Le miracle de Lourdes n’aura pas lieu ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), mai – mi-juin 2020

Texte et photo par Geneviève Thurre 

A l’instar de notre monde, remanié de fond en comble, le pèlerinage de Suisse romande à Lourdes, prévu en mai, est reporté, apportant ainsi son lot de chamboulements…

… aux personnes malades et à leurs familles, pour qui Lourdes est une grande respiration annuelle

… aux pèlerins qui s’accordent cette retraite spirituelle

… aux hospitalières et brancardiers qui devront cette année réinventer leur désir d’être « aidant-es ».

Car oui, contraints au confinement, nous le sommes ! Enfer et damnation ! Enfer et damnation ?

Suite aux apparitions de la Vierge, Bernadette Soubirous devient une célébrité en 1858. Elle a 14 ans et petit à petit, le monde ne lui laisse plus de répit, voulant la voir, la toucher, lui parler. Lourdes est envahie, sa vie à elle aussi. Pour échapper à cette situation, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers, contrainte au confinement. Son éloignement de la vie civile confirme son désir de devenir religieuse.  Elle entre au couvent de Nevers. Son service à Dieu la place au chevet des malades de sa congrégation qu’elle soigne avec un dévouement sans faille. 

Depuis, Lourdes rassemble en son sein les personnes malades et les soignant-es, qui reproduisent à l’échelle mondiale le quotidien confiné de sainte Bernadette.  L’humble vie de Bernadette, enfermée dans son couvent et bien souvent souffrante elle-même, a donné naissance à un « ricochet infini de charité ». N’est-ce pas LE miracle de Lourdes ? 

J’écris ces quelques lignes à fin mars et le confinement a donné naissance à une multitude d’actions magnifiques, qui sont relayées abondamment, oh miracle, au téléjournal. De nos souffrances et de nos solitudes naîtra peut-être un « richochet durable de solidarité ». Engageons-nous à percevoir les gestes doux autour de nous et, à travers eux, à fortifier notre foi en Dieu.

PS : Qui sait sur quoi va déboucher notre pèlerinage 2020 à Lourdes ? Tenons-nous prêt-es à accueillir son Œuvre !

Rencontre avec un hospitalier de Lourdes: Jean-Bernard Fellay

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), mai – mi-juin 2020

Propos recueillis par Véronique Denis | Photo: Durand Photos-Lourdes

Jean-Bernard Fellay est hospitalier de Lourdes depuis 53 ans. Il a accepté de répondre à nos questions. 

Dans quelle circonstance a eu lieu le premier pèlerinage à Lourdes ?
Ses parents, fervents pratiquants et ayant une grande confiance en Marie, Notre Dame de Lourdes, inscrivent Jean-Bernard pour son premier pèlerinage à Lourdes. C’était quelque temps avant l’amputation de sa jambe. Et l’année suivante, Jean-Bernard y retourne, avec la jambe amputée. Mais cela ne l’empêchera pas de se mettre au service des pèlerins malades, et depuis chaque année avec le pèlerinage du mois de mai à Notre-Dame de Lourdes. 

Pourquoi y retourner chaque année ?
Jean-Bernard a de la peine à expliquer pourquoi il retourne chaque année à la Grotte de Massabielle, mais il pense que les contacts humains favorisent et encouragent les nouveaux pèlerins à vivre cette expérience de foi qu’est le pèlerinage. 

Chaque année, Jean-Bernard invite de nouveaux pèlerins ou des hospitalières et hospitaliers à s’inscrire et à venir découvrir Lourdes et vivre une expérience inoubliable. 

Jean-Bernard explique aussi qu’à Fully, les hospitalières et hospitaliers de Lourdes sont visibles et se mettent volontiers au service de la communauté paroissiale (notamment, lors des grands rassemblements ou fêtes : première communion, fête paroissiale, animation du chemin de croix ou autres temps de prières, etc.) Cette visibilité interpelle et peut susciter de nouvelles vocations d’hospitalières et d’hospitaliers. 

Qui sera le prochain nouveau pèlerin de Notre-Dame ?

