En librairie – juin 2026

Comme paroissiens, face aux crises et à l’ampleur des défis à relever, nous pouvons être tentés de nous démobiliser, voire de désespérer. Pourtant, pour que Dieu puisse agir dans notre faiblesse et faire advenir son Royaume, il nous faut prier ensemble et convertir nos habitudes.

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Convertissons-nous !
Guillaume Soury-Lavergne

Comme paroissiens, face aux crises et à l’ampleur des défis à relever, nous pouvons être tentés de nous démobiliser, voire de désespérer. Pourtant, pour que Dieu puisse agir dans notre faiblesse et faire advenir son Royaume, il nous faut prier ensemble et convertir nos habitudes. Le père Soury-Lavergne, fort de vingt années de vie sacerdotale, nous souffle une réflexion parfois audacieuse, souvent drôle et toujours concrète sur la vie paroissiale, fondée sur la parole de Dieu et le magistère de l’Eglise. S’adressant à tout baptisé, il dresse un état des lieux réaliste, illustré par son expérience, et détaille avec enthousiasme cette mission que Jésus nous a confiée. Ses conseils pratiques nous encouragent à poursuivre la conversion pastorale et personnelle pour renouer enfin avec la victoire de la vie !

Editions Première Partie

Acheter pour 29.80 CHF

Renaître et Vivre
Thibaud Guespereau – Henri Vallançon – Thibaud Collin 

Quelle joie de voir aujourd’hui tant d’adultes demander le baptême ! Ce signe d’espérance est aussi un appel pressant pour les pasteurs et les accompagnateurs : aider ces nouveaux croyants, souvent jeunes, à enraciner leur foi afin qu’elle grandisse et porte du fruit jusqu’à la vie éternelle. Comment soutenir ces commencements fragiles ? Comment conduire les catéchumènes vers une foi solide et vivante ? En prenant appui sur des contributions scientifiques, théologiques et philosophiques, ce livre donne des repères pour comprendre le temps présent, accueillir l’action de la grâce et entrer avec réalisme dans le combat spirituel. A l’écoute de l’histoire et des maîtres de la vie intérieure, il ouvre des pistes permettant de renouveler l’accompagnement des catéchumènes.

Editions Artège

Acheter pour 30.90 CHF

Naviguer avec le Christ
Philippe Cavin

Si l’on devait compter toutes les sollicitations qui jalonnent nos journées, nous pourrions aisément nous sentir submergés, voire perdre le sens de l’orientation. Prêter attention à chacune d’elles est impossible : notre esprit trie sans cesse entre des courants qui s’entrechoquent et s’entremêlent. Ce livre s’adresse à celles et ceux qui souhaitent interroger leur rapport à la société actuelle. Dans un monde qui questionne la place des religions et bouscule nos repères, il n’est pas toujours simple d’ancrer sa vie et de tenir une direction. La multiplication des sollicitations et la course en avant éprouvent aussi notre capacité, en tant que disciples du Christ, à assumer notre véritable identité.

Editions Cabédita

Acheter pour 19.50 CHF

A table !
Marie Malcurat

Et si chaque repas était l’occasion de se tourner ensemble vers Dieu, dans la gratitude et la confiance ? Ce livre propose des bénédicités pour chaque jour de la semaine, mais aussi pour les grandes étapes de l’année liturgique et les moments forts de la vie familiale : anniversaires, fêtes, examens, sacrements, sans oublier les périodes plus douloureuses. Puisées dans la Parole de Dieu ou inspirées de paroles de saints, ces courtes prières invitent à placer Dieu au cœur du quotidien.

Editions des Béatitudes

Acheter pour 22.50 CHF

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Une Patronale réussie!

Quels sont les ingrédients d’une Patronale réussie ? Puplinge nous l’a démontré, samedi 25 avril, à l’occasion du Dimanche du Bon Pasteur. Photos à l’appui, voici quelques pistes de réponse.
Apéro approuvé !

Par Thierry Schelling
Photos : DR

Quels sont les ingrédients d’une Patronale réussie ? Puplinge nous l’a démontré, samedi 25 avril, à l’occasion du Dimanche du Bon Pasteur. Photos à l’appui, voici quelques pistes de réponse.

Rassembler. Une Patronale est l’occasion rêvée pour rassembler plus large que son petit cercle de connaissances. C’est l’occasion d’inviter large et le fait qu’il n’y ait qu’une seule messe dans l’UP contribue à cela, laissant libres les personnes qui ne voudraient pas participer à cette invitation de venir ou pas. C’est sûr que c’est triste de se dire que pour je ne sais quelle raison, d’aucun.e.s rechigneraient à « faire le déplacement », si court soit-il.

Réjouir. La liturgie, simple, chantante et joyeuse, n’a pas souffert d’arabesques interminables ou de chichis baroques. Non. La chorale de Chêne-Thônex a prêté son concours, et même si réduite ce jour-là, a animé l’assemblée… qui a cherché un peu son unisson vocal avant de trouver le ton juste. C’est exactement cela, le sens de l’eucharistie : trouver ensemble la note commune pour moduler sa voix dans le concert des chantres de Dieu.

Régaler. L’homélie de notre Père Sviatoslav, la concélébration des trois prêtres de la Région, rejoints par nos collègues laïcs au moment de la communion, puis le buffet dressé dehors – merci Sieur Soleil – ont régalé. Pas seulement de l’eucharistie, pain de vie, mais grâce au savoir-faire libanais de nos amphitryonnes efficaces et modestes. A observer discrètement, tout le monde s’est resservi au moins deux fois ! Autant à l’eucharistie – Parole et Pain – qu’auprès des plats savamment préparés à l’apéro sur le parvis.

Rassembler, réjouir, régaler. Et repartir. Oui, une messe, un apéro, tout ce qui sert la convivialité entre disciples du Christ a un but missionnaire : repartir avec la joie au cœur, l’estomac plein, le cœur rempli, et ma foi (ce n’est pas peu dire !), la joie d’être témoins du Christ le Bon Berger. Qui ne nous tient pas servilement sous sa houlette, mais nous appelle à devenir à notre tour bergères et bergers là où nous vivons, aimons, travaillons, souffrons, rêvons, croyons…

An English mass at Saint-Joseph’s !

Why so ? Une messe en anglais à Saint-Joseph ne vient-elle pas contredire le plan diocésain de réduction des « prestations liturgiques » dans un esprit de regroupement communautaire ?

Par Thierry Schelling
Photo : Chrystophe Rakotondranaivo

Why so ? Une messe en anglais à Saint-Joseph ne vient-elle pas contredire le plan diocésain de réduction des « prestations liturgiques » dans un esprit de regroupement communautaire ?

Eh bien… oui et non. Il n’empêche, c’est à la demande de nombreux paroissiens anglophones que cette messe a été proposée, et tend à se pérenniser. Pourquoi ? Parce que les fidèles sont en majorité philippins, ont des horaires de travail – pas toujours déclaré d’ailleurs par leurs employeurs ! – infernaux, des emplois aux quatre coins du canton, et peinent à se rassembler dans la sérénité sur la Rive gauche. Nombreux sont celles et ceux qui fréquentent… fréquentaient la messe de 18h à St-Jo et en français.

