
Par Paul Martone | Photo : Wikipédia
« Une maîtresse de théologie très estimée » et « une grande connaisseuse des sciences naturelles et de la musique ». C’est ainsi que le pape Benoît XVI décrivait Hildegarde, qu’il avait proclamée docteur de l’Eglise en 2012. Il rendait ainsi hommage à une femme qui avait acquis une position exceptionnelle au XIIe siècle.
On conserve aujourd’hui encore des lettres dans lesquelles elle ne mâchait pas ses mots et osait même exhorter évêques et empereurs. Hildegarde fut très vite considérée comme la « prophétesse allemande ». Par son œuvre vaste, elle a offert un aperçu varié des domaines de la pensée religieuse, politique, scientifique, médicale et sociale de l’époque. Dans son ouvrage Scivias (Connais les chemins), elle décrit les visions qu’elle a eues dès sa plus tendre enfance. Elle a développé une théologie dans laquelle la vision du monde et celle de l’homme sont indissociables de l’image de Dieu. Son ouvrage Physica, qui contient des recettes pour rester en bonne santé, revêt aussi une grande importance.
Il s’agit d’un ouvrage majeur de médecine et d’histoire naturelle qui décrit les vertus curatives des plantes, des animaux, des pierres et des métaux. Il allie observations empiriques et théologie chrétienne de la création, et a profondément marqué la médecine monastique ainsi que la conception médiévale de la nature. Dans son ouvrage médical Causae et Curae, Hildegarde décrit les maladies et donne des conseils pour leur traitement. Le conseil essentiel d’Hildegarde est de faire preuve de modération afin de rétablir l’harmonie entre les fonctions du corps. Outre ses livres théologiques, Hildegarde s’est également illustrée comme poétesse de chants.
Née en 1098, elle entra (à huit ans) dans une abbaye bénédictine sur le Disibodenberg, où elle prononça plus tard ses vœux. En 1136, Hildegarde fut élue abbesse. Son couvent étant devenu trop petit, la communauté put s’installer en 1150 dans un couvent sur le Rupertsberg, face à la ville de Bingen, où elle mourut le 17 septembre 1179. Le jour de sa mort est également le jour de sa fête religieuse.
