile dit qu’il est « pris aux tripes » en présence des foules qui étaient comme des brebis sans berger (Matthieu 9, 36).
En outre, le troisième Isaïe (chapitre 56-66) nous promet d’être allaités, portés sur la hanche, caressés sur les genoux et consolés par le Seigneur lui-même, comme une maman le fait pour son nourrisson (Isaïe 66, 12-13). Quand la paix coulera vers Jérusalem et que la gloire des nations se portera au-devant d’elle, tel un torrent débordant, ainsi notre cœur sera dans la joie et nos membres reprendront vigueur comme l’herbe, grâce à la tendresse maternelle de Dieu envers ses serviteurs.
Pas besoin donc de transiger sur les pronoms à attribuer au Seigneur. Ils peuvent être sans autres féminins et Dieu peut être invoqué comme « notre mère qui est aux cieux », afin que sa volonté d’aimer soit réalisée sur la terre comme au ciel, que son règne de bonté et de justice advienne, que son pardon se répande en nous en abondance, de sorte que nous le transmettions autour de nous et que le mal soit ainsi vaincu. En Ukraine comme en Romandie.
Je sonne à la cure Saint-Pierre, la porte s’ouvre. Marjorie et Géraldine apparaissent dans l’entrebâillement: «Bonjour! que pouvons-nous faire pour vous?», disent-elles avec un large sourire. Elles m’accueillent aimablement, nous nous installons dans la salle à manger. Elles me parlent à cœur ouvert de leur travail, de la joie qu’elles ont d’aider les gens.
PROPOS RECUEILLIS PAR VÉRONIQUE BENZ | PHOTO : VÉRONIQUE BENZ
Marjorie et Géraldine sont les deux secrétaires de la paroisse Saint-Pierre. Chacune maman de deux garçons, elle travaillent à 60 %, Géraldine lundi et mardi, Marjorie mercredi et jeudi ; le vendredi, elles sont toutes les deux présentes. Une journée en commun nécessaire, reconnaissent-elles, pour la bonne coordination des tâches.
Les responsabilités d’une secrétaire de paroisse sont nombreuses et variées. « La majeure partie consiste en des tâches administratives dont, par exemple, faire le lien entre les différents intervenants des messes, la tenue des registres paroissiaux, la gestion des quêtes et des locations des salles de la maison paroissiale. Ce qui me plaît dans mon travail, c’est l’accueil à la porte comme au téléphone. Il faut savoir écouter, renseigner, informer, rediriger les personnes », remarque Marjorie. « Il y a aussi une partie psychologique, des gens viennent se confier », souligne Géraldine. « Lorsque les personnes sont là, notamment pour préparer des funérailles, il faut faire preuve d’empathie, les mettre à l’aise et les recevoir en attendant que le prêtre ou la responsable des funérailles arrivent. Il y a aussi les gens qui viennent demander de l’aide; il faut les réorienter vers les organismes adéquats. » Lorsque l’une parle, l’autre la complète. En les voyant, on ressent immédiatement leur bonne collaboration, leur complicité…
Elles relèvent que leur travail demande beaucoup d’empathie, de disponibilité, de discrétion, d’ambivalence, de créativité, d’organisation, d’autonomie, d’anticipation… et une bonne gestion du stress. « Il faut tout prendre avec le sourire, penser à tout et surtout prioriser ce qu’il y a faire. Il faut parfois imaginer ce que l’on devrait savoir, car nous sommes souvent les derniers maillons de la chaîne ». Les deux secrétaires relèvent la bonne collaboration avec toutes les personnes qui œuvrent au sein de la paroisse.
