An English mass at Saint-Joseph’s !

Par Thierry Schelling
Photo : Chrystophe Rakotondranaivo

Why so ? Une messe en anglais à Saint-Joseph ne vient-elle pas contredire le plan diocésain de réduction des « prestations liturgiques » dans un esprit de regroupement communautaire ?

Eh bien… oui et non. Il n’empêche, c’est à la demande de nombreux paroissiens anglophones que cette messe a été proposée, et tend à se pérenniser. Pourquoi ? Parce que les fidèles sont en majorité philippins, ont des horaires de travail – pas toujours déclaré d’ailleurs par leurs employeurs ! – infernaux, des emplois aux quatre coins du canton, et peinent à se rassembler dans la sérénité sur la Rive gauche. Nombreux sont celles et ceux qui fréquentent… fréquentaient la messe de 18h à St-Jo et en français.

Cette messe en anglais est mensuelle, et donc, le reste du mois, ces fidèles participent à l’habituelle messe du samedi soir. C’est un compromis : desservir une communauté qui a besoin de se retrouver et de comprendre « de A à Z » les paroles de la messe, de l’homélie, des prières, etc., et pouvoir s’exprimer tout pareillement. Puisque le reste du temps, c’est le français qui domine à la célébration. Leurs emplois du temps, leurs vies parfois clandestines, leurs employeurs n’aident en rien à ce qu’ils et elles apprennent le français, tant il est vrai que l’on peut vivre à Genève des décennies sans devoir parler le français ! C’est le paradoxe des villes internationales…

In any case, un chœur anime ces célébrations, une team, Marlene et Lynette aux commandes, coordonne le tout, notamment lectrices et autres. Et c’est une joie pour le curé de célébrer et prêcher in English « pour le bien des âmes », spécialement pour ces croyant.e.s pas toujours bien considéré.e.s par le tout-venant qui sont si grand.e.s aux yeux de Dieu !

A quand une messe bilingue dans un horaire déjà existant à St-Jo ? Ce sera peut-être la prochaine étape…

Cela n’intéresse personne…

Claude Amstutz.

Par Pierre Moser
Photo : DR

Ce n’est pas qu’ils ne nous intéressent pas, mais à force de croiser ces petites mains, on finit par ne plus les voir. De plus, ils et elles sont souvent timides et discrets. Pourtant, ces personnes ont un passé, une histoire. Et qui pourrait bien nous inspirer. Si vous êtes encore avec nous, c’est que cela vous intéresse aussi. Alors allons-y. 

Claude Amstutz, notre sacristain, a été touché par une conversion disons… tardive. Son retour à l’Eglise s’est fait à quarante ans passés. En découvrant l’église de Sainte-Thérèse en 1978, ce fut le coup de foudre. Il le dit lui-même : « Je me suis senti chez moi. » Et il a rejoint notre communauté, apportant son bagage acquis lors de son ancien métier de libraire. Vous savez, ce métier qui consiste à « tout » lire, même ce qui ne correspond pas à vos valeurs, simplement par curiosité et respect. Une belle leçon de tolérance et d’ouverture d’esprit. Mais Claude a été plus loin : sa soif de connaissances, il a aussi voulu transmettre. Les réflexions suggérées par ces lectures ne pouvaient pas rester lettre morte. Il lui fallait être le passeur. Non pas le prosélyte, mais le témoin. Dans le domaine littéraire, mais également en musique et en spiritualité. Consultez son blog JUBILATE DEO : c’est éclairant, rafraichissant et profond. De la profondeur qu’on retrouve chez certains religieux. Vocation à laquelle il a pensé très fort. Mais un père carme l’a en dissuadé avec comme argument : « Vous posez beaucoup trop de questions. Pour une vocation réussie, on fonce… » A méditer.

Mais tout engagement n’est que partiel s’il n’est pas suivi par les actes du quotidien. Claude l’a très bien ressenti. Et à la suite d’une rencontre porteuse de sens avec l’abbé Thierry Fouet, il accompagne spirituellement les résidents de l’EMS des Bruyères. Apportant son vécu de converti et de proche aidant. Contrairement à Obélix qui est tombé dedans tout petit, il a gardé le questionnement de sa vie d’avant. Voilà pour les activités hors les murs.

Intra muros, il a endossé les responsabilités de la sacristie, de la gestion des lecteurs, du mouvement chrétien des retraités et la participation au conseil pastoral. Aujourd’hui, son souhait le plus cher reste de continuer à partager foi, valeurs et connaissances. En un mot, ne pas cesser de témoigner…

Le blog Jubilate Deo a vu le jour en décembre 2013 et se veut le reflet des beautés immuables de Dieu, du monde et des hommes.

Proche de la spiritualité du Carmel, il s’efforce néanmoins d’être ouvert aux interrogations et aspirations qui traversent la terre que nous foulons, tantôt d’un pied léger et la joie au cœur, tantôt accablés par ce qui nous dépasse, nous échappe ou semble se dissoudre dans les fissures du Temps.

A découvrir sur le site internet jubilate-deo.com où vous pourrez également vous inscrire pour recevoir la newsletter par courrier électronique : www.jubilate-deo.com

La(ï)c Léman ?

L’embarcadère des Pâquis en 1936.

Certaines légendes affirment que le Léman serait né d’un reste du Déluge. Nulle Arche de Noé ici, ni Léviathan tapi dans la rade, mais une exposition temporaire installée sur la jetée des Bains des Pâquis. Léman sacré explore les liens entre le lac, la spiritualité et les pratiques religieuses qui s’y sont développées au cours de l’histoire.

Par Myriam Bettens
Photos : Denis Ponté, Marcel Bolomey, Musée du Léman, Myriam Bettens

Alors que Genève émerge à peine de sa torpeur, une dizaine d’habitués, bonnets en néoprène vissés sur la tête, se retrouve chaque matin, et par tous les temps, aux Bains des Pâquis, pour débuter la journée par une baignade dans le Léman. La nage en eau froide réunit, depuis quelques années, un nombre d’adeptes grandissant. Pour eux, les bienfaits sont autant physiques que spirituels. De là à parler d’une immersion dans la transcendance, il n’y a qu’une brasse.

L’eau, substance primordiale, occupe une place particulière dans l’imaginaire mythologique et la pratique religieuse, et le Léman n’est pas en reste. On peut même dire qu’il déborde de multiples légendes ! Il ne s’agit pas ici de mythes entourant ce lac, mais bien de réalités tangibles attestées par des documents, des lieux ou des objets historiques inventoriés à l’occasion d’une exposition sur le caractère sacré du Léman et attestant qu’une intense activité religieuse s’y est développée. Installée sur la jetée de ces mêmes thermes publics, l’exposition Léman sacré vous met directement dans le bain. 

Inaugurée à l’été 2025, elle explore plus de deux mille ans d’histoire du sacré autour du Léman. Née de la collaboration entre l’Association d’usagers des Bains des Pâquis (AUBP) et le Musée du Léman à Nyon, elle est le fruit d’une longue enquête. Des musées aux bibliothèques, en passant par les archives, la récolte de témoignages et la consultation de multiples articles de presse, l’exposition balaie un large champ de domaines. Cette investigation documentaire est complétée par la recherche dans les églises et les temples des communes qui bordent le lac, en Suisse comme en France, d’artéfacts religieux tels que vitraux, statues et fresques. 