Cette messe en anglais est mensuelle, et donc, le reste du mois, ces fidèles participent à l’habituelle messe du samedi soir. C’est un compromis : desservir une communauté qui a besoin de se retrouver et de comprendre « de A à Z » les paroles de la messe, de l’homélie, des prières, etc., et pouvoir s’exprimer tout pareillement. Puisque le reste du temps, c’est le français qui domine à la célébration. Leurs emplois du temps, leurs vies parfois clandestines, leurs employeurs n’aident en rien à ce qu’ils et elles apprennent le français, tant il est vrai que l’on peut vivre à Genève des décennies sans devoir parler le français ! C’est le paradoxe des villes internationales…

In any case, un chœur anime ces célébrations, une team, Marlene et Lynette aux commandes, coordonne le tout, notamment lectrices et autres. Et c’est une joie pour le curé de célébrer et prêcher in English « pour le bien des âmes », spécialement pour ces croyant.e.s pas toujours bien considéré.e.s par le tout-venant qui sont si grand.e.s aux yeux de Dieu !

A quand une messe bilingue dans un horaire déjà existant à St-Jo ? Ce sera peut-être la prochaine étape…

Cela n’intéresse personne…

Ce n’est pas qu’ils ne nous intéressent pas, mais à force de croiser ces petites mains, on finit par ne plus les voir. De plus, ils et elles sont souvent timides et discrets. Pourtant, ces personnes ont un passé, une histoire. Et qui pourrait bien nous inspirer. Si vous êtes encore avec nous, c’est que cela vous intéresse aussi. Alors allons-y. 
Claude Amstutz.

Par Pierre Moser
Photo : DR

Ce n’est pas qu’ils ne nous intéressent pas, mais à force de croiser ces petites mains, on finit par ne plus les voir. De plus, ils et elles sont souvent timides et discrets. Pourtant, ces personnes ont un passé, une histoire. Et qui pourrait bien nous inspirer. Si vous êtes encore avec nous, c’est que cela vous intéresse aussi. Alors allons-y. 

Claude Amstutz, notre sacristain, a été touché par une conversion disons… tardive. Son retour à l’Eglise s’est fait à quarante ans passés. En découvrant l’église de Sainte-Thérèse en 1978, ce fut le coup de foudre. Il le dit lui-même : « Je me suis senti chez moi. » Et il a rejoint notre communauté, apportant son bagage acquis lors de son ancien métier de libraire. Vous savez, ce métier qui consiste à « tout » lire, même ce qui ne correspond pas à vos valeurs, simplement par curiosité et respect. Une belle leçon de tolérance et d’ouverture d’esprit. Mais Claude a été plus loin : sa soif de connaissances, il a aussi voulu transmettre. Les réflexions suggérées par ces lectures ne pouvaient pas rester lettre morte. Il lui fallait être le passeur. Non pas le prosélyte, mais le témoin. Dans le domaine littéraire, mais également en musique et en spiritualité. Consultez son blog JUBILATE DEO : c’est éclairant, rafraichissant et profond. De la profondeur qu’on retrouve chez certains religieux. Vocation à laquelle il a pensé très fort. Mais un père carme l’a en dissuadé avec comme argument : « Vous posez beaucoup trop de questions. Pour une vocation réussie, on fonce… » A méditer.

Mais tout engagement n’est que partiel s’il n’est pas suivi par les actes du quotidien. Claude l’a très bien ressenti. Et à la suite d’une rencontre porteuse de sens avec l’abbé Thierry Fouet, il accompagne spirituellement les résidents de l’EMS des Bruyères. Apportant son vécu de converti et de proche aidant. Contrairement à Obélix qui est tombé dedans tout petit, il a gardé le questionnement de sa vie d’avant. Voilà pour les activités hors les murs.

Intra muros, il a endossé les responsabilités de la sacristie, de la gestion des lecteurs, du mouvement chrétien des retraités et la participation au conseil pastoral. Aujourd’hui, son souhait le plus cher reste de continuer à partager foi, valeurs et connaissances. En un mot, ne pas cesser de témoigner…

Le blog Jubilate Deo a vu le jour en décembre 2013 et se veut le reflet des beautés immuables de Dieu, du monde et des hommes.

Proche de la spiritualité du Carmel, il s’efforce néanmoins d’être ouvert aux interrogations et aspirations qui traversent la terre que nous foulons, tantôt d’un pied léger et la joie au cœur, tantôt accablés par ce qui nous dépasse, nous échappe ou semble se dissoudre dans les fissures du Temps.

A découvrir sur le site internet jubilate-deo.com où vous pourrez également vous inscrire pour recevoir la newsletter par courrier électronique : www.jubilate-deo.com

La(ï)c Léman ?

Certaines légendes affirment que le Léman serait né d’un reste du Déluge. Nulle Arche de Noé ici, ni Léviathan tapi dans la rade, mais une exposition temporaire installée sur la jetée des Bains des Pâquis. Léman sacré explore les liens entre le lac, la spiritualité et les pratiques religieuses qui s’y sont développées au cours de l’histoire.
L’embarcadère des Pâquis en 1936.

Certaines légendes affirment que le Léman serait né d’un reste du Déluge. Nulle Arche de Noé ici, ni Léviathan tapi dans la rade, mais une exposition temporaire installée sur la jetée des Bains des Pâquis. Léman sacré explore les liens entre le lac, la spiritualité et les pratiques religieuses qui s’y sont développées au cours de l’histoire.

Par Myriam Bettens
Photos : Denis Ponté, Marcel Bolomey, Musée du Léman, Myriam Bettens

Alors que Genève émerge à peine de sa torpeur, une dizaine d’habitués, bonnets en néoprène vissés sur la tête, se retrouve chaque matin, et par tous les temps, aux Bains des Pâquis, pour débuter la journée par une baignade dans le Léman. La nage en eau froide réunit, depuis quelques années, un nombre d’adeptes grandissant. Pour eux, les bienfaits sont autant physiques que spirituels. De là à parler d’une immersion dans la transcendance, il n’y a qu’une brasse.

L’eau, substance primordiale, occupe une place particulière dans l’imaginaire mythologique et la pratique religieuse, et le Léman n’est pas en reste. On peut même dire qu’il déborde de multiples légendes ! Il ne s’agit pas ici de mythes entourant ce lac, mais bien de réalités tangibles attestées par des documents, des lieux ou des objets historiques inventoriés à l’occasion d’une exposition sur le caractère sacré du Léman et attestant qu’une intense activité religieuse s’y est développée. Installée sur la jetée de ces mêmes thermes publics, l’exposition Léman sacré vous met directement dans le bain. 

Inaugurée à l’été 2025, elle explore plus de deux mille ans d’histoire du sacré autour du Léman. Née de la collaboration entre l’Association d’usagers des Bains des Pâquis (AUBP) et le Musée du Léman à Nyon, elle est le fruit d’une longue enquête. Des musées aux bibliothèques, en passant par les archives, la récolte de témoignages et la consultation de multiples articles de presse, l’exposition balaie un large champ de domaines. Cette investigation documentaire est complétée par la recherche dans les églises et les temples des communes qui bordent le lac, en Suisse comme en France, d’artéfacts religieux tels que vitraux, statues et fresques. 

On y rencontre des divinités tutélaires, des dieux romains, des Vaudois (pas nos voisins…mais les autres), des papes qui nous mènent en bateau et même quelques anguilles excommuniées ! Le Léman n’est, certes, pas le Jourdain, pourtant ce plan d’eau a longtemps été utilisé comme « baptistère ». La visite pourrait donc (théoriquement) se clôturer par un baptême de nage en eaux froides… ou pour les plus frileux, du côté de la buvette pour plonger sa fourchette dans un caquelon fumant.

Jonglerie verbale

Herméneutique, rédemption, Trinité, transcendance, oblation… Ok, j’arrête les « gros mots » de la foi chrétienne. Ces concepts résonnent-ils encore dans le Peuple de Dieu d’aujourd’hui (je m’y inclus, tout prêtre que je suis) ?