Avant d’être au service de la paroisse, Marjorie et Géraldine travaillaient dans le milieu bancaire. « Travailler pour une paroisse, cela me paraissait une évidence », explique Géraldine, « je désirais contribuer au bien-être des gens. Je suis sereine lorsque je viens au bureau, j’ai envie de faire les choses bien, je suis motivée, il y a un réel plaisir. » Marjorie cherchait un métier qui correspondait davantage à ses valeurs. « Ici notre travail est gratifiant. À la fin de la journée, nous avons l’impression d’avoir aidé les gens, de nous être rendues utiles. »
« En Église, il est souvent dit que les choses ne bougent pas ou vont trop lentement. La raison principale pour laquelle j’ai un énorme plaisir à travailler ici », précise Marjorie, « c’est justement que, quoi qu’il se passe dans le monde (une guerre, une crise sanitaire, une catastrophe naturelle) l’Église réagit très rapidement, que ce soit sous forme de quête, de dons, de récolte de marchandises. »
« Les gens, en général, ne se rendent pas vraiment compte du rôle de l’Église dans l’aide sociale. Rien que pour cela je suis fière de travailler pour l’Église », ajoute Géraldine. « Ce qui est beau, c’est cette manière de tendre la main au plus démuni, souvent dans l’ombre. » Toutes deux estiment dommage que de nombreuses personnes n’aient pas conscience de cela.
Si vous contactez la paroisse Saint-Pierre, sans aucun doute vous serez accueillis par Marjorie ou Géraldine. Vous découvrirez alors leur voix douce, leur joie communicative et leur regard bienveillant !
PAR ALESSANDRA ARLETTAZ PHOTOS : OPM FRANCE, NEWSOUL, MISSIO AUTRICHE / CLEMENS FUCHS
En ce mois de Marie, je vous invite à aller à la rencontre de Pauline Jaricot, qui est née le 22 juillet 1799. Cette femme sera béatifiée le 22 mai 2022 à Lyon.
C’est une femme hors norme, son dévouement m’inspire énormément.
Elle vient d’une famille riche, où durant les premières années de sa vie de jeune femme elle en profite pleinement. Cependant, après un prêche sur la vanité, elle décide de tout laisser de ce luxe. Elle décide de s’habiller comme les ouvriers et de se mettre au service des pauvres.
Ayant un frère missionnaire, elle est mise au courant de la situation critique des missions. Elle prend l’initiative de faire connaître des missionnaires et leurs besoins et demande de les porter dans les prières. Ainsi, à 19 ans, Pauline a alors l’idée que chaque personne pourrait facilement trouver dans son entourage dix associés donnant un sou chaque semaine pour les missions. Elle invite donc à réciter un « Pater » et un « Ave Maria » chaque jour et à récolter « un sou » par semaine. S’ensuivrait ensuite un fonctionnement pyramidal organisé par groupe de 10, 100 et 1000 personnes. Chaque chef d’une dizaine récolterait les dons de ses associés, le chef de centaine ceux de dix chefs de dizaine et ainsi de suite, pour finir par alimenter un fonds commun. Ce « plan » de Pauline Jaricot aboutit à la création de l’œuvre de propagation de la foi en 1822.
Elle est aussi la fondatrice, en 1826, du « Rosaire Vivant ». Ce dernier regroupe ses membres par quinzaines dans une communion spirituelle en disant chaque jour une dizaine de chapelet pour prier tous ensemble le rosaire (à l’époque un rosaire compte 15 dizaines).
Un siècle après sa création son œuvre est élevée en œuvre pontificale par Pie XI. Pour la première fois toute l’Eglise est appelée à célébrer l’avant-dernier dimanche du mois d’octobre, le dimanche de la Mission Universelle.
Au-delà du Rosaire Vivant, son œuvre se résume à cette invitation qu’elle nous adresse aujourd’hui : « Unis-toi à cette mission : prie et fais prier ! »
Prière pour demander une grâce par l’intercession de Pauline
Seigneur, Tu es venu sur la terre afin que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. A cette œuvre qui est la Tienne, Pauline-Marie Jaricot s’est dévouée tout entière. Elle a établi la Propagation de la Foi pour les multitudes qui ne connaissent pas la Vie, le Rosaire Vivant pour ceux qui ne la possèdent pas dans son abondance. Vénérable Pauline Jaricot, toi qui as consacré ta vie à répandre le Royaume du Christ en servant Dieu et les hommes, intercède pour nous et que Dieu daigne nous accorder la grâce que nous demandons humblement. Amen.
Des cartes avec cette prière peuvent être commandées à Missio au 026 425 55 70 ou auprès de shop@missio.ch
La dernière messe célébrée dans l’ancienne chapelle a eu lieu le dimanche 6 février. L’occasion de retracer en images son historique au début de la célébration, puis d’écouter les témoignages de plusieurs paroissiens lors de l’homélie. L’un d’entre eux a été réalisé par Elisabeth Collaud, qui s’est adressée directement à la chapelle, comme à une amie. Vierge, icônes et Saint-Sacrement ont ensuite été portés jusqu’à la nouvelle église. Une page se tourne!
