Saint Nicolas, prie Dieu pour nous!

Par Sviatoslav Horetskyi
Photos : Divers

A l’occasion de la fête de saint Nicolas, le 10 mai dernier, la nombreuse communauté ukrainienne des paroisses gréco-catholiques de Suisse s’est réunie dans la prière. Pour la quatrième année consécutive, le clergé a organisé un pèlerinage commun de toute la communauté ukrainienne afin de prier auprès des reliques de saint Nicolas, conservées dans la cathédrale de Fribourg. Accompagnés de leurs prêtres, les fidèles ont pris part au programme spirituel de la journée. 

Durant l’acathiste à saint Nicolas, chacun a pu vénérer les reliques et recevoir l’onction bénie avec le myron apporté de Bari, en Italie, où repose le corps de saint Nicolas.

La prière s’est poursuivie par la Divine Liturgie solennelle, présidée par le Père mitré Mykhailo Romaniouk, syncelle pour le clergé et les familles sacerdotales.

Dans son homélie, le Père a souligné que saint Nicolas avait compris le grand mystère de l’Evangile : la véritable richesse ne réside pas dans ce que nous gardons pour nous-mêmes, mais dans ce que nous donnons avec amour : « Notre communauté ukrainienne en Suisse est un véritable atelier spirituel, où nous apprenons à devenir disciples du Christ. Nous sommes appelés à bâtir activement l’unité. »

Le Père a également rappelé qu’en Suisse, notre communauté gréco-catholique est une ambassadrice de l’Ukraine et de notre Eglise. Lorsque nous demeurons unis, nous témoignons authentiquement de notre culture, de notre foi et de notre patrie ukrainienne.

A l’issue du programme de prière, les participants au pèlerinage se sont retrouvés autour d’un moment fraternel de partage et de convivialité.

Saint Nicolas fut une « règle de foi et un modèle de douceur ». Qu’il nous obtienne la paix qui dépasse toute intelligence, l’amour qui ne cherche pas son propre intérêt, l’humilité qui élève l’âme, ainsi que la miséricorde qui nous rend semblables à Dieu.

Saint Nicolas, prie Dieu pour nous !

Lexique des Chrétiens d’Orient

Acathiste : hymne de louange chanté debout.

Myron : terme pour le saint-chrême.

Divine liturgie : mot pour désigner « la messe ».

Père mitré : le prêtre a reçu la dignité de porter la tiare, un peu l’équivalent du Monseigneur avec la soutane à liseré et ceinture violets dans l’Eglise romaine.

Envie de vous parler de… LUMIERE

Propos recueillis par François Riondel
Photos : Raphaël Beffa

La lumière joue un rôle central dans les créations de Raphaël Beffa, prénommé rafabé dans le milieu artistique. Récemment invité lors d’un culte au temple de Gy pour y présenter trois de ses créations, Raphaël m’a éclairé (c’est le cas de le dire) par ses propos. J’ai donc eu envie de les partager avec vous.

La lumière brille depuis longtemps, le soleil, les étoiles, la lune… et puis l’être humain essaya de chasser la nuit avec différentes inventions, telles que la lampe à huile qui date d’environ 15’000 ans, puis l’ampoule à filament qui fête ses 150 ans et enfin les LED blanches dont les inventeurs ont reçu le prix Nobel en 2014.

Raphaël est passionné tant par la technique que par la création artistique. Tout en profitant des avancées technologiques, il s’inspire des objets récoltés dans la nature, où il y voit une indéniable signature divine. Il utilise aussi des objets obsolètes qui ont résisté au temps, attestant ainsi du labeur et de l’ingéniosité des humains, et offrant également la beauté de leurs formes géométriques.

Lors de la cérémonie religieuse à Gy, Raphaël avait choisi deux passages de la Bible qui l’inspire et qu’il commente :

« Dieu dit : que la lumière se mette à briller (Genèse 1.3). C’est une phrase courte et puissante. Il s’agit de sortir des ténèbres et d’exprimer d’où l’on vient. C’est une question universelle que chaque être humain se pose. Il y a là un début, une volonté de créer. »

« … et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde
(Jean 1.5-9).
Là encore, il s’agit d’universalité. La parole éclaire tous les êtres humains et c’est à chacun de nous que revient la tâche d’être témoin de la lumière. »

Raphaël me dit encore : « Parfois je me demande dans quelle mesure la créativité et les démarches artistiques que j’entreprends permettent d’être témoin de la lumière. Cela peut paraître un peu orgueilleux ou inefficace, mais au fil des expositions, je me rends compte que c’est utile aux visiteurs. C’est toujours rassurant pour moi de savoir que, pour quelqu’un d’autre, j’ai pu déclencher une impression de poésie et de réconfort. C’est peut-être ça, un témoignage de la lumière ? »

Les trois lampes sur la photographie

La lampe au centre interroge notre passé industriel. Le bouton en céramique est toujours fonctionnel. Le tube électrique de plomb ainsi que le socle en bois datent des années 50. L’ampoule LED, peu énergivore, permet l’utilisation du papier pour réaliser ce petit abat-jour. 

La lampe de droite représente une fleur fragile. Elle est réduite à l’essentiel : un galet, deux fils de cuivre, trois pixels LED et un abat-jour de un gramme. Pour affiner le tout, un petit bouton également réalisé dans un volume minimal.

La lampe de gauche représente la complémentarité de densité et de transparence. Le socle est un isolateur retrouvé dans un ravin, il est lourd et opaque. L’abat-jour lui est léger et transparent, il reproduit la forme de l’isolateur. 

Une proposition… pour parler d’intelligence artificielle

Par Myriam Bettens | Photo : Pixabay

Pourquoi le pape Léon XIV a-t-il écrit une lettre sur l’IA et nous appelle toutes et tous à nous mettre au travail ?

Pour répondre à cette question, l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR) vous invite à explorer la portée de l’IA dans différents domaines de la vie humaine et à réfléchir ensemble sur ses implications dans nos vies quotidiennes autour d’un éclairage et d’ateliers.

Intelligence Artificielle, enjeux pour l’humain et pour toute la création 
« Magnifica Humanitas » : éclairage et ateliers
Le 30 septembre, à 19h 
A la salle des fêtes du Sacré-Cœur, Boulevard Georges-Favon 25 bis, 1205 Genève

Une question pas si… angélique

A-t-on besoin de croire aux anges pour croire au Christ ?

Par Thierry Schelling
Photo : Unsplash

Vais-je choquer si je dis que je n’y crois pas, aux anges ? Certes, j’accueille toujours le dévot qui me décrit son rapport avec eux (elles ?) ; et je présume du respect réciproque pour mon avis opposé. 

