Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 15 avril 2019 en fin de journée?
L’espace d’une soirée, le monde entier retenait son souffle alors que Notre-Dame de Paris s’embrasait. Les médias ne faisaient pas dans la demi-mesure dans le choix des mots, et l’incendie d’une cathédrale apparaissait soudain comme un choc planétaire.
Cela peut sembler étonnant. Après tout, pour un non-croyant, qu’est-ce qu’une église si ce n’est un bâtiment appartenant à un passé désormais révolu ?
Et pourtant, guide bénévole depuis près de dix ans, je suis chaque été témoin du pouvoir de l’art. C’est qu’il y a dans la beauté quelque chose qui touche au plus profond. Quelque chose qui arrête le touriste pressé de visiter tout Paris en une journée ou qui captive l’adolescent embarqué malgré lui par ses parents.
Les Pères de l’Eglise, et certains papes après eux, parlaient de la voie de la beauté. A nous d’en retrouver le chemin pour rejoindre ceux que nos mots, parfois maladroits, ne convainquent pas toujours.
L’église de Bovernier a besoin d’un bon « lifting » ! Le Conseil de gestion de la paroisse de Bovernier soutenu par les autorités civiles en ont tous convenu et se mettent en route de concert pour la rénover.
PAR LE CONSEIL DE GESTION | PHOTO : DR
Après mûre réflexion, la paroisse de Bovernier a décidé de rénover son église. Consacrée en 1755 par les soins d’Hildebrand Roten, évêque de Sion, l’église actuelle avait remplacé une chapelle construite au milieu du XVe siècle.
Si le bâtiment est ancien, l’intérieur a déjà bénéficié de nombreuses et belles rénovations. Cependant, il a de nouveau besoin d’une sérieuse restauration. Le problème prioritaire est le chauffage. Actuellement électrique, le système de chauffage est très onéreux et ne fonctionne pas à satisfaction. Le projet prévoit notamment de basculer vers un autre type de production de chaleur dans un esprit de développement durable.
De plus, les Vouipes vont profiter de cet important investissement de près de Fr. 450’000.– pour apporter quelques améliorations à la situation existante et notamment un rafraîchissement indispensable des peintures et la restauration de certaines œuvres d’art.
Si les finances le permettent, la paroisse envisage de modifier l’extérieur de l’église afin de le rendre plus fonctionnel mais aussi plus agréable avec l’installation de quelques bancs et la plantation de plusieurs arbres.
Soutenus par le Conseil communal, les Conseils de communauté et de gestion s’engagent fermement, avec l’appui d’un comité de recherche de fonds, pour redonner à ce haut lieu de la vie locale et à ses alentours l’éclat qu’ils méritent afin d’accueillir encore mieux les paroissiens ainsi que les pèlerins de la Via Francigena, de plus en plus nombreux à visiter notre région.
Soutenez la renovation
Ce projet, qui réunit spiritualité, écologie et amélioration de l’accueil, mérite votre attention et votre soutien. Vous pouvez nous aider en nous faisant parvenir votre contribution aux coordonnées suivantes : Paroisse de Bovernier –
Mention : Rénovation de l’église de Bovernier – Raiffeisen Entremont CH56 8080 8008 9688 3870 4
Une longue dépression stagne sur nos terres intérieures depuis des mois… La météo de la vie est plombée par ce « grand froid ». Ces « tempêtes en à-coups » qui assiègent le quotidien, nous prennent au dépourvu, nous accablent…
PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY
Lassitude, angoisse, fatigue, solitude, résignation, colère… Sentiments contradictoires qui défilent comme de lourds nuages de mauvais temps sur la tête de tant de personnes. C‘est un long hiver froid qui bouleverse les corps et les cœurs, et étirent ces liens qui nous tiennent les uns aux autres de tant de manières différentes, et devraient maintenir ainsi la circulation de la vie. C’est difficile pour chacun probablement, et encore immensément plus difficile pour ceux que cette météo pandémique malmène le plus. Pourtant… L’hiver finit toujours par s’achever !
Laisser se faire. – Cela se répète à l’infini en dépit de tous les bouleversements climatiques. Et l’hiver s’étant achevé, il est temps de laisser place à un puissant anticyclone, de changer le climat, la météo des cœurs malmenés par la dépression covid. Certes, rien de magique ne surviendra, sans le travail intérieur de cette grâce printanière qu’il faut pouvoir laisser se faire, en dépit des turbulences concrètes que l’on doit affronter au fil du temps.
Décider… – Décider de sortir du désert, de la nuit, des doutes et de la peur ! Choisir la vie et ne pas laisser la mort choisir le cœur ! Oui choisir la vie, la lumière et la douceur de l’espérance pour qu’il fasse le plus beau possible là où cette vie bat, parfois imperceptiblement, c’est vrai. Bien sûr, ce n’est pas si simple pour chacun. Mais on décide, on ne choisit pas seulement pour soi-même… On le fait en portant ceux qui sont coincés sur un coin de terre où des nuages chargés les cernent. La météo du cœur et de l’âme est plus douce et plus belle si on a l’objectif de la partager à travers des petits riens et des petits plus.
Partager. – Pour nous chrétiens, l’espérance de Pâques, c’est Jésus qui a passé de la mort à la vie, et qui nous tend la main pour passer à notre tour de ce climat froid, humide et sombre à un climat de douceur, empreint de lumière. Dans cet élan de résurrection, de retour à la vie, les perce-neige sont aussi beaux que les roses. Et le Seigneur ressuscité nous propose de partager ces premières fleurs jaillies sous une météo de renaissance avec ceux qui peinent. Décision, choix de Vie dans lesquelles nous emmenons les autres vers un climat plus serein.
Les catéchistes et animatrices ont proposé pendant le temps du Carême des ateliers du dimanche. Les enfants se réunissent après la messe, pendant une heure, avec quatre animatrices. Ils travaillent, en atelier, à créer dans leur cœur et dans l’église un chemin vers Pâques.
