L’histoire sans fin

Représentation du Chaos originel que l’on trouve dans la Théogonie d’Hésiode ou dans Les Métamorphoses d’Ovide, vu par George Frederic Watts.

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Claude Gadmer

De la Théogonie d’Hésiode à la cosmologie contemporaine en passant par Les Métamorphoses d’Ovide, la quête des origines a fait couler beaucoup d’encre. Les modèles scientifiques modernes font écho aux mythes anciens, empruntant toutefois des chemins distincts : la physique fondamentale et l’imaginaire.

Le modèle du Big Bang en est une illustration. Décrivant plus ou moins bien la formation des atomes, des étoiles, des galaxies ainsi que l’expansion de l’Univers, il reste muet à propos de l’Origine avec un grand « O », celle qui précède l’Espace et le Temps einsteiniens. Le « Mur de Planck » marque la limite en amont de laquelle la science avoue son ignorance. Pour traverser cette frontière, il faut emprunter la passerelle que constitue la métaphysique, qui par nature se situe « au-delà de la physique ».

Et la foi catholique ? Pour elle, l’Univers n’est pas le fruit du hasard, mais d’une Création. Là où les formules mathématiques butent sur un point d’interrogation, la théologie affirme le mystère d’un Dieu à l’origine de tout, dépassant la compréhension humaine tout en l’interpellant.

Les équations permettront-elles un jour de « taguer » la face cachée du Mur de Planck ? J’ai dans l’idée que la quête des origines restera une histoire sans fin.

Le Mur de Planck

Le Mur de Planck est un concept fascinant en physique théorique qui nous plonge dans les premiers instants de l’Univers.

Depuis l’élaboration en 1927 de la théorie du Big Bang par l’Abbé Georges Lemaître 1 (1894-1966), les physiciens n’ont eu de cesse de chercher à remonter le temps et à comprendre la formation de l’Univers telle que l’on peut se l’imaginer suivant cette célèbre théorie.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

Un échange a eu lieu en 1981 entre le Pape Jean-Paul II et le célèbre astrophysicien Stephen Hawking. Selon le souverain pontife, Dieu aurait choisi la manière dont l’Univers devait commencer.

Mais selon Etienne Klein2 « nous n’avons ni la preuve que l’Univers a une origine ni qu’il n’en a pas eu ». Et surtout, « vouloir prouver l’existence de Dieu à partir de la science, c’est déconsidérer l’un et l’autre ». En effet, « si Dieu était le résultat positif d’une enquête rationnelle menée par la communauté des chercheurs, il n’aurait plus que le statut d’une connaissance […].Prétendre prouver scientifiquement l’existence de Dieu serait aussi faire preuve de naïveté à l’égard de la science elle-même. Car, si elle devenait capable de livrer une conclusion aussi définitive à propos de ce qui est a priori hors de ses champs d’action et d’investigation, cela impliquerait qu’elle aurait terminé sa propre construction, au point de pouvoir trancher toutes les questions qui se posent à nous, y compris celles qui ne sont pas scientifiques. Or, la physique, pour ne citer qu’elle, n’est pas du tout achevée. Elle bute notamment sur la contradiction formelle qui existe entre deux théories fondamentales, la relativité générale et la mécanique quantique ». C’est donc à une forme de mur contre lequel la science bute : le Mur de Planck.

Un concept fascinant

Le Mur de Planck est un concept fascinant en physique théorique qui nous plonge dans les premiers instants de l’Univers. Le terme se réfère à la plus petite échelle de temps possible, appelée le temps de Planck, qui est environ 10–43 secondes après le Big Bang. A cette échelle, les lois de la physique telles que nous les connaissons s’effondrent et une nouvelle physique dominée par la gravité quantique pourrait entrer en jeu.3 Si, en nous appuyant sur la relativité générale d’Einstein, nous remontons le temps jusqu’à ce temps de Planck, et donc si nous essayons de nous projeter aux limites de ce temps de Planck par l’intermédiaire des modèles de relativité générale et des modèles quantiques, alors les quatre interactions4 sont unifiées, c’est-à-dire qu’elles s’appliquent en même temps. Or, l’unification de ces quatre interactions fondamentales est impossible en utilisant la relativité générale d’Einstein ou la physique quantique : ces théories sont donc incomplètes et ne sont valables que quand la gravitation et les effets quantiques peuvent être étudiés séparément.

Une question fondamentale

Ce concept du Mur de Planck tire son nom du physicien allemand Max Planck (1858-1947), le père de la mécanique quantique. L’idée du Mur de Planck est intimement liée à la théorie du Big Bang. Selon notre compréhension actuelle, l’Univers a commencé à partir d’un état extrêmement dense et chaud. En remontant le temps jusqu’à l’instant du Big Bang, nous atteignons un point où notre compréhension classique de la physique cesse d’être valide – c’est le Mur de Planck. Au-delà de ce mur, nous entrons dans un domaine de spéculation théorique où les effets de la gravité quantique doivent être pris en compte. Mais cela reste du domaine de la théorie : comment en effet pourrait-on vérifier la validité d’une telle approche ? En d’autres termes, il faudrait pouvoir remonter au moment même où l’Univers tel que nous le connaissons se serait construit. Si cela est possible, qu’y avait-il donc avant ? C’est une question absolument fondamentale car nous ne connaissons pas dans notre Univers de système aussi grand ou aussi petit possible qui se soit créé à partir de rien (Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »).

C’est donc bien face à un mur que les physiciens se heurtent pour expliquer parfaitement ce Big Bang et peut-être avant ce Big Bang.

Nouvelles théories

A cette échelle de 10–43 secondes après le Big Bang selon la théorie, l’énergie et la courbure de l’espace-temps atteignent des niveaux si élevés que les concepts traditionnels de temps et d’espace deviennent flous. Les théories actuelles, comme la relativité générale d’Einstein et la mécanique quantique, ne sont pas en mesure de décrire ces conditions extrêmes. Pour explorer ce domaine, les physiciens cherchent à développer une théorie de la gravité quantique, telle que la théorie des cordes ou la gravité quantique à boucles pour ne citer que les plus récentes.

• La théorie des cordes propose que les particules fondamentales ne soient pas des points, mais des objets unidimensionnels appelés « cordes ». Ces cordes vibrent à différentes fréquences pour donner naissance aux diverses particules observées. Une des implications de cette théorie est l’existence de dimensions supplémentaires au-delà des trois dimensions spatiales et une dimension temporelle que nous connaissons. Ces dimensions supplémentaires pourraient jouer un rôle crucial dans la description de la gravité quantique. Si mathématiquement, c’est tout à fait possible, physiquement nous ne connaissons qu’un Univers à trois dimensions voire quatre en incluant le temps.

• La gravité quantique à boucles tente de quantifier directement l’espace-temps lui-même. Selon cette théorie, l’espace-temps est constitué de petites unités discrètes, ou « boucles », qui forment une trame à l’échelle du temps de Planck. 

Le lien manquant

En cherchant à comprendre la création de l’Univers, en franchissant ce Mur de Planck, nous pourrions peut-être comprendre pourquoi l’Univers a évolué de la manière dont il l’a fait. Cela pourrait également nous éclairer sur la nature fondamentale de l’espace, du temps et de la matière.

Mais comprendre la création de l’Univers c’est aussi former les modèles pour en expliquer l’origine. L’Univers a-t-il une origine ? C’est-à-dire, qu’y avait-il avant l’Univers ? Aucune théorie actuelle ne peut l’expliquer et il est très possible que nous n’y arrivions jamais.

Mais si la science se nourrit de questions et y répond parfois, ne manque-t-il pas à ces théories ce lien si particulier que nous appelons Dieu ? Surtout, n’oublions pas les paroles de Jésus (saint Jean 8, 23) : « Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. »

1 Essentiel, juin 2023.
2 Essentiel, septembre 2024.
3 La gravité quantique cherche à unifier la physique quantique, c’est à dire une physique probabiliste, et la relativité générale qui est une approche causale de la physique, basée sur la gravité et le temps.
4 Electromagnétisme, interaction faible qui décrit les forces s’appliquant dans le cas de la fusion nucléaire, interaction forte qui décrit les interactions au sein du noyau atomique et gravitation.