Pourquoi je n’y crois pas ? Car avec le Christ, j’ai tout ce dont j’ai besoin pour vivre ma foi, pour vivre tout court : l’Evangile, son indéfectible présence en Esprit, là, au cœur de mon cœur, de ma vie, de mon être. Toujours « interpelable », connectable. Bien sûr, ce lien intime s’entretient – merci aux Exercices de saint Ignace ! Et combien de fois une rencontre, une contemplation de Mère Nature ou même une lecture m’ont ouvert à sa subtile présence au cœur de mon quotidien.

Mais bon, comme me l’a dit une fois une paroissienne transie de bienveillance : « Vous savez, les anges, moi je les vois, alors que votre Jésus, il n’est plus là. » 

Euh… Mais aimer, louer et servir Dieu « en esprit et en vérité » (Jn 4) ne nécessite pas de vision, juste une confiance croissante; rien d’autre qu’un lien d’amour spirituel, « tant dans la tête que dans le cœur » – notre Dieu trinitaire n’est-il pas le parfait parangon de la relation avec trois personnes ? Pour résumer, ne vaut-il pas mieux s’adresser à Dieu plutôt qu’à ses… sbires ? Je pose la question… sans angélisme !

A tire-d’ailes

Plus d’un quart des personnes croyant aux anges se dit sans appartenance religieuse.

Joues roses, fesses rebondies et sourire énigmatique, l’imaginaire populaire et chrétien associé aux anges est parsemé de clichés. Cette représentation digne de bibelots de garden center semble pourtant bien loin des descriptions que nous livre la Parole. Alors qui sont ces ambassadeurs célestes ?

Un ange passe…

Par Myriam Bettens | Photos : Unsplash, DR

Dans son Enquête sur la langue, la religion et la culture datée de 2019, l’Office fédéral de la Statistique (OFS) relevait que près d’un Suisse sur deux croit que des anges et des êtres surnaturels veillent sur nous (45 %). En 2024, 48 % des Helvètes affirmaient adhérer à l’idée qu’une force supérieure – dont les anges font partie – guide nos destinées. Rien d’étonnant à cela : la présence des anges est « attestée » dans les trois religions du Livre, mais également dans d’autres textes sacrés plus anciens, relève Thomas Römer, bibliste titulaire de la chaire « Milieux bibliques » au Collège de France, lors d’une conférence à Genève. Il est aussi intéressant de noter que plus d’un quart des personnes croyant à l’existence des anges se dit sans appartenance religieuse, signe que ces créatures célestes sont plébiscitées bien au-delà des frontières de la foi.

Une myriade d’éch… anges

Inutile de fouiller les textes anciens pour déceler leur présence. Il suffit pour cela de se rendre dans la banlieue zurichoise. En effet, durant près de 20 ans, le pasteur réformé Peter Schulthess a publié une étrange annonce dans les journaux locaux. Il recherchait des témoignages de personnes ayant rencontré un ange. Opérations de sauvetage, visions d’ailes déployées ou encore avertissements, il raconte ce que des témoins lui ont rapporté dans Wie Engel begleiten 1 [ndlr. comment les anges nous accompagnent] et se forge, par la même occasion, la conviction que ces émissaires célestes existent bel et bien. « Ce qui est frappant, c’est que, dans tous les cas, la vie de mes témoins s’en est trouvée bouleversée. La rencontre avec un ange marque toujours une rupture. »

« La mission principale des anges est de nous mettre en contact avec notre source, notre origine, Dieu » et il n’est même
« pas nécessaire d’avoir la foi » pour voir ces gardiens à plumes agir dans nos vies. « Tout le monde fait l’expérience de l’implication des anges, il est simplement question d’ouverture à l’interprétation d’une expérience. » Il ajoute encore : « Si quelqu’un pense que Dieu est toujours à ses côtés, il sera convaincu qu’il doit sa chance à Dieu et non au hasard. » Serait-ce à dire qu’à travers le hasard, ou même les anges, c’est Dieu qui veut passer incognito ?

Gueule d’ange

« Parfois, on ne sait pas si c’est Dieu ou un intermédiaire qui parle. Comme dans l’histoire du buisson ardent. […] L’ange se confond avec la voix divine », explique Thomas Römer. Pas si facile donc de le reconnaître. « On ne peut pas savoir si c’est un humain, un être entre les dieux et les hommes. » De quoi laisser les témoins d’EVNI (Etres Volants Non Identifiés), encore plus perplexes. D’ailleurs les protagonistes de la Bible ne parviennent à les identifier que « grâce aux mots que ceux-ci prononcent ». Toutefois, selon le théologien dominicain Adrian Schenker, les anges « autres que Dieu lui-même sous apparence humaine » sont des entités créées avec des fonctions bien définies. « Leur représentation reste globalement stable de l’Ancien au Nouveau Testament, avec un développement tardif des noms propres [ndrl. Gabriel, Michel, Raphaël]. » Quant à leur hiérarchisation dans l’organigramme céleste (VIe siècle), on la doit au Pseudo-Denys et au pape Grégoire le Grand. « En leur donnant des missions spécifiques, ils pouvaient ainsi montrer l’action multiple de Dieu par le ministère des anges sur la terre », pointe le dominicain. Ces êtres sont classés en triades, chacune composée de trois rangs et de trois créatures.

En simplifiant à l’extrême, on peut distinguer trois catégories d’anges : ceux qui travaillent, ceux qui combattent et ceux qui contemplent la face de Dieu. Tout en bas de cette échelle se trouvent les entités célestes entrant en contact avec les humains, basiquement, les Anges, le terme même, ángelos en grec signifiant « messager ». Viennent ensuite les Archanges, l’équivalent d’un conseil rapproché ; puis les Principautés, chargées de guider et inspirer les nations. Au second échelon, les Puissances, les Vertus et les Dominations, y sont répertoriées. Ces êtres-là, combattent les démons, transmettent les signes et miracles, ainsi que les commandements divins. En somme, toutes des créatures qui correspondent plus ou moins à l’idée que l’on peut se faire des anges. Par contre, au dernier niveau, le plus haut, se situent des entités dont les caractéristiques détonneraient sur les cartes de Noël. Ce dernier chœur est composé des Séraphins, Chérubins et des Trônes, dont la description laisse… pantois.

