Les Thanatonautes

Dans les Thanatonautes de Bernard Werber, le continent des morts était une terra incognita à explorer, cartographier et conquérir.

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Claude Gadmer

« Mourir est facile, en rire est difficile. » Je croyais que Keats était l’auteur de cette formule, je me trompais. Mais cela convient bien au sujet : face à la mort, même nos certitudes vacillent. 

Depuis toujours, l’homme cherche des réponses. Or, il est une question devant laquelle toutes paraissent secondaires : qu’y a-t-il après ? Bernard Werber en avait fait, en 1994, le sujet des Thanatonautes. Avant que son goût pour les grandes révélations sur l’Univers ne finisse par lasser, il savait traiter une idée avec intelligence et humour. La terra incognita n’était plus à explorer du côté des pôles ou des étoiles, mais du « continent des morts ». On la cartographiait, on y envoyait des pionniers, on se disputait sa conquête. C’était métaphysique, ludique, drôle.

Les expériences de mort imminente nous ramènent à cette même frontière, dans le réel. Phénomène cérébral, expérience spirituelle ou construction de la mémoire ? 

La science observe, les témoins racontent, chacun interprète selon son point de vue. Après tout, personne n’est revenu de l’au-delà avec un mode d’emploi. Ce n’est pas plus mal : à vouloir tout expliquer, on finirait par regretter le mystère. Pour le reste, on verra bien. 

De préférence le plus tard possible.

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