Catherine de Sienne

« Ne vous contentez pas de peu, Dieu attend beaucoup de vous ! » Cette exhortation vient de Catherine de Sienne et elle semble avoir été écrite sur mesure pour sa vie !
Catherine de Sienne s’est immiscée dans la politique ecclésiastique et a changé le cours de l’histoire.

Par Paul Martone | Photo : DR

« Ne vous contentez pas de peu, Dieu attend beaucoup de vous ! » Cette exhortation vient de Catherine de Sienne et elle semble avoir été écrite sur mesure pour sa vie ! Elle fait partie des femmes exceptionnelles de l’Eglise catholique : elle s’est immiscée dans la politique ecclésiastique, a exhorté papes et rois et a ainsi changé le cours de l’histoire. Ce n’est pas un hasard si elle a été élevée au rang de docteur de l’Eglise en 1970 et qu’elle compte ainsi parmi les quatre femmes des 38 docteurs de l’Eglise. 

Contre la décadence de l’Eglise

Caterina Benincasa est née en 1347 à Sienne. Lorsque ses parents sévères voulurent la marier à l’âge de 12 ans, elle s’opposa avec succès à ce projet. En 1363, elle devint membre du Tiers-Ordre de Saint Dominique. A une époque marquée par les meurtres, la haine et la guerre civile, elle se sentit appelée par Dieu à s’engager énergiquement contre la décadence de l’Eglise et en faveur de réformes. Elle n’hésita pas à s’exprimer en termes clairs. « Ce que le Christ a acquis sur la croix est gaspillé avec des prostituées », telle était sa critique sans équivoque du déclin moral du clergé. 

Même les évêques n’étaient pas épargnés : « Dans le jardin de l’Eglise, les plantes pourries doivent être arrachées et remplacées par des plantes fraîches et parfumées. » De tels propos provocateurs étaient très inhabituels pour une femme, à l’époque, et étaient considérés avec méfiance par les hommes. Mais Catherine a su convaincre : elle a été autorisée à prêcher et publier officiellement. En 1375, elle a reçu les stigmates du Christ.

Depuis 1309, les papes résidaient « en exil » à Avignon. Finalement, Grégoire XI envisagea de retourner à Rome. Pour le conforter et le soutenir dans sa décision, Catherine écrivit : « Ne soyez pas un nourrisson craintif, mais un homme. » En 1377, le Pape retourna à Rome. Un an plus tard, Catherine s’installa à Rome, où elle réclama des réformes de l’Eglise, qui ne furent cependant jamais vraiment mises en œuvre par le Pape. Catherine mourut à Rome le 29 avril 1380, fut canonisée en 1461 et nommée sainte patronne de l’Europe en 1999. Sa fête est célébrée le 29 avril.

La saison des asperges

Traditionnellement, les asperges sont récoltées en avril dans nos pays. Mais, si le verbe « asperger » et le légume « asperge » partagent la même écriture, ils n’ont pas la même origine étymologique.
Quand les bienfaits de l’asperge et de l’aspersion (selon saint Augustin) se retrouvent par-delà l’étymologie…

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Traditionnellement, les asperges sont récoltées en avril dans nos pays. Mais, si le verbe « asperger » et le légume « asperge » partagent la même écriture, ils n’ont pas la même origine étymologique.

• « Asperger » vient du latin « aspergere » qui signifie « saupoudrer », « répandre ».

• « Asperge » vient du latin « asparagus » qui désigne une jeune pousse et plus directement ce légume.

Mais, au-delà de leur orthographe similaire, « asperger » et « asperge » nous apportent de nombreux bienfaits ; c’est là leur trait commun.

Le naturel et le spirituel

Chez saint Augustin, l’acte d’asperger ou l’aspersion (aspersio) n’est pas traité comme un rite autonome, mais comme une purification étroitement liée au baptême, à la grâce de Dieu. 

Les bienfaits de l’aspersion résident dans sa signification spirituelle : elle rappelle que Dieu purifie, mais pas l’homme ; elle renvoie à la grâce baptismale ; elle invite à la conversion intérieure ; elle enseigne l’humilité.

L’asperge est un légume aux nombreux bienfaits nutritionnels et médicaux, reconnu pour ses effets positifs sur l’organisme. 

Elle est riche en vitamines et minéraux essentiels et contient notamment : des vitamines du groupe B (B1, B2, B9) ; de la vitamine C, antioxydante ; de la vitamine K, importante pour la coagulation sanguine et la santé osseuse ; des minéraux comme le potassium, le phosphore et le magnésium.

L’asperge est connue pour ses propriétés diurétiques, favorisant l’élimination de l’eau et des déchets par les reins, ce qui contribue au bon fonctionnement du système urinaire. 

Grâce à sa teneur élevée en fibres alimentaires, l’asperge améliore le transit intestinal et prévient la constipation. 

L’asperge contient des antioxydants. Ces composés contribuent à protéger les cellules contre le vieillissement prématuré et peuvent réduire le risque de certaines maladies chroniques.

Des sources de bienfaits

Grâce à sa richesse en potassium et en folates (vitamine B9), l’asperge participe à la régulation de la pression artérielle et à la réduction du taux d’homocystéine, un facteur de risque cardiovasculaire contribuant ainsi à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.

L’asperge est une excellente source de folates, indispensables au développement du système nerveux du fœtus, prévenant certaines malformations congénitales.

L’asperge est un légume complet, à la fois léger, nutritif et protecteur pour la santé. Intégrée régulièrement dans l’alimentation, elle contribue au bon fonctionnement de nombreux systèmes de l’organisme, tout en apportant saveur et variété aux repas.

Etre aspergé selon saint Augustin et manger des asperges nous procurent de tels bienfaits qu’il serait donc dommage de nous en priver !

Alexandre Ineichen : artisan d’unité

Une journée d’hiver comme les autres à Saint-Maurice. Le soleil qui illumine de ses rayons les sommets enneigés ne semble pas atteindre l’imposante abbaye vieille de plus de 1500 ans. Vêtu de la traditionnelle soutane noire, ayant troqué le rochet blanc pour la croix pectorale, le chanoine Alexandre Ineichen avance à ma rencontre. Le nouveau Père-Abbé a reçu la bénédiction abbatiale le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph.
L’Abbé est le visage de la communauté à l’extérieur.

Une journée d’hiver comme les autres à Saint-Maurice. Le soleil qui illumine de ses rayons les sommets enneigés ne semble pas atteindre l’imposante abbaye vieille de plus de 1500 ans. Vêtu de la traditionnelle soutane noire, ayant troqué le rochet blanc pour la croix pectorale, le chanoine Alexandre Ineichen avance à ma rencontre. Le nouveau Père-Abbé a reçu la bénédiction abbatiale le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph.

Par Véronique Benz | Photos : Olivier Roduit

Né en 1967 à Berne, Alexandre Ineichen a vécu toute sa jeunesse dans le Chablais, entre Monthey et Ollon. Il est originaire de Suisse allemande par son papa et du Gros-de-Vaud par sa maman.

Détendu, d’aspect jovial, il parle ouvertement. A sa manière de s’exprimer, on devine l’ancien enseignant et à sa façon de soupeser les mots le recteur fraîchement retraité.

Alexandre Ineichen a fait ses études à Saint-Maurice. « Mes parents étaient catholiques, j’ai fait ma première communion et ma confirmation, mais c’est à l’adolescence que j’ai redécouvert la foi en Jésus Christ. Deux questions m’habitaient : devenir religieux et me mettre au service de l’Eglise. » Pour répondre à cet appel du Seigneur, il cherche un peu partout pour finalement réaliser que tout était là sous ses yeux. « Les chanoines de Saint-Maurice ont la particularité, ce ne sont pas les seuls, d’associer ce double aspect de vie religieuse et de vie sacerdotale. Nous vivons au sein d’une communauté tout en nous engageant au service de l’Eglise comme prêtre. » 

En 1988, sa maturité en poche, Alexandre Ineichen entre au noviciat chez les chanoines de Saint-Maurice. Il prononce ses premiers vœux en 1989 et est ordonné prêtre le 21 mai 1994.
Il étudie la théologie, les mathématiques et la physique à l’Université de Fribourg. A partir de 1996, il commence à enseigner au collège de l’Abbaye les maths, la physique, l’éthique et la culture religieuse. Il a travaillé quelque temps à l’internat, puis il fut prorecteur et recteur depuis 2007. 