Doté de trois paires d’ailes (Es 6, 1-7 ; Ez 1, 11) couvertes d’innombrables yeux dans certaines descriptions (Ap 4, 6-8), la principale fonction du séraphin est de louer Dieu. Son nom dérive du verbe hébreu saraph, littéralement « brûlant ». Quant aux chérubins, rien à voir avec de petits enfants dodus pourvus d’ailes de moineaux. Il est plutôt question d’êtres possédant quatre visages, autant d’ailes et un corps couvert d’yeux (Ez 1, 10), dont la mission peut s’apparenter à une garde rapprochée. Enfin, les trônes sont des roues tournoyantes recouvertes d’yeux (Ez 10, 9-13) conduites par les séraphins et constituant le siège de Dieu.

Que retenir de ces détails hiérarchiques, descriptifs et nominatifs ? Emily, ma petite fille de six ans, ne s’en embarrasse guère.

La vérité sort de la bouche de nos chérubins

Sur le chemin de l’école, elle traînasse, regarde par-dessus son épaule, cherche quelque chose du regard. « C’est mon ange gardien. Il me surveille », lance-t-elle alors laconiquement. Un froncement de sourcils plus tard – les adultes ne comprennent définitivement rien, pense-t-elle sûrement – elle poursuit : « Ce matin, à la récréation, il me regardait jouer. Ensuite, il est venu s’asseoir à côté de moi au coin vétérinaire. » Cette explication ne souffre aucune contestation. Son regard – à l’image des milliers d’yeux du chérubin fixés sur vous – est capable, à lui seul, de vous couper les ailes. Tout d’un coup, Emily s’arrête, se déporte un peu sur le côté : « Pousse-toi, on va le laisser marcher devant nous »… C’est là que l’on comprend ce que signifie vraiment l’expression « un ange passe ».

1 Peter Schulthess, Wie Engel begleiten: Erfahrungen aus biblischer und heutiger Zeit, mosaicstones gmbh, 2009, 160 p. 

Ni prier, ni invoquer

« Au départ, les anges ne portaient pas de nom, justement pour réfréner l’envie de les prier. Ce qui ne peut être nommé ne peut être invoqué. Nos prières doivent aller à Dieu afin qu’il envoie ses anges pour nous », souligne le frère Adrian Schenker. D’ailleurs, la fête des Anges Gardiens (2 octobre) ne célèbre aucune de ces créatures nominativement, précise-t-il encore. Le New Age s’est réapproprié la figure de l’ange en la laïcisant. Appelés « esprit guide » ou « entité lumineuse », ces êtres deviennent tour à tour thérapeute et oracle, « ce qui sort clairement du cadre angélique chrétien », affirme Jean-Christophe Thibaut, prêtre du diocèse de Metz et spécialiste des courants ésotériques.

Nos anges gardiens (Matthieu 18, 10)

Statue d’un ange gardien dans l’ermitage de Longeborgne.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : Jean-Hugues Seppey

Fêtés le 29 septembre, les trois archanges, Michel (= « Qui est comme Dieu », en hébreu), Raphaël (= « Dieu guérit ») et Gabriel (= « Dieu est fort ») exercent la fonction principale des anges que dévoile leur nom même (angelos, messager).

Ils servent d’intermédiaires dynamiques entre Dieu et les êtres humains, ils leur apportent de grandes nouvelles, comme à Marie (Luc 1, 26-38), ils accompagnent leur chemin, comme celui de Tobit (livre de Tobie), et ils combattent au nom du Seigneur les anges déchus que sont les démons et Satan (Apocalypse 12).

Etres spirituels, ils passent leur ciel à chanter la louange divine, déjà selon l’Ancien Testament (Isaïe 6, 3) et jusqu’au Nouveau (Apocalypse 4, 8). Nous nous unissons à eux lors de chaque eucharistie en reprenant le cantique de la sainteté trinitaire (Sanctus). 

C’est pour cela que nos églises en sont remplies, tel l’ange gardien de l’autel principal dans la chapelle de l’ermitage de Longeborgne à Bramois, à côté et au-dessus de Sion. Allez-y en pèlerinage ! Les fidèles se sentent aussi stimulés dans leur louange terrestre, puisqu’elle est également céleste. De plus, ils veillent sur nos routes et sont dépêchés par le Très-Haut pour enlever les pierres qui pourraient obstruer nos cheminements et nous faire tomber (les « scandales », selon le sens étymologique du terme grec skandalon). 

Le Psaume dit aux complies avant le sommeil chaque dimanche soir nous rappelle cette vigilance du Maître de nos nuits : « Dieu a pour toi donné ordre à ses anges de te préserver en toutes tes voies. Sur leurs mains ils te porteront pour qu’aux cailloux ton pied ne heurte. » (Psaume 91(90), 11-12)

Jésus va même jusqu’à nous presser, dans le discours communautaire du 1er évangile (Matthieu 18), de prendre soin des faibles et des enfants, car ils bénéficient de la protection de leur « ange gardien » : « Abstenez-vous de mépriser un seul de ces petits car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux. » (Matthieu 18, 10)

La fête du 2 octobre nous invite donc à invoquer celui que le Seigneur a placé auprès de nous, à mettre un angelot auprès du lit des bambins et à ne pas laisser ainsi le New Age (Nouvel Age) et ses spéculations ésotériques récupérer loin de la foi chrétienne cette belle croyance biblique.


Les anges du Vatican

Par Thierry Schelling | Photo : Vatican News

Anges gardiens

En 2015, à l’occasion de la mémoire liturgique des Anges gardiens, le pape François avait déclaré : « Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. » Et « c’est une réalité : les anges sont comme des ambassadeurs de Dieu avec nous », précise-t-il. Qui plus est, les anges sont « des amis qui seront avec nous au ciel », conclut-il, serein et confiant, par bonhomie respectant la piété populaire lorsque bienveillante.

Gardes suisses

Les anges, invisibles ? Pas tous ! Par métonymie, on parle, au Vatican, des Gardes suisses comme des « anges gardiens » du sanctuaire, non seulement les entrées dans la Cité, mais dans de nombreux couloirs des musées et autres bâtiments vaticans. Plus colorés que leurs homonymes célestes – incolores puisque spirituels –, ils n’en demeurent pas moins tout aussi discrets, voire efficaces, protégeant le Saint-Père des intrus mal intentionnés ou escortant l’armada de ses visiteurs de tout acabit.

Sages comme des anges ?

Benoît XVI, lors de l’ordination de six évêques en 2007, avait rappelé que les épiscopes de jadis étaient appelés « anges » de leurs Eglises locales, devant y porter Dieu et les hommes à Dieu – la mission double des anges… Mais c’est Léon XIII qui, à la suite d’une « écoute » d’un dialogue entre le Malin et l’Archange Michel, abasourdi par leurs propos sur la fin du monde, rédigea de sa plume (d’oie…) la « Prière à Saint Michel Archange » pour le combat contre le mal – une vignette saint-sulpicienne qu’on retrouve dans les fonds d’églises qui resservent l’antan comme encore pertinent… Sa lecture est laissée à votre discrétion tout angélique…

Espagne – France: quelle révélation! 

