Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Au cœur de la messe Pascal Desthieux
La messe, pour l’Eglise catholique, est « source et sommet de la vie chrétienne ». Elle constitue un ensemble de gestes, de mouvements, de paroles où chaque élément est porteur de sens. Aujourd’hui, beaucoup de catholiques voudraient mieux comprendre ce qu’ils célèbrent, régulièrement ou occasionnellement. Ce livre répond à leurs attentes. Avec autant de profondeur que de talent pédagogique, l’auteur explique la signification de tous les éléments de la messe.
« La communauté ecclésiale est fondée et nourrie par l’Eucharistie. Ce lien jaillissant était très présent chez mon fils Carlo. Il avait l’habitude de dire : « Sainte messe, sanctifie-moi. » C’est précisément sur l’Eucharistie qu’il a jeté les bases de son édifice spirituel, à tel point que lorsqu’on parle de Carlo, la référence à l’Eucharistie est inévitable. » Guidé par les notes et témoignages inédits de Carlo Acutis, cet ouvrage invite le lecteur à entrer dans l’intimité spirituelle du jeune saint. Le témoignage de son amour profond pour la sainte messe et le rôle qu’elle a joué dans son existence éclatante nous permettent de redécouvrir l’immense valeur de l’Eucharistie dans notre propre vie.
A travers plus de 80 histoires, Nicolas Rousselot invite le lecteur à un rapide tour de la foi catholique. Grâce à ces courts récits parfois drôles, parfois émouvants, mais toujours percutants, l’auteur aborde « sans avoir l’air d’y toucher » des sujets difficiles comme le pardon, la Trinité, la Résurrection ou la prière. L’intuition de ce livre est de présenter la foi chrétienne, à travers des images et des histoires, afin qu’elle soit accessible au plus grand nombre et qu’elle emprunte aussi le chemin même de Jésus qui : « ne leur disait rien sans paraboles. »
Explique-moi… la messe Père Aldric de Bizemont Anne de Braux – Laetitia Zink
Comment prendre goût à la messe si on n’y comprend rien ? Comment savoir que dire et à quel moment ? Ce missel détaille, pour les enfants de 4 à 7 ans, le déroulement de la messe, pour leur faire découvrir la liturgie. Les différentes étapes illustrées les invitent à observer très concrètement les gestes du prêtre pour entrer dans la beauté du sacrement de l’Eucharistie et y participer.
Le deuxième livre des martyrs d’Israël rapporte que Judas Maccabée fit faire pour les morts un sacrifice expiatoire, afin qu’ils fussent absous de leur pêché.
Par Sœur Catherine Jerusalem Photo : DR
Il y a 70 ans j’ai appris au catéchisme que l’Eglise triomphante désigne, dans la théologie chrétienne (particulièrement catholique), l’ensemble des saints et des bienheureux au ciel qui ont achevé leur vie terrestre.
Elle se distingue de l’Eglise militante (sur terre) et de l’Eglise souffrante (au purgatoire).
Faisant partie de l’Eglise militante, nous sommes invités à prier pour les membres de l’Eglise souffrante, d’où la pratique d’offrir des intentions de prières, des messes pour les défunts, qu’on appelle aussi des « messes fondées ».
Le deuxième livre des Maccabées (12, 38-46) justifie la prière pour les morts. Ce texte, qualifié de « sainte et pieuse pensée », fonde la croyance en la résurrection et en l’efficacité de la prière pour purifier les défunts.
La voie de sagesse à suivre en ce domaine semble être celle de saint Grégoire : on ne saurait acheter le salut éternel en réglant des honoraires de messe, mais c’est un devoir de charité de ne pas laisser l’âme d’un chrétien, qui a quitté son enveloppe terrestre, dans la solitude spirituelle.
Abram rencontre Melchisédech et lui donne le dixième de tout ce qu’il a pris lors de sa guerre contre Kedorlaomer.
C’est au sortir d’une messe dominicale qu’un paroissien m’a interpellé sur la tradition catholique des intentions de messe pour les défunts. Cela m’a poussé à approfondir cette coutume qui tend petit à petit à disparaître, parce que les jeunes générations ne fréquentant que rarement nos églises ne viennent pas, par conséquent, en réclamer aux officiants d’aujourd’hui.
Par Calixte Dubosson | Photos : Unsplash, DR
Un peu d’histoire
Curieusement, c’est dans l’Ancien Testament que l’on entend parler pour la première fois de cette pratique. En effet, le deuxième livre des martyrs d’Israël rapporte le fait que, lors d’une guerre, des soldats étaient morts. En relevant leurs corps pour les inhumer, on découvrit « sous la tunique de chacun des morts des objets consacrés aux idoles de Jamnia que la Loi interdit aux Juifs. Il fut ainsi évident pour tous que c’était là la raison pour laquelle ces soldats étaient tombés ». Leur chef, nommé Judas Maccabée, « ayant fait une collecte, envoya jusqu’à deux mille drachmes, à Jérusalem, afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement dans la pensée de la résurrection. Si, en effet, il n’avait pas espéré que les soldats tombés ressusciteraient, il eût été superflu et sot de prier pour les morts… Voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire afin qu’ils fussent absous de leur péché ». (2 M 12, 37-45)
On peut aussi voir l’intention de messe comme une action de grâce telle celle qu’accomplit Abraham en Genèse 14, 18-20 après être sorti vainqueur d’une guerre contre Kedorlaomer : « Melchisédech, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu Très-Haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram1 par le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre et béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. »
Une purification nécessaire
Il n’est pas rare dans les faire-part de décès publiés dans nos journaux de lire des phrases comme : « Du haut du ciel, veille sur nous » ou bien : « Tu as gagné ta place au paradis. » « Il est allé rejoindre au ciel son épouse qu’il aimait tant. » « Et si un ange passe, pars avec lui » et encore : « Tu es mon berger, Ô Seigneur, rien ne saurait manquer où tu me conduis » et enfin : « J’étais dans la joie, alléluia, quand je suis parti pour la maison du Seigneur. » Sainte Thérèse de Lisieux ajoute : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. »
Dans ces conditions, pourquoi prier encore pour les défunts que Dieu reçoit dans sa maison dès leur départ de ce monde ? Une des réponses se trouve dans l’Evangile. Jésus, dans sa controverse avec les pharisiens après la guérison d’un homme muet, leur déclare : « Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir. » (Mt 12, 32) On peut en conclure qu’il y aura des péchés qui seront pardonnés dans le monde à venir, après notre mort.
La prière pour les défunts implique donc l’existence d’un état de purification que l’Eglise qualifie du nom de purgatoire. Il ne s’agit ni d’un lieu, ni d’un temps ; on peut parler plutôt d’un état, une étape de purification. Il se base sur la conviction qu’il existe une solidarité mystique entre vivants et défunts. Nous ne faisons pas notre salut pour nous seuls, mais les uns pour les autres, car nous appartenons à un même corps dans lequel circule la grâce. « N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux », écrivait saint Jean Chrysostome au IVe siècle.
