Le Père Damien rend hommage aux missionnaires du Val de Bagnes

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Enfant, j’entendais parler de mes deux oncles, Jean et André, qui sont partis très loin, en Afrique, comme missionnaires. Des histoires qu’ils nous racontaient pendant leurs rares vacances nous semblaient des contes de fées. Tellement elles nous paraissaient invraisemblables, connaissant seulement les réalités de nos vallées.

PAR DOMINIQUE PERRAUDIN

PHOTOS : DR

Je voyais aussi des femmes de nos villages qui passaient tout l’hiver dans les ouvroirs, cousant des habits, repassant des draps de lit qu’elles mettaient dans des sacs pour les envoyer dans les pays où travaillaient ces missionnaires, et entre autres, au Rwanda, où mon oncle André était archevêque.

Beaucoup de Bagnards ont soutenu Mgr André Perraudin dans sa mission au Rwanda mais ils ne savaient pas qu’après un certain nombre d’années, il allait y avoir « des retours » !

L’évêque Perraudin, lui, semblait le savoir, à lire sa lettre datée du 28 mai 1958 adressée au Centre missionnaire de Bagnes : « Tous ceux qui nous aident verront un jour le fruit de leurs sacrifices. » Cela s’est réalisé 60 ans après, puisque le Père Damien Niyoyiremera, prêtre rwandais, est actif dans nos contrées depuis 2018. Il est l’un des fruits des petits grains qu’ont semés les Bagnards sans le savoir.

Le Père Damien vient de publier deux livres inédits sur les missionnaires du Val de Bagnes : « Un bonjour du Val de Bagnes au Rwanda et retour » (PubliBagnes) et « Le Val de Bagnes au cœur de la mission de l’Eglise universelle » (Saint-Augustin). Dans le premier livre, il compare la vie dans le Val de Bagnes à celle de son pays, le Rwanda. Qui aurait envie de goûter au vin de banane et le comparer à nos vins valaisans ? Qui pourrait comprendre comment des vaches à longues cornes ne se blessent pas en comparaison avec nos combats de reines ? Comment s’imaginer comment, dans un pays où il y a tant de vaches laitières, on ne produit pas de fromages comme ceux du Val de Bagnes ?

Le second livre rend témoignage aux missionnaires du Val de Bagnes qui ont donné de leur vie au service de la mission auprès du peuple africain. Il y a notamment consacré deux chapitres au sujet de Mgr André Perraudin, l’un des grands pionniers de l’Eglise du Rwanda.

Vous souhaitez vous les procurer ? Prenez directement contact avec le Père Damien au 079 900 68 30 ou au secrétariat paroissial au 027 776 13 53.

 

 
 

Mise en bière

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : DR

Apôtre du bon goût, la Brasserie de l’Abbaye de Saint-Maurice n’ayant pas bullé tout l’été vous a concocté de quoi vous faire mousser une fois l’hiver venu. Que de propos alambiqués pour (ne pas) dévoiler la nouvelle cuvée spéciale de bières de l’Abbaye.

Défendre ses convictions

Vous l’aurez compris, il n’est pas ici question d’eau. Ni minérale, ni bénite, mais d’élixir de la Dame-Jeanne. En d’autres termes de bières. Pas de celles qui requièrent un funèbre éloge, mais bien de celles qui se partagent dans un moment de convivialité. Pour marquer ses deux ans d’existence et rendre un hommage, posthume celui-ci, aux 20’000 pèlerins rassemblés sur le tombeau de Saint-Maurice en 1873, la Brasserie de l’Abbaye de Saint-Maurice commercialise une nouvelle bière en édition limitée. La Vox, une bière houblonnée de type American Pale Ale produite en 20’000 exemplaires en l’honneur desdits pèlerins, a un « caractère » semblable à celui de Saint-Maurice. Elle remémore l’homme, puis le saint, ayant élevé sa voix pour défendre ses valeurs et convictions. Cela au prix de sa vie, comme le relate son récit hagiographique. De quoi ne laisser personne indifférent. Si toutefois l’édition limitée venait à manquer, d’autres bières pourraient se charger d’étancher, au moins un peu, la soif de tous les férus d’histoire agaunoise.

(Une) gorgée d’histoire

La production se décline à l’heure actuelle en trois spécialités. Une blanche légère, surnommée Candide, le nom du plus proche de Maurice et dont la levure a été prélevée sur un parchemin datant de 1319. La Febris de type ambré est une bière plus charpentée faisant référence à l’incendie de l’abbaye en 1693. Et pour terminer, la DXV ou 515 (en rappel de l’année de la fondation de l’abbaye), une bière d’abbaye typique, brassée avec trois fois plus de matière première que pour une bière simple. Avec pour vocation de « suspendre la course du temps pour s’ouvrir à soi-même et aux autres », le projet de la brasserie porte également sur des aspects culturels et économiques. Les revenus générés par la vente des bières servent à soutenir les projets de l’abbaye, ainsi que son site archéologique tout en continuant à investir dans le patrimoine.

La « Semaine en rouge »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), novembre 2021

Le patriarche émérite Grégoire III Laham, sera à Sion le 24 novembre dans le cadre de la «Semaine en rouge». Ces journées nationales de prière pour les chrétiens menacés et persécutés dans le monde sont organisées par l’œuvre d’entraide catholique «Aide à l’Eglise en Détresse (AED)».

TEXTES PAR JACQUES BERSET (AED) ET JEAN-HUGUES SEPPEY
PHOTO : AIDE À L'ÉGLISE EN DÉTRESSE (AED)

Le patriarche émérite Grégoire III Laham, qui fut jusqu’en mai 2017 patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem des grecs-catholiques melkites, sera en Valais du 24 au 28 novembre dans le cadre de la « Semaine en rouge » (Red Week 2021).

Ces journées nationales de prière pour les chrétiens menacés et persécutés dans le monde sont organisées par l’œuvre d’entraide catholique « Aide à l’Eglise en Détresse (AED) ».

Grégoire III Laham, de son nom de naissance Loutfi Laham, est né le 13 décembre 1933 à Daraya, connu comme lieu de la conversion de saint Paul, près de Damas, en Syrie. Il a été de 2000 à 2017 patriarche de l’Eglise
grecque catholique melkite. Le jeune Loutfi fréquenta, dès 1943, le séminaire des Pères Salvatoriens, au Monastère du Saint Sauveur, au Liban, où il termina ses études. Ses supérieurs l’envoyèrent en 1956 à Rome pour parfaire sa formation. Ordonné prêtre en 1959,
il rentre au Liban où il est nommé supérieur du grand séminaire de son Ordre à Jeita, près de Beyrouth. Il a enseigné la théologie et la liturgie à l’Université Saint-Esprit de Kaslik. Militant pour l’unité de l’Eglise, il fonda en 1962 la Revue « Unité dans la foi », première revue arabe qui traitait des questions œcuméniques.

En 1974, après l’arrestation par les Israéliens de l’archevêque melkite Hilarion Capucci, vicaire patriarcal de Jérusalem et condamné à 12 ans de prison pour transport d’armes pour la résistance palestinienne, le patriarche Maximos V Hakim le nomma vicaire patriarcal de Jérusalem.

Il y créera en 1976 un centre d’Etudes Religieuses Orientales, devenu aujourd’hui une branche adjointe de l’Université de Bethléem. Elu évêque en 1981, il lance un projet d’habitation pour recevoir des familles de Jérusalem, avec une église, une grande salle et un centre sanitaire. Ce projet terminé en 1983, est suivi de plusieurs constructions d’habitations, d’écoles, de centres sanitaires et de restauration d’églises paroissiales. Il a publié un nombre important d’ouvrages théologiques et historiques, dont une « Introduction aux rites liturgiques et à leurs symboles dans l’Eglise orientale ».

Quand le patriarche Maximos Hakim donne sa démission, le 29 novembre 2000, le Synode de l’Eglise melkite l’élit pour lui succéder. Il prend alors le nom de Grégoire III, qui signifie le « veilleur ». Le pape François accepte sa démission en mai 2017. Durant la guerre en Syrie et aujourd’hui encore, le patriarche émérite ne cesse d’exprimer son inquiétude de l’exode des chrétiens, dont il considère l’influence comme décisive pour l’avenir de la région. Plus de la moitié des quelque 1,5 million de chrétiens ont déjà quitté le pays.

La « Semaine en rouge » en Valais

Cette campagne se déroule en même temps dans de nombreux autres pays dans le monde entier. Des centaines d’églises, monuments et bâtiments ont été illuminés en rouge par le passé pour attirer l’attention sur le sort des 200 millions de chrétiens persécutés et opprimés qui vivent dans un environnement de violence, de persécution et de discrimination et sont empêchés de pratiquer librement leur foi. Ces dernières années, ce sont entre autres l’Abbaye de Westminster à Londres, le Colisée à Rome, la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro et la Sagrada Familia à Barcelone qui se sont drapés de rouge. Pour la première fois, la campagne de la Semaine rouge se déroulera dans toute la Suisse et la Principauté du Liechtenstein du 20 au 28 novembre 2021.