On y rencontre des divinités tutélaires, des dieux romains, des Vaudois (pas nos voisins…mais les autres), des papes qui nous mènent en bateau et même quelques anguilles excommuniées ! Le Léman n’est, certes, pas le Jourdain, pourtant ce plan d’eau a longtemps été utilisé comme « baptistère ». La visite pourrait donc (théoriquement) se clôturer par un baptême de nage en eaux froides… ou pour les plus frileux, du côté de la buvette pour plonger sa fourchette dans un caquelon fumant.

Jonglerie verbale

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Herméneutique, rédemption, Trinité, transcendance, oblation… Ok, j’arrête les « gros mots » de la foi chrétienne. Ces concepts résonnent-ils encore dans le Peuple de Dieu d’aujourd’hui (je m’y inclus, tout prêtre que je suis) ? Demandez aux fidèles leur compréhension de la transsubstantiation… et nous sommes tous hérétiques ! J’ai bien dit « compréhension », pas « définition ».

Tout le monde n’a pas fait « Fac de théo » pour jongler avec ces mots ! Mais de la jonglerie à la pitrerie verbale, il n’y a qu’un pas : dès 10h20, un œil se ferme, puis deux ; un bâillement est retenu… On a perdu le Peuple de Dieu.

Sans parler des sciences bibliques : le péché originel n’est pas dans la Bible. Ah bon ? Mais alors… Le lexique chrétien évolue, comme les langues vernaculaires. Paul, avec ses Lettres, a initié en grec raffiné une première réflexion théo-logique, dans un contexte où les esclaves et la deuxième place des femmes, c’était ok… Mais aujourd’hui ? On me susurre que Paul n’est probablement pas l’auteur de toutes « ses » Lettres ! Quoi ?

Heureusement que l’immanence de la Trinité, où la Seconde hypostase s’est incarnée par pathogénèse, n’empêche en rien la consubstantialité de la divinité par périchorèse tendant à la parousie… Capito ?

« Je ne vous comprends pas ! »

Les agents pastoraux utilisent des mots et des phrases dont les fidèles ne comprennent plus vraiment le sens.

L’Eglise a perdu l’art de transmettre son message dans un langage compréhensible. Des expressions et des images intelligibles à l’époque de Jésus ne le sont plus aujourd’hui. Que signifient les mots que nous utilisons ? Essayons un « aggiornamento », c’est-à-dire une traduction des mots anciens dans une forme moderne.

Par Paul Martone | Photos : Unsplash, Pixabay, DR

« Comment l’Eglise va périr dans son langage. » C’est le titre provocateur qu’Erik Flügge a donné à son livre (Der Jargon der Betroffenheit : Wie die Kirche an ihrer Sprache verreckt, Kösel 2016). Il y écrit que dans sa prédication, l’Eglise utilise encore aujourd’hui des expressions et des images qui étaient compréhensibles à l’époque de Jésus, mais qui ne le sont plus pour les hommes modernes. Le réalisateur bavarois Christian Stückl dit lui aussi que l’Eglise a perdu l’art de traduire son message dans un langage accessible. Selon lui, l’Eglise a perdu le contact avec les gens, qui ne reviennent à la foi que lorsqu’ils traversent une période difficile, car ils ne connaissent plus le sens de cette institution.

« Aggiornamento » de la langue

Les deux auteurs ont en quelque sorte raison. Les agents pastoraux utilisent dans les sermons, les liturgies et les prières des mots et des phrases qui leur viennent sans peine aux lèvres, mais dont nous ne comprenons plus vraiment le sens. Dans cet article, explorons la question suivante : que signifient les expressions qu’on utilise dans l’Eglise et comment peut-on les rendre compréhensibles ? Ici, il ne s’agit ni de banaliser la langue ni d’une nouvelle interprétation, mais plutôt d’un « aggiornamento », c’est-à-dire d’une traduction sous une forme moderne. Le langage de l’Eglise doit être proche de tout le monde, il ne doit pas être parlé et écrit pour une petite élite. 

La conscience

La conscience est le for intérieur le plus secret de l’homme, où il se trouve seul avec Dieu. C’est la voix intérieure par laquelle Dieu se fait remarquer. Elle le pousse à toujours faire le bien et à s’abstenir du mal sans réserve. La conscience est un jugement de la raison par lequel l’homme reconnaît si un acte donné est bon ou mauvais. Elle peut toutefois être engourdie et induite en erreur. C’est pourquoi il est nécessaire qu’elle soit formée pour devenir un instrument intérieur toujours plus fin de l’action juste, ce qui est une tâche qui dure toute la vie. La première étape de la formation de la conscience est l’autocritique. En effet, nous avons tendance à juger en notre propre faveur. La deuxième étape consiste à s’orienter vers les bonnes actions des autres. La troisième étape, qui est sans doute aussi la référence pour cette école de vie, ce sont les Dix Commandements de la Bible, la Parole de Dieu, la prière quotidienne, ainsi que l’enseignement de l’Eglise. Il faut toujours obéir à une conscience bien formée, même au risque de commettre une erreur. L’être humain a le droit d’agir librement selon sa conscience et de prendre ainsi des décisions morales personnelles. Il ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas non plus être empêché d’agir selon sa conscience, en particulier dans le domaine de la religion.

L’être humain a le droit d’agir librement selon sa conscience.

La grâce

Le latin peut nous aider à comprendre ce mot, car dans cette langue, la grâce se
dit gratia. Ce mot nous rappelle le mot « gratuit ». On peut dire que la grâce est un don que Dieu nous fait, et ce gratuitement, sans condition ni contrepartie. Elle est « l’attention libre et aimante que Dieu nous porte, sa bonté secourable, la force de vie qui vient de lui. La grâce, c’est tout ce que Dieu nous donne sans que nous le méritions le moins du monde » (Youcat, catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes. N o 338). La grâce nous rend capables de vivre dans l’amour de Dieu et d’agir à partir de cet amour. 

L’herméneutique

L’herméneutique, dans le contexte ecclésial, désigne l’art et la science d’interpréter et de comprendre les textes bibliques. Elle cherche à saisir le message originel des Ecritures dans leur contexte historique, linguistique et culturel. En même temps, elle reconnaît que les lecteurs interprètent toujours à partir de leur propre époque et de leur expérience. Dans l’Eglise, l’herméneutique sert à rendre la Bible pertinente pour le présent sans en déformer le sens initial. La tradition, l’enseignement de l’Eglise et l’interprétation communautaire y jouent un rôle important. Son objectif est de rendre le message biblique compréhensible afin qu’il puisse orienter la foi et la vie aujourd’hui.