PAR ÉLISABETH COLLAUD PHOTOS : GEORGES GRANDJEAN, CHANTAL ZAPHIROPOULOS
Après la dernière messe, l’Abbé Zbiniew a cherché des reliques sous la table servant d’autel.
Chère Chapelle Saint-Jean Baptiste, je m’adresse à toi aujourd’hui pour une ultime rencontre. Voici bientôt 40 ans que nous nous côtoyons. Je passe presque tous les jours devant toi : à chaque fois que je jette un coup d’œil, tu es là. Tu restes bien droite malgré l’âge et les outrages de la météo.
Un lieu de rencontre
Tu fais partie intégrante de ma vie. C’est en effet chez toi que mes enfants ont été baptisés, et devant ton autel qu’ils ont fait leur première communion. Je suis régulièrement venue pour la messe, pour des réunions de catéchisme, pour le sacrement du pardon, pour des ensevelissements et pour des fêtes. Par exemple, pour apporter un gâteau ou une mousse aux fraises à partager et pour goûter les spécialités culinaires des autres paroissiens au souper du Jeudi saint ; quel délice ! J’ai même chiné à la brocante, alors que ce n’est pas forcément ma tasse de thé. J’ai également bricolé, tricoté et crocheté pour payer une modeste partie du mobilier de ta remplaçante. Tu as donc été témoin de ma vie.
Chez toi, pas d’allée centrale : rien de clinquant, de grandiose ou de prétentieux, juste ce petit plus qui me permet de me sentir si bien ici. Quelle autre chapelle peut se targuer d’avoir voyagé comme toi, à travers la Suisse, d’avoir commencé sa vie en étant baraque et fini en église ? Certainement bien peu.
Une parenthèse de sérénité
Au fil des années, tu m’as vu arriver à la messe du dimanche quelques fois en avance, un peu plus souvent en retard. Pourtant, j’ai toujours trouvé une place. Le temps passé chez toi m’a permis de demander, de remercier, de louer, de chanter, de me taire, de réfléchir, de sourire, de rire, et parfois même de me calmer si rien ne s’était passé comme je l’aurais aimé avant que je ne vienne chez toi. Assise sur un banc, je me suis aussi reposée : pendant une heure, personne ne me demandera quoi que ce soit. Quel bonheur et quel luxe quand on a plusieurs enfants en bas âge qui ont toujours besoin de leur maman.
Bien sûr, j’ai également écouté les homélies qui m’ont fait cheminer dans ma foi, qui m’ont à d’autres moments bousculée ou carrément énervée parce que je n’étais pas d’accord et que je ne pouvais pas le dire haut et fort. J’ai vécu ici la vie et les émotions de tous les jours. Celles qui se succèdent, celles qui peuvent être à la fois simples ou compliquées, belles et tristes, magnifiques ou lourdes à supporter. Et quand mon esprit s’évadait, à la faveur d’un long sermon, j’ai imaginé ce que tu as entendu, vu et gardé entre tes murs : des dialogues de chantier aux discussions entre ouvriers, des bruits de la montagne aux chants des chrétiens, du bonheur d’une naissance à la douleur de la perte.
Joie de la découverte.
Tu rythmes ma vie
Au bilan de toutes ces rencontres, je constate que toi et moi, nous partageons beaucoup. Les célébrations qui ont lieu chez toi rythment mon existence : Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, etc. Durant l’Avent et Noël, tu abrites sur ton perron la crèche réalisée avec mon frère. C’est un réel plaisir pour moi de montrer cet ouvrage à mon petit-fils au cours de nos promenades. D’ailleurs, j’en profite pour entrer chez toi pour y faire un coucou, une prière, un chant, allumer un lumignon ou raconter la vie de Jésus.
Pour terminer, je remercie les personnes qui ont eu l’idée et qui ont agi pour te faire venir à Gland. Je garderai de toi des images sympathiques, des flashs de bonheur, des beaux souvenirs. Si je t’ai fait des infidélités ces dernières années, c’est que je suis une lève-tôt, même le dimanche, et qu’un autre horaire de messe me convient mieux. Bien à toi et merci chère chapelle. Tu as été mon église au milieu du village.