Création et Big Bang? (Genèse 1, 1-2)

Qu’y avait-il avant le Big Bang ? La Bible et le Credo répondent « Dieu Trinité ».

Par François-Xavier Amherdt
Photo : DR

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague. » Le premier verset de la Bible ne dit donc pas que le Seigneur disposait d’un matériau préexistant. Tout était sans consistance et sans subsistance, comme un chaos, un « tohu-bohu » (c’est de l’hébreu de ce verset que vient l’expression). Car telle est notre foi (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 296-298) : nous croyons que Dieu n’a besoin de rien d’antérieur ni d’aucune aide pour créer. Et la création ne provient pas de la substance divine, comme une émanation qui sortirait de manière « nécessaire ». Non, Dieu crée « de rien » et en toute liberté.

Si le Seigneur avait tiré le monde d’une matière préexistante, qu’y aurait-il eu alors d’extraordinaire ? Un artisan humain façonne ce qu’il veut lorsqu’on met à sa disposition un matériau. Au contraire, c’est la puissance divine qui se manifeste précisément du fait qu’il part du néant pour faire tout ce qu’il veut et y projette (Théophile d’Antioche).

C’est le Créateur du monde qui est à la source de toute réalité et qui a constitué l’espèce humaine, ainsi que le reconnaît la mère des sept fils dans le deuxième livre des Maccabées, au moment où ceux-ci sont prêts à s’offrir en sacrifice par respect pour la Torah : « Mon enfant, regarde le ciel et la terre, vois tout ce qu’ils contiennent, et sache que Dieu les a créés de rien, et que la race des hommes est faite de la même manière. » (2 Maccabées 7, 28)

A la question : qu’y avait-il « avant » le Big Bang, la Bible et le Credo répondent donc : Dieu
Trinité. C’est pour cela que le Seigneur peut aussi, par l’action de l’Esprit Saint, donner la vie de l’âme à des pécheurs en leur conférant un cœur pur (Psaume 51(50), 12) et également le souffle au corps des défunts par la Résurrection, « lui qui donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence » (Romains 4, 17). Il existe ainsi un parallèle total entre la création initiale de l’homme et la recréation de la chair,
des cieux nouveaux et de la terre nouvelle (Apocalypse 21, 1) lors de la Résurrection pour la vie éternelle.

En outre, puisque Dieu a pu faire resplendir la lumière dans les ténèbres par sa Parole (Genèse 1, 3), il est aussi à même de transmettre la lumière de la foi à celles et ceux qui l’ignorent et se meuvent loin de lui (cf. 2 Corinthiens 4, 6).

Un discours évolutif

Léon XIII demandait aux biblistes d’acquérir une véritable compétence scientifique.

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Premier round

Léon XIII affirme en 1893 que « la théologie ne tire pas ses principes des autres sciences, mais immédiatement de Dieu par la révélation […] et ne reçoit rien de ces sciences, comme lui étant supérieures, mais elle les emploie comme étant ses inférieures et ses servantes ». Et d’exiger des biblistes qu’ils acquièrent « une véritable compétence scientifique de façon à surpasser leurs adversaires sur leur propre terrain  ».

Second round

En 1943, Pie XII affirme qu’en 50 ans, on a mieux compris encore les Ecritures grâce : aux « fouilles scientifiques », une « méthode plus sévère et un art perfectionné par l’expérience », la « découverte de monuments écrits » et de « papyrus » ainsi que la « meilleure connaissance de la littérature et les institutions publiques » de l’époque du Christ ! Apprendre les langues bibliques, aller dans le « moindre détail » de l’Ecriture, user de la « critique textuelle », autant de méthodes à intensifier pour mieux connaître la Bible qui font écrire à Papa Pacelli que « les questions soulevées au temps de Léon XIII contre l’authenticité, l’antiquité, l’intégrité et la valeur historique des Saints Livres […] se trouvent aujourd’hui débrouillées et résolues ». Progrès il y a eu, grâce aux sciences…

Troisième round

En 1965, le Concile Vatican II encourage les exégètes « de s’efforcer […] de pénétrer et d’exposer plus profondément le sens de la Sainte Ecriture, afin que, par leurs études en quelque sorte préparatoires, mûrisse le jugement de l’Eglise ». Le dialogue devient la norme entre sciences et théologie et la « divine condescendance » des « aspects humains […] et divins » de l’Ecriture est à poursuivre sans cesse.

Quatrième round

L’interprétation de la Bible dans l’Eglise (1983) rassemble ce quasi-siècle de déclarations papales sur la Bible en insistant que l’exégèse « doit communiquer [le sens des Ecritures] à son destinataire qui est toute personne humaine » contemporaine. 


Le baptême comme un plongeon

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche.

Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion
Photos : cath.ch/Bernard Hallet, unsplash

La baisse de la pratique religieuse n’est pas à démontrer ! Ce fait indique-t-il la baisse de la spiritualité dans notre monde occidental ? J’ai lu qu’un théologien attirait l’attention sur un phénomène de société qui se répand de plus en plus et qui montre que la soif de spiritualité est bien présente. Il s’agit de cette coutume qui consiste à se faire nageur sauvage en se plongeant dans l’eau froide. Certains praticiens témoignant qu’ils trouvent par cet exercice réconfort, renouveau intérieur et spiritualité ! 

Chez les chrétiens tout commence par un plongeon. Le rite devenu parfois tellement symbolique risque de nous le faire oublier, mais le baptême est littéralement un plongeon. Saint Paul le signale clairement aux Romains (6, 4-23). Si se plonger dans l’eau froide exprime l’enfouissement dans la mort du Christ pour témoigner de la résurrection en remontant des eaux, – ce que les baptistères antiques permettaient de bien comprendre –, alors le geste serait chargé d’une forte spiritualité. Mais est-ce bien l’intention de ces « nageurs sauvages » de nos lacs et rivières d’hiver ? 

En marquant les 1700 ans du concile œcuménique de Nicée en 325, les religions chrétiennes veulent offrir à leurs fidèles un autre bassin rafraîchissant ; un lieu où se replonger avec tout son être et son histoire. Il s’agit de retremper cœur, mémoire et dynamisme de vie dans la foi de l’Eglise dont le baptême demeure le lieu source. Tout commence au baptême, tous les ministères s’y enracinent et tout en découle. Les croyants qui proclament le Credo de Nicée et essayent d’en vivre témoignent de l’unité pour laquelle le Christ a tellement prié. Bien plus qu’une forme de spiritualité, le plongeon et le maintien régulier dans les eaux du baptême, c’est-à-dire dans la foi de la communauté croyante, est l’enjeu vital pour demeurer chrétien. Le Symbole de Nicée dit : Je reconnais un seul baptême (plongeon) pour le pardon des péchés. 

Jeux, jeunes et humour – mars 2025

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

C’est une bible
Un ouvrage de référence

La Bible contient tout ce qu’il est nécessaire de savoir sur Dieu et Jésus-Christ. Le mot « bible » sans majuscule et par métaphore, se dit d’un ouvrage essentiel dans lequel on peut trouver toutes sortes de renseignements indispensables pour quoi que ce soit. Il s’agit d’un ouvrage de référence dont on ne peut se séparer, qui a quasiment une valeur sacrée.

On entend parfois aussi l’expression être la bible de… c’est-à-dire être la référence indispensable.

Le mot bible vient de la ville de Byblos, qui contrôlait le commerce de papyrus, la plante à partir de laquelle on a fabriqué les premiers livres.

Par Véronique Benz

Humour

Dans un cinéma l’ouvreuse accueille un couple venu avec leur bébé. 

Elle ne voit pas ça d’un bon œil et redoute que l’enfant se mette à pleurer durant la séance. Elle les met en garde en disant : « Si l’enfant pleure, vous devrez quitter la salle. 

Evidemment on vous remboursera ! » Une demi-heure après le début du film, le mari se penche vers sa femme :

– Qu’en penses-tu ?

– Ce film est archinul !

