La famille Williams: Ali, Dave, Abi, Jess et Ben

 

PAR ALI WILLIAMS
PHOTOS : FAMILLE WILLIAMS

Nous sommes originaires d’Angleterre et après une longue recherche afin de trouver l’endroit idéal pour notre maison de vacances, nous avons acheté un appartement à Grimentz en 2005.

A la suite de plusieurs séjours en famille ici à Grimentz, nous avons décidé de mettre de côté notre vie londonienne et nous avons déménagé de Londres à Grimentz pour une année sabbatique, en août 2008, avec nos deux filles : Abigail et Jessica, qui avaient 4 et 3 ans.

L’idée de l’année sabbatique était de passer plus de temps avec nos filles, d’avoir une vie plus calme et de réfléchir à ce qu’on allait faire dès notre retour à Londres.

Abigail a commencé tout de suite l’école enfantine à Grimentz et Jessica la crèche à Vissoie.

C’est après seulement 2 mois que nous avons réalisé que le Val d’Anniviers était l’endroit où nous voulions vivre le reste de notre vie. Nous adorions notre vie dans les montagnes. Alors, nous avons officiellement décidé de nous y établir et nous avons mis en place notre commerce « Valet d’Anniviers » – une entreprise qui offre une gamme complète de produits et de services pour les propriétaires et les vacanciers dans le Val d’Anniviers, comme le service traiteur, la gestion des résidences secondaire, etc.

En 2010, notre fils Ben est né à Sion. Notre appartement est devenu trop petit pour une famille de 5 personnes, donc nous avons loué un chalet dans le village et en même temps, nous nous sommes mis à la recherche d’un terrain pour construire une maison.

Pendant les années suivantes, nos enfants ont eu la chance de grandir dans un environnement magnifique. Ils ont pu profiter de faire diverses activités dans la région comme par exemple le ski club, le tennis, le badminton, la danse, la musique, le foot, le hockey… IIs ont tous été servants de messe, Ben l’est toujours et Jessica est lectrice ; ils ont reçu tous leurs sacrements ici, à Anniviers. Ben recevra le sacrement de la confirmation cette année. Récemment, nos enfants ont rejoint la jeunesse d’Annivers, ils ont aussi participé au camp Moyes et font partie du Team Avalanches.

Nous aimons être impliqués dans la vie de notre village et nous profitons de chaque opportunité qui nous est offerte pour y participer. Pendant les 13-14 dernières années, nous avons eu la possibilité de vendre des spécialités anglaises aux « Firongs » durant l’été mais aussi durant l’hiver aux « Fééries de Noël », nous avons aussi pu préparer le repas pour le village lors de la Fête-Dieu.

Je fais partie du Conseil d’administration du nouveau Indoor Park ainsi que du Conseil de communauté de la paroisse de Grimentz et mon mari fait partie de la chorale l’Echo de Moiry de Grimentz.

J’ai une passion pour la cuisine et j’organise des ateliers dans le cadre du Passeport vacances pour les enfants d’Anniviers. Depuis 2 ans, j’ai ouvert une petite école de cuisine pour les écoliers / écolières d’Anniviers. Mon mari m’aide souvent. Il aime le golf, les voitures et le bricolage.

Toute notre famille adore voyager. Nous profitons de vivre dans le milieu de l’Europe pour visiter des régions et des pays pas trop lointains.

Tous nos enfants sont allés à l’école de Vissoie. Ben est en dernière année de primaire tandis qu’Abi et Jess sont au lycée collège de la Planta, en 4e et 3e année.

Nous apprécions la chance que nous avons de vivre ici avec l’idée de rester ici pendant longtemps. Nous sommes en train de faire la naturalisation.

 

Jeux, jeunes et humour – avril 2022

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Le lapin de Pâques, un symbole chrétien ?
Les mythologies de nombreux peuples ont une déesse du printemps et de la fertilité associée parfois au lapin dont la femelle peut avoir deux portées en même temps. Dans les pays germaniques, ce ne sont pas les cloches qui ramènent les œufs de Pâques, mais bien les lapins. Les enfants leur construisent un nid. Lapin, cloche ou colombe, tout se mélange et se confond pour rendre compte de l’abondance de Vie offerte par la Résurrection.

par Pascal Ortelli

Humour

Un évêque vient trouver un prêtre en mission au Cameroun. Il est très impressionné de ce que le prêtre a réalisé sur place : un immense hôpital, deux grandes écoles. Il lui demande où il a trouvé l’argent pour le financement. 
Le prêtre est gêné et préfère ne pas répondre. L’évêque, au nom de l’obéissance, lui somme de dire la vérité :
– Vous voyez ce château. Il est habité par un milliardaire qui m’a promis de payer les écoles et l’hôpital si je baptisais son chien.
– Et vous l’avez fait ? C’est inadmissible. La fin ne justifie pas les moyens !
Très en colère, l’évêque va se coucher. La nuit portant conseil, au déjeuner, Monseigneur, qui a aussi besoin d’argent pour son diocèse, s’adresse au prêtre :
– Pourriez-vous demander au milliardaire s’il envisage de confirmer son chien ?

par Calixte Dubosson

« Ni les premiers, ni les plus écoutés »

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : PXHERE

Changement d’époque

Le pape François l’a répété: «Nous (L’Eglise catholique, ndlr) ne sommes plus en chrétienté, nous ne le sommes plus! Nous ne sommes plus les seuls aujourd’hui à produire la culture, ni les premiers, ni les plus écoutés.» Et cela requiert un changement de mentalité qui prend du temps et qui n’est jamais un acquis mais un devenir, un chemin. Seulement en connaissant et en aimant ce monde dans lequel nous vivons, alors nous pouvons évangéliser plus adéquatement sans faire ni les perroquets ni les bulldozers! Dans la sobriété. On est loin des ovins de Panurge!

Multiculturalité

Une deuxième caractéristique de ce monde : sa pluriculturalité, inéluctable et inhérente notamment à la vie urbaine, premier biotope où l’on constate la « déchristianisation » selon l’ancien modèle de lecture. Et François prône le dialogue avec cette diversité sous nos fenêtres, pour toucher les cœurs avant tout dans le témoignage sincère et modeste de notre foi. On est loin des processions tape-à-l’œil !

Religiosité du peuple

Enfin, François recommande une attention toute particulière à la religiosité populaire, à la façon qu’ont les gens d’exprimer spontanément leurs croyances, leur spiritualité, leur foi. Même si pas toujours correspondantes « aux normes », elles sont expressions premières et profondes dans leur cœur. C’est en les accueillant comme telles qu’on peut ensuite partir d’elles pour se (re)connecter à l’Evangile, ferment infini de conversion, même pour le plus grand mystique !