Une nouvelle recrue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), mai 2020

Par Audrey Boussat | Photo: Darren Irwin

Voilà bientôt un an que j’ai rejoint l’équipe de L’Essentiel et je ne me suis pas encore présentée : Audrey, 22 ans, nouvelle rédactrice de votre bulletin. Enchantée !

Peut-être êtes-vous curieux d’en apprendre un peu plus sur moi et ma relation à l’Eglise. Après mon parcours de catéchisme, j’ai rejoint le groupe de jeunes de Nyon, que je fréquente assidûment et avec beaucoup de joie. Je suis engagée dans l’organisation de la messe animée par les jeunes une fois par mois à l’église de la Colombière (cf. page 10) : je rédige les prières universelles et sers l’agape après la célébration. J’ai aussi le privilège d’être trois fois marraine, de ma maman entre autres.

Ouverte aux belles expériences que le Seigneur sème sur mon chemin, c’est avec plaisir que j’ai rejoint le navire des rédacteurs de L’Essentiel quand on me l’a proposé un peu par hasard. J’avais en effet pris contact avec la rédaction pour publier un article sur le voyage du groupe de jeunes en Arménie l’été dernier. C’est alors qu’on m’a proposé de monter à bord. J’ai saisi cette opportunité et j’en suis ravie.

Etant encore aux études, en master de droit à l’Université de Genève, je n’avais encore jamais côtoyé le journalisme de si près. J’ai choisi le droit animée par l’envie d’aider autrui, de donner un sens à ma vie en me rendant utile. J’aimerais compléter ma formation par des études dans le domaine de l’environnement, car la sauvegarde de la création me tient à cœur (cf. page 3).

Depuis ma première séance de rédaction de L’Essentiel, j’ai acquis de nouvelles connaissances passionnantes. Je me familiarise avec des termes nouveaux, des codes fascinants, un univers qui invite à la découverte. Cette aventure m’a aussi permis de rencontrer des bénévoles tous plus sympathiques les uns que les autres et dotés d’un sens de l’humour qui m’a tout de suite mise à l’aise. Côtoyer des gens qui donnent sans compter et dont la joie de vivre est communicative est un réel plaisir. Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont accueillie si chaleureusement dans la famille de L’Essentiel !

Hommage à nos prêtres disparus

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), mai 2020

Marc Passera (Genève, 11.09.1958 – Genève, 16.03.2020)

Par Pierre Moser
Photo: DR

Notre abbé Marc nous a quittés lundi 16 mars 2020, lui qui protégeait la veuve et l’orphelin. Brutal, inattendu, injuste, ce départ nous laisse désemparés. Tellement désemparés que nous avons eu de la peine à sortir de cet état de choc. Mais Marc nous aura comblés. Nous attendions un curé, nous avons accueilli un sage. Nous attendions un prêcheur, nous avons reçu un théologien.

Il n’aura pas été de ceux qui protestent à la moindre injustice sans jamais faire un pas. Silencieux, il le restait, ne se fâchant jamais avec personne, mais au contraire agissant jours et nuits, semaines et dimanches. Combien de sans-abri ont défilé dans son appartement, accueillis chez lui quand « toutes les croquantes et les croquants leur avait fermé la porte au nez ». Il était à la vie de tous les jours ce que d’aucuns professent le dimanche.

Symbole de l’œcuménisme
En plus de ses fonctions de curé in solidum de la paroisse de Saint-Joseph, il était membre du Conseil presbytéral de Lausanne, Genève et Fribourg depuis 2017. Il était à ce titre une des trois voix qui représentaient notre canton auprès de notre évêque diocésain. Accompagnateur spirituel auprès des adultes catéchumènes depuis 2012, il a conduit nombre de nouveaux paroissiens vers le baptême pascal. Très impliqué dans la vie de son canton et de sa paroisse, il l’était aussi « à l’international ». Ses projets concernant l’Eglise catholique du Grand Genève sont là pour le prouver et ce n’est pas le Père Pierre Marmilloud, curé d’Annemasse, qui me contredira. La communauté italienne, avec laquelle il échangeait beaucoup, le regrette autant que nous. Enfin, en pleine terre protestante, il était un symbole vivant de l’œcuménisme, le vrai, le total, celui qui n’ignore ni les réformés ni les orthodoxes.