En Valais, la campagne se déroule en présence du patriarche émérite Grégoire III Laham

Dans notre décanat, la Cathédrale, les églises de Salins et des Agettes seront ainsi illuminées de rouge.
Une messe est prévue à la Cathédrale de Sion le mercredi 24 novembre à 18h. Elle sera suivie d’une conférence du patriarche Grégoire III.

Aide à l’Eglise en Détresse (AED ou ACN)
Antenne romande
Rue du Botzet 2
CH-1700 Fribourg
026 422 31 60
mail@aide-eglise-en-detresse.ch
aide-eglise-en-detresse.ch
IBAN: CH47 0900 0000 6001 7700 3

Les adieux dans l’intimité…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

PAR KLAUS SARBACH | PHOTO : PIXABAY

S’il y a une expérience qui touche au cœur les femmes et les hommes, c’est bien la perte d’un être cher… et spécialement durant ce temps où les restrictions sanitaires nous ont contraints de célébrer les adieux de manière encore plus confidentielle que d’habitude. Tant d’entre nous l’ont très mal vécu et ont souffert de n’avoir pas pu donner aux funérailles cet aspect communautaire ou tout du moins familial et fraternel.

Plus généralement, pour certaines familles, célébrer des funérailles ouvertes à un large public n’est pas envisageable pour diverses bonnes raisons tout à fait compréhensibles. L’Eglise doit absolument respecter le désir de ces familles. Il est évidemment possible de vivre des célébrations dans l’intimité pleines de sens, de recueillement et de profondeur. Pourtant la célébration dans l’intimité à quelques écueils. Elle réduit l’expérience de la séparation à une affaire privée. Elle omet le fait que la mort d’une personne a aussi un caractère public parce l’humain est un être social. Oser vivre des funérailles publiques permet de recevoir la force, la grâce, le soutien de toute une communauté rassemblée.

La mort d’une personne cause une « blessure du cœur » qu’une communauté rassemblée peut « soigner », d’une certaine manière. Se trouver ensemble pour dire adieu, laisser chacun pouvoir approcher de l’ami, de la connaissance disparue, n’est-ce pas important ? Le soutien dans la foi de tout un peuple uni dans la tristesse et la solidarité autour de la famille, n’est-ce pas un signe que la mort n’a pas tout à fait le dernier mot ?

Les funérailles dans l’intimité privent la famille des soins d’une communauté plus large qui peut, elle aussi, avoir besoin d’exprimer sa tristesse ou sa gratitude envers la personne décédée et ainsi laisser le travail de deuil se passer.

Dans ma propre expérience, pleurer avec des amis venus me témoigner leur présence fraternelle a été pour moi d’un grand réconfort… Leur présence et mes larmes m’ont libéré de ce pus que contenait ma douleur. Et leurs bras ont été un baume pour mon cœur. Souvent, je le crois, nous n’imaginons pas le nombre de gens qui ont été en contact ou qui aimaient la personne décédée et qui auraient voulu se faire proches… Nous ne pensons pas à ces nombreuses personnes qui apprécieraient de nous montrer qu’elles tiennent à nous.

En acceptant la présence d’une communauté plus large ; en acceptant d’ouvrir davantage leurs portes, je crois que les proches y gagnent ; qu’une force plus grande et une paix plus profonde leur sont témoignées. Et cela se répercute à coup sûr sur le travail de deuil et de guérison…

Prier en famille

PAR CHANTAL SALAMIN | PHOTOS : DR

«Prier en famille», c’est un livret d’accompagnement à la prière et un site internet préparé par une petite équipe romande composée d’Anne-Claire Rivollet (GE), Marie-Christine Conrath (NE), Monique Dorsaz (VD), Giampiero Gullo (VD) et Matthias Rambaud (VD) avec la participation de pastorales de la famille et de services de catéchèse. Ces deux outils complémentaires offrent des ressources spirituelles et créatives aux familles qui aspirent à une vie de prière familiale authentique et veulent dynamiser leur relation avec Dieu.

Un véritable trésor

Quatre étapes sont proposées dans le carnet : 1. Prier, par où commencer ?, 2. Prier avec la Parole de Dieu, 3. Prier en tout temps et 4. Prier durant les fêtes.

Dans l’édito, l’abbé Pascal Desthieux, initiateur du projet, raconte son expérience et nous invite à essayer… « « Et si on prenait un petit temps en famille ? » Mes parents se sont regardés, un peu étonnés, avant d’acquiescer : « Pourquoi pas ? » […] Assez vite, sans même l’avoir cherché ni voulu, nous avons constaté que les relations entre nous changeaient, s’apaisaient. Comme si ces moments de prière nous donnaient un peu de recul et nous rappelaient qu’il est bon de former une famille. »

Ce livret est un véritable trésor qui rejoint directement les cœurs par sa simplicité, sa profondeur… On y trouve vraiment tout l’essentiel pour prier. A mettre dans les mains de toutes les familles.

Et un site internet

Sur le site internet, vous trouverez des ressources complémentaires pour prier, chanter, louer, célébrer et créer : des histoires bibliques à écouter (mp3), des activités, ainsi qu’un blog de sept chroniqueurs réguliers, spécialistes ou parents, qui interviennent respectivement sur des thèmes de vie spirituels précis comme la grossesse, la vie de maman ou de papa, ainsi que la dynamique familiale, la louange et la vie spirituelle de l’enfant, etc.

On y trouve par exemple une vidéo pour apprendre à gestuer le Notre Père, un mode d’emploi pour créer une boîte de prières et des cartes de prières à découper et sur le blog, en ce mois de novembre, 5 pistes pour vivre un deuil en famille.

 

Accompagner les travailleuses du sexe, un chemin de fraternité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisses du décanat de Fribourg (FR), novembre-décembre 2021

Récemment, l’Église catholique a tissé des liens avec l’association Grisélidis, qui accompagne les travailleuses du sexe. Rencontre avec Corinne Siffert, responsable du programme Grisélidis et Noémie Schroeter, intervenante sociale.

PAR CORINNE SIFFERT, NOÉMIE SCHROETER ET OLIVIER MESSER
PHOTOS : CHLOÉ MADIÈS, DR

Faire un don à Grisélidis: CCP : 17-298152-8 IBAN : CH 15 0900 0000 1729 8152 8

Qu’est-ce que Grisélidis ?

Le projet a démarré le 8 mars 2007, à l’initiative d’un groupe de Fribourgeoises qui avait remarqué qu’il y avait une grande absence de structures spécifiques s’adressant aux travailleuses du sexe dans notre canton. Comme nous le savons, c’est une population particulièrement précaire. Dans d’autres cantons, certaines de ces structures étaient présentes et bien installées. Ce groupe de personnes a ressenti qu’une telle organisation était nécessaire pour Fribourg.

En sus de nous deux, l’équipe se compose de trois intervenantes sociales, Marjorie Jenny, Patricia Eicher et Aura Zapuc, pour un total de 1,55 équivalent plein-temps.

Au quotidien, que propose l’association ?

Le contact avec la Grand-Fontaine, lieu de travail du sexe très central à Fribourg, a été le fondement de l’activité de Grisélidis. Notre bus y est présent un soir par semaine.

Les travailleuses du sexe font appel à nous pour plusieurs choses : des réponses à des questions administratives qui sont parfois très compliquées, voire inaccessibles, quand on ne connaît pas bien le fonctionnement du système suisse ou qu’on ne parle pas bien français (factures, assurances, contrats, impôts, etc.). Lors de nos permanences sociales dans nos bureaux, nous apportons des explications et nous les accompagnons dans ces démarches. Les mercredis, l’une de nos collaboratrices anime un cours de français, ce qui leur permet de gagner en autonomie !

Avez-vous d’autres exemples de ce que vous proposez ?

Chaque semaine, nous distribuons des bons alimentaires (un bon par personne par semaine) à utiliser dans un magasin. Cette pratique a commencé pendant la Covid, quand la précarité devenait extrême. Nous espérons pouvoir continuer à donner des bons à l’avenir, malgré nos moyens très limités, car ils sont salutaires pour ces femmes. Évidemment, dans nos échanges avec elles, nous évoquons tout le volet de prévention autour de la santé sexuelle. D’ailleurs, nous distribuons des petits sacs de préservatifs et du lubrifiant. Ces personnes ont aussi la possibilité d’en acheter à bas prix lors de nos visites dans les salons de massage ou lors des permanences. Nous organisons gratuitement trois fois par an des dépistages des IST et VIH.