Alexandre Ineichen est un chanoine heureux. « La prière et l’étude remplissent une existence, même s’il y a parfois des hauts et des bas. Puis il y a l’apostolat dans lequel nous avons beaucoup de joies : mariages, baptêmes, etc. Pour moi, il fut également réjouissant de participer à la vie du collège. » Le chanoine relève que dans cette vie apostolique, il y a des échecs. « Nous aimerions faire mieux, différemment. Il faut reconnaître que c’est souvent les rapports humains qui sont compliqués. » Pour Alexandre Ineichen, c’est justement au cœur des difficultés que nous trouvons quelque chose d’enrichissant.

L’Abbé, un artisan d’unité

Quel est le rôle de l’Abbé ? « Il s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Un autre élément essentiel : l’Abbé fait l’unité. L’abbaye est à la fois un lieu de vie, un lieu de prière et une PME. » L’Abbé Ineichen doit créer des liens entre toutes ces réalités. Il est également le visage de la communauté à l’extérieur. 

Alexandre Ineichen avoue ne pas être un révolutionnaire dans l’âme. « Pour moi le plus important est de réussir à amener chaque membre de la communauté, les gens qui travaillent avec nous et ceux qui viennent nous rencontrer, à s’épanouir. Je ne suis pas Abbé pour dire ce qu’il faut faire, mais plutôt pour susciter les charismes et surtout pour permettre à chacun de développer ce qu’il est réellement. C’est la fameuse phrase d’Augustin : « Deviens ce que tu es. » L’Abbé doit être le facilitateur de cette expression-là. » 

Bâtir l’unité dans la confiance, voilà le challenge du nouvel Abbé de Saint-Maurice.

Rome a confirmé le 31 octobre 2025 l’élection du chanoine Alexandre Ineichen comme nouvel Abbé de Saint-Maurice.

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Mes meilleurs souvenirs d’enfance sont les vacances chez ma grand-maman dans le Gros-de-Vaud. 

Votre moment préféré de la journée ?

Je suis un lève-tôt. J’apprécie ce moment, tôt le matin, où tout est calme et paisible.

Votre principal trait de caractère ?

Je pense que c’est la fidélité, la loyauté.

Votre livre préféré ?

Je lis énormément. J’aime me perdre dans les grands récits classiques comme Dostoïevski ou Soljenitsyne.

Une personne qui vous inspire ?

Emmanuel Levinas que j’ai eu comme professeur à l’université ainsi que certains chanoines que j’ai eus comme enseignants ou confrères. 

Votre prière préférée ?

L’Office divin est la prière par excellence. Chaque jour, je découvre les psaumes. Je trouve qu’ils ont une richesse et une profondeur très importantes.

En librairie – avril 2026

Ouvrir l’Ancien Testament avec Herbert Marks, c’est se préparer à un voyage savoureux et à bien des surprises : la Bible est un rouleau à déployer au risque des paradoxes et des interrogations qui la traversent, en expriment la richesse et obligent à une redécouverte permanente.

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Ouvertures bibliques
Herbert Marks

Ouvrir l’Ancien Testament avec Herbert Marks, c’est se préparer à un voyage savoureux et à bien des surprises : la Bible est un rouleau à déployer au risque des paradoxes et des interrogations qui la traversent, en expriment la richesse et obligent à une redécouverte permanente. Plus que tout autre, elle est un livre à arpenter, à lire et à relire. Herbert Marks manifeste dans ces pages qu’il est aujourd’hui l’un des meilleurs exégètes de l’Ecriture. Il nous fait aborder les rivages de l’Ancien Testament, livre par livre, en s’attachant aux figures qui en dessinent la trame et en nourrissent l’intrigue. Sous sa plume, les hommes et les femmes, patriarches et prophètes, prennent vie pour devenir nos compagnons de route.

Editions Loyola

Acheter pour 36.00 CHF

Témoins de l’Espérance
Benoît de Blanpré avec Thomas Oswald

Dans de nombreux pays, des chrétiens célèbrent l’eucharistie, prient et confessent le Christ au péril de leur vie. Malgré des conditions terribles, les Eglises qui sont frappées par la persécution font preuve d’une extraordinaire vitalité. Les auteurs nous invitent à la rencontre de ces témoins cachés qui vivent l’Evangile au cœur du danger. Sans chercher l’héroïsme, ils demeurent fidèles au Christ et deviennent pour nous des exemples. Ce voyage bouleversant auprès des apôtres de notre temps rappelle que l’espérance chrétienne reste vivante et indestructible, particulièrement dans l’adversité.

Editions Artège

Acheter pour 29.30 CHF

Celles qui ont dit oui
Anne Céline Denis 

Chaque figure féminine est abordée sous l’angle de sa résilience humaine et de l’espérance de l’Alliance. De Sara à Marie, nous apprenons la résilience qui affronte le désert. Quand la vie quotidienne, la vie de couple, la vie de famille sont menacées, qu’en est-il des relations hommes-femmes ? Quelle espérance pour le couple d’Anne et Tobie quand Tobie devient aveugle ? Quelle issue pour la veuve de Sarepta condamnée à mourir de faim ? Au-delà de la résilience humaine, quelle était la source de leur espérance ? Enfin, celles qui ont dit oui nous permettent de relire le Magnificat d’une façon unifiée et renouvelée.

Editions Saint-Léger

Acheter pour 23.90 CHF

Ma première bible animée
Suzy Senior

Des récits de la Bible pour les enfants de trois ans et plus, avec de quoi faire jouer leurs petits doigts (soulever, toucher, déplacer, tourner…) pendant qu’ils entendent parler de Dieu le Père qui les a créés et les aiment, eux et le monde entier, et de Jésus son Fils venu les sauver. Une découverte de la Bible à travers des épisodes marquants, que l’enfant peut animer en tournant, soulevant ou déplaçant certains éléments.

Editions Pierre Téqui

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Apprends à lire!

Ah, la Bible, et ses milliers de pages qui narrent guerres, mariages, prières, constructions d’arche ou de temple… ou qui conjuguent la dénonciation par les prophètes de l’idolâtrie et de l’injustice au sein de sociétés humaines… par trop humaines !

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Ah, la Bible, et ses milliers de pages qui narrent guerres, mariages, prières, constructions d’arche ou de temple… ou qui conjuguent la dénonciation par les prophètes de l’idolâtrie et de l’injustice au sein de sociétés humaines… par trop humaines !

Ainsi résumée, la Bible semble être écrite pour aujourd’hui, non ? Le monde a-t-il changé ? Oui. Malgré les sirènes des pessimistes : aujourd’hui, on apprécie la poésie du récit de la Création en Genèse 1 car on sait que c’est un mythe fondateur et non pas une page scientifique ! On se délecte au gré des épisodes dignes de sagas sur Netflix avec Abraham, Isaac, Joseph – vies à rebondissements qui ont tout sauf l’exemplarité sertie au cœur… et pourtant, ils sont exemples de comment Dieu transperce de Son esprit les velléités humaines. On peut se sentir ému.e en priant avec le psalmiste les 150 « chants de David » – que moniales et moines du monde entier récitent fidèlement, et quotidiennement, tout comme les bons prêtres, bréviaire en main.

Il y a de l’humour – connaissez-vous le coup de schibbolet dans Juges 12, 4-6 ? ou l’ânesse qui parlait à son méchant de maître (Nombre 22) ? etc. – quand ce n’est pas Jésus lui-même qui prétend que le chameau (ou le cable… selon les traductions) ne passerait pas le chas d’une aiguille !