L’oblation

L’oblation est l’offrande faite à Dieu, souvent sous une forme matérielle ou symbolique. Elle peut se manifester dans la liturgie, notamment lors de l’offertoire, où le pain et le vin sont présentés. Au-delà du geste rituel, elle exprime aussi le don de soi du croyant à Dieu. L’oblation renvoie ainsi à une attitude intérieure de disponibilité et de dévouement. Dans la tradition chrétienne, elle est étroitement liée au sacrifice du Christ, compris comme offrande parfaite. Son but est d’inviter les fidèles à participer à ce mouvement d’offrande dans leur vie quotidienne.

La transcendance 

La transcendance dépasse le monde sensible et l’expérience humaine ordinaire. Elle renvoie principalement à Dieu, considéré comme infiniment au-delà de la création. Cette notion souligne que Dieu ne peut être pleinement compris ni saisi par l’intelligence humaine. En même temps, la transcendance n’exclut pas la proximité de Dieu, qui se révèle et agit dans le monde. Dans l’Eglise, elle invite à l’humilité et à l’adoration face au mystère divin. Son rôle est d’orienter les croyants vers une réalité ultime qui donne sens et profondeur à leur existence. 

La transcendance dépasse le monde sensible et l’expérience humaine ordinaire.
La transsubstantiation désigne la transformation réelle du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l’Eucharistie.

La transsubstantiation

Dans la conception catholique, la transsubstantiation désigne la transformation réelle du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l’Eucharistie.

L’apparence extérieure (forme, goût, odeur) reste identique, mais l’essence intérieure – la substance – est entièrement changée. Selon la doctrine catholique, cette transformation s’opère par les paroles de consécration prononcées par le prêtre lors de la messe. Elle repose sur la foi en la présence réelle et permanente du Christ dans le sacrement. Cette doctrine a été élaborée de manière systématique, notamment au Moyen Age, entre autres par Thomas d’Aquin, et reste aujourd’hui encore au cœur de la doctrine catholique sur l’Eucharistie, qui se distingue sur ce point des autres confessions chrétiennes.

Une somme d’écrits

Par Thierry Schelling | Photo : vaticantickets

« Parole, parole, parole. » Ce refrain italien d’une chanson française bien connue permet de prendre conscience que chaque Pape écrit littéralement des tonnes de mots : encycliques, exhortations, lettres, homélies… Quand on y pense, il y a une somme incommensurable d’écrits, de mots donc, que les Papes ont couchés sur papier pour dire le message doctrinal, théologique, religieux. C’est leur tâche première en tant que garants de la charité universelle entre catholiques. 

On estime, pour donner un cas de figure, à près de 30’000 le volume d’écrits pontificaux avant… l’année 1200 ! Colossale masse inégalée, qui plus est, dépassée depuis Gutenberg ! Et indénombrable…

Verba volant

Sans compter les paroles papales : combien volent depuis que les Papes sont Papes ! La première voix enregistrée d’un pontife fut celle de Léon XIII (1878-1903). Et dès Jean XXIII – avec ses Fioretti, ses propres jeux de mots recueillis pour la postérité –, les mots a cappella des Papes ont été scrutés… Gare au faux mot, à l’impair diplomatique, à la langue qui fourche. L’ars diplomatica s’est développé avec rigueur depuis 1701 lorsque Clément XI fonde l’Académie Pontificale Ecclésiastique, l’école des nonces, ces ambassadeurs du Pape auprès des gouvernements du monde entier. On y apprend notamment la rhétorique, la didactique et même comment tenir son verre en société – c’est vrai que tout se fait au nom du Pape !

Sans oublier que le polyglottisme des épiscopes de Rome s’est élargi avec un Jean-Paul II lisant en phonétique des dizaines de langues du monde. Mais qui se rappelle de tout ce qui a été dit ? Qui va relire ce qui a été écrit ?

Scripta manent

On ferait bien : car la mémoire oublie vite. Heureusement, les archives sont accessibles, et sur Internet, le site du Vatican donne accès à tout ce que le Pape a dit depuis l’an 2000 tout de même. On peut y surfer par mots et ainsi retracer son flux au travers de tous les documents papaux… Et se rappeler que « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », parole de Pontife !

Miséricorde (Luc 1, 50, Magnificat)

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

La Bible ne recourt à aucun jargon ecclésiastique car elle est Parole de Dieu rédigée par des écrivains sous l’impulsion de l’Esprit.

C’est plutôt à redécouvrir les beaux mots scripturaires dans leur étymologie hébraïque, grecque (et latine) que nous devons nous employer. Comme à raboter de vieux meubles recouverts par la patine du temps, afin de leur redonner toute leur splendeur.

Ainsi, le terme « miséricorde » qui provient du latin « miser – pauvre » et « cors – cœur », le cœur pour notre misère. Plutôt que de le déclarer vieillot, il s’agit de le resituer dans le cadre de sa signification originaire.

Il désigne d’abord la tendresse infinie du Seigneur qui s’étend d’âge en âge sur ceux et celles qui l’adorent (Psaume 104(103), 17) et que chante la « petite Marie » fille d’Israël dans son cantique d’action de grâce (Luc 1, 46-55). Car elle expérimente elle-même, en tant que servante du Très-Haut, la proximité divine envers son abaissement. Le Puissant se souvient de sa « miséricorde », c’est-à-dire de ce qu’il a déjà réalisé pour son peuple Israël. Comment pourrait-il l’oublier, alors que c’est son être d’être Père et que son pardon fait tressaillir ses entrailles maternelles ? 

Puis la « miséricorde » est exercée par tout être humain qui, à l’exemple du Samaritain de la parabole, se laisse émouvoir au tréfonds de lui-même par la souffrance de ceux qu’il croise. C’est par elle que nous nous montrons le prochain de ceux qui sont rejetés dans le fossé de l’indifférence (Luc 10, 29-37).

Le terme correspond aux sentiments du Père de l’histoire des deux fils quand il aperçoit de loin son cadet perdu revenant à lui (Luc 15, 11-32). C’est tout le langage du sacrement de la réconciliation et du signe de l’amitié qui nous prend aux tripes, dès le moment que nous changeons notre cœur de pierre en cœur de prière. Heureux sommes-nous si nous savons pleurer devant la détresse d’autrui et ne pas avoir un front dur comme du caillou (Matthieu 5, 5) !

Ce n’est donc pas par hasard ni par maladresse que le pape François avait décrété une « année sainte de la miséricorde » (en 2016), lui qui nous appelle à être une Eglise pauvre avec les pauvres !


Jeunes, humour et mot de la Bible – mai 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Rendre à César ce qui est à César

La formule intégrale est la suivante : « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est elle que, d’après les Evangiles de Matthieu (22, 21), Marc (12, 13-17) et Luc (20, 25), Jésus prononça en réponse à l’insidieuse question des pharisiens : « Devons-nous payer l’impôt à l’empereur ? » Si la réponse de Jésus était affirmative, il passerait pour un collaborateur, la Galilée étant alors sous domination romaine. Si elle était négative, il serait aussitôt dénoncé auprès de l’occupant. Jésus déjoua le piège en disant aux pharisiens : « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils répondirent : « De César. » Alors Jésus leur dit : « Eh bien ! Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il s’agit de faire la part des choses, de rendre un bien à son propriétaire légitime, dont les droits sont ainsi rappelés.