Deux jours avant que Dieu ne le rappelle, il écrivait encore un de ces textes qui sont notre lumière : ressemblant dramatiquement à un testament, cet écrit nous soutiendra tout au long de cette période de pandémie ainsi que de deuil. Je me suis permis de prendre la plume non pas en tant que président du conseil de communauté, mais en tant qu’ami et porte-parole de ceux qu’il a accompagnés. Que la famille de Marc veuille bien nous excuser de ne pas les avoir contactés avant la publication de ce texte : qu’ils soient assurés de notre sympathie et de nos prières. Nous nous retrouverons, je l’espère, à l’occasion d’une messe de requiem que j’appelle de mes vœux.

Edmond Gschwend (Genève, 10.05.1931 – Genève, 03.03.2020)

Cheville ouvrière du dialogue œcuménique à Genève et partisan d’une Eglise « vers les périphéries »

Par Karin Ducret
Photo: DR

L’abbé Edmond Gschwend est décédé le 3 mars 2020, dans sa 89e année et la 64e de son sacerdoce.

L’abbé Edmond Gschwend a été curé de la paroisse Saint-François de Sales (Chêne) de 1967 à 1983 et archiprêtre de l’archiprêtré Saint-Pierre-aux-Liens de 1971 à 1983.
Succédant à l’abbé Jean-M. Marquis en 1967, l’abbé Gschwend introduit, avec l’abbé Pascal Mercier, son vicaire, la messe en français suite à la réforme de liturgie du Concile Vatican II 1 et dissout le « Cercle de l’Union de Chêne », un cercle d’hommes catholique, créé en 1874, et leur repas annuel de Saint-François. Dans la mouvance de Vatican II il crée la « Messe Partage et Eucharistie » : des paroissien-ne-s avaient exprimé leur désir de participer plus concrètement à la messe et de la partager avec des personnes d’autres confessions. La « Messe Partage » a été célébrée à Chêne jusqu’en mars 2017 ! La Communauté de Base de Chêne est créée en 1972. Quelques jeunes couples, rejoints par des couples mixtes et orthodoxes, ont eu envie de participer d’une façon active au Partage de la Parole et à la célébration eucharistique que l’abbé Gschwend présidait une fois par mois. Cinq CDB existent toujours à Genève. Le groupe œcuménique Tiers-Monde de Chêne-Thônex a aussi été initié par l’abbé Gschwend avec le but de sensibiliser les paroissien-ne-s aux difficultés des populations vivant dans les pays en voie de développement. Ce groupe a fonctionné jusqu’en 2019 ! Un paroissien se rappelle de son mariage, de la communion et de la confirmation de ses enfants célébrés par l’abbé Gschwend (voir photo). Toutes et tous se souviennent d’un prêtre engagé à « mettre l’Evangile en rapport avec leurs vies » ! L’abbé Gschwend a assuré pendant huit ans la codirection de l’Atelier œcuménique de théologie (AOT) et faisait partie de ce groupe de théologien-n-es protestant-e-s et catholiques qui, dans les années 1970, « ont senti le besoin de faire de la théologie vivante » En 2001 l’abbé Gschwend témoigne : « Nos Eglises ont encore beaucoup de chemin à faire pour réaliser le vœu de Jésus « Qu’ils soient Un ». […] Le découragement n’est pas permis. L’Evangile reste une Bonne Nouvelle, LA Bonne Nouvelle. »

1 Sacrosanctum Concilium : la participation est le leitmotiv, afin que « les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l’action sacrée » (n° 48).

Antonio Casanova (Lugano, 07.10.1929 – Genève, 06.12.2019)

Par Frédéric Monnin
Photo: DR

J’ai attendu la dernière minute pour entamer la rédaction de ces lignes. Pour la simple raison que le point final de cet hommage est en même temps le dernier adieu que je lui adresse, un vilain virus – déjà ! – m’ayant cloué au lit le jour des funérailles, en décembre 2019.

