Nativité, Théodor Stravinsky

Eglise de Siviriez (FR) 

Par Amandine Beffa
Photo: Jean-Claude Gadmer

Tous les personnages des évangiles de la Nativité se trouvent sur le vitrail.

A première vue, ce vitrail de Stravinsky est plutôt chargé. L’artiste y a condensé tous les personnages des différents évangiles de la Nativité. Mais ce peut être une invitation à contempler l’Emmanuel à travers les yeux de chacun.

Il y a tout d’abord Marie et Joseph en adoration devant Jésus alors qu’ils ont été choisis pour accueillir. Ils nous invitent à contempler tout ce que Dieu a fait dans notre vie. Nous pouvons venir devant l’Enfant pour rendre grâce.

Continuons avec les bergers. Ce sont les premiers qui sont venus rencontrer le Sauveur annoncé par les anges. Ils étaient certes dans les environs (Luc 2, 8-18), mais ce ne sont pas ceux que l’on aurait invités en premier. Ni pour un Roi (les bergers vivent en marge de la société et ne sont pas réputés pour leur apparence soignée) ni pour le Fils de Dieu (ce ne sont pas les hommes les plus religieux de la région). Les bergers nous invitent donc à venir devant l’Enfant avec ces parties de nous que nous cachons, dont nous avons honte. Viennent ensuite les mages (Matthieu 2, 1-12). Ils sont à l’opposé des bergers : ils sont cultivés, probablement riches étant donné les cadeaux qu’ils offrent, et venus de loin. Stravinsky les a représentés majestueux : si on compare leur tenue à celle des bergers, on remarque de beaux tissus longs et lourds, des couleurs nobles, des bijoux. Les mages nous invitent à venir devant l’Enfant avec ce qui est beau en nous, ce dont nous sommes fiers.

Les anges tiennent aussi une place importante dans le vitrail. Ce sont les messagers de Dieu. Nous pouvons nous approcher de l’Enfant pour entendre ce qu’il a à nous dire et, peut-être, ce qu’il attend que nous disions. Est-ce qu’il y a dans nos vies des personnes que nous tenons un peu éloignées (comme les bergers) et à qui nous pourrions annoncer une bonne nouvelle ?

Finalement, tout en haut, il y a Dieu le Père qui offre son Fils par amour. Nous pouvons alors, nous aussi, prendre le temps de regarder l’Enfant avec amour.

L’année liturgique: un tandem en trois «rounds»?

Par Pascal Tornay | Photo: ldd

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), décembre 2020 – janvier 2021

L’année liturgique est une merveille de sens ! Elle nous emmène du Ciel à la Terre et de la Terre au Ciel sans discontinuer. A partir de cet éternel va-et-vient – qui va du premier dimanche de l’Avent au dimanche du Christ-Roi – se dessinent deux cycles qui n’en forment, au fond, qu’un seul… puisque tout est lié! Un «tandem» haut en couleurs…

Les temps de l’année liturgique ne seraient pas si visibles sans ces couleurs typiques arborées par les célébrants sur leurs vêtements à chaque messe et parfois sur le voile d’ambon (c’est-à-dire le tissu qui recouvre le pupitre de lecture par endroit). Les avez-vous remarquées ? 

Violet, blanc, vert et rouge… Il se peut qu’on trouve encore parfois, au détour d’un dimanche, d’une fête mariale ou d’une sépulture, du doré, du rose, du bleu et du noir… Vous vous doutez que ces couleurs ont une signification. Allons-y dans l’ordre du temps liturgique ! D’abord le violet, un mélange de bleu (eau) et de rouge (sang). Il est utilisé durant l’Avent et le Carême ainsi que pour les sépultures, c’est-à-dire pour les temps de « suspense » et de deuil. Le blanc (ou doré) est utilisé pour marquer les jours de fête, notamment Noël et Pâques, ainsi que le temps qui suit. De même, on retrouve aussi le blanc (pureté, joie, fête) sur les aubes, les robes de mariées et le vêtement baptismal… Enfin le vert, symbole par excellence de la nature. On l’utilise durant le Temps ordinaire, qui n’est pas synonyme de banal, mais de temps de croissance et de mûrissement après le temps des labours et la fête… Cela fait donc un premier cycle de trois couleurs : violet, blanc, vert autour de Noël (Avent, Temps de Noël et Temps ordinaire) jusqu’au Carême. Avec le début du Carême un deuxième cycle démarre. Il est nettement plus long et centré sur la fête de Pâques (Carême, Temps pascal et Temps ordinaire).

On représente souvent l’année liturgique comme une spirale avec ces trois couleurs dominées par le vert. Pourquoi ? Parce que cette forme montre parfaitement le fait que c’est « toujours la même chose » et, qu’en même temps, ce n’est jamais pareil… Il en va de même dans nos vies : les mois et les saisons reviennent, mais nous les vivons toujours différemment.

Le rouge, signe du feu de l’amour, est porté notamment le Vendredi saint, à la Pentecôte ou encore pour la fête des saints martyrs. Le noir des sépultures d’autrefois n’est plus guère porté. Le bleu fait parfois irruption dans les paroisses « équipées » à l’Assomption ou à l’Immaculée Conception.

On ajoutera que, depuis le Concile Vatican II, l’Eglise universelle a enrichi ce double cycle en élargissant la « gamme » des textes bibliques proclamés durant les célébrations sur trois années nommées A, B et C avec un accent mis respectivement sur les évangiles selon saint Matthieu (A), selon saint Marc (B) et selon saint Luc (C). Pour sa part, l’évangile selon saint Jean est lu à certaines fêtes, tous les ans.

Un sacré « tandem » piloté par l’Esprit qui fait toutes choses nouvelles… Ainsi, au fil d’un double cycle annuel et à travers la « rumination » des Ecritures en trois « rounds », cette spirale montante jalonnée de fêtes que sont les Temps liturgiques – véritable chemin de conversion – nous ouvre en réalité à une autre dimension du temps. Ce n’est plus un fil qui se déroule infiniment, ce sont des opportunités pour aimer davantage. A nous de savoir les saisir…

La tradition de messe de la Saint-François d’Assise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Sacré-Cœur, Ouchy-Lausanne (VD), décembre 2020

Par Antoine Tsimangha | Photo: Jean-Claude Gadmer

Notre curé, Vincent, nous a donné une bonne habitude qui est de bénir les maîtres des animaux lors de la messe dominicale la plus proche du 4 octobre.

Cette année, la fête de saint François d’Assise tombait particulièrement bien puisqu’elle se déroulait un dimanche.

A cette occasion, les animaux (propres et bien éduqués) sont autorisés à accompagner leurs maîtres durant la messe.