De plus, les travailleuses du sexe nous rencontrent également dans notre bus, où nous parlons des relations, des clients, de la famille, d’amour, des enfants, etc. Nous essayons de créer d’autres formes de lien et d’amener à ce moment-là de l’écoute et un soutien plus émotionnel, entre deux éclats de rire. Enfin, nous nous rendons dans les différents salons/salons privés où les femmes travaillent, pour prendre des nouvelles, donner des conseils et du matériel de prévention, demander si elles ont besoin de quelque chose, s’enquérir des conditions de travail sur place, etc. Toutes ces activités sont réalisées avec entrain depuis des années, malgré nos maigres ressources. Elles font partie intégrante de nos quotidiens et de celui des femmes… d’ailleurs Grisélidis fêtera en 2022 ses 15 ans !

La prostitution reste un gagne-pain singulier. Parmi les personnes que vous accompagnez, quelles sont, selon vous, les motivations qui les poussent à s’engager dans ce domaine ?

Dans le travail du sexe au sens large, les motivations peuvent être extrêmement variées. Une personne qui décide de faire « l’escort » à côté de ses études pour arrondir ses fins de mois ne se trouve pas du tout dans la même situation que les personnes que nous rencontrons dans notre association, qui ont souvent un parcours migratoire difficile et qui sont dans une précarité économique qui diminue considérablement les options professionnelles possibles.

De ce fait, le travail du sexe devient pour certaines un choix qui n’est finalement ni pire ni meilleur qu’un autre. C’est un peu un non-choix, car les options professionnelles pour ces personnes arrivant en Suisse sont très limitées. Le travail du sexe représente parfois la seule option qui leur permet de gagner suffisamment pour subvenir à leurs besoins quotidiens et espérer un avenir meilleur pour toute la famille, qui reste la plupart du temps au pays, ce qui complique encore la donne.

Selon vous, la dimension spirituelle est-elle importante pour ces personnes ?

Il est difficile de généraliser, mais nous savons que pour certaines personnes, la dimension spirituelle prend une importance immense. Celles qui sont croyantes apprécient le langage de la foi, recevoir la bénédiction, avoir un moment de partage avec une figure spirituelle. La présence d’un prêtre de temps en temps peut être rassurante, sécurisante et les rappeler à leurs cultures, leurs habitudes dans leurs pays, etc.

Aujourd’hui, alors que la Covid-19 n’est pas encore maîtrisée, quelles sont les difficultés spécifiques rencontrées par les travailleuses du sexe ?

Les travailleuses du sexe que nous rencontrons sont pour la plupart dans une grande précarité, et ce, même avant l’arrivée de la Covid. La pandémie les a énormément fragilisées physiquement et psychologiquement, les a isolées et certainement précarisées sur le long terme. Une des grandes difficultés, actuellement, réside dans le fait que le travail du sexe a de la peine à reprendre pleinement, car nous sentons encore une certaine réticence liée à la Covid-19, ce qui n’aide pas les personnes à soulager leur situation financière. Ce qui les inquiète aussi, c’est le fait que la pandémie n’est pas terminée. La crise sanitaire reste préoccupante et ne facilitera pas les choses dans les mois à venir… Au niveau financier, nous continuons de les soutenir avec des bons alimentaires, mais nous sommes limitées dans nos ressources et dépendons en grande partie de nos donateurs.

De quelle manière est financée Grisélidis ?

Grisélidis est subventionnée par le Département de la Sécurité et de la Justice, mais aussi par la Loterie Romande, ainsi que l’aide Suisse contre le Sida et l’Office fédéral de la police. En dehors de cela, nous avons heureusement de nombreux donateurs, dont les congrégations religieuses, la ville de Fribourg, les associations et des personnes privées. Leur soutien continue d’être vital.

 

5e Journée mondiale des pauvres

« Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous. » (Mc 14, 7)

L’équipe diaconie du décanat de Fribourg a la joie de vous inviter
à participer à cet événement.
La pauvreté a plusieurs visages
et diverses réalités. Sommes-nous des pauvres nous aussi ?

Samedi 13 novembre, 15h-17h: table ronde avec des intervenants d’horizons divers, grande salle de la paroisse Saint-Pierre.

Dimanche 14 novembre, 16h: mini pèlerinage ouvert et accessible à tous, départ de l’église du Christ-Roi vers l’église Saint-Jean, suivi de la messe à 18h.

Les murs de nos chapelles ne montent pas jusqu’au ciel…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Durant plusieurs années, Françoise Besson a été active au sein de la Plateforme Interreligieuse du Valais (PIV), une association créée en 2014, en partenariat avec le Mouvement franciscain «Souffle d’Assise». Encore mal connue, la plateforme est un lieu de (re)connaissance et de partage où l’on peut mutuellement «s’apprivoiser»…

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : DR

J’ai vécu de l’intérieur l’organisation et la participation à des rencontres interreligieuses, cela a été pour moi un enrichissement et un enracinement, car pour parler de sa propre religion ou de sa foi à une personne qui a d’autres croyances, il faut bien y réfléchir et mettre en mots ce qui d’habitude va de soi… Et croyez-moi, cela ne va justement pas toujours de soi ! Dans ces moments, on fait des découvertes étonnantes, un peu comme lorsqu’en parlant de sa famille à une personne qui nous connaît peu, on prend conscience de la force de notre attachement et de l’importance de ces liens premiers dans nos vies…

J’ai aussi fait l’expérience douloureuse du non-intérêt de la communauté chrétienne pour ces rencontres. Avec une participation très réduite malgré une information largement diffusée, ces conférences de haut niveau devant des petits cercles d’initiés ont été pour moi une réelle souffrance.

Les croyants sont rares, occupés dans leurs paroisses, et ceux dont la religion diffère (très minoritaires en Valais), qu’ils soient musulmans, bouddhistes ou adventistes, suscitent peu de curiosité, surtout si aucun fait sensationnel n’est là pour focaliser l’attention.

De ces années, je garde, entre autres, une maxime souffie1 griffonnée à la hâte lors d’une conférence : « Répands la paix, soit généreux, tisse des liens, veille, prends soin de l’autre. » Le programme de toute une vie, qui n’aurait pas dépareillé dans nos évangiles…

Aujourd’hui, j’aimerais faire une proposition qui ne demande ni débauche d’énergie, ni grand bouleversement de nos convictions profondes, mais qui serait, me semble-t-il, un geste d’ouverture à notre portée : dans nos intentions dominicales, quand nous prions pour nos « frères chrétiens persécutés », ouvrons un peu le champ de notre demande et prions ensemble et sincèrement pour « toutes les personnes déplacées, persécutées, emprisonnées en raison de leur foi »… Les murs de nos chapelles ne montent pas jusqu’au ciel 2, n’en doutons pas, Dieu s’y retrouvera…

 

La PIV fait partie de l’association « Iras-Cotis », plateforme de toutes les associations interreligieuses de Suisse:
iras-cotis.ch.

  • Vous trouverez sur ce site toutes les informations concernant les événements de la prochaine « Semaine des Religions », du 6 au 14 novembre 2021.
  • Site web de la PIV : interreligieux-valais.ch

1 Courant mystique musulman

2 J’ai entendu cette phrase un jour dans une des rencontres organisées par la PIV et je découvre aujourd’hui qu’un livre porte un titre tout proche de cette maxime : « Les murs qui séparent les hommes ne montent pas jusqu’au ciel » de Reza Moghaddassi… Il fera peut-être l’objet d’un prochain article…

 

Les racines de la fête de saint Nicolas à Fribourg

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisses du décanat de Fribourg (FR), novembre-décembre 2021

Chaque année, le premier week-end de décembre, Fribourg célèbre la Saint-Nicolas, fête du saint patron de la ville et manifestation phare accueillant près de 30’000 personnes venues écouter le discours de l’évêque de Myre. Cette tradition emblématique de la ville de Fribourg a une histoire longue, mais pas linéaire.

PAR SÉBASTIEN DE MICHEL | PHOTOS : EDWARD MEZGER/MUSÉE D'ART
ET D'HISTOIRE FRIBOURG/FRIBOURG TOURISME, DR

Selon les historiens, saint Nicolas est né vers 270 à Patare en Asie Mineure et mort en qualité d’évêque de Myre probablement dans les années 340. Peu d’éléments historiques sur sa vie nous sont parvenus, et il faut constater un grand décalage entre cette lacune et son culte très développé par la suite. On pense toutefois qu’il a été emprisonné et torturé pendant la persécution de Dioclétien (303-313) et qu’il s’est distingué lors du concile de Nicée (325) par sa défense de l’orthodoxie face à Arius. Autour de 650, son corps est transféré dans la cathédrale de Myre pour être protégé des avancées arabes. Durant le haut Moyen Âge, la figure de saint Nicolas se construit, probablement en opposition à la figure païenne Nicchus, divinité des eaux. L’hagiographie forge la tradition d’un saint évêque ayant accompli de nombreux miracles et actions charitables. Le miracle le plus connu est certainement celui des trois jeunes enfants assassinés, découpés et salés par un méchant boucher que saint Nicolas ressuscite du saloir (figure 1). Le saint thaumaturge sauve également un enfant laissé par sa mère dans un bain d’eau bouillante et trois jeunes filles forcées de se prostituer par leur père.