Cela rappelle un Jésus qui rencontra une Samaritaine…

La foi qui se met à l’œuvre

PAR SERGE LILLO
PHOTO : LDD

En voyant l’évolution de notre société, nous pourrions être inquiets face à l’ampleur de la mission d’être chrétien dans le monde actuel. Et pourtant, si nous nous replongeons dans le passé, nous voyons que la tâche des chrétiens a souvent été difficile; mais Dieu s’est toujours occupé de faire évoluer son peuple sous le souffle de son Esprit Saint; et comme il l’avait dit à saint Pierre: «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.» (Mt 16, 18)

Etre chrétien, c’est donc mettre son espérance dans le Seigneur, et avoir la foi que c’est bien Dieu qui dirige son Eglise et la fait évoluer contre vents et marées à chaque étape de l’histoire.

Mais être chrétien, c’est également agir et vivre dans ce monde en perpétuelle évolution, en imitant le Christ ; car comme le dit saint Jacques dans sa lettre : « Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? »
(Jc 2, 14)

Et imiter le Christ, c’est mettre en œuvre la loi qu’il nous a transmise : celle de l’amour ! L’amour pour Dieu et l’amour pour notre prochain. Suivre Jésus, c’est accueillir l’autre comme il est, en dépassant les divisions, les croyances ou les origines.

Le pape François nous envoie d’ailleurs ce message depuis le début de son pontificat : « Etre Peuple de Dieu, selon le grand dessein d’amour du Père, cela signifie être le ferment de Dieu dans notre humanité, cela signifie annoncer et apporter le salut de Dieu dans notre monde, qui est souvent égaré, qui a besoin d’avoir des réponses qui encouragent, qui donnent de l’espérance, qui donnent une nouvelle vigueur sur le chemin. » (Audience générale du 12/06/2013)

Bonne lecture !

En librairie – avril 2022

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

L’esprit inversif du Christ
Marc Cholin

Et si on relisait les Evangiles en observant comment Jésus introduit une inversion radicale en percevant Dieu d’abord, puis les êtres humains ? Telle est la proposition de Marc Cholin. L’auteur revisite ainsi la bonne nouvelle du christianisme avec de nombreuses formules fortes sur des passages que l’on croit pourtant connaître par cœur. Le Notre Père, l’image et la ressemblance avec Dieu, la Genèse et l’histoire de la pomme, notre rapport au temps. Le chapitre sur le pardon propose de nouvelles façons d’envisager le sacrement de la confession, plus en adéquation avec notre époque. Ce livre est un vrai régal. A conseiller à tous ceux qui ronronnent dans leur foi.

Editions Salvator

Acheter pour 27.40 CHF

Résister au mensonge
Rod Dreher

Un beau programme de lutte contre ceux que Rod Dreher nomme les « saboteurs du royaume de Dieu », qui met le lecteur en haleine du début à la fin. Un bon antidote au marasme ambiant, capable de réveiller l’ardeur et la fougue des baptisés endormis, car, prévient l’auteur, « les dissidents chrétiens ne pourront organiser la résistance que si leurs yeux se dessillent et voient enfin la véritable nature et les méthodes de l’idéologie totalitaire ». Un ouvrage pour les soirées au coin du feu.

Editions Artège

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Devota
Allali – Bertorello – Stoffel

A la fin du IIIe siècle, sous le règne de Dioclétien, la persécution contre les chrétiens redouble d’intensité. Tandis qu’à Rome, les chrétiens ont peur, en Corse, dans son village de Mariana, vit une jeune fille sous la protection d’Euticus, un notable converti à la religion du Christ. Mais l’arrivée du préfet Barbarus marque la fin de cette existence tranquille : notre héroïne va être arrêtée, torturée et assassinée avant que miraculeusement, son corps n’arrive sur une barque jusqu’aux rivages de l’actuelle Principauté de Monaco. Cette BD retrace la vie de cette vierge et martyre qui est à la fois patronne de la Corse et de la Principauté de Monaco.

Editions Plein vent

Acheter pour 24.70 CHF

La vie profonde 
Jean-Guilhem Xerri

Psychanalyste et coach, ancien interne des Hôpitaux de Paris, Jean-Guilhem Xerri propose depuis plusieurs années de s’intéresser non seulement à la santé physique et psychique, mais aussi à la santé spirituelle. A l’occasion de la publication de son nouveau livre, il évoque comment vivre plus intensément, plus profondément et surtout plus librement, dans le quotidien parfois morose que nous traversons.

Editions Le Cerf

Acheter pour 30.60 CHF

Pour commander

Rendre compte avec douceur (1 Pierre 3, 15-16)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT
PHOTO : PIXABAY

A bien des égards, en ce début du 3e millénaire, nous nous retrouvons dans la situation des premières communautés chrétiennes immergées et perdues dans une société qui allie indifférence et hostilité face à la foi et qui donne l’impression de vouloir – et pouvoir – se passer de Dieu. La petite voix de l’Evangile paraît complètement noyée et le christianisme, totalement ex-culturé (exclu de la culture).

L’invitation de la première lettre de Pierre aux chrétiens de la Rome impériale du Ier siècle, puisque tel est le contexte de l’épître pétrinienne, résonne donc avec une particulière acuité à nos oreilles postmodernes du XXIe siècle: « Soyons toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui nous habite, devant quiconque nous en demande raison. » Mais, ajoute le texte, et cela vaut également pour notre situation contemporaine, «que ce soit avec douceur et respect, en toute bonne conscience, afin que, sur le point même où l’on vous interpelle – voire calomnie – soient confondus ceux qui décrient votre bonne conduite dans le Christ» (1 Pierre 3, 15-16).

Le cadre de l’époque est entièrement marqué par les persécutions dont les communautés ecclésiales étaient l’objet de la part des autorités de l’empire et des tenants des religions païennes, car les baptisés constituaient une menace pour eux. Ces velléités d’extermination n’ont hélas pas disparu de nos jours et dans bien des endroits sur la planète, revendiquer son appartenance au Christ équivaut encore à risquer sa vie.

Reste que dans nos contrées occidentales, «l’apologétique» – c’est-à-dire l’art de proposer la foi (apo logos) à ceux qui s’en détournent ou l’ignorent totalement – prend une particulière actualité. Le terme a mauvaise presse, car il est considéré comme un plaidoyer défensif et identitaire. En réalité, il correspond au témoignage positif de celles et ceux qui ont expérimenté que vivre avec Jésus n’est pas la même chose que vivre sans lui, ainsi que le proclame l’exhortation La joie de l’Evangile du pape François (n. 266) et donc qu’il s’agit d’offrir au monde, avec délicatesse et sans prosélytisme «la diaconie de la vérité», en faisant connaître l’espérance portée par la Bonne Nouvelle.