Cette célébration constitue une belle occasion de rappeler à tous que l’une des plus belles vocations que le Seigneur ait données à l’humanité soit de respecter et de prendre soins des autres êtres vivants de notre
planète.

Encourager les propriétaires d’animaux dans leurs responsabilités envers la création, tel est le sens des bénédictions durant la messe de la Saint-François.

Par ailleurs, chaque propriétaire sait que l’attention portée à son animal est rendue par l’affection et la fidélité de ce dernier.

Un Noël pas comme les autres

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), décembre 2020 – janvier 2021

Par Dominique Perraudin | Photos: ldd, discogs.com

Sûr que beaucoup d’entre vous se rappellent de «La pastorale des Santons de Provence»… Cette histoire fait remonter en moi une quantité de souvenirs d’enfance. Il me plaît de vous rappeler les différentes personnalités qui, ce soir là, pour diverses raisons assez personnelles, rejoignent tour à tour le petit de Bethléem. Un village de Palestine qui a d’ailleurs des airs de Marseille…

Mais écoutons tout d’abord ce qu’en dit Yvan Audouard à l’origine d’un ouvrage sur les Santons en 2001 (Ed. Cerf) : « La nuit de Noël est la nuit des merveilles : les avares deviennent généreux, les voleurs honnêtes et le « ravi » trouve que tout le monde est beau. Parfois, ce « mistère » côtoie la farce mais c’est une oeuvre de ferveur et de piété qui vous donne envie que règne enfin sur la terre, la paix des Hommes de bonne volonté. Ne vous étonnez donc pas si Bethléem se situe dans les Alpilles de Provence et si les témoins de la naissance du Petit Jésus parlent avec l’accent du Midi. Ne vous étonnez de rien, surtout pas des anachronismes. Il est naturel que Vincent et Mireille, puisqu’ils sont amoureux, traversent les siècles pour venir rendre hommage au divin « niston » et que les anges descendent du ciel pour annoncer la Bonne Nouvelle, et chanter des Noëls provençaux qui n’ont pas encore été écrits. »

D’abord, arrive l’ange Boufaréou (ange souffleur) qui nous annonce la Bonne Nouvelle en trompette et nous raconte ce qui se passe sur terre.

Puis tour à tour, l’auditeur entre en contact avec saint Joseph, en souci. Marie, l’incarnation de la douceur et de l’amour. Après la naissance du petit, la sainte famille aura fort affaire avec le meunier. Après avoir vécu un grand chagrin d’amour, il comprend enfin que rester dans l’inaction n’amène rien. Puis il retrouve la paix en pardonnant.

La poissonnière vend son poisson « passé data » avec son poltron de mari Pistachié. Ils ont des remors et décident de se mettre à jour…

Le Boumian (bohémien) lui, va changer de vie. Il rendra tout ce qu’il a volé. Pour sa part, le gendarme est mal à l’aise. Il a une incontrôlable envie de relâcher le Boumian.

Mireille l’Arlésienne et le Tambourinaïre s’aiment envers et contre tout, malgré le père avare de Mireille qui leur met des « bâtons dans les roues ».

Le Berger tient plus que tout à son chien. Ce dernier est mort ce soir. Il a honte de demander au Petit de le ressusciter… Perdu, il promet au Petit de le lui donner s’il revenait à la vie, tout en disant : « Mais tu ne me le demanderas pas dit ! Tu ne me le demanderas pas ! »

Roustide, le papa de Mireille ressent lentement de la bonté monter en lui… et ouvre les yeux !

Le Ravi et l’aveugle trouvent une certaine complémentarité. Ils unissent leurs qualités et leurs handicaps.

Les rois mages arrivent avec un quart d’heure de retard… Un de leur chameau avait mal à la patte.

Bref, tout ce petit monde gravite autour de ce Petit qui se plaît à offrir ses cadeaux… les plus précieux ! La naissance de ce petit Niston au milieu de ces gens simples avec leur caractère, leurs qualités et leurs défauts est une belle parabole pour aujourd’hui. C’est Noël ! Ce conte apporte la paix, la joie. Il illumine nos esprits. Ce petit Niston semble montrer l’amour que le Père porte à ses créatures. Le conte, avec ses merveilleux dialogues, nous fait retomber en enfance, à l’âge où normalement tout est simple et se comprend à partir d’une certaine naïveté…

Honorine et Pistachié

Vous le reconnaîtrez à un signe…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), décembre 2020 – janvier 2021

Par Françoise Besson | Photo: ldd

Luc met ces mots dans la bouche de l’ange, celui qui se manifeste aux bergers, leur causant une grande frayeur: «Aujourd’hui vous est né le Sauveur, voilà à quel signe vous le reconnaîtrez…»

Qu’est-ce qui vaut la peine que ces hommes harassés de fatigue, endormis près du feu sous la grande voute du ciel, se lèvent et se mettent en route ? Un roi avec son armée et ses sujets, ses richesses et ses trésors ? Rien de tout cela chez Luc, ni de présents qui symbolisent l’identité et la mission de ce Christ, point de coffrets ni d’or, point d’étrangers à genoux prosternés en adoration, mais, comme avait dit l’ange : la scène presque banale d’une naissance, un couple, un nouveau-né et quelques autres personnes qui seront ébahies quand les bergers parleront ! Les voilà qui racontent ce qui s’est passé, ce qu’ils ont entendu des envoyés de Dieu, et tous s’étonnent…

Car devant eux, ils n’ont qu’un signe dans lequel se manifeste tout l’amour de Dieu pour son peuple : la vie nouvelle qui commence avec tout son possible, son bagage d’avenir, sa présence dérisoire, lumière minuscule face à tout ce qui assombrit le ciel d’Israël en ces temps d’occupation et de détresse…

Et, ne l’oublions pas, car cela fait partie du signe aussi, il y a l’amour rayonnant d’une mère, d’un père, devant cet enfant qui est le leur. De cet amour, nous en avons été parfois baignés, traversés de lumière, nous en avons été témoins au travers de parents émerveillés devant leur bébé qui vient combler leur attente, remplir leur vie à ras bord…  Voilà la venue du Messie comme Luc nous la présente : la vie et l’amour comme signes que Dieu sauve.