Il y a de l’amour familial, filial et amical – Abraham et Sarah, Joseph pour ses traîtres de frères, Jonathan et David, Esther et Judith pour leur peuple – quand ce n’est pas Paul qui se saigne aux quatre veines pour annoncer le Christ Vivant !

Il y a des contes – connaissez-vous le choix d’un roi par les arbres (Juges 9, 7-20) – et des généalogies interminables mais pleines d’enseignements pour qui sait décrypter. La Bible, c’est une septantaine de livres, des dizaines de styles littéraires, de l’hébreu et du grec ancien. Et deux Testaments : vivre du Second, pour nous chrétien.ne.s, implique de toujours mieux connaître le Premier dont Jésus s’est repu… littéralement !

Mon baptême, pourquoi et pour quoi?

Je m’appelle Sébastien Weilenmann, j’ai 25 ans et je vis depuis ma naissance ici, dans le bassin genevois. […] Français, Savoisiens, Anglais, révolutionnaires, monarchistes, impérialistes, immigrants des quatre coins du monde et j’en passe et des meilleurs, tous ont influencé et permis aux citoyens genevois de s’identifier ainsi aujourd’hui.
Sébastien, baptisé le 19 avril 2025 à Saint-Joseph.

Témoignage à la messe de la Chandeleur, 31 janvier 2026 à Saint-Joseph.

Par Sébastien Weilenmann | Photos : Chrystophe Rakotondranaivo

Je m’appelle Sébastien Weilenmann, j’ai 25 ans et je vis depuis ma naissance ici, dans le bassin genevois. […] Français, Savoisiens, Anglais, révolutionnaires, monarchistes, impérialistes, immigrants des quatre coins du monde et j’en passe et des meilleurs, tous ont influencé et permis aux citoyens genevois de s’identifier ainsi aujourd’hui. Rassurez-vous, je ne suis pas venu vous donner un cours d’Histoire. Mais si je m’adresse à vous aujourd’hui c’est parce que je suis, comme vous, arrivé dans ce monde, sur ces terres remplies d’Histoires qui nous échappent et qu’on oublie bien souvent.

Je me suis donc très souvent demandé, et cela me tracasse encore beaucoup aujourd’hui : « Mais pourquoi suis-je là ? Pourquoi moi ? Quel est le but de tout cela ? » Et puis, certainement comme beaucoup d’entre vous de la génération Z, j’ai grandi avec un téléphone dans la main, quand ce n’était pas une manette de Play ou de Wii !

J’ai également grandi avec Internet et donc eu un accès immense à l’information et au monde gigantesque des réseaux sociaux. 

Ce qui est sûr, c’est que mon cerveau ne s’est jamais réellement ennuyé car stimulé en permanence. Très tôt j’ai donc été touché par les guerres, les tragédies, les drames qui arrivent partout sur la planète. Bien que privilégié car disposant d’un toit, de nourriture abondante et de la possibilité de me divertir à souhait, il m’était impossible de me satisfaire de cette situation. En effet, à force de suivre de près ces parcours de stars, des sportifs d’élite, très vite millionnaires et célèbres, j’ai moi-même voulu en devenir une. Pour ce faire, j’ai joué au basket toute mon enfance dans l’espoir de devenir le nouveau Michael Jordan, mais cela n’a pas réussi. Ensuite je voulais devenir un trader riche et je n’ai pas été pris dans l’université prestigieuse à laquelle j’aspirais. Ce youtuber très connu, je voulais mener le même train de vie, voyager à travers le monde et vivre des expériences de fou ! Et puis je me suis lassé. J’ai même un jour voulu être président… Quelle idée…

Rarement cependant, je voulais être… moi-même.

C’était donc avec une forte déception, un état quasiment dépressif, nihiliste en tout cas, que je suis passé à l’âge adulte. Malheureux, me sentant bon à rien, presque aigri d’un monde où j’avais l’impression que rien ne me souriait, que rien n’était fait pour moi. J’enchainais soirées arrosées, conquêtes sans lendemain et surtout des heures devant ma Playstation, arrêtant le sport, m’abrutissant de substances néfastes.

Et puis un jour, lassé de ma médiocrité, secoué par la fille qui deviendra très vite ma copine, réveillé par son cœur pur, j’ai voulu trouver le chemin du bonheur, celui des Béatitudes.

C’est, par coïncidence, à ce moment-là que mon grand-père m’a tendu un livre, me disant : « Tiens, ce livre décrit les paraboles de Jésus, si tu l’aimes bien, alors je t’en passerai un autre. » […] Elles ont changé ma vie car pour la première fois je me suis penché sur la vie du Christ et son enseignement. J’ai pu lever la tête vers toutes les choses qui sont le fruit de la création du Divin. Cette communauté chrétienne qui a tant œuvré pour la paix, qui a tant enseigné et qui a permis à tant de personnes de vivre dans l’allégresse, peu importe la noirceur de notre Monde.

A la suite de cela, j’étais décidé à demander le baptême. La démarche fut simple : une recherche Google, un e-mail à la paroisse la plus proche de chez moi et le lendemain j’avais déjà une réponse. Je remercie encore le Père Thierry de m’avoir tendu sa main. C’était il y a tout juste un an. Nous avons fait un tour dans le parc La Grange et, très vite je suis allé à la rencontre des autres cheminants. […]

C’est à ce moment que j’ai assisté à ma première messe, un moment magnifique mais aussi confus pour moi. Ne sachant pas quoi dire, comment faire, heureusement une autre cheminante m’a guidé. […] Et je remercie Dieu tous les jours de m’avoir fait croiser le chemin de cette fille, de m’avoir fait connaître ces livres qui m’ont donné l’envie de lire l’Evangile. Je remercie Dieu car je suis allé à la rencontre du Père Thierry ainsi que de tous les autres frères et sœurs en Christ lors de mon cheminement et ensuite. Je remercie enfin Françoise, ma marraine, que je ne connaissais pas avant de commencer mon cheminement et qui s’est généreusement proposée pour m’accompagner le jour de la Veillée pascale.

J’ai arrêté les soirées à outrance, les différentes substances abrutissantes, je me suis fait une raison de vivre, une raison d’être. Le sport, mon travail, apprendre et progresser n’a jamais été aussi gratifiant et facile. Vivre et partager me rendent toujours plus heureux et surtout, l’amour me guide. L’amour de Jésus mais aussi celui de ma compagne qui est auprès de moi et qui me donne la force d’avancer sans craintes dans ce monde.

Je suis convaincu que vous vivrez la même chose que moi, que vous serez transcendé par cette même joie et que vous serez heureux et je me réjouis pour vous. Le jour de votre baptême sera votre naissance et votre essence pour avancer dans votre vie, avancer sans craintes et avec courage.

[…] Voyagez, entrez dans les églises et faites la messe partout où vous le pourrez. Allez à la rencontre de vos frères et sœurs en Christ, de cette paroisse et d’ailleurs, découvrez, identifiez et admirez les créations de Dieu et œuvrez pour apporter plus de beauté, de paix et d’amour. Réjouissez-vous d’être vous-même, unique à votre manière.

Depuis le banc du fond

Devant une tisane fumante, c’est un joli moment de partage avec Marie. Même si un froid hivernal s’invite au crépuscule, la glace fond immédiatement dès les premiers mots d’une discussion aussi sérieuse que joyeuse avec cette dynamique jeune femme.

Devant une tisane fumante, c’est un joli moment de partage avec Marie. Même si un froid hivernal s’invite au crépuscule, la glace fond immédiatement dès les premiers mots d’une discussion aussi sérieuse que joyeuse avec cette dynamique jeune femme.

Propos recueillis par François Riondel 
Linographie: Raphael Beffa

La foi de Marie s’est réellement développée sur le banc du fond de l’église de son village. Sa grande famille, très pratiquante, s’y installait afin d’éviter de trop déranger les paroissiens. Alors enfant, Marie n’a jamais caché à ses camarades sa pratique religieuse qui, pour elle, était totalement normale. Cette attitude conduisait son entourage à diverses réactions : « Toute petite, on m’a beaucoup «  charriée  », que ce soit sur mon prénom, ou ma religion et ma foi. » Mais, dit-elle, ces attitudes provenaient certainement d’une forme d’ignorance.