Les gros cailloux

 

TEXTE ET PHOTOS : FAMILLE DELÈTRE SYLVIANE ET GRÉGORY

Dimanche 10h55. Les accords tonitruants de l’orgue retentissent dans l’église. La messe est finie. Le petit dernier, endormi dans mes bras, ne bronche pas. Sous un soleil radieux, le prêtre nous accueille sur le parvis avec sa bonne humeur et sa bienveillance habituelles. Il bénit le petit dormeur et m’interpelle : « Serais-tu d’accord d’écrire un article pour L’Essentiel : comment vivez-vous votre foi au quotidien ? » Et là, un temps d’arrêt.

Je me repasse le fil de la matinée. Dès le réveil, cette urgence : arriver à caser en une seule journée tout ce qui est à faire aujourd’hui, la dispute avec le cadet pour négocier un pantalon non troué, le chaos dans la maison au moment de partir
pour la messe, l’arrivée en retard, la frustration de vivre la célébration sur le parvis en raison du chahut des enfants, la liturgie qu’on peine à suivre, trop occupée à surveiller le benjamin qui tente ses premiers pas dans l’allée, mon cœur lourd des disputes du matin et des soucis professionnels. Et au milieu de tout cela, quand même, quelques mots de l’Evangile qui percent : « Heureux les doux… heureux les artisans de paix. »

En ce dimanche mouvementé, c’est Jésus qui m’interpelle sur ce parvis : toi qui cours sans arrêt après le temps, comment vis-tu ta foi, en famille et en communauté ? Où sont tes priorités ?

Dans le tourbillon de notre quotidien, nous avons quand même quelques bonnes intentions : transmettre à nos enfants une colonne vertébrale pour affronter un monde qui perd ses repères ; rendre grâce pour les merveilles en nos vies ; placer d’abord les gros cailloux dans le bocal de notre existence : l’eucharistie, la prière, la relation à Dieu, la relation à l’autre. Les graviers et le sable se glisseront dans les trous. Si nous commençons par le sable et les graviers, nous n’aurons jamais la place pour les gros cailloux. Enfin et surtout, face à nos faiblesses et nos difficultés : aller toujours puiser à l’unique source qui ne tarit jamais, l’Amour du Christ.

 

Abbaye de Saint-Maurice : ça mousse !

PAR DIDIER BERTHOD | PHOTO : DR

C’est au cœur du vignoble de Bex, dans une très ancienne cave dont les premiers documents qui la mentionne remontent à l’an 1244, que l’Abbaye de Saint-Maurice a choisi d’installer sa brasserie et commencé à produire de la bière, juste avant la pandémie. L’idée vient d’un des chanoines, bavarois d’origine. Passé les imposantes portes en bois, une dizaine de cuves de fermentation et de brassage nous font face. Trois bières y sont élevées et chacune d’elles reflète un concept, une histoire, tirée de l’Abbaye et de ses valeurs.

La première, Candide, qui signifie « pur » en latin partage son nom avec l’ami fidèle de Maurice. C’est une bière aux arômes maltés, à l’amertume subtile et à la robe blanche. Les levures utilisées ont été prélevées par une start-up de l’Université de Lausanne nommée Levatura sur un parchemin de 1319, issu des archives de l’Abbaye.

La deuxième, DXV, soit 515 en chiffres romains est une bière d’Abbaye Triple, la seule véritable bière d’Abbaye de Suisse ! Son nom fait référence à la date de la fondation de l’Abbaye par le roi burgonde Sigismond.

Quant à la troisième, Febris – la fièvre en latin – est une bière ambrée au bouquet de malt grillé et de noisette qui fait mémoire de l’incendie de 1693 qui ravagea l’Abbaye. Petit détail amusant, son volume d’alcool est de 5,15%.

Pour célébrer les 2 ans de la brasserie, une édition limitée complète gamme. VOX – la voix en latin –, est une american pale ale, une bière de caractère avec des notes fruitées et florales apportées par les houblons d’origine américaine. Comme saint Maurice, cette bière de caractère produite en 20’000 exemplaires, s’exprime avec force et son goût perdure.

La perspective de jours meilleurs réjouit l’équipe de la Brasserie. En effet, le lancement a eu lieu 5 mois avant l’arrivée du COVID et de ses restrictions. Son objectif est de générer des revenus afin de soutenir les projets de l’Abbaye et assurer sa pérennité.

Vous retrouvez ces bières en vente à la boutique du parvis de l’Abbaye de Saint-Maurice ainsi que dans les magasins et restaurants de la région et c’est bien volontiers que l’équipe de la Brasserie accueille, sur demande, des groupes pour une visite commentée de leurs locaux suivie d’une dégustation.

 www.biere-stmaurice.ch

Soif de sacré

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour du Fribourgeois Antoine Bernhard de prendre la plume.

PAR ANTOINE BERNHARD | PHOTOS : DR

Vendredi saint, l’an dernier. J’entre dans une église valaisanne pour l’office. Je prends au passage le petit livret proposé aux fidèles pour accompagner la liturgie. Quelle n’est pas ma surprise? L’illustration qui accompagne les textes liturgiques n’est pas une icône, une croix ou quelque autre symbole religieux, mais le dessin mignon d’un enfant tenant un ballon en forme de cœur.

Ainsi, alors que l’Eglise s’apprête à vivre la solennité la plus importante du calendrier liturgique, que nous lisons les textes de la Passion du Christ, mort pour racheter nos fautes, alors que les catholiques du monde se préparent pour Pâques, nous n’avons rien d’autre à proposer qu’un symbole frelaté. Ce petit enfant avec son ballon, ce n’est pas l’Amour du Christ. C’est une image, produite par notre société consumériste, qui ne représente qu’un amour pauvre et mièvre, à la mode bisounours. Non, l’Amour du Christ s’est d’abord manifesté pour nous sur la croix, là où un Dieu fait homme a accepté de souffrir pour nous.

Nous nous posons la question : comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus? La question devrait plutôt être : sommes-nous encore chrétiens ? Que dire de notre foi, si un ballon en forme de cœur pour tout symbole de l’Amour du Christ nous suffit ? Avant d’être déchristianisé, notre monde a perdu tout sens du sacré, de la verticalité. Mais notre Eglise semble parfois être la première à tout désacraliser, et à tous les niveaux. Il faut désormais être cool, en phase avec le monde. Il faut tout aplatir, arrondir les angles, communier au progressisme obligatoire. Malheureusement, quand l’Eglise donne l’impression d’avoir pour seul projet que celui d’être le reflet flétri d’un monde sans repères, je ne m’y reconnais plus et avec moi de nombreux jeunes que je côtoie.

Nos contemporains – les jeunes en particulier – ont soif de sacré, Si l’Eglise n’en est plus le pourvoyeur, où le trouveront-ils ? De plus en plus nombreux sont ceux d’entre nous qui retrouvent l’expression du sacré dans la célébration du rite tridentin. Loin d’une crispation passéiste – comme certains voudraient le faire accroire – il y a là une soif authentique de vérité qui devrait enseigner toute l’Eglise.