Le point de départ : l’Eucharistie
Pour comprendre l’Eucharistie (et en particulier, la tradition des intentions de messes), nous devons retourner au début. L’Eucharistie a été instituée à la Dernière Cène. Durant ce repas, Jésus prit du pain et déclara que c’était son corps. Il prit ensuite du vin et déclara que c’était son sang. Il commanda aussi à ses apôtres de « faire ceci en mémoire » de lui. Chaque messe est notre façon de demeurer fidèle à ce commandement. La messe est cependant beaucoup plus qu’une simple cérémonie de mémorial. Quand Jésus parla du pain, il déclara que c’était son corps « donné » pour nous. Lorsqu’il parla de son sang, il déclara qu’il le verserait pour nous comme le sang d’une Alliance nouvelle et éternelle. Ces paroles sont des références claires à ce qui devait lui arriver au cours des prochaines 24 heures, c’est-à-dire à sa mort sur la croix. L’Eucharistie ne peut donc être comprise séparément du sacrifice de Jésus sur cette croix.
La messe est beaucoup plus qu’une simple cérémonie de mémorial.
La lettre aux Hébreux consacre de longs passages expliquant comment l’offrande du sang de Jésus est l’ultime sacrifice qui met fin à tous les autres. De façon intéressante, cette lettre réfléchit aussi sur comment Jésus était/est une nouvelle sorte de prêtre, à la suite de l’ancien prêtre Melchisédech, qui vécut à l’époque d’Abraham. Quand Abraham rencontra Melchisédech, après avoir gagné une importante bataille, ce « prêtre du Dieu très haut » offrit un sacrifice d’action de grâce, utilisant du pain et du vin. Ce n’est pas par hasard que Jésus associa à sa propre mort ces éléments particuliers et cette association fait certainement ressortir encore plus clairement la nature sacrificielle de sa propre mort. Au chapitre 7, versets 26 à 27, la lettre aux Hébreux parle du Christ comme le grand prêtre par excellence : « C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. »
Pour les vivants
La coutume veut qu’à la messe, on prie en priorité pour les défunts. Mais sait-on qu’il existe quantité d’intentions pour les vivants ou pour des circonstances diverses ? Par exemple, pour le pape, pour les laïcs, pour les chrétiens persécutés, pour nos proches ou nos amis, pour les familles, etc. On peut aussi donner une messe pour les vocations sacerdotales, pour la paix et la justice, pour le pays et pour le monde. Il serait bien qu’à l’avenir, on en fasse mention dans nos intentions.
La coutume veut que, lorsque des fidèles demandent à un prêtre de célébrer une messe, ils accompagnent leur demande d’une offrande en argent. Si une somme d’argent est fournie au prêtre avec l’intention de messe, ce n’est pas pour la payer, car elle n’a pas de prix. Ou plutôt son prix est celui qu’a payé le Christ en se sacrifiant. On parle donc d’offrande. Elle était destinée aux besoins du prêtre, mais aujourd’hui, elle concerne presque exclusivement les besoins des pauvres d’ici et d’ailleurs.
1 Abram sera appelé Abraham à partir du chapitre 17 du livre de la Genèse.
Témoignages
Voici quelques témoignages de ceux pour qui la messe est indispensable :
« La messe est pour moi une occasion de recentrer ma vie sur ce qui est essentiel. Elle empêche aussi ceux et celles qui nous ont précédés auprès du Père de tomber dans l’oubli. C’est une façon de les garder vivants dans nos cœurs et de les savoir vivants auprès de Dieu. » Julien
« Maintenant que je suis maman, je retrouve le chemin de la messe en semaine. Cela m’a beaucoup manqué. C’est désormais le matin que j’y vais avec mon dernier qui me suit encore partout. Il y a essentiellement des cheveux blancs et des mamans. Nous sommes les « inutiles » de la société de production et de consommation, sortes de petites sentinelles invisibles. Mais nous avons, je le crois, l’une des plus belles parts. » Clémence
Pour donner une intention de messe, contactez le prêtre de votre paroisse par téléphone, mail, courrier ou en personne en précisant l’intention (personne, événement) et la date à laquelle vous voulez qu’elle soit célébrée. Vous pouvez aussi la mettre dans la boîte aux lettres de la cure. Accompagnez votre demande d’une offrande de Fr. 10.– pour soutenir les demandes d’aide.
C’est toujours pour l’ensemble de l’humanité, aujourd’hui et à travers tous les siècles, qu’une eucharistie est célébrée. Le sacrement revêt une portée vraiment universelle.
Dans le récit de l’institution selon le premier évangile (Matthieu 26, 26-29), Jésus prend le pain, le bénit, le rompt et le partage en s’identifiant à lui dans son corps. Puis il fait de même pour le vin en parlant du sang de l’Alliance nouvelle « répandu pour la multitude en rémission des péchés ».
Ainsi donc, lorsqu’il désigne les destinataires de cette offrande de lui-même, il englobe les êtres humains de toutes les générations : personne n’en est exclu. La remise des fautes ne connaît pas de limite ni de temps ni d’espace puisque le Christ s’est uni à tout homme et toute femme par la grâce de son incarnation, de son parcours de vie terrestre, de sa mort sur la croix et de sa Résurrection.
Quel sens cela a-t-il donc de formuler une « intention de messe » pour telle personne donnée ? C’est, d’une part, se focaliser sur l’effet salvifique et libérateur du don total de Jésus-Christ pour cet être précis et exprimer que l’amour infini du Seigneur l’enserre dans sa bienveillance.
C’est ensuite permettre à ses proches de manifester leur proximité particulière avec leur défunt en inscrivant en quelque sorte son nom sur les paumes des mains et dans le cœur de Dieu.
C’est également fournir l’occasion à la globalité de la communauté de faire mémoire de la personne décédée, de rendre grâce pour ce qu’elle a réalisé et la recommander à la tendresse du Père.
C’est aussi entretenir activement la foi en la communion des saint(e)s proclamée par le Credo, les vivants et les morts, de manière à ce qu’en Jésus se vive la plus intense des solidarités que rien ne peut arrêter.
C’est enfin donner un moyen concret et efficace de faciliter le chemin de deuil pour tous ceux et celles qui ont connu le défunt et baliser la prise de congé d’avec sa présence terrestre comme autant de petits cailloux semés sur son chemin vers la vie éternelle.
Parler d’une « intention », c’est manifester l’orientation conférée à l’acte d’offrande de la célébration et la confier totalement à la bonté divine qui seule en connaît la portée.
Lors de la récente messe à Saurimo, Léon soulignait notamment que le Seigneur nous demande « si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt ».
Par Thierry Schelling | Photo : Vatican News
Le saviez-vous ? Le Pape, qui célèbre quantité de messes, n’y applique jamais une intention tarifiée, comme ce numéro de L’Essentiel le thématise dans son Eclairage. Imaginez la cohue pour glisser le nom d’un proche, défunt ou malade, dans la poche du Pontife pour qu’il le « post-it » sur le maître-autel de Saint-Pierre !