Au XIe siècle, son culte s’implante en Italie et dans le nord-est de l’Europe. Dès 1036, des églises qui lui sont consacrées sont édifiées à Bari dans les Pouilles. En 1087, lorsque la ville de Myre est prise par les Turcs, les gens de Bari vont chercher le corps de saint Nicolas pour l’installer chez eux. On parle alors de translation des reliques. Cet épisode favorise la diffusion du culte de saint Nicolas dans l’Europe médiévale, faisant de lui le saint du peuple, le patron des marchands, hommes de mer, jeunes clercs et écoliers. Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine affirme d’ailleurs que son nom vient de nichos
(la victoire) et leos (le peuple).

La Saint-Nicolas à Fribourg

L’origine du culte de saint Nicolas à Fribourg semble remonter aux origines de la ville. En effet, lorsque le duc Berthold IV de Zähringen fonde la ville en 1157, il bâtit une église en l’honneur de saint Nicolas. Ce dernier n’est toutefois pas encore considéré comme patron de la ville. Au XIVe siècle, une chapelle dédiée au saint est
fondée par Guillaume d’Affry au monastère cistercien d’Hauterive. Un de ses descendants, Pierre d’Affry, élu abbé d’Hauterive en 1404, se rend à Rome pour obtenir la confirmation de sa nomination et ramène à cette occasion la relique du bras de saint Nicolas, alors placée à
Hauterive. Le culte du saint prend ensuite son essor à Fribourg au XVe siècle, lorsque la fête est déclarée fériée et que des monnaies sont frappées à l’effigie du saint. En 1505, le pape Jules II autorise le transfert du bras de saint Nicolas d’Hauterive à Fribourg (figure 2), transfert qui a lieu le 2 mars 1506. Dès lors s’organise chaque année une procession qui se confond avec la fête des Fous (fin décembre). En 1512, l’église paroissiale Saint-Nicolas est érigée en collégiale et s’enrichit d’images de son patron.

Dans la seconde moitié du XVIe, la fête populaire est bien implantée et entre en résonance avec la Sainte-Catherine (25 novembre), car les deux fêtes sont l’occasion d’un cortège en ville de Fribourg. Sainte Catherine est aussi considérée comme la patronne de la ville et, à l’instar de saint Nicolas, est censée protéger les jeunes mariés. Elle n’aura cependant pas la même postérité.

Une fête pas toujours approuvée

La Saint-Nicolas n’a pas bonne presse chez les jésuites à qui on confie l’enseignement supérieur à Fribourg à la fin du XVIe siècle. Leur supérieur Pierre Canisius n’écrit-il pas en 1583 : « Comment les Fribourgeois doivent-ils fêter dignement leur patron ? Suffit-il de sonner les grosses cloches ? De jouer de l’orgue ? D’envoyer des enfants à cheval à Hauterive ? D’aller s’enivrer et se remplir le ventre dans les auberges ? Une telle manière de fêter n’intéresse pas notre patron. […] Combien peu souvent vous songez aux grâces que Dieu vous a faites. Restez catholiques, soyez fidèles à la messe et aux sacrements, que saint Nicolas a défendus au concile de Nicée. » La Saint-Nicolas continue néanmoins d’être célébrée jusqu’en 1764, année lors de laquelle le Conseil de ville frappe d’interdit « toute céleste présence parmi les excès des ivrognes et les débordements moraux entraînés par les mouvements d’une foule commerçante en goguette ». La coutume se perd et il faut attendre 142 ans pour que le cortège de la Saint-Nicolas reprenne vie. En 1906, un petit cortège allant de Gambach au Tilleul est organisé par des élèves du collège Saint-Michel avec un saint Nicolas et un père Fouettard. L’organisation a lieu dans le secret par peur de représailles de la direction du collège. Mais c’est un succès et la Saint-Nicolas est totalement relancée. En 1916, le rectorat du collège récupère officiellement l’organisation du cortège, qui par la suite s’allonge et se modernise. Le discours est d’abord prononcé depuis la Grenette puis, dès 1949, depuis la terrasse surplombant le porche de la cathédrale (figure 3).

Actuellement et malgré quelques adaptations liées à la crise sanitaire, la fête se déroule toujours le premier week-end de décembre. Saint Nicolas se rend du collège Saint-Michel à la cathédrale, déambulant sur son âne et saluant la foule, escorté par les pères Fouettards et toute sa troupe. Avançant au son des chœurs de la ville, il ravit la populace par une abondante distribution de biscômes avant d’adresser un discours bilingue depuis la terrasse de la cathédrale Saint-Nicolas. Espérons que la situation sanitaire nous laissera revivre cette tradition dans son intégralité en 2022.

 
 

Nouvelle croix de Bovernier: un signe visible!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

La fête patronale de la paroisse de Bovernier a revêtu cette année une dimension particulière: elle a été marquée par la bénédiction de la nouvelle croix installée aux abords de la route entre les villages de Bovernier et les Valettes.

PAR ISABELLE BOURGEOIS | PHOTOS : G. PUIPPE

La pandémie a bouleversé bon nombre de nos habitudes. Lors de la première vague, nous avons vécu un temps d’arrêt. On nous a demandé : « Restez à la maison. » Mais comme nous habitons en campagne, nous pouvions sortir nous promener. C’est lors d’une de ces promenades que j’ai été interpellée par quelqu’un qui m’a dit : « Il faudrait faire quelque chose pour la croix entre Bovernier et les Valettes car elle est en décomposition. » En effet, réalisée en bois en 1984 à l’occasion de la venue du pape Jean-Paul II à Sion, la croix avait triste mine ! Une réflexion a commencé. Nous en avons parlé lors de nos réunions du Conseil de communauté et avons décidé de la restaurer.

Au fil du temps et après plusieurs réflexions, le Conseil de communauté a décidé de faire réaliser une nouvelle croix stylisée en métal à M. Frédéric Bourgeois et de la déplacer de quelques mètres pour des raisons de sécurité et de visibilité. En effet, là où elle était, impossible de s’arrêter pour prier ou méditer. De plus, actuellement, la croix est bien visible, notamment depuis les vignes en face ! Nous l’avons assortie d’une plaque où l’on peut lire : « Entrez dans l’Espérance, dans la seule qui ne décevra jamais. » (Jean-Paul ll) Que ce signe visible, témoin de l’espérance qui est la nôtre, puisse inspirer et transformer la vie de tous ceux qui sauront s’en approcher… »

Sur les pas de saint Joseph

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Dans le sillage de sa lettre Patris corde qui commémore le 150e anniversaire de la proclamation de saint Joseph comme patron de l’Eglise et pour marquer les cinq ans d’Amoris laetitia, texte sur l’accompagnement des couples et des familles, le pape François a lancé à quelques mois près une année spéciale dédiée à saint Joseph et une autre dédiée à la famille qui se terminera le 26 juin 2022 avec la 10e rencontre mondiale des familles. Voici une sélection de quelques initiatives pour tirer au mieux parti de ces temps forts.

Une année pour déployer la joie de l’amour

L’objectif premier de l’année « Famille – Amoris laetitia » est d’y approfondir les impulsions données pour les mettre en œuvre dans son vécu familial. En ce sens, le diocèse de Sion invite à (re)découvrir ce texte à l’aide des guides de lecture, synthétiques
et pédagogiques, réalisés par Anne et Marco Mayoraz 1. Il relaie également le parcours très complet proposé par le dicastère romain pour les laïcs, la famille et la vie : une série de dix vidéos chacune accompagnée d’un livret pour envisager la famille comme un don, malgré les défis à affronter.

A Genève, plusieurs événements sont organisés pour « aller à la rencontre de toutes les familles et témoigner ensemble de la joie de l’amour que Dieu nous donne 2 ». Un défi est même lancé aux couples qui sont invités à exprimer par un slogan leur manière de vivre « l’amour dans le mariage ». La plateforme pastorale-familiale.ch relaie de nombreuses autres propositions ailleurs en Romandie.

Avec un cœur de père à l’instar de saint Joseph

Il n’est pas anodin que le Pape ait ouvert cette année sur la famille un 19 mars. Entrelacer les deux thèmes permet d’inscrire nos parcours familiaux dans le sillage de saint Joseph. L’excellent dossier de cath.ch 3 met en lumière les facettes cachées de ce grand taciturne. A Fribourg, les billets hebdomadaires des capucines de Montorge, tout comme le commentaire de Mgr de Raemy publié à l’occasion de la sortie de Patris corde, invitent à s’inspirer du « courage créatif » de Joseph et à faire preuve d’audace pour vivre la famille 4.