Grâce à l’éducation reçue par ses parents et l’aide du Seigneur, Marie explique avoir vite compris que ses interlocuteurs, qui lui posaient de multiples questions, n’avaient pas reçu la même éducation qu’elle, ce qui lui permettait de rester calme et compréhensive, même face à des propos très crus, difficiles à vivre et à décrypter.

Jeune adulte, Marie a vécu des expériences plus compliquées, en recevant des remarques et des questions dont le but était certainement de la faire trébucher. Les gens ont souvent peur de parler de leur foi, de crainte d’être jugés comme appartenant à un groupe. Ils peuvent discuter de religion entre eux, mais ont oublié la primo-communication entre leur âme et Dieu. Cette communication doit être entretenue et développée. Une fois qu’on est aligné sur ce principe, on accepte de ne pas être d’accord lors de certaines discussions et de le vivre sains crainte.

Dans ses relations, Marie ne parle pas de sa foi de prime à bord, mais la croix qu’elle porte autour du cou amène les gens à l’interpeller. Ces personnes ont souvent beaucoup d’idées reçues, telles un Dieu punisseur ou la promesse de l’enfer si l’on n’est pas pratiquant. « Les gens ont monté une sorte de fantasme cauchemardesque de ce qu’est la religion parce qu’ils n’ont pas rencontré le Christ. »

Lors de ses études, Marie a vécu une période difficile, désertique, à travers une relation amoureuse où son compagnon ne croyait pas en Dieu. Peu à peu, Marie se rendait moins souvent à la messe et priait moins pour ne pas le déranger. Bien plus tard, Marie s’est rendu compte que cette personne avait brouillé sa ligne avec Dieu. Pour la première fois, Marie se sentait gênée de parler de sa foi : « Difficile de ne pas être acceptée comme on est, ça fait mal ! » Marie ne parlait plus de Dieu, allait seule à la messe, dans le silence. Elle se sentait incomprise et incomplète. Au milieu de cette période, Marie a reçu un grand « coup de pouce » du Seigneur : elle se retrouva, sans l’avoir vraiment décidé, dans une église où elle put exprimer sa détresse lors d’une confession et en y déversant toutes les larmes retenues depuis longtemps : « En sortant de là, j’ai cru que je ne touchais plus le sol, tellement je me suis sentie allégée et en paix. » Cet événement n’a pas résolu tous les problèmes, mais lui a redonné confiance et force.

Aujourd’hui, Marie sent cette présence du Seigneur tant chez elle que chez ses interlocuteurs : « Le Seigneur se manifeste de la manière qui permet à chacun de l’accepter. Il va se cacher dans les choses les plus banales pour que chacun puisse le comprendre à sa manière. »

Marie a envie de nous dire que, lors de toute discussion sur notre Seigneur et la religion, il faut s’efforcer d’enlever nos préjugés : « Ce n’est pas parce qu’on a quelqu’un en face de nous qui est hargneux et qui en veut à la religion, à la terre entière… et même à Dieu, que cela signifie qu’il est contre nous. On ne peut que l’encourager à se libérer de ses préjugés. De plus, on peut ainsi vivre des conversations passionnantes. »

Marie constate avec joie que des personnes à qui elle a pu porter son témoignage peuvent, bien plus tard, lui dire que cela les a aidés à avancer. Dans le cantique des cantiques, relève Marie, il y a un magnifique verset : « Je vous en conjure, … , n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour, avant qu’il le veuille. » (8, 4)

Votre paroisse dans la poche

Développée pour rester connectée à la vie de sa paroisse, l’application MyChurch est pensée comme un outil de proximité, qui s’adapte aux besoins des églises locales. Tout en continuant à « donner une voix à Dieu », le groupe Saint-Augustin s’adapte aux enjeux contemporains en intégrant les technologies numériques pour rapprocher les communautés de foi.
La paroisse Saint-Joseph attendait avec impatience un outil tel que MyChurch.

Développée pour rester connectée à la vie de sa paroisse, l’application MyChurch est pensée comme un outil de proximité, qui s’adapte aux besoins des églises locales. Tout en continuant à « donner une voix à Dieu », le groupe Saint-Augustin s’adapte aux enjeux contemporains en intégrant les technologies numériques pour rapprocher les communautés de foi.

Par Myriam Bettens | Photos : DR

Un outil plus efficace que les annonces en fin de messe, moins fastidieux qu’une recherche sur Google et dont les données seraient hébergées localement.Un vœu pieux ? Plutôt du pain béni… et à portée de clic ! Le groupe Saint-Augustin a lancé, le 1er octobre dernier, l’application MyChurch « pour rapprocher les communautés de foi », tout en poursuivant sa vocation de « donner une voix à Dieu ». Elle offre aux paroisses un espace taillé sur-mesure leur permettant de partager avec leur communauté, et au-delà, toute une série d’outils et d’informations pour fluidifier leur communication. 

Plus qu’un réseau social-chrétien, l’application se veut intuitive, inclusive et multilingue. De plus, MyChurch s’adapte aux besoins des paroisses, que vous souhaitiez y trouver les horaires de messe, les annonces en temps réel, les invitations aux événements ou les messages que vous avez ratés à cause d’une visite inopinée de belle-maman, tout s’y trouve ! La plateforme offre aussi la possibilité d’animer des groupes et d’échanger des vidéos et des photos. Les images de la première communion du petit neveu sont floues ? Vous savez maintenant où aller les chercher !

Cerise sur l’application : les données sont entièrement hébergées en Suisse. MyChurch ne fait donc pas de la sécurité et de la confidentialité une option. Cet espace, aussi unique que chaque paroisse, ne nécessite pas non plus le recours à un spécialiste de l’informatique. Avec des publications planifiées et synchronisées automatiquement entre l’application et le site de la paroisse, les mises à jour s’opèrent en temps réel. Autrement dit, un gain de temps, tout en évitant les tracasseries informatiques.

Appelée à « connecte[r] toutes les communautés d’Eglise en Suisse »  – puis dans un second temps, les paroisses des pays francophones voisins, avant de s’étendre au reste du monde – l’application se déploie aujourd’hui dans de nombreuses communautés romandes et linguistiques, ainsi qu’à des groupes tels que Cath.ch ou en encore Action de Carême. Côté terrain, à la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives, l’application était attendue comme le Messie. « Nous souhaitions proposer un accès direct à ce qui se passe dans la paroisse. Cette « app » donne la possibilité à l’équipe pastorale de la Région Voie Verte – Eaux-Vives jusqu’à Presinge – d’alimenter l’actualité paroissiale avec des textes et des photos et aux fidèles de devenir acteurs de leur vie paroissiale. Elle offre de l’information en temps réel tout en permettant une grande réactivité », explique Thierry Schelling, le prêtre responsable, d’un air réjoui.

Curieux de voir à quoi ressemble cette application ?

• L’application est téléchargeable sur Apple Store et Google Play Store sous l’appellation MyChurch by Saint-Augustin

Envie d’installer l’application dans votre paroisse ? 

• Prenez contact avec mychurch@saint-augustin.ch ou au 024 486 05 00

Antennes spirituelles

Les miracles, qu’ils soient considérés comme des « contes » extraordinaires, des phénomènes expliqués par la science ou des illustrations de la puissance de Dieu, continuent de questionner. Ne peuvent-ils pas être les trois à la foi(s) ?

Par Myriam Bettens
Photo : DR

Les miracles, qu’ils soient considérés comme des « contes » extraordinaires, des phénomènes expliqués par la science ou des illustrations de la puissance de Dieu, continuent de questionner. Ne peuvent-ils pas être les trois à la foi(s) ?

Si Dieu est omniscient – ce que je crois – Il a mis un phénomène météorologique à profit de Moïse et des Hébreux pour leur donner ce dont ils avaient besoin à ce moment-là. Toutefois, pour que « le miracle » se produise, les antennes spirituelles de Moïse devaient être suffisamment affûtées afin d’écouter la voix de Dieu. Et cela même si ce qu’il entendait semblait, peut-être, complètement insensé.

