Une catéchiste passionnée

Adeline a l’air inquiète et un peu intimidée lorsqu’elle m’accueille. « C’est la première fois que je m’adonne à cet exercice du témoignage », me dit-elle. Cependant, très vite, autour d’un café, la glace se brise. De sa voix douce, elle me partage son engagement comme catéchiste au service des personnes en situation de handicap. 

Par Véronique Benz | Photos : Adeline Maillard, V. Benz

Adeline a une sœur et deux frères, dont un en situation de handicap. Elle a toujours été très engagée dans sa vie de foi (servante de messes, lectrice, auxiliaire de la communion et animatrice du parcours confirmation). Elle fait également partie de la fraternité franciscaine de Bulle. 

« Lors d’un parcours de confirmation, nous avions un thème sur la découverte de monde du handicap. Durant tout le cheminement, nous avons eu des échanges avec Clos-Fleuri à Bulle, une institution pour les personnes en situation de handicap. » C’est là qu’Adeline rencontre Nathalie Jaccoud, alors responsable du Centre œcuménique de pastorale spécialisée (COEPS cf. encadré). Elle commence ainsi, en marge de ses études en pédagogie curative, à enseigner la catéchèse dans des institutions spécialisées. 

Catéchèse et préparation aux sacrements

Cela fait plus de dix-sept ans qu’elle enseigne la catéchèse et prépare des enfants et adolescents en situation de handicap aux sacrements. Depuis cette année, Adeline travaille également avec des enfants sourds et elle est, d’autre part, référente pour la Communauté catholique des sourds de Fribourg. « J’éprouve beaucoup de plaisir à rencontrer mes élèves. Nous avons de la chance, comme nous les suivons sur plusieurs années, de les voir grandir et évoluer. » Adeline m’explique que pour soutenir l’attention des enfants en situation de handicap mental ou de polyhandicap, il est nécessaire d’avoir un support visuel et matériel. 

Adeline Maillard côtoie tous les âges et pratiquement tous les handicaps. « Je passe souvent d’un groupe où les jeunes parlent beaucoup à un autre groupe qui ne parle pas et où ils sont tous en chaise. J’aime cette diversité. Il faut découvrir une manière différente de communiquer, beaucoup observer leur visage, leur façon d’être. J’avais une élève en chaise qui chaque fois que je m’approchais d’elle, faisait un grand sourire, car elle savait que j’allais lui faire un signe de croix. Nous sommes dans une société où tout va très vite. A contrario, dans le monde du handicap, il faut savoir prendre le temps, regarder, observer. » 

Pour les enfants et leur entourage

Adeline Maillard note que souvent, les enfants viennent à la leçon de catéchèse avec des stagiaires ou des éducateurs. « Finalement, les accompagnants participent avec nous. De temps en temps, des stagiaires me confient un souci. Nous ne sommes pas là que pour les élèves, mais aussi pour tout leur entourage. » 

Adeline expérimente des moments touchants. Elle se souvient d’un élève qui lui expliquait qu’il avait dû endormir son chien dont il était très proche. « Il m’a dit : tu sais, c’était très dur chez le vétérinaire, mais je savais que Jésus était à côté de moi et qu’il me prenait dans ses bras et ça m’a fait du bien. »

Son engagement permet à Adeline de relativiser beaucoup de choses. « Cela me donne une plus grande ouverture d’esprit. Mes élèves m’évangélisent. Les enfants en chaise sont toujours souriants. Je me dis qu’ils ont compris qu’il fallait regarder le positif de la vie. Cela m’aide à voir les bons et beaux côtés de la vie. » Elle sourit. Derrière son sourire, à travers nos échanges, je devine d’innombrables visages et une mission de catéchiste qu’elle fait avec passion et beaucoup de joie. 

Centre œcuménique de pastorale spécialisée (COEPS)

Le COEPS rejoint les enfants et les adolescents des classes d’enseignement spécialisé du canton de Fribourg. Le COEPS propose un enseignement religieux confessionnel et œcuménique et un accompagnement aux sacrements (baptême, première communion et confirmation). Il rejoint également les adultes en situation de handicap et les personnes sourdes et malentendantes par des temps de célébration. 

Un souvenir marquant de votre enfance
Lorsque j’avais six ans, j’allais les mercredis après-midi aux champignons avec mon grand-papa. Après son décès, j’y allais avec mon papa et maintenant, j’y vais avec ma fille. 

Votre moment préféré de la journée 
Le soir, lorsque notre fille va se coucher, nous prenons un moment tous les trois, mon mari, ma fille et moi pour prier et revoir notre journée, ce que nous avons aimé, ce qui s’est moins bien passé. 

Quel est votre principal trait de caractère ?
La patience et la discrétion. Je pense que pour travailler dans le domaine de la catéchèse spécialisée, la patience est essentielle.

Un livre que vous avez particulièrement aimé
J’ai relu plusieurs fois « Ensemble, c’est tout » d’Anna Gavalda. 

Une personne qui vous inspire
Ma grand-maman paternelle. Elle n’a de loin pas eu une vie facile et a connu beaucoup de souffrance, mais elle n’a jamais perdu la foi. On la voyait très souvent avec son chapelet. Comme elle habitait Broc, elle allait, je crois, presque tous les jours prier aux Marches. J’aime y aller pour me sentir plus proche d’elle. 

Une citation biblique qui vous anime 
« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il créa, homme et femme il les créa. » (Genèse 1, 27) J’aime cette parole de la Genèse qui dit que nous sommes tous faits  à l’image de Dieu. Pour Dieu nous avons tous la même valeur, il nous aime comme nous sommes, au-delà de notre handicap.

Adeline Maillard

• Née en 1983, elle vit à Bulle (FR), ville dans laquelle elle a grandi.
• Mariée et maman de Justine qui a 7 ans.
• Maturité au collège du Sud à Bulle, puis pédagogie curative scolaire à l’Université de Fribourg.
• Depuis 2007, catéchiste au COEPS (Centre œcuménique de pastorale spécialisée) à Clos-Fleuri à Bulle, à Saint-Joseph à Fribourg en section surdité et au Carré d’As à Romont.

En librairie – janvier 2025

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Pèlerins à Rome
Prions en Eglise

Se rendre à Rome, c’est effectuer l’un des pèlerinages majeurs de la foi chrétienne, comme aller en Terre Sainte ou sur les chemins de Compostelle. Berceau de la civilisation chrétienne, siège du guide des catholiques, Rome est une ville riche d’une histoire plurimillénaire. Ce guide, proposé par Prions en Eglise pour le Jubilé 2025, vous accompagnera dans la découverte culturelle et historique de tous les lieux et monuments importants. Il facilitera votre démarche de pèlerin par des propositions concrètes de gestes, prières et chants, adaptées à chaque étape. En suivant les traces de Pierre et Paul, vous plongerez aux sources de la foi et ferez de votre séjour un temps fort personnel et spirituel.