La visite de Léon XIV laissera des traces majeures en Espagne.

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche.

Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion
Photo: Vatican News

La visite du pape Léon XIV en Espagne est historique. A double titre. D’abord parce que l’événement peut se repérer dans le calendrier. Cette visite a eu lieu du 6 au 12 juin ; les repères sont clairs, vérifiables, c’est un fait précis de notre histoire. Mais la visite laissera des traces majeures pour l’Espagne, pour l’Europe pour le monde. Ce sont les conséquences des faits et gestes du Pape, de ses prises de parole, qui donnent à cette visite sa vraie dimension historique. 

Ses propos sont disséqués, repris et commentés par les médias. Il le sait, nous le savons tous. Il y aurait beaucoup à refléter de ces grands moments. Je retiens ici son passage au Parlement espagnol. Pour le coup, c’est un événement historique ! Pour la première fois de l’histoire, un Pape s’adressait au Congrès espagnol. Le Pape américano-latino-européen a offert des paroles fortes à la mémoire et à la conscience des auditeurs sans provocation, a-t-il précisé : « Est-il vraiment possible de croire que l’Europe – que nous aimons tant – serait elle-même sans l’empreinte de la foi ? » 

Il a lancé une invitation à remettre dans notre quotidien la dimension transcendante, c’est-à-dire un peu de ciel sur notre terre. Si l’Europe s’est faite sur des fondements spirituels, pourquoi les oublier aujourd’hui au risque de la voir se défaire ? Le prochain voyage amènera, en septembre, le Pape en France. Une parole semblable sur ce sujet aurait toute sa raison d’être parce que pour la Gaule historique aussi, la foi chrétienne a profondément façonné sa culture. Léon XIV pourrait donner un écho aux grandes voix des Lustiger, Jean-Paul II, Benoît XVI et François. Tous ont relayé les intuitions des pères fondateurs de l’Europe, eux qui voulaient unir les Nations non autour d’un projet économique, mais bien culturel et spirituel. Espagne – France ; vous nous donnez à réfléchir à la question de savoir si l’éternité… peut se réconcilier à nouveau avec le quotidien ; merci. Pape Léon, viens nous voir en Suisse !

Jeunes, humour et mot de la Bible – septembre 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Un chameau

Faire passer un chameau par le chas (le trou) d’une aiguille signifie entreprendre une chose difficile, voire impossible. « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux. » (Mc 10, 25 ; Mt 19, 24 ; Lc 18, 25) 

Jésus dit cela au jeune homme riche qui souhaite obtenir la vie éternelle, mais qui refuse de distribuer ses biens aux pauvres pour le suivre. Ce n’est donc pas la richesse en soi qui condamne son possesseur, mais l’attachement de ce dernier aux biens matériels.

Par Véronique Benz

Humour

Un agent de l’inspection vétérinaire s’arrête dans une ferme pour inspecter s’il n’y a pas de culture illégale. Le fermier l’accueille, mais lui conseille de ne pas aller dans un champ à côté de l’étable. L’officier sort son badge et le montre fièrement au fermier en lui disant que celui-ci lui permet d’aller partout et qu’il ira dans le champ. Quelques minutes plus tard le fermier entend des cris et des hurlements et aperçoit l’inspecteur courir à toute allure, pourchassé par Ferdinand, le taureau. A chaque enjambée, le taureau gagne du terrain sur l’inspecteur, et avant qu’il se rende à la clôture, le taureau l’aura sûrement rattrapé. Sur ce, le fermier laisse tomber ses outils et court vers la clôture et se met à crier à l’inspecteur : « Votre badge, montrez-lui votre badge ! »

Par Calixte Dubosson

Au pied de la lettre

Le bibliste Thomas Römer insiste sur la nécessité d’entretenir et d’enseigner une distance critique envers la Bible. Loin de s’émouvoir de cette « désacralisation » du texte, il estime que cette lecture ne remet nullement en cause les fondements de la foi.

Thomas Römer a publié La Bible qu’est-ce que ça change en 2025 aux Editions Labor et Fides.

Par Myriam Bettens | Photos : Collège de France, DR

Certains s’émeuvent de la manière dont vous désacralisez la Bible…
Cela arrive assez souvent (rires). Certains lecteurs ont un rapport immédiat aux récits bibliques, imaginant que les événements se sont déroulés exactement comme décrits. Je ne cherche pas à brusquer les gens gratuitement, mais à apporter un éclairage critique indispensable, surtout dans le contexte sociopolitique actuel, où la Bible est utilisée à tort et à travers. L’historicité même des faits relatés dans certains récits bibliques n’était pas l’enjeu principal des auteurs et cela peut déranger certaines personnes aujourd’hui.

Les détracteurs de la lecture historico-critique1, dont vous êtes un disciple, estiment qu’elle met en péril les fondements de la foi…
On en revient à la question du rapport entre foi et historicité des événements. Bien que les historiens puissent légitimement chercher à distinguer le factuel du non-factuel, on ne peut pas mesurer la valeur d’un texte à son historicité. Cela ne signifie pas pour autant que la Bible soit une pure invention née à partir de rien. Même les récits mythiques contiennent des « traces de mémoire ».

Justement, pourquoi cette absence de « vérité » historique dans la Bible pose autant problème ?
Cela pose surtout problème à des milieux chrétiens littéralistes, qui ont une vision positiviste de la Bible. C’est-à-dire que ce qui est vrai doit être historique. Faut-il vraiment croire à des événements absurdes sur le plan historique, pour défendre l’historicité de la Bible ? La « vérité » du texte se trouve-t-elle réellement là ?

Où se trouve la « vérité » du texte pour vous ?
C’est une vérité liée à la question du sens et de l’identité religieuse ou philosophique lorsqu’on se trouve face à ces textes.

Peut-on aller jusqu’à dire que cette absence de certitudes fait les affaires des courants littéralistes ?
Ils prétendent prendre la Bible à la lettre, mais une lecture littéraliste intégrale est impossible, car elle impliquerait d’adopter des pratiques telles que la polygamie ou l’esclavage. Les littéralistes opèrent une sélection des textes qui les arrangent, ignorant les uns et exhumant les autres selon les besoins du débat. L’existence même de quatre Evangiles, avec leurs divergences, est un signal que les auteurs bibliques cherchaient à restituer une réalité complexe par différentes perspectives. Cette pluralité fait partie intégrante du judaïsme au travers de la tradition talmudique de discussion permanente du texte et je plébiscite cela.