Ces derniers mois, de nombreuses personnes ont participé à la démarche synodale, soit au sein de leurs unités pastorales, décanats, mouvements, ou simplement en répondant en ligne sur le site internet. Le diocèse a publié sa contribution à la consultation synodale universelle sous forme d’un petit livret de trente pages (à télécharger sur le site www.cath-fr.ch).
Notre décanat a vécu cette démarche en trois temps. Bernard Bovigny a fait un bon compte rendu de la dernière réunion. Les participants à ces rencontres gardent une belle impression de ce qui a été vécu. Cependant beaucoup d’entre eux espèrent que ce qui a été partagé ne demeure pas lettre morte !
Pour que cette démarche ne reste pas simplement un livre blanc rangé dans notre bibliothèque, n’est-ce pas à nous, baptisés, de devenir des disciples d’Emmaüs ? À chaque fête de Pentecôte n’est-ce pas chacun de nous que le Seigneur envoie comme missionnaire pour témoigner et faire vivre nos communautés ? Et si cette année, je choisissais l’une des neuf thèses retenues et que je décidais de m’engager à la faire vivre ? Alors ce qui a été partagé ne restera pas dans un tiroir, mais fleurira et portera du fruit.
Lorsque l’on cherche une information, souvent le premier réflexe est de téléphoner au secrétariat de la paroisse ou de l’unité pastorale. Notre rubrique « Une heure avec » vous dévoile le visage de Marjorie et de Géraldine, les secrétaires de la paroisse Saint-Pierre, que vous connaissez certainement par leur voix.
Depuis le dimanche des Rameaux, vous vous êtes sans doute aperçus que certaines paroles de la messe avaient changé. Mgr Aubertin nous aide à comprendre le pourquoi de cette nouvelle traduction du Missel romain.
Les écoliers aiment en général les mois de mai et juin, car ils comptent de nombreux jours fériés avec les fêtes de l’Ascension, de la Pentecôte et de la Fête-Dieu. C’est l’histoire de cette dernière, aussi appelée Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ que Sébastien Demichel nous fait découvrir.
Paul Salles nous présente les nouvelles chaires de prédication sur le web. Dans ce numéro, vous découvrirez également en image la Montée vers Pâques des jeunes.
Je vous souhaite une bonne lecture, et que le feu de l’Esprit nous aide à poursuivre et à vivre la synodalité.
Le Dieu auquel nous croyons n’est pas un Dieu isolé dans les Cieux. C’est un Dieu de relation. Père, Fils et Esprit, il est, en lui-même déjà, communion d’amour. Il aime infiniment.
Comme l’amour déborde et s’ouvre vers l’extérieur, Dieu est Créateur, par sa parole : il dit et cela advient. Père, avec des entrailles de mère, il offre toujours sa miséricorde. Oui, Dieu dépasse toutes nos représentations. Le Très Haut se fait le tout proche. Dieu est inclusif : il va vers l’autre et rien ni personne n’est jamais exclu. Chacun·e a du prix à ses yeux !
Pour nous révéler son amour infini, le Père a envoyé son Fils Jésus – Dieu sauve –, l’Emmanuel – Dieu avec nous – qui est né et a vécu au cœur de notre humanité pour nous apprendre à aimer jusqu’à l’extrême. Il a donné sa vie pour nous, il vient à nous et est toujours avec nous.
En ce temps pascal, c’est à cette rencontre avec Jésus que de nombreux enfants de nos paroisses se sont préparés: accueillir Jésus Ressuscité. Vivre une rencontre personnelle avec Dieu qui re-(s)suscite et fait entrer dans une relation de confiance, de pardon, de communion où chacun·e grandit. Nouvelle relation à inventer et à cultiver…
Que ce temps pascal et ces célébrations soient pour chacun·e l’occasion de raviver cette rencontre avec Dieu qui nous aime, nous attend, nous relève. Il fait de nous son prochain et nous invite à faire de même.
Au cœur du monde d’aujourd’hui, ouvrons-nous à l’autre, proche, différent. Devenons acteurs de communion, de partage, artisans d’humanité.