1 pastorale-famille-sion.ch

2 geneve.pastorale-familiale.ch/anneefamille/

3 www.cath.ch/newsf/joseph-de-lantichambre-au-pinacle-1-2/

4 decanat-fribourg.ch/annee-speciale-saint-joseph/ et vocations.ch/patris-corde-un-coeur-de-pere/

 

Année de la famille Amoris laetitia (2021-2022)

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

Vendredi 19 mars 2021, le pape François a invité les catholiques à vivre une année de réflexion sur la famille en s’arrêtant sur l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia jusqu’à la célébration de la 10e Journée mondiale des familles prévue le 26 juin 2022, à Rome. Pour le 5e anniversaire de ce texte, le pape François nous demande de réfléchir à l’importance de la famille dans l’Eglise et dans le monde, d’où la présentation de cette exhortation dans cet article.

Synode sur la famille du 5 au 9 octobre 2014 1

PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : LDD

Amoris laetitia : naissance  d’une exhortation apostolique

Du 5 au 9 octobre 2014 et du 4 au 25 octo­­bre 2015, se sont tenues à Rome deux assemblées du Synode des évêques sur la famille. Le premier synode était consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation » et le deuxième avait pour thème : « Jésus Christ révèle le mystère et la vocation de la famille ». A l’issue de ces deux synodes, en plus d’un certain nombre de documents officiels parus à ces occasions, le pape François avait annoncé qu’il rédigerait un document synthétisant ces deux rencontres.

Ce sera l’exhortation apostolique Amoris laetitia (La joie de l’Amour) parue le 8 avril 2016. Cette synthèse du pape François est un appel à un rayonnement de l’Amour de Dieu au cœur des familles, et par conséquent, au cœur de l’Eglise et du monde. Ce texte très riche se compose d’un court préambule, de 9 chapitres et d’une petite conclusion qui nous invite à entrer dans une contemplation de l’amour de Dieu pour l’être humain avec un regard centré sur la mort et la résurrection du Christ, un regard qui plonge dans le Salut offert à toute l’humanité… un Salut qu’il nous est demandé de faire connaître et qui est indissociable de l’annonce de l’Evangile.

Amoris laetitia: Chapitre par chapitre

Chapitre 1 : A la lumière de la Parole

Dans ce premier chapitre, le Pape rappelle la multitude d’histoires familiales dans la Bible et la complexité des relations interfamiliales. Il insiste sur l’importance du couple qui donne naissance à une nouvelle famille « car la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. Sous ce jour, la relation féconde du couple devient une image pour découvrir et décrire le mystère de Dieu, fondamental dans la vision chrétienne de la Trinité qui, en Dieu, contemple le Père, le Fils et l’Esprit d’amour. Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant 2 ». Quant aux enfants, ils sont pleinement membres de la famille et de l’importance de l’Eglise domestique – l’Eglise composée de la cellule familiale. C’est dans cette vision que la famille est décrite comme lieu de catéchèse et qu’elle « est appelée à partager la prière quotidienne, la lecture de la Parole de Dieu et la communion eucharistique pour faire grandir l’amour et devenir toujours davantage un temple de l’Esprit » 3.

Chapitre 2 : La réalité et les défis de la famille

Ici, le pape François insiste sur la diversité des familles et sur les défis qui les attendent dans un monde en évolution constante. Il précise les problèmes que les familles peuvent rencontrer comme le délitement des liens familiaux, la montée des individualismes exacerbés, la violence, etc. qui vont à l’encontre du bien commun qui s’appuie sur des familles stables. Toutefois, les familles ont aussi besoin d’être aidées pour se développer dans un environnement sociétal favorable leur assurant la paix et une situation économique correcte. Une des missions de l’Eglise est donc d’accompagner et de soutenir les familles afin qu’elles puissent vivre au mieux leur vocation à l’amour dans le monde actuel.

Chapitre 3 : Le regard posé sur Jésus – la vocation de la famille

Dans ce chapitre, le Pape insiste sur l’importance du sacrement du mariage compris comme un lien indissoluble qui unit un homme et une femme et les inscrit dans le désir d’avoir des enfants. Il précise aussi que la famille est un lieu de tendresse et d’amour. Il rappelle que Jésus lui-même a grandi dans une famille portée par l’amour et l’attention de ses parents. Il est important de souligner que « l’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde » 4.

Chapitre 4 : L’amour dans le mariage

S’appuyant sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13, 4-7), le pape François insiste sur l’amour qui doit nourrir les couples et avoir sa source en Dieu. Il rappelle que l’amour est patient, qu’il place les conjoints dans une attitude de service mutuel. Pour lui, l’amour n’envie pas, ne cherche pas son intérêt et s’appuie sur le pardon. L’amour espère, supporte tout et doit conduire à faire grandir la charité conjugale. S’appuyant sur le Concile Vatican II, le Pape insiste sur l’amour matrimonial en soulignant que Dieu aime l’épanouissement de ses enfants et il affirme que « Dieu lui-même a créé la sexualité qui est un don merveilleux fait à ses créatures » 5. Le pape François termine en insistant sur l’importance d’une évolution de l’amour conjugal au fil des ans et des événements familiaux.

Sainte Famille à la lessive 6

Chapitre 5 : L’amour qui devient fécond

Pour le pape François, l’amour dans un couple est appelé à devenir fécond, à s’épanouir en donnant la vie et en prenant soin des enfants que la famille reçoit. Mais, il insiste aussi pour que face à la douleur de l’infertilité, les couples n’oublient pas qu’ils sont aussi appelés à la fécondité à leur manière et selon leurs spécificités propres. Le Pape rappelle aussi que la famille ne se résume pas au couple et à ses enfants, mais à la famille élargie ce qui implique le respect de tous : des parents, des enfants et des membres plus âgés.

Chapitre 6 : Quelques perspectives pastorales

Dans ce chapitre, le pape François insiste sur l’annonce de l’Evangile dans les familles d’aujourd’hui, sur l’importance de guider les fiancés en les préparant au sacrement du mariage, sur l’accompagnement qui doit se faire en Eglise durant les premières années matrimoniales mais aussi sur un accompagnement des conjoints sur le long cours pour les aider à dépasser les crises, les angoisses et les difficultés de couple. Il faut aussi permettre un accompagnement spécifique des veuves et des veufs car la mort qui vient séparer les conjoints est une grande souffrance pour celui qui reste seul.

Chapitre 7 : Renforcer l’éducation des enfants

Pour le pape François, les « parents influent toujours sur le développement moral de leurs enfants, en bien ou en mal. Par conséquent, ce qui convient, c’est qu’ils acceptent cette responsabilité incontournable et l’accomplissent d’une manière consciente, enthousiaste, raisonnable et appropriée » 7. Face aux évolutions de notre société, il est donc important que les parents donnent une formation morale à leurs enfants, qu’ils soient patients avec eux sans oublier qu’ils devront peut-être sanctionner des actions mauvaises commises par leurs enfants. La famille est donc un lieu d’éducation globale, c’est là que naît l’éducation à l’amour, l’éducation sexuelle et surtout la transmission de la foi. Et il ne faut pas oublier que dans l’éducation donnée, les parents sont appelés à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque enfant afin de le guider et le faire grandir à son rythme.

Chapitre 8 : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

Pour l’Eglise, le « mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société » 8. Toutefois, les couples doivent aussi être accompagnés spécifiquement en cas de divorce, dans des situations de mariage civile, de simple vie commune, etc. Et, dans toutes ces circonstances, en particulier auprès des divorcés remariés, l’Eglise est appelée à agir dans une logique de miséricorde pastorale sans pour autant brader son idéal du mariage.

Chapitre 9 : Spiritualité matrimoniale  et familiale

Ce chapitre insiste sur le fait qu’une « communion familiale bien vécue est un vrai chemin de sanctification dans la vie ordinaire et de croissance mystique, un moyen de l’union intime avec Dieu. En effet, les exigences fraternelles et communautaires de la vie en famille sont une occasion pour ouvrir de plus en plus le cœur, et cela rend possible une rencontre toujours plus pleine avec le Seigneur » 9. Pour y parvenir, le pape François rappelle l’importance de rester axé dans la lumière de Pâques, dans la foi au Ressuscité afin de pouvoir vivre une spiritualité de couple dans un amour exclusif et libre, dans une spiritualité de l’attention à l’autre, de la consolation et de l’encouragement mutuel.

Conclusion

En conclusion, pour le pape François « aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer. Il y a un appel constant qui vient de la communion pleine de la Trinité, de la merveilleuse union entre le Christ et son Eglise, de cette communauté si belle qu’est la famille de Nazareth et de la fraternité sans tache qui existe entre les saints du ciel. Et, en outre, contempler la plénitude que nous n’avons pas encore atteinte, nous permet de relativiser le parcours historique que nous faisons en tant que familles […]. De même, cela nous empêche de juger durement ceux qui vivent dans des conditions de grande fragilité. […] Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise » 11.