Avec la bigoterie frisant l’indécence mercantile, qui pourrait s’y attacher ? Ce à quoi d’ailleurs Léon XIV vient de répondre lors de la messe à Saurimo (20 avril 2026) pendant son périple africain : « Le Seigneur […] nous demande si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt, par calcul ou par amour. […] La foule voit Jésus comme un instrument au service d’autre chose, un prestataire de services. S’il ne leur donnait pas à manger, ses gestes et ses enseignements ne les intéresseraient pas. Cela se produit lorsque la foi authentique est remplacée par un échange superstitieux, dans lequel Dieu devient une idole que l’on recherche seulement lorsque l’on en a besoin et tant que l’on en a besoin. [La foule] ne cherche pas un maître à aimer, mais un chef à vénérer pour son propre intérêt. »
Intentions de prière
Par contre, en 1844 déjà, un réseau de prière appelé Apostolat de la prière, qui aujourd’hui est présent dans 92 pays, compte 22 millions de participant.e.s catholiques. Que font-ils ? Au gré des mois et des années, les fidèles prient « aux intentions du Pape ».
Du coup, chaque année sont publiés non seulement les thèmes mensuels, mais également une vidéo de quelques minutes avec le Pape lui-même qui est mis en scène et / ou parle lui-même succinctement sur le thème retenu.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Noemi Honegger-Willauer, représentante de l’évêque pour la pastorale de la santé du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.
Par Noemi Honegger-Willauer Photo : DR
Le philosophe Martin Buber a formulé cette phrase célèbre : « Toute vie véritable est rencontre. » Cette idée s’accompagne de la conviction que les êtres humains ne peuvent développer leur identité qu’au contact des autres.
C’est dans des rencontres authentiques qu’une personne devient elle-même. La pensée de Buber fait écho à mon expérience d’accompagnante spirituelle. Mon quotidien est marqué par les rencontres. Des rencontres courtes avec une profondeur parfois surprenante. Des rencontres longues et touchantes. Des rencontres régulières au fil des mois, voire des années, pendant lesquelles les personnes suivies subissent des thérapies et des traitements intensifs.
Ces rencontres ne témoignent pas seulement de la fragilité et de la vulnérabilité de l’être humain, mais aussi souvent de vies intensément vécues : de moments de bonheur, de ruptures difficiles à surmonter, d’opportunités manquées et de déceptions, mais aussi de rêves réalisés.
Au cours des échanges, les souvenirs sont réinterprétés et compris à la lumière de la biographie personnelle : le patient ou la patiente se découvre de manière nouvelle et inattendue. Et cela vaut aussi pour moi. Les rencontres à l’hôpital me touchent et me transforment.
Identifier craintes et espoirs
En tant qu’accompagnants spirituels en milieu de santé, nous sommes présents pour toute personne qui le souhaite, indépendamment de sa religion ou de ses convictions. Sans porter de jugement, notre accompagnement vise à ce que la personne suivie identifie ses émotions, ses craintes et ses espoirs ainsi que ses valeurs.
Ensemble, nous essayons de trouver des mots pour exprimer le vécu et de le mettre en relation avec le parcours de vie personnel. A la lumière de nos échanges, nous encourageons les patients à communiquer leur point de vue et leurs attentes auprès de l’équipe soignante.
Dans toutes ces démarches, nous gardons toujours à l’esprit l’autonomie du patient que nous souhaitons renforcer par notre accompagnement. Nous contribuons ainsi à un système de santé qui place l’être humain, les rencontres et donc la vie au centre.
Du grec Kharisma, « don gracieux ». Il s’agit d’un don spirituel, le don de prophétie comme le don de guérison sont des charismes. Nous trouvons un énoncé des principaux charismes dans les deux Epîtres de saint Paul aux Corinthiens. Ces dons sont accordés par l’Esprit Saint. Tout don est un charisme. Les prophètes de l’Ancien Testament, Jésus chassant les démons, les apôtres se mettant à parler en différentes langues le jour de la Pentecôte sont des personnages charismatiques. Directement lié à la Bible, le mot charisme n’est entré dans le langage courant qu’au début du XXe siècle. Aujourd’hui, il est surtout utilisé pour signifier l’influence suscitée par une personnalité d’exception.
Par Véronique Benz
Humour
Dans un pays où sévissait une terrible sécheresse, des paroissiens allèrent trouver le curé pour lui demander de célébrer une messe pour que le Seigneur fasse pleuvoir sur leurs terres desséchées. Le curé leur répondit que la liturgie a prévu ce genre d’intention et fixa avec eux l’heure et la date. Le jour venu, l’église était bondée. Du haut de sa chaire, le prêtre posa cette question à l’assemblée : « Frères et sœurs, avez-vous la foi ? » Un grand oui s’éleva de toutes les lèvres des fidèles. Le curé reprit : « Eh bien, moi, je n’en suis pas si sûr ! En effet, je m’aperçois que personne d’entre vous n’est venu avec son parapluie ! »
Entre quête d’identité, cancers et retrouvailles inattendues, Marylise Pesenti, nageuse en eau glacée de l’équipe de Suisse, « avoue » que sa relation avec Dieu a été passablement écornée. Toutefois, elle le retrouve là où elle ne l’attendait pas…
Par Myriam Bettens Photos : J.-Claude Gadmer, Marylise Pesenti
En relisant votre parcours de vie, on se dit que cela fait beaucoup pour une seule femme… Où avez-vous trouvé les ressources pour surmonter tout cela ? En effet (rires)… C’est grâce à l’amour de ma famille et au soutien de mon mari, qui a toujours été présent. Il m’a accompagnée dans les démarches pour retrouver ma famille biologique. Ensuite, la maladie est arrivée… et là, c’était soit ça passe, soit ça casse. Il est resté à mes côtés, alors que même moi, je ne me reconnaissais plus !
C’est un peu la même chose avec Dieu, soit cela passait, soit cela cassait… Ma foi a été bousculée, je l’avoue. Un sentiment d’injustice m’habitait. Alors que j’étais croyante et pratiquante, Dieu venait de me « lâcher ». Où est-ce que j’avais fait faux pour devoir subir tout ça ? Et ce sentiment a encore été exacerbé lorsque mon papa a développé la maladie d’Alzheimer suite à l’annonce de son premier cancer. Je suis entrée dans une forme de rébellion contre Dieu.
Pourquoi « avouer » que toutes ces épreuves ont ébranlé votre relation à Dieu… Parce que, malgré tout, je ne me sens pas très à l’aise par rapport à cela. J’ai été élevée dans la foi, j’allais à la messe et je priais. J’ai mis tout cela de côté, car aujourd’hui, je me sens en décalage avec la foi que j’avais avant. Mais il est vrai que lorsque je me retrouve à l’église pour des enterrements, des mariages, des baptêmes, il y a quelque chose d’inexplicable qui monte en moi et me fait dire qu’« Il » est là malgré tout.