Parfois nous ratons notre miracle, moi la première, en limitant Dieu à notre vision étriquée du monde. Et parfois il nous faut avoir les « armées de pharaon » aux trousses pour que nous consentions à laisser Dieu agir. Le miraculeux est devenu une denrée rare, car nous ne lui donnons plus la possibilité de se produire dans nos vies. Mais je crois que Dieu peut reculer l’ombre du soleil de dix degrés, suspendre la course de la lune et ouvrir une voie à travers les eaux pour moi. Simplement parce qu’Il m’aime.

Le passage de la mer Rouge vu par la science

Le passage de la mer Rouge par Moïse constitue l’un des épisodes les plus emblématiques de l’Ancien Testament. Rapporté principalement dans le livre de l’Exode, cet événement marque l’aboutissement de la libération du peuple hébreu, réduit en esclavage en Egypte depuis plusieurs générations.
Moïse séparant les eaux, vu par Hollywood, fait appel à la puissance divine et non à un phénomène naturel.

Le passage de la mer Rouge par Moïse constitue l’un des épisodes les plus emblématiques de l’Ancien Testament. Rapporté principalement dans le livre de l’Exode, cet événement marque l’aboutissement de la libération du peuple hébreu, réduit en esclavage en Egypte depuis plusieurs générations. 

Par Pierre Guillemin
Photos : Flickr, DR

L’archéologie biblique étudie les vestiges matériels (inscriptions, ruines, objets divers) au Proche-Orient pour éclairer le contexte historique et culturel de la Bible. Discipline scientifique, elle analyse la Terre sainte, l’Egypte et la Mésopotamie, confirmant ou pas, selon des méthodes scientifiques, le cadre matériel des récits.

Le Passage de la mer Rouge a ainsi suscité de nombreuses interprétations historiques, théologiques et scientifiques. De nombreux chercheurs ont tenté d’identifier le lieu exact de la traversée ou d’expliquer le phénomène par des causes naturelles, comme des vents violents ou des marées exceptionnelles. 

Un premier point essentiel concerne la localisation exacte de la « mer Rouge » mentionnée dans la Bible. Le terme hébreu utilisé, Yam Souph, signifie littéralement « mer des roseaux » et ne correspond pas forcément à la mer Rouge actuelle. L’interprétation scientifique penche alors vers une zone marécageuse ou lagunaire, située dans le delta du Nil ou dans la région des lacs Amers entre Suez et Ismaïlia, composée d’eaux peu profondes. Cette précision géographique ouvre la voie à des explications basées sur des phénomènes hydrologiques. Dans cette hypothèse, l’une des explications scientifiques les plus souvent évoquées est celle du « wind setdown », ou effet d’abaissement du niveau de l’eau par le vent. Ce phénomène, bien documenté, se produit lorsqu’un vent fort et constant souffle pendant plusieurs heures dans une même direction, repoussant l’eau et découvrant temporairement une bande de terre. Des études de modélisation informatique ont montré qu’un vent d’Est soutenu, correspondant à la description biblique, aurait pu dégager un passage praticable dans une zone peu profonde, permettant à un groupe humain de traverser à pied. Selon cette hypothèse, lorsque le vent cesse ou change brusquement de direction, l’eau revient rapidement à son niveau initial. Cela pourrait expliquer la submersion soudaine des troupes égyptiennes poursuivant les Hébreux. Un tel phénomène, observé dans certains estuaires et lagunes, peut être spectaculaire et dangereux, surtout pour des troupes lourdement équipées de chars et d’armes.

D’autres scientifiques ont évoqué des phénomènes liés aux marées ou à des variations saisonnières du niveau de l’eau. Bien que les marées soient faibles dans cette région, leur combinaison avec des vents puissants pourrait avoir amplifié l’effet de retrait des eaux. Certains chercheurs suggèrent également un lien avec des événements sismiques, fréquents dans la région, capables de provoquer des déplacements temporaires de masses d’eau, bien que cette hypothèse soit moins étayée par des données précises.

Erreur géographique ?

L’éruption du Santorin a longtemps été la thèse scientifique retenue. S’il est probable que les cendres de Santorin sont effectivement arrivées en Egypte et peuvent être à l’origine des 7 plaies d’Egypte du moins en partie, il faut se rappeler que l’éruption a eu lieu en Méditerranée et non en mer Rouge ; sauf à considérer que le texte biblique comporte une erreur et fasse la confusion entre les deux mers, il est impossible que le tsunami provoqué par l’explosion du volcan ait atteint l’Egypte en mer Rouge. En effet, le raz de marée déclenché par l’éruption pourrait expliquer parfaitement le retrait puis le retour soudain des eaux de la Méditerranée, voire des eaux du delta du Nil.

L’hypothèse d’une éruption volcanique, celle du Santorin (à droite), n’est plus celle retenue en priorité.
Les fouilles dans la péninsule du Sinaï n’ont pas mis au jour des vestiges attribuables à un grand groupe d’exilés.

Pas de consensus

Le bilan actuel de la recherche scientifique sur cet évènement extraordinaire se résume ainsi : 

• A ce jour, il n’existe aucun consensus scientifique archéologique prouvant directement que l’Exode – y compris le passage de la mer Rouge – s’est produit exactement comme décrit dans la Bible. Les textes égyptiens anciens n’incluent aucune mention claire d’une fuite massive d’esclaves d’Egypte ni d’une armée engloutie dans la mer telle qu’elle est racontée dans l’Exode. Les archéologues professionnels soulignent que l’absence de preuves directes rend difficile toute conclusion affirmative sur l’authenticité historique détaillée du récit biblique. 

• Les fouilles, dans la péninsule du Sinaï, supposée être la route de l’Exode, n’ont pas mis au jour de vestiges attribuables à un grand groupe d’exilés ni à une armée détruite dans un plan d’eau.

• Aucun document égyptien ancien découvert jusqu’ici ne mentionne une catastrophe militaire de ce type ou une disparition massive de soldats.

• Les structures sociales, démographiques et archéologiques de l’Egypte ancienne ne montrent pas de signe d’une perte considérable de main-d’œuvre ou d’une crise catastrophique coïncidant avec la période de l’Exode.

Prudence… et foi !

Certaines affirmations très médiatisées ou populaires sur Internet ou dans des publications non académiques prétendent avoir trouvé des preuves tangibles du passage de la mer Rouge :

• Des sites ou annonces non confirmées parlent d’ossements humains, d’armures ou d’ossements de soldats découverts dans le golfe de Suez ou ailleurs, supposés être des restes de l’armée égyptienne. Toutefois, ces découvertes ne sont pas validées par des publications scientifiques évaluées par les pairs ni par des institutions archéologiques reconnues. 

• Des récits parlent de piliers avec inscriptions paléohébraïques ou autres artefacts marquant un lieu de passage. Là encore, aucune inscription ou artefact acceptés par l’égyptologie académique n’atteste formellement cet événement.

• Des vidéos et chaînes Internet présentent des « preuves archéologiques » (roues de chars, structures, territoires identifiés) mais celles-ci ne reposent pas sur des publications scientifiques ou sur le consensus archéologique. Elles doivent être considérées avec prudence. 

La stèle de Mérenptah mentionne Israël comme groupe ou entité en Canaan.

Même si le passage de la mer Rouge lui-même n’a pas de preuves directes, certains éléments indirects ou contextuels sont étudiés par les spécialistes de l’archéologie biblique :

• La stèle de Mérenptah (~1200 av. J.-C.) est une inscription égyptienne mentionnant Israël comme groupe ou entité en Canaan, ce qui donne une indication que ce nom était connu à l’extérieur de la Bible à cette période – bien que cela n’ait aucun lien direct avec l’Exode ou le passage de la mer Rouge. 

• De nombreuses fouilles en Israël et dans le Levant documentent des sociétés locales et migrations humaines, mais rien ne permet de relier clairement ces traces à l’exode massif d’un peuple depuis l’Egypte tel que décrit dans les récits religieux.