Le fil rouge utilise plusieurs symboles pour aider les enfants à s’ouvrir au mystère pascal… d’abord un clin d’œil à l’enfance et à ses jeux. Une marelle se construit dimanche après dimanche sur le sol de l’église et comme dans celle de nos jeux d’enfants le but est d’atteindre le paradis. En sautant de case en case les enfants découvrent un Evangile, un Psaume. Ils posent leur marque sur la case en collant un cœur, un nuage, un mot. Cette marelle est aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole par excellence de l’alliance faite par Dieu avec les hommes. La démarche se veut à la fois collective : nous réfléchissons et travaillons ensemble, et intime : je pars de ma terre intérieure et je m’élance vers le Ciel, vers Dieu qui m’aime.
Ce chemin continuera à se déployer durant les activités de la Montée Vers Pâques… l’arrivée de la case Ciel qui finira la marelle demande encore un peu de patience !
Ce 5e dimanche de Carême, ils étaient une trentaine d’enfants à entourer les 4 animatrices et toute l’église vibrait de leur enthousiasme et de leur dynamisme. Bravo et merci à toutes les animatrices pour leurs idées et leur disponibilité.
Originaire de Martigny-Combe, Mathieu Moser (33 ans), époux de Jenny et père d’une petite Nina est, depuis la rentrée 2020-2021, le nouveau directeur des Ecoles de l’Arpille. Ce pool scolaire regroupe les centres scolaires de Bovernier, Martigny-Combe, Salvan, Trient et Finhaut. Mathieu a succédé à celui de qui il fut l’adjoint, Pierre-André Ramuz. Pour mieux le connaître, lui ainsi que les défis qui l’occupent, je lui laisse la parole…
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR
Cher Mathieu, merci d’accorder à L’Essentiel ce petit entretien. Jeune déjà, votre métier d’enseignant vous chevillait-il au corps ?
J’ai toujours apprécié le contact avec les enfants. J’ai travaillé à la Colonie de Ravoire où j’ai passé des moments géniaux. Le lien qui se crée avec eux est merveilleux. Les accompagner sur les chemins du savoir et dans le « monde des adultes » était la suite logique. J’ai besoin dans ma vie de variété et l’enseignement est un défi passionnant, mais aussi difficile.
Comment en êtes-vous arrivé à diriger les Ecoles de l’Arpille ?
Lorsque les écoles de l’Arpille ont été créées, j’étais vice-président de la commune de Martigny-Combe et je ne pouvais pas postuler en raison de la loi sur les incompatibilités. Le directeur adjoint a démissionné après une année et, en discutant avec Pierre-André Ramuz, je me suis dit que ce défi m’intéresserait. J’ai donc démissionné de mon poste de conseiller communal pour assumer cette nouvelle charge. Au début, j’effectuais mon travail d’adjoint sur deux après-midi et, petit à petit, j’ai pris davantage de responsabilités, jusqu’à la démission de Pierre-André Ramuz l’an dernier. J’ai ainsi pu faire valoir mon expérience comme adjoint pour lui succéder.
Personnellement, qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans votre mission de direction ?
Le bien-être de mes collaborateurs et des élèves qui fréquentent notre école. Je pense sincèrement que, si tout le monde vient avec le sourire pour enseigner et / ou apprendre, tout est plus facile. Le plaisir de se côtoyer, d’apprendre, de vivre ensemble ou de faire des erreurs contrecarre complètement le souvenir que bien des adultes ont de l’école. Les enfants y passent un bon bout de leur vie… Alors autant que ça soit des moments agréables, sources de souvenirs heureux.
Quelles sont les valeurs pédagogiques qui, selon vous, sont les plus importantes ?
La bienveillance et le respect sont les valeurs qui me parlent le plus. Nous devons accompagner chaque enfant en respectant son rythme, l’environnement dans lequel il grandit, ses difficultés et ses particularités. En l’accueillant tel qu’il est, sans le comparer à une norme dictée par on ne sait qui, l’enfant pourra se sentir en sécurité et s’épanouir pleinement.
Aujourd’hui, l’école est au confluent de beaucoup d’attentes et les enseignants sont souvent mis sous pression. Qu’est-ce qui vous inquiète à ce niveau ?
J’ai la chance d’avoir des collaborateurs engagés et bienveillants. C’est plus facile à les soutenir quand ils sont confrontés à des difficultés, car je sais qu’ils sont compétents et très professionnels. De nos jours, les attentes de la société et des parents sont parfois exagérées. On doit réussir, point ! Alors qu’il n’y a jamais eu autant de passerelles pour arriver au travail de nos rêves. Les enfants ne sont plus enfermés dans des cases et un élève qui passe par un apprentissage peut aussi aller à l’université !
Ma plus grande inquiétude demeure le manque de confiance envers les enseignants, en particulier ceux du primaire. Chacun a été à l’école et chacun pense savoir comment ça fonctionne. Je ne vais pas dire à un menuisier que je sais faire son métier parce que j’ai des portes à la maison ! La formation des enseignants est de niveau tertiaire depuis plus de 20 ans. Les enfants travaillent avec des professionnels, des gens formés pour accompagner leurs apprentissages. Les croyances de certains adultes par rapport à l’école ont été bien mises à mal pendant la période de confinement.
Constatez-vous une recrudescence des cas de violence, de racket, de harcèlement ? Qu’en est-il dans vos centres scolaires sur ce plan ?
Je crois que la violence a toujours existé dans les cours d’école. Elle fait partie de l’apprentissage de la vie. Je ne dis pas que c’est bien, je dis qu’on doit essayer de vivre avec et d’outiller les élèves pour l’éviter. Le harcèlement existe depuis longtemps, les élèves les plus populaires se nourrissent de la vulnérabilité des plus faibles pour asseoir leur réputation. Je sais de quoi je parle pour avoir été à la place des victimes et des harceleurs…
Je reste persuadé que l’école fait beaucoup pour donner des outils de gestion de conflits pour élèves. Je vois de nombreux projets qui émergent dans mes centres notamment avec l’appui de notre médiatrice, Raphaèle Perruchoud-Maret. En donnant des outils aux élèves, nous les rendons autonomes dans la gestion de cette violence et leur estime croît. J’ai bon espoir pour la suite.
Et pour vous-même, enfin, que vous souhaitez-vous pour ces prochaines années ?
Je me souhaite de pouvoir conserver cet équilibre épanouissant entre ma vie familiale, sociale, professionnelle et sportive. Au niveau professionnel, si les éléments que nous mettons en place dans le pilotage de l’école permettent à nos élèves d’apprendre mieux et en ayant du plaisir, je pense qu’on aura réussi quelque chose.