Par Véronique Benz

Humour

A l’époque des églises pleines durant les offices, deux gaillards qui avaient un peu trop abusé de la dive bouteille pénètrent dans l’église avec un bon quart d’heure de retard. Ne trouvant pas de place dans la nef, ils montent à la tribune dépourvue de sa chorale, pour une fois. Petit à petit, le prêche du curé aidant, ils s’endorment dans les bras de Morphée. La messe finie, les paroissiens quittent le lieu sacré. Après quelques minutes, l’un des deux avinés se réveille, secoue son compagnon et lui dit : « C’est vide ! » Et l’autre, sans réfléchir, lui rétorque : « Eh bien, verse ! »

Par Calixte Dubosson

Restaurer les entrailles

Sandra Dubi et son mari Julien sont pasteurs et parents de six garçons.

L’école des femmes propose des rencontres en ligne pour ouvrir un chemin de restauration profonde. Traumatismes, agressions sexuelles, pertes de grossesse… Dieu veut guérir et relever les femmes afin de les rendre fortes, libres et enracinées. Plus de mille deux cents participantes ont déjà répondu à l’appel. Le besoin est grand et Sandra Dubi, la fondatrice de ce mouvement, l’a bien senti.

Elle propose des podcasts sur des thématiques liées à son ministère lors desquels elle reçoit un invité.

Par Myriam Bettens
Photos : DR

En quoi consistent les rencontres que vous proposez ?
C’est un programme structuré sur six mois, de janvier à juin, comprenant six soirées thématiques sur Zoom. L’objectif est d’aider les femmes à « se lever » pour devenir celles que Dieu désire. Pour ce faire, nous les encourageons à s’engager activement dans l’appel [ndlr. la vocation] qu’Il a déposé sur leur cœur et à cultiver leur foi chrétienne au quotidien. Dieu m’a montré que, pour qu’une femme se lève, il faut travailler à la guérison de ses entrailles. 

Qu’est-ce que la « guérison des entrailles » ?
Les entrailles sont le « lieu très saint » du corps de la femme, là où Dieu dépose la vie. Le ministère se concentre donc sur la guérison des traumatismes qui affectent cette sphère : les pertes de grossesse (avortements, fausses couches, décès d’enfants en bas âge) et les agressions sexuelles. Lorsque les femmes permettent à Jésus de guérir ces blessures profondes, leur « levée » devient inévitable. Elles s’engagent alors pour leur couple, leurs enfants et souvent d’autres causes que Dieu leur met à cœur. 

Six cents inscriptions la première année, puis mille deux cents la deuxième. Un tel succès montre, en filigrane, que le besoin est grand…
Pour changer la vie des gens, il faut atteindre leurs profondeurs en osant traiter ces secrets douloureux avec discernement et de manière non jugeante. Par exemple, en parlant des pertes de grossesse en général plutôt que de stigmatiser l’avortement, cela libère les femmes de la honte et leur permet d’entamer un processus de guérison. En abordant les sujets qui « ouvrent les entrailles », on ne peut pas faire l’impasse sur une aide sérieuse par le biais de toute la batterie thérapeutique, en collaboration avec la puissance du Saint-Esprit.

… mais qu’il n’est pas entendu…
Non, car nous vivons dans un déni sociétal collectif. La perte de grossesse, volontaire ou non, n’est pas un problème. Quant aux agressions sexuelles, il ne suffit pas de dénoncer, cela implique aussi d’apporter aux femmes l’aide nécessaire pour se relever. Je crois sincèrement que dans ces domaines-là, l’Eglise peut faire la différence et j’ai vraiment à cœur d’outiller les Eglises dans ce ministère. Mais on ne va pas dire qu’elles courent toutes à ma porte. Il est plus facile de parler des choses qui ne dérangent pas trop.

De quelle manière la guérison permet-elle aux femmes d’entrer dans leur appel ?
La philosophie de ce ministère pourrait se résumer par le slogan : « Dieu veut faire de ta misère ton ministère. » Souvent, la guérison personnelle est le prélude à la mission. Les femmes ayant traversé des épreuves deviennent les mieux placées pour en aider d’autres vivant des situations similaires. Elles transforment leur propre douleur (perte d’un enfant, avortement, agression) en une « vengeance » vertueuse contre l’Ennemi. Et pour moi, cette « vengeance de l’Eternel », décrite dans Esaïe 61, consiste à apporter guérison, délivrance et restauration.

Sandra Dubi se déplace beaucoup pour donner des conférences à travers le monde. Celles-ci sont souvent traduites en plusieurs langues.

Le « réveil » des femmes

L’école des femmes s’organise autour des soirées Zoom thématiques, conçues comme des « émissions télé » (tables rondes, invités, temps de prière). Les participantes ont aussi accès à d’autres ressources, dont un parcours de guérison en ligne et des podcasts sur des sujets non traités lors des soirées. Des suivis de groupe en présentiel sont proposés deux fois par an, mais ils sont pris d’assaut. Une version en ligne (quatre soirées) a donc été développée. Le dispositif est complété par une conférence annuelle en présentiel pour toute la famille et par une cinquantaine de groupes WhatsApp locaux, permettant aux femmes de se retrouver géographiquement. Une nouvelle session de L’école des femmes débutera en janvier 2027. Les autres ressources et formations sont disponibles sur esaie61.fr

Bio express

Sandra Dubi est née en Suisse en 1973, dans une famille catholique traditionnelle. Touchée par Jésus lors de sa première communion, il vient à nouveau frapper à sa porte alors qu’elle mène une carrière effrénée de mannequin chez Elite. Elle quitte cette vie de paillettes pour le suivre, se marie avec Julien, termine des études en psychologie à l’Université de Lausanne et, avec lui, ils accueillent six garçons. Aujourd’hui, ils sont pasteurs au Gospel Center d’Annecy.

Athanase le Grand

Saint Athanase, cathédrale Sant’Agata de Catane.

Par Paul Martone | Photo : DR

Athanase est né vers 295 à Alexandrie, en Egypte. Enfant, il a vécu les persécutions sanglantes des chrétiens sous l’empereur Dioclétien, qui l’ont rendu dur et intransigeant. 

Il reçut une éducation classique dans sa jeunesse et devint diacre et secrétaire de son évêque Alexandre d’Alexandrie. En 325, il participa en tant qu’expert au concile de Nicée, qui reste encore aujourd’hui fondamental pour le développement de la théologie chrétienne. Après la mort de l’évêque Alexandre, Athanase lui succéda en 328 et occupa cette fonction pendant presque 50 ans. Cependant, en raison de son opposition farouche à l’arianisme, il se heurta rapidement à des difficultés ecclésiastiques et politiques, car d’innombrables évêques, ainsi que l’empereur, adhéraient à la doctrine hérétique des Ariens. 

Aucun compromis

Ceux-ci croyaient que Jésus n’était qu’une créature, tandis que le concile de Nicée affirmait la consubstantialité du Christ, Fils de Dieu, avec le Père. Athanase, qui ne faisait aucun compromis en matière de foi, fut donc plusieurs fois destitué de sa fonction d’évêque, chassé et exilé. 