– Tu as raison, secoue donc le petit.

Par Calixte Dubosson

K d’école 

La religion serait-elle par définition un outil de soumission des femmes qui les renverrait à leurs trois K ? (Kirche, Küche, Kinder). La réponse est un peu plus nuancée. Entretien avec Sarah Scholl, spécialiste des mutations du protestantisme et du catholicisme en modernité.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Pour l’historienne, la vie religieuse a permis à certaines femmes de s’émanciper au sein du christianisme.

Que pensez-vous de l’assertion invoquant la religion comme appareil de soumission des femmes ?
Le religieux n’est pas par essence uniquement un outil de contrôle. A chaque moment de l’histoire, un double mouvement s’opère : soumission et émancipation. C’est clair, les Eglises ont été au service de l’ordre social au travers des pasteurs et prêtres desquels la population recevait les mots d’ordre moraux. Mais on voit aussi que des femmes s’émancipent grâce au christianisme. La vie religieuse, par exemple, constitue une possibilité au XIXe siècle, et déjà avant, d’échapper au modèle des trois K. La mission, par ailleurs, leur a permis de vivre quasiment comme des aventurières. Le christianisme est donc aussi une voie pour trouver des formes de libertés.

Justement, jusqu’au milieu du XVIIe siècle, les femmes exerçaient de vraies responsabilités religieuses, même au sein de l’Eglise catholique (notamment dans le système monastique). Pourquoi ce revirement ?
La relégation des femmes se décide assez vite, déjà avant le Moyen Age. Le resserrement est très rapide, mais cela n’empêche pas à une organisation féminine du religieux de se mettre en place. Dans les congrégations et aussi dans la société, car elles avaient un certain pouvoir religieux sur leur famille et leur réseau. Les mystiques sont aussi écoutées, à condition de rester dans le giron de l’Eglise et son orthodoxie. Ce qui change au XIXe siècle, c’est la vision de la femme dans la société, fondamentalement rattachée à sa famille, avec la division et la spécialisation des tâches qui lui sont dévolues.

En même temps, le retour de la femme à sa cuisine et à l’éducation des enfants avait une légitimation quasi divine…
Oui, exactement. Lorsque naît cet idéal des trois K en Europe, dont l’âge d’or se situe entre 1850 et 1950, il y a vraiment l’idée que c’est voulu par Dieu, mais ce n’est pas le seul argument. Cela s’insère aussi dans une logique d’organisation et de progrès de la société, qui n’est pas perçue comme un mouvement conservateur. Les tâches maternelles sont considérées comme positives et reconnues socialement. Néanmoins, la vision de cette « vocation » n’est jamais statique, comme un ordre immuable, car il y a toujours des transformations. C’est d’ailleurs aussi la raison pour laquelle ce discours est si précaire. 

Quel rôle jouent les chrétiens dans le développement et le maintien de ce modèle ?
L’investissement du protestantisme dans l’idéal familial contemporain est très fort. Dans les sociétés qui passent à la Réforme, le monde monastique n’existe plus et c’est dans le monde séculier que le projet divin s’organise. Cette perspective renforce encore le rôle de la femme éducatrice, spécialement au XIXe siècle. Il va même se « professionnaliser » [ndlr. écoles ménagères ]. Le christianisme, dans son ensemble, devient dans le courant du XXe siècle, gardien du temple familial. Attaquées sur tous les fronts [ndlr. socialisme, sciences et sciences humaines], les Eglises s’emparent du bastion restant : les questions morales avec une emphase particulière sur la famille et les rôles différenciés. Cette construction des trois K, issue de la seconde moitié du XIXe siècle, est très ancrée, puisqu’elle a survécu aux guerres, aux totalitarismes et aux révolutions culturelles de la fin du XXe siècle. Cet idéal est toujours là, comme un fantôme qui plane sur nos vies.

Dos au Mur

Les imposantes silhouettes des Réformateurs sont sculptées dans la rochedu Mur des Bastions. Mais de réformatrices, en a-t-on déjà entendu parler ? Pas si sûr. Un ouvrage paru pour les dix ans des éditions Labor et Fides répare cette regrettable erreur. Réformatrices. Douze voix de femmes protestantes, XVIe-XXIe siècle, un ouvrage collectif, dirigé par Sarah Scholl et Daniela Solfaroli Camillocci, présente les portraits, mais aussi des extraits de la production théologique de ces femmes « portées par la Réforme et porteuses de son esprit ».

Bio express

Sarah Scholl est historienne du christianisme, de la laïcité et de la sécularisation. Enseignante à la Faculté de théologie de l’Université de Genève, elle est spécialiste des mutations du protestantisme et du catholicisme en modernité, ainsi que des rapports entre religion, politique et société en Suisse aux XIXe et XXe siècles.

 Vitraux de Jacques Cesa, église Saint-Joseph, Rossens 

Vitraux de l’Ascension (à gauche) et de la Pentecôte (à droite).

Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer

Si l’église de Rossens a été construite en 1874, c’est en 1985 qu’ont été installés 13 vitraux de l’artiste gruérien Jacques Cesa. 

Quatre baies forment un cycle sur le mystère pascal. La particularité est d’avoir lié les thématiques avec les quatre éléments : Crucifixion – Eau ; Résurrection – Terre ; Ascension – Air ; Pentecôte – Feu.

Traditionnellement, les quatre éléments décrivent ensemble la totalité de l’univers. Il existe des représentations anciennes de la présence des quatre éléments au pied de la Croix. Ils symbolisent la douleur de toute la Création à la mort du Christ. 

1. Eau – Crucifixion
Saint Jean écrit dans la Passion : « Mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. » (Jean 19, 34)
L’eau est présente dans les rites catholiques, c’est l’eau du baptême : symbole de mort et de vie.

2. Terre – Résurrection
Dans le contexte de la Résurrection, la terre évoque le tombeau. Matthieu mentionne explicitement l’élément terrestre : « Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. » (Matthieu 28, 2)

3. Air – Ascension
Nous lisons dans les Actes des Apôtres : « Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. » (Actes 1, 9)
L’air évoque aussi la douce présence de Dieu qui ne s’impose pas. Elie rencontre Dieu ni dans l’ouragan, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre, mais dans le murmure du silence (1 Rois 19, 11 – 12). 

4. Feu – Pentecôte
Il s’agit probablement du lien le plus évident : « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. » (Actes 2, 3)
Le feu, symbole de la Puissance de Dieu, c’est aussi un des modes de présence du Saint-Esprit.

L’émission Passe-moi les Jumelles avait consacré un reportage à Jacques Cesa, accessible sur PlayRTS.


Les signes de la présence de Dieu ne font pas la UNE!

Par Gérard Dévaud | Photos : Claudia Moret, Georges Losey

A l’occasion de la messe de la présentation de Jésus au temple ce 2 février, nous entendons Syméon dire à Marie et Joseph : « Mes yeux ont vu le salut que Dieu préparait à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

En voyant l’actualité de notre monde, blessé et meurtri par tant de conflits et de catastrophes naturelles, on peut se demander si des signes du salut de Dieu sont encore visibles aujourd’hui !

En ce début d’année, le Seigneur vient pourtant nous rappeler que sa promesse, faite il y a 2000 ans, est toujours d’actualité ! Contrairement aux guerres et aux catastrophes, ces signes de la présence de Dieu ne font pas la Une des journaux et ne font que trop peu de bruits… mais ils existent bien réellement !

Par exemple, dans notre paroisse, il suffit de nous souvenir de tous les gestes d’entraide et de solidarité envers les plus démunis de notre région vécus lors de l’Avent avec le concours des « Cartons du Cœur » et de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul. Pensons également à tous les beaux moments vécus avec les enfants et leurs familles, ainsi qu’avec nos aînés durant la période des fêtes lors des repas offerts par les communes et dans les homes. Du côté de la jeunesse aussi, nous pouvons nous réjouir de signes joyeux de la présence de Dieu dans le groupe paroissial qui a, entre autres, apporté de la joie et de l’espérance à nos aînés lors de la messe du 7 décembre au home des Mouettes.

