
Par Etienne Schmelzer * | Photos : DR
Au début du XIXe siècle, Puplinge faisait partie de la commune de Ville-la-Grand, tout comme Presinge et Juvigny. Par le traité de Turin (16 mars 1816), Presinge et Puplinge furent attribuées à Genève qui décida qu’elles ne formeraient qu’une seule commune.
Cependant, leurs habitants n’avaient aucune envie de cohabiter et les divergences furent nombreuses. Le 9 novembre 1850 le Grand Conseil vota une loi sur la division de la commune de Presinge en deux, qui correspondait à l’acte constitutif de la commune de Puplinge. Toutefois, Puplinge ne disposant d’aucun édifice religieux ni de cimetière, devait se déplacer à Chêne-Thônex pour assister à la messe. En 1838, la paroisse de Chêne-Thônex demanda au Conseil d’Etat que Puplinge soit détachée, avec comme raison que l’église était fréquemment remplie outre mesure par la population nombreuse dudit village !
Le Conseil d’Etat s’y refusa, notamment parce que les Puplingeois ne voulaient pas se rendre à Presinge ! En 1855, une convention financière fut signée : Puplinge versera Fr. 50.– par an pour l’entretien de l’église et du cimetière de Chêne-Thônex !
La Commune n’étant, déjà à l’époque, pas riche, cela invita les élus à réfléchir ainsi : cet investissement ne serait-il pas mieux utilisé pour y édifier un cimetière chez soi. Ce sera chose faite en 1862 avec l’aide de l’Etat ; dès lors, les Puplingeois n’eurent plus à parcourir les 4 kilomètres pour enterrer leurs morts : une chapelle funéraire fut aménagée dans une salle inutilisée de l’école (actuelle Salle des Mariages de la Mairie), mais les autres activités religieuses, dont le catéchisme, se firent toujours à Thônex. En 1868 un vicaire de Chêne-Thônex est nommé pour desservir Puplinge, pas pour longtemps, Kulturkampf oblige !
En 1894, la paroisse de Puplinge fut rattachée à celle de Presinge par décision de l’Evêque de Lausanne, avec obligation pour son curé de célébrer à Puplinge également ! Dès 1907 les offices se tinrent donc dans une ancienne grange des Chartreux à la rue de Graman. Cependant, l’abbé Henri Michel desservant la paroisse, se plaignit du manque de piété de ses ouailles : qui plus est, il devait se rendre à Puplinge à bicyclette pour une assistance très maigre…
De 1907 à 1964, les célébrations eurent lieu dans la première chapelle ; en 1964, celle-ci, trop petite, voit un baraquement en bois transporté de la Queue-d’Arve à Puplinge, et posé sur l’emplacement du terrain de basket actuel. Cette baraque était dédiée à saint Michel Archange lorsqu’elle trônait à la Jonction : elle sera bénie sous le vocable du Bon Pasteur.
Entre-temps, de 1950 et 1969, Puplinge passa de petit village rural à une agglomération mi-rurale mi-citadine ; de nouveaux bâtiments locatifs furent construits. Qui dit nouveaux habitants, dit plus d’enfants et l’obligation de construire une nouvelle école (1977) arriva rapidement. Dès 1969, le grand marchandage des terrains s’opéra : un terrain pour la prison, un terrain à construire au centre du village, un terrain agricole sont déclassés (Frémis, Pré-Marquis, Plein-Champs) en zone de développement.
La paroisse n’y échappa pas : dès 1973, elle échangea son terrain avec sa chapelle en bois contre un nouveau pour une nouvelle église qui sera livrée clés en main ! Elle fut construite en 1975 par le Consortium Honegger sur des plans de l’Architecte Claude Marteau. Juillet, pose de la première pierre ; bénédiction, le 6 octobre 1976.
C’est l’église du Bon Pasteur telle que nous la connaissons, avec son mobilier liturgique œuvre du sculpteur genevois André Bücher, son acoustique appréciée des musiciens à un tel point qu’elle est aujourd’hui la base du « Festival Puplinge Classique ».
Ce n’est pas tout à fait la fin de l’histoire, car devant l’église sur ce qu’est la Place Rose actuelle, auraient dû être construits des immeubles… Des oppositions et bien des négociations plus tard, la commune racheta la surface pour Fr. 220’000.– et offrit cette Place comme centre de toutes nos activités importantes.
En 1994, grâce à un apport généreux de la commune, le Bon Pasteur peut enfin construire un campanile inauguré le 7 mars 1995. La petite cloche en « mi » sonne l’Angélus et la grande en « do » les heures.
Si Puplinge n’a jamais eu vraiment de curé résidentiel, une cure demeure à Presinge, mais depuis 19… n’abrite plus que notre secrétaire paroissiale…
Désormais, Puplinge et Presinge conciliées, nous sommes fières d’être une Paroisse dynamique, active dans la Région Voie verte avec une communauté vivante et engagée ! Vive ses 50 ans !
* Je remercie Hanjörg Roth qui, dans son ouvrage Histoire des communes de Presinge et Puplinge m’a donné le matériel nécessaire à l’écriture de cet article.