Martine Gross, de l’Eglise réformée évangélique du Valais, EREV et Nicole Berera, du Diocèse de Sion enseignent depuis de nombreuses années « l’Ethique et Cultures Religieuses » (ou ECR) dans les écoles de Martigny. Elles nous partagent ici leurs réflexions et leur expérience.
PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR
Martine Gross
A l’origine. – « Sous l’impulsion du pasteur Lavanchy, au début des années 90, nous avons commencé à donner des cours d’enseignement religieux à l’école aux élèves protestants répartis sur le territoire paroissial. A ce moment-là, ces élèves sortaient de la classe pendant que leurs camarades suivaient le cours de catéchèse. Je suis enseignante de formation et j’aime cette activité, même s’il a fallu jongler pour être au bon moment, au bon endroit.
A partir de 2003, à la suite du travail d’une commission composée des Eglises protestante et catholique et du Département de l’Instruction publique de l’Etat du Valais, un programme pour les élèves de toutes confessions a été mis en place avec le matériel de cours élaboré par le groupe de travail « EnBiRo » (ndlr : Enseignement biblique romand) ainsi que les modules appelés « Compléments valaisans ». En parallèle furent instaurées les « fenêtres catéchétiques » : un jour par année scolaire, les Eglises invitent les enfants de leur confession pour une journée d’activité catéchétique. Les enfants s’inscrivent et ceux qui ne souhaitent pas y participer restent en classe. Martigny est une des régions où il y a des intervenants d’Eglise dans presque toutes les écoles. Dans d’autres parties du Valais, ce programme est donné par les enseignants titulaires.
Une collaboration œcuménique. – A Martigny, notre groupe d’intervenants est composé d’un tiers de protestants et de deux tiers de catholiques. En général, on se réunit au mois de juin pour revoir la répartition des cours s’il y a des changements et, en septembre, les deux Eglises organisent à tour de rôle une rencontre de mise en route. Je trouve magnifique qu’on soit arrivé à cette belle collaboration ! On a vraiment une bonne entente, un œcuménisme formidable !
Dans les classes. – J’enseigne l’ECR dans les classes de Martigny-Croix depuis 2003. Aujourd’hui, les élèves nous posent des questions qu’ils ne posaient pas il y a quelques années. En 3H, ils me demandent par exemple : « Mais qui est Jésus ? » ou encore, cette question à propos du « Notre Père » : « Les cieux ? C’est où les cieux ? » Il y a vraiment une base chrétienne qui leur manque.
Les enfants de 5H et 6H s’interrogent sur la « réalité » : par exemple, lorsqu’on aborde les miracles, ils parlent de guérisseurs, j’accueille cela… Nous devons avoir conscience que nous n’apportons qu’un élément parmi d’autres reçus à la maison. Je prends l’exemple de la résurrection : certains ont vu Jésus et d’autres pas ; certains ont témoigné, certains ont cru aux témoins et d’autres non… Dans la vie, c’est comme ça aussi et chaque personne doit pouvoir choisir ce à quoi elle croit.
Dans nos cours, on peut parler de tout, mais ce qui donne le sens culturel ou catéchétique, c’est la manière de le dire : il faut vraiment faire très attention à notre manière de présenter les choses… Nous veillons donc à bien rester dans notre programme ECR… Ce n’est pas parce qu’on intervient au nom des Eglises qu’on fait de la catéchèse !
Cet enseignement culturel donne aux enfants cette base qui leur manque et que nous pouvons poursuivre en catéchèse. C’est une forme de complémentarité dont les Eglises peuvent se réjouir.
M.G.
Il y a quelques années, un élève m’a dit « Avant vos cours, je ne croyais à rien du tout, maintenant je me pose des questions… » Il m’a fait là un beau cadeau. J’ai préféré cela à ce qu’il me dise: maintenant je crois !
M.G.
Nicole Berera
L’enseignement. – J’enseigne l’ECR depuis 11 ans, et j’aime beaucoup ce travail, il me permet d’avoir un contact avec toute la diversité des enfants, avec ce qu’ils vivent, avec leurs difficultés et c’est important de les accueillir avec tout ce qu’ils sont.
En 5H, on travaille le thème du « Pays de Jésus » et là on peut faire beaucoup de liens avec leur vie, avec les voyages, les maisons, l’appel des premiers disciples : est-ce qu’on peut être le disciple de quelqu’un aujourd’hui ? Quand on parle d’Abraham, de Sarah et d’Agar, c’est un thème plus difficile. C’est quand même Sarah qui « donne » sa servante. Mais il y a des liens avec notre époque : un couple qui se sépare, un parent qui rencontre quelqu’un d’autre. Je peux leur dire que ces situations remontent à des millénaires et que c’est important qu’il y ait des enfants pour que le monde continue… En fin d’année, nous parlons de l’Islam, au début j’étais vraiment néophyte, avec des idées préconçues, alors j’ai suivi des cours et maintenant je trouve que c’est très intéressant ! On apprend qu’on n’a pas forcément la vérité, que c’est du domaine de la foi et que c’est une question personnelle à chacun. Cela donne aussi aux enfants musulmans la possibilité de s’exprimer, c’est important qu’ils puissent participer activement. Parfois, quand ils me posent des questions, je suis à l’aise pour répondre et d’autres fois, je leur dis de poser cette question à leurs parents, qu’ils seront plus à même d’y répondre.
Le mélange culturel. – Dans nos classes, on a un grand mélange de cultures, et ce terreau multiculturel nous amène d’une certaine manière à nous « multiplier ». Quand on parle du mariage qui n’a lieu qu’une fois à l’église, cela suscite beaucoup de questions. Les enfants me parlent de leurs parents qui ne sont pas mariés… Je leur réponds que ce qui compte, c’est leur amour et l’amour qu’ils ont pour leurs enfants… On doit être délicat dans ce genre de situation, ne pas juger, ne pas exclure, car on ne sait pas toujours ce que les enfants vivent dans leur famille et il ne faut pas les blesser. Il faut une grande ouverture d’esprit ! Je rappelle aux enfants que nos différences ne sont pas là pour qu’on se fasse la guerre, mais pour qu’on s’enrichisse de ce que vit l’autre.