Antonio Casanova était encore président du Conseil de paroisse, lorsque je fus engagé à St-Paul. Les années qui suivirent furent pour moi un des plus beaux apprentissages qu’il me fut donné d’accomplir. Antonio Casanova était un passionné d’art, de musique, d’histoire et de culture, passionné d’une église St-Paul devenue comme son enfant, et qu’il contribua magistralement à embellir, jusqu’à mener à terme le programme visionnaire voulu par l’abbé Jacquet, fondateur de la paroisse. C’est à lui qu’on doit la construction des grandes orgues en 1996 (il en dessina le buffet) et la pose, en 2005, des vitraux de Pierre Chevalley dans la chapelle de semaine réalisée en 1978. En quelque sorte déjà un cadeau, 10 ans avant, pour le centenaire de cette alerte bâtisse, classée grâce à lui monument historique en 1988, au terme de grands travaux de restauration qu’il dirigea en tant que Maître d’œuvre.

Notre ami et collègue Pierre Moser écrit d’ailleurs que St-Paul ne fut pas la seule bénéficiaire des qualités professionnelles d’Antonio Casanova, puisqu’il dirigea la reconstruction, de 1973 à 1976, du Théâtre de l’Espérance, et qu’il apporta son concours à la restauration de la cure de St-Antoine de Padoue.

La paroisse St-Paul lui doit également, avec le concours d’Evelyn von Steffens, le titanesque travail de classement des archives, et le dépôt de nombreux objets auprès des services cantonaux du Patrimoine.

Et puis, comment pourrais-je conclure sans témoigner de cette passion pour les œuvres artistiques présente dans l’église St-Paul ? Une passion qu’il a fait naître chez moi aussi, comme on passe le témoin à la génération suivante. Du président de paroisse au concepteur de l’exposition du centenaire en 2015, il était devenu pour moi quelqu’un d’autre ; une relation particulière s’était tissée. Et quand je repense à ces moments de causeries au restaurant ou chez lui avec sa chère Pilar, à ces clins d’œil amusés, à cette complicité et à la passion pour notre église, tout cela me renvoie à mon propre grand-père. A l’annonce de son décès le 6 décembre, je me suis senti comme orphelin, c’est entendu, mais aussi légataire d’une passion dont je rends grâces à ce si singulier grand-père.

Qu’à Dieu ne plaise, nous nous reparlerons, Monsieur Casanova ; en d’autres temps, sous d’autres cieux… mais pour l’heure, un seul mot me vient à l’esprit : Merci !

Guérir, à tout prix?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), mai 2020

Texte et photo par Raphael Delaloye

Ces dernières semaines on a beaucoup invoqué Marie et tous les saints du ciel pour nous protéger de ce virus. Les neuvaines et les dizaines se sont multipliées au cœur de nos quarantaines, la guérison en ligne de mire.Chacun rêve des effets positifs de cette crise et s’imagine comment notre monde va s’en sortir grandi, apparemment uni autour d’une cause commune. Pourtant il ne fait aucun doute que le mal continue son œuvre.

On attend comme le messie le vaccin miracle, porté par un scientifique zélé, une couronne de laurier autour du cou. Brandi dans le climat de peur actuel ce nouveau graal pourrait vite devenir « l’air de rien » une monnaie de pouvoir, avec la complicité de petits malins bien placés. Quand les opportunités se présentent, la corruption et l’orgueil se servent au passage. Pardon de peindre le diable sur la muraille…

Il en va de même à notre niveau, lorsque, face à nos mal-êtres, ou désemparés devant hémorragies ou brûlures, nous faisons appel à toutes sortes de guérisseurs, pétris de promesses dont eux seuls ont le secret…

La question à se poser est celle des détectives : « A qui profite le crime ? » Ouvrons l’œil et le bon… un opportuniste rôde, même derrière ces bienfaits apparents : le démon est un pauvre diable (le Christ a déjà vaincu le mal), mais il ne lâche rien…

II se faufile derrière nos peurs et nos idoles. Il se faufile même quand, consternés face au mal, on sème autour de nous le découragement et le pessimisme. Il se faufile quand on désespère de ne pouvoir sauver le monde par nous-même, en somme…

Par contre, quand Jésus envoie ses disciples (Lc 10), deux par deux, pour guérir les malades et chasser les démons, la peur tombe. Il n’y a rien de secret, rien d’opportuniste, et même… rien de miraculeux ! c’est le programme de base : guérir ! voilà ce que Dieu choisit pour nous rejoindre, la manière normale d’agir de l’Esprit Saint. Le résultat dépend évidemment de l’accueil que nous lui réservons.