Editions Bayard

Acheter pour 17.90 CHF

Pèlerins de l’espérance
Pierre Coulange

« L’espérance ne déçoit pas ! » (Rm 5, 5) Qu’espérons-nous pour l’Eglise, pour le monde, pour nous-même ? Peut-on espérer pour autrui ? Peut-on espérer le salut pour tous les hommes ? « Les pèlerins de l’espérance ne manqueront pas d’emprunter des chemins anciens et modernes pour vivre intensément l’expérience jubilaire. » (Pape François) Préparé par une équipe de professeurs du Studium de Notre-Dame de Vie, ce livre entrecroise différents regards sur le thème de l’espérance. 
Il présente également la bulle d’indiction du jubilé et l’enracinement biblique du jubilé chrétien.

Editions Parole et silence

Acheter pour 25.50 CHF

La très belle histoire de Notre-Dame de Paris
Catherine de Lasa

Le 15 avril 2019, une grande émotion saisit le monde entier à la vue de l’incendie qui vient de se déclarer à Notre-Dame de Paris. Tous, Français ou étrangers, catholiques ou incroyants, montrent leur attachement à la célèbre cathédrale et à tout ce qu’elle représente. « Cette cathédrale est habitée par un peuple, a déclaré Mgr Aupetit, l’archevêque de Paris. Mais elle n’est pas seulement habitée par ceux qui prient ou qui la visitent. Elle est le vaisseau d’une présence. Elle est la maison de Dieu et c’est pourquoi elle est la maison de tous. » Dans ce livre, découvrons l’histoire fabuleuse de Notre-Dame de Paris, depuis sa construction jusqu’à nos jours. 

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 18.00 CHF

Abigaëlle
Dominique Pérot-Poussielgue Anastasia Wessex

Il était une fois une petite marmotte nommée Abigaëlle. Elle aimait tant s’amuser avec ses frères et sœurs ! Mais attention, dès que quelqu’un passait avant elle, c’était la crise ! Cela ne plaisait pas du tout à cette marmotte au caractère bien trempé ! Et pourtant, le premier est-il toujours le plus heureux ? Un conte pour faire réfléchir aux valeurs de l’Evangile. Dès 4 ans.

Editions Emmanuel Jeunesse

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En librairie – décembre 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Des jésuites aux frontières
Pierre Emonet – Bruno Fuglistaller

L’élection en 2013 d’un Pape jésuite a remis le principe et la méthode de discernement spirituel élaborés par saint Ignace au cœur de la vie de l’Eglise et du monde. Les grandes lignes du discernement et des Exercices spirituels sont abordées avec une idée précise : inviter chacun et chacune à se mettre en mouvement, à partir de son propre terrain. Afin de « vérifier » le réalisme et la fécondité de ce procédé, une galerie de portraits de jésuites plus ou moins célèbres, de diverses époques et divers lieux, est ensuite présentée. Ainsi de Matteo Ricci ou Henri de Lubac. Ils ont su quitter les chemins battus et faire preuve de créativité pour annoncer l’Évangile.

Editions Saint-Augustin

Acheter pour 28.00 CHF

Osée
Pierre de Martin de Viviés

Pierre de Martin de Viviés choisit divers thèmes pour présenter et relire le prophète dans une dynamique contestataire née de l’opposition de la vie ordonnée par Dieu au prophète avec l’éthique de la Torah. Par exemple, Dieu a obligé le prophète à endosser cette opposition en lui imposant le mariage avec une prostituée ! Le message de la grâce côtoie la compromission du peuple avec l’idolâtrie. Après un résumé et la présentation de la structure du livre, qui valent déjà une bonne esquisse de commentaire, l’auteur propose de mieux découvrir l’un des plus anciens prophètes d’Israël.

Editions Le Cerf

Acheter pour 19.80 CHF

Dans la fragilité, l’espérance
Collectif

Après un survol panoramique sur les différences possibles entre l’espoir humain et l’espérance ouverte à Dieu, l’ouvrage propose la figure de Rahab, femme audacieuse plutôt que prostituée traîtresse ; le parcours d’Elie entre découragement et rendez-vous avec Dieu ; les confessions de Jérémie face au Seigneur qui l’a séduit ; la fragilité de la chair due à la vieillesse et au handicap ; la force de Paul dans la faiblesse ; le visage de Jésus, grand-prêtre compatissant pour les hommes. Le livre se termine par une farandole de psaumes où dansent les différents verbes hébreux et grecs pour signifier l’acte d’espérer. Un parcours bienvenu au cœur des crises actuelles.

Editions Saint-Augustin

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La Bible à peindre
By Bm

Douze des plus iconiques scènes de la Bible à peindre selon ses envies : Adam et Eve dans le jardin d’Eden – L’arche de Noé – Moïse et les Tables de la Loi – David chante avec sa harpe – Daniel dans la fosse aux lions – La Nativité – Jésus guérit Bartimée – La Cène – La Crucifixion – Pâques – L’Ascension – La Pentecôte. Une fois colorisées, les icônes pourront décorer un coin prière ou être envoyées en carte postale. Un pinceau inclus et, pour chaque carte détachable, une palette de six couleurs.

Editions Mame

Acheter pour 19.20 CHF

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Gérard Ayer et Lulu Volery ont la passion des crèches

L’église d’Aumont attire les curieux en décembre ! Motif : voir la crèche de Gérard Ayer ! Avec son « adjointe » Lulu Volery, ils composent chaque année une pièce impressionnante. Visite.

Texte et photos par Claude Jenny

Gérard Ayer voue une véritable passion pour les crèches et en fabrique depuis…tant d’années qu’il ne sait plus exactement quand il a commencé ! Toujours est-il que sa création annuelle suscite une curiosité qui dépasse largement les frontières communales ! Des visiteurs viennent spécialement pour voir cette crèche-là ! « Je construis la crèche précisément pour inciter les gens à venir passer un moment à l’église » dit cet agriculteur retraité, qui se rend encore presque quotidiennement, dès l’automne arrivé, dans l’atelier qu’il a conservé dans son ancienne ferme. 

Nous l’y retrouvons en compagnie de Lulu Volery, sa précieuse assistante depuis trois ans ! « Elle sait tout faire ! » dit d’elle Gérard Ayer. A elle de peindre, habiller les personnages , de veiller sur certaines décorations. La crèche version 2024 était en plein chantier lors de notre visite début octobre. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elle portera sur le thème de l’automne, qu’elle aura une forme circulaire et aura un diamètre de 20 mètres. Et que l’osier, méticuleusement arrangé, donnera sûrement à cette crèche un caractère spécial. Voir et entendre les deux  compères deviser sur le visage de la crèche en chantier tient du bonheur ! « Vous voyez, nous avons parfois des visions différentes » dit Gérard Ayer pour résumer une discussion animée avec Dame Lulu ! A propos de la partie centrale de la crèche, au stade de l’ébauche, Lulu Volery a un commentaire plutôt direct : « Mais qu’est-ce que tu nous fabriques ? ça ressemble à la tour d’une centrale nucléaire » dit-elle. Mais qu’on se rassure ! Ce sera à coup sûr très beau !