Dans nos nuits d’angoisse, de solitude, d’ennui, de non-sens, un signe parfois nous est donné : c’est Noël chaque fois que surgit la nouveauté de la vie, un espoir, un possible, un bagage d’avenir là où tout semblait impasse et mort prochaine… Et aussi l’amour, comme celui de Marie et Joseph, cet amour bouleversant qui réchauffe, illumine, remet debout ce qui était à terre…

Les anges et leur armée céleste battent moins la campagne que du temps de ce récit… Et même s’ils le faisaient, serions-nous capables de les entendre au milieu du vacarme de ce monde ? Mais aujourd’hui encore, la vie reprend parfois quand plus personne ne mise sur elle, et dans le regard des enfants de Dieu que nous sommes, l’amour peut rayonner, réconforter, redonner confiance…

Pour que le Royaume prenne place dans nos vies, il nous faut reconnaître toute vie dans sa nouveauté, tout amour nous venant de Dieu à travers ceux et celles qui nous entourent, puis, comme les bergers, nous laisser traverser par la louange et repartir en rendant grâce sur les chemins de nos vies quotidiennes… Notre monde a tant besoin de bonnes nouvelles…

« La Bible ouverte de la nuit vibre de feux multiples, l’esprit a reçu des yeux pour voir et le coeur un flot d’amour pour adorer. A travers les feuillages, l’espérance palpite avec l’oiseau qui tangue et les millions d’étoiles. » (Philippe Delaveau)

Action de partage: un cadeau pour Noël

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), décembre 2020

Photo: FM

En collaboration avec les équipes de la Pastorale des milieux ouverts, nous proposons à nos lecteurs un geste de partage envers les plus fragiles.

Concrètement : ceux qui le souhaitent préparent un ou plusieurs cadeaux de Noël, une carte de vœux, ou encore une carte de prière. Sur le papier d’emballage, on apposera une étiquette qui indiquera le plus précisément possible à qui le cadeau contenu dans le paquet est destiné (une dame, un homme, un garçon de 8-10 ans, une adolescente…). Le ou les paquets sont ensuite déposés à la cure de Saint-Paul jusqu’au lundi 21 décembre à midi, dernier délai. Le tout sera ensuite confié aux équipes de la Pastorale des milieux ouverts pour être distribué le 23 décembre.

Nous espérons par ce geste donner un peu, et pourquoi pas beaucoup de joie à ces petits que le Christ a lui-même appelés « ses frères » (cf. Mt 25).

Depuis le printemps, vous êtes nombreuses et nombreux à vous faire les bienfaiteurs « alimentaires » de ceux que la crise a précipités dans la précarité, voire la pauvreté. Pour Noël, soyons des porteurs de joie et de lumière ! Merci.

Donnant-donnant

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), décembre 2020

Par Thierry Schelling, votre curé | Photo: dr

Le dimanche 1er novembre – juste avant le reconfinement –, j’ai pu faire l’expérience que COLLABORER donnait sens au ministère de chacune et chacun, y compris votre curé : vendre icônes et CD de l’abbé Marc, surveiller un peu le nombre de participant-e-s – limité à une cinquantaine ! –, jouer de l’orgue, lire les noms des défunts, allumer les bougies, récolter la quête, s’assurer qu’il y a du désinfectant, c’est TOU.TE.S ENSEMBLE que cela a été… quadruplé avec élégance, tact et efficacité. MERCI à chacun.e, vraiment. Ce fut comme ma première expérience de faire Eglise concrètement – vous aurez compris que je suis très terra a terra, non ?

Du coup, je me demandais… à vous qui nous lisez, cela ne vous dirait pas de…

→ Rejoindre le groupe des lectrices et lecteurs aux messes de notre paroisse ? Le groupe, fort sympathique, accueille toute personne intéressée, forme et dresse un programme week-end après week-end, en toute liberté de vos disponiblités. S’adresser à notre coordinatrice Françoise Albert, 079 628 27 89.

→ Donner la communion à domicile lorsque la demande nous parvient à la cure ? Pour cela, contactez votre curé Thierry Schelling, 076 542 05 31.

→ Recevoir la communion ? Contactez-nous à la cure, 022 737 49 60 (matinée) et nous ferons le nécessaire !

→ Recevoir votre curé pour une lecture d’Evangile suivie, à domicile ?

→ …

Dites-nous de quoi vous auriez besoin et ce que vous pourriez nous offrir. Ainsi va l’Eglise, communauté de personnes douées et solidaires.

Pourquoi des animaux dans la crèche?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), décembre 2020

Par Thierry Schelling | Photo: pixabay

C’est Karin qui pose la question. Frédéric et Pierre échangent leur avis, coloré d’une anecdote sur la « compagnie de Jésus ». Geneviève écoute, patiemment. Anne-Marie rappelle qu’il y a eu des célébrations de bénédictions d’animaux à Saint-Jo’. Nicolas regarde, silencieux. Notre comité de rédaction de L’Essentiel/Le Lien n’est-il pas déjà une petite… ménagerie à lui tout seul ?

Pourquoi des animaux dans la crèche ? Greccio, 24 décembre 1223 : le châtelain local arrange une grotte, une mangeoire, et trouve âne et bœuf. La première crèche vivante est née… à l’instar du Bambino Gesù : discrètement, lumineusement, au cœur des collines et des pauvres villageois…

Pourquoi des animaux dans la crèche ? Pour le bibliste averti, immédiatement reviennent les premières pages de la Genèse – la création des animaux – et le périple de Noé, qui sauve un « couple de chaque être vivant ». Pour les plus attentifs, il y a la vision d’Isaïe qui mêle serpents et enfants, herbivores et carnivores, vivant tous en shalom – comme signe de la paix céleste et définitive après « ze événements », pour nous, chrétien.ne.s, la résurrection de Jésus-Christ !

Pourquoi des animaux dans la crèche ? Que serions-nous, êtres humains, sans notre environnement ? D’ailleurs, dis-moi comment tu traites un animal, une plante, un ruisseau, et je te dirai qui tu es : « Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. » (Laudato si’, 92)

Pourquoi des animaux dans la crèche ? Parce que Jésus révèle que Dieu le Père compte chaque passereau (cf. Lc 12, 6). N’a-t-il rien d’autre à faire ? Mais les estimés 7,77 millions d’espèces animales, et les près de 300 mille végétales ne sont-elles pas « suffisantes » pour qu’un succédané – renard, colombe, ânon… ! 1 – fasse partie de l’épopée Jésus-Christ racontée par les évangélistes ? L’Incarnation du Fils de Dieu sur cette terre, notre Terre, obligeait presque le Créateur à bénir tout être vivant (la Première Alliance, l’Ancien Testament) et à sauver tout être vivant (la Nouvelle Alliance, le Nouveau Testament) ?

Pourquoi des animaux dans la crèche ? Pour ces raisons-là. Entre autres.

Notre comité de rédaction du L’Essentiel/Le Lien vous souhaite de belles et sereines fêtes de la Nativité 2020. Que nous continuions à faire du… lien avec le vivant, à le respecter, à le connaître – à l’aimer, comme Dieu aime.