Au total, il passa 17 ans en exil, dont une partie à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) et à Trèves, puis à Rome et enfin dans la clandestinité à Alexandrie. Son dernier exil, décrété par l’empereur Valens en 365, dut finalement être levé suite aux protestations de la population. De 366 à 373, Athanase put exercer librement son patriarcat. Il mourut le 2 mai 373 à Alexandrie.

Athanase a rédigé une multitude d’écrits, de nombreuses lettres et des ouvrages sur l’interprétation de la Bible. Ses écrits sur l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ ainsi que sur l’unité et l’égalité du Père et du Fils, ont marqué la théologie jusqu’à aujourd’hui. Sa biographie sur la vie de saint Antoine d’Egypte, écrite vers 370, est considérée comme un projet programmatique du monachisme et a largement contribué à sa diffusion. 

Son destin et sa fermeté face aux interventions impériales et aux hérétiques ont fait de lui un héros du monde catholique de son époque. Sa grande influence sur la théologie ultérieure s’exprime dans des qualificatifs tels que « pilier de l’Eglise » et « père de l’orthodoxie ». Le pape Pie V l’a nommé docteur de l’Eglise en 1568. Il est aujourd’hui vénéré dans toutes les Eglises chrétiennes et occupe une place de premier plan parmi les docteurs de l’Eglise. Il est invoqué en cas de maux de tête.

Sa fête est célébrée le 2 mai.

Citations d’Athanase

« Dieu est devenu ce que nous sommes afin de pouvoir nous rendre ce qu’il est. »

« Le Christ ressuscité fait de la vie des hommes une fête ininterrompue de la foi. »

« Pour les justes, il n’y a pas de mort, mais seulement un passage. »

L’hydrogène

L’Hippomobile d’Etienne Lenoir se déplaçait avec un moteur à hydrogène.
François Isaac de Rivaz.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

L’eau est très présente dans les Evangiles. Elle apparaît dans des épisodes clés de la vie de Jésus et porte une forte charge théologique, liée à la vie, à la purification, à la foi et à la transformation spirituelle.

Du point de vue chimique, l’eau est composée de deux atomes d’hydrogène pour un atome d’oxygène. C’est pourquoi, en réalisant une combustion de l’hydrogène, la réaction chimique produit une molécule d’eau en associant hydrogène et oxygène. Le résultat est extrêmement séduisant, car non polluant (production de vapeur d’eau).

Cependant, l’utilisation de l’hydrogène comporte de nombreux risques limitant son exploitation comme carburant :

Inflammabilité et explosion : la principale menace est l’incendie ou l’explosion en cas de fuite et de confinement. La flamme d’hydrogène est quasiment invisible en plein jour.

Fuites et perméation : molécule très petite, l’hydrogène s’échappe plus facilement que les combustibles fossiles, notamment à travers certains matériaux (perméation).

Stockage haute pression : utilisé sous haute pression (généralement 700 bars pour les véhicules) ou en forme cryogénique (-253 °C), ce qui impose des réservoirs renforcés et des précautions extrêmes pour éviter les ruptures et les brûlures froides.

Risque acoustique : une fuite à haute pression (200 bars) peut générer un bruit dépassant les 140 décibels. 

Technologiquement, on ne peut pas considérer que le moteur à hydrogène soit particulièrement révolutionnaire… Les premières expériences dans le domaine remontent au début du XIXe siècle. En 1806, François Isaac de Rivaz a conçu le premier moteur à combustion interne, fonctionnant avec un mélange hydrogène/oxygène. L’Hippomobile (1883) d’Etienne Lenoir se déplaçait avec un moteur à hydrogène.

De nos jours, la filière hydrogène est vue comme une excellente solution pour les véhicules lourds (camions, trains) qui sont plus à même de sécuriser le processus de gestion des risques tout en réduisant considérablement le niveau de pollution généré. Citons le fabricant suisse Stadler Rail qui est à la pointe de la technologie avec son train à hydrogène, le FLIRT H2, qui a établi un record du monde en parcourant 2 803 km sans ravitaillement. De même, de grands distributeurs suisses intègrent des camions à hydrogène dans leurs flottes logistiques pour réduire leurs émissions de CO2.

L’eau, c’est la vie et c’est aussi une source d’énergie remarquable grâce à ses composants hydrogène et oxygène.

La réponse à un appel

Elle est toujours aussi souriante et avenante. J’éprouve une grande joie à revoir Karin Hämmerli. Nous nous connaissons depuis fort longtemps. Nous nous sommes croisées pour la première fois lors d’un pèlerinage avec les jeunes à Lourdes en 1995 ! Rencontre avec une femme très investie au sein de son unité pastorale (UP) de Notre-Dame de La Brillaz, dans le canton de Fribourg.

Karin Hämmerli est infirmière de formation. Elle a débuté son engagement en répondant à un appel. « La cousine de Bruno (ndlr. son compagnon) est venue me voir en me disant que l’unité pastorale cherchait des catéchistes. J’ai d’abord travaillé en binôme avec une ancienne catéchiste, puis je me suis lancée toute seule avec une classe de 3H. Actuellement, j’ai quatre heures de catéchèse par semaine. Par la suite, je me suis mise au service du parcours de préparation à la première communion. Cette année, je suis responsable du nouveau parcours de préparation au sacrement de la réconciliation. »

Depuis peu, Karin Hämmerli est  engagée à 20 % pour le catéchuménat dans son UP. Elle est membre du Conseil de communauté et s’occupe des servants de messe. Depuis 2023, elle siège également au Conseil de paroisse de Cottens, sa commune de domicile.

Karin donne généreusement de son temps pour l’Eglise, mais également pour la société comme assistante parentale pour Famiya. 

Pour elle, c’est un vrai bonheur de rencontrer des enfants et de voir leur désir d’apprendre à connaître Jésus. « Les enfants sont généralement très motivés et très curieux. Souvent ils nous disent qu’ils ne peuvent pas venir à la messe parce qu’ils n’ont pas le temps. Dans la société actuelle, les familles et les enfants font tous énormément d’activités. Pourtant, 60 minutes sur une semaine qui en compte plus de dix mille, ce n’est pas grand-chose ! »

Pour devenir catéchiste, Karin Hämmerli a suivi le parcours Galilée puis la formation Emmaüs. « Ce furent des moments très enrichissants tant au niveau du contenu que des rencontres que j’ai faites. »

Le quotidien de Karin Hämmerli est fait de multiples entrevues avec des enfants, des adultes ou des personnes âgées. Dans son engagement ecclésial, elle retrouve le côté social de son métier d’infirmière et c’est ce qui la motive. Son sourire est le reflet d’une joie profonde, une joie qui va à la
rencontre de l’autre pour être partagée.

Karin avec les enfants lors de leur entrée en catéchuménat.

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Le pèlerinage à Lourdes, en 1995, avec mon frère, un copain et une copine. J’avais 16 ans, j’ai rencontré le groupe des jeunes de Lourdes. C’est un souvenir mémorable.