Toutefois, quelle que soit l’approche adoptée, le cœur du récit demeure sa signification religieuse et symbolique : il s’agit d’affirmer que la liberté est un don divin et qu’elle exige confiance, mémoire et engagement.

Souffle et partage des eaux (Exode 13-14)

La preuve que le récit biblique ne cherche pas à nous offrir une description scientifique et précise du passage de la mer par les Israélites, c’est que le texte lui-même présente le miracle de deux manières différentes…
Ce texte paradigmatique est devenu le modèle des libérations successives dont les Israélites ont bénéficié au long de leur histoire.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

La preuve que le récit biblique ne cherche pas à nous offrir une description scientifique et précise du passage de la mer par les Israélites, c’est que le texte lui-même présente le miracle de deux manières différentes : 

Deux lectures

D’une part, pour souligner qu’il s’agit d’une véritable « re-création », l’eau se sépare par l’action du bâton de Moïse et les Hébreux marchent à pied sec entre les deux murailles ainsi formées, puis les flots reviennent sur les Egyptiens engagés derrière le peuple élu. De même que le Seigneur a fait apparaître la terre ferme en séparant les eaux au début du monde (Genèse 1), ainsi la nation sainte est-elle engendrée par le Créateur en passant à travers les flots. Nous vivons notre baptême de la même façon, comme une traversée nous conduisant de la mort à la vie, par laquelle les forces du mal sont noyées au fond de la cuve sacramentelle.

D’autre part, selon la version la plus ancienne de l’épisode, le prophète assure les Israélites poursuivis que Dieu va agir pour eux sans qu’ils n’aient rien à faire : alors le Seigneur fait souffler un vent qui dessèche la mer Rouge et les Egyptiens qui y pénètrent sont recouverts par son reflux. De cette manière, Israël qui avait eu peur de la puissance égyptienne l’a « vue » détruite sur le bord du rivage, et ainsi a pu « voir » la prouesse accomplie par son Sauveur.

La Vérité profonde

Ce qui compte donc, pour le rédacteur final de l’Exode et sa narration « épique », c’est de conserver et de combiner les diverses traditions du miracle et d’affirmer théologiquement la vérité profonde de l’événement. Quand les Hébreux sont acculés par leurs ennemis, le Rédempteur intervient pour eux et les arrache à toute forme de servitude.

Ce texte « paradigmatique » (exemplaire) est devenu de ce fait le modèle des libérations successives dont les Israélites ont bénéficié au long de leur histoire. Comme déjà le passage du Jourdain pour l’entrée en terre promise en Josué 3-4. 

Grâce à l’Agneau pascal, le mal est traversé, la mort est engloutie et nous pouvons pénétrer dans le Royaume de la promesse.

«Annoncer la libération»

De Pie XII… Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Papa Pacelli qui a le premier, du haut de la chaire de Saint-Pierre, permis l’usage de la méthode historico-critique pour lire la Bible – alors interdite dans le sérail catholique-romain – pour améliorer par cette approche scientifique la compréhension du message théologique et, partant, pastoral, des Ecritures.
Pie XII, François ou Léon XIV ont chacun éclairé à leur manière ce passage biblique.

Par Thierry Schelling | Photos : DR

De Pie XII…

Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Papa Pacelli qui a le premier, du haut de la chaire de Saint-Pierre, permis l’usage de la méthode historico-critique pour lire la Bible – alors interdite dans le sérail catholique-romain – pour améliorer par cette approche scientifique la compréhension du message théologique et, partant, pastoral, des Ecritures. Par son encyclique Divino Afflante Spiritu, il a décidé de mettre de côté l’historicisme biblique – ce qui est écrit verbatim est vrai – et, avec tact et intelligence, ouvert le champ d’études de la Bible avec les moyens que sont l’archéologie, le traitement de texte, la sociologie, etc.

… à François

En 2018, dans le cadre de la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, Papa Bergoglio reprend le mythe du Passage de la mer Rouge en rappelant son symbolisme : le baptême y est préfiguré, comme le passage d’une rive à l’autre au travers des eaux « nettoyeuses » et pour une vie nouvelle, dans une terre nouvelle, à l’écoute du Dieu qui sauve et qui libère, jadis les Hébreux (comme le raconte le Livre de l’Exode) et aujourd’hui les migrantes et migrants qui fuient tout pareillement une terre d’esclavage pour un brin de liberté au risque de perdre la vie, car trop souvent engloutis dans les eaux de l’aléatoire… 

Léon XIV à ses débuts

Dans son premier écrit pontifical, Dilexi te (2025), Papa Prevost a repris le thème de la libération, illustré par cet épisode de la traversée de la mer Rouge, au profit du cri central des pauvres, et du devoir premier des baptisés. Il explique : « La mission de l’Eglise, lorsqu’elle est fidèle à son Seigneur, est toujours d’annoncer la libération. […] Lorsque l’Eglise s’incline pour briser les nouvelles chaînes qui entravent les pauvres, elle devient un signe pascal. »

Pas étonnant que ce passage de l’Ancien Testament en Exode 14 et 15 se retrouve en troisième lecture « obligatoire » de la Vigile pascale…

Pâques! Alléluia?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF
Photo : DR

Incroyable mais vrai ! Quelqu’un de chez nous, de notre race, de notre chair, est ressuscité. Il a vaincu la mort, il ne meurt plus, il est vivant à jamais. N’est-ce pas vraiment une « Bonne Nouvelle » au sens étymologique du mot « évangile » ? 

C’est ce qui a fait courir les apôtres à travers tout le bassin méditerranéen. C’est le message originaire et original de l’Eglise : « Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. » Témoins de l’impossible, croyants de l’incroyable.

Garder l’Espérance malgré les persécutions

Pour une telle bonne nouvelle, nous allons emplir nos liturgies d’alléluias, acclamation de joie, chantés du fond de nos cœurs ; nous en avions été privés pendant les 40 jours du Carême. Pourquoi ai-je mis un point d’interrogation dans le titre « alléluia ? » ? Parce que je pense à toutes les personnes qui vivent en zones de guerre, en situation difficile, et il y en a partout dans le monde. En 1994, j’ai vécu au Rwanda une expérience dramatique : Pâques était le 3 avril et trois jours plus tard, commençait le génocide. Comment chanter les alléluias, comment vivre la liturgie pascale quand on tue autour de toi ? C’est ce que vivent aujourd’hui tant de chrétiens qui ne savent comment célébrer cette liturgie pascale dans les zones de guerre, de conflits, dans les persécutions… Comment garder l’Espérance ?

Il faut pourtant nous rappeler que le Ressuscité est à nos côtés, qu’il souffre avec nous. Le Christ ne nous a-t-il pas dit : « Prenez courage ! J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33)

La méditation de Maurice Zundel

Maurice Zundel a longuement médité ce problème du mal au cœur de la Deuxième guerre mondiale « Notre mission de chrétien est d’entrer dans cette douleur, de la vivre […] Il faut nous hâter de créer de la joie […] Il est nécessaire de faire provision d’espérance et de courage, de dilater toute notre puissance d’aimer avant qu’il ne soit trop tard. […] Qu’une vague d’amour et de lumière se répande sur tout être ! Que chacun de nos actes soit un acte d’amour, une offrande, que chaque observation soit une joie ! […] Dieu nous envoie au-devant des autres comme des ambassadeurs d’amour et de joie. »

Jeunes, humour et mot de la Bible – avril 2026

Jésus est vivant au milieu de nous, page "Jeunes, humour et mot de la Bible" d'avril 2026 par Marie-Claude Follonier

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Dieu vous le rendra au centuple !

Le centuple est la quantité 100 fois plus grande de ce qui est évoqué. L’expression est traditionnellement employée pour signifier la prodigalité de Dieu, qui n’est pas à la mesure humaine. Jésus lui-même a fait cette promesse : « En vérité, je vous le dis, nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’Evangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, en maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. » (Marc 10, 23-30) Cette expression signifie faire preuve d’une grande générosité.