Et je pourrais certainement encore prolonger la liste, tant les signes de l’œuvre de l’Esprit Saint sont présents dans le quotidien de notre paroisse, mais aussi de nos familles et de nos sociétés.

Donc, en ce début d’année, sachons lire entre les lignes des journaux pour découvrir ces signes lumineux, réjouissons-nous et ne cessons pas de garder l’espérance afin qu’ils grandissent et mettent le feu à notre monde !

Précarité et solidarité

Gérard Dévaud le dit dans son éditorial ci-dessus : de beaux signes de solidarité se sont manifestés dans la paroisse à l’occasion de Noël et notamment par la récolte de biens effectués dans les églises en faveur des « Cartons du cœur ». Nous sommes allés rendre visite aux bénévoles qui œuvrent semaine après semaine pour soulager un tant soit peu une précarité qui est bien réelle dans la région, même si elle est souvent cachée (cjy).

Les «Cartons du cœur» cartonnent dans la Broye

Dire que les « Cartons du cœur » cartonnent est un jeu de mots évidemment facile ! Il n’empêche que, ce jeudi après-midi, dans le local de la section staviacoise, c’est la grosse animation : les bénévoles préparent par dizaines des cornets que les bénéficiaires vont recevoir bientôt. Et la demande est bien réelle !

Jean-Marc Moulin, responsable de l’antenne staviacoise.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Une réalité à la fois rassurante – car elle montre que cette action de solidarité a toute sa raison d’être – et inquiétante, car elle prouve que toute une précarité – souvent cachée – existe bien à Estavayer et dans la région. « Le besoin est de plus en plus aigu » estime Jean-Marc Moulin, coordinateur de la section staviacoise. « En 2021, nous avons distribué 100 cartons. Ce chiffre n’a fait qu’augmenter et nous en sommes aujourd’hui à 200 cartons par an » indique le responsable. Cette forte croissance des besoins n’a pas d’explication étoffée, car elle est multifactorielle. Mais il est évident que le Covid est passé par là et que le coût de la vie ne cesse de prendre l’ascenseur pour les gens qui sont à la limite pour couvrir leurs besoins de première nécessité et qui doivent recourir aux « Cartons du cœur ».

L’antenne téléphonique de la section staviacoise est assurée par une bénévole, toujours la même, qui répond fidèlement deux matins par semaine et dialogue avec la personne appelante pour connaître ses besoins, permettant ainsi de préparer des cartons – qui sont en réalité des cornets – correspondant le mieux à sa situation. Uniquement de la nourriture non périssable et des produits de toilette ou de nettoyage. « Nous avons renoncé aux produits frais  (légumes, fruits) car la gestion était devenue trop compliquée. Mais en plus des cartons, nous remettons un bon d’une valeur de 50 francs par personne valable à la Migros » explique le responsable.

Chaque famille bénéficiaire – actuellement nonante personnes sont enregistrées – ne peut recevoir que trois livraisons par an. Un quota strictement vérifié. Ce jeudi après-midi, jour de distribution, ce sont neuf familles qui sont venues chercher plusieurs cornets. A la fin de la distribution, les bénévoles présentes font le constat que le local de stockage est quasi vide ! Il va falloir renouveler le stock pour la semaine suivante. « A Estavayer, nous avons de la chance, dit cette bénévole, nous recevons beaucoup de dons en nature ou en liquide. »

A noter que les intervenants des « Cartons du cœur » ne questionnent pas les demandeurs sur leurs revenus. Ils font confiance. « Nous ne mettons pas de conditions. Nous partons de l’idée que si des personnes téléphonent, c’est qu’elles ont un besoin réel » explique Jean-Marc Moulin. « C’est une action du cœur. Nous ne sommes pas un service social et nous ne donnons jamais d’argent. »

Notre paroisse se mobilise

Notre paroisse se mobilise régulièrement en faveur des « Cartons du cœur » en affectant à cet organisme le fruit de certaines quêtes et en récoltant des biens dans des corbeilles placées dans chaque église. Une contribution qui est conséquente et appréciée !

Si vous voulez soutenir l’action des « Cartons du cœur » et / ou devenir bénévole : 
•  079 347 50 34
•  j-mmoulin@bluewin.ch
•  CH97 8080 8002 7590 7809 5, Cartons du Cœur,  1470 Estavayer-le-Lac.

Les messes de Noël avec crèches vivantes

A Estavayer, avec Juliann…

Mardi 24 décembre, 17 heures, l’abbé Bernard remonte l’allée de la collégiale d’Estavayer. Il porte dans ses bras un enfant, il porte dans ses bras l’espoir du monde. Juliann est cette année le petit Jésus de la crèche vivante. Il a les yeux grand ouverts, observe avec attention tout ce qui se passe et fait preuve d’un calme divin alors que la chorale des enfants entame son premier chant.

Par Matthieu Angelini 
Photos : Georges Losey, LDD 

Juliann a la vie devant lui et, comme Jésus, il changera le monde. A l’échelle de sa famille, à l’échelle de la commune ou peut être à l’échelle de la Suisse, chaque enfant a en lui la force de faire changer les choses. 

Juliann ne semble pas se rendre compte de l’importance et du symbole de ce qu’il est en train de faire. Il ne semble pas subir de pression lorsque l’abbé Bernard annonce que le sauveur du monde est né. Juliann est placé dans la crèche vivante, entre Marie et Joseph et il est bien, il est heureux et reste calme. 

Dans un monde souvent distrait par les aspects commerciaux de Noël, la crèche vivante nous rappelle l’essence même de cette fête. Elle nous invite à réfléchir sur la naissance du Christ et son message d’amour, d’humilité et de rédemption.

Apprendre de Juliann et des autres

D’autres ont été petits Jésus avant Juliann. Une fierté familiale de participer à cette fête et de représenter notre sauveur, Marie, Joseph ou les bergers. Un moyen de s’impliquer pour les autres, de développer sa foi et de l’ancrer dans son vécu. Incarner les personnages de la sainte famille leur permet de prendre part à cette simplicité et cette humilité. Et Juliann a de la chance, je sais de source sûre qu’il n’y aura pas de chantage au petit Jésus plus tard. Pas de « tu as été petit Jésus, tu devrais finir tes légumes » ou pas de « Luciano, lui, il range sa chambre, il a compris qu’être petit Jésus un jour c’est être petit Jésus toujours et qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

Peut être, à l’instar d’illustres prédécesseurs, puisera-t-il dans cette expérience pour aiguiller ses choix plus tard.

Nous avons beaucoup à apprendre de Juliann et de son attitude, de son calme et son émerveillement. Il est ce soir l’être le plus important du monde et remplit ce rôle avec calme et humilité. Il a déjà réussi sa vie car elle lui a été donnée, à lui de la vivre. Peut être pourrions-nous, nous aussi, vivre cette année 2025 avec la certitude que nous avons déjà réussi notre vie, regarder autour de nous et nous émerveiller.

… et à Aumont avec Guilia

Le 24 décembre dernier, de nombreuses familles se sont retrouvées pour fêter la naissance de Jésus lors d’une messe présidée par le doyen Darius Kapinski et animée par le chœur-mixte d’Aumont-Nuvilly sous la direction de Mme Marion Pagin.

Par Marianne Berset
Photos : Pierre Bondallaz

Remplie de joie et fraternité, cette chaleureuse célébration a réjoui le cœur des paroissiens car elle leur a permis de revivre avec beaucoup de simplicité mais de manière concrète le récit de la Nativité. Merci à Guilia et ses parents qui ont accepté de représenter la Sainte Famille, à nos jeunes les anges qui ont annoncé aux bergers la naissance de Jésus et à tous les enfants qui ont accepté une mission.

De plus, nous avons apprécié la belle collaboration entre les générations et les communautés. Ainsi, les jeunes se sont volontiers improvisés lecteurs. De même, plusieurs servants de messe de Cugy sont venus à Aumont et vice-versa pour la messe de 22h à Cugy où ceux de Les Montets se sont déplacés.

Espérons que ce début de collaboration se poursuive au fil de l’année afin que l’essentiel soit le moment à vivre spirituellement.  