Votre moment préféré de la journée ou de la semaine ?

Je n’ai pas de jour ou d’heure préféré dans la journée. Mais dès que les beaux jours sont là, je sors ma moto et je m’en vais là où la route me mène. C’est une passion que je partageais avec mon papa et qui continue actuellement avec mon compagnon et mes enfants. 

Votre principal trait de caractère ?

La générosité et le fait d’être toujours souriante.

Un livre que vous aimez particulièrement ?

J’aime beaucoup les livres d’Eric-Emmanuel Schmitt. Je citerai également celui d’une amie : L’invisible de Danielle Dousse. 

Une personne qui vous inspire ?

Mes grands-mères ont été pour moi des modèles. Je me souviens aussi des années de MADEP, avec notre accompagnateur Frère Charles et Solange qui jouait de la guitare et chantait.

Votre citation préférée ?

J’aime particulièrement cette phrase de Mère Teresa : « Nous savons bien que notre action n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais sans notre action, cette goutte manquerait. »

Karine Hämmerli

• Karin Hämmerli habite Cottens. En couple avec Bruno depuis près de 30 ans, elle est maman de trois grands garçons qui ont 16, 18 et 20 ans. 

• Infirmière de formation, elle a arrêté son métier après la naissance de son troisième enfant. Elle est assistante parentale pour Famiya, l’Association d’accueil familial de jour de la Sarine.

• Elle est catéchiste et depuis peu, elle est engagée pour le catéchuménat des adultes en lien avec la Région diocésaine Fribourg francophone. 

• A l’automne 2026, Karin reprendra la responsabilité du parcours de confirmation sur l’UP Notre-Dame de La Brillaz et augmentera son pourcentage de travail à 50 %.

En librairie – mai 2026

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Cheminer vers la Lumière
Valérie Mazeau

A 53 ans, Valérie Mazeau entame son itinéraire de catéchumène en lisant les Evangiles. Elle y découvre le Christ. Pour elle, c’est une révélation, une déflagration en plein cœur. Une expérience intime qu’elle restitue avec beaucoup de sensibilité et d’allégresse, heureuse de partager cette aventure qui a bouleversé sa vie. Ce livre retrace son cheminement spirituel commencé à l’adolescence, alors qu’elle cherchait Dieu à travers les récits chrétiens et les lieux sacrés.

Editions Salvator

Acheter pour 27.60 CHF

La vie de Jésus commentée par le pape François
Andrea Tornielli

Qui est Jésus ? Que savons-nous de lui, de sa vie, de sa mort ? Qu’en disent les évangiles ? De Bethléem à Jérusalem en passant par le sermon sur la montagne, la résurrection de Lazare et la trahison de Judas, cet ouvrage sans précédent nous fait vivre page après page dans l’intimité, la destinée et l’épopée de celui qui a changé l’histoire de l’humanité. Une vie de Jésus accessible, lumineuse, magistrale. Un superbe récit. Une aventure exceptionnelle. Un livre événement.

Editions Cerf

Acheter pour 16.40 CHF

Le Messie
Marie-Noëlle Thabut

A la question « Quelle est la différence entre les juifs et les chrétiens ? », la réponse est apparemment simple : les juifs attendent encore le Messie, les chrétiens l’ont trouvé : c’est Jésus de Nazareth ; d’ailleurs, ils l’appellent publiquement « Jésus Christ », qui veut dire « Jésus le Messie ». Mais est-ce si évident ? La Bible évoque en effet la figure du Messie en termes qu’il convient d’éclairer. Quelles étaient les attentes des hommes de la Bible ? A partir de quand et de quelle manière ont-ils commencé à parler d’un Messie ? Pourquoi les chrétiens ont-ils identifié Jésus de Nazareth avec le Messie qu’ils attendaient ?

Editions Desclée De Brouwer

Acheter pour 12.30 CHF

La belle histoire de Jésus
Maïté Roche

De l’Annonciation à la Pentecôte, ce très beau livre raconte l’histoire merveilleuse du Christ à partir des principaux épisodes des évangiles. Tout le talent et l’expérience de Maïte Roche pour raconter l’Evangile aux enfants avec des mots et des illustrations qui savent toucher les cœurs. Un livre indispensable pour mieux connaître Jésus, au plus près des textes des Evangiles. A partir de trois ans.

Editions Mame

Acheter pour 26.10 CHF

Pour commander

Qui est Jésus pour moi

Par Astrid Belperroud | Photo : DR

Dans la prière du Notre Père… ne dit–on pas… Notre Père ? Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs en Christ ? Donc, Jésus est mon frère, votre frère… aurais-je aimé avoir un frère, moi qui n’ai eu qu’une sœur ? Je ne me suis jamais posé vraiment la question…mais ne dit-on pas que notre famille, on ne la choisit pas ? 

Jésus est avant tout mon ami, infaillible, que j’ai choisi. Pas à mon baptême, mes parents l’ont fait pour moi, mais à ma confirmation et à maintes reprises dans ma vie. Je lui renouvelle ma confiance chaque jour et je le rencontre dans le regard de chaque jeune que j’accompagne.

Il est ma tête pensante, mon intelligence, il est des oreilles qui m’écoutent, il est la bouche qui me nourrit par sa Parole, il est ce regard qui me rend unique, il est cette épaule qui me console ; ses bras et ses jambes sont là pour me porter et me supporter quand je n’en peux plus, et il est ses pieds qui marchent pour moi quand alors je me repose dans ses bras.

Il est mon bâton de pèlerin qui m’invite chaque matin à me mettre debout physiquement et ou mentalement et qui me murmure de l’imiter pour à mon tour me mettre au service de mes amis.

Le pape Léon XIV nous dit que, pour lui, le Christ est avant tout le « Roi de la paix », un sauveur apportant une paix désarmée, humble et universelle. Il est le centre de la vie, l’unique médiateur et rédempteur, et le visage de l’amour de Dieu pour les pauvres, exigeant des fidèles un engagement actif pour la justice et le pardon. Au lendemain de Pâques, la vie est jaillissante et nous rappelle que Christ est vivant ! A nous de poursuivre notre engagement pour que la paix advienne.

Qui est Jésus pour moi ? il est vivant en moi et par moi et pour chacun de nous. Gratitude.

Les 12 promesses au Sacré-Cœur

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Saviez-vous que, chaque premier vendredi du mois, la communauté polonaise à Champel se réunit pour une messe, disons, spéciale : elle répond à la demande d’une Sainte française, Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), dévote de Paray-le-Monial, qui a expérimenté Dieu-charité au plus profond de son cœur. Pour inviter les fidèles à Lui être tout dévoués à leur tour, en pratiquant la célébration de l’eucharistie le premier vendredi du mois. 

Et voici le résumé des promesses :

« Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état. Je mettrai la paix dans leur famille. Je les consolerai dans toutes leurs peines. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde. Les âmes tièdes deviendront ferventes. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé. »

A Puplinge, le 28 février dernier, la communauté locale a proposé, après la messe de 18h, de visionner le film documentaire sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ; franc succès pour elle et les spectateurs ont appris et / ou découvert que Dieu appelle personnellement pour le bien de tous !

