
Propos recueillis par François Riondel
Photos : Raphaël Beffa
La lumière joue un rôle central dans les créations de Raphaël Beffa, prénommé rafabé dans le milieu artistique. Récemment invité lors d’un culte au temple de Gy pour y présenter trois de ses créations, Raphaël m’a éclairé (c’est le cas de le dire) par ses propos. J’ai donc eu envie de les partager avec vous.
La lumière brille depuis longtemps, le soleil, les étoiles, la lune… et puis l’être humain essaya de chasser la nuit avec différentes inventions, telles que la lampe à huile qui date d’environ 15’000 ans, puis l’ampoule à filament qui fête ses 150 ans et enfin les LED blanches dont les inventeurs ont reçu le prix Nobel en 2014.
Raphaël est passionné tant par la technique que par la création artistique. Tout en profitant des avancées technologiques, il s’inspire des objets récoltés dans la nature, où il y voit une indéniable signature divine. Il utilise aussi des objets obsolètes qui ont résisté au temps, attestant ainsi du labeur et de l’ingéniosité des humains, et offrant également la beauté de leurs formes géométriques.
Lors de la cérémonie religieuse à Gy, Raphaël avait choisi deux passages de la Bible qui l’inspire et qu’il commente :
« Dieu dit : que la lumière se mette à briller (Genèse 1.3). C’est une phrase courte et puissante. Il s’agit de sortir des ténèbres et d’exprimer d’où l’on vient. C’est une question universelle que chaque être humain se pose. Il y a là un début, une volonté de créer. »
« … et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde
(Jean 1.5-9). Là encore, il s’agit d’universalité. La parole éclaire tous les êtres humains et c’est à chacun de nous que revient la tâche d’être témoin de la lumière. »
Raphaël me dit encore : « Parfois je me demande dans quelle mesure la créativité et les démarches artistiques que j’entreprends permettent d’être témoin de la lumière. Cela peut paraître un peu orgueilleux ou inefficace, mais au fil des expositions, je me rends compte que c’est utile aux visiteurs. C’est toujours rassurant pour moi de savoir que, pour quelqu’un d’autre, j’ai pu déclencher une impression de poésie et de réconfort. C’est peut-être ça, un témoignage de la lumière ? »

Les trois lampes sur la photographie
La lampe au centre interroge notre passé industriel. Le bouton en céramique est toujours fonctionnel. Le tube électrique de plomb ainsi que le socle en bois datent des années 50. L’ampoule LED, peu énergivore, permet l’utilisation du papier pour réaliser ce petit abat-jour.
La lampe de droite représente une fleur fragile. Elle est réduite à l’essentiel : un galet, deux fils de cuivre, trois pixels LED et un abat-jour de un gramme. Pour affiner le tout, un petit bouton également réalisé dans un volume minimal.
La lampe de gauche représente la complémentarité de densité et de transparence. Le socle est un isolateur retrouvé dans un ravin, il est lourd et opaque. L’abat-jour lui est léger et transparent, il reproduit la forme de l’isolateur.