1 Cf. J. Emériau, Guide de la faune et de la flore bibliques, DDB., 2013.

Les Amis des Enfants de Bethléem

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, unité pastorale Sainte-Claire (FR), octobre-novembre 2019

Au nom du comité: Jacqueline Mardelle, présidente ; Jean-Bernard Livio, sj
Photos: DR

En 2005 lors d’un voyage en Terre sainte guidé par le Père Jean-Bernard Livio, jésuite, les pèlerins ont eu un coup de cœur en découvrant dans les institutions de Palestine de nombreux enfants en situation délicate. Pour leur venir en aide, nous avons alors fondé l’Association « Les Amis des Enfants de Bethléem ». Selon ses statuts, l’Association à but non lucratif a pour objectif d’aider les enfants défavorisés de Bethléem et de la région par tous les moyens juridiques, financiers et matériels, notamment par la formation d’un personnel spécialisé dans la petite enfance.

Nous nous sommes vite rendu compte que ce qui manquait le plus à ces enfants, c’est un cadre où ils puissent s’épanouir, développer leur esprit de créativité, jouer, rêver. L’expérience nous a amenés à introduire auprès de leurs éducatrices des techniques de psychomotricité, bien connues dans les milieux éducatifs européens, mais totalement inconnues là-bas. Notre Association s’est donc engagée dans le développement psychomoteur de la petite enfance, avec pour défi d’atteindre le plus grand nombre d’enfants possible, de 2 à 12 ans. Pari tenu, puisqu’avec notre équipe locale composée de cinq membres nous touchons actuellement près de 180 enfants chaque semaine, dans les différentes institutions où nous œuvrons, afin d’atténuer les traumatismes dus à la violence, à l’enfermement physique qu’impose la situation politique, au manque de respect qui les entoure.

En 2020, nous sommes actifs dans les institutions suivantes :

– Les Sœurs du Rosaire, congrégation de femmes arabes fondée par sainte Marie Alphonsine Ghattas, canonisée par le pape François le 17 mai 2015. 

– L’institution LifeGate, accueillant des enfants en situation de handicap est une organisation chrétienne allemande. Le travail de LifeGate est basé sur l’espoir et l’amour pour tous les peuples qui sont enracinés dans la foi chrétienne. 

– L’institution S.I.R.A. (Swedish International Relief Association) chrétienne œcuménique est une école spécialisée dans l’accueil des enfants rencontrant de grandes difficultés d’apprentissage et victimes de graves problèmes sociaux. 

– Le Centre culturel Ghirass, établissement laïque, accueillant des enfants de camps de réfugiés et de villages autour de Bethléem. 

Notre désir profond est de parvenir à changer petit à petit les mentalités, apportant aux institutions de nouveaux outils pour mieux encadrer l’enfant et montrer à la société combien il est important de prendre soin de leurs enfants qui deviendront les femmes et les hommes de demain.

Notre constat

La Palestine est étranglée entre un contexte politique difficile et des traditions patriarcales et familiales en plein bouleversement. La formation universitaire, de bon niveau, laisse des jeunes sans débouchés car le marché de l’emploi est saturé. Les grands-parents, voire les parents, n’acceptent guère cette situation sans autre espoir que de quitter le pays ; ils souhaitent offrir le meilleur à la jeune génération : mais les écoles officielles sont débordées, et les institutions privées coûtent cher.

L’aide pour une prise en charge de la petite enfance s’avère plus urgente que jamais, pour qu’une nouvelle génération se prépare à prendre en mains l’avenir du pays.

C’est pourquoi, en plus de notre présence dans les différentes institutions qui nous ont sollicités, nous constatons l’importance de donner aux éducatrices et éducateurs une formation qui leur permette de devenir des acteurs d’une communauté en construction en termes de principes d’éducation.

Ce constat est devenu notre motivation première : former, dans le plus possible d’institutions s’occupant de la petite enfance et tout spécialement d’enfants en difficultés physiques ou scolaires, du personnel capable de se prendre en charge, afin d’aller vers d’autres institutions, une fois formée l’équipe en place.

Convaincus que c’est l’approche et les techniques psychomotrices qui répondent le mieux aux besoins de la société locale, nous avons décidé de créer un Centre de formation, grâce à l’appui et les compétences de l’HETS (Haute Ecole de travail social) de l’Université de Genève, avec laquelle notre Association a signé un contrat de partenariat. 

Pour ce faire, nous privilégions l’engagement dans des institutions privées chrétiennes, seules, à notre connaissance, préoccupées de l’avenir de la petite enfance défavorisée dans ce pays.

Nos objectifs aujourd’hui

– Soutenir le développement des enfants par l’intermédiaire de l’enrichissement des compétences des professionnels qui les encadrent, plus précisément concernant l’importance du droit de jouer comme vecteur de développement ;

– promouvoir le droit d’apprendre à son rythme en tenant compte de l’épanouissement de sa personnalité autant que des apprentissages/prérequis scolaires ;

– favoriser une vision de l’éducation qui aide les enfants à grandir et à devenir des adultes de demain en contexte fragile ; 

– donner des moyens nouveaux à des professionnels engagés sur le terrain, en les soutenant dans leur compréhension des besoins des enfants qu’ils accompagnent ainsi que dans leurs capacités à élargir leurs moyens d’intervention ;

– soutenir un changement de regard sur l’enfant et son développement.

Les moyens à mettre en place

– Des interventions directes auprès de professionnels d’institutions spécialisées, de centres communautaires et d’écoles accueillant des populations d’enfants (de 2 à 12 ans) par des collaborateurs expérimentés de notre Association ;

– la préparation de la relève au niveau de l’Association par la formation de nouveaux collaborateurs ;

– la diffusion de l’expérience de l’Association – ainsi que des connaissances et compétences qui y sont associées – auprès des professionnels de la région de Cisjordanie, en collaboration avec la filière Psychomotricité de la HETS-Genève.

Une approche spécifique: la création d’un Centre de formation

La psychomotricité a été choisie, car elle est une approche qui contribue au développement de la personnalité en favorisant une vision des besoins de l’enfant qui s’appuie sur le rôle de l’expérience corporelle et du jeu. Pour cela, un programme de formation a été lancé dès l’automne 2019 : douze éducatrices, mandatées par leurs institutions ci-dessus mentionnées qui s’y sont engagées par contrat, vont suivre un parcours de dix-huit mois afin de devenir les animatrices de ces techniques pédagogiques au service de la petite enfance dans leurs institutions. Trois éducateurs ayant rejoint notre équipe locale suivent également cette première volée 2019-2021.

Pour cette première volée, notre Association s’est proposé d’offrir cette formation en en assumant entièrement les frais, car la nouveauté de la démarche et les difficultés financières des institutions concernées ne nous permettent pas pour l’heure d’exiger une contrepartie financière de leur part. Or notre Association ne vit que des dons de ses membres, sans aucun subside d’organismes d’Etat ni en Europe ni en Palestine.