En même temps, on a aussi le sentiment que toute votre histoire est parsemée de « bénédictions ». Pourriez-vous dire que Dieu est là où vous ne l’attendiez pas ? (Rires). Oui, c’est tout à fait vrai. Il y a cette lumière, cette présence diffuse à plusieurs endroits de mon parcours. En même temps, je pense avoir « provoqué » certaines de mes bénédictions, comme les retrouvailles avec ma famille biologique…
Aujourd’hui, où en est votre relation ? (Hésitation)… Je n’irais pas jusqu’à dire que tout est rétabli, mais je me sens réconciliée avec Lui et surtout beaucoup plus apaisée. Après, cela fait aussi partie de mon caractère d’avoir cette capacité d’accepter les épreuves sans colère ni rancœur. On peut vivre des choses très difficiles, se disputer, sans toutefois rompre la relation de manière définitive. Je renoue prudemment avec une présence qui m’accompagne… cela même si nous ne sommes pas toujours copains.
Marylise, ici aux championnats du monde de nage en eaux froides à Oulu en Finlande, en mars 2026.
Sacré Léman !
« Ce n’est certainement pas un hasard », lance Marylise Pesenti en pointant du doigt un des panneaux de l’exposition installée sur la jetée des Bains des Pâquis (Genève) décrivant le caractère sacré du Léman. Comme d’autres lève-tôt, elle est adepte de la nage en eaux froides, voire glacées, et cela par tous les temps. « Nous sommes une dizaine à venir ici vers six heures du matin pour nager. » Cette pratique a commencé comme un défi, alors que ce corps avait décidé de lui « faire tellement mal », elle a décrété que c’était elle qui allait le « gérer ». Lors de son deuxième cancer, elle se lance le défi de nager entre Saint-Gingolph et la plage de Vevey et s’entraine donc en conséquence. Un ami d’enfance lui propose de participer à la Coupe de Noël 2018, une compétition de nage en eau libre dans le Léman au mois de décembre. D’abord réticente, elle finit par accepter et y prend goût. Elle se lance ensuite dans la compétition et intègre en 2023 l’équipe de Suisse de Winter swimming (ndlr. nage en eaux froides) et participe à plusieurs championnats du monde, dont le dernier en mars 2025, en Finlande, avec une eau à – 0.7°…
Bio express
Marylise Pesenti est née à Estavayer-le-Lac en 1968. Elle arrive à Genève deux ans plus tard, adoptée par une famille aimante. Mariée en 1990 à Giovanni, son indéfectible soutien, ils ont eu deux filles. Après de nombreuses recherches, son foyer s’agrandit suite aux retrouvailles avec sa famille biologique. Un premier cancer du sein lui est diagnostiqué en 2006, puis un second en 2014. Suite à ces « tsunamis », elle redéfinit ses priorités : « Maintenant, elle veut vivre ! » La maladie la contraint aussi à se reconvertir professionnellement. Infirmière de formation, elle travaille aujourd’hui comme conseillère en appareils auditifs.
Saint Antoine vu par l’artiste gruyérien Abraham Llucia Lopez.
Par Paul Martone | Photo : Claude Marguet
Saint Antoine de Padoue compte parmi les saints les plus populaires de l’Eglise. Nombreux sont ceux qui ont déjà invoqué son aide après avoir perdu quelque chose, ce qui lui vaut parfois d’être affectueusement surnommé « le saint des étourdis ». Mais Antoine est aussi un docteur de l’Eglise.
Antoine était originaire de Lisbonne, où il fut baptisé en 1195 sous le nom de Fernando. A l’âge de 15 ans, il entra au monastère des chanoines augustins près de Lisbonne. A peine deux ans plus tard, Antoine rejoignit leur monastère à Coimbra, l’un des plus prestigieux centres de formation théologique du Portugal, où il étudia la science biblique et la patrologie avant d’être ordonné prêtre en 1219. La même année, cinq franciscains furent envoyés au Maroc pour y répandre le christianisme, mais ils y furent torturés et finalement décapités. Le rapatriement de leurs dépouilles, à Coimbra, bouleversa tellement le chanoine Fernando qu’il entra dans l’ordre des franciscains. Ce n’est qu’alors qu’il reçut le nom de « Antoine ».
En 1220, il obtint l’autorisation de partir en mission au Maroc, mais il y tomba si gravement malade qu’il dut rentrer au Portugal ; une tempête le fit toutefois dévier vers la Sicile. De là, il se rendit à Assise où ses confrères reconnurent son talent d’orateur. Le supérieur de l’ordre le chargea donc de lutter contre les hérésies des cathares et des valdésiens.
Sa pauvreté franciscaine conférait de la crédibilité à ses discours, son immense connaissance de la Bible lui valait l’admiration, il était si convaincant qu’on le surnommait le « marteau des hérétiques » ; de nombreux miracles accompagnaient ses prêches. Dans un sermon, Antoine conseilla à ses disciples : « Notre vie est si pleine de belles paroles et si vide de bonnes œuvres… Je vous conjure donc de faire taire votre bouche et de laisser vos actes parler ! »
Ses discours et ses sermons révélaient une grande érudition et une grande éloquence, mais aussi une richesse intérieure et une profondeur. Une intelligence supérieure et une érudition étonnante s’unissaient à l’expérience de Dieu d’un mystique profond.
Antoine mourut le 13 juin 1231 à Padoue. En 1946, le pape Pie XII le proclama docteur de l’Eglise. Sa fête est célébrée le 13 juin.
Guglielmo Marconi est un physicien et inventeur italien né en 1874 à Bologne, considéré comme l’un des pionniers de la télécommunication sans fil.
En 1895, il parvient à réaliser ses premières transmissions radio sur plusieurs kilomètres à Salvan dans le Valais. Marconi cherche à vérifier si les ondes radio peuvent franchir des obstacles naturels comme des collines ou des montagnes. Il installe un émetteur et un récepteur à distance et parvient à transmettre des signaux malgré le relief, ce qui constitue une avancée scientifique majeure en démontrant ainsi que les ondes électromagnétiques ne nécessitent pas de ligne de vue directe parfaite, contrairement à la pensée commune de l’époque.
Marconi poursuit ses recherches au Royaume-Uni, où il bénéficie d’un soutien financier et scientifique. En 1897, il fonde la Marconi Company, qui contribue au développement et à la commercialisation de la radio. Son invention connaît un succès rapide, notamment dans le domaine maritime, où elle améliore considérablement la sécurité des communications en mer. En 1901, il réussit un exploit historique en transmettant un signal radio à travers l’Atlantique, entre l’Angleterre et Terre-Neuve.
Ses travaux révolutionnent les communications et ouvrent la voie à la radio moderne, puis à la télévision et aux technologies sans fil actuelles. Pour ses contributions majeures à la science, Marconi reçoit le prix Nobel de physique en 1909, qu’il partage avec le physicien allemand Karl Ferdinand Braun. Au-delà de ses inventions, il incarne l’esprit d’innovation de son époque et marque durablement l’histoire des sciences et des technologies.
Sa pensée scientifique est profondément attachée à la foi catholique : il considère que ses découvertes, notamment dans la radio, peuvent servir l’humanité tout en restant compatibles avec les valeurs religieuses. Sans être un théologien, il voit dans ses découvertes scientifiques une forme d’harmonie avec l’ordre du monde, qu’il associe à une dimension spirituelle.