• A voir à l’église d’Aumont dès le 8 décembre et jusqu’à mi-janvier. Les deux compères sont également les auteurs de la crèche qui est exposée dans la vitrine de l’Office du tourisme d’Estavayer, dans le cadre du parcours des crèches.

Quelques belles réalisation de ces  dernières années 

Les quatre photos ci-dessous représentent des crèches   réalisées ces dernières années par Gérard Ayer et Lulu Volery.

Messe Rorate: attendons la venue du Christ, lumière

Messe Rorate 2023.

Par Valentin Roduit | Photo :  Bernard Hallet

L’Avent nous fera revivre cette année, à la seule lueur des bougies, les messes Rorate célébrées avant le lever du jour. Cette tradition relancée il y a quelques années à Collombey et dans d’autres paroisses du diocèse, manifeste le sens de ce temps de l’Avent.

Nous sommes le peuple qui marche dans la nuit et qui attend que se lève une grande lumière (cf. Is 9), le Christ. Dans cette attente, nos prières sont déjà lumières, elles éclairent les pas que nous avons à faire parce qu’elles nous rapprochent du Christ. C’est pourquoi nous anticipons le lever du jour. Nos prières font venir Dieu dans notre vie. Lorsque nous prions à la lueur des bougies avant l’aurore, nous anticipons sa venue. 

Nous nous réjouissons d’autant plus que le jour paraît au moment où nous partageons le café-croissant offert par la communauté du Monastère.

Pour vivre cette attente, rendez-vous les jeudis de l’Avent (5.12, 12.12 et 19.12) à 6h30 à la chapelle du Monastère. La célébration est suivie d’un café-croissant avec les Sœurs Bernardines.

Pourquoi « Rorate » ? 

C’est le premier mot latin du chant traditionnel que nous prenons à cette messe (Rorate cæli desuper, et nubes pluant iustum : aperiatur terra, et germinet salvatorem), qui traduit le verset d’Isaïe : « Cieux, répandez d’en haut votre rosée, et que les nues fassent pleuvoir le Juste : que la terre s’ouvre et qu’elle enfante le Sauveur .» (Is 45, 8)

« La source de mon inspiration »

Danièle présente le portrait de son papa.

Par Nicolas Maury
Photos : DR

« Au début, pour me faire la main, j’écrivais des prières pour Paroisses Vivantes. Et puis, doucement, je me suis mise à faire des articles religieux  et enfin des éditoriaux », se souvient Danièle Cretton. 

« Paroissienne assidue à Orsières », pour reprendre ses propres termes, l’octogénaire a intégré la rédaction du journal paroissial en 2000. « Quand le responsable de l’époque, M. le curé François Lamon, m’a sollicitée, je lui ai dit que je n’avais jamais rédigé d’articles religieux, encore moins sur la Bible et sur l’Eglise. J’ai tout de même répondu positivement à la demande. Afin de pouvoir étayer mes connaissances, je lisais les Evangiles et, un peu comme pour une formation continue, je suivais des conférences sur les questions de vie et de foi au Foyer des Dents-du-Midi à Bex. »

Dès sa jeunesse, la Valaisanne a baigné dans une culture religieuse. Son père n’est autre que Pierre Faval, dont le nom est indissociable, en Valais, de la restauration d’églises, de chapelles et de chemins de Croix. 

Originaire du Val d’Aoste, Pierre Faval – « à l’origine on écrivait Favale » – a suivi une formation artistique qui l’a notamment mené jusqu’à Turin et Rome. « Il est venu en Suisse en 1932 parce qu’il a été appelé pour réaliser des travaux de dorure à la feuille. Mon père était l’un des rares spécialistes dans ce domaine », raconte Danièle. « Mais il a aussi réalisé des peintures, dont les évangélistes de l’église de Trient. Elles ont aujourd’hui 90 ans tout juste. » 

Vitrail de la Nativité de Praz-de-Fort.

Mais la préférence de Danièle, parmi toutes les œuvres paternelles, est ailleurs. « J’ai un attachement particulier pour ses vitraux, surtout ceux de Liddes et de Praz-de-Fort. On y voit l’influence de ses études à Rome et son intérêt pour l’immense richesse artistique des cathédrales et basiliques de cette ville. »

En Valais, Pierre Faval est surtout connu pour la fresque sur les activités vigneronnes – aujourd’hui déplacée pour être restaurée et conservée – qui ornait la Cave Henri Carron à Fully. « Mais avant tout c’est quelqu’un qui avait la foi,  tout comme ma maman. Et cette foi irradiait ses œuvres. »

Danièle Cretton
• Née en 1936 à Orsière
• Rédactrice dans L’Essentiel d’Entremont
• Maman de trois enfants

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

La naissance de Jésus : une lumière dans nos vies

Noël est une période où nous célébrons la naissance de Jésus, le moment le plus saint, le plus doux et le plus extraordinaire de tous les temps. Noël est un événement qui a changé le cours de l’histoire et apporte une lumière dans nos moments les plus sombres. Ce moment béni de l’année nous rappelle que, même dans les épreuves et les difficultés, il y a toujours une raison d’espérer et de trouver la paix.

Par Nathalie Angelini-Traeger
Photo : LDD

La naissance de Jésus, décrite dans les Evangiles, n’a pas seulement marqué le début d’une nouvelle ère, mais elle a également apporté un message d’amour, de compassion et de rédemption. Dans nos vies modernes, nous sommes souvent confrontés à des défis qui peuvent sembler insurmontables, mais en nous rappelant la venue du Christ, l’humilité et la confiance dans l’épreuve de Marie et Joseph, nous pouvons trouver la force de relativiser nos soucis et de chercher la sérénité.

Comme il est écrit dans Philippiens 4 : 6-7 : « Ne vous inquiétez de rien ; mais, en toute chose, faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. »

Ces versets nous rappellent que dans nos moments d’angoisse, nous pouvons continuellement trouver refuge en Dieu. La paix promise par Dieu est au-delà de notre compréhension et elle est accessible à tous ceux qui cherchent son réconfort.

Se recentrer sur le sens de Noël

Pendant cette période de fêtes, où les attentes sociales et familiales peuvent parfois être sources de stress et de pression, il est essentiel de se recentrer sur le véritable sens de Noël. Rappelons-nous que la naissance de Jésus est une invitation à embrasser la simplicité, la gratitude et la paix intérieure. Gardons aussi à l’esprit que notre joie, nos sourires, le pardon et la gentillesse sont avant tout des dons de Dieu, des cadeaux que l’on offre à Jésus pour tout ce qu’il est dans nos vies.

Que cette saison de Noël soit pour chacun de nous une occasion de nous reconnecter avec la spiritualité et de trouver la paix, même au milieu de nos épreuves. En célébrant la naissance du Christ, nous célébrons également l’espoir et la lumière qui illuminent nos vies.