Trop souvent nos lèvres disent « oui Seigneur, tu peux me guérir », mais notre cœur pense que c’est impossible… notre manque de foi fait obstacle !

Trop souvent nous avons peur de ne pas y arriver, d’avoir trop de choses à changer… signe que nous comptons encore trop sur nos propres volontés…

Trop souvent aussi nous voulons dire à Dieu comment nous voulons être guéris… encore une manière discrète de garder la main… et d’éteindre l’Esprit !

Quand Dieu veut nous guérir, il veut que nous lui donnions TOUT.

Quand nous lui donnerons tout, nous verrons alors quels bénéfices accompagnent cette guérison : une plus grande proximité avec Lui et avec les sacrements, un plus grand amour pour nos ennemis, une paix véritable, des conversions autour de nous.

Les guérisseurs de tout bord peuvent-ils en dire autant ?

Des miracles grâce à internet!

En cette période où les contacts physiques humains ont été réduits au maximum, l’outil internet prend une importance considérable… jusqu’à en devenir indispensable pour vivre la communauté. Mais internet peut-il vraiment être source de miracles?

Par Chantal Salamin
Photo: DR
Longuement, j’ai cherché des miracles sur internet… sans succès ! Parce que les miracles s’opèrent dans les cœurs, dans les corps et dans les communautés pour faire signe… ils sont invisibles pour les yeux. 

Pourtant, au milieu de cette pandémie, grâce à internet, des initiatives de croyants trouvent une nouvelle visibilité – comme UnMiracleChaqueJour –, ou se développent, comme les messes filmées et diffusées sur le web, les ondes radios ou le téléviseur.

Un Miracle Chaque Jour
Un miracle chaque jour, vraiment ? Seul Dieu le sait. Cependant, chaque jour un message est envoyé à qui le désire par mail ou peut être écouté en ligne ou en podcast.

Des messages qui disent avec beaucoup de justesse et de force l’amour que Jésus a pour chacun de nous qui ont pour titre : « Dieu veut que votre vie soit remplie de paix et de joie », « Jésus n’attend pas votre perfection pour œuvrer avec vous », « Décidez de faire la volonté de Dieu », « Chaque instant est un moment parfait pour aimer », « Le Père a semé son amour en vous » ou encore « Ne vous limitez pas en limitant Dieu ».

En tout cas, le miracle s’opère dans les cœur, comme le té­moigne Agnès : « Je sais qu’au travers de votre ministère, votre témoignage, vos invités, Dieu m’a restaurée, m’a parlé et m’a visitée. J’ai reçu la guérison du cœur. »

Célébrer ensemble la messe devant nos écrans
Alors que nous ne pouvons plus aller rencontrer le Christ et nos frères à l’église pour participer à la messe, c’est Jésus qui vient chez nous nous visiter. Mais, à nous de lui ouvrir la porte, de disposer notre cœur, de dépasser la solitude ou le cercle familial pour imaginer la communauté, pour être présence… un effort supplémentaire qui engage notre volonté, mais un effort qui ouvre à une plus grande communion des cœurs.

Vers un monde meilleur ?
Le pape François le disait aux jeunes à Panama : « Le monde sera meilleur si l’on croit à la force de l’amour de Dieu… » Oui, nous croyons que cette pandémie nous rapproche plus qu’elle nous éloigne des autres et du Christ. Elle va même nous permettre de rejoindre tous ceux qui n’osaient pas venir à l’église.