Merci aux catéchistes pour leur précieuse présence et à toutes les petites mains qui nous ont aidés à la réalisation de cette célébration. Que l’Enfant de la crèche illumine chacun de vos pas au fil de cette nouvelle année.

Finances paroissiales: un budget 2025 dans la continuité

Alexandre Bersier durant son intervention.

Une soixantaine de paroissiennes et paroissiens ont participé, début décembre à Cugy, à l’assemblée ordinaire – dite des budgets – de la paroisse Saint-Laurent Estavayer, tenue sous la présidence d’Alexandre Duc. Elle a principalement permis d’adopter le budget de fonctionnement de la paroisse pour 2025 qui prévoit un mini déficit en rien inquiétant, les finances paroissiales étant saines.

Par Claude Jenny | Photos : Georges Losey

Le budget du ménage paroissial pour cette année est grosso modo identique à celui de 2024 avec des charges prévisibles de 3,152 millions et des produits de 3,096 millions, soit un léger minus de 55’000 fr.  En charge du dicastère des finances, Alexandre Bersier, vice-président du Conseil, a commenté dans le détail ce budget qu’il juge tout à fait acceptable eu égard à la bonne santé financière de la paroisse. « Le but n’est pas d’arriver à zéro dépassement » dit-il, précisant que, hormis quelques retouches, aucun poste important n’avait été amputé et que le fonctionnement paroissial pourrait se poursuivre sur les mêmes bases financières.

Une paroisse sans dettes

Il n’a toutefois pas caché que les recettes étaient à la baisse, ne serait-ce qu’en raison des nombreux retraits d’Eglise enregistrés ces derniers mois. Le trésorier a plusieurs fois insisté sur la nécessité pour les gestionnaires de la paroisse de se montrer vigilants, car les recettes n’iront pas en augmentant !  Aujourd’hui, la paroisse vit sainement, « puisque nous n’avons plus aucune dette ». Nous pouvons nous en réjouir mais il est important, à ses yeux, de mettre en place des outils de gestion plus professionnels, en affinant la gouvernance de certains secteurs, notamment en recourant à des spécialistes pour certaines tâches de planification. C’est le cas particulièrement pour les bâtiments puisque la paroisse gère un important patrimoine. Il a notamment présenté un graphique qui montre qu’actuellement, pour 1 fr. encaissé, la paroisse dépense 1 fr. 05. Rien de grave mais la vigilance est de mise. Ajoutons que le taux de l’impôt paroissial restera inchangé.

Pas question par contre de toucher au budget consacré aux activités pastorales car « c’est notre corps de métier » dit-il joliment. Ainsi, un montant est affecté désormais pour les activités jeunesse.

Contribution à la CEC : une hausse qui interpelle

Durant sa présentation, Alexandre Bersier s’est arrêté sur un poste qui affiche une constante augmentation : celui de la contribution paroissiale à la CEC (Corporation ecclésiastique cantonale), qui gère notamment la Caisse des ministères, et verse les salaires et les charges sociales de tout le personnel pastoral ayant un contrat fixe. 

Cet organe facture un certain montant à toutes les entités paroissiales en février de l’année en cours, soit lorsque les budgets ont déjà été adoptés. Ce montant, pour la paroisse Saint-Laurent Estavayer, est en constante augmentation, a relevé le responsable des finances. Ainsi, sur la base de prévisions, c’est un montant de 390’000 fr. qui figure au budget 2025. Davantage que les années précédentes. Ce surcoût interpelle « M. Finances » qui va s’atteler à obtenir des éclaircissements de la part de la CEC pour savoir pourquoi cette participation paroissiale est en augmentation année après année.

Ce budget paroissial 2025 a été adopté à l’unanimité moins une abstention, après recommandation positive de la commission financière.

Cinq crédits adoptés

Au chapitre des crédits d’investissement 2025, aucun chantier important n’est prévu cette année. L’assemblée de paroisse a néanmoins adopté cinq crédits. Soit :
• Un crédit de 25’500 fr. pour des travaux de rénovation à la cure de Rueyres-les-Prés ;
• Un montant de 65’000 fr. pour la rénovation de l’entraînement des cloches de l’église de Forel ;
• Une somme de 54’500 fr. pour la rénovation de l’entraînement des cloches de l’église de Cheyres ;
• Un  crédit de 45’000 fr. pour des travaux de rénovation intérieure et de peinture à la chapelle Saint-Eloi à Estavayer ;
• Un crédit d’étude de 100’000 fr. pour la planification financière des bâtiments. Cet argent est destiné à recourir aux services d’un bureau d’architectes spécialisés pour aider le Conseil de paroisse à planifier et prioriser l’entretien de tous les bâtiments du patrimoine paroissial, tâche forcément complexe avec 21 églises et chapelles et une vingtaine d’autres bâtiments (cjy).

Deux démissions au sein du Conseil de paroisse

Christiane Volery et Alexandre Duc vont quitter le Conseil de paroisse après un long bail chacun au service de la paroisse.

En début d’assemblée, le président Alexandre Duc a annoncé que deux membres du Conseil de paroisse allaient se retirer à fin juin, au terme de la présente année pastorale. Il s’agit d’abord de Mme Christiane Volery, d’Aumont, qui se dévoue depuis plus de 30 ans pour le bon fonctionnement d’abord de sa paroisse puis de l’UP, puis de la nouvelle paroisse fusionnée. La seconde démission est celle du président, Alexandre Duc, à l’œuvre depuis 18 ans. « Ces deux départs permettront un renouvellement en douceur de la composition du Conseil de paroisse » a-t-il déclaré. Une double élection interviendra donc dans le courant de l’année, la date n’étant pas encore fixée. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur le parcours paroissial des deux démissionnaires. (cjy).

Bible au quotidien: prenons soin de nous et des autres!

Par Nathalie Angelini-Traeger
Photo : LDD

« Ceux qui sèment avec larmes, moissonneront avec chant de triomphe. Celui qui porte la semence pour la répandre, marche en pleurant ; mais il reviendra en chantant de joie, quand il portera ses gerbes. » (Psaume 126 : 5-6)

Nous ne sommes pas définis par nos combats, nos réussites, notre âge, mais par le Christ qui vit en nous. Rappelons-nous que tout est possible à celui qui croit et que les épreuves, comme les bénédictions, font partie de nos vies. Alors aujourd’hui, décidons de changer notre perception face à notre situation, contentons-nous de notre solde, par la foi qui nous anime, par la résilience et par une gratitude pure et sincère envers tout ce que nous sommes et avons déjà. 

Les problèmes, comme les succès, font partie de notre existence, alors ne luttons plus, dansons avec eux, en étant reconnaissants d’être en vie, en étant joyeux d’avoir fait la connaissance de Jésus, en donnant, en faisant preuve d’empathie et en partageant avec ceux qui sont dans le besoin. 

Devenons souples et flexibles, appliquons-nous à être en permanence dans la créativité et la productivité saintes, la gentillesse, la générosité et surtout gardons la foi comme notre trésor le plus précieux. Embrassons tout ce qui nous arrive, les grandes joies, comme les injustices, en acceptant qu’on ne peut pas tout contrôler, seul Dieu tout-puissant le peut et expérimentons la sagesse et la joie de vivre, là où Dieu nous met.

Collaborateurs du Seigneur

Et comme nous l’a enseigné le pape François, lors de sa venue en Corse en décembre dernier : le Seigneur a la première place, mais nous sommes ses collaborateurs. Prenons soin de nous et des autres. Notre vie s’exprime dans l’offrande de nous-même, mais pour bien donner, prenons soin de nous. 

Chaque jour renouvelons la joie de notre rencontre avec lui, notre envie de le suivre. Demandons au Seigneur de jeter nos lamentations, nos plaintes, nos comparaisons, afin de ne pas rentrer dans le péché et les douleurs que nous nous infligeons. Accordons-lui entièrement notre confiance, cultivons notre joie, en toutes circonstances prions, espérons et restons dans la gratitude. Restons dans une attente joyeuse et non suspicieuse. La parole de Dieu est un refuge où nous pouvons constamment purifier notre esprit, trouver la paix et nous guérir.