Populaire ou élitaire ?

PAR PIERRE MOSER

Vatican II a ouvert une brèche dans une foi, disons, obligée… Une foi de désir a désormais pu s’exprimer. Mais elle n’a pas forcément gagné l’adhésion de tout.e.s. Il n’y a qu’à constater les réactions que provoque François à chacune de ses apparitions. Oui, il est très populaire auprès du commun des mortels, mais beaucoup moins auprès d’une partie non négligeable de sa communauté. On lui reproche notamment un manque flagrant de cérémonial, de respect envers des traditions jugées inaliénables.

Une Eglise qu’il a voulue, disons, « dépouillée », alors que d’aucuns auraient été plus à l’aise dans une institution mieux « habillée ». Un paradoxe pour une religion qui base son message sur un certain niveau de détachement. De plus, lesdites traditions remontent péniblement, pour les plus anciennes, à cinq siècles sur les vingt d’histoire du christianisme. Cela signifie-t-il que la religion catholique se doit d’être élitaire ? Qu’une attitude « simple » n’est pas assez méritante ? Qu’il y a des efforts à fournir pour recevoir le don de Dieu ?

Autant de questions qui agitent le microcosme catho. Et qui, pour certaines, sont à l’origine d’une désaffection croissante de nos églises. Cette religion qui demande de mériter Dieu n’est pas si caricaturale que cela. Là où Il n’intervient pas, c’est malgré tout à moi de faire l’effort. Donc oui, quand il s’agit de la peine infligée à mon frère, de l’incompréhension imposée à ma sœur, je me dois de faire cet effort. De mériter leur don d’être comme ils sont. Mais c’est fou ce que ce discours peut être bateau… Entendu 1000 fois, et prononcé par des personnes qui clament haut et fort : faites ce que je dis et non ce que je fais.

Faut-il pour autant forcer le trait vers une Eglise qui n’acceptera pas n’importe qui, et surtout pas n’importe comment ? Pour nous apporter un début de réponse, les références à la gratuité du don peuplent les évangiles : le fils prodigue (Lc 15 11-32) et le serviteur impitoyable (Mt 18 23-35). Mais quel rapport entre élitisme et gratuité ? Ils sont à l’opposé l’un de l’autre : être élitaire consiste à mettre un certain nombre de barrières sur mon chemin pour en éprouver la difficulté, alors que le don ne produit pas ces mêmes obstacles, au contraire, il amène la sérénité et la paix. Reste à savoir ce que nous cherchons…

Alexandre Frezzato: un Martignerain chez les Dominicains !

Né en 1992 d’un père d’origine italienne et d’une mère valaisanne, Alexandre Frezzato a grandi à Martigny. Il est passé par le Collège de Saint-Maurice et le Collège des Creusets à Sion. Après une année de service civil comme éducateur au Foyer Don Bosco à Sion, il commence l’Université à Fribourg en 2013 en philosophie et histoire, puis l’année suivante en philosophie et théologie, au moment où il opère «un retour à la foi». Alexandre Frezzato, frère dominicain, a prononcé ses vœux définitifs le 12 février dernier: «Un don total à Dieu pour la vie», résume-t-il… Il est aussi, depuis peu, adjoint de la représentante de l’évêque pour la région diocésaine de Fribourg francophone.

PAR GRÉGORY ROTH, CATH.CH (TEXTE ADAPTÉ) | PHOTO : CATH.CH

A la veille de prononcer vos vœux définitifs, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis totalement serein. Car, dans le concret de ma vie au quotidien, je sais à quoi je m’engage. J’ai eu six ans pour vivre, expérimenter et éprouver ce qu’est une vocation dominicaine. Ce sont six ans de fiançailles, en quelque sorte. J’ai attendu que le fruit soit mûr et que je sois en eaux calmes pour prendre ma décision. La pandémie a également fait retarder le processus. En fait, la pandémie m’a permis de me poser plus sérieusement la question. Et de conclure que je ne donne pas ma vie à l’Ordre dominicain parce que ma vocation sera utile, mais plutôt, parce que c’est ce que Dieu veut pour moi.

Qu’est-ce qui vous fait tenir dans la foi, sur ce chemin de vie consacrée ?

C’est lié à mon caractère et à ma personnalité. Dans tout ce que j’ai fait, peu importe le domaine, j’ai toujours cherché une sorte d’absolu, à aller au bout des choses, sans témérité, mais de manière un peu jusqu’au-boutiste. Si Dieu est la plus grande réalité vers laquelle on peut tendre, quels moyens puis-je me donner pour être le plus disponible à son service ? Pour moi, la réponse a clairement été la vie consacrée : donner tous les aspects de mon existence pour l’amour de Dieu, au service du prochain.

Quel sens donnez-vous à votre profession solennelle : un mariage, un contrat… ?

C’est une promesse et une réponse à la promesse que Dieu fait à l’Homme. Dans toutes les pages de la Bible, Dieu promet sa fidélité à son peuple et à ceux qui Le suivent. J’essaye, à mon niveau, de répondre à cette promesse le plus fidèlement possible.

La promesse d’obéissance est primordiale dans l’Ordre dominicain…

Nous faisons les trois vœux religieux : l’obéissance, la pauvreté et la chasteté. Mais au moment de prononcer la formule de profession, on ne verbalise que celui d’obéissance. Une promesse que l’on fait à Dieu, à la Vierge et au Maître de l’Ordre, représenté par le Provincial.

Depuis quelques mois, vous devez aussi « obéissance » à Mme Céline Ruffieux, la représentante de l’évêque à Fribourg. En quoi consiste cette fonction ?

L’adjoint est là pour soutenir les actions et les décisions prises par la représentante. Comme elle n’est pas théologienne de formation, elle a souhaité pouvoir compter sur un adjoint qui possède quelques compétences dans ce domaine. C’est, à mon sens, une belle manière d’intégrer un regard théologique dans les décisions pastorales. Nous essayons de trouver la manière la plus ajustée et appropriée de répondre aux situations concrètes.

Comment cela se passe concrètement ?

Céline va sur le terrain pour rencontrer des prêtres et des équipes pastorales. Généralement, à son retour, nous en débriefons. Il s’agit ensuite de réfléchir ensemble aux différentes solutions à apporter, afin qu’elle retourne sur le terrain avec du solide. Il me semble que notre binôme fonctionne bien ainsi, toujours enrichi par cet échange. Nous essayons de trouver la manière la plus ajustée, appropriée et « catholique » si je puis dire, de répondre aux situations concrètes.

Comment conjuguez-vous la vie religieuse avec cet engagement pastoral ?

Du point de vue de la vie dominicaine, je ne suis pas prêtre. Je suis encore frère étudiant et en formation. A ce stade, on confie habituellement un apostolat pour « faire ses armes », comme donner le caté à des jeunes.