L’ancienne chapelle Saint-Jean Baptiste restera dans le cœur et la mémoire des anciens de la communauté. Voici son histoire racontée par une paroissienne fidèle et engagée.
PAR AGNÈS SCHILLIGER PHOTOS : GEORGES GRANDJEAN, CHANTAL ZAPHIROPOULOS
A mon arrivée à Gland en 1954, j’ai trouvé un village très campagnard avec des vaches qui s’abreuvaient aux fontaines du village en rentrant des champs. Il y avait à Gland une épicerie, une boulangerie, une boucherie et une école avec deux instituteurs qui avaient chacun trois classes.
Avec ma famille, nous habitions au bord du lac. Nous avons décidé d’envoyer nos enfants à l’école catholique de Nyon, tenue par des sœurs. Aussi étions-nous très attachés à la paroisse de Nyon. A Gland ne se trouvaient ni église catholique ni temple protestant. Les familles catholiques organisaient tous les dimanches une messe dans une classe d’école.
Un groupe de dames dont faisaient partie Mme Nanzer, Mme Gillard, Mme Gaudin et Mme Régina Demière a exprimé le vif désir d’ériger une chapelle. Le curé Emil Haefliger et mon mari, conseiller de paroisse à Nyon, conscients de la nécessité pour ce village en croissance d’avoir un lieu de culte catholique, trouvèrent en toute discrétion un beau terrain au centre de Gland. Les fonds manquant pour le construire, nous avons trouvé une ancienne chapelle de chantier.
Des talents variés
Avec l’aide de M. Zimmermann, architecte, de MM. Cherix et Gaudin et de beaucoup de bénévoles, nous avons organisé la reconstruction de la chapelle. Les vitraux et le plafond en cuivre ont été créés par la maison Gehr.
La chapelle a été bénie par le vicaire épiscopal en 1973. Nous avions à cœur de créer une communauté vivante, priante et accueillante pour la région de Gland, Vich et Coinsins. Pour ce faire, le Conseil de communauté, dont je faisais partie, organisait par exemple un apéritif après la messe afin de fraterniser ou des repas dans le jardin de la chapelle parfois suivis d’un événement comme un rallye. Des conférences et des concerts ont aussi eu lieu.
Un événement important était la kermesse. Les dames se réunissaient chez moi dans ma grande cuisine pour préparer un buffet avec des met succulents. Ce moment convivial attirait des personnes de toutes confessions. Notre communauté s’est enrichie de personnes dotées de dons riches et variés. Nous avons été impressionnés par les nombreuses personnes venues offrir leurs talents.
Notre vie était rythmée par des moments heureux tels que les mariages et les baptêmes, mais aussi par des événements plus douloureux, surtout des décès de jeunes gens.
Croix et baptistère
Un dimanche, lorsque j’ai voulu préparer la chapelle pour la messe, j’ai eu un choc en découvrant qu’elle avait été incendiée. L’autel était très abîmé et les bancs noircis par la fumée. J’étais désemparée. Mais j’ai pu compter sur la gentillesse de jeunes passant par là pour nettoyer tous les bancs. Nous avons étendu une grande nappe sur l’autel et ainsi nous avons pu célébrer la messe.
L’autel défectueux a été remplacé par une ancienne table valaisanne. Sous l’impulsion de son fidèle et dynamique responsable Bernard Chevallay, le Conseil de communauté est allé chercher dans le monastère Notre-Dame des Voirons, chez les Petites sœurs de Jésus, un Christ sculpté par une des sœurs. Ce fut une rencontre inoubliable avec ces religieuses qui ont donné leur vie au Seigneur. Nous avions aussi besoin d’un baptistère. Nous avons fait un pèlerinage à Ars : nous y avons trouvé un pétrin qui nous semblait un beau symbole de l’eucharistie et du baptême. Les diaconesses de Reuilly, qui utilisaient pour leur chapelle des ustensiles de tous les jours, nous ont donné l’exemple.
Les salles sous la chapelle étaient d’une grande utilité pour le catéchisme. La cuisine, fonctionnelle, permettait aux paroissiens de célébrer des fêtes de famille.