Le site: https://unmiraclechaquejour.topchretien.com

Des sacristains bien formés

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), mai-juin 2020

Par Françoise de Courten | Photos et illustration: DR

A l’initiative de l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, l’Equipe pastorale a organisé la rencontre d’une vingtaine de sacristines et sacristains de l’Unité pastorale en vue d’harmoniser leur savoir-faire et leurs connaissances. Cette formation s’est déroulée le 8 février à Saint-Robert. Elle a été animée par le frère dominicain Philippe de Roten, directeur du Centre romand de pastorale liturgique.

La séance de formation était animée par Philippe de Roten.

Essentiels dans la vie d’une paroisse, les sacristines et les sacristains sont au service du Christ et de l’Eglise. Ils gèrent la préparation des lieux de célébration et des objets liturgiques nécessaires aux différents rites, tout ce qui entoure le Corps du Christ sur l’autel lors de la célébration de la messe.

Responsables de l’organisation et du bon déroulement des célébrations, ils ont des tâches multiples. Non seulement ils aménagent les lieux, mais ils préparent aussi le matériel liturgique à l’endroit voulu pour les messes et les autres cérémonies telles que les baptêmes ou les mariages. Le matériel liturgique comprend entre autres tout ce qui a trait aux vêtements liturgiques, à la nappe, aux lumières, aux fleurs, aux cierges, au missel, au lectionnaire, aux cloches, aux coupes, aux hosties, aux calices, aux burettes, à l’eau et à l’huile.

Pour de belles liturgies
Les gestes des sacristines et des sacristains ont un sens. Pour accomplir leur travail, ils doivent être profondément conscients de l’importance de la mission qui leur est confiée.

Ils doivent être guidés par le souci de la beauté et la recherche de la dignité de l’eucharistie, « source et sommet de toute vie chrétienne » (Vatican II), dans laquelle ils ont un rôle à jouer. C’est en vue de cette dignité qu’existent les règles liturgiques.

Dans son homélie clôturant cette journée, Frère Philippe a affirmé : « La présence du Christ se manifeste à travers des gestes et des paroles qui sont complémentaires comme le sont le sel et la lumière. Tout baptisé a pour vocation d’accueillir cette présence, de la partager et de lui faire «  prendre corps  » dans la vie quotidienne. » Pour lui, « la tâche du sacristain est d’apporter sa foi, sa sensibilité, son attention, sa présence pour que la liturgie soit belle, pour que tout ce qui y contribue soit harmonieux et qu’ainsi elle manifeste et célèbre la Présence du Christ, Dieu avec nous » ; « le travail du sacristain, dans sa discrétion, tient du sel, mais il est indispensable pour que la Bonne Nouvelle de l’Evangile puisse diffuser la Lumière du Christ ».

Vite oublier la pandémie?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), mai-juin 2020

Par l’abbé Jean Glasson, administrateur de l’UP Notre-Dame de Fribourg | Photo: A. Volery

Pouvions-nous imaginer vivre une telle insécurité en Suisse, de telles souffrances ? Aurions-nous envisagé un seul instant ne plus pouvoir nous réunir pour la messe ? Que dire de toutes les célébrations sacramentelles reportées ? La fin du confinement va-t-elle signifier alors que nous allons tout reprendre comme avant et nous ruer de manière « boulimique » sur tout ce que nous ne pouvions plus faire ?

Dans l’évangile selon saint Luc (Luc 13, 1-9), des gens rapportent à Jésus deux événements violents : le massacre de Galiléens tués sur l’ordre de Ponce Pilate alors qu’ils offraient des sacrifices et la chute d’une tour qui avait fait plusieurs morts. Voici ce que Jésus enseigne : « Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »

Le Seigneur interpelle ses interlocuteurs pour qu’ils accueillent ces événements comme une invitation à la conversion. Ainsi tout ce qui advient et qui bouleverse notre quotidien, parfois englué dans le confort ou l’indifférence à Dieu et aux autres, peut être compris comme un appel à la conversion, à un retour à l’essentiel. 

Disciples de Jésus-Christ, soyons de ceux qui interpellent notre société par leur comportement : qu’est-ce que ce temps de crise doit modifier dans notre comportement vis-à-vis de Dieu, des autres, de nous-mêmes et de la création ?