Guglielmo Marconi collabore avec le Vatican pour développer des moyens de communication modernes. En 1931, il participe à la mise en place de Radio Vatican, permettant au pape Pie XI de diffuser son message à travers le monde.
Guglielmo Marconi meurt en 1937, laissant derrière lui un héritage considérable.
Ses découvertes ont transformé les modes de communication à l’échelle mondiale et ont jeté les bases des systèmes modernes de transmission sans fil, essentiels dans notre quotidien.
Assis dans un café, en face de moi, Pierre Vianin parle aisément. Je perçois directement l’enseignant et le pédagogue. Il me raconte sa vie, ses engagements, sa passion pour la lecture et pour l’écriture… Le fil rouge de son histoire est sans aucun doute le verbe. Le verbe comme parole, comme mot, mais aussi le Verbe de Dieu.
Par Véronique Benz | Photo : DR
Marié à Ursula et parent de trois filles adultes, Pierre prendra officiellement sa retraite à la fin juin. Après une formation en pédagogie curative à Fribourg, Pierre a d’abord travaillé dans l’enseignement spécialisé. Puis pendant près de 24 ans à la HEP du Valais tout en gardant un 30 % pour l’appui scolaire. Pour cet homme très investi dans son travail, la retraite représente une période particulière. « J’ai beaucoup prié pour savoir ce que j’allais faire de ma retraite et j’ai eu une réponse ! Comme quoi c’est bien de prier ! » Pierre Vianin a décidé de consacrer une « bonne partie » de sa retraite à l’Eglise. Cela semble couler de source pour quelqu’un qui s’est engagé sans relâche.
Pierre est né dans une famille croyante. Il a reçu une éducation chrétienne. « J’ai toujours été croyant et je le suis de plus en plus, même si parfois j’ai douté. » Comme croyant, il dit s’être investi un peu dans l’Eglise. Lorsqu’il m’énumère ses engagements, je trouve le « un peu » superflu. Pierre a été servant de messe et lecteur. Il a fait partie, avec l’abbé François-Xavier Amherdt, de la commission qui a lancé L’Arc-en-Sierre (ndlr. L’Essentiel de Sierre). Avec son épouse, il a suivi la formation aux ministères et service en Eglise (FAME) qui s’appelle aujourd’hui le parcours Théodule. Puis, il fut pendant dix ans le rédacteur responsable du journal paroissial de Sierre. Pendant une dizaine d’années, en lien avec un prêtre, Pierre et son épouse Ursula se sont occupés de la préparation des jeunes au mariage.
Pierre a coécrit avec l’abbé Amherdt un livre sur la pédagogie du Christ (voir ci-contre). Depuis une petite année, il est membre de l’équipe de rédaction de la page Eglises du Nouvelliste.
Enfin, avec son épouse et grâce à une copine, « j’ai découvert il y a cinq ans les écrits de Maria Valtorta, une mystique italienne. Cartésien de nature, j’ai été plutôt sceptique au départ. Puis j’ai lu les dix volumes et j’ai trouvé cela magnifique. Ces ouvrages m’ont aidé à approfondir ma foi. Lorsque j’en ai parlé autour de moi, j’ai constaté que personne ne connaissait Maria Valtorta. » Conscient que ces écrits ne sont pas reconnus officiellement par l’Eglise, Pierre, avec son épouse et trois autres personnes, a fondé l’Association Maria Valtorta, dont le but est de promouvoir la lecture de ses œuvres. « L’expérience me montre que les gens qui lisent Maria Valtorta approfondissent les Evangiles et se rapprochent de l’Eglise. Et ce fut en effet mon cas. »
A travers tous ses engagements, Pierre approfondit sa foi et comble sa passion pour l’écriture. Il trouve également les rencontres très enrichissantes. Bonne retraite au service du Christ et de sa mission !
Un souvenir marquant de votre enfance ?
Dès l’âge de 10 ans, je savais que je voulais devenir enseignant. Lorsque j’ai passé l’examen pour entrer à l’Ecole Normale, une de mes tantes a prié sainte Rita. J’ai appris des années plus tard que c’était la sainte des causes désespérées ! Vous imaginez la confiance de ma tante dans mes capacités à m’en sortir tout seul !
Votre moment préféré de la journée ?
Après une journée bien chargée, se retrouver le soir dans sa chambre, tranquille, avec un bon bouquin dans les mains. C’est le bonheur absolu !
Votre principal trait de caractère ?
Calme, très calme et lent, très lent. J’ai la chance d’être quelqu’un de passionné. Je suis aussi un peu naïf !
Le livre que vous avez lu plusieurs fois ?
Naturellement, les livres de Maria Valtorta, mais il y a également deux livres de François Varone qui m’ont transformé : Ce Dieu absent qui fait problème et Ce Dieu censé aimer la souffrance.
Une personne qui vous inspire ?
Le Christ. Je suis admiratif du sens de la répartie du Christ, par exemple quand il dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Une citation biblique qui vous anime ?
J’aime beaucoup le prologue de saint Jean : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. » (Jean 1, 1)
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Convertissons-nous ! Guillaume Soury-Lavergne
Comme paroissiens, face aux crises et à l’ampleur des défis à relever, nous pouvons être tentés de nous démobiliser, voire de désespérer. Pourtant, pour que Dieu puisse agir dans notre faiblesse et faire advenir son Royaume, il nous faut prier ensemble et convertir nos habitudes. Le père Soury-Lavergne, fort de vingt années de vie sacerdotale, nous souffle une réflexion parfois audacieuse, souvent drôle et toujours concrète sur la vie paroissiale, fondée sur la parole de Dieu et le magistère de l’Eglise. S’adressant à tout baptisé, il dresse un état des lieux réaliste, illustré par son expérience, et détaille avec enthousiasme cette mission que Jésus nous a confiée. Ses conseils pratiques nous encouragent à poursuivre la conversion pastorale et personnelle pour renouer enfin avec la victoire de la vie !
Renaître et Vivre Thibaud Guespereau – Henri Vallançon – Thibaud Collin
Quelle joie de voir aujourd’hui tant d’adultes demander le baptême ! Ce signe d’espérance est aussi un appel pressant pour les pasteurs et les accompagnateurs : aider ces nouveaux croyants, souvent jeunes, à enraciner leur foi afin qu’elle grandisse et porte du fruit jusqu’à la vie éternelle. Comment soutenir ces commencements fragiles ? Comment conduire les catéchumènes vers une foi solide et vivante ? En prenant appui sur des contributions scientifiques, théologiques et philosophiques, ce livre donne des repères pour comprendre le temps présent, accueillir l’action de la grâce et entrer avec réalisme dans le combat spirituel. A l’écoute de l’histoire et des maîtres de la vie intérieure, il ouvre des pistes permettant de renouveler l’accompagnement des catéchumènes.