Paradoxalement, ce que je fais à la Maison diocésaine implique de sérieuses responsabilités : tout simplement car j’ai accès à de nombreuses informations, y compris des dossiers sensibles. Il y a donc de vraies attentes qui supposent une vive conscience professionnelle. En revanche, ce qui est pratique, c’est que les horaires sont réguliers, ce qui me permet de composer facilement avec la licence canonique à l’Université et les différents apostolats liés au couvent.

Vitraux du Père Kim En Joong…

… chapelle Notre-Dame-de-Compassion (Martigny)

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

La chapelle de La Bâtiaz à Martigny est depuis longtemps un lieu de prière et de pèlerinage pour la région. Les nombreux exvoto datant des XVIIIe et XIXe siècles qui ornent les murs de l’édifice consacré à Notre Dame de Compassion en sont un témoignage. Lors de la restauration de 2012, Léonard Gianadda1 est sollicité. Il offre alors des vitraux du Père Kim En Joong.

Né en Corée en 1940, l’artiste est élevé dans la tradition taoïste. Il étudie les beaux-arts à Séoul et enseigne le dessin au séminaire de la ville. C’est là qu’il découvre la religion catholique, notamment grâce à ses élèves. Il est baptisé en 1967 et devient dominicain quelques années plus tard. Il est connu comme le peintre blanc de la lumière.

L’œuvre de Kim En Joong est pensée comme l’irruption de la lumière dans les ténèbres. Il affirmait ainsi dans une émission sur KTO, en mai 2016: «Mon travail est d’être chasseur de ténèbres.» L’artiste fait le choix de ne pas nécessairement donner de légende ou d’explications pour laisser chacun libre de son interprétation. Il perçoit néanmoins son œuvre comme une invitation à découvrir Dieu. Il utilise son art pour prêcher, dans la lignée de ses prédécesseurs de l’Ordre des Prêcheurs qui utilisaient leurs mots. Il fait sienne une phrase de Stendhal selon qui la beauté est comme une promesse du bonheur.

Kim En Joong explique: «Les parties blanches sont importantes dans ma peinture et elles sont un héritage de ma culture coréenne. Peut-être sont-elles l’essentiel de mes créations. Ce qui compte dans une œuvre d’art, en musique, au théâtre, en littérature ou en poésie, c’est la résonance. C’est le rôle des grandes parties blanches. Cela renvoie au mystère, à l’écho en nous. […] L’espace libre n’est pas vide, mais plénitude.»2

1 Ecouter Léonard Gianadda présenter les vitraux: www.gianadda.ch/a_decouvrir_aussi/vitraux_de_martigny/kim/

2 Les vitraux des chapelles de Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 2014, p. 63.

Vivre en vérité

POUR L’ÉQUIPE PASTORALE: SOPHIE DUVILLARD
PHOTO : PIXABAY

Il y a encore quelques semaines, alors que nous étions au plein cœur de la vague, au beau milieu d’une crise sanitaire interminable, nous nous demandions si nous allions finalement être submergés. Emportés dans un tourbillon vertigineux, nous avons dû chercher au plus profond de nous les forces pour ne pas sombrer. Cette crise a eu cela de bon qu’elle nous a obligés à nous questionner au sujet de ce qui était essentiel pour nous, à propos de nos modes de vie, de consommation, nos responsabilités dans les enjeux climatiques, la qualité de nos relations humaines, le sens de nos pratiques religieuses, nos désirs pour le monde de demain, nos rêves. Nous avons pris conscience de ce que nous voulions, et aussi et surtout, de ce que nous ne voulions plus. Tout en espérant que cette prise de conscience soit durable…

Notre Eglise aussi a été bouleversée. Alors que nous ne pouvions plus nous rassembler comme avant autour de la Parole et pour l’Eucharistie, nous avons dû inventer d’autres moyens pour nourrir notre foi. Beaucoup ont pris l’habitude des messes télévisées notamment et y ont trouvé de quoi répondre à certaines de leurs attentes. Aujourd’hui, les églises ont rouvert leurs portes.
Y trouvons-nous toujours ce dont nous avons besoin ? Alors que nous commençons à sortir la tête de l’eau, nous réalisons que nous avons soif. Soif de vérité.

Pour nous, chrétiens, notre vérité c’est celle du Christ ressuscité, Dieu devenu humain, mort sur la croix et revenu à la vie. Mais si c’est juste une croyance, alors cet événement ne sert à rien. Pour nous chrétiens, il ne suffit pas d’y croire, il s’agit d’en vivre.

Vivre en vérité, c’est penser, agir, être en conformité avec ce que l’on croit. Vivre dans la vérité de la résurrection, de ce qui fait de nous des chrétiens, c’est donc choisir la vie. Dans nos pensées et dans nos actes quotidiens, c’est s’éloigner du mensonge et de l’hypocrisie, c’est opter pour ce qui nous élève plutôt que ce qui nous rabaisse. C’est aussi dans notre Eglise, à l’heure du prochain synode, la remise en question de notre fonctionnement, l’examen de nos pratiques à rajeunir, la redéfinition de notre mission dans ce monde. Rêvons d’une Eglise en marche, en mouvement parmi les hommes. Une Eglise proche de leurs besoins, porteuse d’espérance. Une Eglise vraie !

«L’Eglise, c’est l’Evangile qui continue»

Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg,
à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Mgr Charles Morerod qui prend la plume.

PAR MGR CHARLES MOREROD OP, ÉVÊQUE DU DIOCÈSE DE LAUSANNE-GENÈVE-FRIBOURG
PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, DR

La phrase que j’ai le plus répétée (dans quatre lettres pastorales) est: «L’Eglise, c’est l’Evangile qui continue »1. Si je tiens à le répéter, c’est que ce n’est pas évident, mais que c’est absolument souhaitable. Il me semble qu’on ne peut pas lire l’Evangile sans être très frappé par la personne de Jésus et que ce choc initial pousse à un approfondissement jamais achevé de cette rencontre. C’est Jésus lui-même qui nous répète: «Venez et voyez.» (Jean 1, 39)

Si on demande ce qu’est l’Eglise, peu de monde pense à citer le Christ, ou l’Evangile. On nous répond généralement en termes de morale. Bien sûr qu’il y a une morale dans l’Evangile ! Mais elle commence par cette conversion qu’est la vie avec Jésus, sans laquelle les « valeurs chrétiennes » ne signifient pas grand-chose.

L’Evangile garde toujours une nouveauté, car le Saint-Esprit est source de jeunesse permanente, même là où l’Eglise donne l’impression d’être déjà connue, voire trop connue, voire même nocive. Et certes nous lisons l’Evangile dans l’Eglise, sans avoir à refaire tout le chemin de la foi sur des questions comme « qui est-il, celui-là ? » (Luc 5, 21 ; 7, 49 et 8, 25), « qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? » (Jean 9, 36), « Mais pour vous, […] qui suis-je ? » (Matthieu 16, 15) et « où demeures-tu ? » (Jean 1, 38)… Nous lisons l’Evangile dans l’Eglise, mais ce n’est pas une raison pour vivre dans l’Eglise sans lire l’Evangile.

