Consignes pour rédiger un «bon» édito

Le fond

Deux variantes sont possibles:

L’édito est la transcription de l’opinion de la rédaction sur un sujet

Si vous optez pour l’opinion commune, une personne étant désignée pour la traduire en écriture, c’est évidemment assez compliqué, parce que cela suppose discussion préalable, consultation, adaptation, et donc édulcoration!
Cette variante n’est en principe pas la bonne.  Donc à écarter sauf si, une fois, le journal veut prendre position sur un sujet délicat.
Par exemple, un sujet de votation fédérale ou une prise de position sur un sujet épineux qui ferait problème dans la région.
Dans un tel cas, il faut arriver à un texte commun qui sera signé: La RÉDACTION.

L’édito est l’opinion personnelle d’un membre de la rédaction sur un sujet

Cette option est la meilleure.Il faut alors se poser la question: qui a une opinion et sur quoi?

La discussion peut porter sur le sujet: est-il opportun que le journal donne son avis sur tel ou tel sujet?
Mais à partir du moment où le sujet est retenu, il faut laisser entière liberté à la personne qui s’exprime.
Car il s’agit de SON OPNION, attestée par SA signature. Et non de l’opinion de toute la Rédaction! Un édito est une OPINION PERSONNELLE. Elle n’est pas forcément partagée par l’ensemble de la rédaction. Et les autres doivent l’accepter.
C’est la démocratie rédactionnelle!

Par contre, le rédacteur responsable doit décider QUI est habilité à  rédiger des éditos. Ce n’est pas forcément tout le monde! Tout simplement parce que tout le monde n’est pas apte à rédiger un édito.  C’est un exercice DIFFICILE!

Donc il faut réserver cette rubrique à quelques plumes autorisées de la rédaction (COMPÉTENTES et A LA PENSÉE CLAIRE).

Le choix du sujet

Le choix du sujet est OUVERT. Ce peut être l’actualité, ou ce peut être en lien avec le dossier, mais pas du tout OBLIGATOIREMENT.
L’important est d’avoir une opinion à donner sur une sujet QUI  CONCERNE LE LECTEUR!  Il faut toujours penser au lecteur!

Donner son opinion sur le fonctionnement de je ne sais quel rouage du Vatican ne va pas passionner le lecteur de l’Arc-en-Sierre!
Donner son opinion sur le nouveau parcours de confirmation concernera le lecteur !

Si le thème est porteur, le lecteur en a déjà eu vent. Et encore une fois, ce n’est pas de l’info, c’est de l’opinion!

La forme de l’édito

Sur la forme: UN EDITO = UN THEME. Surtout ne pas mélanger les sujets !

UN ÉDITO = UNE OPINION. Donc même si, pour la forme, on écrit nous, en fait c’est «je» qui s’exprime.

Le mieux est de démarrer le texte en situant le thème en 5 lignes maximum, en rappelant un fait, une situation, un événement, une parole entendue, etc.

Donc, il ne faut pas consacrer la moitié de l’espace pour résumer le sujet!

Ensuite, Il faut tout de suite être FRANC avec le lecteur: j’approuve, j’aime, je soutiens ou le contraire, je n’aime pas, je réfute.  Il faut avoir une opinion tranchée.
Il faut absolument éviter le “je suis ni POUR ni CONTRE” pour plaire à tout le monde!  On n’écrit pas un édito pour plaire, on l’écrit parce que l’on veut transmettre SON opinion sur un sujet.

Et faire RÉFLECHIR le lecteur sur un sujet.

Donc, après l’intro, il y aura deux ou trois paragraphes pour permettre à l’auteur de situer son opinion et de l’ARGUMENTER et d’apporter les NUANCES parfois nécessaires et ensuite deux ou trois paraphes pour y ajouter des PISTES de SOLUTIONS,  des PROPOSITIONS concrètes de changement, éventuellement un ou deux exemples.

Et une petite phrase pour conclure – le mot de la fin – qui devrait inciter le lecteur à la réflexion.

Le style de l’édito

Le style personnel est non seulement autorisé, mais à encourager!

C’est tranché, et écrit en termes simples.  Il faut se dire que l’on écrit pour tous les lecteurs, y compris pour ceux qui n’ont pas de connaissances étendues.
Un rédacteur en chef nous répétait toujours: “Vous écrivez pour Mme la concierge!” Ce n’était pas méprisant. C’était simplement pour nous rappeler que nous écrivons pour TOUS les lecteurs, y compris ceux qui n’ont pas, notamment, un gros bagage de connaissances théologiques.

Un édito ne plaira pas à tous les lecteurs!  Il ne peut pas plaire à tout le monde!  Et peu importe.

Car ce n’est PAS de l’info ! Partout ailleurs dans le journal, la rigueur journalistique s’impose. Dans l’édito, c’est l’inverse: c’est l’opinion personnelle qui justifie l’article.

Par contre, le lecteur doit pouvoir se dire après lecture : sur ce sujet X, l’auteur à une idée claire, étayée. Je suis de son avis, ou je ne suis pas de son avis.
Le courrier du lecteur peut permettre au lecteur de répondre.

S’agissant d’un journal religieux, il faut attention à un écueil: un édito n’est pas un sermon!  Ce n’est pas du tout la même démarche. L’édito reste une démarche strictement journalistique.

La longueur de l’édito

Quant à la longueur, il faut trouver le juste milieu: il faut un minimum de lignes pour étayer un point de vue. Mais il faut aussi éviter les textes à rallonges!

Il faut aller à l’essentiel! On ne dit pas tout dans un édito.  On donne un point de vue et on l’étaye en 3 ou 4 points.

Donc, après avoir rédigé un premier jet, il faut essayer de l’épurer, d’aller à l’essentiel, de faire des phrases courtes.

A ce stade, c’est évidemment le style personnel qui fait souvent la différence!

La longueur de vos éditos me semble bonne.  Il y a suffisamment d’espace pour développer une idée!

En conclusion

Un ÉDITO, c’est UNE opinion,  sur UN sujet, d’un AUTEUR, à un MOMENT
DONNÉ. Ni plus, ni moins!