1 Image tirée de l’article Wikipédia «Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation»: Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation – Wikipédia (wikipedia.org).
2 Amoris Laetitia §11.
3 Amoris laetitia §29.
4 Amoris laetitia §66.
5 Amoris laetitia §150.
6 Image tirée de l’article Wikipédia «Sainte Famille»: Sainte Famille – Wikipédia (wikipedia.org)
7 Amoris laetitia §259.
8 Amoris laetitia §292.
9 Amoris laetitia §316.
10 Images tirées de l’article Wikipédia «Louis et Zélie Martin»: Louis et Zélie Martin – Wikipédia (wikipedia.org)
11 Amoris laetitia §325.

Mon Eglise ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte-Claire (FR), octobre-novembre 2021

PAR L’ABBÉ DARIUSZ KAPINSKI
PHOTO : DR

Cette question me renvoie d’abord à mon enfance et à mes premiers sentiments liés au bâtiment le plus impressionnant de ma petite ville natale et ses alentours sacrés; aux pratiques religieuses de mes chers parents, auxquelles nous – les enfants – étions progressivement initiés; à une longue liste des merveilleux témoins de la foi, prêtres et fidèles; à l’exceptionnelle période de mes 15-19 ans avec la participation aux mouvements de l’Eglise bien-aimée, pleine de retraites spirituelles pour les jeunes et de pèlerinages à pied vers Notre-Dame de Jasna Gora…

Parler de l’Eglise, comme communauté des hommes et des femmes en chemin vers Dieu, c’est voir d’abord son fondateur et son cœur, le Christ. Il n’y a ni compréhension, ni appréciation de l’Eglise sans ouverture au Seigneur Jésus, sans adhésion à lui.

Le Christ me passionne, son évangile me porte, dirige mon existence et me remplit d’espérance. Son Eglise m’épaule et permet de réaliser chaque jour la volonté du Seigneur ; elle me donne des ailes et me relève quand je tombe.

Mon Eglise ? C’est une histoire d’amour…

J’aime l’Eglise confiante au Christ, comme un enfant.

J’aime l’Eglise qui proclame le salut de l’homme, qui croit en l’homme… J’aime l’Eglise qui ne s’adapte pas au monde mais au Christ qui aime le monde. J’aime l’Eglise des Actes des Apôtres, armée et riche des pauvres, humble, éprouvée et persécutée…, sans privilèges.

J’aime l’Eglise une, coloriée comme l’automne, riche en diversités selon les continents et les pays; œcuménique. J’aime l’Eglise sainte par la présence de Dieu, envoyée à tous, missionnaire et solidaire, l’Eglise des frères et sœurs.

J’aime l’Eglise qui dérange au milieu de la nuit, quand on devient plat et passif. J’aime l’Eglise qui éveille à la liberté et appelle ad maiora; qui met en face de choix difficiles et qui montre le chemin.

Jésus, j’aime très fort ton Eglise !

Cathoguesser, une application made in Monthey

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Le projet Cathoguesser est né il y a presque deux ans. Cette application a l’originalité d’être un quizz sur la foi et la culture chrétienne, et d’être entièrement réalisé par des jeunes. Son application pour smartphone sortira prochainement.

PAR CÉLINE SALLIN
LOGO : JULES JORIS

« Quel Suisse a fondé la communauté de Taizé ? », « qui est le père des trois religions monothéistes ? » Vous connaissez les réponses ? Vous serez redoutables en jouant à Cathoguesser ! C’est ce genre de questions que nous avons trouvées sur la Bible, la foi et la religion chrétienne.

Cathoguesser, c’est donc une application ludique pour smartphone qui pose des questions à choix multiples et, pour certaines de ces questions, vous trouvez une courte explication pour enrichir vos connaissances. J’ai imaginé ce projet car j’ai constaté que beaucoup de jeunes dans les transports en commun étaient plantés sur leurs téléphones. Un jeu sur natel, c’est donc un bon moyen de les atteindre et de lancer une discussion sur la religion. Cela dit, comme l’un des jeunes de mon équipe me l’a fait remarquer, il y a aussi parmi les personnes plus âgées une tendance à utiliser les tablettes et les ordinateurs. C’est pourquoi l’application devrait convaincre les personnes de tout âge !

Un team

J’ai appelé des jeunes que j’ai connus dans divers contextes paroissiaux (Montée Vers Pâques, témoignages lors de matinées des religions, Relais XXL, Alphalive). Yaëlle, Samuel, Joël, Thomas, Mauro, Jules et Dessy ont répondu présents et motivés ! C’est aussi l’occasion pour nous de creuser notre foi et de chercher des réponses à des questions qu’on se pose, de fouiller la Bible, etc.

Nous sommes donc huit jeunes motivés, âgés de 17 à 24 ans, à avoir collaboré à la réalisation de cette application. Nous avons pris deux ans pour réunir plus de 400 questions, réponses et explications, développer la partie technique et informatique, se trouver un nom et un logo. Et nous voici bientôt prêts à vous présenter Cathoguesser. Nous sommes très heureux de pouvoir présenter prochainement au grand public cette application, concrétisation matérielle d’un rêve un peu fou.

Le jeu

Le jeu se subdivise en plusieurs catégories de questions : La Bible, fête et vie chrétienne, christianisme au fil du temps, personnalités et saints chrétiens, tour du monde (lieux de pèlerinage ou monuments religieux), actualités (personnalités, événements récents). A chaque fois, quatre propositions de réponses et ensuite une petite explication permettent d’enrichir les connaissances de chacun. Un jeu donc idéal pour se détendre dans le train ou en groupe lors d’une soirée chrétienne.

Alors si tu es jeune ou moins jeune, que tu te poses des questions sur la foi catholique, que tu veux en apprendre un peu plus sur la Bible, les personnalités chrétiennes et sur les actualités cathos ou que par curiosité tu veux voir de quoi est capable une équipe de jeunes cathos motivés, Cathoguesser est pour toi ! Ça sort bientôt.

Prière pour aimer l’Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

PAR JEAN SAUVENAY | PHOTO : MARIE-FRANÇOISE SALAMIN

Nous te prions, Seigneur, pour ton Eglise,
et pour chacun de nous
qui composons cette Eglise.

Aide-nous à l’aimer telle qu’elle est,
dans ses grandeurs et dans ses faiblesses.
Aide-nous à reconnaître son unité
dans les mille visages de ton peuple.
Aide-nous à surmonter les divisions,
à éviter les jugements hâtifs
et à bannir les caricatures.
Aide-nous à découvrir, au-delà des apparences,
l’immense réseau des saintetés cachées,
qui sont les pierres vivantes de l’Eglise.

Puisse ton Eglise retrouver
la fraîcheur et la force dont elle a besoin
pour annoncer l’Evangile aujourd’hui.
Qu’en renforçant les liens de l’unité
entre les évêques, les prêtres et les laïcs,
elle renforce aussi l’Espérance.

Qu’elle apparaisse aux yeux de tous
comme une porte ouverte et une source de vie.
Qu’elle soit toujours davantage
l’Eglise des pauvres et des saints.
Nous te le demandons par Marie, mère de l’Eglise.

Amen

De Lyon à Sierre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

Après avoir terminé une année de formation à Lyon au sein de l’Ecole Pierre (école créative pour les jeunes au service de l’Eglise), Laura Pellaud est de retour chez elle. Enfin pas tout à fait: la native d’Ovronnaz habite désormais à Sierre pour remplacer une partie du travail de Raphaël Delaloye. Rencontre.

TEXTE ET PHOTO PAR YVES CRETTAZ

Yves : Peux-tu te présenter en quelques mots…

Laura : Je m’appelle Laura, j’ai vingt et un ans et je suis actuellement à 60% en stage à la paroisse de Sierre comme animatrice pastorale. Je suis partie étudier à Lyon mais avant cela, j’étais très engagée du côté de la paroisse de Fully. J’ai notamment bien collaboré pour « les journées de la joie ». Un concept simple mais tellement profond qui consistait à aller passer du temps avec les requérants d’asile aux Mayens-de-Chamoson. J’apprécie tellement ces moments.

Peux-tu te décrire en trois adjectifs ?

Aventurière, dynamique et (elle réfléchit)… drôle. J’aime tellement rigoler et faire des blagues !

Pourquoi es-tu partie étudier à Lyon ?

Mon côté aventurière a pris le dessus au moment du choix. Je travaillais dans un EMS et avec ce COVID-19, c’était très très dur. J’avais envie de changer d’air. De plus, j’aime tellement mon Eglise et je voulais la découvrir autrement. J’ai donc opté pour cette école créative au service de Dieu. Une année de formation en théologie, communication, management, photo et vidéo, gestion de projets, musique et louange… Bref, une année riche et incroyable !

