Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer (FR), juillet-août 2020
Propos recueillis par Gérard Dévaud | Photo: LDD
En ces temps perturbés par le coronavirus, Christian Moullet, aumônier au HIB, a été au cœur de l’action auprès des malades. Il a répondu à quelques questions.
Comment avez-vous vécu les premières semaines de l’épidémie?
En vérité, avec inquiétude. Déjà avant le confinement, il y avait au HIB de Payerne des personnes isolées atteintes du COVID-19. Par peur de l’attraper et de le retransmettre à d’autres patients ou à mon entourage, je ne visitais pas les patients atteints du virus, ceci en accord avec les soignants. Au moment du confinement, j’ai été prié par mon employeur (l’Eglise catholique du canton de Vaud) de ne plus me rendre physiquement à l’hôpital et de mettre en place une permanence téléphonique.
Et cette permanence a bien fonctionné ?
Pas du tout. Attendre d’être contacté est illusoire. Cette expérience ratée confirme que l’aumônier est au service du patient : aller vers le malade en lui proposant une présence. Celle-ci ouvre souvent des moments de confidences et de spiritualité. Ainsi je peux être pleinement témoin de l’amour que le Christ a pour les personnes souffrantes.
L’aumônier plus que nécessaire
Depuis quand avez-vous repris vos visites et est-ce que vous avez eu peur ?
Pendant le confinement, les patients étaient privés de toutes visites. Alors, après accord entre l’Eglise et le HIB, j’ai repris les visites la Semaine sainte. Au début, j’avais toujours un peu crainte d’attraper le virus et de le retransmettre. Mais cette crainte s’est vite estompée : habits utilisés uniquement à l’hôpital, port du masque, d’une visière de protection et désinfection systématique sont de bons remparts.
Au milieu de tout le stress occasionné par le coronavirus pour le personnel soignant, est-ce que l’aumônier a sa place ?
Sans aucun doute. C’est même le personnel qui envoie l’aumônier vers les patients qui ont le plus besoin d’une présence. Eux n’ont pas le temps de s’arrêter. Au milieu de tout ce stress, l’aumônier est celui qui a du temps et qui prend la peine d’écouter, de recevoir les confidences, les peurs, les doutes. Et dans ces temps différents et perturbés, je me suis vraiment senti à ma place.