Aujourd’hui, je peux vraiment dire que les enfants m’ont aidée à tenir lorsque j’étais malade… Quand je suis à l’école, je suis obligée d’être pleinement présente, de laisser tout le reste en dehors. C’est ma joie de les retrouver, ces enfants me « nourrissent »…
Une question qui revient tout le temps: « Est-ce que Jésus a vraiment existé, est-ce une histoire ou un personnage réel qui a vraiment fait son passage sur la terre ? »
N.B.
Quand les enfants me demandent de quelle religion je suis, je me dis que je ne laisse pas trop transparaître ce à quoi je crois dans ma foi.
N.B.
Je ne me permets jamais de dire que j’ai la vérité et je me sens en accord avec ma foi, parce que dans les évangiles, Jésus accueille tout le monde.
N.B.
Le Secteur paroissial de Martigny compte 11 intervenants ecclésiaux dont 10 femmes ! Ces enseignantes spécialisées dispensent des cours appelés « Ethique et cultures religieuses » (ou ECR) qui n’est pas une proposition de foi chrétienne mais une approche culturelle, éthique et historique des principales traditions religieuses (bouddhisme, judaïsme et islam) avec un accent plus fort sur le christianisme puisqu’il marque davantage notre culture valaisanne. Le programme est complété par des éléments de culture religieuse locale liée à l’histoire et à la trajectoire des Eglises protestante et catholique en Valais.
Jean-Charles Labelle est un homme aux multiples casquettes… Français, officier de l’armée de mer, chef d’entreprise, retraité vivant à Verbier et croyant engagé dans sa paroisse, il publie chaque mois une petite chronique, dont voici un exemplaire…
PAR JEAN-CHARLES LABELLE
PHOTO : PIXABAY
Nous faisons l’expérience des êtres, des choses, des situations, des sentiments… Mais il y a une expérience tout à fait singulière, c’est l’expérience de Dieu ! Dans ma chronique, j’ai souvent développé l’idée que l’histoire de l’univers conduisait à écarter le hasard – presque tous les scientifiques en conviennent – et à considérer l’existence d’une force qui n’est pas la matière, que l’histoire des hommes révèle et que nous appelons « Dieu ».
Mais tout ceci demeure une construction de l’esprit et ne touche pas charnellement l’être humain. Peut-on réellement faire l’expèrience de cet ailleurs, l’expérience de Dieu ? L’Esprit surgit où il veut, quand il veut, et tout chrétien le sait. Mais, à un moment donné survient une rencontre entre l’homme et la transcendance. Dieu vient toujours d’un ailleurs et bien souvent où on ne l’attend pas ; c’est une rencontre qui nous surprend.
Dès le début de notre périple ici-bas, notre vie est trop grande pour nous car nous n’avons pas choisi de naître et nous avons du mal à concevoir que notre mort soit une nouvelle naissance. Qui pourrait imaginer en effet qu’un petit gland puisse devenir un grand chêne et vivre plusieurs siècles… « Si le grain ne meurt… » et le grain meurt, en effet pour devenir épis, lumière au soleil.
Nous progressons par chocs successifs : naissance, expérience personnelle de Dieu, mort physique… Personne n’est à l’abri du doute qui surgit en même temps que l’expérience, pas même les Apôtres comme Thomas,… mais l’Esprit travaille et il dit : « Je t’aime ». Au fond croire, n’est-ce pas succomber à un grand Amour ?
Servir la communauté paroissiale de la Combe, fidèle et active au pied de la Croix, là où se trouve notre église Saint Joseph, ce n’est rien que du bonheur ! Les parents prennent à cœur la vie intérieure de leurs enfants et s’impliquent, toujours disponibles, autant que chacun le peut.
Les enfants sont motivés et curieux de rencontrer le Christ, fraternellement, dans la Parole, la liturgie et évidemment les sacrements. Quelques jeunes, ayant déjà reçu la confirmation, s’engagent plus avant pour entourer les enfants, leur transmettre ce qu’ils ont eux-mêmes appris et ainsi, les rencontres, les retraites et les temps forts se vivent joyeusement. Grâce à ce bel élan, les jeunes Comberains reçoivent la confirmation lors des années paires en compagnie des enfants de Bovernier.
Une fête de la première communion a lieu sitôt qu’un petit groupe, créé par les parents, est prêt à recevoir le Corps du Christ pour la première fois, après avoir célébré le pardon.
Quant aux ateliers de la Parole, ils ont lieu tous les samedis à 18h (sauf les derniers samedis du mois) afin que chaque enfant puisse vivre pleinement et profondément la messe qui suit à 19h. Vivre en Eglise est si simple !
Depuis quelque temps, on peut me croiser régulièrement à l’entrée du supermarché Manoir, debout, parfois une bière à la main, ou assis sur un des bancs, discutant, plaisantant, entouré des nombreux habitués du lieu…
PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR
J’ai toujours beaucoup aimé les rencontres. C’est ainsi que m’est venu ce désir : m’approcher de ce groupe de gens qu’on dit « en marge ». Mais comment s’approcher ? Plus encore, pour quoi s’approcher ? Ces gens m’intriguent ! Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? J’ai repensé aux mots du pape François : « Une Eglise qui sort, qui va vers, qui écoute… » et me suis dit : Pourquoi attendre ? Allons-y !