J’adore les muffins!

Par Thierry Schelling
Photo: DR

Je n’ai pas le don de la cuisine, par flemme, manque de temps et de passion. Mais j’aime manger. Or, pour se laisser déplacer par l’Esprit Saint – la clef de la conversion ! –, je me suis dit : faisons des muffins !

Comment et avec qui ? Instagram, évidemment. Et une coach aux explications simples, encourageantes et visuelles : ingrédients achetés, ustensiles préparés, je me connecte.

Avantage : suivre la recette avec oreilles et yeux, c’est facile ! Désavantage : avec le petit doigt – le seul non utilisé dans la confection de la pâte –, rallumer sans cesse son portable pour se reconnecter sur la vidéo.

Avantage de suivre les étapes : on peut y revenir quand on ne comprend pas le vocabulaire : lisser (mais y’a pas d’aspérités !), faire revenir (quoi ? d’où ?), couper en dés (de quelle taille ?). Désavantage : elle promettait une « recette à faire en 15 minutes » et je suis déjà passé à la demi-heure…

Enfournés, les muffins lèvent. Le miracle se produit. Je plante une pique pour vérifier si c’est cuit dedans. Impec ! Sortis, ils sont splendides. 

Fier ? Je suis humble ! Grâce à une coach, j’ai concrétisé sa pédagogie imagée et la combinaison chaleur/mesures/patience a fait le reste ! Je me suis converti à me laisser déplacer par l’esprit – l’Esprit ? 

Le soufflé n’est pas retombé. Le Souffle non plus.

Un groupe de jeunes est né dans la paroisse

Les rencontres bimensuelles sont aussi l’occasion de vivre le partage d’un repas communautaire.

L’idée de constituer un groupe de jeunes, qui serait structuré et actif, titillait l’équipe pastorale depuis un bout de temps. Depuis décembre dernier, ce souhait est devenu réalité avec la création de « God Vibes », formé d’une dizaine de jeunes qui ont pris quartier dans leur local à la chapelle de Rivaz à Estavayer. Rencontre avec son animatrice, Barbara Bargiel.

Barbara Bargiel, animatrice responsable de ce nouveau groupe paroissial.

Par Claude Jenny | Photos : Georges Losey, Barbara Bargiel

Le groupe, qui s’est donné comme nom « God Vibes » – que l’on peut traduire par : « dans la bonne ambiance de Dieu » – réunit pour l’instant une douzaine de jeunes entre 16 et 25 ans et s’est déjà réuni à plusieurs reprises l’année dernière pour aménager son local et organiser une très belle action de Noël en faveur des aînés (voir ci-dessous).

Echanger autour de l’Evangile

« Le but est de se rencontrer en principe deux fois par mois – une fois le jeudi, une fois le vendredi – pour vivre un moment d’échange autour de l’Evangile » explique Barbara Bargiel, animatrice pastorale. « La forme de la soirée peut évidemment varier et c’est chaque fois un autre membre du groupe qui doit se préoccuper de préparer l’animation » ajoute la responsable. Les jeunes ont, par exemple, vécu une soirée sur le thème du pardon en regardant d’abord un film puis en échangeant sur ce sujet. Un repas communautaire figure généralement aussi au programme de la soirée, même si le local manque d’une cuisine ad hoc… 

La plupart des membres actuels étaient déjà actifs dans la paroisse – servants de messe notamment – avant de rejoindre le groupe « God Vibes ». « Mais nous sommes ouverts à tous les jeunes intéressés par cette démarche » précise l’animatrice qui requiert l’aide de proches pour l’épauler. « Nous espérons que les membres de l’équipe pastorale – prêtres et laïcs – viendront découvrir notre groupe et passer un moment avec nous » souhaite la responsable.

Le groupe caresse le projet de participer à des pèlerinages ou des rencontres de jeunes chrétiens. « Nous pensons nous rendre à Rome dans le cadre de l’Année Sainte et
participer à l’organisation d’une course de relais de Run4Unity sur le thème de la paix,  prévue cette année à Montet. Et d’autres idées vont sans doute germer au fil des mois de fonctionnement de ce groupe qui donne un bel élan de jeunesse dans la paroisse, laquelle soutient financièrement cette heureuse initiative.

Vivre l’Evangile dans la fraternité.

Pour rejoindre « God Vibes »

Si vous voulez rejoindre le groupe, vous pouvez contacter : Barbara Bargiel, à l’adresse mail suivante : barbarabargiel44@gmail.com

En février, le groupe se réunira dans son local les 7 et 28 février dès 18h30.

Une superbe action de Noël pour les résidents des « Mouettes »

La messe hebdomadaire du 7 décembre dernier au home des Mouettes, à Estavayer, a revêtu un caractère bien particulier puisque les résidents ont eu la surprise de recevoir la visite du groupe de jeunes de la paroisse. Qui n’ont pas ménagé leur peine et leur labeur pour donner du relief à cette rencontre intergénérationnelle.

Texte et photos par Claude Jenny

Présidée par l’abbé Bernard Schubiger, la messe a d’abord été l’occasion pour les jeunes d’y participer activement par leurs chants, les lectures, la prière universelle, une liturgie soigneusement préparée par Barbara Bargiel et Françoise Baranzelli, aumônière à temps partiel dans ce home.

Au terme de la célébration, les jeunes ont remis à chaque résidente et résident un précieux double cadeau : une grande enveloppe contenant un beau texte et un dessin, ainsi qu’un bricolage fort réussi sous la forme d’une mangeoire fabriquée par les jeunes et contenant l’enfant de la Nativité. Une démarche qui a apporté une belle lumière autour de cette messe de Noël anticipée et l’occasion d’un beau moment de partage.

Nouveaux maîtres (a)spirituels

En France, l’association Talenthéo a déjà accompagné plus de 3000 prêtres, évêques, religieux et responsables laïcs par le coaching.

Que l’on soit débordé, burn-outé, en pleine reconversion professionnelle, les coachs promettent des résultats avec bonheur à la clé. Ces « maîtres spirituels » d’un nouveau genre essaiment aussi dans l’Eglise, mais de manière plus discrète.

Les chemins de vie sont multiples.

Par Myriam Bettens | Photos : DR, Unsplash

Il suffit de taper dans la barre de son moteur de recherche « coaching Suisse romande » pour obtenir plus de 289’000 résultats en… 0,33 seconde et on ne parle même pas de la pléthore d’offres dénichées par le biais des réseaux sociaux. A coups de : « Deviens acteur de ta vie », « Ose te réaliser », tout en passant par : « La volonté est la clé pour prendre ton bonheur en main », certains coachs pourraient presque damer le pion aux marchands du Temple. Cette usine à rêve promet de répondre aux questions existentielles les plus variées. En somme, de faire de toute personne une meilleure version d’elle-même. Coach parental, coach en bien-être, coach en amour, coach sportif et même coach de vie : cette profession a le vent en poupe. Dans l’Eglise aussi, cette nouvelle forme « d’accompagnement » gagne du terrain.

Coaching ecclésio-compatible

Pour continuer à grandir spirituellement et humainement, les personnes engagées en Eglise(s) (prêtres, diacres, pasteurs et laïcs) peuvent relire leur vie sous le regard de l’Esprit Saint avec un accompagnateur spirituel. Toutefois, n’y aurait-il pas la place pour un autre type d’accompagnement, lié à un savoir-faire et à un savoir-être, pouvant permettre un retour critique sur la manière dont le responsable religieux s’inscrit dans sa communauté ? Partant du principe que le coaching n’est pas une forme concurrente d’accompagnement, plusieurs initiatives ont vu le jour. 