Dans le cœur des anciens
Aujourd’hui la chapelle est devenue une vieille dame. Elle n’a toutefois rien perdu de son charme. Elle a encore attiré tous les jours des personnes venant s’y recueillir. Mais nous avons constaté avec regret qu’elle se faisait petite pour la ville de Gland avec ses 13’000 habitants et que nous ne pouvions plus la restaurer. Une nouvelle église, grande et claire, a pris sa place. Mais l’ancienne église survivra dans le cœur des anciens de la communauté.
Puisse saint Jean Baptiste, notre protecteur, nous aider à progresser sur le chemin du Seigneur.
Les vitraux sont décrochés pour être retravaillés; ils trôneront bientôt à l’entrée de la nouvelle église.
Les débuts de la démolition.
La chapelle disparaît de jour en jour; un spectacle quotidien pour les passants.
«Nous pouvons bien imaginer, sans nous tromper, qu’il y a bel et bien du masculin et du féminin en Dieu.» Abbé Michel Ammann
PAR L’ABBÉ MICHEL AMMANN PHOTO : DR
Ce qui est certain pour notre foi chrétienne, c’est que Dieu est amour et qu’il n’est qu’amour. Et, de ce fait, comment ne pas penser qu’il nous aime à la manière, non seulement d’un père mais aussi à la manière d’une mère ? Ne nous a-t-il pas créé à son image ? Nous pouvons bien imaginer, sans nous tromper, qu’il y a bel et bien du masculin et du féminin en Dieu.
La Bible contient de si belles images qui font référence à la tendresse de l’amour de Dieu pour ses enfants. Par exemple, dans le livre d’Isaïe : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. » Et, dans le livre d’Osée : « Je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue; je me penchais vers lui pour le faire manger. »
L’encyclique du pape saint Jean-Paul II ajoute un petit vocabulaire hébreu sur le mot que nous traduisons par « miséricorde ». Citons par exemple les deux principaux : « Rahamim » entrailles de mère. Dieu nous aime comme une mère. Et « Resed » qui exprime la bonté de Dieu. La bonté serait d’avantage un attribut masculin.
Dans les pages de notre journal, en complément du dossier sur le thème de ce mois « Dieu au féminin ou au masculin », nous découvrirons à nouveau, avec intérêt, la série de commentaires bibliques de l’abbé François-Xavier Amherdt si éclairants.
En outre, nous avons glanés çà et là, les avis de quelques personnes par un micro-trottoir. Nous vous les offrons avec plaisir : des perles à découvrir !
LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTOS : DR, CATH.CH / BERNARD HALLET
A l’invitation de nos sœurs et frères protestants, de nombreux catholiques genevois se sont rassemblés en la cathédrale Saint-Pierre, ce 5 mars, pour vivre une première messe historique depuis la Réforme. J’ai été profondément touché par la joie et l’émotion que l’on pouvait ressentir dans cette cathédrale archicomble. Parmi les nombreux témoignages reçus après cette messe, j’aimerais vous partager ces messages de deux participantes, une protestante et une catholique. Une paroissienne de la cathédrale a écrit à son pasteur : « Cet événement religieux est à jamais gravé dans ma mémoire. Notre cathédrale était belle, hier soir. Nous étions toutes et tous dans la même ferveur, dans le même Amour du Christ. Cette Foi, nous en avons tellement besoin dans ces tragiques moments que notre monde traverse. Genève a montré au monde chrétien que l’Œcuménisme existe et ce dernier a fait un grand pas en avant. Je suis contente d’avoir vécu ce moment. En rentrant, tous les passagers du tram parlaient de la messe et tous m’ont dit : merci à votre paroisse de nous avoir accueillis. Une religieuse de la Servette m’a dit qu’elle n’aurait jamais imaginé vivre ce moment. Si nous n’avions pas encore quelques restrictions sanitaires, elle m’aurait embrassée. » Et voici le témoignage d’une paroissienne catholique : « Comment décrire à la fois l’émotion, la joie, la simplicité, l’unité dans cette cérémonie historique empreinte d’œcuménisme, de ferveur, de prière, de respect et de délicatesse ? Tout respirait la beauté presque divine et cela portera ses fruits, j’en suis sûre ! Et si Dieu est avec nous au quotidien, cette démarche de l’Eglise protestante a permis de resserrer les liens entre nos deux communautés. A mon avis, bien humbles soient-elles, les prières pour l’unité des chrétiens servent à quelque chose et l’Esprit Saint travaille dans ce sens. »
J’ajoute encore ce message reçu de Fribourg : « C’est le Genevois en moi qui est venu à Genève. Je tenais à être présent (comme je l’aurais été il y a 2 ans). Toutefois, je dois avouer que je suis monté à la cathédrale un peu sceptique. Je m’attendais à tout… sauf à cette joie-là ! Il y a de l’Esprit Saint là-dessous ! »
Dieu au féminin ! Voilà un sujet complexe, bien que pouvant sembler futile à plus d’un. Dans ces quelques lignes, je propose de vous partager ces quelques réflexions issues de quelques belles (re)-découvertes que j’ai faites en m’attaquant à ce texte. Non pour résoudre la question, ni pour la trancher de manière binaire et rassurante, mais pour essayer d’approfondir et surtout de mettre en pratique ce pour quoi la vie vaut la peine d’être vécue : notre mission de femmes et d’hommes appelés par Dieu à être les jardinières et jardiniers de sa création dans le respect mutuel de notre altérité !