Que retiens-tu de cette expérience française ?

Wahou ! Wahou ! C’était fou ! Tu sais, l’Eglise est universelle. Elle est faite d’une multitude de gens différents mais qui ont tous quelque chose à apporter. Que ce soit en Valais ou ailleurs, chacun a une place dans cette belle Eglise. Il faut juste oser prendre sa place ! Chacun-e est le/la bienvenu-e.

As-tu un conseil à donner aux jeunes de la région ?

J’ai appris beaucoup de choses à Lyon mais une m’a particulièrement touchée : par exemple, on ne doit pas animer une messe pour la reconnaissance : ce n’est pas important de savoir qui chante ou qui a écrit les partitions. Le plus important est de savoir de qui ça parle !

Un mot pour conclure ?

L’Eglise doit avancer avec son temps. Mais attention à ne pas oublier les personnes qui ont construit cette Eglise, année après année. Elles ont donné énormément de leur personne pour qu’elle avance, il faut donc veiller à ne pas détruire cela ! On doit continuer ce beau travail. Les jeunes ont une place à prendre dans cette Eglise mais il ne faut pas piquer celle des plus anciens. Je pense que si on mélange les différents âges, ça fera un très bon cocktail. L’Eglise a encore de belles années devant elle avec ce mode de fonctionnement, je pense… du moins je l’espère.

Bienvenue… !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

Quel plaisir et quelle joie de vous présenter dans ces pages les trois nouvelles venues. Sœurs de Saint Maurice, elles quittent le beau lieu de La Pelouse sur Bex, où vit leur communauté-mère, pour venir prendre part à la vie de notre secteur en s’installant au Prieuré de Vétroz.
Nous leur souhaitons la bienvenue et nous nous réjouissons de les rencontrer dans nos villages et dans nos rues.

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : SŒURS DE LA PELOUSE

Soeur Anne-Margrit Keist

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Sœur Anne-Margrit Keist. Originaire de la Suisse centrale, notre famille a émigré à Spiez, dans l’Oberland bernois. Dans notre vieille boulangerie louée il y avait de la place pour nos parents, les six enfants et tous nos collaborateurs. C’était une maison en bois, pleine de vie, qui sentait bon le pain frais !

Il fallait bien aller apprendre le français – j’ai abouti dans le Bas-Valais. J’y ai découvert les Sœurs de Saint-Maurice et à 21 ans, je suis revenue et j’ai été accueillie dans la communauté comme postulante.

Maintenant j’ai 75 ans, ma vie est déjà longue, elle fut remplie et heureuse. Si vous désirez en savoir plus, vous êtes invité.e à venir échanger autour d’une tasse de café dans le Prieuré de Vétroz où notre petite Communauté vient d’être accueillie. Je me réjouis de faire votre connaissance, de découvrir votre visage, d’accueillir votre partage.

Avec toute ma joie.

Bonjour,

Je m’appelle Sœur Isabelle-Marie Gollut, je suis née à Massongex et je suis la dernière d’une famille de six enfants. J’ai fait un apprentissage de couturière et d’infirmière assistante avant d’être religieuse, et ensuite j’ai fait la formation aux ministères en Eglise (FAME) en catéchèse et catéchèse spécialisée. La vie religieuse m’a ouverte à beaucoup de domaines que je n’aurais sûrement pas exercés autrement.

J’ai eu la joie de servir la communauté à la clinique Saint-Amé, à La Pelouse, à Lausanne et dernièrement au Castel Notre-Dame à Martigny, ainsi que dans différents services en Eglise, à Bex, à Monthey et sur Lausanne.

Anecdote : une visite surprise qui devient un rendez-vous régulier : un soir, j’avais oublié de fermer la porte de ma chambre et je m’apprêtais à aller me coucher. Je vois la poignée de la porte qui se baisse et un des résidents ouvrir, me regarder, me sourire et me dire : « Ah ! Oui, tu es de la famille ! On habite le même appartement ». Je mets mes souliers et je le raccompagne gentiment dans sa chambre. Dans l’ascenseur, il se regarde dans le miroir et dit : « Adieu, papa, il faudra qu’on se parle ; j’ai quelques affaires à discuter avec toi ! »

Pendant mes loisirs, j’aime bien aller marcher ou faire du vélo, être au bord d’un ruisseau dans le silence, rencontrer mes amis, ma famille, faire de la couture, prendre du temps simplement.

Pour notre communauté je souhaite que notre maison soit un lieu d’accueil où chacun se trouve bien et heureux. Pour les paroissien.ne.s, je me réjouis de faire leur connaissance, de partager ce qui les fait vivre, de faire un bout de chemin avec eux, heureux de vivre ensemble de nouvelles expériences de vie et de découvrir la richesse, la beauté, l’histoire de cette belle contrée dans les vignes.

Soeur Isabelle-Marie Gollut
Soeur Nicole Lechanteur

Je m’appelle Nicole Lechanteur. Originaire de Belgique, en région liégeoise, j’ai été institutrice avant de me lancer dans diverses animations chrétiennes (animation de Camp-Prières, Ecole de prière, Café Chrétien, Sessions bibliques). Théologienne et bibliste, j’ai travaillé comme assistante paroissiale puis dans la formation. J’y ai expérimenté la joie et la force de se mettre à l’écoute de la Parole.

En 2015, je me suis sentie appelée au sein de la Communauté des Sœurs de Saint-Maurice. J’y ai reconnu une communauté façonnée par le Christ et sa Parole, une communauté priante, une communauté ouverte au monde, signe et témoin de l’Amour de Dieu, une communauté fraternelle vivant un réel compagnonnage dans le quotidien. Voilà ce qui m’a appelée ! C’est aussi ce que je désire vivre ! Je viens d’y faire mes premiers vœux.

Je souhaite me mettre à l’écoute des attentes des hommes et femmes du « Secteur des Coteaux du Soleil », cheminer, faire route avec celles et ceux qui le désirent. Je souhaite aussi faire goûter la force de la Parole de Dieu, de la foi et la grâce de vivre une vie de relation avec notre Dieu et avec nos frères et sœurs dans le Christ. Je suis appelée à rejoindre les personnes éprouvées par un deuil et à accueillir les nouveaux arrivants : porter avec elles, avec eux, leurs peines, leurs espérances et leurs joies ; accueillir leurs désirs et leurs attentes…

Pendant mes loisirs, j’aime marcher et contempler la nature, me ressourcer, vivre des moments de convivialité…

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : MP

Voilà un thème qui invite à la rencontre. En effet, raconter implique au minimum deux personnes, l’une qui relate et l’autre qui écoute. A travers ces lignes, je me permets de vous partager, de vous raconter mon Eglise, mais plutôt mon Eglise rêvée.

Je rêve d’une Eglise libre et joyeuse, ouverte aux messages de l’Evangile et guidée par l’Esprit Saint. Elle s’articule autour d’une communauté, car l’Eglise, ce sont les hommes et femmes de ce temps. Elle a leur visage et leur sourire. Elle est solidaire et accueille chacun et chacune dans sa réalité de vie. Elle donne envie de partager, de se rencontrer, de vivre dans un esprit de communauté et a le souci des uns et des autres. Les moments conviviaux sont partagés à la sortie d’une célébration, dans la rue, dans les maisons. La bienveillance, l’accueil, l’écoute et la disponibilité sont ses fondations. Chacun et chacune est artisan de paix dans son lieu de vie. Ils sont ainsi le petit grain de sel qui va donner de la saveur à la vie des autres.

Mon Eglise rêvée, c’est vous et moi, ensemble pour réfléchir, prier, célébrer et construire dans le respect de chacun, chacune. Tous nourris de la Parole et de l’Eucharistie s’ajustant toujours mieux à l’exemple d’Amour du Christ.

Il est facile de rêver, parfois le chemin de la réalité est plus sinueux mais avec la Foi, l’Espérance et la Joie tout reste possible.

Alors bienvenus, bienvenues, prenez place et racontez-moi aussi votre Eglise !

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

PAR VÉRONIQUE DENIS | PHOTOS : JULIEN VERGÈRE ET PIERRE-YVES MAILLARD

Selon la définition du dictionnaire, raconter signifie « faire le récit d’une histoire ou relater les faits » ! Loin de moi l’idée de retracer l’histoire de l’Eglise qui dure depuis plus de 2000 ans.

J’aimerais plutôt nous inviter à nous arrêter au présent et à nous projeter sur l’avenir.

L’Eglise d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Mais faut-il s’en émouvoir ? ou s’en réjouir ?

Pour ma part, j’y vois plutôt un signe d’espérance, ouvert sur l’avenir.