Une formation honorée d’un diplôme

Le sérieux de la démarche est garanti par l’engagement de professeurs de l’HETS, un « diplôme » honorera les éducatrices et éducateurs qui auront suivi tout le parcours avec succès. Les mesures sanitaires imposées à cause du Covid-19 ont momentanément interrompu les sessions de formation. Nous espérons vivement pouvoir les reprendre dès le printemps prochain, afin de pouvoir décerner un diplôme à celles et ceux qui auront suivi avec succès l’ensemble du parcours.
Nous vous remercions de faire connaître notre travail autour de vous. Une certaine confusion règne parfois dans les milieux catholiques avec l’Hôpital des enfants de Bethléem, pour lequel la quête de Noël est recommandée par nos évêques sous le nom de « Bethléem – Secours aux enfants ». C’est pourquoi nous vous proposons d’intéresser les personnes qui le souhaitent, tout spécialement les familles, de nous envoyer leurs dons à l’occasion d’un mariage, d’un baptême, d’une confirmation, ou d’une fête de famille.

D’avance, nous vous adressons nos vifs remerciements pour l’intérêt que vous porterez à notre requête.
Vous en saurez plus en consultant notre site :
www.amisdesenfants-bethleem.net
IBAN : CH79 0900 0000 1757 4313 0

Bienheureuse proximité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), décembre 2020

Texte et photo par Marie-Françoise Salamin

En cette saison, les nuits de Judée sont fraîches. Enroulé dans la couverture de laine tissée par sa maman, Tobia peine à trouver le sommeil. Il faut dire que tout le pays vit dans une certaine agitation ces derniers temps. L’empereur ayant ordonné à chacun de venir se faire recenser dans son lieu d’origine, Bethléem n’échappe pas à l’arrivée de nombreuses familles qui cherchent à se restaurer et un lieu pour dormir.Tobia se tourne et se retourne sur la natte, en essayant de ne pas réveiller le reste de sa famille. Son père, Natan, le potier et Léa, son épouse, ont eu une journée bien remplie. La petite Rebecca s’est aussi endormie en tenant bien fort dans sa main sa poupée de chiffon.

Tobia, riche de l’imagination d’un enfant de sept ans, cherche à mettre des images sur les bruits qui parviennent à ses oreilles. Car des bruits, cette nuit, il y en a. Et des lumières aussi. D’ailleurs, même le ciel est plus clair que d’habitude. Par la petite fenêtre, Tobia a d’abord vu une étoile, plus grande que les autres. Puis, des lueurs, là-bas, vers les collines. Maintenant, il devine une procession de gens porteurs de torches et de lampes à huile. Tous se dirigent vers une vieille étable, à l’orée du village. Leurs propos sont étonnés, joyeux. Leurs pas alertes…
Tobia sent, sait que quelque chose d’important est arrivé. Il se lève sans faire de bruit, enroule sa couverture autour de ses épaules, va chercher le chien derrière la maison pour se donner du courage, et met ses pas dans ceux des pèlerins. 

La vieille étable baigne dans une lumière empreinte de tendresse et de joie. Tous les visiteurs, pour la plupart d’humbles bergers, sont en cercle autour d’un jeune couple et de leur enfant nouveau-né. Il émane de cet enfant tellement d’amour et de paix que chacune et chacun peut entendre le chant les anges, venus de l’au-delà…

Tobia regarde le bébé, serré contre sa mère.
Les paroles d’un psaume qu’il aime beaucoup lui montent dans le cœur :
Mon âme est comme un petit enfant,
Un petit enfant contre sa mère.

Alors, Tobia attache le chien à l’entrée de l’étable. Puis, doucement, il tente de se rapprocher du bébé. Il est attiré par lui comme la biche assoiffée par la source, comme l’affamé par l’odeur du pain, comme… un être humain par ce qui va donner sens à sa vie.
Marie comprend ce qui se passe. Par un geste, un regard, un sourire, elle invite Tobia à s’approcher, à embrasser son bébé Yeshouah.

Ce cœur à cœur avec le Fils de Dieu, ce moment de communion marque la vie de Tobia pour toujours.

Tobia a grandi. Il est devenu un homme.
A l’approche de la quarantaine, il est marié, père de famille, à la tête d’un petit commerce.
Il sera un des premiers à confier ses affaires à son fils aîné pour pouvoir aller écouter les paroles de vie éternelle que Yeshouah dépose dans tous les cœurs qui savent les recevoir.

Tobia a toujours gardé son âme en proximité avec le Tout-Puissant. Son cœur est prêt à accueillir le message d’amour et de paix de son Fils. Les événements tragiques qui vont suivre n’ébranleront pas sa foi. L’Esprit a déposé en lui la promesse de l’éternel salut.

Soyez dans la joie !
Je le répète :
Soyez dans la joie,
car le Seigneur est proche !
nous dit saint Paul.

Cinq messes radiodiffusées depuis la collégiale!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), décembre 2020 – janvier 2021

Par Claude Jenny | Photo: cath.ch

Cinq dimanches de suite, la messe dominicale diffusée sur Radio Suisse romande 2 (RSR2) sera retransmise en direct depuis la Collégiale d’Estavayer-le-lac ! Des célébrations qui seront présidées par plusieurs prêtres de la paroisse et en principe avec le même prédicateur pour les quatre dimanches du Temps de l’Avent. Attention, l’horaire sera spécial!Le grand ordonnateur des messes à la Radio romande est notre jeune confrère Grégory Roth, Jurassien, mais domicilié dans le Grand Fribourg. A l’œuvre à la fois pour les émissions radiophoniques et pour l’agence d’informations cath.ch, il sera le présentateur-commentateur des cinq messes retransmises depuis… chez nous ! Un technicien l’accompagnera pour assurer une qualité de transmission optimale.

RTS Religions a pris habitude de diffuser toutes les messes du temps pascal et de l’Avent depuis un même lieu spirituel « à la fois pour une question d’unité et pour faciliter la réalisation technique » explique Grégory Roth. Pourquoi avoir choisi Estavayer ? « Nous veillons à faire un tournus entre les cantons et il était temps que nous revenions dans le canton de Fribourg. Et il nous a semblé bien de revenir une fois dans la Broye et particulièrement dans le cadre de la nouvelle paroisse Saint-Laurent Estavayer que nous pourrons ainsi présenter à nos auditeurs. L’acoustique du lieu a également son importance » explique le producteur.

Notre curé-modérateur, l’abbé Lukasz, présidera les deux premières messes ainsi que celle de Noël, les deux autres étant assurées par d’autres prêtres de la paroisse, dont l’abbé Bernard. 