En voulant absolument prouver l’historicité des textes, n’expulse-t-on pas Dieu de la Bible ?
Les approches qui tentent de « sauver » la Bible en cherchant des explications « rationalisantes » aux événements rapportés desservent le texte. Cela sous-entend, sans le dire, sortir Dieu de la Bible. Ces tentatives n’acceptent pas ce que l’on appelle le miracle et ne rendent pas justice au texte biblique qui veut justement insister sur quelque chose qui contre toutes les évidences.

1 La méthode historico-critique est une approche scientifique pour étudier les textes anciens, notamment la Bible. Elle vise à replacer les écrits dans leur contexte culturel d’origine et à analyser de manière critique les étapes de leur production.

Caïn-caha

Le mariage de Caïn demeure, entre autres, l’un des récits les plus débattus de la Bible. Où Caïn aurait-il pu trouver à se marier alors qu’il était supposément seul avec sa famille sur terre ? Débat « typiquement moderne » selon Thomas Römer. Le mythe n’obéit pas à une logique de cohérence factuelle, mais se concentre sur le fait que Caïn, meurtrier originel, est protégé par Dieu et qu’une descendance lui est assurée pour que la civilisation puisse naître. L’apparition d’une femme n’est mentionnée que comme un élément narratif nécessaire pour répondre à cette question. Vouloir expliquer ce que le texte laisse implicite, c’est passer à côté de la véritable portée du mythe, qui est de fournir une réflexion profonde sur la survie de l’humanité malgré sa part de violence.

Bio express

Thomas Römer est exégète, philologue et bibliste suisse d’origine allemande. Professeur d’Ancien Testament à l’Université de Genève, puis de Lausanne, il occupera ce poste durant près de trente ans. Il a été nommé en 2007 au Collège de France et il y occupe la chaire Milieux bibliques. En 2019, il devient le premier « non-Français » à qui l’on attribue la charge d’administrateur du Collège.

«Gratitude ou intérêt?»

Lors de la récente messe à Saurimo, Léon soulignait notamment que le Seigneur nous demande « si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt ».

Par Thierry Schelling | Photo : Vatican News

Le saviez-vous ? Le Pape, qui célèbre quantité de messes, n’y applique jamais une intention tarifiée, comme ce numéro de L’Essentiel le thématise dans son Eclairage. Imaginez la cohue pour glisser le nom d’un proche, défunt ou malade, dans la poche du Pontife pour qu’il le « post-it » sur le maître-autel de Saint-Pierre !

Avec la bigoterie frisant l’indécence mercantile, qui pourrait s’y attacher ? Ce à quoi d’ailleurs Léon XIV vient de répondre lors de la messe à Saurimo (20 avril 2026) pendant son périple africain : « Le Seigneur […] nous demande si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt, par calcul ou par amour. […] La foule voit Jésus comme un instrument au service d’autre chose, un prestataire de services. S’il ne leur donnait pas à manger, ses gestes et ses enseignements ne les intéresseraient pas. Cela se produit lorsque la foi authentique est remplacée par un échange superstitieux, dans lequel Dieu devient une idole que l’on recherche seulement lorsque l’on en a besoin et tant que l’on en a besoin. [La foule] ne cherche pas un maître à aimer, mais un chef à vénérer pour son propre intérêt. »

Intentions de prière

Par contre, en 1844 déjà, un réseau de prière appelé Apostolat de la prière, qui aujourd’hui est présent dans 92 pays, compte 22 millions de participant.e.s catholiques. Que font-ils ? Au gré des mois et des années, les fidèles prient « aux intentions du Pape ».

Du coup, chaque année sont publiés non seulement les thèmes mensuels, mais également une vidéo de quelques minutes avec le Pape lui-même qui est mis en scène et / ou parle lui-même succinctement sur le thème retenu.

Une application « Click to pray » est disponible et le site est accessible en diverses langues : https://www.prieredupapefrance.net/ 

Et c’est gratuit !

«Toute véritable vie est rencontre» 

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Noemi Honegger-Willauer, représentante de l’évêque pour la pastorale de la santé du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.

Par Noemi Honegger-Willauer
Photo : DR

Le philosophe Martin Buber a formulé cette phrase célèbre : « Toute vie véritable est rencontre. » Cette idée s’accompagne de la conviction que les êtres humains ne peuvent développer leur identité qu’au contact des autres. 

C’est dans des rencontres authentiques qu’une personne devient elle-même. La pensée de Buber fait écho à mon expérience d’accompagnante spirituelle. Mon quotidien est marqué par les rencontres. Des rencontres courtes avec une profondeur parfois surprenante. Des rencontres longues et touchantes. Des rencontres régulières au fil des mois, voire des années, pendant lesquelles les personnes suivies subissent des thérapies et des traitements intensifs. 

Ces rencontres ne témoignent pas seulement de la fragilité et de la vulnérabilité de l’être humain, mais aussi souvent de vies intensément vécues : de moments de bonheur, de ruptures difficiles à surmonter, d’opportunités manquées et de déceptions, mais aussi de rêves réalisés. 

Au cours des échanges, les souvenirs sont réinterprétés et compris à la lumière de la biographie personnelle : le patient ou la patiente se découvre de manière nouvelle et inattendue. Et cela vaut aussi pour moi. Les rencontres à l’hôpital me touchent et me transforment.

Identifier craintes et espoirs

En tant qu’accompagnants spirituels en milieu de santé, nous sommes présents pour toute personne qui le souhaite, indépendamment de sa religion ou de ses convictions. Sans porter de jugement, notre accompagnement vise à ce que la personne suivie identifie ses émotions, ses craintes et ses espoirs ainsi que ses valeurs. 

Ensemble, nous essayons de trouver des mots pour exprimer le vécu et de le mettre en relation avec le parcours de vie personnel. A la lumière de nos échanges, nous encourageons les patients à communiquer leur point de vue et leurs attentes auprès de l’équipe soignante. 

Dans toutes ces démarches, nous gardons toujours à l’esprit l’autonomie du patient que nous souhaitons renforcer par notre accompagnement. Nous contribuons ainsi à un système de santé qui place l’être humain, les rencontres et donc la vie au centre.