Si l’on devait compter toutes les sollicitations qui jalonnent nos journées, nous pourrions aisément nous sentir submergés, voire perdre le sens de l’orientation. Prêter attention à chacune d’elles est impossible : notre esprit trie sans cesse entre des courants qui s’entrechoquent et s’entremêlent. Ce livre s’adresse à celles et ceux qui souhaitent interroger leur rapport à la société actuelle. Dans un monde qui questionne la place des religions et bouscule nos repères, il n’est pas toujours simple d’ancrer sa vie et de tenir une direction. La multiplication des sollicitations et la course en avant éprouvent aussi notre capacité, en tant que disciples du Christ, à assumer notre véritable identité.
Et si chaque repas était l’occasion de se tourner ensemble vers Dieu, dans la gratitude et la confiance ? Ce livre propose des bénédicités pour chaque jour de la semaine, mais aussi pour les grandes étapes de l’année liturgique et les moments forts de la vie familiale : anniversaires, fêtes, examens, sacrements, sans oublier les périodes plus douloureuses. Puisées dans la Parole de Dieu ou inspirées de paroles de saints, ces courtes prières invitent à placer Dieu au cœur du quotidien.
Quels sont les ingrédients d’une Patronale réussie ? Puplinge nous l’a démontré, samedi 25 avril, à l’occasion du Dimanche du Bon Pasteur. Photos à l’appui, voici quelques pistes de réponse.
Rassembler. Une Patronale est l’occasion rêvée pour rassembler plus large que son petit cercle de connaissances. C’est l’occasion d’inviter large et le fait qu’il n’y ait qu’une seule messe dans l’UP contribue à cela, laissant libres les personnes qui ne voudraient pas participer à cette invitation de venir ou pas. C’est sûr que c’est triste de se dire que pour je ne sais quelle raison, d’aucun.e.s rechigneraient à « faire le déplacement », si court soit-il.
Réjouir. La liturgie, simple, chantante et joyeuse, n’a pas souffert d’arabesques interminables ou de chichis baroques. Non. La chorale de Chêne-Thônex a prêté son concours, et même si réduite ce jour-là, a animé l’assemblée… qui a cherché un peu son unisson vocal avant de trouver le ton juste. C’est exactement cela, le sens de l’eucharistie : trouver ensemble la note commune pour moduler sa voix dans le concert des chantres de Dieu.
Régaler. L’homélie de notre Père Sviatoslav, la concélébration des trois prêtres de la Région, rejoints par nos collègues laïcs au moment de la communion, puis le buffet dressé dehors – merci Sieur Soleil – ont régalé. Pas seulement de l’eucharistie, pain de vie, mais grâce au savoir-faire libanais de nos amphitryonnes efficaces et modestes. A observer discrètement, tout le monde s’est resservi au moins deux fois ! Autant à l’eucharistie – Parole et Pain – qu’auprès des plats savamment préparés à l’apéro sur le parvis.
Rassembler, réjouir, régaler. Et repartir. Oui, une messe, un apéro, tout ce qui sert la convivialité entre disciples du Christ a un but missionnaire : repartir avec la joie au cœur, l’estomac plein, le cœur rempli, et ma foi (ce n’est pas peu dire !), la joie d’être témoins du Christ le Bon Berger. Qui ne nous tient pas servilement sous sa houlette, mais nous appelle à devenir à notre tour bergères et bergers là où nous vivons, aimons, travaillons, souffrons, rêvons, croyons…
Le trio local !Apéro approuvé !Merci à Flavia et Yona et aux bergères et bergers au service de tous !Eglise du Bon Pasteur illuminée.
Par Thierry Schelling Photo : Chrystophe Rakotondranaivo
Why so ? Une messe en anglais à Saint-Joseph ne vient-elle pas contredire le plan diocésain de réduction des « prestations liturgiques » dans un esprit de regroupement communautaire ?
Eh bien… oui et non. Il n’empêche, c’est à la demande de nombreux paroissiens anglophones que cette messe a été proposée, et tend à se pérenniser. Pourquoi ? Parce que les fidèles sont en majorité philippins, ont des horaires de travail – pas toujours déclaré d’ailleurs par leurs employeurs ! – infernaux, des emplois aux quatre coins du canton, et peinent à se rassembler dans la sérénité sur la Rive gauche. Nombreux sont celles et ceux qui fréquentent… fréquentaient la messe de 18h à St-Jo et en français.
Cette messe en anglais est mensuelle, et donc, le reste du mois, ces fidèles participent à l’habituelle messe du samedi soir. C’est un compromis : desservir une communauté qui a besoin de se retrouver et de comprendre « de A à Z » les paroles de la messe, de l’homélie, des prières, etc., et pouvoir s’exprimer tout pareillement. Puisque le reste du temps, c’est le français qui domine à la célébration. Leurs emplois du temps, leurs vies parfois clandestines, leurs employeurs n’aident en rien à ce qu’ils et elles apprennent le français, tant il est vrai que l’on peut vivre à Genève des décennies sans devoir parler le français ! C’est le paradoxe des villes internationales…
In any case, un chœur anime ces célébrations, une team, Marlene et Lynette aux commandes, coordonne le tout, notamment lectrices et autres. Et c’est une joie pour le curé de célébrer et prêcher in English « pour le bien des âmes », spécialement pour ces croyant.e.s pas toujours bien considéré.e.s par le tout-venant qui sont si grand.e.s aux yeux de Dieu !
A quand une messe bilingue dans un horaire déjà existant à St-Jo ? Ce sera peut-être la prochaine étape…
Ce n’est pas qu’ils ne nous intéressent pas, mais à force de croiser ces petites mains, on finit par ne plus les voir. De plus, ils et elles sont souvent timides et discrets. Pourtant, ces personnes ont un passé, une histoire. Et qui pourrait bien nous inspirer. Si vous êtes encore avec nous, c’est que cela vous intéresse aussi. Alors allons-y.
Claude Amstutz, notre sacristain, a été touché par une conversion disons… tardive. Son retour à l’Eglise s’est fait à quarante ans passés. En découvrant l’église de Sainte-Thérèse en 1978, ce fut le coup de foudre. Il le dit lui-même : « Je me suis senti chez moi. » Et il a rejoint notre communauté, apportant son bagage acquis lors de son ancien métier de libraire. Vous savez, ce métier qui consiste à « tout » lire, même ce qui ne correspond pas à vos valeurs, simplement par curiosité et respect. Une belle leçon de tolérance et d’ouverture d’esprit. Mais Claude a été plus loin : sa soif de connaissances, il a aussi voulu transmettre. Les réflexions suggérées par ces lectures ne pouvaient pas rester lettre morte. Il lui fallait être le passeur. Non pas le prosélyte, mais le témoin. Dans le domaine littéraire, mais également en musique et en spiritualité. Consultez son blog JUBILATE DEO : c’est éclairant, rafraichissant et profond. De la profondeur qu’on retrouve chez certains religieux. Vocation à laquelle il a pensé très fort. Mais un père carme l’a en dissuadé avec comme argument : « Vous posez beaucoup trop de questions. Pour une vocation réussie, on fonce… » A méditer.