Un prédicateur de choix
Le prédicateur doit en principe être le même pour les quatre messes du temps de l’Avent. Celui qui était prévu ayant dû se désister, il n’a pas été facile de trouver un prêtre pouvant offrir une telle disponibilité. Les auditeurs et les quelques paroissiens présents dans l’églises pourront bénéficier des homélies de l’abbé Marc Donzé, ancien vicaire épiscopal à Fribourg et Lausanne. Grand spécialiste de Zundel, l’abbé Marc anime aussi de nombreuses retraites et appartient à cette catégorie de prêtres itinérants très demandés ! C’est le cas de l’abbé Marc dont les homélies et conférences sont toujours des moments recherchés et privilégiés. C’est donc une aubaine qu’il puisse être écouté loin à la ronde grâce à ces messes radiodiffusées. L’homélie de la messe de Noël sera par contre signée de notre curé-modérateur.

Pas de chorales, mais de la musique !
Il était prévu que ces messes soient animées par une partie chorale assurée par les divers chœurs de la paroisse. Covid oblige, il n’en sera rien puisque les chorales sont condamnées au silence (lire en page 11). Mais la musique ne sera pas absente de ces célébrations radiophoniques, grâce d’abord à l’organiste titulaire de la collégiale, Philippe Marchello qui, lui, peut fonctionner normalement. Des plages instrumentales ou vocales mais à une ou deux voix sont également prévues. Ce qui ne changera pas, par contre, c’est la limitation à 30 personnes dans l’église.

Les cinq dates et l’horaire

Chaque messe du dimanche matin commence à 9h06 pile, juste après le bulletin d’information de 9h, et doit se terminer juste avant 10h. Le minutage est donc important et demande une préparation toute spéciale avec l’équipe officiante (le prêtre, le prédicateur, les lecteurs ou lectrices, l’organiste, les musiciens, etc.). 

Les quatre dimanches de l’Avent et à Noël
Les cinq dates de diffusion sont les quatre dimanches du temps de l’Avent et le jour de Noël :
– Le 29 novembre, 1er dimanche de l’Avent ;
– Le 6 décembre, 2e dimanche de l’Avent ;
– Le 13 décembre, 3e dimanche de l’Avent ;
– Le 20 décembre, 4e dimanche de l’Avent ;
– Le jour de Noël 25 décembre.

Noël, fête du cœur

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), décembre 2020 – janvier 2021

Par Nathalie Angelini | Photo: LDD

Noël. Oh mais quel mot si doux, si cher à notre cœur ! Noël est pour nous, chrétiens, un moment magique, une période à part, hors du temps. 

Noël c’est l’amour, la douceur, la famille et les beaux repas copieux pour ceux qui sont gâtés. 

Noël, c’est le moment où on est heureux de recevoir et aussi un temps où on s’applique à donner, à penser aux autres. 

Mais il est bon de se rappeler que si Noël est si féerique, doux, rempli d’amour et de douceur, c’est parce que cette période est à l’image de notre sauveur, notre héros, celui qui n’était qu’amour, celui par lequel on a été sauvé, celui grâce à qui nous vivons une vie de confiance, une vie comblée par l’expectative d’une vie éternelle.

Cette année, pour Noël, nous aimerions vous encourager à savourer votre espérance en Christ, nous aurions le souhait d’être tous unis dans l’amour, le partage et le pardon.

Et pour finir en douceur et dans l’espoir, nous souhaiterions vous partager les mots pleins de bons sens du Père Alexis Cerquera, curé des paroisses de la paix et du Saint-Esprit, à Amiens : « Nous ne sommes pas seuls… d’une manière ou d’une autre, nous sommes en communion, même si nous prenons des chemins divers, nous partageons la même humanité, et cela est la raison de notre existence : nous sommes tous frères et sœurs en chemin, nous sommes tous des pèlerins, sur la voie de Dieu. »

Notre prière pour Noël : « Seigneur Jésus, bénissez nos familles, bénissez nos frères, nos Eglises et Seigneur apprends-nous à aimer comme tu aimes, afin que ton amour rayonne à travers nous. »

Amen. Et un doux et joyeux Noël à tous, que l’espoir, la confiance dans le Christ et l’amour habitent nos cœurs.

Noël aujourd’hui

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP de Notre-Dame de Tours (FR), décembre 2020

Par l’abbé Marc Joye | Photo: René Delley

La pandémie, qui sournoisement continue de nous inquiéter, nous aura au moins rappelé que nous sommes tous bien petits et bien fragiles. Tous dans le même bateau, riches ou pauvres sans distinction. Non, les grands de ce monde ne sont pas tout-puissants !

J’y vois une invitation à accueillir à Noël le seul Tout-puissant qui va se revêtir de notre fragilité et devenir un petit enfant couché dans une crèche.

C’est Dieu qui vient à notre rencontre. Alors que César trône dans ses palais à Rome, Dieu est sur la paille à Bethléem.

Si nous voulons bien prendre notre place parmi les bergers qui viennent adorer Dieu en ce petit enfant, nous serons comblés par son Amour sans limite, éclairés de sa Lumière qui brille dans notre nuit, remplis de cette Paix et de cette Joie chantés par les anges.

La crèche vivante de saint François d’Assise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), décembre 2020

Par l’abbé Pablo Pico | Photo: DR

Vitrail de la chapelle d’Icogne (Jacques Le Chevallier, maître verrier).

Dans la Basilique Supérieure d’Assise figure une fresque de Giotto (1267-1337) représentant la scène de la Nativité jouée par saint François (1181-1226). En effet, une tradition attribue à ce dernier la première réplique de la crèche de Noël. Arrivé dans le village de Greccio en décembre 1223, le saint fait installer dans une grotte un boeuf, un âne et de la paille pour accueillir l’enfant Jésus. Le soir de Noël, les villageois sont invités à célébrer la messe de minuit devant la crèche vivante où la mangeoire sert d’autel. Au cours de l’homélie, « il poverello » étreint l’enfant dans ses bras pour l’embrasser tendrement, et il exhorte les fidèles à faire de même, en ravivant leur foi et ressusciter ainsi à leur tour Jésus dans leur coeur.

Car la contemplation de la naissance du Christ le fait naître dans le coeur du croyant, par la foi amoureuse. Si nous fermons notre coeur à la venue de Jésus en nous, sa naissance d’il y a deux mille ans est vaine. Au contraire, la méditation du mystère de Noël a le secret de pouvoir embraser nos coeurs. La magie de Noël, bien plus profonde que les guirlandes devant les vitrines des commerces, sans parler du père Noël, c’est de retrouver l’esprit d’enfance, de croire que cette nuit est différente de toutes les autres nuits, parce que Dieu a désormais pris le visage d’un enfant.