«Tous les renouveaux dans l’histoire de l’Eglise ont été des renouveaux de sainteté, marqués par un retour à l’Evangile. C’est ce dont nous avons besoin. Lisons l’Evangile, constamment, écoutons-le et que notre vie en soit marquée.»

En cette période de chemin synodal, demandons ensemble au Saint-Esprit, qui a inspiré les auteurs des Evangiles, de nous permettre d’en découvrir les richesses et d’en vivre!

1 Charles Journet, L’Eglise et la Bible, Editions Saint-Augustin, Saint-Maurice, 1960, p.45.

Sur un malentendu…

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Vårfrudagen… à vos souhaits! Mieux vaut ne pas avoir un ch’veu sur la langue pour prononcer le nom de la fête de l’Annonciation en suédois. Chez nous, il est normalement d’usage de manger du poisson ce jour. En Suède, pays de spécialités marines et de surcroît protestant, il est coutume de préparer… des gaufres.

Quittons un peu nos romandes contrées pour nous diriger vers le pays du prinsesstårta, du surströmming et des våfflor suédoises. L’anecdote liée à cette tradition culinaire se base pour ainsi dire… sur un malentendu. La fête de l’Annonciation se traduit par Vårfrudagen, le jour de Notre Dame. La gaufre se dit, quant à elle, våffla, dont la forme våffel n’est utilisée que dans les mots composés. Entre la pronon- ciation de vårfru et våffel, il n’y a qu’un pas… le peuple suédois a fait l’amalgame entre les deux. Le 25 mars, commémorant normalement l’annonce de la mater- nité divine de la Vierge Marie par l’archange Gabriel, s’est donc transformé au fil du temps en Våffeldagen: le jour des gaufres!

Mieux vaut deux fois qu’une!

Une chose tout à fait étonnante concernant la fête de l’Annonciation en Suède: le culte à la Vierge Marie n’y est pas très présent, mais les calendriers comportent pourtant deux jours dédiés à cette célébration. Le Marie bebådelsedag ou Våffeldagen (dont nous avons parlé plus haut) toujours fêté le 25 mars, et le Jungfru Marie bebådelsedag qui, dans l’Eglise de Suède, se célèbre le dimanche qui tombe entre le 22 et le 28 mars, sauf si c’est le dimanche des Rameaux ou celui de Pâques.

Petit vocabulaire culinaire suédois

Prinsesstårta: gâteau suédois traditionnel, composé de couches de génoise, de confiture de framboise, de crème pâtissière vanillée et enveloppé d’une fine couverture de pâte d’amandes verte. Le gâteau «IKEA» par excellence!

Surströmming: hareng fermenté durant plusieurs mois et traditionnellement dégusté à Noël ou à Pâques. L’odeur très prononcée de ce met retient souvent d’y goûter…

Våfflor: pluriel de gaufre.

Recette: Les gaufres de Vårfrudagen / Våffeldagen

Temps de préparationTemps d’attentePortions
30 minutes30 minutes8

Ingrédients pour la pâte à gaufres

  • 3,5 dl de farine de blé – vetemjöl
  • 2 c. à c. de levure chimique – bakpulver
  • 4 dl de lait – mjölk
  • 100g de beurre fondu – smör
Våffeldagen: le jour des gaufres

Préparation des gaufres au gaufrier

  1. Dans un saladier, mélanger la farine et la levure.
  2. Ajoutez le lait, fouettez pour obtenir une pâte homogène. Versez-y le beurre fondu.
  3. Faites chauffer le gaufrier. Badigeonnez d’un peu de beurre pour la première gaufre.
  4. Versez une louche de pâte dans le gaufrier, fermez le battant et patientez quelques minutes.
  5. Servez avec de la crème fouettée et de la confiture de fraise pour manger votre gaufre à la suédoise.

Préparation des gaufres à la poêle

  1. Suivez les étapes 1 à 3 de la préparation « au gaufrier ».
  2. Versez une louche de pâte au milieu d’une poêle de façon à la cuire comme des pancakes.
  3. Dorez la pâte de chaque côté jusqu’à ce qu’elle se soulève un peu de la surface de la poêle.

Préparation à la machine à croque-monsieur

  1. Suivez les étapes 1 à 3 de la préparation « au gaufrier ».
  2. Versez une louche de pâte dans la cavité normalement réservée au sandwich, fermez le battant et patientez quelques minutes.

Entrer en résonance avec la Parole

Faire résonner la Parole de Dieu, voilà le grand défi de la catéchèse.

PAR MARIE-CLAIRE GAY-DES-COMBES | PHOTOS : MARION PERRAUDIN

C’est au travers de gestes, de vie partagée toute simple mais en vérité que la résonance de l’amour infini de Dieu peut être visible. En ce temps un peu spécial pour partager la vie d’une façon spontanée, la catéchèse est bien vivante:

En communauté, porté par tous ceux qui se rassemblent pour se nourrir de la vie du Ressuscité, les enfants, petits et grands, trouvent une place adaptée à leur âge :

• soit d’une façon active au travers du service de la messe ou du chant ;

• soit en désirant approfondir le message de Jésus au travers des ateliers de la Parole ➊ ;

• soit en se laissant imprégner de l’ambiance de la messe en profitant de l’espace réservé aux tout-petits.

Elle est également vivante lors de rencontres où l’enfant peut vivre des moments :

• de paix, de tranquillité pour prier, louer, adorer ➋;

• ou pour se mettre concrètement au service des plus démunis ➌;

• ou pour vivre des temps forts comme un sacrement ➍ ou une montée vers Pâques;

• ou encore pour partager ses questionnements avec la communauté ➎;

Oui, les catéchistes du Secteur vous font des offres d’activités. N’oubliez pas d’aller les consulter régulièrement sur notre site paroissemartigny.ch

➊ Tous les samedis à Martigny-Ville et tous les dimanches

à Martigny-Bourg lors des messes de 18h.

➋ Enfants adorateurs « Prier et louer le Seigneur » (les 11 et 15 mars).

➌ Dimanche des malades (6 mars).

➍ Vivre le pardon (26 mars).

➎ Entrée en Carême (2 mars).

On pense spécialement aux personnes malades le dimanche 6 mars

Se mettre au service, fabriquer un objet avec ses mains qui fera plaisir à une personne malade, voilà une attitude qui ouvre à l’amitié et que les enfants cultivent lors d’un après-midi de catéchèse. Le dimanche 6 mars, jour du « Dimanche des malades », les cadeaux faits main seront offerts directement aux personnes présentes à la messe de 10h à Martigny-Ville.