Nous vous souhaitons à tous un temps de Noël réconfortant et que l’esprit de Noël, grâce à la naissance de Jésus, nous inspire à la charité et à rayonner de l’amour du Christ.

Invitation à la rencontre seniors, le 4 décembre à la salle multi-activités à Muraz à 18h15

En 2022, une centaine de seniors de Collombey-Muraz se réunissaient pour discuter de leur vie au sein de la commune. Deux ans plus tard, nous allons de nouveau nous retrouver, pour donner suite à cette rencontre et aller encore plus loin dans les réflexions.

En effet, la commune n’a pas chômé. Un nouveau poste a été créé. Lea Coulon, animatrice socioculturelle, a la tâche de développer une politique senior au sein de la commune. Et pour ce faire, elle a besoin de vous !

C’est pour cela que la commune vous invite, toutes et tous, à venir participer à cette rencontre où le nouvel office, Culture, intégration et loisirs, vous sera présenté. Ce sera également l’occasion d’échanger plus en profondeur sur vos idées de projet et de les concrétiser pour l’année 2025.

Evidemment, cette rencontre sera suivie d’un moment convivial, où les discussions pourront continuer autour d’un verre.

Pour des raisons d’organisation, la rencontre se fait sur inscription, merci de le faire par mail : inscriptions@collombey-muraz.ch ou par téléphone au 024 473 61 61. 

Une diversité de pratiques pour prier un même Sauveur

Par Smon Roduit | Photo : DR

Ce numéro de L’Essentiel va nous faire traverser les temps liturgiques de l’Avent et de Noël, en passant des feux de l’Avent par les messes Rorate jusqu’à la Nativité de Jésus, suivie par la fête de la Sainte Famille. Que de belles occasions de rencontres !

La grande fête de Noël, plus que toute autre fête, est par excellence un rendez-vous familial. Je m’émerveille de voir la diversité des manières de célébrer Noël dans les foyers de notre paroisse : chez les uns, on construit une crèche dans laquelle chacun peut s’identifier à un berger en l’approchant chaque jour un peu plus de Bethléem. Chez d’autres, on prépare des cadeaux qui font entrer dans l’action de grâce avec les trois mages. Chez d’autres encore, le repas du soir de Noël est préparé et partagé avec un soin admirable, pour montrer la foi en un Dieu qui se fait nourriture.

J’ai été notamment émerveillé récemment de découvrir la belle tradition de certaines familles polonaises de fêter Noël par une veillée autour d’un repas sobre sans alcool ni viande, pour manifester que l’Emmanuel est venu dans la pauvreté d’une crèche. Il y a de nombreuses manières de fêter Noël, mais c’est toujours le même Jésus célébré, qui vient nous visiter dans nos familles.

Une fois revenus dans le temps ordinaire, le mois de janvier verra la traditionnelle Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens. Comme dans toute maison où l’unité est recherchée, le travail vers l’unité de la famille des chrétiens a besoin de diverses activités pour se construire. Notre Eglise catholique nous recommande de prier pour l’unité, de construire un véritable dialogue théologique, et d’œuvrer avec d’autres chrétiens pour plus de justice dans notre monde. Ce témoignage commun par l’action a été mis en avant l’an dernier avec la pastorale de la rue œcuménique. Cette année, nous voulons spécialement insister sur la prière commune entre baptisés pour l’unité des chrétiens. C’est pourquoi le programme de cette semaine de prière nous invitera à nous rassembler pour trois veillées : une lectio divina et une prière de Taizé avec la communauté réformée et un concert de louange avec des membres d’une communauté évangélique.

Que Jésus, le seul Sauveur, qui est célébré différemment dans les différentes confessions chrétiennes, nous accompagne sur le chemin vers l’unité, chemin qui nous mène à la crèche, à la rencontre des autres.

Du nouveau mobilier pour deux chapelles

Le nouvel autel de l’église de Prévondavaux.

Cela faisait un moment que nos prêtres l’espéraient ! Et enfin, leurs rêves se sont réalisés dans les chapelles de Franex et Prévondavaux…

Par Gérard Dévaud
Photos : Sophie Ding, Gérard Dévaud

Les petites tables basses qui servaient d’autels ont été remplacées par du nouveau mobilier liturgique mieux adapté. 

A Franex, les Amis de la Chapelle ont investi dans une nouvelle table en bois massif aux lignes élégantes et épurées et surtout, à une hauteur adaptée pour la liturgie.

Et à Prévondavaux, un nouvel autel, héritage de la cure de Font, vient de prendre place à l’entrée du chœur. Profitant de cette occasion, les anciennes tables saintes en bois, branlantes et abimées, ont été supprimées, ce qui offre un bel espace pour la liturgie.

Merci à toutes les personnes qui prennent soin de nos lieux de culte et les rendent accueillants.

La nouvelle table de la chapelle de Franex.

Retraite au Simplon du Haut-Lac 2024 avec Marie

La joie de la rencontre des générations.

« Ici le Christ est adoré et nourri .» Voici les mots qui nous ont accueillis ce vendredi 1er novembre 2024 à l’hospice du Simplon. Par la grâce du oui de Marie, les presque nonante participants à cette retraite annuelle du Haut-Lac ont découvert ou redécouvert cet amour du Christ « adoré et nourri » et nous remercions chaleureusement les chanoines et tous les employés qui nous ont permis de vivre un week-end de la Toussaint hors du temps et si enrichissant !

« En chemin avec Marie » était le thème choisi par une équipe motivée qui nous a fait plonger dans son histoire, de l’Annonciation à la naissance de Jésus. Avec comme texte central, la« Visitation » Luc 1, 46-55. Laissons-nous nous aussi « visiter » par Dieu !

Comme les images sont parfois plus parlantes qu’un article, voici quelques moments de la retraite, choisis au hasard…

Puis quelques témoignages des participants sur une expérience de vie où ils ont senti la présence de l’Esprit Saint, de Dieu à leur côté :

« J’ai ressenti cette présence dans l’église quand je suis allé me confesser. » Anonyme

« A un moment de ma vie, j’ai cru que tout était terminé pour moi. C’est à cet instant-là que j’ai parlé avec mon cœur à Dieu et il m’a écoutée. Aujourd’hui, je revis. Grâce à Lui ! » Rosalba, Bex

« J’ai ressenti la présence de Dieu lors d’une messe au Grand-Saint-Bernard cet hiver. » Anonyme

« J’ai ressenti la présence de l’Esprit Saint à Lourdes, devant la grotte. » Roxane, Vionnaz

« Lors d’un accident qui aurait pu être fatal, j’ai carrément ressenti des bras qui me tiraient de côté pour me sauver la vie. » Anonyme

« Je ressens cette présence lorsque je monte au Simplon, c’est la troisième fois que je viens et je trouve que c’est une expérience à vivre dans sa vie au moins une fois ! » Anonyme