Or, l’Eucharistie réalise cette naissance de Bethléem, la « maison du pain », où Jésus fut déposé dans une mangeoire. A chaque messe, nous communions au « Pain Vivant descendu du Ciel » (Jean 6, 51). La liturgie, source et sommet de toute la vie de l’Eglise, rend présent les événements de la vie du Christ, de sorte qu’en participant à l’Eucharistie, nous devenons contemporains de la vie et des actions salvifiques de Jésus, y compris sa naissance.

Mais il y a une autre naissance du Christ, encore plus ineffable que celle de la crèche ou celle dans nos coeurs, c’est sa naissance éternelle dans le sein du Père (Jean 1,18). Le psaume deuxième dit : « Tu es mon Fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré ». Cet engendrement du Fils dans le sein du Père a lieu dans l’aujourd’hui de Dieu, hors du temps, éternellement. Et c’est cette naissance ineffable qui révèle le vrai sens des deux autres. C’est parce que l’Enfant couché dans la crèche est le Fils éternel du Père que nous pouvons l’adorer. Imaginez les sentiments de Marie pour son nouveauné qu’elle enveloppe de langes et couche dans la paille. Avec quel émerveillement, avec quelle tendresse, avec quel amour elle le presse sur son coeur de mère.

À notre tour, nous allons bientôt célébrer Noël. La belle tradition de représenter cet heureux événement (ou avènement) avec les personnages de la crèche dans un coin du salon, au pied du sapin, nous aide à méditer sur l’inouï de la visite de l’Emmanuel « Dieu avec nous » (Mt 1,23). Au retour de la messe de Noël (si les mesures sanitaires nous le permettent), nous déposerons l’Enfant-Jésus dans la mangeoire, pour l’adorer. Que cette re-présentation de la Nativité nous donne de faire vivre dans notre coeur, devenu une crèche vivante, l’Enfant-Jésus, le Fils du Père éternel.

Noël 2020: Lumière et ténèbres

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, unité pastorale de la Champagne (GE), décembre 2020

Pour l’équipe pastorale: abbé Robert Truong, curé
Photo: pixabay

Très chers paroissiens dans la Paix du Christ,

Il fait bon, en cette fête de Noël, de nous retrouver entre parents, familles et amis, membres de la même communauté de foi ; il fait bon nous trouver reliés, à la faveur des moyens de communication et de communion modernes ; il fait bon non seulement de savoir, mais de percevoir par nos yeux, nos oreilles et nos cœurs qu’en ce moment et ce jour, des millions de personnes prennent le temps de se laisser joyeusement habiter par les évocations, les images, les lumières, les traditions et les espérances de Noël. Et tout cela malgré les crises sanitaires de Covid-19 et ses conséquences qui tombent sur toute l’humanité.

Il fait bon, ainsi, de prendre rang parmi le peuple en marche qui a vu une grande lumière et qui, aujourd’hui, se donne du temps, de l’ambiance et de la tendresse pour regarder et célébrer cette grande lumière dont parlait le prophète Isaïe (Is 9, 1-13). Une grande lumière a resplendi, une grande lumière continue de resplendir et se donne à voir avec plus d’éclats en certains instants privilégiés, en certaines oasis importantes et décisives pour la suite du chemin. 

Noël n’est pas la fête des enfants plus que des autres. Mais Noël est la fête de l’enfance, de l’enfance d’un monde qui n’en finit pas de naître à travers les siècles, porté et appelé par une longue suite de fidélités.

Que tels soient nos célébrations, nos réveillons et nos repas de Noël. Que telle soit aussi, comme mémoire bonne à garder pour la beauté de la fête, la fête de Lumière qui brille dans les ténèbres du monde.

Paroissiennes et paroissiens de la Champagne chers à mon cœur, je vous souhaite de lumineuses fêtes de Noël et de fin d’année. Je me souviens de vous dans nos célébrations. 

L’Avent, une attente habitée

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP de Notre-Dame de l’Evi (FR), décembre 2020

Par Sœur Anne-Françoise Camélique

Ce qui caractérise le temps de l’Avent, c’est l’attente. Dans notre monde pressé, du « tout, tout de suite », permettre de vivre un temps d’attente, de silence est un cadeau, un espace. Ce n’est pas une attente vide, inutile, du temps perdu, c’est comme une vigilance du cœur et des yeux pour découvrir ce qui germe du monde nouveau. C’est une attente longue, mais habitée par une promesse heureuse.

La liturgie de l’Avent nous invite à veiller, à nous tenir prêts, à nous convertir pour accueillir Celui qui vient. La joie est présente dans les textes et les prières liturgiques car l’Incarnation du Fils de Dieu nous apporte la réconciliation et la joie du salut. Aussi l’Avent vient nous redire qu’il faut consentir à l’attente pour laisser plus d’espace à Dieu et pour raviver notre désir d’un recommencement qui s’adresse à notre désir d’aller au-delà de la routine du quotidien et accéder ainsi au cœur de nous-mêmes, là où nous trouvons Dieu.

Veiller se veut alors l’expression de notre fidélité à Dieu et du soin que nous mettons à vivre avec Lui parce que c’est Lui d’abord qui s’est approché de nous par son Incarnation, assumant pleinement notre condition humaine. 

L’Avent est donc un temps d’attente joyeuse, de vigilance, une attente qui n’est pas vide, mais qui est centrée sur la personne de Jésus que nous nous préparons à accueillir. Cette attente est en même temps un temps d’espérance, animée d’une certitude : le Seigneur est venu, il vient encore et il sera toujours présent dans notre monde et dans notre vie. Notre vigilance est celle d’un cœur qui aime, d’un cœur dont l’amour souhaite ardemment la venue de Celui qui vient s’inscrire dans notre humanité. 

En cette période de l’Avent, préparer Noël, c’est d’abord prendre du temps de silence et de recueillement pour nous mettre à l’écoute d’une Parole qui vient d’ailleurs, pour l’entendre résonner au plus intime de notre être et nous mettre au service de ce mystère qui nous dépasse. 

Nous sommes appelés à rester éveillés, non par crainte ni par peur, mais pour construire une société plus fraternelle. Au cœur de la simplicité de notre vie quotidienne, nous sommes invités à lever les yeux pour attendre le Seigneur qui vient afin de nous réjouir de sa venue en lui disant : « Viens, Seigneur Jésus… Viens… »

A l’approche de ce temps de Noël, l’équipe pastorale vous invite à plonger à nouveau au plus profond de votre espérance, à poursuivre le chemin malgré et avec les exigences du virus ! Que Jésus Sauveur soit pour chacune et chacun cette Espérance cachée et présente, qui vous guide sur les chemins du bonheur. 