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Herméneutique, rédemption, Trinité, transcendance, oblation… Ok, j’arrête les « gros mots » de la foi chrétienne. Ces concepts résonnent-ils encore dans le Peuple de Dieu d’aujourd’hui (je m’y inclus, tout prêtre que je suis) ? Demandez aux fidèles leur compréhension de la transsubstantiation… et nous sommes tous hérétiques ! J’ai bien dit « compréhension », pas « définition ».

Tout le monde n’a pas fait « Fac de théo » pour jongler avec ces mots ! Mais de la jonglerie à la pitrerie verbale, il n’y a qu’un pas : dès 10h20, un œil se ferme, puis deux ; un bâillement est retenu… On a perdu le Peuple de Dieu.

Sans parler des sciences bibliques : le péché originel n’est pas dans la Bible. Ah bon ? Mais alors… Le lexique chrétien évolue, comme les langues vernaculaires. Paul, avec ses Lettres, a initié en grec raffiné une première réflexion théo-logique, dans un contexte où les esclaves et la deuxième place des femmes, c’était ok… Mais aujourd’hui ? On me susurre que Paul n’est probablement pas l’auteur de toutes « ses » Lettres ! Quoi ?

Heureusement que l’immanence de la Trinité, où la Seconde hypostase s’est incarnée par pathogénèse, n’empêche en rien la consubstantialité de la divinité par périchorèse tendant à la parousie… Capito ?

« Je ne vous comprends pas ! »

L’Eglise a perdu l’art de transmettre son message dans un langage compréhensible. Des expressions et des images intelligibles à l’époque de Jésus ne le sont plus aujourd’hui. Que signifient les mots que nous utilisons ? Essayons un « aggiornamento », c’est-à-dire une traduction des mots anciens dans une forme moderne.
Les agents pastoraux utilisent des mots et des phrases dont les fidèles ne comprennent plus vraiment le sens.

L’Eglise a perdu l’art de transmettre son message dans un langage compréhensible. Des expressions et des images intelligibles à l’époque de Jésus ne le sont plus aujourd’hui. Que signifient les mots que nous utilisons ? Essayons un « aggiornamento », c’est-à-dire une traduction des mots anciens dans une forme moderne.

Par Paul Martone | Photos : Unsplash, Pixabay, DR

« Comment l’Eglise va périr dans son langage. » C’est le titre provocateur qu’Erik Flügge a donné à son livre (Der Jargon der Betroffenheit : Wie die Kirche an ihrer Sprache verreckt, Kösel 2016). Il y écrit que dans sa prédication, l’Eglise utilise encore aujourd’hui des expressions et des images qui étaient compréhensibles à l’époque de Jésus, mais qui ne le sont plus pour les hommes modernes. Le réalisateur bavarois Christian Stückl dit lui aussi que l’Eglise a perdu l’art de traduire son message dans un langage accessible. Selon lui, l’Eglise a perdu le contact avec les gens, qui ne reviennent à la foi que lorsqu’ils traversent une période difficile, car ils ne connaissent plus le sens de cette institution.

« Aggiornamento » de la langue

Les deux auteurs ont en quelque sorte raison. Les agents pastoraux utilisent dans les sermons, les liturgies et les prières des mots et des phrases qui leur viennent sans peine aux lèvres, mais dont nous ne comprenons plus vraiment le sens. Dans cet article, explorons la question suivante : que signifient les expressions qu’on utilise dans l’Eglise et comment peut-on les rendre compréhensibles ? Ici, il ne s’agit ni de banaliser la langue ni d’une nouvelle interprétation, mais plutôt d’un « aggiornamento », c’est-à-dire d’une traduction sous une forme moderne. Le langage de l’Eglise doit être proche de tout le monde, il ne doit pas être parlé et écrit pour une petite élite. 

La conscience

La conscience est le for intérieur le plus secret de l’homme, où il se trouve seul avec Dieu. C’est la voix intérieure par laquelle Dieu se fait remarquer. Elle le pousse à toujours faire le bien et à s’abstenir du mal sans réserve. La conscience est un jugement de la raison par lequel l’homme reconnaît si un acte donné est bon ou mauvais. Elle peut toutefois être engourdie et induite en erreur. C’est pourquoi il est nécessaire qu’elle soit formée pour devenir un instrument intérieur toujours plus fin de l’action juste, ce qui est une tâche qui dure toute la vie. La première étape de la formation de la conscience est l’autocritique. En effet, nous avons tendance à juger en notre propre faveur. La deuxième étape consiste à s’orienter vers les bonnes actions des autres. La troisième étape, qui est sans doute aussi la référence pour cette école de vie, ce sont les Dix Commandements de la Bible, la Parole de Dieu, la prière quotidienne, ainsi que l’enseignement de l’Eglise. Il faut toujours obéir à une conscience bien formée, même au risque de commettre une erreur. L’être humain a le droit d’agir librement selon sa conscience et de prendre ainsi des décisions morales personnelles. Il ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas non plus être empêché d’agir selon sa conscience, en particulier dans le domaine de la religion.

L’être humain a le droit d’agir librement selon sa conscience.

La grâce

Le latin peut nous aider à comprendre ce mot, car dans cette langue, la grâce se
dit gratia. Ce mot nous rappelle le mot « gratuit ». On peut dire que la grâce est un don que Dieu nous fait, et ce gratuitement, sans condition ni contrepartie. Elle est « l’attention libre et aimante que Dieu nous porte, sa bonté secourable, la force de vie qui vient de lui. La grâce, c’est tout ce que Dieu nous donne sans que nous le méritions le moins du monde » (Youcat, catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes. N o 338). La grâce nous rend capables de vivre dans l’amour de Dieu et d’agir à partir de cet amour. 

L’herméneutique

L’herméneutique, dans le contexte ecclésial, désigne l’art et la science d’interpréter et de comprendre les textes bibliques. Elle cherche à saisir le message originel des Ecritures dans leur contexte historique, linguistique et culturel. En même temps, elle reconnaît que les lecteurs interprètent toujours à partir de leur propre époque et de leur expérience. Dans l’Eglise, l’herméneutique sert à rendre la Bible pertinente pour le présent sans en déformer le sens initial. La tradition, l’enseignement de l’Eglise et l’interprétation communautaire y jouent un rôle important. Son objectif est de rendre le message biblique compréhensible afin qu’il puisse orienter la foi et la vie aujourd’hui.

L’oblation

L’oblation est l’offrande faite à Dieu, souvent sous une forme matérielle ou symbolique. Elle peut se manifester dans la liturgie, notamment lors de l’offertoire, où le pain et le vin sont présentés. Au-delà du geste rituel, elle exprime aussi le don de soi du croyant à Dieu. L’oblation renvoie ainsi à une attitude intérieure de disponibilité et de dévouement. Dans la tradition chrétienne, elle est étroitement liée au sacrifice du Christ, compris comme offrande parfaite. Son but est d’inviter les fidèles à participer à ce mouvement d’offrande dans leur vie quotidienne.

La transcendance 

La transcendance dépasse le monde sensible et l’expérience humaine ordinaire. Elle renvoie principalement à Dieu, considéré comme infiniment au-delà de la création. Cette notion souligne que Dieu ne peut être pleinement compris ni saisi par l’intelligence humaine. En même temps, la transcendance n’exclut pas la proximité de Dieu, qui se révèle et agit dans le monde. Dans l’Eglise, elle invite à l’humilité et à l’adoration face au mystère divin. Son rôle est d’orienter les croyants vers une réalité ultime qui donne sens et profondeur à leur existence. 