L’œcuménisme pas à pas

Une pause méritée contre un pan ensoleillé de la cathédrale Saint-Pierre.

En cherchant comment parler d’œcuménisme à ses catéchumènes, l’abbé Thierry Schelling s’est dit que Genève, avec son patrimoine historique et religieux, serait un bon exemple en la matière. Il a donc organisé, mi-mars, une promenade guidée pour découvrir l’histoire de la Grande Eglise au travers des édifices religieux qui jalonnent la ville.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Je viens profiter des connaissances de Thierry [ndlr. Schelling]. Il est d’ailleurs bien trop modeste », glisse Joëlle avec un sourire. Elle-même guide pour l’antenne romande de l’association Eglises + Tourisme Suisse, elle est venue participer à la promenade guidée que propose régulièrement l’abbé Thierry Schelling à ses catéchumènes. Dans le cadre du parcours de catéchuménat, le responsable de la paroisse Saint-Joseph invite ses aspirants au baptême à expérimenter l’œcuménisme au travers d’édifices du patrimoine religieux genevois, témoins d’une longue histoire en la matière. Enzo, lui, y assiste pour la seconde fois. « Pour me rafraichir la mémoire », plaide-t-il, avec un haussement d’épaule, lorsque l’abbé le lui fait remarquer.

« Lors de la promenade, faites connaissance, discutez, échangez… Car « faire Eglise », c’est aussi cela », enjoint-il à la dizaine de participants réunis autour du bénitier de l’entrée de la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives. Symboliquement, six d’entre eux passeront bientôt de cet « espace de transition », le narthex – historiquement réservée aux catéchumènes et aux pénitents – à la nef – lieu du peuple rassemblé pour la célébration commune – lors de la prochaine Vigile pascale. Toutefois, Thierry Schelling souligne que « depuis le Concile Vatican II, cette séparation stricte est dépassée : l’Eglise se doit d’être ouverte sur le monde et à son service ».

Pour le guide, c’est pareil lorsqu’on parle d’œcuménisme : ni séparation ni uniformisation. L’idée d’une Eglise où toutes les confessions chrétiennes deviendraient identiques est « un idéal autrefois envisagé par Rome, mais aujourd’hui considéré comme irréalisable et même regrettable ». De même, l’histoire des Eglises (protestantes, catholiques, orthodoxes) « ont permis de développer des manières riches et variées de célébrer le Christ, sans pour autant être opposées ». L’orateur précise que le terme « les Eglises chrétiennes » désigne une multitude de familles et de branches et établit une distinction fondamentale entre « une église », au sens de communauté confessionnelle spécifique dans laquelle on entre par le baptême, et « l’Eglise », qui représente la communauté universelle de tous les chrétiens. Une double dimension essentielle pour comprendre son identité au sein de la foi chrétienne.

Après la visite de Saint-Joseph, la promenade s’est poursuivie en direction de l’église orthodoxe russe, par chance, ouverte en cette période de Grand Carême. Les participants ont pu prendre part à une partie de la célébration pour les défunts qui s’y déroulait. Le petit groupe s’est ensuite rendu chez les luthériens, puis à la cathédrale Saint-Pierre, pour enfin terminer l’excursion à la paroisse Saint-Germain, lieu de culte de la communauté catholique chrétienne. Loin de vouloir pousser ses futurs baptisés « à la concurrence », Thierry Schelling les a néanmoins exhortés à se rendre à une messe. D’une part, « vous ne remarquerez peut-être aucune différence entre leur célébration et la nôtre » et, d’autre part, « l’œcuménisme c’est aussi cela ».

Rencontrer Jésus aujourd’hui? Un chemin de transformation

Par le Père Gabriel Ghanoum | Photos : DR

Du 13 au 15 mars 2026, une mini-retraite a eu lieu à la paroisse Sainte-Thérèse. Elle avait pour thème de réflexion : « Rencontrer Jésus aujourd’hui ? Un chemin de transformation ». Parmi les nombreuses rencontres de Jésus rapportées dans l’évangile, deux d’entre elles éclairent particulièrement la manière dont Jésus rencontre les personnes et le chemin de transformation qui s’opère en elles : au puits de Jacob avec la Samaritaine et avec la veuve de Naïm à la porte de la ville. Après avoir approfondi la culture et la spiritualité de la rencontre et son chemin de transformation, la présentation de l’Exhortation apostolique du Pape Léon XIV « Dilexi Te » a permis d’aborder la pratique de la rencontre.

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui a besoin du Christ pour le transformer. 

Faire humanité ensemble, c’est ce que Jésus nous enseigne. Faire ce que Jésus a fait, suivre son exemple, l’imiter, devrait devenir notre programme quotidien. Après chaque rencontre, Jésus a fait sentir à la personne qu’elle avait de la valeur. Il l’a écoutée et a toujours choisi la voie de l’amour même lorsqu’il était confronté à la division et la haine.

Jésus a pratiqué 3 choses qui ont rendu sa mission féconde :

1. Il a su trouver un chemin d’entente avec les gens.

2. Il n’a jamais attendu que les gens viennent à lui, il est allé lui-même à leur rencontre et a établi une relation avec eux. 

3. Il aimait les personnes de telle manière qu’elles se sentaient reconnues, comprises, appréciées, valorisées.

Sa rencontre avec la Samaritaine nous montre que le Christ l’a valorisée et qu’il a franchi le « mur » des préjugés sociaux, culturels, religieux pour la trouver, alors qu’elle s’est perdue à cause de ses choix de vie. Cela nous apprend comment, nous aussi, nous pouvons franchir ce mur afin de construire avec l’autre un pont de retrouvailles. 

La première caractéristique de la rencontre est qu’elle met en présence deux personnes dans la vérité et la liberté. Dans la rencontre au puits de Jacob, se retrouvent face à face un homme (étranger au pays, juif de surcroît) et une femme (à la réputation douteuse), le divin et l’humain. Mais, dans l’évangile, il ne s’agit pas seulement d’apprivoiser les différences. Jésus demande à boire, une requête qui semble humainement naturelle à cette heure du jour, mais c’est pour susciter notre soif d’une eau vive qui vient de plus haut et que lui seul peut nous donner. Entre le puits et la source, il y a moins une opposition qu’un approfondissement, une intériorisation : la source réveillée nous révélera à nous-mêmes, en même temps qu’elle révélera Dieu en nous.

Cette conversation a pour but une conversion intérieure et, par conséquent, une transformation par le Seigneur. La Samaritaine parle de la dimension physique du puits, « il est profond » et le Christ parle de la dimension divine « La profondeur de soi… où se trouve l’image de Dieu », l’aventure de notre rencontre avec le Christ, avec ses risques et ses incertitudes.

Ce premier volet s’est achevé sur une question : comment faire preuve de la miséricorde de Dieu envers les autres dans notre vie quotidienne, pour devenir un vrai missionnaire ? 

Faire comme Jésus a fait : 

• Pas seulement en voyant mais en regardant ;

• Pas seulement en entendant, mais en écoutant ;

• Pas seulement en croisant les personnes mais en s’arrêtant avec elles. 