QUE LA LUMIÈRE DE NOËL ILLUMINE VOS CŒURS !

Attente

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP des Boucles du Rhône (GE), décembre 2020

Par Jean-Marc Lacreuze | Photo: pixabay

Au moment où commence une nouvelle année liturgique par le temps de l’Avent, nous voici plus que jamais en attente. Jamais, jusque-là, nous n’avons vécu dans une telle incertitude du lendemain. Quand j’écris ces lignes, je ne sais pas… Je ne sais pas dans quel état sanitaire nous serons lorsque vous les recevrez… 

Et pourtant, dans mon cœur, j’attends un renouveau, comme le peuple hébreu dans l’attente du Messie, du Sauveur. 

Ce mois de décembre va nous conduire à Noël, aurore d’un monde nouveau. Dimanche après dimanche, nous marcherons vers la lumière de l’espérance : merci à l’équipe qui a préparé notre Avent en communauté ! 

Le premier dimanche est marqué par le signe de l’attente de Celui qui vient comme la lumière. Nous en avons tant besoin en ces temps de ténèbres. Mais, dans mon cœur, je le sais, le tunnel, même s’il est long, n’est pas sans fin. La lumière est au bout et les jours vont recommencer à s’allonger, espérance d’un printemps meilleur que celui que nous avons vécu. Je peux déjà apporter la lumière du pardon (2e dimanche), cette main tendue par Dieu pour me conduire quand je suis dans le brouillard du doute. Et aussi le pardon que je peux accorder, petite lumière que j’offre autour de moi, lumière de joie et d’espérance, cette joie soulignée le troisième dimanche. Le masque cache le sourire de mon visage, mais mon regard peut exprimer la joie partagée, joie d’une espérance, encouragement à rayonner de la lumière qui illumine mon cœur envers et contre tout. Cette lumière vient de ma relation intérieure, de la prière, dans la disponibilité de Marie (4e dimanche), dans sa confiance en un avenir qu’elle non plus ne connaissait pas avec précision. Elle fait confiance, nous montre le chemin de cette confiance. Que Marie nous accompagne sur ce chemin d’attente et d’espérance. Avec elle, avec tous les croyants, portons-nous les uns les autres dans la prière et dans l’appel qui conclut toute la Bible :

Viens, Seigneur Jésus !

Ouvrons nos cœurs et nos maisons

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), décembre 2020

Texte et photo proposés par l’équipe de Saillon

Jésus, viens ouvir nos maisons et nos cœurs.
Jésus, là où tu es né,
ta crèche n’était pas fermée.
Tu as voulu
que tout le monde puisse venir Te voir,
parce que Tu es venu pour tout le monde.
Avant que Tu naisses, Jésus,
Joseph et Marie n’avaient trouvé
que des maisons aux portes fermées :
fermées au secret de Dieu.
Ils ont trouvé ouverte une étable,
une pauvre étable.
Aujourd’hui, Jésus,
Tu ne nais plus dans une étable ;
mais Tu veux naître, dire le secret de Dieu
dans toutes les maisons, dans tous les cœurs.
Tu veux déposer le baiser de Dieu
sur tous les visages.
Tu veux des millions de crèches
pour habiter le monde.
Tu veux des millions de cœurs
pour donner ta paix sur la terre.
Tu veux des millions de visages
pour donner la paix de Dieu.
Tu veux des millions de Noëls
pour donner ton Noël.
Jésus, viens ouvrir nos maisons et nos cœurs
pour dire avec Toi :
Gloire à Dieu, notre Père !

En avant vers l’Avent

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Notre-Dame des Glaciers (VS), décembre 2020

Texte par le chanoine Jean-Pierre Liaudat, curé | Photo: DR

Le 29 novem­­bre, premier dimanche de l’Avent, nous avons débuté une nouvelle année liturgique. L’année B, année où nous redécouvrirons la Bonne Nouvelle selon saint Marc.

Une nouvelle étape nous est ainsi proposée. C’est le temps de l’Avent. Ce temps qui nous invite à préparer la venue du Christ. 

Nous sommes invités à entrer sans crainte dans ce temps de la veille, de la préparation, du témoignage ! 

La situation sur le front sanitaire échappe toujours à notre maîtrise et nous allons encore naviguer à vue. 

Comme Abraham, appelé à la foi, il s’agit pour nous de vivre cette situation exceptionnelle dans la confiance, sans trop savoir où Dieu nous conduit. 

Nous sommes dans un tunnel, au bout, la lumière nous attend. 

Situation exceptionnelle, année pastorale exceptionnelle durant laquelle nous risquons à nouveau de vivre des temps d’ascèse spirituelle. 

Les horaires du temps de l’Avent et de Noël seront établis semaine après semaine, à cause du manque de visibilité en l’avenir. Nos habitudes reprendront quand les feux sanitaires seront à nouveau au vert. Malgré tout, la vie du secteur continue et le conseil de communauté vous aidera à la vivre au mieux. 

Soutenons également les treize jeunes de nos paroisses qui débutent le chemin de préparation au sacrement de confirmation. La fête de confirmation est prévue le 16 mai 2021 à Salvan.

Dès le 17 février 2021, nous entrerons dans le Carême, par le mercredi des Cendres. Vous pourrez vous y préparer en gardant précieusement L’Essentiel pour en lire les dernières pages qui vous aideront à entrer déjà un peu dans ce temps.

Mais en attendant, je souhaite à chacune et chacun une bonne entrée en AVENT et une bonne préparation à la fête de NOËL. 

Veiller? Attendre? Guetter?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Notre-Dame des Glaciers (VS), décembre 2020

Texte par Jocelyne Wanderscheid

Ralentir le rythme, oser même s’arrêter pour mieux veiller, attendre et guetter.
Veiller ? Attendre ? Guetter ?
En ce temps de l’Avent
j’attends l’enfant à naître
en moi, en toi, et en ce monde,
entièrement tournée vers Lui, avec le désir d’être habités,
transformés, puis inspirés par Lui. 

Je guette la venue de cet enfant à naître en moi, en toi, et en ce monde,
avec le désir de devenir des êtres nouveaux et d’entrer avec Lui, tous ensemble,
dans des jours plus justes et plus beaux.
Je ne suis pas la seule qui veille, qui attend, qui guette,
nous sommes des milliards sur la planète.
Mais il y a surtout Lui qui nous veille, qui nous attend, qui nous guette, inlassablement, car Il nous l’a promis, cet enfant à naître, c’est Lui qui nous ouvre ce nouvel avenir : celui de nous savoir, chacun, chacune, à présent
aimé de Son Père comme son enfant.

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