La transcendance dépasse le monde sensible et l’expérience humaine ordinaire.
La transsubstantiation désigne la transformation réelle du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l’Eucharistie.

La transsubstantiation

Dans la conception catholique, la transsubstantiation désigne la transformation réelle du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l’Eucharistie.

L’apparence extérieure (forme, goût, odeur) reste identique, mais l’essence intérieure – la substance – est entièrement changée. Selon la doctrine catholique, cette transformation s’opère par les paroles de consécration prononcées par le prêtre lors de la messe. Elle repose sur la foi en la présence réelle et permanente du Christ dans le sacrement. Cette doctrine a été élaborée de manière systématique, notamment au Moyen Age, entre autres par Thomas d’Aquin, et reste aujourd’hui encore au cœur de la doctrine catholique sur l’Eucharistie, qui se distingue sur ce point des autres confessions chrétiennes.

Une somme d’écrits

« Parole, parole, parole. » Ce refrain italien d’une chanson française bien connue permet de prendre conscience que chaque Pape écrit littéralement des tonnes de mots : encycliques, exhortations, lettres, homélies…

Par Thierry Schelling | Photo : vaticantickets

« Parole, parole, parole. » Ce refrain italien d’une chanson française bien connue permet de prendre conscience que chaque Pape écrit littéralement des tonnes de mots : encycliques, exhortations, lettres, homélies… Quand on y pense, il y a une somme incommensurable d’écrits, de mots donc, que les Papes ont couchés sur papier pour dire le message doctrinal, théologique, religieux. C’est leur tâche première en tant que garants de la charité universelle entre catholiques. 

On estime, pour donner un cas de figure, à près de 30’000 le volume d’écrits pontificaux avant… l’année 1200 ! Colossale masse inégalée, qui plus est, dépassée depuis Gutenberg ! Et indénombrable…

Verba volant

Sans compter les paroles papales : combien volent depuis que les Papes sont Papes ! La première voix enregistrée d’un pontife fut celle de Léon XIII (1878-1903). Et dès Jean XXIII – avec ses Fioretti, ses propres jeux de mots recueillis pour la postérité –, les mots a cappella des Papes ont été scrutés… Gare au faux mot, à l’impair diplomatique, à la langue qui fourche. L’ars diplomatica s’est développé avec rigueur depuis 1701 lorsque Clément XI fonde l’Académie Pontificale Ecclésiastique, l’école des nonces, ces ambassadeurs du Pape auprès des gouvernements du monde entier. On y apprend notamment la rhétorique, la didactique et même comment tenir son verre en société – c’est vrai que tout se fait au nom du Pape !

Sans oublier que le polyglottisme des épiscopes de Rome s’est élargi avec un Jean-Paul II lisant en phonétique des dizaines de langues du monde. Mais qui se rappelle de tout ce qui a été dit ? Qui va relire ce qui a été écrit ?

Scripta manent

On ferait bien : car la mémoire oublie vite. Heureusement, les archives sont accessibles, et sur Internet, le site du Vatican donne accès à tout ce que le Pape a dit depuis l’an 2000 tout de même. On peut y surfer par mots et ainsi retracer son flux au travers de tous les documents papaux… Et se rappeler que « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », parole de Pontife !

Miséricorde (Luc 1, 50, Magnificat)

La Bible ne recourt à aucun jargon ecclésiastique car elle est Parole de Dieu rédigée par des écrivains sous l’impulsion de l’Esprit.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

La Bible ne recourt à aucun jargon ecclésiastique car elle est Parole de Dieu rédigée par des écrivains sous l’impulsion de l’Esprit.

C’est plutôt à redécouvrir les beaux mots scripturaires dans leur étymologie hébraïque, grecque (et latine) que nous devons nous employer. Comme à raboter de vieux meubles recouverts par la patine du temps, afin de leur redonner toute leur splendeur.

Ainsi, le terme « miséricorde » qui provient du latin « miser – pauvre » et « cors – cœur », le cœur pour notre misère. Plutôt que de le déclarer vieillot, il s’agit de le resituer dans le cadre de sa signification originaire.

Il désigne d’abord la tendresse infinie du Seigneur qui s’étend d’âge en âge sur ceux et celles qui l’adorent (Psaume 104(103), 17) et que chante la « petite Marie » fille d’Israël dans son cantique d’action de grâce (Luc 1, 46-55). Car elle expérimente elle-même, en tant que servante du Très-Haut, la proximité divine envers son abaissement. Le Puissant se souvient de sa « miséricorde », c’est-à-dire de ce qu’il a déjà réalisé pour son peuple Israël. Comment pourrait-il l’oublier, alors que c’est son être d’être Père et que son pardon fait tressaillir ses entrailles maternelles ? 

Puis la « miséricorde » est exercée par tout être humain qui, à l’exemple du Samaritain de la parabole, se laisse émouvoir au tréfonds de lui-même par la souffrance de ceux qu’il croise. C’est par elle que nous nous montrons le prochain de ceux qui sont rejetés dans le fossé de l’indifférence (Luc 10, 29-37).

Le terme correspond aux sentiments du Père de l’histoire des deux fils quand il aperçoit de loin son cadet perdu revenant à lui (Luc 15, 11-32). C’est tout le langage du sacrement de la réconciliation et du signe de l’amitié qui nous prend aux tripes, dès le moment que nous changeons notre cœur de pierre en cœur de prière. Heureux sommes-nous si nous savons pleurer devant la détresse d’autrui et ne pas avoir un front dur comme du caillou (Matthieu 5, 5) !

Ce n’est donc pas par hasard ni par maladresse que le pape François avait décrété une « année sainte de la miséricorde » (en 2016), lui qui nous appelle à être une Eglise pauvre avec les pauvres !


Dénombrement du roi David

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Alexandre Ineichen, Père-Abbé de l’Abbaye de Saint-Maurice, est l’auteur de cette carte blanche.

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Alexandre Ineichen, Père-Abbé de l’Abbaye de Saint-Maurice, est l’auteur de cette carte blanche. 

Père-Abbé Alexandre Ineichen
Photos  : Olivier Roduit, DR

Les Ecritures racontent en détail l’histoire du Salut, de la création du monde à la vie de Jésus. Cependant, cette longue histoire bien connue contient d’innombrables épisodes secondaires, beaucoup moins illustres. La lecture continue des Ecritures nous en découvre toujours de nouveaux, même après une longue pratique de cet exercice.

Dans deux passages de l’Ancien Testament, – 2 Sm 24 et 1 Ch 21 – dans l’épopée du grand roi David, il est mentionné que celui-ci a effectué un recensement du peuple élu et que Dieu en prit ombrage, mais laissa au roi le choix de la punition à infliger. Finalement, David offre un holocauste comme en conclusion de toute l’affaire.

Ces faits interrogent, car ils mettent en relation un acte administratif, un malheur – présenté dans le texte comme une calamité divine – et une offrande finale. Comment Dieu refuse-t-il à David, le roi qu’il a lui-même choisi et soutenu, de connaitre l’importance du peuple de Dieu ? Pourquoi lui inflige-t-il une punition comme une vengeance d’un Dieu jaloux ? Il va même jusqu’à demander à David de choisir la punition. Enfin, tout cela s’achève par une célébration à la gloire de Dieu et par une offrande. Comment comprendre ce sacrifice ? « Le Seigneur redevient favorable au pays et le fléau s’écarta d’Israël. » conclut le texte biblique.