« J’ai ressenti que Dieu était présent dans ma vie lors de la mort d’une personne proche. Le fait que nous soyons très unis dans la famille m’a fait me sentir accompagnée par quelque chose de « supérieur », comme s’il était là pour mieux nous aider à supporter la douleur du moment. » Anonyme

« Je ressens cette présence à l’hospice, durant les moments d’adoration à la petite chapelle, j’ai senti une lumière d’amour inconditionnel m’entourer. J’ai senti avec mon corps qui n’a fait plus qu’un avec tout ce qui m’entourait. Je ressens cet amour, gratitude infinie. » Laetitia, Miex

« Lors de la veillée de prière avec le pape François aux JMJ 2023, le fait d’être plus d’un million de jeunes à prier en silence, en communion, j’ai vraiment senti la force de l’Esprit Saint en chacun de nous, et c’est un sentiment que je n’avais jamais ressenti auparavant ! » Tobias, Martigny

« N’arrête jamais de recommencer ! J’ai surtout ressenti l’Esprit Saint après une période de tristesse dans ma vie. Il est mon moteur et il m’a aidée à sortir de mon « trou noir » .» Isabel, Le Bouveret


Une nouvelle naissance

Sœur Bénédicte est aujourd’hui Geneviève Genoud…

Geneviève Genoud, native de Bourg-Saint-Pierre, a été Sœur Bénédicte dans la communauté du Verbe de Vie où elle a œuvré 30 ans durant. A sa fermeture, en 2022, elle s’est vue contrainte de commencer une nouvelle vie.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : DR

Geneviève, êtes-vous une cousine de notre ancien curé Jean-Pascal ?
Oui, nos pères respectifs étaient premiers cousins.

Vous avez donc passé 30 ans au Verbe de Vie. Quelle était votre mission au sein de votre communauté ?
Je suis couturière de métier. Mais j’ai beaucoup travaillé à la beauté intérieure des maisons où je me trouvais, pour les arrangements florauxdes costumes pour du spectacle par exemple. J’ai un petit côté artiste. J’aime le beau ! C’était aussi une caractéristique de la communauté. Par ailleurs, j’avais une attirance pour l’évangélisation de rue. Les plus paumés, les cabossés de la vie c’était pour moi ! Je ne sais pas pourquoi… J’aimais parler aux enfants, mener de petits temps de prière ou d’adoration, participer à faire descendre Dieu dans les cœurs. J’aimais également être présente auprès des jeunes.

En été 2021, l’évêque garant de la communauté a décrété sa fermeture définitive. Avez-vous vu arriver ce tournant dans votre vie consacrée ?
La communauté avait demandé une visite canonique *, ce qui est courant. Mais le résultat a été un choc ! J’attendais une aide de l’Eglise comme beaucoup de mes frères et sœurs. J’ai été en état de choc, pendant longtemps… Qu’allais-je faire de ma vie ?

Quel a été votre sentiment au sortir de cet état de vie ? Qu’avez-vous entrepris ?
Je ne voudrais pas choquer, mais j’ai eu l’impression que l’Eglise avait volé ma vie… Grâce à Dieu, j’ai eu le soutien de quelques personnes en arrivant en Valais et beaucoup de grâces matérielles, ce qui m’a encouragée. C’est très compliqué quand il faut tout recommencer presque  de rien. Les recherches matérielles m’ont aidée à regarder vers le futur, mais le plus difficile a été de retrouver un sens à ma vie…

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée ?
Une nouvelle respiration, une liberté ! De nouveaux équilibres de vie sans cesse à trouver et à ajuster !

De quoi est faite votre vie actuelle ?
Je travaille à la Boutique Monsieur comme couturière pour les retouches de vêtements. J’ai conscience d’avoir eu une grande chance de trouver un emploi de ce type en Valais. J’y vois vraiment la main de Dieu.

Votre vocation religieuse ne s’est pas éteinte : quelles dimensions nouvelles vous voyez-vous lui donner ?
Je demeure consacrée. Ces derniers temps, j’ai réalisé que je « suis » une vocation ; que je « suis » une mission. C’est très différent d’« avoir » une vocation ou d’« avoir » une mission ! Je me suis jointe récemment aux responsables de la Pastorale de la rue qui tient le Café du Parvis (mardi et dimanche) à la Maison de la Visitation. C’est une vraie « Visitation » ! Je reçois autant que je donne et même plus, c’est bouleversant ! Cette pastorale me redonne le sens de ma vie que je cherchais : une invitation à être un « morceau d’amour » au milieu de ces enfants que Dieu aime. Que chercher de plus ? Je demande au Seigneur la constance et la fidélité…

* Ce terme désigne une sorte d’audit général d’une communauté religieuse. Ces visites permettent de vérifier si les principes de respect de la personne, de liberté et de sanctification sont respectés. On parle de contrôle, mais c’est surtout un outil pastoral qui vise la protection des personnes.

L’Abbaye Notre-Dame du Mont-Carmel s’ouvre davantage

L’Abbaye Notre-Dame du Mont-Carmel – ou Confrérie du Scapulaire – accueillera dimanche 8 décembre une nouvelle consœur en la personne d’Eliane Chassot, de Bussy, et un nouveau confrère, César Mosquera, sacristain à la collégiale d’Estavayer-le-Lac, de nationalité espagnole.

Par Marie-Christine Mota | Photos : Georges Losey, LDD

Par le passé, ces deux personnes n’auraient pas pu rejoindre les rangs de la noble confrérie. Eliane Chassot parce que l’abbaye a été très longtemps exclusivement masculine et César Mosquera en raison de son origine étrangère. En effet, les statuts des fondateurs imposaient d’accepter uniquement des confrères bourgeois de la cité d’Estavayer-le-Lac comme nouveaux membres.

Afin de perdurer, l’ancestrale abbaye–confrérie a réfléchi à ouvrir ses portes aux personnes qui se sentent proches de Marie, mère de Jésus et notre mère dans la foi, mais qui ne répondaient pas nécessairement aux exigences historiques. 

Le premier sans passeport suisse !

C’est ainsi qu’elle a remis, à ce jour, l’écharpe et le scapulaire à deux femmes, ainsi qu’au premier membre non bourgeois.

Pour adhérer

Si vous souhaitez rejoindre la confrérie–abbaye, il suffit de vénérer Marie, d’être sensible à la détresse des mamans dans le besoin, de vivre sur le territoire de la Paroisse Saint-Laurent Estavayer et  de vouloir maintenir la tradition et de partager l’amitié qui réunit ses membres. Ecrivez à l’adresse du gouverneur : André Butty, Chemin de la Bata 10, 1470 Estavayer-le-Lac.

Bon anniversaire Jean-Marie!

Notre évêque bien entouré.

Par Nicolette Micheli
Photos: Michel Micheli

Petite conversation que j’ai eue après une messe, avec les servants : 
– Surprise ! Vous êtes tous invités à un anniversaire le 13 octobre !
– Par qui ? 
– Par notre évêque !
Regards étonnés et interrogateurs… 
– Il a quel âge ?
– Il fête ses 10 ans… comme évêque !