Semaine sainte dans nos deux UP et Saint-Paul

Voici la tabelle des célébrations de la Semaine sainte dans les 6 paroisses de nos deux unités pastorales et à Saint-Paul.
Il y a le choix !

PHOTO : CHRYSTOPHE RAKOTODRANAIVO

Dimanche des Rameaux (10 avril)
9h30 à Thônex
10h à Saint-Joseph
10h30 à Saint-Paul
11h à Presinge
11h à Saint-Joseph
11h à Sainte-Thérèse
18h à Choulex
18h30 à Saint-Paul

Jeudi saint (14 avril)
8h Office des ténèbres à Saint-Paul
19h à Puplinge
20h à Saint-Paul
20h à Saint-Joseph
20h à Sainte-Thérèse

Vendredi saint (15 avril)
8h Office des ténèbres à Saint-Paul
10h à Saint-Joseph
15h à Choulex
15h à Saint-Paul
15h à Sainte-Thérèse
19h Chemin de croix à Thônex

Vigile pascale (samedi soir 16 avril)
8h Office des ténèbres à Saint-Paul
20h à Chêne-Bourg
20h30 à Saint-Joseph
21h à Sainte-Thérèse

21h à Saint-Paul

Dimanche de Pâques (17 avril)
9h30 à Thônex
10h à Puplinge
10h à Saint-Joseph
10h30 à Saint-Paul
11h à Saint-Joseph
11h à Sainte-Thérèse
18h à Choulex

18h30 à Saint-Paul

Découvrir la bible, cent textes essentiels commentés

Durant le confinement, des membres des Editions Robert Laffont se sont rendu compte que les libraires vendaient un nombre de bibles plus important que d’ordinaire. Les lecteurs cherchaient peut-être des clés pour comprendre ce moment de crise particulier, seulement voilà… en ouvrant la bible, ils ne comprenaient rien !

PAR FRANÇOISE BESSON
PHOTO : JURAPASTORAL.CH

C’est ainsi qu’est né le projet de ce livre, pour «offrir une lecture de la bible en partant de la vie, et pour vivre plus!» 1

Philippe Haddad, Bernard Miserez «Découvrir la bible – 100 textes essentiels commentés» Ed. Robert Laffont, Paris, novembre 2021.

Les auteurs. – Deux auteurs se partagent les commentaires des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament en respectant les proportions initiales des deux parties : Philippe Haddad, rabbin de l’Union
Libérale Israélite de France, très investi dans le dialogue interreligieux, commente les soixante premiers textes et Bernard Miserez, prêtre de la chapelle du Vorbourg 2 et animateur de retraites, les quarante suivants.

La Première Alliance. – Quand nous ouvrons la bible au hasard, dans sa première partie, il n’est pas rare que nous fassions la même expérience que les lecteurs lambda dont il était question : on n’y comprend pas grand-chose… Dans ses commentaires, Philippe Haddad relie les personnages et les histoires, par exemple Caïn et Juda, frère de Benjamin ou encore Noé et Abraham… De nombreux termes sont mentionnés en hébreu avec leurs différents sens possibles. La lecture proposée est à l’opposé du fondamentalisme et le rabbin relève les avantages liés à une compréhension contemporaine des textes. Par exemple, à propos de la « chute de Jéricho » il commente avec humour : « L’archéologie nous soulage, ces faits n’ont jamais eu lieu. » (p. 94) Puis il explique les motivations que pouvaient avoir les auteurs du livre de Josué en parlant au peuple de cette manière-là : « Montrer la puissance de l’Eternel par rapport aux divinités cananéennes et […] mettre en garde Israël contre ses infidélités à Dieu. » Et de conclure ainsi : « A défaut d’être historique, le livre de Josué se veut pédagogique. Si l’homme ne supprime pas l’idole, l’idéologie, alors l’idole, l’idéologie supprimera l’homme. A ce niveau de lecture, le texte demeure éloquent. » (p. 96) Grâce à ces commentaires, ces textes deviennent plus compréhensibles et peuvent nourrir notre réflexion.

Le Nouveau Testament ou Nouvelle Alliance. – Ces textes nous sont évidemment plus familiers, du moins ceux des évangiles, mais il est intéressant de les découvrir éclairés par les tournures de phrases très incarnées de Bernard Miserez (➱ vous en trouverez quelques exemples dans les encarts). Les commentaires ouvrent aussi sur une actualisation et ne font pas l’impasse sur les remises en question : « Prendre soin des plus fragiles et des plus pauvres n’est pas une option caritative ou humanitaire. […] Tout geste de compassion atteint le Christ en l’homme souffrant. » (p. 204) Lire ces textes et se laisser interpeller nous aidera peut-être à répondre joyeusement à l’invitation que nous fait l’auteur : devenir des « contagieux de la Bonne Nouvelle » !


1 Interview de Bernard Miserez à Radio Fréquence Jura (RFJ) le 25 novembre 2021.
2 Lieu de pèlerinage près de Delémont.

La Samaritaine: «Jésus vient nous trouver au milieu de nos tâches quotidiennes.» (p. 191)

La résurrection de Lazare: «La parole de Jésus va jusque dans la mort. Elle fait de la vie avec ce qui est mort. Seulement, encore faut-il enlever la pierre du tombeau.» (p. 211)

La multiplication des pains: «Rien de ce que nous donnons n’est dérisoire ni insignifiant.» (p. 194)

La guérison du paralytique: «Le pardon est un acte de résurrection. Il est une renaissance où tout est donné pour se recevoir de Dieu.» (p. 182)

Le diacre Christian Thurre, ambassadeur diocésain pour l’écologie

Inciter toutes les entités paroissiales et ecclésiales à penser et agir écologie : c’est, en résumé, le mandat que l’évêque de Sion a confié à Christian Thurre, diacre, ordonné en juin dernier. Une mission qui permet à ce scientifique de conjuguer écologie et spiritualité. Rencontre.

PAR CLAUDE JENNY | PHOTOS : GÉRARD RAYMOND, RAPHAËL ZBINDEN / CATH.CH

Comme tous les diacres permanents, Christian Thurre parcourt son chemin diaconal d’abord dans le cadre de son univers professionnel, en l’occurrence le Service de l’environnement de l’Etat du Valais. En tant que collaborateur scientifique, il participe aux études d’impacts écologiques pour que les projets mis à l’enquête soient conformes aux exigences légales. Il assure évidemment aussi régulièrement, comme tout diacre, un service à l’autel aux côtés du célébrant. Mais il fonctionne depuis quelques mois également comme mandataire de Mgr Lovey pour effectuer tout un travail de sensibilisation auprès des entités diocésaines pour qu’elles se soucient d’écologie.