Je mentionne ce passage curieux et mystérieux parce que, quelles que soient nos fonctions, nos responsabilités dans l’Eglise ou dans la société, nous cherchons toujours des chiffres – souvent contradictoires – afin de regretter un passé que nous embellissons, de nous enorgueillir de ce que nous accomplissions ou de prévoir un avenir que nous imaginons soit radieux, soit apocalyptique. 

A la lumière de cet épisode, dont je ne peux donner ici qu’un bref aperçu, il nous faut reprendre avec humilité – sans chiffre, presqu’à l’aveugle – l’histoire du salut, les yeux fixés sur Jésus Christ : rendre grâce pour les biens reçus dont nous n’avons jamais fini de mesurer l’ampleur ; agir en acte et en vérité à chaque instant ; et espérer contre toute espérance l’héritage que Jésus nous a promis.

Jeunes, humour et mot de la Bible – juin 2026

« S’il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard.» (dicton), page "Jeunes, humour et mot de la Bible" de juin 2026 par Marie-Claude Follonier

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Le bouc émissaire

Le bouc émissaire est celui que l’on accuse à tort et qui paie pour la faute des autres. Chez les Hébreux, lors de la fête des Expiations (en hébreu : Yom Kippour), conformément aux prescriptions du livre du Lévitique, le grand prêtre envoyait vers le désert un pauvre bouc chargé symboliquement de tous les péchés d’Israël et de toutes les malédictions. Pour les chrétiens, cet animal préfigurait le Christ, mort sur la croix, chargé des péchés de l’humanité.

Par Véronique Benz

Humour

La supérieure d’une congrégation religieuse vit ses derniers instants. Ses sœurs la veillent et lui proposent un verre de lait chaud. Elle refuse. Celles qui l’entourent, se souvenant des origines irlandaises de leur supérieure, ajoutent une goutte de whisky dans le lait. Doucement, une sœur humecte les lèvres de la mère supérieure qui se met tout à coup à vider le verre de lait. Une des religieuses lui pose la question suivante : « Ma Mère, auriez-vous une dernière volonté à nous confier ? » « Oui, surtout ne vendez jamais la vache ! »

Par Calixte Dubosson

Une lumière diffuse

Entre quête d’identité, cancers et retrouvailles inattendues, Marylise Pesenti, nageuse en eau glacée de l’équipe de Suisse, « avoue » que sa relation avec Dieu a été passablement écornée. Toutefois, elle le retrouve là où elle ne l’attendait pas…
Marylise Pesenti est nageuse en eau glacée.

Entre quête d’identité, cancers et retrouvailles inattendues, Marylise Pesenti, nageuse en eau glacée de l’équipe de Suisse, « avoue » que sa relation avec Dieu a été passablement écornée. Toutefois, elle le retrouve là où elle ne l’attendait pas…

Par Myriam Bettens
Photos : J.-Claude Gadmer, Marylise Pesenti

En relisant votre parcours de vie, on se dit que cela fait beaucoup pour une seule femme… Où avez-vous trouvé les ressources pour surmonter tout cela ?
En effet (rires)… C’est grâce à l’amour de ma famille et au soutien de mon mari, qui a toujours été présent. Il m’a accompagnée dans les démarches pour retrouver ma famille biologique. Ensuite, la maladie est arrivée… et là, c’était soit ça passe, soit ça casse. Il est resté à mes côtés, alors que même moi, je ne me reconnaissais plus !

C’est un peu la même chose avec Dieu, soit cela passait, soit cela cassait…
Ma foi a été bousculée, je l’avoue. Un sentiment d’injustice m’habitait. Alors que j’étais croyante et pratiquante, Dieu venait de me « lâcher ». Où est-ce que j’avais fait faux pour devoir subir tout ça ? Et ce sentiment a encore été exacerbé lorsque mon papa a développé la maladie d’Alzheimer suite à l’annonce de son premier cancer. Je suis entrée dans une forme de rébellion contre Dieu.

Pourquoi « avouer » que toutes ces épreuves ont ébranlé votre relation à Dieu…
Parce que, malgré tout, je ne me sens pas très à l’aise par rapport à cela. J’ai été élevée dans la foi, j’allais à la messe et je priais. J’ai mis tout cela de côté, car aujourd’hui, je me sens en décalage avec la foi que j’avais avant. Mais il est vrai que lorsque je me retrouve à l’église pour des enterrements, des mariages, des baptêmes, il y a quelque chose d’inexplicable qui monte en moi et me fait dire qu’« Il » est là malgré tout.

En même temps, on a aussi le sentiment que toute votre histoire est parsemée de « bénédictions ». Pourriez-vous dire que Dieu est là où vous ne l’attendiez pas ?
(Rires). Oui, c’est tout à fait vrai. Il y a cette lumière, cette présence diffuse à plusieurs endroits de mon parcours. En même temps, je pense avoir « provoqué » certaines de mes bénédictions, comme les retrouvailles avec ma famille biologique… 

Aujourd’hui, où en est votre relation ?
(Hésitation)… Je n’irais pas jusqu’à dire que tout est rétabli, mais je me sens réconciliée avec Lui et surtout beaucoup plus apaisée. Après, cela fait aussi partie de mon caractère d’avoir cette capacité d’accepter les épreuves sans colère ni rancœur. On peut vivre des choses très difficiles, se disputer, sans toutefois rompre la relation de manière définitive. Je renoue prudemment avec une présence qui m’accompagne… cela même si nous ne sommes pas toujours copains.

Marylise, ici aux championnats du monde de nage en eaux froides à Oulu en Finlande, en mars 2026.

Sacré Léman !

« Ce n’est certainement pas un hasard », lance Marylise Pesenti en pointant du doigt un des panneaux de l’exposition installée sur la jetée des Bains des Pâquis (Genève) décrivant le caractère sacré du Léman. Comme d’autres lève-tôt, elle est adepte de la nage en eaux froides, voire glacées, et cela par tous les temps. « Nous sommes une dizaine à venir ici vers six heures du matin pour nager. » Cette pratique a commencé comme un défi, alors que ce corps avait décidé de lui « faire tellement mal », elle a décrété que c’était elle qui allait le « gérer ». Lors de son deuxième cancer, elle se lance le défi de nager entre Saint-Gingolph et la plage de Vevey et s’entraine donc en conséquence. Un ami d’enfance lui propose de participer à la Coupe de Noël 2018, une compétition de nage en eau libre dans le Léman au mois de décembre. D’abord réticente, elle finit par accepter et y prend goût. Elle se lance ensuite dans la compétition et intègre en 2023 l’équipe de Suisse de Winter swimming (ndlr. nage en eaux froides) et participe à plusieurs championnats du monde, dont le dernier en mars 2025, en Finlande, avec une eau à – 0.7°…

Bio express

Marylise Pesenti est née à Estavayer-le-Lac en 1968. Elle arrive à Genève deux ans plus tard, adoptée par une famille aimante. Mariée en 1990 à Giovanni, son indéfectible soutien, ils ont eu deux filles. Après de nombreuses recherches, son foyer s’agrandit suite aux retrouvailles avec sa famille biologique. Un premier cancer du sein lui est diagnostiqué en 2006, puis un second en 2014. Suite à ces « tsunamis », elle redéfinit ses priorités : « Maintenant, elle veut vivre ! » La maladie la contraint aussi à se reconvertir professionnellement. Infirmière de formation, elle travaille aujourd’hui comme conseillère en appareils auditifs.

