
Assis dans un café, en face de moi, Pierre Vianin parle aisément. Je perçois directement l’enseignant et le pédagogue. Il me raconte sa vie, ses engagements, sa passion pour la lecture et pour l’écriture… Le fil rouge de son histoire est sans aucun doute le verbe. Le verbe comme parole, comme mot, mais aussi le Verbe de Dieu.
Par Véronique Benz | Photo : DR
Marié à Ursula et parent de trois filles adultes, Pierre prendra officiellement sa retraite à la fin juin. Après une formation en pédagogie curative à Fribourg, Pierre a d’abord travaillé dans l’enseignement spécialisé. Puis pendant près de 24 ans à la HEP du Valais tout en gardant un 30 % pour l’appui scolaire. Pour cet homme très investi dans son travail, la retraite représente une période particulière. « J’ai beaucoup prié pour savoir ce que j’allais faire de ma retraite et j’ai eu une réponse ! Comme quoi c’est bien de prier ! » Pierre Vianin a décidé de consacrer une « bonne partie » de sa retraite à l’Eglise. Cela semble couler de source pour quelqu’un qui s’est engagé sans relâche.
Pierre est né dans une famille croyante. Il a reçu une éducation chrétienne. « J’ai toujours été croyant et je le suis de plus en plus, même si parfois j’ai douté. » Comme croyant, il dit s’être investi un peu dans l’Eglise. Lorsqu’il m’énumère ses engagements, je trouve le « un peu » superflu. Pierre a été servant de messe et lecteur. Il a fait partie, avec l’abbé François-Xavier Amherdt, de la commission qui a lancé L’Arc-en-Sierre (ndlr. L’Essentiel de Sierre). Avec son épouse, il a suivi la formation aux ministères et service en Eglise (FAME) qui s’appelle aujourd’hui le parcours Théodule. Puis, il fut pendant dix ans le rédacteur responsable du journal paroissial de Sierre. Pendant une dizaine d’années, en lien avec un prêtre, Pierre et son épouse Ursula se sont occupés de la préparation des jeunes au mariage.

Pierre a coécrit avec l’abbé Amherdt un livre sur la pédagogie du Christ (voir ci-contre). Depuis une petite année, il est membre de l’équipe de rédaction de la page Eglises du Nouvelliste.
Enfin, avec son épouse et grâce à une copine, « j’ai découvert il y a cinq ans les écrits de Maria Valtorta, une mystique italienne. Cartésien de nature, j’ai été plutôt sceptique au départ. Puis j’ai lu les dix volumes et j’ai trouvé cela magnifique. Ces ouvrages m’ont aidé à approfondir ma foi. Lorsque j’en ai parlé autour de moi, j’ai constaté que personne ne connaissait Maria Valtorta. » Conscient que ces écrits ne sont pas reconnus officiellement par l’Eglise, Pierre, avec son épouse et trois autres personnes, a fondé l’Association Maria Valtorta, dont le but est de promouvoir la lecture de ses œuvres. « L’expérience me montre que les gens qui lisent Maria Valtorta approfondissent les Evangiles et se rapprochent de l’Eglise. Et ce fut en effet mon cas. »
A travers tous ses engagements, Pierre approfondit sa foi et comble sa passion pour l’écriture. Il trouve également les rencontres très enrichissantes. Bonne retraite au service du Christ et de sa mission !
Un souvenir marquant de votre enfance ?
Dès l’âge de 10 ans, je savais que je voulais devenir enseignant. Lorsque j’ai passé l’examen pour entrer à l’Ecole Normale, une de mes tantes a prié sainte Rita. J’ai appris des années plus tard que c’était la sainte des causes désespérées ! Vous imaginez la confiance de ma tante dans mes capacités à m’en sortir tout seul !
Votre moment préféré de la journée ?
Après une journée bien chargée, se retrouver le soir dans sa chambre, tranquille, avec un bon bouquin dans les mains. C’est le bonheur absolu !
Votre principal trait de caractère ?
Calme, très calme et lent, très lent. J’ai la chance d’être quelqu’un de passionné. Je suis aussi un peu naïf !
Le livre que vous avez lu plusieurs fois ?
Naturellement, les livres de Maria Valtorta, mais il y a également deux livres de François Varone qui m’ont transformé : Ce Dieu absent qui fait problème et Ce Dieu censé aimer la souffrance.
Une personne qui vous inspire ?
Le Christ. Je suis admiratif du sens de la répartie du Christ, par exemple quand il dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Une citation biblique qui vous anime ?
J’aime beaucoup le prologue de saint Jean : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. » (Jean 1, 1)