La question du « genre » de Dieu n’est donc pas une question farfelue ou futile propre à notre troisième millénaire et portée par quelques théologiennes éco-féministes. Dans les années 1970, une théologie féministe chrétienne (la plupart de ces théologiennes sont catholiques 1) revendiquait déjà l’utilisation d’un langage épicène pour parler de Dieu, parce que ce langage permettait peut-être d’aller au-delà de nos représentations visuelles du Dieu masculin tout-puissant véhiculées par une pensée ambiante à dominante patriarcale.
Nous pouvons remonter encore beaucoup plus loin au cours des âges pour rencontrer des femmes qui priaient Dieu au féminin ! Au Moyen-Age, des mystiques, comme Hildegarde de Bingen, considérée comme la patronne des écologistes, ou des femmes issues des béguinages ont prié ou invoqué un Dieu-Mère. Ecoutons ce que nous dit l’une d’elle, Mechtilde de Magdebourg (1210-1252) : « Père n’est pas suffisant pour contenir le Dieu de mon être. Profondément en mon être, je sais que Dieu est plus, plus qu’un Père. Je connais maintenant mon Dieu comme Mère. J’ai trouvé un habitat dans son cœur, j’ai appuyé ma tête sur sa poitrine, j’ai touché les traits de son visage, regardé dans ses yeux et connu Dieu comme une Mère. Dieu Mère, Dieu Père, garde-moi dans ton étreinte. » 2
Ces femmes engagées s’appuient sur leurs expériences comme femmes pour se mettre en relation avec le divin ou le sacré. Et les qualités, dites féminines servent alors à parler d’un Dieu bon, plutôt que sévère, et qui agit plutôt comme une mère. 3 Mais d’où vient la spiritualité empreinte de liberté et d’audace de toutes ces femmes ? Quelle voix les a guidées pour découvrir cette image féminine de Dieu ?
Peut-être est-ce celle de la Sagesse présentée dans les livres sapientaux sous les traits d’une sœur, d’une mère, d’une compagne, médiatrice et source de vie, qui recherche en premier lieu le bien de la société et de ses membres?
Alors, avec la vigueur créatrice de Dame Sagesse, entrons à notre tour, telles et tels que nous sommes, dans une participation active qui donne au monde le message d’amour « inclusif » d’un Dieu au-delà du masculin et du féminin, d’un Dieu qui est Celui / Celle qui EST 4…
1 Mary Daly, Elisabeth Schüssler Fiorenza, Elizabeth Johnson, Rosemary Radford Ruether,…
2 Malone, « Praying with the Women Mystics », traduit dans « Une Bible des femmes », Elisabeth Parmentier, Pierrette Daviau et Lauriane Savoy, Labor et Fides, 2018, p. 28
3 Louise Melançon, « Je crois en DIeue… la théologie féminine et la question du pouvoir », https://id.erudit.org/iderudit/005016ar
4 Elisabeth A. Johnson, « Dieu au-delà du masculin et du féminin Celui / Celle qui est », éd. Du cerf, 1999
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