C’est de cette proximité dont il a été question lors de la deuxième session. La rencontre du Christ avec la veuve de Naïm. 

Dans sa mission, Jésus met la rencontre au premier plan. Sa compassion et sa tendresse sont un baume pour l’âme et un réconfort pour le cœur brisé par la douleur. 

Jésus est « saisi de compassion » en voyant la veuve. Elle a tout perdu : son mari, son fils unique, mais elle n’a pas perdu sa foi ni son espérance. Par cet acte de compassion, il rétablit les liens. Benoît XVI disait que « fermer les yeux sur son prochain rend aveugle devant Dieu ». La mission de l’Eglise est d’imiter le Christ : s’arrêter, regarder, écouter, vivre la proximité, restaurer les liens brisés et intégrer les personnes isolées dans leur communauté. 

La dernière séance a été dédiée à l’Exhortation apostolique du pape Léon XIV « Dilexi Te »  (« Je t’ai aimé »). Le pape Benoît parlait « d’un cœur qui voit ». L’Exhortation nous appelle à la conversion afin de sortir de notre zone de confort, à la compassion. Elle nous invite à passer de la culture de l’indifférence à la culture de la rencontre.

L’abbé Thierry Fouet conclut le cycle des 3 conférence en remerciant le Père Ghanoum de ces temps d’enseignement et de partage.

Depuis le banc du fond

Quel plaisir de rencontrer ce jeune homme souriant, qui a accepté avec générosité de partager pour nous l’expérience d’un pèlerinage. Merci Matheus !

Propos recueillis par François Riondel 
Photos : DR

Après avoir terminé ses études gymnasiales et bouclé ses obligations militaires, Matheus recherche, dans une période difficile, une forme de calme et de stabilité en s’offrant la possibilité d’un face à face avec lui-même. C’est ainsi qu’il décide de partir seul en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce choix n’est pas essentiellement religieux, mais plus largement spirituel, d’ailleurs, bien que se sentant très proche de Dieu, Matheus n’as pas de pratique religieuse.

Parti de Genève en mars 2025, les premiers jours sont éprouvants ; douleurs, froid et solitude s’invitent. Le doute s’installe, de plus, ce n’est qu’après une semaine qu’il rencontre enfin un premier groupe de pèlerins.

Cependant, Matheus, qui pensait boucler ce projet le plus rapidement possible, décide de persévérer en s’efforçant de lâcher prise, « donner le temps au temps » se dit-il. Alors, peu à peu, les rencontres et les événements s’intensifient. Impossible de résumer 76 jours de pèlerinage et 2100 km de marche, alors zoom sur quelques moments marquants : 

Une fin de journée, au terme de ses premiers jours de voyage, Matheus arrive très découragé dans une bourgade. L’office du tourisme lui donne quelques indications d’hébergement, finalement erronées. C’est à ce moment que Matheus rencontre fortuitement un monsieur âgé, prénommé Jean-Claude, qui l’invite chez lui pour la nuit. La soirée est délicieuse, l’accueil magnifique. Depuis ce beau moment, le pèlerinage commence à s’éclairer.

Quelques jours plus tard, Matheus s’assied en face d’une église et commence à manger son modeste repas, constitué d’un peu de terrine. Mais il n’a pas de pain. A ce moment, surgit un fourgon qui freine devant Matheus. La conductrice lui lance : « Vous voulez du pain ? » Cette dame récupérait en fin de journée les invendus des boulangeries. Dès ce moment, Matheus ne doute plus qu’il est accompagné et qu’il parviendra au bout de son chemin. Il comprend alors qu’avoir été poussé à bout, tant physiquement que moralement, était un passage nécessaire avant de pouvoir vivre des moments d’assistance providentiels : « Ceci fait partie du parcours à 100%, il ne faut n’y vouloir s’en débarrasser, ni s’en plaindre. »

Dans toutes les rencontres, Matheus réalise qu’on reçoit, mais qu’on peut donner tout autant. Pour exemple, offrir une écoute attentive à une dame amère et négative qui l’a hébergé avec réticence, a certainement apporté du réconfort. Preuves en sont les larmes et le sourire de cette dame au moment du départ : « C’est peut-être à travers moi qu’il se passe quelque chose. Eh bien, ce chemin, je souhaite qu’il ne soit que comme ça. Je n’ai pas envie que ce pèlerinage soit une performance, mais plutôt un don de soi qui nous porte jusqu’au bout. »

Ce long parcours a permis beaucoup de rencontres, donc tout autant d’adieux, parfois accompagnés de tristesse, vu les beaux moments partagés. Lors de l’une de ces séparations, assis devant un beau paysage, Matheus se voit accidentellement dans l’écran de son portable. Il réalise alors que c’est bien avec lui-même qu’il voyage et que toutes ces rencontres sont des passages éphémères à accepter. A cet instant, Matheus réalise qu’une nouvelle dimension s’offre à lui : « On doit s’aimer pour pouvoir aimer l’autre, avoir un peu de tolérance et d’amour envers soi-même. A ce moment, on peut partager cet amour. » Et dès lors, il se sent aimé…

Matheus arrive enfin à Saint-Jacques-de-Compostelle le week-end de l’Ascension. C’est un beau moment festif, joyeux et accueillant, mais ce n’est pas l’essentiel. Le parcours est lui-même la clé. Chaque pas accompli n’est pas une performance, mais une avancée sur un chemin de patience et de contemplation. Les moments pénibles sont une part importante de l’expérience, un véritable apprentissage.

Matheus est rentré chez lui avec la conviction qu’on fait partie d’une chaîne, qu’on est un maillon pour recevoir et donner, partager et aimer. Dorénavant, il se sent en contact avec le Seigneur, accepte bien mieux les moments difficiles et n’hésite pas à demander, par la prière, un soutien pour aller de l’avant !

Le visage de Jésus

Par Sœur Franzisca Huber
Photo : DR

Lors d’une discussion avec une amie non croyante, celle-ci me pose cette question : « Ton Jésus, quel visage a-t-il ? » Interloquée, j’avoue : je ne le sais pas, je n’ai pas vu son visage. L’interrogatoire se poursuit : « Et comment peux-tu aimer quelqu’un sans visage ? »

C’est vrai, je ne saurais décrire l’apparence de Jésus. Aucun Evangile ne donne de description détaillée, ni de couleur des yeux ou de peau, ni de taille. Pourtant, je suis sûre de le connaître puisqu’il se révèle à travers ses actes, ses paroles, sa vie, sa passion et sa Résurrection : mon Seigneur et mon Dieu, c’est ma foi ! L’homme qui, en son temps, fascinait ses disciples, captivait les foules, guérissant, prêchant, interpellant… Les uns l’ont côtoyé de son vivant et pour moi, il est le Seigneur au-delà de toute représentation. 

Néanmoins, j’ai eu tort, Jésus a bien un visage : celui de cette femme qui aime, cette mère qui souffre, cet enfant qui sourit, cet homme qui lutte, pleure, pardonne… Voilà quelques traits de son visage !

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