Jeunes, humour et mot de la Bible – juillet-août 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Avoir du charisme

Du grec Kharisma, « don gracieux ». Il s’agit d’un don spirituel, le don de prophétie comme le don de guérison sont des charismes. Nous trouvons un énoncé des principaux charismes dans les deux Epîtres de saint Paul aux Corinthiens. Ces dons sont accordés par l’Esprit Saint. Tout don est un charisme. Les prophètes de l’Ancien Testament, Jésus chassant les démons, les apôtres se mettant à parler en différentes langues le jour de la Pentecôte sont des personnages charismatiques. Directement lié à la Bible, le mot charisme n’est entré dans le langage courant qu’au début du XXe siècle. Aujourd’hui, il est surtout utilisé pour signifier l’influence suscitée par une personnalité d’exception.

Par Véronique Benz

Humour

Dans un pays où sévissait une terrible sécheresse, des paroissiens allèrent trouver le curé pour lui demander de célébrer une messe pour que le Seigneur fasse pleuvoir sur leurs terres desséchées. Le curé leur répondit que la liturgie a prévu ce genre d’intention et fixa avec eux l’heure et la date. Le jour venu, l’église était bondée. Du haut de sa chaire, le prêtre posa cette question à l’assemblée : « Frères et sœurs, avez-vous la foi ? » Un grand oui s’éleva de toutes les lèvres des fidèles. Le curé reprit : « Eh bien, moi, je n’en suis pas si sûr ! En effet, je m’aperçois que personne d’entre vous n’est venu avec son parapluie ! »

Par Calixte Dubosson

Réveiller la relation au Christ

Le Pape invitait, en avril dernier, à redécouvrir la vocation comme une expérience enracinée dans la rencontre personnelle avec Dieu. A cet effet, le Centre Romand des Vocations (CRV) lance un cycle de prière pour les vocations presbytérales et religieuses, afin de « préparer les cœurs à répondre généreusement à son appel ». Rencontre avec la coordinatrice du CRV, Mathilde Celeyron.

Depuis février 2025, Mathilde Celeyron est coordinatrice au CRV.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Le Pape parle de la vocation comme « un don reçu qui doit se nourrir de la relation quotidienne avec Dieu ». Ce déclin n’est-il pas d’abord lié à une crise de la transmission de la foi ?
Il y a peut-être des choses à revoir dans notre manière de transmettre la foi, mais je pense surtout que nous n’osons plus interpeller les jeunes sur ce à quoi ils sont appelés. De plus, il y a une vraie incapacité contemporaine à « s’arrêter » et à accepter l’inactivité. Or, le Pape insiste sur la relation au Seigneur, le silence et l’écoute de la Parole de Dieu pour découvrir quelle est cette vocation. Un retour à cette possibilité de s’arrêter et de prier me semble plus que nécessaire.

Cette crise ne montre-t-elle pas aussi un « vide » dans notre compréhension de ce qu’est – et de ce que veut être – l’Eglise aujourd’hui ?
Nous sommes dans une génération où les jeunes ont soif et cherchent des réponses. Ils reviennent toquer à la porte de l’église. Sommes-nous, en tant qu’Eglise, prêts à leur donner les réponses qu’ils cherchent ? En effet, l’Eglise a peut-être besoin de dire plus clairement ce à quoi nous sommes appelés [ndlr. la sainteté]. Ainsi, les catholiques n’auraient plus « peur » de dire ce qu’ils sont.

Depuis Vatican II, toutes les vocations ont la même dignité. Or, dans les faits, une hiérarchisation demeure.
De mon côté, je ne pose pas le même constat. Je remarque plutôt l’inverse, où toutes les vocations ont subi un effet de lissage, alors que chacune garde sa spécificité. Hiérarchisation, non, mais pas d’excès inverse non plus. Cela ne doit pas conduire à « rabaisser » le prêtre, dont l’appel à célébrer la messe et à dispenser les sacrements demeure irremplaçable.

D’ailleurs, beaucoup de laïcs en Eglise se plaignent du manque de reconnaissance et de moyens.
Il ne faut pas nier la réalité de ce sentiment et en faire quelque chose par le dialogue et la revalorisation mutuelle. Toutefois, le pape François a rappelé la pleine place des laïcs en Eglise dans un travail de collaboration, mais avec des rôles différenciés issus d’appels distincts.

Ne serait-ce pas aussi un moment opportun de redéfinition structurelle… voire théologique ?
En temps de crise, nous sommes tous tentés de faire table rase pour recommencer. Même si c’est difficile, dans notre volonté de contrôler, je plaide pour un acte d’abandon. Le but de la prière est aussi de revenir à cet essentiel : la totale confiance en Dieu.

Remettre la prière au centre

Entre la Journée Mondiale des Vocations 2026 et celle de 2027, le Centre Romand des Vocations (CRV) lance une année de prière dédiée aux vocations presbytérales et religieuses. Celle-ci s’inscrit dans un cycle de quatre ans couvrant l’ensemble des vocations. Le projet veut replacer la prière – personnelle et communautaire – au cœur de la vie des fidèles et des jeunes, afin qu’ils retrouvent la relation au Christ et osent se poser la question de leur appel. Pour concrétiser cette démarche, le CRV propose des vidéos, publiées sur les réseaux sociaux, afin de nourrir la réflexion et le discernement, une chaîne de prière portée par plusieurs communautés religieuses de Suisse romande et un pèlerinage entre l’Abbaye d’Hauterive et Notre-Dame de Bourguillon. Le CRV propose aussi toute une série de camps pour les jeunes (Camps Voc’). Plus d’informations sur : www.vocations.ch

Bio express

Originaire de la région parisienne, Mathilde Celeyron a effectué des études de psychologie et philosophie à l’Institut de Philosophie Comparée (IPC), puis un master en communication à Angers. En 2022, elle s’installe à Fribourg avec son mari. Trois enfants viennent agrandir la famille. Entretemps, la trentenaire est gagnée par l’envie de s’engager pour les autres et en Eglise, elle rejoint bénévolement l’association Lazare, puis accepte de devenir référente suisse pour les Associations Familiales Catholiques (AFC). Deux fonctions qu’elle occupera jusqu’à sa nomination, début février 2025, en tant que coordinatrice du CRV. Elle partage cet engagement professionnel avec un emploi à l’Institut Philanthropos.

Saint Augustin

Dans sa jeunesse, bien avant de devenir saint, Augustin s’est égaré sur des chemins erronés sur le plan idéologique et moral.

Par Paul Martone | Photo : wikipédia

Saint Augustin compte parmi les plus grands docteurs de l’Eglise chrétienne. 