Saint Antoine de Padoue

Saint Antoine de Padoue compte parmi les saints les plus populaires de l’Eglise. Nombreux sont ceux qui ont déjà invoqué son aide après avoir perdu quelque chose, ce qui lui vaut parfois d’être affectueusement surnommé « le saint des étourdis ». Mais Antoine est aussi un docteur de l’Eglise.
Saint Antoine vu par l’artiste gruyérien Abraham Llucia Lopez.

Par Paul Martone | Photo : Claude Marguet

Saint Antoine de Padoue compte parmi les saints les plus populaires de l’Eglise. Nombreux sont ceux qui ont déjà invoqué son aide après avoir perdu quelque chose, ce qui lui vaut parfois d’être affectueusement surnommé « le saint des étourdis ». Mais Antoine est aussi un docteur de l’Eglise.

Antoine était originaire de Lisbonne, où il fut baptisé en 1195 sous le nom de Fernando. A l’âge de 15 ans, il entra au monastère des chanoines augustins près de Lisbonne. A peine deux ans plus tard, Antoine rejoignit leur monastère à Coimbra, l’un des plus prestigieux centres de formation théologique du Portugal, où il étudia la science biblique et la patrologie avant d’être ordonné prêtre en 1219. La même année, cinq franciscains furent envoyés au Maroc pour y répandre le christianisme, mais ils y furent torturés et finalement décapités. Le rapatriement de leurs dépouilles, à Coimbra, bouleversa tellement le chanoine Fernando qu’il entra dans l’ordre des franciscains. Ce n’est qu’alors qu’il reçut le nom de « Antoine ». 

En 1220, il obtint l’autorisation de partir en mission au Maroc, mais il y tomba si gravement malade qu’il dut rentrer au Portugal ; une tempête le fit toutefois dévier vers la Sicile. De là, il se rendit à Assise où ses confrères reconnurent son talent d’orateur. Le supérieur de l’ordre le chargea donc de lutter contre les hérésies des cathares et des valdésiens. 

Sa pauvreté franciscaine conférait de la crédibilité à ses discours, son immense connaissance de la Bible lui valait l’admiration, il était si convaincant qu’on le surnommait le « marteau des hérétiques » ; de nombreux miracles accompagnaient ses prêches. Dans un sermon, Antoine conseilla à ses disciples : « Notre vie est si pleine de belles paroles et si vide de bonnes œuvres… Je vous conjure donc de faire taire votre bouche et de laisser vos actes parler ! » 

Ses discours et ses sermons révélaient une grande érudition et une grande éloquence, mais aussi une richesse intérieure et une profondeur. Une intelligence supérieure et une érudition étonnante s’unissaient à l’expérience de Dieu d’un mystique profond.

Antoine mourut le 13 juin 1231 à Padoue. En 1946, le pape Pie XII le proclama docteur de l’Eglise. Sa fête est célébrée le 13 juin.

Guglielmo Marconi

Guglielmo Marconi est un physicien et inventeur italien né en 1874 à Bologne, considéré comme l’un des pionniers de la télécommunication sans fil.

Par Pierre Guillemin
Photo : DR

Guglielmo Marconi est un physicien et inventeur italien né en 1874 à Bologne, considéré comme l’un des pionniers de la télécommunication sans fil. 

En 1895, il parvient à réaliser ses premières transmissions radio sur plusieurs kilomètres à Salvan dans le Valais. Marconi cherche à vérifier si les ondes radio peuvent franchir des obstacles naturels comme des collines ou des montagnes. Il installe un émetteur et un récepteur à distance et parvient à transmettre des signaux malgré le relief, ce qui constitue une avancée scientifique majeure en démontrant ainsi que les ondes électromagnétiques ne nécessitent pas de ligne de vue directe parfaite, contrairement à la pensée commune de l’époque.

Marconi poursuit ses recherches au Royaume-Uni, où il bénéficie d’un soutien financier et scientifique. En 1897, il fonde la Marconi Company, qui contribue au développement et à la commercialisation de la radio. Son invention connaît un succès rapide, notamment dans le domaine maritime, où elle améliore considérablement la sécurité des communications en mer. En 1901, il réussit un exploit historique en transmettant un signal radio à travers l’Atlantique, entre l’Angleterre et Terre-Neuve.

Ses travaux révolutionnent les communications et ouvrent la voie à la radio moderne, puis à la télévision et aux technologies sans fil actuelles. Pour ses contributions majeures à la science, Marconi reçoit le prix Nobel de physique en 1909, qu’il partage avec le physicien allemand Karl Ferdinand Braun. Au-delà de ses inventions, il incarne l’esprit d’innovation de son époque et marque durablement l’histoire des sciences et des technologies.

Sa pensée scientifique est profondément attachée à la foi catholique : il considère que ses découvertes, notamment dans la radio, peuvent servir l’humanité tout en restant compatibles avec les valeurs religieuses. Sans être un théologien, il voit dans ses découvertes scientifiques une forme d’harmonie avec l’ordre du monde, qu’il associe à une dimension spirituelle.

Guglielmo Marconi collabore avec le Vatican pour développer des moyens de communication modernes. En 1931, il participe à la mise en place de Radio Vatican, permettant au pape Pie XI de diffuser son message à travers le monde. 

Guglielmo Marconi meurt en 1937, laissant derrière lui un héritage considérable. 

Ses découvertes ont transformé les modes de communication à l’échelle mondiale et ont jeté les bases des systèmes modernes de transmission sans fil, essentiels dans notre quotidien.

Un homme du verbe…

Assis dans un café, en face de moi, Pierre Vianin parle aisément. Je perçois directement l’enseignant et le pédagogue. Il me raconte sa vie, ses engagements, sa passion pour la lecture et pour l’écriture… Le fil rouge de son histoire est sans aucun doute le verbe. Le verbe comme parole, comme mot, mais aussi le Verbe de Dieu.

Assis dans un café, en face de moi, Pierre Vianin parle aisément. Je perçois directement l’enseignant et le pédagogue. Il me raconte sa vie, ses engagements, sa passion pour la lecture et pour l’écriture… Le fil rouge de son histoire est sans aucun doute le verbe. Le verbe comme parole, comme mot, mais aussi le Verbe de Dieu. 

Par Véronique Benz | Photo : DR

Marié à Ursula et parent de trois filles adultes, Pierre prendra officiellement sa retraite à la fin juin. Après une formation en pédagogie curative à Fribourg, Pierre a d’abord travaillé dans l’enseignement spécialisé. Puis pendant près de 24 ans à la HEP du Valais tout en gardant un 30 % pour l’appui scolaire. Pour cet homme très investi dans son travail, la retraite représente une période particulière. « J’ai beaucoup prié pour savoir ce que j’allais faire de ma retraite et j’ai eu une réponse ! Comme quoi c’est bien de prier ! » Pierre Vianin a décidé de consacrer une « bonne partie » de sa retraite à l’Eglise. Cela semble couler de source pour quelqu’un qui s’est engagé sans relâche.

Pierre est né dans une famille croyante. Il a reçu une éducation chrétienne. « J’ai toujours été croyant et je le suis de plus en plus, même si parfois j’ai douté. » Comme croyant, il dit s’être investi un peu dans l’Eglise. Lorsqu’il m’énumère ses engagements, je trouve le « un peu » superflu. Pierre a été servant de messe et lecteur. Il a fait partie, avec l’abbé François-Xavier Amherdt, de la commission qui a lancé L’Arc-en-Sierre (ndlr. L’Essentiel de Sierre). Avec son épouse, il a suivi la formation aux ministères et service en Eglise (FAME) qui s’appelle aujourd’hui le parcours Théodule. Puis, il fut pendant dix ans le rédacteur responsable du journal paroissial de Sierre. Pendant une dizaine d’années, en lien avec un prêtre, Pierre et son épouse Ursula se sont occupés de la préparation des jeunes au mariage. 