Peut-être que d’autres auraient peur d’eux, moi j’ai eu envie de les connaître. Je suis venu à pas feutrés. Feutrés mais décidés. J’arrive : voici une femme et quelques hommes qui discutent joyeusement : « Salut. Je suis Pascal ! Comment allez-vous ? » Et la discussion commence… Chacun dit son prénom. Je me tais. J’écoute. Je fais partie du cercle, mais je me sens complètement à côté de mes pompes. Pourtant, je reste là. J’observe. La discussion reprend. Chacun y va de son anecdote, de son commentaire sur ceci, sur cela. J’en place « une bonne ». Ça les fait rire ! Ouf ! Je retente. La suivante n’est pas si drôle que cela… Bon. J’écoute. Je pose une question à l’un d’entre eux qui montre que je connais un des leurs. Il répond et développe un peu. Il me renvoie la question… Je réponds : « Je suis de la paroisse ! » – « Ah de l’Eglise, répond-il étonné, viens un peu ici il faut que je te dise un truc… » L’homme s’ouvre instantanément et se livre à travers un récit extraordinaire, pétri de rancune et de haine. Il me raconte ce qu’il a dû traverser ces vingt dernières années. Tout y passe ! Moi, j’écoute. Je reste béat devant tant de souffrances. Je lui lance : « C’est incroyable ce que tu as vécu ! » – « Oui, rétorque-t-il, je suis rongé par tout ça. Il faudrait que je prenne le temps de parler. Mais prépare-toi, car si je te parle, ça va être violent ! » – « Si tu te décides, je t’accueillerais et je me tiendrais prêt. C’est quand tu voudras… »
Depuis lors, les rencontres se sont multipliées ! A chaque fois, c’est tout mon être qui est mis en mouvement. Réciproquement, je suis, moi aussi, vecteur d’un mouvement chez mes interlocuteurs. Je le sens bien. Ces mouvements sont mystérieux. Au fond de moi, je demande à l’Esprit Saint d’être « l’entre-deux » – l’huile sainte – qui va « graisser » ces nouveaux liens pour que jaillissent la lumière et la paix.
Il y a quelques jours, pas tout à fait dupe sur les raisons de ma présence régulière au milieu de ce petit peuple, une femme alcoolisée me lâche : « Tu es un pasteur des rues. C’est beau ce que tu fais. Tu te rappelles, l’autre jour, quand tu t’es accroupi près de moi et que tu as mis ta main sur mon épaule, et les mots que tu m’as dit. Ça m’a rassurée. »
Voilà ! Si j’avais éventuellement besoin d’une confirmation que l’Esprit est à l’œuvre, elle m’a été servie à ce moment-là… J’ai pris ça comme une révélation ! Je me suis dit : « Quelle chose étonnante ! C’est donc auprès de ces gens que je trouve une parole d’autorité capable de fonder un nouveau ministère ! » Je pense ne pas être au bout de mes surprises avec mes nouveaux amis !
Un livre est une fenêtre ouverte sur le monde, dit-on. Mais certaines personnes sont empêchées de lire pour cause de cécité ou de handicap. La communauté des Bernardines de Collombey donne de la voix depuis 1964 pour rendre la littérature accessible à ceux qui en sont privés. Fermez les yeux et laissez-vous guider au travers de ce trésor sonore.
Du caractère au son
« Le récit originel racontant comment cet Ismaël Shumu’il devint le fils d’Abraham en Genèse 16, 1-2 conviendrait donc à un contexte du septième siècle », commence à lire Sœur Marie-Paule. La voix de la responsable de la bibliothèque sonore du monastère des Bernardines est posée et claire, mais « l’enregistrement d’un livre audio présente des difficultés qui n’existent pas lorsqu’on lit un livre pour soi ». Les noms propres issus d’une autre langue, ou même une lecture trop scolaire peuvent présenter certaines difficultés pour le lecteur et l’auditeur. Plus de trois mille titres constituent aujourd’hui le catalogue de l’Etoile sonore, en majorité disponible sous forme numérique. Une cinquantaine de lecteurs étoffent ce fond sonore bénévolement. « Nous leur offrons une formation, un micro de bonne qualité et les livres pour enregistrer le support audio, indique Sœur Marie-Paule. La bibliothèque possède un peu de tout, mais s’est surtout spécialisée dans les livres de spiritualité et de philosophie. Lorsqu’une encyclique sort, elle est disponible en trois semaines chez nous. »
Lire et aimer lire
« Le livre le plus emprunté reste incontestablement la Bible », révèle encore la responsable. Auparavant, elle occupait toute une travée de la bibliothèque et grâce aux nouvelles techniques de numérisation, elle ne se compose « plus que » de six CDs. Cette sonothèque s’adresse à toute personne ne pouvant pas lire par elle-même. « La définition est volontairement assez vague pour étendre notre offre à tout auditeur dont la problématique empêche la lecture », comme dans le cas de la dyslexie, par exemple. « Une voix peut plaire à un auditeur et pas à un autre, mais on lit d’autant mieux ce qu’on aime », ajoute-t-elle encore. Ce que l’auditeur ressentira très certainement !
Interrogez-vous vos enfants sur leurs sources d’information et de distractions ? Regardez-vous avec eux leurs chaînes et vidéos fétiches sur Youtube ? Allez-vous sur les réseaux sociaux qu’ils fréquentent ? Et vous, leur montrez-vous vos journaux préférés ? Voilà autant d’occasions de partage de moments enrichissants.
On peut penser que c’est une perte de temps, que leur vie privée ne nous regarde pas, préférer donner la priorité au travail… Personnellement je n’ai jamais regretté d’avoir favorisé ces échanges. Ils sont l’occasion de pénétrer dans leur univers culturel si différent du nôtre. Aujourd’hui les médias sont très segmentés selon les âges, les sexes et les centres d’intérêts. Des discussions passionnantes émergent ainsi. D’abord nos jeunes sont tellement heureux de nous faire découvrir ce que nous ignorons. A notre tour ensuite d’interroger, de souligner le positif ou au contraire d’inviter à la prudence face aux éventuels écueils. Nos ados, grands consommateurs d’écrans, acquièrent relativement vite une certaine méfiance vis-à-vis des fake news ou des clichés répétés en boucle. Mais, ils ont aussi tellement besoin d’interlocuteurs pour les aider à les identifier, pour approfondir une réflexion encore parfois vacillante ou superficielle.
Pour peaufiner l’exercice, pourquoi ne pas prendre le temps nous aussi de montrer ce qui nous tient à cœur : un exemple d’attitude héroïque qui « tire vers le haut », un témoignage de foi et d’engagement, un reportage inédit qui nous enthousiasme. Tous les jours, grâce aux médias, nous pouvons trouver de quoi échanger, débattre, apprendre à s’émerveiller et ainsi éveiller petit à petit l’intelligence, l’esprit critique et la vie intérieure des plus jeunes.
A l’origine lieu de prière des bourgeois atteints de la lèpre, Notre-Dame de Bourguillon est devenu un des lieux de pèlerinage de Suisse romande. Depuis le XVe siècle, la statue de la Vierge a vu défiler les malades, mais aussi les croyants venant implorer sa protection dans les périodes troublées.
