Le Vestiaire paroissial de Martigny : pour toi et pour moi !

Le Vestiaire paroissial de   Martigny : pour toi et pour moi !
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Le Vestiaire paroissial est une affaire de famille ! Marie-Noëlle Farquet(-Duay), 57 ans, en est la responsable depuis 15 ans. Alors que je me rends sur les lieux un bel après-midi pour la rencontrer, j’entre et croise toute une cohorte de personnes farfouillant dans les rayons à la chasse à la bonne affaire… Après la fermeture, c’est autour d’un café que se poursuit la rencontre avec Marie-Noëlle et « ses assistantes »…

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Marie-Noëlle, comment est né le Vestiaire paroissial ?

Vous en sauriez davantage si vous interrogiez le chanoine Jean-Michel Girard (actuel prévôt), car, avec les Sœurs de Sainte-Jeanne-Antide, c’est lui qui est à l’origine du projet.

Comment vous êtes-vous engagée dans le projet ?

Un beau jour, il y a 18 ans, je suis passée au Vestiaire comme cliente. J’étais intéressée par une activité qui me permette de sortir de la maison et de me changer les idées ! J’ai demandé à Sœur Marie-Marcelle, la responsable à l’époque (Sœurs de Sainte-Jeanne-Antide), si elle avait besoin de bénévoles. Elle a répondu que oui et c’est ainsi que j’ai commencé petit à petit. Il y a trois ans, la Sœur a dû rejoindre une autre communauté et, après toutes ces années d’engagement, elle m’a laissé les clés…

Aujourd’hui, quelles sont les motivations profondes qui vous tiennent à cœur ?

Ma principale motivation, c’est l’entraide ! Devenue maman très jeune, j’ai toujours préféré les vêtements et le matériel de seconde main. Pouvoir donner un coup de main aux autres est très gratifiant. Les rencontres et les contacts avec des personnes d’horizons très divers me plaisent beaucoup. Enfin, le fait de pouvoir sensibiliser les gens au principe « zéro déchet », valoriser les vêtements que personne n’utilise sont des dimensions auxquelles je tiens tout autant. Ce sont toutes ces valeurs qui me poussent à continuer et à faire connaître le Vestiaire paroissial.

Quels articles vendez-vous le plus ?

Les dames sont notre principal public. Les vêtements pour elles sont donc les plus demandés. Le linge de maison et les chaussures viennent ensuite. En revanche, les peluches pour les enfants ne trouvent pas souvent preneur, tout comme les livres… que nous avons décidé d’offrir. J’ajoute que, deux fois par an – été et hiver –, nous procédons à un déstockage. Durant une période, tout est à Fr. 2.–, puis nous liquidons tous les articles pour les remplacer par un tout nouvel assortiment.

Vous arrive-t-il de refuser des articles offerts ?

Nous avons régulièrement à faire à des arrivages d’articles en mauvais état : sales, tachés, troués ou trop usés. L’introduction de la « taxe au sac » n’a pas arrangé les choses. Certains, ne voulant pas payer l’évacuation de leurs objets, nous les amènent. J’aime rappeler que nous ne sommes pas une déchetterie ! Jetez ou recyclez donc les articles que vous n’aimeriez pas vous-mêmes acheter. Aidez-nous en nous offrant des articles propres et en bon état, car le travail de tri prend un temps considérable.

Les articles que nous ne proposons pas à la vente sont livrés au Centre régional travail et orientation (CRTO) à Monthey. Il s’agit d’un organisme de réinsertion professionnelle qui s’occupe du recyclage.

Quels contacts entretenez-vous avec vos client.es ?

Dans l’immense majorité des cas, les contacts sont très cordiaux et se passent à merveille. Je connais une grande partie de notre fidèle clientèle depuis plusieurs années.

Mais les contacts peuvent aussi être ambigus. J’ai régulièrement à faire à du vol et cela me met très mal à l’aise. J’ai beau expliquer que le Vestiaire est une œuvre caritative, mais, malgré les prix bas et le fait qu’il m’arrive régulièrement de donner certains articles gratuitement, certaines personnes ne parviennent pas à maîtriser leurs désirs.

Il faut aussi « me battre » pour tenir bon face aux élans de négociations de certaines personnes. Pour les gens de certains pays, marchander fait partie de la culture. Pour nous Européens, ce n’est pas toujours simple à gérer. Le fait que les articles n’aient pas un prix fixe affiché renforce ce phénomène. Le prix d’un article peut varier suivant les marques, l’état, etc. Des jeunes viennent aussi régulièrement car ils sont intéressés par les articles de style « vintage ». Certains sont très recherchés…

Que faites-vous de vos recettes ?

L’argent récolté sert à l’entraide. Nos recettes sont intégralement reversées au prieuré qui les redistribue à d’autres personnes en situation de précarité. Cela représente entre Fr. 5’000.– et 10’000.– par an (les recettes ont diminué durant la pandémie !).

Quels sont les principaux défis à relever actuellement ?

Ce qui me tient le plus à cœur serait que le public comprenne que le Vestiaire paroissial est une boutique de seconde main comme une autre. Le préjugé est tenace selon lequel le Vestiaire serait seulement à disposition des personnes en situation de précarité… Pas du tout ! Toute personne y est la bienvenue. C’est pourquoi, j’ai créé une page Facebook qui permet de mettre en lien le Vestiaire paroissial avec d’autres catégories de personnes.

Le Vestiaire en bref…

Quoi ? – Le Vestiaire paroissial est une boutique de 2e main. Vous y trouverez également des bijoux, des livres, des peluches, des sacs, des articles de literie, de la vaisselle, etc. Une vraie mine d’or !

Pour quel public ? – Tout un chacun, sans aucune distinction, est le bienvenu !

Où ? – En plein cœur de Martigny, à deux minutes de la Place centrale, dans l’enceinte de la Maison du Saint-Bernard (Rue de l’Hôtel de Ville 18b).

Quand ? – Ouvert le premier et le dernier mardi de chaque mois de 13h à 16h.

D’où vient la marchandise ? – Tous les articles qui se trouvent dans notre boutique ont été offerts. Chacun peut déposer ou emmener ce dont il ne se sert plus et les offrir, pour autant que les objets offerts soient propres et en bon état. Notez que le Vestiaire paroissial n’est pas une déchetterie ! Devant l’Eglise un conteneur à vêtements est à votre disposition. Déposez-y vos affaires.

Quels prix ? – Les prix des articles ne sont pas affichés. Ils varient entre Fr. 2.– et Fr. 30.–. Ceci dépend de l’état de l’article et s’il s’agit d’un objet pour un adulte ou un enfant. Par exemple, vous trouverez des pantalons ou chemises pour adultes à Fr. 5.– environ. Des bodys ou robes bébés entre Fr. 1.– et Fr. 3.–.

Des employés ? – Toutes les personnes qui y travaillent sont des bénévoles.

L’équipe du Vestiaire paroissial se réjouit de vous y rencontrer.

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