La petite équipe du Bouveret, accompagnée du Père Joseph et du stagiaire Abel, se retrouve à Sion, devant l’évêché. D’autres servants sont venus de tout le Valais et du Chablais vaudois. Johann, le responsable, accueille les jeunes, forme des groupes et lance toutes sortes de jeux pour animer cet après-midi festif. Les groupes s’éparpillent, soit dans l’évêché, soit sur la place de la cathédrale. Les rires fusent de partout, les enfants s’interpellent, collaborent, car pour garantir la réussite d’un jeu, il s’agit de coopérer ! « Moi j’ai trouvé le jeu du ski trop bien ! Pas facile d’avancer à trois, sans tomber ! » « Nous, on s’est concentré  pour faire avancer la petite voiture sur les planches, mais on n’est pas arrivé du premier coup ! » Dans un coin discret, les servants préparent le cadeau qu’ils offriront à l’évêque, dans la cathédrale. Chacun s’applique pour peindre une des lettres d’un message inscrit sur une longue banderole blanche. 

Comme à chaque anniversaire, on partage un gâteau ! De délicieuses tartes aux pommes et des sirops à volonté régalent tous les invités. Puis l’évêque répond en toute simplicité aux questions des enfants.

Quand avez-vous décidé d’être prêtre ? 
J’y pensais comme enfant, mais c’est à 12 ans que j’ai décidé de faire des études pour devenir prêtre.

Quand avez-vous voulu être évêque ?
Et bien, je n’y avais jamais pensé, répond l’évêque dans un éclat de rire ! Lorsque le représentant du Pape me l’a demandé, j’ai été très surpris ! J’ai beaucoup réfléchi et puis j’ai dit oui !

Après la photo qui rassemble tous les invités autour de l’évêque, on se dirige vers la cathédrale pour vivre des Vêpres festives en musique. Prières et chants alternent en français et en allemand.  Quand l’évêque reçoit son cadeau, il lit le message et remercie chaleureusement les servants, très fiers d’eux. C’est aussi pour lui l’occasion d’accueillir deux futurs diacres, leurs épouses et leurs familles. 

Cette cérémonie a soulevé bien des questions chez nos servants… entre autres :
– C’est quoi les Vêpres ? 
– Un diacre, ça sert à quoi ?
– Que va faire l’évêque avec le cadeau qu’on lui a offert ?

A la sortie, chacun reçoit aussi un cadeau. Pour les adultes, un livre sur l’évangile de Luc, écrit par notre évêque, qui réunit ses homélies enrichies des réflexions du pape François et pour les jeunes, de petits sacs colorés. 

Merci à notre évêque et à tous ceux qui ont organisé ce bel anniversaire ! Nous gardons bien présent le message peint sur la banderole, comme une invitation qui nous est faite : 

ENSEMBLE EN CHEMIN POUR ANNONCER L’AMOUR DE DIEU !

Jeu d’équilibre avec des skis.
Partage du goûter.

Noël, la Terre et le Ciel se parlent

Polyptyque sur l’enfance de Jésus (Arcabas, 2002).

« Noël » : ce mot a une résonance particulière en chacun de nous. J’ai demandé à Christiane Cura, paroissienne de Martigny, ce que cette fête représente pour elle et je la remercie pour le partage de ses réflexions.

Les anges chantant (Arcabas, 1986).

Par Françoise Besson
Photos : Grégory Roth, Denis Vinçon

Les Noëls de mon enfance sont liés à la lumière. Le 24 au soir, mon frère et moi attendions chez ma grand-mère et ma tante que la fête de Noël commence. A l’heure dite, nous partions dans la nuit rejoindre mes parents. Au moment où la porte de la maison s’ouvrait, c’était l’éblouissement ! Le grand sapin illuminé brillait de toutes ses bougies, les épis lançaient des étincelles, la nuit était vaincue !

Une autre source de lumière et de joie, c’est le récit de la Nativité. Il est tellement beau ! C’est comme un conte de fées céleste, avec les anges et leurs chants, c’est le ciel et la terre qui se parlent. La nuit est sombre autour de Bethléem où Jésus vient de naître. Dans les champs, des bergers gardent leurs troupeaux. Et soudain « La gloire du Seigneur les enveloppe de sa lumière » et « ils sont saisis d’une grande crainte ». Un ange les rassure et leur annonce une grande joie : la naissance d’un Sauveur. La troupe des anges célèbre la gloire de Dieu. 

Les bergers découvrent l’enfant. Après eux, les mages viennent l’adorer. C’est émouvant de voir comment les uns et les autres acceptent le mystère sans poser de questions, tout simplement. Devant Jésus, ils se prosternent, ils l’adorent… On voit que c’est quelque chose de tellement fort pour eux, un émerveillement.

Qu’ont-ils fait par la suite de cette révélation ? Les bergers racontèrent autour d’eux ce qui avait été annoncé au sujet de cet enfant. « Ils glorifiaient et magnifiaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu. » Quant aux mages, leur joie était si profonde qu’ils devaient en rayonner. 

Mais comment comprendre qu’un tel événement ait été révélé de façon aussi confidentielle, à des très humbles comme à de grands savants ? Et nous, que faisons-nous de ce récit ? Il est merveilleux, mais tellement au-delà de notre compréhension. Il ne prend réellement sens que dans la foi. 

Un Dieu bébé (extraits d’un texte de J. Lhoir)

Un Dieu bébé, si petit, si démuni, si vulnérable, si dépendant… un Dieu qui se fait l’un d’entre nous !…Aucun homme, non vraiment aucun, n’aurait pu inventer une pareille histoire… […] 

Il y avait sûrement des anges qui chantaient dans le ciel cette nuit-là, mais c’étaient des anges comme ceux de la Résurrection : il fallait y croire pour les apercevoir… On ne les voyait qu’avec les yeux du cœur, ils ne s’imposaient pas, tout le monde n’était pas obligé de les remarquer. Il fallait un cœur ouvert comme celui de Marie et de Joseph et des bergers pour les voir et les entendre. C’est pourquoi ceux qui n’attendaient rien sont passés distraitement sans rien découvrir.

Seigneur, donne-nous un cœur d’enfant pour que nous puissions te reconnaître dans la crèche ! Ouvre-nous les yeux du cœur pour nous éveiller enfin à la vraie vie […] qui est d’aimer et d’être aimés, d’œuvrer autant que nous le pouvons pour faire de l’année qui vient, une bonne et heureuse année. 

Une retraite bien méritée pour « Mme caté »

On pourrait surnommer Martine Hayoz la « Madame caté » de la paroisse ! Elle prend une retraite  bien méritée après une vingtaine d’années d’activité comme enseignante d’instruction religieuse. Et si elle rend son tablier de catéchiste professionnelle, c’est aussi pour mieux se mettre « à l’affût » !