Les traits que l’artiste a donnés au visage de Marie sont très humains et doux. Elle porte les insignes royaux : la couronne, le sceptre et le manteau rouge. Si les symboles sont ceux de la royauté terrestre, ils rappellent la royauté spirituelle de la Mère de Dieu.
Les Vierges couronnées se répandent progressivement à partir du XIIe siècle. A la même période, les communautés religieuses rajoutent l’hymne du Salve Regina au dernier office de la journée, peut-être pour trouver le réconfort face aux angoisses de la nuit.
Nous n’avons peut-être pas l’habitude de chanter cet hymne et il est possible que nous n’en ayons jamais réellement écouté les paroles. Il peut toutefois guider notre méditation devant la statue de Bourguillon.
Salut, Reine, Mère de Miséricorde, notre Vie, notre Douceur, et notre Espérance, salut. Vers toi nous élevons nos cris, pauvres enfants d’Eve exilés. Vers toi nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Tourne donc, ô notre Avocate, tes yeux miséricordieux vers nous. Et, Jésus, le fruit béni de tes entrailles, montre-le-nous après cet exil. Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !
Quelle que soit la difficulté des temps dans lesquels nous nous trouvons, Marie est une mère offerte à ceux qui souffrent. On pourrait être étonné que la Vierge de Bourguillon porte son fils sur le côté au lieu de le tenir devant elle. Le Christ a en effet longtemps été au centre des œuvres, la Vierge n’étant qu’au second plan. Porter Jésus sur la hanche lui laisse toutefois toute la place pour accueillir nos soupirs et nos larmes. Elle peut tourner son regard vers les enfants que nous sommes et nous guider avec douceur dans l’espérance.
Converser avec l’autre, lui accorder le temps nécessaire pour provoquer la rencontre constitue une facette de sa personnalité. Se questionner sur l’éternité, l’angoisse de la mort ou le sens de la vie en compose l’autre. Entre l’homme des médias et le «découvreur» de foi s’écrit peu à peu notre conversation. Rencontre avec Jean-Philippe Rapp.
PAR MYRIAM BETTENS PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER
On constate une accélération de la société en général. Que pouvez-vous dire de cette évolution dans les médias ? Cela peut apparaître comme du regret ou de la critique, mais parfois je trouve que les médias ne donnent pas assez de temps au temps. Pour moi, Dieu c’est le temps. Celui de la méditation, de la promenade ou de l’écoute du vent. Nous nous agitons trop, pour de bonnes et de mauvaises raisons.
En tant que chrétiens, l’éducation aux médias de nos enfants doit-elle être différente ? Je crois à l’éducation aux médias de manière générale. Par une gestion du temps passé devant les écrans, mais aussi par l’apprentissage du regard porté sur l’information. Cela étant, que l’on soit jeune ou moins jeune, la référence aux valeurs chrétiennes devrait être automatique, inscrite en nous. La part grandissante que prennent les pseudo informations véhiculées par les réseaux sociaux m’inquiète. Cela donne libre cours à toutes les déviances. Les médias peuvent être magiques. Mais les bonnes choses sont souvent perdues dans un fatras d’autres bien plus séductrices et beaucoup moins profondes.
Apparemment vous étiez un enfant terrible et devez votre salut aux prêtres de l’internat de la Corbière à Estavayer… Je n’étais pas un bon élève. Il faut des parents qui soient des références, qui vous aident ou vous encouragent pour le moins. Ça n’a pas vraiment été mon cas. Un ami m’a parlé de l’institut. On y formait des prêtres, mais l’école acceptait aussi des garnements de mon genre. J’ai demandé à mon père d’y aller. Au bout de deux jours, il est revenu me chercher pensant que l’environnement ne pouvait pas me convenir. Mais j’avais en face de moi des religieux qui ne pensaient qu’à moi, à ma réussite. J’ai refusé de partir et ces deux ans m’ont littéralement sauvé.
Vous avez fait vos armes à la revue « Jeunesse » des Unions chrétiennes. Partagiez-vous également leur enseignement théologique? Pas du tout ! J’étais le catho engagé par une revue protestante. Il était beaucoup moins question de religion que de vie sociale, de rencontres et de musique. Un pasteur veillait tout de même à la ligne éditoriale. En fait, lorsque j’ai souhaité faire du journalisme, j’ai été engagé au Journal de Nyon qui éditait aussi la revue Jeunesse. Cela étant, je m’y suis toujours senti à l’aise.
Votre carrière vous a amené à rencontrer plusieurs personnalités du monde religieux. Laquelle vous a le plus marqué ? Sûrement pas le cardinal Ratzinger ! La personne qui m’a vraiment frappé reste incontestablement la mère abbesse de la Fille-Dieu à Romont. La Mère Hortense était un vrai personnage. Une femme éblouissante, brillante, extraordinaire. Elle avait fait des études de physique nucléaire et était ensuite devenue mère abbesse d’un couvent en France, pour finalement arriver à Romont. J’étais allé la voir pour une interview, mais je lui ai parlé du projet que j’avais alors : celui de passer l’Avent avec elles et la TV à l’Abbaye. Après de difficiles tractations elles ont accepté. J’y vois là aussi un hasard divin.
Une filiation d’élection
Ami proche de Georges Haldas depuis 1986, il y a entre les deux hommes une filiation élective que seule la mort du poète en 2010 interrompt. En public comme à l’intime, l’essayiste et le journaliste entretiennent de nombreuses conversations qui feront l’objet d’un livre en 2010. Georges Haldas « ouvre » Jean-Philippe Rapp au monde qui l’entoure. Il l’entraîne à repérer « chez l’autre la parcelle d’éternité. De celle qui permet de croire en Dieu ». Avec son ami, il évoque la question de la résurrection, de l’angoisse face à l’agonie et de la foi. Là aussi, l’écrivain suisse pousse le producteur de Zig Zag Café à ne pas « chercher à confirmer sa foi dans des lieux construits ». Lui qui aime le rite et s’y sent à l’aise, « doit sortir de l’institution » pour rencontrer l’essence de sa foi.