Mais tout engagement n’est que partiel s’il n’est pas suivi par les actes du quotidien. Claude l’a très bien ressenti. Et à la suite d’une rencontre porteuse de sens avec l’abbé Thierry Fouet, il accompagne spirituellement les résidents de l’EMS des Bruyères. Apportant son vécu de converti et de proche aidant. Contrairement à Obélix qui est tombé dedans tout petit, il a gardé le questionnement de sa vie d’avant. Voilà pour les activités hors les murs.
Intra muros, il a endossé les responsabilités de la sacristie, de la gestion des lecteurs, du mouvement chrétien des retraités et la participation au conseil pastoral. Aujourd’hui, son souhait le plus cher reste de continuer à partager foi, valeurs et connaissances. En un mot, ne pas cesser de témoigner…
Le blog Jubilate Deo a vu le jour en décembre 2013 et se veut le reflet des beautés immuables de Dieu, du monde et des hommes.
Proche de la spiritualité du Carmel, il s’efforce néanmoins d’être ouvert aux interrogations et aspirations qui traversent la terre que nous foulons, tantôt d’un pied léger et la joie au cœur, tantôt accablés par ce qui nous dépasse, nous échappe ou semble se dissoudre dans les fissures du Temps.
A découvrir sur le site internet jubilate-deo.com où vous pourrez également vous inscrire pour recevoir la newsletter par courrier électronique : www.jubilate-deo.com
Certaines légendes affirment que le Léman serait né d’un reste du Déluge. Nulle Arche de Noé ici, ni Léviathan tapi dans la rade, mais une exposition temporaire installée sur la jetée des Bains des Pâquis. Léman sacré explore les liens entre le lac, la spiritualité et les pratiques religieuses qui s’y sont développées au cours de l’histoire.
Par Myriam Bettens Photos : Denis Ponté, Marcel Bolomey, Musée du Léman, Myriam Bettens
Alors que Genève émerge à peine de sa torpeur, une dizaine d’habitués, bonnets en néoprène vissés sur la tête, se retrouve chaque matin, et par tous les temps, aux Bains des Pâquis, pour débuter la journée par une baignade dans le Léman. La nage en eau froide réunit, depuis quelques années, un nombre d’adeptes grandissant. Pour eux, les bienfaits sont autant physiques que spirituels. De là à parler d’une immersion dans la transcendance, il n’y a qu’une brasse.
L’eau, substance primordiale, occupe une place particulière dans l’imaginaire mythologique et la pratique religieuse, et le Léman n’est pas en reste. On peut même dire qu’il déborde de multiples légendes ! Il ne s’agit pas ici de mythes entourant ce lac, mais bien de réalités tangibles attestées par des documents, des lieux ou des objets historiques inventoriés à l’occasion d’une exposition sur le caractère sacré du Léman et attestant qu’une intense activité religieuse s’y est développée. Installée sur la jetée de ces mêmes thermes publics, l’exposition Léman sacré vous met directement dans le bain.
Inaugurée à l’été 2025, elle explore plus de deux mille ans d’histoire du sacré autour du Léman. Née de la collaboration entre l’Association d’usagers des Bains des Pâquis (AUBP) et le Musée du Léman à Nyon, elle est le fruit d’une longue enquête. Des musées aux bibliothèques, en passant par les archives, la récolte de témoignages et la consultation de multiples articles de presse, l’exposition balaie un large champ de domaines. Cette investigation documentaire est complétée par la recherche dans les églises et les temples des communes qui bordent le lac, en Suisse comme en France, d’artéfacts religieux tels que vitraux, statues et fresques.
On y rencontre des divinités tutélaires, des dieux romains, des Vaudois (pas nos voisins…mais les autres), des papes qui nous mènent en bateau et même quelques anguilles excommuniées ! Le Léman n’est, certes, pas le Jourdain, pourtant ce plan d’eau a longtemps été utilisé comme « baptistère ». La visite pourrait donc (théoriquement) se clôturer par un baptême de nage en eaux froides… ou pour les plus frileux, du côté de la buvette pour plonger sa fourchette dans un caquelon fumant.
Notre-Dame des Naufragés. Peinture exposée à la Chapelle de Notre-Dame du Lac à Nernier (FR).Les fautives anguilles excommuniées.La jetée des Bains.
Herméneutique, rédemption, Trinité, transcendance, oblation… Ok, j’arrête les « gros mots » de la foi chrétienne. Ces concepts résonnent-ils encore dans le Peuple de Dieu d’aujourd’hui (je m’y inclus, tout prêtre que je suis) ? Demandez aux fidèles leur compréhension de la transsubstantiation… et nous sommes tous hérétiques ! J’ai bien dit « compréhension », pas « définition ».
Tout le monde n’a pas fait « Fac de théo » pour jongler avec ces mots ! Mais de la jonglerie à la pitrerie verbale, il n’y a qu’un pas : dès 10h20, un œil se ferme, puis deux ; un bâillement est retenu… On a perdu le Peuple de Dieu.
Sans parler des sciences bibliques : le péché originel n’est pas dans la Bible. Ah bon ? Mais alors… Le lexique chrétien évolue, comme les langues vernaculaires. Paul, avec ses Lettres, a initié en grec raffiné une première réflexion théo-logique, dans un contexte où les esclaves et la deuxième place des femmes, c’était ok… Mais aujourd’hui ? On me susurre que Paul n’est probablement pas l’auteur de toutes « ses » Lettres ! Quoi ?
Heureusement que l’immanence de la Trinité, où la Seconde hypostase s’est incarnée par pathogénèse, n’empêche en rien la consubstantialité de la divinité par périchorèse tendant à la parousie… Capito ?
Les agents pastoraux utilisent des mots et des phrases dont les fidèles ne comprennent plus vraiment le sens.
L’Eglise a perdu l’art de transmettre son message dans un langage compréhensible. Des expressions et des images intelligibles à l’époque de Jésus ne le sont plus aujourd’hui. Que signifient les mots que nous utilisons ? Essayons un « aggiornamento », c’est-à-dire une traduction des mots anciens dans une forme moderne.
Par Paul Martone | Photos : Unsplash, Pixabay, DR
« Comment l’Eglise va périr dans son langage. » C’est le titre provocateur qu’Erik Flügge a donné à son livre (Der Jargon der Betroffenheit : Wie die Kirche an ihrer Sprache verreckt, Kösel 2016). Il y écrit que dans sa prédication, l’Eglise utilise encore aujourd’hui des expressions et des images qui étaient compréhensibles à l’époque de Jésus, mais qui ne le sont plus pour les hommes modernes. Le réalisateur bavarois Christian Stückl dit lui aussi que l’Eglise a perdu l’art de traduire son message dans un langage accessible. Selon lui, l’Eglise a perdu le contact avec les gens, qui ne reviennent à la foi que lorsqu’ils traversent une période difficile, car ils ne connaissent plus le sens de cette institution.