Il est né en 354 à Tagaste (Afrique du Nord), sans être encore saint. Son père était fonctionnaire municipal, sa mère était sainte Monique. Cependant, au cours de sa formation, Augustin s’égara sur des chemins erronés sur le plan idéologique et moral. Jusqu’en 384, il a entretenu une relation amoureuse dont est né un fils qu’il a appelé « Adeodatus ». Etudiant, Augustin a adhéré au manichéisme. Ce mouvement religieux conçoit le monde comme une lutte entre deux principes éternels : la lumière et les ténèbres ou le bien et le mal. Après avoir terminé ses études, Augustin enseigna à Tagaste et à Carthage, puis fut professeur de rhétorique à Milan. C’est grâce aux épîtres de saint Paul et surtout aux sermons de l’évêque de Milan, saint Ambroise, qu’il trouva le chemin du christianisme. Dans un jardin de Milan, il entendit une voix qu’il interpréta comme la voix de Dieu. Elle lui dit : « Prends et lis ! » Augustin se plongea alors dans l’étude de la Bible et se fit baptiser avec son fils lors de la veillée pascale de 387. 

Quelques mois plus tard, il quitta Milan pour retourner dans sa patrie africaine. Augustin devint prêtre et évêque d’Hippone, qui était alors la deuxième ville la plus importante d’Afrique. C’est là qu’il devint un grand prédicateur à l’éloquence remarquable et un éminent auteur théologique. Il prit une part active à tous les grands conflits qui secouèrent l’Eglise d’Afrique du Nord. Parallèlement, il produisit une œuvre philosophique et théologique colossale, grâce à laquelle il influença la théologie pendant des siècles. Son autobiographie compte parmi les textes les plus influents de la littérature universelle. Il mourut le 28 août 430 et fut proclamé docteur de l’Eglise en 1294. 

Bon nombre de ses citations restent d’actualité aujourd’hui encore :
« Dieu entend mieux un sanglot qu’un appel. »
« La vie des parents est le livre que lisent les enfants. »
« Vous dites que nous vivons une époque difficile et misérable. Vivez bien, car c’est en menant une vie vertueuse que vous changerez le cours des choses. »

Le son

Par Pierre Guillemin | Photo : Unsplash

L’ouïe est l’un de nos cinq sens (la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher). Entendre suppose qu’il y ait du son dans notre environnement. 

Dans les Ecritures, le son est très présent, il symbolise la création, la présence divine, l’appel, la transformation, le jugement, l’harmonie, la révélation. Le son devient ainsi une passerelle entre matière et esprit, visible et invisible, humain et divin.

Pour la Physique, le son est une vibration mécanique qui se propage dans un milieu matériel comme l’air (plus généralement un gaz), l’eau ou les solides ; si ce milieu matériel est absent, il n’y aura pas de son : entre les planètes et les étoiles, la densité de particules est si faible que les vibrations sonores ne peuvent pratiquement pas circuler. Contrairement aux scènes de science-fiction, une explosion dans l’espace serait visuellement spectaculaire, mais silencieuse pour une oreille humaine. Le son naît lorsqu’un objet entre en vibration : une corde de guitare, une membrane, les cordes vocales ou même les plaques tectoniques. Ces vibrations déplacent les particules du milieu environnant sous forme d’ondes successives de compression et de dilatation. Plus le milieu dans lequel la vibration est générée est dense, plus rapide sera la vitesse de propagation du son (343 m/s dans l’air à 20° C, dans l’eau 1480 m/s, dans l’acier 5900 m/s, dans le vide 0 m/s). 

Notre cerveau interprète ces vibrations grâce à un mécanisme complexe. Les ondes sonores pénètrent dans l’oreille, font vibrer le tympan puis sont transformées en signaux nerveux transmis au cerveau. Celui-ci analyse alors la hauteur, la distance et l’origine des sons et induit alors une réaction de notre corps.

Le son joue un rôle fondamental dans la communication, la musique et la perception de l’espace. Scientifiquement, il révèle aussi la structure du monde invisible : les ultrasons explorent le corps humain, les ondes sismiques étudient l’intérieur de la Terre et les vibrations cosmiques permettent d’observer l’univers. 

Ce rôle fondamental du son nous explique pourquoi il est si présent dans les Ecritures et possède tant de signification symbolique. Jean-Marie Pelt aimait le son, le bruit de la nature : dans son livre Les langages secrets de la nature, il nous expliquait que les sons naturels comme le chant des oiseaux, le meuglement d’une vache, le bruit d’une rivière, le bruit du vent dans un arbre par exemple, constituent une forme d’équilibre vivant qu’il faut absolument protéger.

La rencontre de l’espoir

Jean-Paul Bruchez est le responsable pour la Suisse du pèlerinage « Lourdes Cancer Espérance ». L’association éponyme propose aux malades et à leurs proches un pèlerinage annuel en septembre à Lourdes. Une rencontre pleine d’espérance.

Par Véronique Benz | Photos : DR

Jean-Paul Bruchez va partir l’automne prochain pour la troisième fois en pèlerinage avec l’association « Lourdes Cancer Espérance ». Lourdes, il connaît bien. Il y a fait son premier voyage en 1985, puis il y est retourné au mois de mai 1997 en tant qu’hospitalier. Depuis cette date, il y va plusieurs fois par an. En l’an 2000, il commence les stages à l’hospitalité de Lourdes et en 2005, il s’engage dans l’hospitalité de Notre-Dame de Lourdes. Il est également parti à Lourdes avec le pèlerinage de juillet, comme responsable des cérémonies et des premières années.

« J’ai entendu parler de « Lourdes Cancer Espérance » lors d’un de mes stages comme hospitalier à Lourdes. » Jean-Paul, ayant des personnes de sa famille qui ont eu un cancer, a été interpellé. C’est sans hésitation qu’il s’est engagé dans le pèlerinage.

Ce pèlerinage est réservé aux personnes qui se sentent concernées par le cancer, soit parce qu’elles sont ou ont été touchées par cette maladie, soit parce qu’un de leur proche en est atteint. « Le pèlerinage « Lourdes Cancer Espérance » est aussi appelé le pèlerinage du sourire, car tout le monde est heureux », confie Jean-Paul. « Une des spécificités du pèlerinage est que toutes les cérémonies se célèbrent assises. » 

« Lourdes Cancer Espérance » c’est d’abord un pèlerinage, mais durant l’année, les responsables organisent également des « journées d’amitié », temps de retrouvailles avec une messe ou une visite et parfois un repas.

Les joies et les difficultés

Jean-Paul est un homme croyant. La prière tient aujourd’hui une place importante dans sa vie, mais cela n’a pas toujours été le cas. « En 1996, lors de mon divorce, je tournais en rond à la maison. Je cherchais quelque chose, puis soudain je suis tombé sur le crucifix et à l’instant même j’ai été apaisé », relève le bûcheron qui a la foi chevillée au corps. 