En France, l’association Talenthéo, active depuis 2005, a déjà accompagné bénévolement plus de 3000 prêtres, évêques, religieux et responsables laïcs par le coaching. Elle anime aussi des sessions de formation au service de la conversion relationnelle et pastorale. Le modèle ne s’est pas encore exporté chez les catholiques romands. En revanche, outre-Sarine, Divine Renovation Ministry offre des services analogues à sa consœur française. Par contre, côté protestant et évangélique des propositions similaires existent. La Haute Ecole de Théologie (HET-PRO) à Saint-Légier (VD) dispense aux futurs
responsables d’Eglise de tels coachings. En parallèle, elle offre par le biais du cursus Arrow Leadership, un CAS en leadership chrétien aux personnes ayant un rôle de direction en ONG, entreprise ou en Eglise. Pascal Chapuis fait partie de l’équipe de formateurs. L’ancien pasteur devenu coach est tout à fait au clair avec les dérives possibles de la profession.

Le bonheur soumis à la performance

« La dénomination de « coach » est un fourre-tout. Les certifications existent, mais il n’y a pas de contrôle », pointe-t-il et aucun garde-fou n’existe pour protéger les clients de pratiques douteuses, sous couvert de « coaching ». Directeur d’un des premiers cabinets de coaching implantés dans le canton de Vaud (2004), il reconnaît que « de nombreuses personnes se sont engouffrées dans la brèche pour se constituer un revenu facilement, tout en donnant à leurs pratiques le terme de « coaching », alors que ce n’en est pas du tout ». Pour lui, « cette tendance est liée à l’image du coaching. Admettre que l’on a besoin d’un psy est généralement connoté péjorativement par la société, alors on préfère aller voir un coach ». 

Gaël Brulé, sociologue du bonheur et professeur à la Haute école de santé de Genève (HEdS), s’était exprimé sur la question, en mars dernier, dans une émission de la RTS. « Avant, on avait des institutions qui prenaient en charge nos problèmes, comme l’Eglise, la famille, l’Etat. Avec le délitement de ces institutions, on est de plus en plus à la recherche de réponse au niveau individuel », car les attentes et exigences envers les individus augmentent. Il faut performer en tant que citoyen, travailleur et parent, affirme-t-il encore.

De plus, les personnes « acceptent moins qu’avant les difficultés rencontrées dans leurs parcours. Il y a une tendance à vouloir trouver une solution pour aller mieux rapidement. En parallèle, l’idéal de bonheur devient toujours plus central, plus prégnant. On est passé du droit, au devoir d’être heureux ». Un constat que partage mais tempère Pascal Chapuis : « Le « bon » coach n’a pas pour vocation de trouver des solutions à son client. » Il ajoute encore que le cadre est primordial « pour favoriser une atmosphère saine et sécurisante, tout en ayant l’humilité de rediriger le client vers une autre forme de soutien, si nécessaire ». Lui-même formé à d’autres types d’accompagnements, il voit dans le coaching une composante profondément biblique.

Le coaching possède une composante profondément biblique.

La grâce seule ne suffit plus

« Le monde et la société dans lesquels nous vivons sont devenus tellement complexes, qu’une grande proportion de mes coachés ressentent le besoin d’aborder le domaine de leurs valeurs spirituelles à un moment ou à un autre. Et c’est souvent là que se trouvent les blocages », glisse Pascal Chapuis. Il va même plus loin, « ces outils sont des facilitateurs pour faire passer le message biblique sans que la personne ne se sente coincée avec des « tu dois, tu ne dois pas ». Cela l’aide à réfléchir, se positionner et faire un choix réaliste. C’est très clairement le message de la Bible ». 

Il ne cache d’ailleurs pas que pour lui, « Jésus est le meilleur coach qui soit ! » Quant à la formation dispensée aux futurs responsables religieux à la HET-PRO et par le biais du cursus Arrow Leadership, il considère qu’il y a là un vrai changement de culture ecclésiale. Alors que « pendant longtemps, la grâce du Seigneur était considérée comme le seul soutien possible », aujourd’hui, faire appel à une aide extérieure ne signifie plus que « le travail de Dieu n’est pas complètement terminé dans la vie de la personne ». Au contraire, « les outils issus du coaching permettent d’être un peu plus chrétien dans la manière de diriger sa communauté ».

Le coaching en bref

Le coaching cherche à répondre à une situation ponctuelle – circonscrite dans son objet et dans le temps – formulée sous la forme d’une difficulté ou d’un objectif à atteindre. Issu de la sphère des thérapies brèves développées au XXe siècle en réaction à la psychanalyse, le coaching n’a pas en soi de visée thérapeutique. Le coach, quant à lui, intervient sur une demande précise et non pas sur le sens de l’existence de son client, « à moins qu’il n’en émette le souhait et que la spécificité de la pratique professionnelle du coach le permette », indique Pascal Chapuis.

Depuis la fin des années 2010, le nombre de praticiens se proclamant du coach a littéralement explosé. Les certifications existent, mais le terme de « coaching » n’est pas protégé : chacun peut donc s’autoproclamer coach et proposer ses services contre rémunération, d’où certaines dérives. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a publié un rapport en 2023 faisant état d’une montée en flèche des alertes concernant les techniques de développement personnel et de coaching. Soit près de 20 % de toutes les plaintes. Bien plus que pour les pratiques ésotériques telles que le chamanisme ou la médiumnité.

L’Année sainte des «Pèlerins d’espérance»

L’Année jubilaire, appelée aussi Année sainte, est un temps de grâce spéciale rappelant notre origine humaine en Dieu. Le Pape a ouvert l’Année sainte 2025 en décembre dernier. Eclairage.

Par l’abbé Darius Kapinski
Photos : Euronews, LDD

Dans l’Ancien Testament, une année jubilaire était célébrée tous les 50 ans. Au cours de celle-ci étaient nivelées les inégalités sociales et le peuple de Dieu bénéficiait de la remise de ses dettes. 

En 1300, sur décision du pape Boniface VIII, l’Eglise adopta cette tradition juive en décidant de célébrer une Année sainte tous les 100 ans. Les papes suivants ont raccourci cette période à 50 ans, puis à 33 ans et finalement à 25 ans. Le dernier jubilé régulier a été célébré en l’an 2000, soulignant le deuxième millénaire de la naissance de Jésus-Christ. Il y a eu également d’autres Années saintes, par exemple pour commémorer le 1900e anniversaire de la mort du Christ en 1933 ou, en 2008, le deuxième millénaire de la naissance de saint Paul.  

Ouverture de la porte sainte

L’inauguration de l’Année sainte 2025 a eu lieu le 24 décembre dernier par le rite de l’ouverture de la porte sainte de la basilique Saint-Pierre et d’autres églises de Rome, et à travers le monde (parmi elles notre cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg).

Selon le pape François, l’Année sainte devrait permettre aux fidèles de la vivre comme un don unique de la grâce, caractérisé par le pardon des péchés et, en particulier, par l’indulgence, qui est la pleine expression de la miséricorde de Dieu.

Nous sommes invités à visiter l’une des quatre églises de Rome (Basilique Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-murs, Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure) ou d’autres églises ou cathédrales diocésaines désignées comme des lieux de pèlerinage dans le monde entier.

« Une lueur d’espoir »

Le slogan de l’événement est Pèlerins d’espérance. Selon Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation : « Le jubilé de l’an 2025 sera une lueur d’espoir. Cependant, n’oublions pas que l’espérance pour les croyants est certitude. C’est une présence, une vague d’amour de Dieu qui vient à notre rencontre. 

Redécouvrir la fraternité

Le Pape tient à ce que cette Année jubilaire, intense de prière, nous aide à restaurer un climat d’espérance et de confiance ; à redécouvrir le sens de la fraternité universelle avec une sensibilité à la pauvreté dans le monde. Il fait un lien avec l’appel à la conversion, avec ces aspects fondamentaux de notre nature sociale et nous invite à célébrer ce Jubilé avec une foi intense, une espérance vivante et une charité active.

Je me réjouis particulièrement qu’au cours de cette Année sainte le bienheureux Carlo Acutis sera canonisé (lors de la Journée de la jeunesse), lui dont la courte et sainte vie (mort à 15 ans) est présentée aux premiers communiants de notre paroisse. Il devient, par ce fait, le compagnon de route de ces enfants qui se préparent à la vie eucharistique ainsi que de leurs parents et familles. 