« Aggiornamento » de la langue
Les deux auteurs ont en quelque sorte raison. Les agents pastoraux utilisent dans les sermons, les liturgies et les prières des mots et des phrases qui leur viennent sans peine aux lèvres, mais dont nous ne comprenons plus vraiment le sens. Dans cet article, explorons la question suivante : que signifient les expressions qu’on utilise dans l’Eglise et comment peut-on les rendre compréhensibles ? Ici, il ne s’agit ni de banaliser la langue ni d’une nouvelle interprétation, mais plutôt d’un « aggiornamento », c’est-à-dire d’une traduction sous une forme moderne. Le langage de l’Eglise doit être proche de tout le monde, il ne doit pas être parlé et écrit pour une petite élite.
La conscience
La conscience est le for intérieur le plus secret de l’homme, où il se trouve seul avec Dieu. C’est la voix intérieure par laquelle Dieu se fait remarquer. Elle le pousse à toujours faire le bien et à s’abstenir du mal sans réserve. La conscience est un jugement de la raison par lequel l’homme reconnaît si un acte donné est bon ou mauvais. Elle peut toutefois être engourdie et induite en erreur. C’est pourquoi il est nécessaire qu’elle soit formée pour devenir un instrument intérieur toujours plus fin de l’action juste, ce qui est une tâche qui dure toute la vie. La première étape de la formation de la conscience est l’autocritique. En effet, nous avons tendance à juger en notre propre faveur. La deuxième étape consiste à s’orienter vers les bonnes actions des autres. La troisième étape, qui est sans doute aussi la référence pour cette école de vie, ce sont les Dix Commandements de la Bible, la Parole de Dieu, la prière quotidienne, ainsi que l’enseignement de l’Eglise. Il faut toujours obéir à une conscience bien formée, même au risque de commettre une erreur. L’être humain a le droit d’agir librement selon sa conscience et de prendre ainsi des décisions morales personnelles. Il ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas non plus être empêché d’agir selon sa conscience, en particulier dans le domaine de la religion.
L’être humain a le droit d’agir librement selon sa conscience.
La grâce
Le latin peut nous aider à comprendre ce mot, car dans cette langue, la grâce se dit gratia. Ce mot nous rappelle le mot « gratuit ». On peut dire que la grâce est un don que Dieu nous fait, et ce gratuitement, sans condition ni contrepartie. Elle est « l’attention libre et aimante que Dieu nous porte, sa bonté secourable, la force de vie qui vient de lui. La grâce, c’est tout ce que Dieu nous donne sans que nous le méritions le moins du monde » (Youcat, catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes. N o 338). La grâce nous rend capables de vivre dans l’amour de Dieu et d’agir à partir de cet amour.
L’herméneutique
L’herméneutique, dans le contexte ecclésial, désigne l’art et la science d’interpréter et de comprendre les textes bibliques. Elle cherche à saisir le message originel des Ecritures dans leur contexte historique, linguistique et culturel. En même temps, elle reconnaît que les lecteurs interprètent toujours à partir de leur propre époque et de leur expérience. Dans l’Eglise, l’herméneutique sert à rendre la Bible pertinente pour le présent sans en déformer le sens initial. La tradition, l’enseignement de l’Eglise et l’interprétation communautaire y jouent un rôle important. Son objectif est de rendre le message biblique compréhensible afin qu’il puisse orienter la foi et la vie aujourd’hui.
L’oblation
L’oblation est l’offrande faite à Dieu, souvent sous une forme matérielle ou symbolique. Elle peut se manifester dans la liturgie, notamment lors de l’offertoire, où le pain et le vin sont présentés. Au-delà du geste rituel, elle exprime aussi le don de soi du croyant à Dieu. L’oblation renvoie ainsi à une attitude intérieure de disponibilité et de dévouement. Dans la tradition chrétienne, elle est étroitement liée au sacrifice du Christ, compris comme offrande parfaite. Son but est d’inviter les fidèles à participer à ce mouvement d’offrande dans leur vie quotidienne.
La transcendance
La transcendance dépasse le monde sensible et l’expérience humaine ordinaire. Elle renvoie principalement à Dieu, considéré comme infiniment au-delà de la création. Cette notion souligne que Dieu ne peut être pleinement compris ni saisi par l’intelligence humaine. En même temps, la transcendance n’exclut pas la proximité de Dieu, qui se révèle et agit dans le monde. Dans l’Eglise, elle invite à l’humilité et à l’adoration face au mystère divin. Son rôle est d’orienter les croyants vers une réalité ultime qui donne sens et profondeur à leur existence.
La transcendance dépasse le monde sensible et l’expérience humaine ordinaire.
La transsubstantiation désigne la transformation réelle du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l’Eucharistie.
La transsubstantiation
Dans la conception catholique, la transsubstantiation désigne la transformation réelle du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l’Eucharistie.
L’apparence extérieure (forme, goût, odeur) reste identique, mais l’essence intérieure – la substance – est entièrement changée. Selon la doctrine catholique, cette transformation s’opère par les paroles de consécration prononcées par le prêtre lors de la messe. Elle repose sur la foi en la présence réelle et permanente du Christ dans le sacrement. Cette doctrine a été élaborée de manière systématique, notamment au Moyen Age, entre autres par Thomas d’Aquin, et reste aujourd’hui encore au cœur de la doctrine catholique sur l’Eucharistie, qui se distingue sur ce point des autres confessions chrétiennes.
« Parole, parole, parole. » Ce refrain italien d’une chanson française bien connue permet de prendre conscience que chaque Pape écrit littéralement des tonnes de mots : encycliques, exhortations, lettres, homélies… Quand on y pense, il y a une somme incommensurable d’écrits, de mots donc, que les Papes ont couchés sur papier pour dire le message doctrinal, théologique, religieux. C’est leur tâche première en tant que garants de la charité universelle entre catholiques.
On estime, pour donner un cas de figure, à près de 30’000 le volume d’écrits pontificaux avant… l’année 1200 ! Colossale masse inégalée, qui plus est, dépassée depuis Gutenberg ! Et indénombrable…
Verba volant
Sans compter les paroles papales : combien volent depuis que les Papes sont Papes ! La première voix enregistrée d’un pontife fut celle de Léon XIII (1878-1903). Et dès Jean XXIII – avec ses Fioretti, ses propres jeux de mots recueillis pour la postérité –, les mots a cappella des Papes ont été scrutés… Gare au faux mot, à l’impair diplomatique, à la langue qui fourche. L’ars diplomatica s’est développé avec rigueur depuis 1701 lorsque Clément XI fonde l’Académie Pontificale Ecclésiastique, l’école des nonces, ces ambassadeurs du Pape auprès des gouvernements du monde entier. On y apprend notamment la rhétorique, la didactique et même comment tenir son verre en société – c’est vrai que tout se fait au nom du Pape !
Sans oublier que le polyglottisme des épiscopes de Rome s’est élargi avec un Jean-Paul II lisant en phonétique des dizaines de langues du monde. Mais qui se rappelle de tout ce qui a été dit ? Qui va relire ce qui a été écrit ?
Scripta manent
On ferait bien : car la mémoire oublie vite. Heureusement, les archives sont accessibles, et sur Internet, le site du Vatican donne accès à tout ce que le Pape a dit depuis l’an 2000 tout de même. On peut y surfer par mots et ainsi retracer son flux au travers de tous les documents papaux… Et se rappeler que « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », parole de Pontife !
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