« Quand je suis à Lourdes, j’ai l’impression d’avoir une connexion directe avec la Sainte Vierge », souligne-t-il en reconnaissant que Marie et sainte Bernadette le soutiennent énormément dans son quotidien. « Ma peine est de ne pas pouvoir amener davantage de monde à Lourdes. En septembre 2025, pour les 40 ans du pèlerinage, nous étions 4200 pèlerins à Lourdes, mais seulement cinq originaire de Suisse. J’espère que nous serons plus nombreux cette année », s’exclame-t-il plein d’espérance !

Souhait de Jean-Paul : amener plus de personnes à Lourdes.

Depuis 1985

Le pèlerinage « Lourdes Cancer Espérance » existe depuis 1985. C’est grâce à la détermination de Jean-Claude Bruel, hospitalier de Notre-Dame de Lourdes et d’un petit groupe d’hommes et de femmes atteints, comme lui d’un cancer, que l’association « Lourdes Cancer Espérance » fut créée. Le premier pèlerinage a rassemblé 342 personnes. L’association s’est développée : aujourd’hui, elle compte 6’500 adhérents français, belges, monégasques, espagnols et suisses. Le pèlerinage, temps fort de la vie de l’association, a lieu tous les ans au mois de septembre. 

Le 41e pèlerinage de « Lourdes Cancer Espérance » aura lieu du 14 au 20 septembre 2026 sur le thème : « Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »

Renseignements : Jean-Paul Bruchez, lcedesuisse@etik.com

Site Internet : www.lourdescanceresperance.com

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Les promenades en montagne avec mes parents.

Votre moment préféré de la journée ? 

Je suis quelqu’un du matin. J’aime être debout à 5 heures pour voir le lever du soleil.

Votre principal trait de caractère ?

Je suis quelqu’un d’optimiste et de persévérant. 

Une personne qui vous inspire ?

Ma maman, car si j’en suis là aujourd’hui dans ma vie de foi, c’est grâce à elle. Il y a aussi sainte Bernadette : son humilité est un bel enseignement.

Votre prière préférée ?

Le « Je vous salue Marie » et le « Je vous salue Joseph ».

Jean-Paul Bruchez

• Jean-Paul a 61 ans. Il est marié, il a deux enfants : un garçon et une fille.

• Bûcheron de formation, il aime marcher en montagne. 

• Ses loisirs : la moto et les vacances en famille au bord de la mer ou de l’océan.

En librairie – juillet-août 2026

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Au cœur de la messe
Pascal Desthieux 

La messe, pour l’Eglise catholique, est « source et sommet de la vie chrétienne ». Elle constitue un ensemble de gestes, de mouvements, de paroles où chaque élément est porteur de sens. Aujourd’hui, beaucoup de catholiques voudraient mieux comprendre ce qu’ils célèbrent, régulièrement ou occasionnellement. Ce livre répond à leurs attentes. Avec autant de profondeur que de talent pédagogique, l’auteur explique la signification de tous les éléments de la messe.

Editions Saint-Augustin

Acheter pour 29.00 CHF

La messe me sanctifie
Antonia Salzano Acutis

« La communauté ecclésiale est fondée et nourrie par l’Eucharistie. Ce lien jaillissant était très présent chez mon fils Carlo. Il avait l’habitude de dire : « Sainte messe, sanctifie-moi. » C’est précisément sur l’Eucharistie qu’il a jeté les bases de son édifice spirituel, à tel point que lorsqu’on parle de Carlo, la référence à l’Eucharistie est inévitable. » Guidé par les notes et témoignages inédits de Carlo Acutis, cet ouvrage invite le lecteur à entrer dans l’intimité spirituelle du jeune saint. Le témoignage de son amour profond pour la sainte messe et le rôle qu’elle a joué dans son existence éclatante nous permettent de redécouvrir l’immense valeur de l’Eucharistie dans notre propre vie. 

Editions Salvator

Acheter pour 33.90 CHF

Le Tour de la Foi
Nicolas Rousselot

A travers plus de 80 histoires, Nicolas Rousselot invite le lecteur à un rapide tour de la foi catholique. Grâce à ces courts récits parfois drôles, parfois émouvants, mais toujours percutants, l’auteur aborde « sans avoir l’air d’y toucher » des sujets difficiles comme le pardon, la Trinité, la Résurrection ou la prière. L’intuition de ce livre est de présenter la foi chrétienne, à travers des images et des histoires, afin qu’elle soit accessible au plus grand nombre et qu’elle emprunte aussi le chemin même de Jésus qui : « ne leur disait rien sans paraboles. »

Editions Jésuites

Acheter pour 27.60

Explique-moi… la messe
Père Aldric de Bizemont
Anne de Braux – Laetitia Zink

Comment prendre goût à la messe si on n’y comprend rien ? Comment savoir que dire et à quel moment ? Ce missel détaille, pour les enfants de 4 à 7 ans, le déroulement de la messe, pour leur faire découvrir la liturgie. Les différentes étapes illustrées les invitent à observer très concrètement les gestes du prêtre pour entrer dans la beauté du sacrement de l’Eucharistie et y participer.

Editions Emmanuel

Acheter pour 16.40

Pour commander

Prière et charité

Le deuxième livre des martyrs d’Israël rapporte que Judas Maccabée fit faire pour les morts un sacrifice expiatoire, afin qu’ils fussent absous de leur pêché.

Par Sœur Catherine Jerusalem
Photo : DR

Il y a 70 ans j’ai appris au catéchisme que l’Eglise triomphante désigne, dans la théologie chrétienne (particulièrement catholique), l’ensemble des saints et des bienheureux au ciel qui ont achevé leur vie terrestre. 

Elle se distingue de l’Eglise militante (sur terre) et de l’Eglise souffrante (au purgatoire).

Faisant partie de l’Eglise militante, nous sommes invités à prier pour les membres de l’Eglise souffrante, d’où la pratique d’offrir des intentions de prières, des messes pour les défunts, qu’on appelle aussi des « messes fondées ».

Le deuxième livre des Maccabées (12, 38-46) justifie la prière pour les morts. Ce texte, qualifié de « sainte et pieuse pensée », fonde la croyance en la résurrection et en l’efficacité de la prière pour purifier les défunts.

La voie de sagesse à suivre en ce domaine semble être celle de saint Grégoire : on ne saurait acheter le salut éternel en réglant des honoraires de messe, mais c’est un devoir de charité de ne pas laisser l’âme d’un chrétien, qui a quitté son enveloppe terrestre, dans la solitude spirituelle.

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