Pierre a coécrit avec l’abbé Amherdt un livre sur la pédagogie du Christ  (voir ci-contre). Depuis une petite année, il est membre de l’équipe de rédaction de la page Eglises du Nouvelliste. 

Enfin, avec son épouse et grâce à une copine, « j’ai découvert il y a cinq ans les écrits de Maria Valtorta, une mystique italienne. Cartésien de nature, j’ai été plutôt sceptique au départ. Puis j’ai lu les dix volumes et j’ai trouvé cela magnifique. Ces ouvrages m’ont aidé à approfondir ma foi. Lorsque j’en ai parlé autour de moi, j’ai constaté que personne ne connaissait Maria Valtorta. » Conscient que ces écrits ne sont pas reconnus officiellement par l’Eglise, Pierre, avec son épouse et trois autres personnes, a fondé l’Association Maria Valtorta, dont le but est de promouvoir la lecture de ses œuvres. « L’expérience me montre que les gens qui lisent Maria Valtorta approfondissent les Evangiles et se rapprochent de l’Eglise. Et ce fut en effet mon cas. »

A travers tous ses engagements, Pierre approfondit sa foi et comble sa passion pour l’écriture. Il trouve également les rencontres très enrichissantes. Bonne retraite au service du Christ et de sa mission !

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Dès l’âge de 10 ans, je savais que je voulais devenir enseignant. Lorsque j’ai passé l’examen pour entrer à l’Ecole Normale, une de mes tantes a prié sainte Rita. J’ai appris des années plus tard que c’était la sainte des causes désespérées ! Vous imaginez la confiance de ma tante dans mes capacités à m’en sortir tout seul !

Votre moment préféré de la journée ?

Après une journée bien chargée, se retrouver le soir dans sa chambre, tranquille, avec un bon bouquin dans les mains. C’est le bonheur absolu !

Votre principal trait de caractère ?

Calme, très calme et lent, très lent. J’ai la chance d’être quelqu’un de passionné. Je suis aussi un peu naïf !

Le livre que vous avez lu plusieurs fois ?

Naturellement, les livres de Maria Valtorta, mais il y a également deux livres de François Varone qui m’ont transformé : Ce Dieu absent qui fait problème et Ce Dieu censé aimer la souffrance.

Une personne qui vous inspire ?

Le Christ. Je suis admiratif du sens de la répartie du Christ, par exemple quand il dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Une citation biblique qui vous anime ?

J’aime beaucoup le prologue de saint Jean : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. » (Jean 1, 1)

Qui est Jésus pour moi

Dans la prière du Notre Père… ne dit–on pas… Notre Père ? Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs en Christ ? Donc, Jésus est mon frère, votre frère… aurais-je aimé avoir un frère, moi qui n’ai eu qu’une sœur ?

Par Astrid Belperroud | Photo : DR

Dans la prière du Notre Père… ne dit–on pas… Notre Père ? Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs en Christ ? Donc, Jésus est mon frère, votre frère… aurais-je aimé avoir un frère, moi qui n’ai eu qu’une sœur ? Je ne me suis jamais posé vraiment la question…mais ne dit-on pas que notre famille, on ne la choisit pas ? 

Jésus est avant tout mon ami, infaillible, que j’ai choisi. Pas à mon baptême, mes parents l’ont fait pour moi, mais à ma confirmation et à maintes reprises dans ma vie. Je lui renouvelle ma confiance chaque jour et je le rencontre dans le regard de chaque jeune que j’accompagne.

Il est ma tête pensante, mon intelligence, il est des oreilles qui m’écoutent, il est la bouche qui me nourrit par sa Parole, il est ce regard qui me rend unique, il est cette épaule qui me console ; ses bras et ses jambes sont là pour me porter et me supporter quand je n’en peux plus, et il est ses pieds qui marchent pour moi quand alors je me repose dans ses bras.

Il est mon bâton de pèlerin qui m’invite chaque matin à me mettre debout physiquement et ou mentalement et qui me murmure de l’imiter pour à mon tour me mettre au service de mes amis.

Le pape Léon XIV nous dit que, pour lui, le Christ est avant tout le « Roi de la paix », un sauveur apportant une paix désarmée, humble et universelle. Il est le centre de la vie, l’unique médiateur et rédempteur, et le visage de l’amour de Dieu pour les pauvres, exigeant des fidèles un engagement actif pour la justice et le pardon. Au lendemain de Pâques, la vie est jaillissante et nous rappelle que Christ est vivant ! A nous de poursuivre notre engagement pour que la paix advienne.

Qui est Jésus pour moi ? il est vivant en moi et par moi et pour chacun de nous. Gratitude.

Les 12 promesses au Sacré-Cœur

Saviez-vous que, chaque premier vendredi du mois, la communauté polonaise à Champel se réunit pour une messe, disons, spéciale : elle répond à la demande d’une Sainte française, Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), dévote de Paray-le-Monial, qui a expérimenté Dieu-charité au plus profond de son cœur.

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Saviez-vous que, chaque premier vendredi du mois, la communauté polonaise à Champel se réunit pour une messe, disons, spéciale : elle répond à la demande d’une Sainte française, Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), dévote de Paray-le-Monial, qui a expérimenté Dieu-charité au plus profond de son cœur. Pour inviter les fidèles à Lui être tout dévoués à leur tour, en pratiquant la célébration de l’eucharistie le premier vendredi du mois. 

Et voici le résumé des promesses :

« Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état. Je mettrai la paix dans leur famille. Je les consolerai dans toutes leurs peines. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde. Les âmes tièdes deviendront ferventes. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé. »

A Puplinge, le 28 février dernier, la communauté locale a proposé, après la messe de 18h, de visionner le film documentaire sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ; franc succès pour elle et les spectateurs ont appris et / ou découvert que Dieu appelle personnellement pour le bien de tous !

L’œcuménisme pas à pas

En cherchant comment parler d’œcuménisme à ses catéchumènes, l’abbé Thierry Schelling s’est dit que Genève, avec son patrimoine historique et religieux, serait un bon exemple en la matière. Il a donc organisé, mi-mars, une promenade guidée pour découvrir l’histoire de la Grande Eglise au travers des édifices religieux qui jalonnent la ville.
Une pause méritée contre un pan ensoleillé de la cathédrale Saint-Pierre.

En cherchant comment parler d’œcuménisme à ses catéchumènes, l’abbé Thierry Schelling s’est dit que Genève, avec son patrimoine historique et religieux, serait un bon exemple en la matière. Il a donc organisé, mi-mars, une promenade guidée pour découvrir l’histoire de la Grande Eglise au travers des édifices religieux qui jalonnent la ville.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Je viens profiter des connaissances de Thierry [ndlr. Schelling]. Il est d’ailleurs bien trop modeste », glisse Joëlle avec un sourire. Elle-même guide pour l’antenne romande de l’association Eglises + Tourisme Suisse, elle est venue participer à la promenade guidée que propose régulièrement l’abbé Thierry Schelling à ses catéchumènes. Dans le cadre du parcours de catéchuménat, le responsable de la paroisse Saint-Joseph invite ses aspirants au baptême à expérimenter l’œcuménisme au travers d’édifices du patrimoine religieux genevois, témoins d’une longue histoire en la matière. Enzo, lui, y assiste pour la seconde fois. « Pour me rafraichir la mémoire », plaide-t-il, avec un haussement d’épaule, lorsque l’abbé le lui fait remarquer.