Par Véronique Benz

Humour

Un paroissien est allé chez son curé pour lui faire une demande : « Pourriez-vous célébrer une cérémonie pour la sépulture de mon chien ? » 
Le curé lui répond : « Vous n’y pensez pas, l’Eglise catholique ne le permet pas. 
Allez rencontrer le pasteur, peut-être sera-t-il éventuellement d’accord. » 
« Bien, répondit le paroissien. Encore une question, j’ai préparé la somme de 10’000 francs pour ce service. Croyez-vous que ce soit assez ? » 
« Mais, mon cher ami, répondit le curé devenu tout d’un coup plus ouvert à la demande, pourquoi ne pas m’avoir dit plus tôt, que votre chien était catholique ! »

Par Calixte Dubosson

Rayonner ensemble

Dans sept ans, les chrétiens commémoreront les 2000 ans de la Résurrection du Christ. L’association JC2033 aspire à mobiliser les Eglises du monde entier pour préparer la plus grande fête jamais organisée sur terre. Rencontre avec Anita Francioli et Martin Hoegger.
Anita Francioli et Martin Hoegger.

Dans sept ans, les chrétiens commémoreront les 2000 ans de la Résurrection du Christ. L’association JC2033 aspire à mobiliser les Eglises du monde entier pour préparer la plus grande fête jamais organisée sur terre. Rencontre avec Anita Francioli et Martin Hoegger.

Par Myriam Bettens
Photos : DR, JC2033

Concrètement, à quoi ressemblera cette fête mondiale ?
Anita Francioli : La fête est un élément important. Elle va exprimer la richesse, la diversité, la beauté de la foi. Cela peut se faire de différentes manières. Avec de la musique, des images, des prières, des danses, des offices religieux, dans des églises, sur des places en plein air. Il n’y a pas de limite !
Martin Hoegger : La partition est écrite dans le ciel et on ne sait pas à quoi cela ressemblera, mais petit à petit, en marchant, en discernant ensemble, on peut déjà en deviner les contours.

C’est un projet titanesque, voire un peu utopique diront certains…
AF : Je parlerais plutôt de « vision » et, aujourd’hui, nous en avons besoin ! Cela ouvre notre esprit et aide à aller vers un futur plus grand que nous. D’ailleurs, ce n’est pas un « projet », mais un mouvement, qui veut animer d’autres personnes, créer des liens, encourager.
MH : C’est un chemin spirituel vers 2033, sur lequel nous devons établir des relations de fraternité en Christ, se réconcilier aussi, c’est nécessaire.

Justement, une telle image d’unité aura un impact sur la fécondité du témoignage…
MH : C’est un appel à se centrer sur celui qui est notre unité, le Christ, mort et ressuscité et c’est ce que l’Eglise a à offrir au monde. Notre rêve serait qu’à Pâques 2033, chaque être humain entende dans sa langue maternelle la salutation pascale.
AF : Le témoignage ne peut être que commun. C’est la seule façon d’être crédible pour le monde d’aujourd’hui, marqué par la fragmentation et la polarisation. Cela suppose l’amour et l’estime mutuels entre les croyants, les Eglises chrétiennes et les communautés ecclésiales. Laissons-nous guider par le Saint-Esprit, qui nous est donné à tous.

Du côté de la Conférence des évêques suisses, comment le projet est-il soutenu ?
AF : La première personne catholique qui représentait la Conférence des évêques était l’évêque Denis Theurillat. Suite à sa retraite, on m’a demandé de reprendre la main. Je fais le lien avec les Eglises et lorsque nous organisons des rencontres internationales et régionales, l’Eglise catholique est toujours représentée. C’est une formidable occasion de témoigner que le Christ accompagne les hommes sur tous les continents depuis deux mille ans. Un événement d’une telle ampleur ne doit pas être célébré dans l’ombre.

Il reste encore sept ans jusqu’à la célébration. Comment faites-vous pour ne pas vous faire oublier ?
MH : Les rencontres internationales font partie de la manière de se rappeler à la mémoire des gens. Mais maintenant, nous ne sommes plus « seuls ». Beaucoup de mouvements ont rejoint ce chemin vers 2033, comme le mouvement catholique « Global 2033 » et « Agenda 2033 », proposé par « Charis », le service international du Renouveau charismatique catholique. 
AF : Cela passe par des rencontres dans ma paroisse, des événements œcuméniques. Ce sont des occasions, certes pas spectaculaires, d’avancer ensemble vers cet événement et qui peuvent ensuite avoir un impact plus large.

Rassemblement JC2033 à Genève.

Un anniversaire qui compte!

En 2007, Olivier Fleury, un pasteur pentecôtiste vaudois, reçoit la vision « d’une explosion de joie et de lumière à travers le globe » et « d’un peuple célébrant les deux mille ans de la résurrection de Jésus ». Depuis, il encourage, avec le mouvement JC2033, à vivre l’événement de manière planétaire, sur la base d’initiatives locales. Il s’est entouré d’une équipe, autant locale qu’internationale, garante de la vision de départ et de sa continuité jusqu’à Pâques 2033.

Bio express

Anita Francioli fait partie du Comité consultatif JC2033, apportant réflexions et propositions en vue du jubilé. Elle a pour mandat d’informer la Conférence des évêques suisses sur les activités de JC2033. A titre personnel, elle fait partie du Mouvement des Focolari.

Martin Hoegger est responsable des relations avec les Eglises au sein de l’association JC2033. En outre, il est pasteur réformé dans le canton de Vaud et très actif dans l’œcuménisme.

Plus d’informations : www.jc2033.world/fr/

Cyrille de Jérusalem

Cyrille est né à Jérusalem ou dans ses environs vers 310, de parents chrétiens. Il a reçu une excellente éducation, tant en littérature chrétienne qu’en littérature grecque païenne.
Cyrille de Jérusalem.

Par Paul Martone | Photo : DR

Cyrille est né à Jérusalem ou dans ses environs vers 310, de parents chrétiens. Il a reçu une excellente éducation, tant en littérature chrétienne qu’en littérature grecque païenne. Vers 335, il est devenu diacre, puis prêtre en 345 et évêque de Jérusalem en 348. Cyrille semble avoir longtemps adhéré à l’arianisme. La doctrine arienne nie que Jésus-Christ est le vrai Dieu, affirmant qu’il n’est que sa créature la plus noble. Ce n’est qu’au concile de Constantinople en 381 que Cyrille a finalement professé sa foi en la Trinité divine, telle qu’elle avait été définie au concile de Nicée en 325. Cela entraîna un conflit avec l’évêque Alexis de Césarée, qui était un adepte de l’arianisme.

A deux reprises, Cyrille fut destitué et exilé par des assemblées épiscopales en raison de sa fermeté dans la foi, puis une troisième fois en 367 par l’empereur Valens. Cet dernier exil dura jusqu’en 378. Au total, il passa près de la moitié de son mandat en exil. Lors du deuxième concile œcuménique de Constantinople, il fut réhabilité comme orthodoxe et déclaré évêque légitime de Jérusalem. Cyrille mourut le 18 mars 387.

Dans l’Eglise orientale, il est vénéré comme un père de l’Eglise et un prédicateur doué. Le 28 juillet 1882, il fut nommé docteur de l’Eglise par le pape Léon XIII, conjointement avec Cyrille d’Alexandrie, pour avoir exposé et défendu avec une clarté impressionnante les vérités de la foi, en particulier celles de l’Eucharistie, dans les catéchèses qu’il donna dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, construite par l’empereur Constantin. Il défendait la présence réelle du Christ, c’est-à-dire que le Christ est véritablement présent dans l’Eucharistie, et utilisa pour la première fois le terme de « transformation » du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de la célébration eucharistique. Cyrille est un témoin historique important de la doctrine eucharistique de l’Eglise primitive. C’est probablement lui qui est à l’origine de la liturgie originale de la messe. Des pèlerins ont diffusé cette liturgie depuis Jérusalem dans le monde entier. Les témoignages et les paroles claires et percutantes de Cyrille de Jérusalem sont encore très actuels aujourd’hui. Ses écrits ont inspiré deux documents importants du Concile Vatican II (1962-1965) : Lumen Gentium sur l’Egliseet Dei Verbum sur la révélation divine. Son œuvre a toujours été marquée par le souci d’enseigner la vérité au peuple. A ceux qui doutaient de la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, il recommandait : « Ne doutez pas que cela soit vrai. Acceptez plutôt les paroles du Sauveur avec foi. Puisqu’il est la vérité, il ne ment pas. »

Sa fête est célébrée le 18 mars.