Par Claude Jenny
Photos : Gilbert Hayoz

La Châtillonnaise a commencé à enseigner le caté il y a une vingtaine d’années. D’abord comme bénévole puis, avec de multiples formations, elle est devenue catéchiste professionnelle. C’est-à-dire engagée par une paroisse pour aller enseigner l’instruction religieuse dans les écoles. Ce qu’elle a fait dans presque tous les établissements de la région ! A la fin de la dernière année scolaire, elle a décidé d’arrêter et de prendre une retraite bien méritée. En gardant une kyrielle de bons souvenirs d’une activité qui n’a pourtant rien d’une sinécure ! Ce d’autant que Martine Hayoz préparait ses cours avec beaucoup d’attention et… de savoir ! Elle avait adopté une méthode qui s’avérait efficace pour permettre aux élèves de « se connecter », non pas avec leur smartphone… mais avec leur vie intérieure ! Comment ? « En leur expliquant que pour aller vers Dieu, il faut d’abord passer par le silence. Si je suis calme, je peux mieux prier et ouvrir la discussion à partir d’un passage d’un texte biblique » explique l’ex-enseignante, qui est absolument convaincue que les enfants ont besoin d’une éducation chrétienne.  « Il faut qu’ils découvrent la Bible ! » insiste-t-elle. Ce livre de référence est au centre de la vie de Martine Hayoz qu’elle conjugue à tous les temps… de la nature ! Elle a d’ailleurs animé de nombreux ateliers, hors caté, pour permettre aux enfants d’allier le travail manuel avec des éléments de la nature.

Encore davantage « à l’affût »

« Dieu est dans la création. C’est donc dans la nature que je peux le mieux vivre ma foi et me ressourcer » dit-elle. Et lorsqu’elle le fait, c’est souvent en partage avec son mari, spécialisé dans la photographie animalière. Et les deux s’en vont dans la nature « se mettre à l’affût ». Rester des heures camouflés pour observer, sentir, se ressourcer. « Là, vous vivez vraiment les instants présents. Chaque bruit, chaque odeur vous interpelle confie-t-elle, car c’est important de nourrir son cœur avec les éléments de la nature. » Autant dire que, désormais, elle aura plus de temps pour accompagner son mari, là où il pourra compléter sa fabuleuse collection de photos animalières. Là où Martine Hayoz se sentira en découverte permanente d’une foi stimulante.

Elle ne s’éloignera pas pour autant de l’Eglise pour « se cloîtrer » dans la nature ! Elle restera d’ailleurs accueillante des nouveaux baptisés pour la communauté de Lully / Châtillon et auxiliaire de l’eucharistie. Et… peut-être une nouvelle aventure spirituelle du côté de l’accompagnement des migrants. Sa fringale de nature ne va pas altérer son évidente envie de communiquer et de transmettre son message de foi.

« Dans le jardin de la Bible »

En suivant des cours d’art floral liturgique, Martine Hayoz a découvert un beau livre, « Dans le jardin de la Bible » : « Il m’a ouvert les yeux sur l’importance dans la Bible des végétaux et leurs symboliques. »

En qui croyons-nous ?

Le baiser de Judas par Fra Angelico (XV e siècle), peinture qu’évoque Chappaz dans Evangile selon Judas, signalant l’auréole noire attribuée au Traître.

Dans Evangile selon Judas (2001), Maurice Chappaz adopte le point de vue du Traître. Une manière d’aborder sa foi en Jésus-Christ en tant que poète. Sa fascination pour celui dont il fait un jumeau de Jésus a en effet partie liée à son attrait immodéré pour les beautés du monde.

Par Benjamin Mercerat
Photo : DR

A la différence de ses autres ouvrages, le poète n’est plus ici essentiellement à l’écoute du monde et en particulier de la nature, mais il lit les Evangiles, s’y confrontant sincèrement, se demandant honnêtement qui est le Christ pour lui. Il a côtoyé le mystère de Jésus, avec les apôtres, en particulier avec Judas, et il emmène le lecteur sur leurs traces, à grands renforts d’envolées lyriques et de souvenirs personnels.

L’aspect le moins réussi du livre est probablement l’invention romanesque : l’auteur imagine que Judas a remplacé in extremis Jésus lors du massacre des saints Innocents, auquel il aurait survécu. Il y aurait ainsi une dette initiale. Aussi, Jésus et Judas sont présentés comme des jumeaux, des doubles opposés. Chappaz se demande par conséquent si le rôle de Judas n’était pas nécessaire au Salut, excusant en quelque sorte le Traître. 

Cependant, l’auteur ne fait pas que chercher des excuses à Judas, mais signale également de façon tout à fait claire son vice fondamental : plutôt que de s’en remettre à Jésus, de lui faire confiance, donc de croire en lui, il veut agir politiquement, par sa propre volonté. La scène du parfum déversé sur les pieds du Christ par Marie-Madeleine, emblématique – Judas prétend qu’il aurait mieux valu vendre le parfum pour aider les démunis avec l’argent – est ainsi commentée :

« Il (Judas) a restreint sa foi à lui-même : voilà le guet-apens. Que dois-je dire de Dieu ? Celui qui n’a plus rien parce que c’est Sa volonté et qu’il l’accepte, sourit. Il est là : aussi ferme qu’un rocher, aussi à l’aise que la petite voile du cacatois sur la mer. »

Chappaz n’a jamais aimé ce qu’est devenue cette Eglise (la nôtre…) qu’il nomme « post-conciliaire ». Il l’associe éloquemment à Judas dans les dernières pages de son texte : 

« L’église-monde trahit, s’étourdit et bavarde. On a basculé, à l’Office, aux cuisines d’un journal. […] / La Liturgie : ce miroir qui nous sort de la mort a été brisé. / L’Eglise visible a perdu l’Eglise invisible. / Le nouveau curé, abdiquant son secret, a épuré la foi de tous ses dogmes, élagué toutes les cérémonies et il corrige la Passion. Le grand poème n’était ni assez clair ni assez social. »

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Evangile selon Judas, Gallimard, 2001.

Fondation As’trame : l’enfant au centre

Née en 1995 afin d’accompagner familles et enfants face à une maladie grave, l’action d’As’trame 1 s’est ouverte à d’autres problématiques : deuil, séparation, trouble psychique, addiction. Présente en Valais, la fondation espère y étendre son action.

Anne de Montmollin dirige la Fondation As’trame.

Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

« Depuis 2009, les demandes ont doublé, selon sa directrice Anne de Montmollin. C’est sans doute l’effet combiné de la notoriété et de l’impact covid. Sur le Valais, nous avons une petite équipe de deux personnes, nous aurions besoin de doubler nos effectifs. » Forte de 22 collaborateurs, As’trame a suivi 1’500 familles en Romandie en 2023. Un « parcours enfant » coûte Fr. 510.– avec une aide en fonction des finances familiales. Pour l’heure, en Valais, la fondation fonctionne avec une plus grande part de fonds privés que publics et, dans l’attente d’une augmentation d’effectif, elle ne peut accepter de demandes supplémentaires avant 2025. Quant à sa démarche, elle privilégie l’approche systémique, soit, comme le définit sa directrice, « une méthode qui prend en compte la répercussion d’un événement sur l’ensemble de la famille à hauteur du regard de l’enfant. »

Anne de Montmollin, pour protéger l’enfant, on a longtemps éludé ses questions lors d’un décès, une attitude que vous ne cautionnez pas ?
Face à un drame, l’adulte peut se sentir démuni, mais le silence génère une perte de repères chez l’enfant. L’enfant se retrouve alors seul avec un trop-plein d’émotions : colère, tristesse, culpabilité, sentiment d’abandon, soulagement après une longue maladie… Certains extériorisent, d’autres pas. Les réactions peuvent être très diverses allant du repli sur soi à l’agressivité. La souffrance est là, il convient de l’accompagner. Nous nous appuyons alors sur un narratif : c’est la fin de la vie, pas du lien qui continue autrement, par le rêve, les objets symboliques… Nous laissons de côté les étapes du deuil, trop normatives. Il s’agit de donner du sens à la vie d’après, chacun à son rythme. De plus, l’enfant vit son deuil en grandissant. Chez les plus jeunes, il n’y a pas l’idée du définitif et il doit pouvoir intégrer cette histoire douloureuse peu à peu. Quant aux métaphores usuelles (« Papa est parti au ciel. »), nous les explicitons suivant l’âge, les croyances, les cultures. 

La maladie psychique d’un parent est une autre situation éprouvante. As’trame a organisé une semaine de sensibilisation en mars 2024 sur les « jeunes aidants », un problème de santé public sous-estimé ? 2
Un enfant confronté à la maladie psychique d’un parent vit un enfermement et se retrouve dans un état de fragilité encore marqué qu’avec une maladie plus ordinaire. Il est isolé car des tabous demeurent autour de ces troubles et il faudrait une plus forte mobilisation des pouvoirs publics, des associations en faveur de la formation des professionnels et des acteurs de la prévention. Enfin, changer de regard sur ces troubles et sur le vécu de ces enfants est primordial. Ici aussi, il faut privilégier le double focus : l’enfant et la famille, créer un narratif familial et laisser un espace à l’enfant auprès des professionnels3 et dans le cercle familial. 

Ces professionnels confrontés à ces récits de drames font un travail difficile. Un travail malgré tout gratifiant ?
Oui, car, en dépit du manque de moyens, il a du sens, « une haute valeur existentielle » selon l’expression d’un collègue. Notre approche consiste aussi à identifier les ressources et pas uniquement les difficultés. Il y a souvent de la magie dans les groupes d’enfants. J’ai travaillé en Amérique du Sud et, sans faire de généralités, je dirais que l’expression de la fragilité et les rituels occupent une plus grande place que chez nous, des ressources à importer.

1 Pour l’astre du Petit Prince de St-Exupéry et pour la trame du temps.
2 Il concernerait au moins 50’000 jeunes de 10 à 15 ans selon la Haute Ecole de Santé de Zürich, sans doute beaucoup plus.
3 En Valais, As’trame collabore notamment avec l’hôpital de Malévoz.

Contact :

Sidonie Thueler et Christelle Vaudan, Chemin des Collines 2b, 1950 Sion
et Maison de la Grenette, Rue du Bourg 8, 1920 Martigny
Tél. : 027 552 20 25
Site : www.astrame.ch
E-mail : valais@astrame.ch

A voir et à écouter : 

RTS, Temps Présent, 22 février 2024 : Enfants proches aidants
RTS, La Matinale, 11 mars 2024 : Enfants vivant avec un parent malade psychiquement
RTS, Drôle d’époque, 18 juin 2024 : Interview d’Anne de Montmollin

Activités ludiques et créatives proposées aux enfants pour leur permettre d’exprimer ce qu’ils portent et d’introduire un dialogue.

Estavayer : deux artistes exposent sur le sacré

Deux artistes, Sandrine Devaud, de Fribourg et Stéphane Cusin, de Grandcour, se sont associés pour présenter une exposition de collages et photos à la Galerie BiseArt à Estavayer-le-Lac. A voir jusqu’à la veille de Noël.

Par Claude Jenny | Photos : LDD

Les deux artistes se sont rencontrés durant leur formation dans le dessin d’architecture. Ils se retrouvent aujourd’hui avec cette exposition pour évoquer le sacré, un thème d’expression cher à de nombreux artistes.

Le Broyard Stéphane Cusin dit « aimer pousser la porte du sacré, parcourir ses ruelles, ses clairières, ses travées ». « J’aime me poser dans l’abbatiale de Payerne, m’approcher du grand séquoia de mon village, capturer ces lieux par mes photographies. » Un sacré qui se vit différemment suivant les lieux, à l’image des peuples qui y habitent. Le photographe l’a rencontré au fil des destinations qu’il a visitées et nous en donne un reflet par l’image, particulièrement à la lumière du matin qu’il affectionne. L’année dernière, il a ouvert son propre lieu d’exposition à Grandcour : « la petite dépendance ».

Pour Sandrine Devaud, art-thérapeute et animatrice de l’espace « la parenthèse créatrice » en ville de Fribourg, le sacré représente « une expérience qui passe par le corps, déclenche une émotion bouleversante et donne l’impression jubilatoire de faire partie de quelque chose de plus vaste où tout est relié par des liens invisibles ». Avec sa technique du collage, elle veut  transformer l’existant pour « un champ infini des possibles ».

• Exposition à voir à la galerie BiseArt, rue des Granges 16 à Estavayer, du 30 novembre au 22 décembre, du vendredi au dimanche de 14h à 18h. Vernissage le 30 novembre à 16h.

Un photo-collage réalisé par les deux artistes. Photographie de Stéphane Cusin, « Le Campo Santo » de Perpignan. Collage de Sandrine Devaud.

Verbe instansitif

Par Myriam Bettens
Photo : Jean-claude Gadmer

L’humilité est essentielle lorsqu’on est lecteur de la Bible. A trop vouloir se prendre pour le Verbe, le chrétien peut parfois oublier que devant le Dieu de la Bible, il n’est que sujet.

Le Texte demeure le déterminant de toute interprétation. Quoi qu’il en soit, le lecteur est responsable de la lecture et des interprétations qu’il en fait : délicat équilibre entre ce que représente sa foi et la relation qu’il entretient avec Dieu. Mais comment rester fidèle à la Bible sans se voir taxé, à choix, de fondamentaliste ou de passéiste ? Peut-être en se souvenant que ce n’est pas par son intelligence qu’il sera capable de décrypter le Texte, mais par sa foi, constamment renouvelée par l’Esprit du Dieu auquel il croit. Chaque fois que nous cantonnons la Bible dans une lecture pour répondre à nos présupposés, nos envies, nos besoins, voire aux tendances du moment, implicitement nous enfermons Dieu. Nous L’empêchons de révéler ce qu’Il a à nous dire. Nous Le faisons sujet, alors qu’Il est Verbe par excellence.

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