« Lors de la promenade, faites connaissance, discutez, échangez… Car « faire Eglise », c’est aussi cela », enjoint-il à la dizaine de participants réunis autour du bénitier de l’entrée de la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives. Symboliquement, six d’entre eux passeront bientôt de cet « espace de transition », le narthex – historiquement réservée aux catéchumènes et aux pénitents – à la nef – lieu du peuple rassemblé pour la célébration commune – lors de la prochaine Vigile pascale. Toutefois, Thierry Schelling souligne que « depuis le Concile Vatican II, cette séparation stricte est dépassée : l’Eglise se doit d’être ouverte sur le monde et à son service ».

Pour le guide, c’est pareil lorsqu’on parle d’œcuménisme : ni séparation ni uniformisation. L’idée d’une Eglise où toutes les confessions chrétiennes deviendraient identiques est « un idéal autrefois envisagé par Rome, mais aujourd’hui considéré comme irréalisable et même regrettable ». De même, l’histoire des Eglises (protestantes, catholiques, orthodoxes) « ont permis de développer des manières riches et variées de célébrer le Christ, sans pour autant être opposées ». L’orateur précise que le terme « les Eglises chrétiennes » désigne une multitude de familles et de branches et établit une distinction fondamentale entre « une église », au sens de communauté confessionnelle spécifique dans laquelle on entre par le baptême, et « l’Eglise », qui représente la communauté universelle de tous les chrétiens. Une double dimension essentielle pour comprendre son identité au sein de la foi chrétienne.

Après la visite de Saint-Joseph, la promenade s’est poursuivie en direction de l’église orthodoxe russe, par chance, ouverte en cette période de Grand Carême. Les participants ont pu prendre part à une partie de la célébration pour les défunts qui s’y déroulait. Le petit groupe s’est ensuite rendu chez les luthériens, puis à la cathédrale Saint-Pierre, pour enfin terminer l’excursion à la paroisse Saint-Germain, lieu de culte de la communauté catholique chrétienne. Loin de vouloir pousser ses futurs baptisés « à la concurrence », Thierry Schelling les a néanmoins exhortés à se rendre à une messe. D’une part, « vous ne remarquerez peut-être aucune différence entre leur célébration et la nôtre » et, d’autre part, « l’œcuménisme c’est aussi cela ».

Rencontrer Jésus aujourd’hui? Un chemin de transformation

Du 13 au 15 mars 2026, une mini-retraite a eu lieu à la paroisse Sainte-Thérèse. Elle avait pour thème de réflexion : « Rencontrer Jésus aujourd’hui ? Un chemin de transformation ».

Par le Père Gabriel Ghanoum | Photos : DR

Du 13 au 15 mars 2026, une mini-retraite a eu lieu à la paroisse Sainte-Thérèse. Elle avait pour thème de réflexion : « Rencontrer Jésus aujourd’hui ? Un chemin de transformation ». Parmi les nombreuses rencontres de Jésus rapportées dans l’évangile, deux d’entre elles éclairent particulièrement la manière dont Jésus rencontre les personnes et le chemin de transformation qui s’opère en elles : au puits de Jacob avec la Samaritaine et avec la veuve de Naïm à la porte de la ville. Après avoir approfondi la culture et la spiritualité de la rencontre et son chemin de transformation, la présentation de l’Exhortation apostolique du Pape Léon XIV « Dilexi Te » a permis d’aborder la pratique de la rencontre.

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui a besoin du Christ pour le transformer. 

Faire humanité ensemble, c’est ce que Jésus nous enseigne. Faire ce que Jésus a fait, suivre son exemple, l’imiter, devrait devenir notre programme quotidien. Après chaque rencontre, Jésus a fait sentir à la personne qu’elle avait de la valeur. Il l’a écoutée et a toujours choisi la voie de l’amour même lorsqu’il était confronté à la division et la haine.

Jésus a pratiqué 3 choses qui ont rendu sa mission féconde :

1. Il a su trouver un chemin d’entente avec les gens.

2. Il n’a jamais attendu que les gens viennent à lui, il est allé lui-même à leur rencontre et a établi une relation avec eux. 

3. Il aimait les personnes de telle manière qu’elles se sentaient reconnues, comprises, appréciées, valorisées.

Sa rencontre avec la Samaritaine nous montre que le Christ l’a valorisée et qu’il a franchi le « mur » des préjugés sociaux, culturels, religieux pour la trouver, alors qu’elle s’est perdue à cause de ses choix de vie. Cela nous apprend comment, nous aussi, nous pouvons franchir ce mur afin de construire avec l’autre un pont de retrouvailles. 

La première caractéristique de la rencontre est qu’elle met en présence deux personnes dans la vérité et la liberté. Dans la rencontre au puits de Jacob, se retrouvent face à face un homme (étranger au pays, juif de surcroît) et une femme (à la réputation douteuse), le divin et l’humain. Mais, dans l’évangile, il ne s’agit pas seulement d’apprivoiser les différences. Jésus demande à boire, une requête qui semble humainement naturelle à cette heure du jour, mais c’est pour susciter notre soif d’une eau vive qui vient de plus haut et que lui seul peut nous donner. Entre le puits et la source, il y a moins une opposition qu’un approfondissement, une intériorisation : la source réveillée nous révélera à nous-mêmes, en même temps qu’elle révélera Dieu en nous.

Cette conversation a pour but une conversion intérieure et, par conséquent, une transformation par le Seigneur. La Samaritaine parle de la dimension physique du puits, « il est profond » et le Christ parle de la dimension divine « La profondeur de soi… où se trouve l’image de Dieu », l’aventure de notre rencontre avec le Christ, avec ses risques et ses incertitudes.

Ce premier volet s’est achevé sur une question : comment faire preuve de la miséricorde de Dieu envers les autres dans notre vie quotidienne, pour devenir un vrai missionnaire ? 

Faire comme Jésus a fait : 

• Pas seulement en voyant mais en regardant ;

• Pas seulement en entendant, mais en écoutant ;

• Pas seulement en croisant les personnes mais en s’arrêtant avec elles. 

C’est de cette proximité dont il a été question lors de la deuxième session. La rencontre du Christ avec la veuve de Naïm. 

Dans sa mission, Jésus met la rencontre au premier plan. Sa compassion et sa tendresse sont un baume pour l’âme et un réconfort pour le cœur brisé par la douleur. 

Jésus est « saisi de compassion » en voyant la veuve. Elle a tout perdu : son mari, son fils unique, mais elle n’a pas perdu sa foi ni son espérance. Par cet acte de compassion, il rétablit les liens. Benoît XVI disait que « fermer les yeux sur son prochain rend aveugle devant Dieu ». La mission de l’Eglise est d’imiter le Christ : s’arrêter, regarder, écouter, vivre la proximité, restaurer les liens brisés et intégrer les personnes isolées dans leur communauté. 

La dernière séance a été dédiée à l’Exhortation apostolique du pape Léon XIV « Dilexi Te »  (« Je t’ai aimé »). Le pape Benoît parlait « d’un cœur qui voit ». L’Exhortation nous appelle à la conversion afin de sortir de notre zone de confort, à la compassion. Elle nous invite à passer de la culture de l’indifférence à la culture de la rencontre.

L’abbé Thierry Fouet conclut le cycle des 3 conférence en remerciant le Père Ghanoum de ces temps d’enseignement et de partage.
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