Car le Christ n’abandonnera jamais son Eglise. Ce que nous vivons en ce moment, est certes difficile et la situation du COVID ne joue pas en notre faveur. Et l’apôtre Pierre nous invite à garder confiance : « Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1P 2, 9)

L’Eglise, mon Eglise, votre Eglise est le reflet de ce que je veux et peux offrir. Je ne vais pas énumérer la longue litanie des manques ou des critiques qu’on relate malheureusement trop souvent. Je nous invite à raconter les signes positifs : les parents qui s’engagent dans le cheminement de la foi de leurs enfants, les anciens qui veillent et prient pour les plus jeunes, des jeunes qui misent tout sur le Christ, des couples qui font le pari de la fidélité, des paroissiens qui s’engagent pour embellir nos églises, nos chapelles, animer nos célébrations avec les chants et la musique, aider les prêtres dans le service de l’autel, veiller sur les plus fragiles et les plus faibles, visiter les malades et leur offrir le Pain de vie, proclamer les lectures, les laïcs engagés et les prêtres du secteur qui portent le souci de l’unité et accompagnent chaque baptisé dans leur cheminement spirituel, …

Chacune et chacun peut continuer cette énumération et il faudrait plus qu’une page pour raconter tout ce qui est vécu.

Rendons grâce à Dieu pour notre Eglise et demandons au Christ le courage pour continuer sa mission. Avec la force de l’Esprit Saint, notre témoignage débordera ainsi en torrent de lumière.

Collombey-le-Grand: la chapelle Notre-Dame des Sept-Joies

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Nous poursuivons notre série historique et architecturale par la visite de deux chapelles; celle de Notre-Dame des Sept-Joies à Collombey-le-Grand et celle de Saint-Bernard de Mont-Joux à Illarsaz.

PAR PATRICK ELSIG 1 , ADAPTÉ PAR L’ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH | PHOTOS : ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH

Les relevés cadastraux et les sources d’archive ne mentionnant aucun édifice antérieur, il semble que cette chapelle ait été construite ex nihilo. C’est donc en 1847 que la première pierre est posée mais d’importantes inondations repoussent le travail de plusieurs années. La date de 1855, qui timbre la clé de l’encadrement de l’entrée (réalisé en calcaire de Collombey tout comme la croix de mission à l’extérieur) rappelle la construction du gros oeuvre. La charpente est levée en juillet 1857 et l’édifice doit probablement être terminé vers la fin de cette année qui voit le paiement de la plupart des grosses dépenses.

Relevons le nom local de Michel Joseph Vanay pour la réalisation de la charpente. La chapelle est consacrée le 13 novembre 1866, jour de la fête de Notre-Dame des Sept-Joies. Cette fête fut instituée par l’évêque Walter Supersaxo pour commémorer la victoire de la Planta (13 novembre 1475). Ce vocable fait aussi écho, à la même époque, à Notre-Dame des Neiges, à Muraz, qui s’appelait alors Notre-Dame des Sept-Douleurs. Une manière spirituelle pour Collombey de répondre à Muraz ? Peut-être. En tout cas une manière politique pour la paroisse bas-valaisanne de dire à l’évêque de Sion sa loyauté dans un contexte national tendu !

A l’intérieur de la chapelle, les deux saints latéraux du retable sont étonnamment sans attributs. On peut donc tout imaginer. Un homme et une femme anonyme, ce peut être tout le monde dans la grande foule des amis de Dieu. A gauche un saint de 62 cm et à droite une sainte de 64 cm. Tous deux sont placés devant un fond bleu terminé par une coquille qui leur sert d’auréole. Le tableau central peint à l’huile sur toile représente l’Immaculée Conception de Marie. Il est signé Emmanuel Chapelet et date de 1858, soit l’année des apparitions de Marie à Lourdes qui s’est fait justement connaître comme l’Immaculée Conception (« Que soy era Immaculada Councepciou »).

1 Patrick Elsig, « Les monuments d’art et d’histoire du canton du Valais, tome VII, le district de Monthey », 2015, Société d’histoire de l’art en Suisse SHAS, Berne

« Raconte-moi ton Eglise »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

TEXTE ET PHOTOS PAR PIERRE ANÇAY

Lorsque l’on m’a proposé de «raconter mon Eglise» pour L’Essentiel, j’ai hésité quelque peu avant d’y répondre. Que pourrais-je bien dire ? Il ne s’agissait, bien entendu, pas de décrire l’édifice où nous autres chrétiens célébrons le culte, mais plutôt de «raconter mon Eglise» dans son sens premier que l’on retrouve dans le christianisme, soit «l’Institution rassemblant l’ensemble des chrétiens en communion avec le Pape et les évêques».

Ainsi, comme pour beaucoup, « mon Eglise » est d’abord « l’église paroissiale » où se vivent concrètement tous les faits, les gestes, les cérémonies liées à notre vie chrétienne. Au fil des ans, en plus des messes dominicales et de semaine notamment lorsque nous étions désignés pour servir la messe, c’est à l’église paroissiale que nous avons reçu les différents sacrements, en premier celui du baptême.

De toutes ces cérémonies, je me souviens tout particulièrement du jour de ma première communion où nous sommes descendus en rang par deux, de la cour de l’école jusqu’à l’église, d’abord le groupe des filles « encadrées » par des institutrices suivi du groupe des garçons tous munis d’un brassard blanc sur la manche gauche du costume. L’après-midi de ce même jour, nous nous sommes retrouvés à l’église pour la consécration à Marie à qui nous chantions, en levant nos bouquets de fleurs, l’inoubliable cantique : « Vierge Marie, je te confie mon cœur ici-bas. Prends ma couronne, je te la donne, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras ! »

C’est à l’église qu’aujourd’hui encore la communauté paroissiale se retrouve pour les messes, les fêtes ponctuant l’année liturgique, les ensevelissements et autres rencontres ou célébrations religieuses.

Finalement, c’est dans et par cette « église paroissiale », que petit à petit s’est « conscientisée » mon intégration et ma participation à cette « Eglise universelle » qui, comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Ephésiens 1 : « Dieu a établi le Christ au-dessus de tout être céleste… Il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps, et l’Eglise, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude… »

Aussi, arrivé à l’automne de ma vie, je ne saurais assez dire ma « reconnaissance » à « l’église de ma paroisse » ainsi qu’à toutes les personnes qui l’ont servie au cours
du temps. Oui, vraiment merci pour tout ce qui a été fait pour moi et pour nous tous « dans » et « par » cette « Eglise paroissiale et universelle qui est le Corps du Christ » !

«Pas à pas…»

PAR JANIE LUISIER
PHOTO : VÉRONIQUE DENIS

A l’image d’un pèlerin décidé, je vis mon Eglise avec cette volonté d’avancer, mais aussi avec cette vulnérabilité qui me pousse à me placer humblement sous le regard de Dieu. En Père attentif et aimant, respectant toujours ma liberté et mes choix, Il pose sur mon chemin des jalons : l’adoration hebdomadaire, la prière des mères, la Vierge Pèlerine, des témoins qui ont vécu concrètement leur foi en laissant à Dieu les commandes de leur vie… Aussi, j’aimerais vous partager un message de sainte Teresa de Calcutta qui m’encourage à toujours mieux le connaître, à l’inviter dans mon quotidien, avec la volonté de lui faire plaisir dans le service et la prière :

« Nous pouvons certes passer du temps à la chapelle… mais avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres, mais pour l’avoir hébergé dans votre cœur ?… Demandez-en la grâce. Il a l’ardent désir de vous la donner… Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous. »

Mon Eglise…

TEXTE ET PHOTO PAR VIRGINIA DA SILVA

Mon Eglise est l’écoute, le partage, l’ouverture et le service à l’autre.

Je ne peux pas vivre ma foi sans ces éléments. Elle est, dans ma vie, une source de force, d’écoute et en même temps de refuge dans les moments difficiles. A mon arrivée en Suisse, les premières personnes à me tendre la main étaient des fidèles paroissiennes de Saxon. A ce moment-là, je me suis reconnue dans cette Eglise. Depuis, je travaille pour que l’on aille de plus en plus vers l’autre.

Malheureusement, en Eglise, on est souvent dans le faire et pas dans l’être. On veut tellement accomplir les tâches qui nous sont demandées que l’on oublie le contact humain. Et pourtant il n’y a pas besoin de grand-chose, quelquefois un simple sourire. Avec le COVID, on s’est retrouvés à l’entrée de nos églises. Pour ma part, quelle chance ! j’ai pu échanger avec les gens, les accueillir, pour finalement avoir la meilleure des récompenses : une personne qui me dit : « Quel bonheur de se sentir accueilli avec ce grand sourire. » Eh oui… cela suffit de montrer que l’on est là pour accueillir, accompagner, partager et laisser la place à l’autre. C’est ce que on a fait avec moi « l’étrangère ».

La devise de ma vie est : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

Chaque personne que je rencontre est le visage du Seigneur. Seulement ainsi, je peux vivre mon Eglise en accord avec le plus profond de moi-même.

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