Biographie express
Les dates qui ont marqué Jean-Philippe Rapp 1956 : la rencontre avec les Salésiens d’Estavayer-le-Lac. « Un autre mode de vie, de pensée et une réelle attention à l’autre. » 1964 : séjour en Algérie devenue indépendante, avec trois compagnons de maturité. 1977-1980 : naissance de ses deux enfants qui sont et demeurent l’essentiel de sa vie. 1985 : les rencontres médias Nord-Sud « pour essayer de créer des échanges entre les médias du Nord et du Sud ». 1996 : la création de l’émission Zig Zag Café « comme lieu où l’on converse vraiment avec l’autre ».
Connaissez-vous les rendez-vous cinéma IL EST UNE FOI de l’Eglise catholique romaine – Genève (ECR) ? Pour son édition 2021, pandémie oblige, 11 des 21 films projetés dans les cinémas du Grütli à Genève ainsi qu’une présentation du film et les débats qui suivront seront disponibles dès le lendemain sur internet et par podcast. Ne manquez pas cette chance, notez les dates du 5 au 9 mai dans votre agenda !
L’humble projet, démarré en 2014 avec la projection d’un unique film « Je m’appelle Bernadette » suivie d’une rencontre, connaît un succès grandissant d’année en année : toujours plus de spectateurs, de films et d’invités. C’est que l’équipe de bénévoles propose une sélection d’œuvres et d’invités de qualité afin d’ouvrir des espaces de discussions sur des thématiques humaines et sociétales pour tous, catholiques ou pas, croyants ou non-croyants et de rejoindre le grand public et la jeunesse (matinées scolaires et dossiers pédagogiques).
« Tarkovski, a Cinema Prayer »
En ouverture, le 5 mai à 20h, Andreï A. Tarkovski viendra nous parler de son père, Andreï Tarkovski, un des plus importants cinéastes du XXe siècle : « J’ai eu la chance d’avoir une figure paternelle qui était aussi un maître. […] Il a toujours dit qu’on ne pouvait pas faire l’éducation de quelqu’un, qu’il faut seulement montrer. […] Il était capable de voir le spirituel dans les plus modestes manifestations de la réalité. »
Des films de cheminements
La majorité des films montre des quêtes spirituelles et humaines mises en valeur par des scénarios bien choisis.
Ainsi « Broken silence », projection le 9 mai à 17h suivie d’un débat avec son réalisateur Wolfgang Panzer, nous montre un moine chartreux, suspendant ses vœux de silence pour partir en mission à Jakarta à la recherche de la propriétaire du monastère en Suisse. Une femme le rejoint, se sentant coupable de lui avoir au préalable subtilisé son argent… « La vie est mouvement et, quel que soit le chemin que l’on prend, l’essentiel est de ne pas s’arrêter en se fermant aux autres. »
Notez aussi le film « Saint-Jacques… la Mecque » qui clôture ce festival le dimanche 9 mai à 20h, suivi d’un débat avec Pascal Desthieux, vicaire épiscopal et Coline Serreau, réalisatrice et auteure du film… « la marche forcée est une aubaine pour l’apprentissage du « vivre ensemble » et se réconcilier avec soi ».
Visionnage des films depuis chez vous sur filmingo.ch/ilestunefoi Programme sur ilestunefoi.ch
Pourquoi les chrétiens dédient le mois de mai à Marie ? L’une des explications provient du Moyen Age. Alors qu’on utilise encore le calendrier romain où les premiers mois de l’année sont associés à des divinités protectrices, les chrétiens transforment l’appellation Maius mensis (mois de Maïa, déesse de la fertilité et du printemps) en Madona mensis : mois de Notre Dame, donc de Marie et non pas de la chanteuse américaine.
par Pascal Ortelli
Humour
Une vieille dame veut mettre dans un journal une photo de son mari pour l’anniversaire de son décès. Elle téléphone au journal. Elle voudrait mettre une photo en couleurs mais malheureusement elle n’a qu’une photo de lui avec son chapeau et elle aimerait une photo sans chapeau. « Aucun problème, lui dit son interlocuteur, avec les procédés modernes on peut corriger n’importe quelle photo. Il suffit de nous dire la couleur de ses cheveux. » La dame répondit : « Quand vous aurez enlevé le chapeau, vous verrez bien la couleur ! »
«Si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change», lit-on dans le célèbre ouvrage italien Il Gattopardo, mis en scène par Visconti (1963)… et cité par le pape François dans son discours à la Curie romaine (2019) ! Quel amalgame des genres ! Et le pontife de renchérir: «Nous ne sommes plus en chrétienté, nous ne le sommes plus! Nous ne sommes plus les seuls aujourd’hui à produire la culture, ni les premiers, ni les plus écoutés !» Voilà, c’est dit.
Devant un tel changement d’époque, soit on se rue sur le passé pour s’en gargariser, soit on le relit, certes, mais pour en détacher le dynamisme, l’évolution, les oscillations, et préparer l’avenir – explique-t-il en substance quelques lignes plus tard. Et de citer le compositeur allemand Gustave Mahler : « La tradition est la garantie du futur et non pas la gardienne des cendres ! »
Modernité zen
Malgré son âge (84 ans), Papa Bergoglio est d’une modernité sereine, loin de secouer le cocotier pour n’en agiter que les palmes. Mais convaincu que le catholicisme contemporain ressemble plus à la graine de moutarde, ou au grain semé dans les champs, les ronces, les pierres, et la bonne terre – où ne pousse qu’une « semaille » sur quatre ! – qu’à un hypothétique retour au clinquant d’antan (Benoît XVI ressortait les ornements de pontifes ayant vécu à la Renaissance ou à la toute fin du Risorgimento !).
Nouvelle évangélisation
Jean-Paul II avait répondu au même questionnement avec son concept de « nouvelle évangélisation », invitant l’Eglise à « s’avancer vers de nouvelles frontières » 1 ; Benoît XVI avait érigé l’impulsion wojtylienne en Conseil pontifical ; François, lui, opère le changement à partir de ces périphéries – migrants, pauvres, divorcés, gays, personnes âgées, malades – pour regarder toujours et d’abord le Christ (le centre de l’Eglise) et se laisser évangéliser à nouveau… Plus tant nova et vetera mais plutôt nova et cetera !
Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Montpreveyres pour une étape entre rivières et forêts.