Johannes Hermann

Johannes Hermann, de son vrai nom Cyrille Frey, se distingue comme un naturaliste chrétien contemporain dont l’œuvre s’inscrit à la croisée de l’observation scientifique, de la réflexion spirituelle et de l’engagement éthique.

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Johannes Hermann, de son vrai nom Cyrille Frey, se distingue comme un naturaliste chrétien contemporain dont l’œuvre s’inscrit à la croisée de l’observation scientifique, de la réflexion spirituelle et de l’engagement éthique. Très influencé par l’encyclique du pape François Laudato Sì, il voit la contemplation de la nature comme une forme de prière. 

Il est souvent sollicité par des medias comme La Croix, Famille Chrétienne, Cairn.info ; il est présent sur les plateformes comme Youtube ; il est l’auteur des trois livres suivants : La Vie oubliée ; Face à l’éco-anxiété : quelle espérance pour ne pas sombrer ? ; Comprendre et vivre l’écologie.

Création porteuse de sens

Héritier du naturalisme classique (son nom, Johannes Hermann fait référence au grand naturaliste du même nom qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle a, en tant que médecin, botaniste et professeur à l’Université de Strasbourg, constitué une collection si riche qu’elle a formé le Musée zoologique de Strasbourg et le Jardin Botanique avec, de plus, la découverte d’une espèce de tortue (Testudo hermanni qui porte son nom en hommage). Johannes Hermann conserve la rigueur descriptive et l’attention méticuleuse portée au vivant propre à son prédécesseur strasbourgeois, en y intégrant une vision du monde profondément marquée par la pensée chrétienne. Chez Hermann, la nature n’est jamais un simple objet d’étude : elle est perçue comme une création porteuse de sens, révélatrice d’un ordre qui dépasse l’homme. Sa démarche naturaliste est celle d’un homme de foi : le vivant est envisagé comme un don, confié à la responsabilité humaine. 

Disciple du Christ

Dans une interview récente à la radio RCF du 12 mars 2025 (Radio Chrétienne Francophone), Johannes Hermann nous dit : « Etre écologiste aujourd’hui, ce n’est pas seulement être un Homo Sapiens qui se soucie de son habitat, c’est aussi un geste de disciple du Christ. Nous n’avons pas à douter du fait que l’homme puisse se convertir et revenir à une relation plus ajustée au créateur, à la création et à ses frères pauvres. Le Carême tombe au printemps […], on recommence à entendre les premiers chants de merle. Dans les espaces verts, on va voir les feuilles se dérouler et les fleurs s’ouvrir, les premiers insectes arriver. Etre attentif à ces petits signes de vie sauvage, c’est déjà les faire rentrer dans son champ de préoccupation, voir qu’il y a quelque chose qui vit autour de nous, que nous ne sommes pas les seuls qui comptons. Le Carême est un bon moment pour méditer cela, ça nous remet à notre place au sein de la Création. […] Méditons cela, en demandant au Seigneur ce qu’il me dit là-dedans et ce que je dois faire pour retrouver la place qu’il m’a donnée au milieu de cette immense compagnie. »

Au-delà du handicap

Robin Masur est sourd de naissance. Malgré son handicap, il parle bien, lit sur les lèvres et, grâce à une application, arrive à communiquer parfaitement avec ses interlocuteurs. Il est, depuis 2009, le chef de service du Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC).
Malgré sa surdité, Robin Masur parvient à communiquer parfaitement.

Robin Masur est sourd de naissance. Malgré son handicap, il parle bien, lit sur les lèvres et, grâce à une application, arrive à communiquer parfaitement avec ses interlocuteurs. Il est, depuis 2009, le chef de service du Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC). 

Par Véronique Benz
Photos : Robin Masur

Robin Masur est responsable d’une petite équipe de quatre personnes. « Nous avons également engagé des stagiaires et formé trois apprentis avec succès. » Un de ses soucis par rapport à sa surdité est d’être attentif à la question de la communication. « Lorsque je discute avec mes collègues, je dois être conscient que je peux oublier un mot ou peut-être ne pas comprendre correctement les choses ou créer des quiproquos, un peu comme le professeur Tournesol ! », précise-t-il avec un sourire. La plus grosse contrainte pour Robin Masur est de suivre les conversations en groupe. Les limites liées à son handicap, Robin les connaît depuis son jeune âge. « La difficulté est de ni minimiser ni surestimer ma surdité. » Robin Masur est heureux de pouvoir faire un travail très riche et varié. « Cela fait seize ans que je suis au CIDOC et je découvre toujours de nouvelles choses. La lecture des textes bibliques est un continuel apprentissage. »

Vivre sa foi comme personne sourde

« Chez les protestants, la place de la parole est encore plus marquée que chez les catholiques. Petit, ma maman me répétait tout ce qui était dit durant le culte. » Vers l’âge de 18-19 ans, il découvre la communauté œcuménique des sourds du canton de Vaud, dont le pasteur était lui-même sourd. Dans cette communauté, il vit de magnifiques célébrations basées sur le visuel grâce aux PowerPoint. « Nous avons le texte, l’image, la personne qui signe et même parfois une autre personne qui lit à haute voix. Ainsi, les célébrations de la communauté des sourds sont accessibles à tous. »

Le CIDOC

Le Cidoc, c’est plus de 23’000 documents.

Le Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC) est un centre de documentation qui est soutenu par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud) et la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud. Il est né en l’an 2000 de la fusion entre le Centre de documentation du Boulevard de Grancy (catholique) et le Centre protestant de documentation catéchétique de la Rue de l’Ale (protestant). Le CIDOC, c’est plus de 23’000 documents (livres, revues, DVD et outils d’animation variés) à disposition des catéchistes et des communautés catholiques et réformées.

Site du CIDOC : www.cidoc.ch

Un souvenir marquant de votre enfance ?

J’ai eu une très belle enfance entourée de parents aimants, d’un frère et d’une sœur. Bizarrement, je n’ai été baptisé qu’à l’âge de sept ans au temple de Chardonne. J’ai été impressionné lorsque le pasteur m’a versé de l’eau sur la tête. La foi a toujours eu une place importante dans ma vie.

Votre temps préféré de la semaine ou de la journée ?

Je n’ai pas vraiment de moment préféré. Cependant, il est gratifiant, lorsque je rentre à la maison, de voir mes enfants heureux de me retrouver.

Votre principal trait de caractère ?

Je dirais que je suis posé, calme et puis assez curieux.

Votre livre préféré ?

Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. J’ai appris avec beaucoup d’étonnement que Tolkien était un fervent catholique. Pour lui, Le Seigneur des Anneaux était une œuvre volontairement chrétienne, mais sans l’être explicitement. Bien qu’ayant été écrite durant la Deuxième Guerre mondiale, elle est toujours actuelle, car elle parle des difficultés d’une société menacée par les ténèbres.

Une personne qui vous inspire ?

C’est délicat pour moi d’admirer quelqu’un d’autre que le Christ. A la fois vrai homme et vrai Dieu, Jésus est en totale adéquation entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. 

Votre citation biblique préférée ?

« C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Matthieu 20, 28) Cette humilité du Fils de Dieu est quelque chose que j’aime beaucoup. 

Robin Masur

• Né d’un père catholique et d’une mère protestante, Robin a grandi dans la foi protestante.
• Il a étudié la théologie, puis a fait une formation de bibliothécaire.
• Il est marié et papa de deux enfants. Son épouse et ses enfants sont également sourds. 

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