Appliquer « Laudato Si’ ». – Un rôle qui est désormais dévolu à tous les diocèses par le Pape lui-même qui s’est souvent exprimé sur le thème de la protection de la Création, de cette « Maison commune » qui ne nous appartient pas mais qu’il nous incombe de protéger. L’encyclique papale « Laudato Si’ » est un texte de référence sur le sujet. Même si son expérience est encore brève, Christian Thurre est à l’évidence l’homme qu’il fallait pour remplir cette mission de sensibilisation que le Pape appelle les « intendants responsables du jardin de la Création ».

Agir via des éco-diagnostics. – Le délégué de l’évêque est, par son mandat, le seul délégué du diocèse au sein d’EcoEglise, l’organe œcuménique qui œuvre au niveau national à favoriser cette prise de conscience que les Eglises ont également leur rôle à jouer en matière d’écologie. Pour Christian Thurre, c’est une évidence : « Les Eglises doivent interpeller leurs communautés ! Chacun doit apporter sa pierre pour avoir une attitude éco-responsable. » Ainsi, l’organisme EcoEglise (➱ https://ecoeglise.ch) est spécialisé dans l’établissement d’éco-diagnostics qui conduisent à des propositions de mises en œuvre de mesures éco-responsables. Ce qui peut toucher au matériel pour les célébrations et l’administration, aux bâtiments, aux espaces verts gérés par les paroisses, etc.

Opération « Maison de la diaconie ». – Christian Thurre, en collaboration avec son épouse Marie-France, a effectué une première démarche dans ce sens début janvier 2022 avec la « Maison de la Diaconie » à Sion qui abrite notamment l’établissement Verso-l’Alto. Il trouve excellent que ce soit ce lieu diocésain qui lui permette de démarrer son action. Il espère que d’autres communautés, paroisses, etc. feront appel à lui. Il est disponible pour aller à la rencontre de ceux qui veulent agir à leur échelle dans une démarche qu’il qualifie non seulement d’écologiste, mais aussi de spirituelle.

Une dimension spirituelle. – Il cite la parabole du colibri qui apporte sa gouttelette, juste ça, mais déjà ça ! « Dans cette protection de la « Maison commune », il y a quelque part une dimension de conversion spirituelle, de se laisser blesser par cette réalité d’une nature insuffisamment respectée et de décider d’agir, à son échelle, individuelle, associative, paroissiale, etc. » s’enflamme Christian Thurre qui peste contre certains abus, comme la multiplication des canons à neige, par exemple, qui entraîne un gaspillage d’eau : « Nous ne pouvons pas, plus, nous comporter en enfants gâtés. Mais je suis optimiste : je crois qu’il y a une prise de conscience que l’on ne peut pas continuer à surexploiter la nature. De plus en plus de personnes se laissent toucher et décident d’agir ».

Le gaspillage fait des ravages

Pour freiner le dérèglement climatique, il est urgent d’opérer une transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables, sans en faire payer le prix aux pays les plus pauvres. Tel est le message clé de la Campagne œcuménique 2022 qui reprend le slogan «Justice climatique, maintenant !»

PAR ACTION DE CARÊME, EPER ET ÊTRE PARTENAIRES | PHOTOS : VICTOR LOPEZ, MEINRAD SCHADE, DR

Les conséquences du dérèglement climatique telles que l’élévation du niveau des mers, les inondations, les vagues de chaleur et la fréquence plus élevée des sècheresses et des cyclones bouleversent déjà la vie de nombreuses populations dans les pays du sud : elles accentuent la faim, les risques pour la santé et les conflits sociaux.

Responsable de plus de 70 % 1 des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et de 78 % 2 en Suisse, l’utilisation de combustibles fossiles fait partie des principales causes du dérèglement climatique. En consommant une quantité disproportionnée d’énergie fossile, les pays industrialisés sont ceux qui contribuent le plus au dérèglement climatique et qui sont les moins touchés par ses conséquences, alors qu’ils vivent aux dépens des pays du Sud et des générations futures. L’injustice est double.

Non aux « fausses solutions ». – Nombreux sont les projets énergétiques – y compris les projets d’énergies dites renouvelables – qui constituent de « fausses solutions » à la transition énergétique. En effet, ils entraînent des conflits et ne tiennent pas ou peu compte des droits et revendications légitimes des populations locales. S’ensuivent souvent des expulsions, la restriction des droits d’utilisation des terres communautaires ou la destruction des sites sacrés des communautés autochtones. Même le droit fondamental à l’alimentation est bafoué.

Les organisations partenaires d’Action de Carême dans le Mato Grosso au Brésil montrent, dans leurs rapports, que les projets hydroélectriques qui n’envisagent pas la participation des communautés locales peuvent avoir des conséquences dévastatrices. Ils empêchent notamment la migration des poissons. En conséquence, la communauté indigène de Manoki, pour ne citer qu’un exemple, ne parvient plus à pêcher dans les sites habituels et doit parcourir de longues distances pour se nourrir. L’EPER fait des constats similaires en Indonésie où des plantations industrielles de palmiers à huile sont créées pour produire des biocarburants dits durables. Pour ce faire, des forêts tropicales vitales sont défrichées. Les conséquences sont fatales pour le climat et pour les communautés qui n’ont d’autre choix que de quitter leurs habitations.

« La transition écologique doit constituer une opportunité et un moteur de développement pour les communautés défavorisées du monde entier.»

Dans son encyclique Laudato si’, le pape François appelle « à écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ». Autrement dit, les solutions techniques pour la transition énergétique doivent toujours être évaluées au regard de leurs conséquences écologiques et sociales.

Par énergies renouvelables, Action de Carême et l’EPER entendent des solutions respectueuses du climat, socialement justes et tenant compte des intérêts des communautés locales qui doivent être impliquées dans la planification, la création et la production d’énergie, qui doit être considérée comme un bien commun.

Assumons nos responsabilités. – En Suisse, nous devons assumer nos responsabilités en tant qu’actrices et acteurs de la crise climatique. Nous pouvons toutes et tous nous approvisionner en énergie à partir des sources les plus propres possibles, réduire notre consommation (électricité, carburant, chauffage, etc.) et tenir compte du lieu de production des biens de consommation (par exemple les denrées alimentaires et les appareils électroniques) au sein de notre pays comme à l’étranger.

Invitation à tous !
Lancement de la campagne 2022.
Sion, Notre-Dame du Silence au Chemin de la Sitterie 2 de 18h30 à 21h30.

Le Conseil fédéral a décidé que la Suisse devait atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. En collaboration avec l’Alliance climatique, Action de Carême et l’EPER demandent au Parlement de viser cet objectif d’ici 2040 de façon linéaire. Puisque la Suisse a les moyens techniques et financiers de réaliser cet objectif, elle devrait montrer l’exemple en se passant complètement des combustibles fossiles. Ainsi nous soutiendrons de manière pertinente la cause de la justice climatique.

1 https://ourworldindata.org/emissions-by-sector du 26.07.2021.
2 Rapport 2018 de l’Agence internationale de l’énergie.

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