Des millions de pèlerins iront en pèlerinage à Rome

L’Année sainte verra affluer des millions de pèlerins à Rome. On parle de 30 millions de visiteurs qui se rendront au Vatican pour franchir la porte sainte de la basilique Saint-Pierre ! Dont quelques milliers de Suisse, y compris un certain nombre de Broyards !

De nombreux pèlerinages sont d’ailleurs proposés pour la circonstance. Nous en mentionnons ci-dessous quelques-uns dont nous avons eu connaissance :

• Du 21 au 26 avril : pèlerinage de printemps à l’intention des confirmands et confirmés.
Infos sur www.cath-fr.ch/pelerinages2025.

• Du 27 juillet au 3 août : pèlerinage d’été pour les jeunes, de 16 à 30 ans dans le cadre du Jubilé des jeunes.
Détails sur : www.jmj.ch

• Du 12 au 18 octobre : pèlerinage d’automne pour les familles et les servants de messe.
Inscriptions : www.cath-fr.ch/pelerinages2025

• Pour plus d’informations sur cette année jubilaire, le site www.iubilaeum2025.va est à disposition (cjy).

L’Esprit de Jésus, le meilleur coach (Matthieu 11, 28-30)

L’école de Jésus – ici le Sermon sur la montagne – fait portes ouvertes.

Par François-Xavier Amherdt
Photo: DR

Si nous sommes déboussolés ou découragés, le meilleur coach demeure sans nul doute l’Esprit de Jésus. Le Christ nous invite du reste explicitement à recourir à lui et à ses services, gratuitement, lorsqu’après avoir loué le Père, il appelle les tout-petits que nous sommes à puiser en lui les compétences nécessaires pour nous orienter dans notre existence (Matthieu 11, 25). Car c’est à ceux qui lui ressemblent, lui qui de tout-puissant s’est fait le dernier des esclaves par amour pour nous sauver, que le Seigneur ouvre le trésor de sa Révélation, et non aux savants et aux intelligents.

La relation avec Jésus-Christ nous procure soulagement et consolation (11, 28), car alors nous ne sommes plus seuls, puisque telle est la signification étymologique de ce dernier terme en latin, cum-solus, l’isolé avec d’autres. Si nous peinons sous le poids des soucis, si nous nous sentons épuisés sous la masse des responsabilités, allons à lui car il nous connaît chacun(e) par notre nom et il n’a qu’une envie, c’est de nous comprendre et de nous procurer le repos indispensable (11, 29).

Son école fait portes ouvertes, son cabinet est constamment accessible, son enseignement porte du fruit, car il n’est ni arrogant ni manipulateur. Au contraire, il nous comble de sa douceur et de son humilité, il verse en nos cœurs les sept dons de son Esprit, ou plutôt il les réactive, puisque nous les avons déjà reçus à notre confirmation.

Venons à lui en toute liberté boire l’eau de ses conseils et manger le pain de sa force, sans rien payer : il nous le promet. Surtout, il nous offre le cadeau du discernement avant que nous ne nous embarquions dans une entreprise risquée, comme construire une demeure, partir en guerre ou changer de direction (Luc 14, 28-33). Par la prière du cœur, il nous donne des clés pour déterminer quels sont les signes des temps à retenir.

A l’école du Maître Jésus et des accompagnateurs spirituels en Eglise, rien ne peut alors nous égarer ni nous résister : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8, 31)

Les Bastians: une sacrée confrérie de… «bons maris»!

Romain Lambert, portant le chapeau et l’écharpe rouge, entres autres signes distinctifs des membres de la confrérie, durant son allocution.

L’habitude veut désormais qu’une confrérie locale se présente à chaque assemblée paroissiale. En décembre dernier, ce fut au tour des Bastians – dite aussi « Confrérie des bons maris » – d’être à l’honneur par la voix pleine d’humour de son gouverneur, Romain Lambert. Il est vrai que cette confrérie cultive quelques habitudes plutôt amusantes !

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

Fondée en 1582 par un groupe de 14 Staviacois, l’Abbaye de Saint-Sébastien était à l’origine affaire de tireurs et d’arbalétriers ! Pour devenir ensuite la « Noble Confrérie des Bastians » ! Dont les membres doivent revêtir le pardessus noir, le chapeau, l’écharpe rouge et le médaillon. Pour en être membre, il fallait impérativement être bourgeois d’Estavayer, avoir au minimum 30 ans et ne pas avoir eu affaire à la justice. Et être un bon mari ? Vraiment ? Romain Lambert se marre en disant que l’on ne sait pas vraiment pourquoi la confrérie a été surnommée ainsi et qu’aujourd’hui,  elle compte même des divorcés en son sein ! Mais peut-être est-ce parce que ses membres aiment toujours disserter sur les vertus de la vie conjugale ! Mais cette habitante d’Estavayer nous confie : « A l’époque, ils nous faisaient peur et on les évitait dans la rue, même s’ils cherchaient à nous attirer en distribuant leurs caramels. » 

Des amendes un peu pour tout !

Bien que, lors de leur rendez-vous annuel, la messe à la collégiale figure certes à l’ordre du jour, la journée comprend aussi moult libations… Et lors de la commémoration de la Saint-Sébastien – le dimanche le plus proche du 10 juin – les Bastians commencent encore aujourd’hui la journée par un concours de tir à l’arbalète ! « Nous sommes proches de l’Eglise, mais nous n’y sommes pas reliés » tient d’ailleurs à préciser l’actuel gouverneur.

Au chapitre des drôleries, la confrérie ne fait pas payer de cotisations à ses membres, lesquels préfèrent s’infliger des amendes pour tous les rendez-vous de la vie… (mariages, naissances, etc.). Et lors de l’assemblée annuelle de l’Epiphanie, chaque membre doit tout dire sur sa vie lors de la cérémonie dite des confessions ! 

Les 22 membres actuels ont entre 26 et 90 ans ! Et continuent fidèlement à vénérer ce culte de l’amitié qui fait la spécificité de cette confrérie. Elle est ouverte à des hommes de toutes les couches sociales. Et comme preuve d’ouverture : en 2012, une fusion est intervenue avec les bourgeois de Font. Permettant que l’actuel gouverneur soit un habitant de Font. Une « première ». Mais pas question d’accueillir des femmes !

«Coach sportif d’exception»

Par Thierry Schelling | Photo : I.Media

« Coach sportif d’exception » : non, ce n’est pas le pape François qui le dit, mais l’éditeur de la Librairie Editrice Vaticane (LEV) lors de la sortie du livre Se mettre en jeu, pensées sur le sport sorti en 2020, rassemblant les paroles du Pape sur le sport au cours de ses discours. A l’honneur de l’équipe sportive du Vatican, Athletica Vaticana, qui regroupe pour des joutes sportives des membres de la Curie autour du ballon rond ou de la course à pied.

Au gré des prises de paroles sur presque 10 ans, François se distingue comme coach, selon la LEV, parce qu’il exhorte ceux qui pratiquent un sport « à être loyaux, honnêtes, à cultiver la simplicité, le sens de la justice, la maîtrise de soi, toutes les vertus non seulement du sportif, mais aussi propres à l’homme ». Un entraineur ne dirait pas mieux pour motiver les troupes !

Utilité sociale

Ces personnes handicapées, réfugiées, orphelines, « frères et sœurs en humanité » moins chanceuses de par la vie, sont « d’excellents partenaires de jeu et de sport ». Elles nous enseignent que « la victoire est acquise ensemble, la défaite est source d’amélioration grâce à la relecture des erreurs et que l’important est la participation de tous et toutes sans discrimination » !

Ballon de chiffon

Si, comme jésuite, il s’est rodé aux Exercices Spirituels d’Ignace, qui sont un entrainement gymnastico-spirituel pour améliorer sa vie intérieure et sa relation au Christ, le Pape rappelle qu’il était fan de l’équipe de foot de San Lorenzo, à Buenos Aires, et que, enfant, il jouait « avec un ballon de chiffon », en apprenant que « nous n’étions adversaires que sur le terrain, jamais dans la vie ». Joli goal pour un pontife !


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