Départ depuis la gare de Moudon, 3h45 aller simple, 14 km
1. Montez dans la Ville-Haute qui regorge de curiosités historiques. Au sommet, vous y découvrirez la fontaine de Moïse juste à côté du musée du Vieux-Moudon. Descendez à gauche dans la rue principale du bourg jusqu’à la Broye.
2. Longez la rivière jusqu’au pont de Bressonnaz que vous traverserez pour suivre sur quelques mètres le Carrouge avant de le franchir sur une frêle passerelle pour rejoindre la route principale à proximité de Syens. Suivez bien les panneaux jaunes car le tracé tourne plusieurs fois jusqu’au bois de Bioley que vous franchirez en lisière pour atteindre Vucherens.
3. Là, depuis le temple qui surplombe le village, ne manquez pas d’admirer les Préalpes. Longez la Bressonne par la route jusqu’à la bifurcation d’Ecorchebœuf où vous continuerez tout droit pour rejoindre le bois de la Côte.
4. Au milieu, tournez à droite et attaquez la descente sur le pont par des escaliers raides. La beauté du lieu vaut bien cet effort. Remontez ensuite la piste finlandaise jusqu’au temple de Montpreveyres.
5. De là, regagnez l’arrêt de bus du village, le long de la route de Berne. En 25 minutes vous pourrez rejoindre Moudon en transports publics.
Curiosité
Le temple de Montpreveyres où un vitrail rappelle que les chanoines du Grand-Saint-Bernard y avaient fondé un prieuré avant 1160.
Coup de cœur
Le musée Eugène Burnand à Moudon C’est le seul peintre romand à avoir son propre musée. Une halte bienvenue pour commémorer en cette année le centenaire de sa mort.
C’est une véritable charte culturelle que saint Paul inscrit dans la lettre aux Philippiens. Cette épître rayonne d’appels à la joie («Réjouissez-vous sans cesse», placé juste avant notre passage, 4, 4), alors même que son auteur est en captivité. Elle convient donc parfaitement à la coloration d’allégresse que le pape François donne à son pontificat (La joie de l’Evangile, La joie de l’amour, Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, pour citer les titres de trois de ses documents essentiels) et à la constitution du Concile Vatican II sur l’Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes (Joie et espérance).
Cette dernière propose du reste de mettre en œuvre les intuitions pauliniennes avec son beau chapitre sur la culture au sein de la société actuelle [section II de la
2e partie, « Quelques principes relatifs à la promotion culturelle », no 57-62]. Au nom de l’Incarnation, affirme l’apôtre des nations, la culture chrétienne se tisse de « tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaine ». (Philippiens 4, 8)
Participer de l’intérieur
Cela signifie, d’une part, que les chrétien·ne·s insérés dans le monde ont d’abord à valoriser ce qui se vit et se fait de beau et d’authentique dans le contexte contemporain. L’Esprit Saint est à l’œuvre en cet âge, il soulève la pâte de l’humanité, tel un ferment secret mais divin, et bien des réalités estimables, pertinentes, courageuses et dignes d’intérêt se vivent « en dehors des frontières ecclésiales ». La culture chrétienne, c’est participer de l’intérieur à la vie culturelle civile et y apporter un éclairage évangélique.
D’autre part, le patrimoine culturel chrétien n’est pas de l’ordre du passé à sauvegarder. Il offre des ressources inestimables pour aujourd’hui dans les registres anthropologiques de la dignité de la personne, dotée d’une liberté de conscience, enracinée dans une intériorité s’ouvrant à la Transcendance, appelée à s’épanouir en communauté. L’articulation entre foi, vie et culture dans la perspective chrétienne peut se traduire dans une proposition d’éducation intégrale (globale), des pratiques sociales libératrices et des relations en vue de la communion. Au service de ce qui est « juste, pur et vertueux » !
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Le soir approche et déjà le jour baisse Nicolas Diat – Robert Sarah
« A la racine de l’effondrement de l’Occident, il y a une crise culturelle et identitaire. L’Occident ne sait plus qui il est, parce qu’il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l’a façonné, qui l’a constitué, tel qu’il a été et tel qu’il est. De nombreux pays ignorent aujourd’hui leur histoire. » Cette constatation du cardinal Sarah est sans appel. Pourtant, tout en faisant prendre conscience de la gravité de la crise traversée, le cardinal démontre qu’il est possible d’éviter l’enfer d’un monde sans Dieu, d’un monde sans homme, d’un monde sans espérance.
Pourquoi avons-nous si peur de la mort ? Joël Pralong
Pourquoi avons-nous si peur de la mort ? La pire épidémie est celle de la peur. A cause d’elle, nous fuyons la vie sans éviter la mort. La foi devrait pourtant nous en prémunir. Est-ce aussi simple ? Le Père Joël Pralong décrit les mécanismes en jeu dans la peur de mourir et indique les moyens d’avancer dans la vie avec davantage de sérénité, adoptant un point de vue à la frontière du psychologique et du spirituel. Avec clarté et de manière concrète, Joël Pralong nous permet de prendre conscience des mécanismes qui nous empêchent d’avancer. Et nous propose les moyens de nourrir la paix de l’esprit et du cœur.
7 jours – 7 dons – 7 béatitudes François-Xavier Amherdt
Mettre en relation à chaque fois un jour de la semaine avec un don de l’Esprit et une béatitude : l’option est inédite et suscite des associations originales. L’ouvrage propose ainsi un petit aperçu de la vie spirituelle au quotidien, polarisée par le Christ, notre unique « trésor », et fournit même un scoop : le numéro personnel du mobile du Seigneur, afin de rester en contact permanent avec lui, au cœur de toute activité pastorale.
Notre-Dame de Paris, la nuit du feu Delalande, Bertorello, Fernandez
Paris, le 15 avril 2019. Vers 18h20, un feu démarre sous la charpente de Notre-Dame de Paris. Une demi-heure plus tard, l’incendie se généralise à l’ensemble de la cathédrale. Les yeux du monde entier assistent alors, impuissants, à ce qui pourrait devenir la destruction en direct de l’un des plus grands fleurons du patrimoine de l’humanité. A travers cette bande dessinée, revivez heure par heure les circonstances du drame et tentez de mieux comprendre. Par touches, revivez également les moments clés de la construction de Notre-Dame et plongez au cœur de l’histoire de ce monument, qui reste l’un des plus visités au monde à l’heure actuelle.
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