Apparitions et miracles

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), mai 2020

Par Aimé Riquen

L’apparition est une présence visible d’un être invisible surnaturel qui se manifeste à une ou plusieurs personnes et dialogue avec elles en leur délivrant un message. Le miracle, c’est l’évènement heureux dans lequel le croyant voit le signe d’une attention particulière de Dieu. Pour un chrétien le miracle est un signe qui renforce sa foi en Dieu et lui permet de s’en remettre à Lui. Dans notre secteur, les hospitalières et hospitaliers de Notre-Dame de Lourdes rendent des services inestimables. Découvrons-en un peu plus… Les apparitions
La Bible cite dix apparitions de Jésus entre sa résurrection et son ascension. En 1675 Jésus apparaît deux fois à la religieuse Marguerite-Marie à Paray-le-Monial en France et lui fait trois demandes.

Les cas d’apparition de la Vierge Marie sont plus nombreux et depuis les premiers siècles du christianisme, entre 2’000 et 20’000 cas sont cités, mais l’Eglise n’a reconnu que 18 apparitions mariales. Les plus connues sont à Lourdes, où la Vierge apparaît 18 fois à Bernadette en 1858, et à Fatima, où en 1917 la Vierge apparaît
6 fois aux trois enfants Francisco, Jacinta et Lucia.

Les miracles
C’est à Lourdes qu’on recense le plus de miracles parmi les pèlerins. Environ 7’300 dossiers de guérison ont été déposés mais seuls 70 cas ont été reconnus comme guérison miraculeuse. A Fatima, seuls deux cas de guérison miraculeuse ont été reconnus par l’Eglise.

Les pèlerinages
Les lieux saints de Lourdes et de Fatima sont les plus fréquentés, tant par les pèlerinages organisés que par les particuliers. Ces deux sites reçoivent chacun environ 5 à 6 millions de pèlerins par année. Lourdes attire particulièrement les malades et les handicapés. Ils sont environ 60’000 par année à s’y rendre. Avec foi et ferveur, ils prient la Vierge pour lui demander réconfort, espoir et courage pour faire face à leur maladie et ainsi atteindre Jésus par Marie. Selon l’adage, Lourdes on y vient, on y prie, on y revient.

Les hospitalières et hospitaliers de Notre Dame de Lourdes
Pour gérer ces nombreux malades et handicapés, il faut recourir au dévouement bénévole de nombreux hospitaliers (soignants et brancardiers). Leur mission : donner aux malades la première place. Cela consiste à les accueillir, les ac­-
compagner, les aider dans les activités de base telles que l’alimentation, l’hygiène et les soins dans leur logement. A l’extérieur il faut les conduire aux offices et célébrations dans les sanctuaires, à la grotte bénie et à la piscine. Cet accompagnement est aussi moral et spirituel face à ces malades affaiblis et parfois désespérés.

Les brancardiers de Lourdes, section d’Ardon
Cette section, fondée en 1960 sous l’appellation Brancardiers d’Ardon, fait partie de l’Association valaisanne des hospitaliers diocésains de Notre-Dame de Lourdes.

Présidée par M. Pierre-André Gaillard, elle compte dix-huit membres et recherche activement une relève parmi les jeunes paroissiens. Chaque année plusieurs membres participent au pèlerinage diocésain pour y accompagner, aider et servir les pèlerins valides et malades.

La section exerce aussi d’autres activités de bénévolat dans les domaines sociaux et religieux. 

En hiver 1997/98, la section a construit une grotte en pierres au milieu des vignes du coteau d’Ardon. En février 1998, des paroissiens d’Ardon-Magnot ont participé à un pèlerinage à Lourdes pour aller chercher la statue de Notre Dame qui orne la grotte. La statue a été mise en place et bénie le dimanche 29 mars 1998. Chaque année, la messe des rogations est célébrée au pied de cette grotte. Cette année la célébration aura lieu le 18 mai à 18h30, date encore à confirmer en fonction des prescriptions sanitaires.

Témoignages de deux hospitaliers à Lourdes

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Suzanne et André Baeriswyl, d’Estavayer | Photo: LDD

Lourdes est certainement un des plus grands lieux de pèlerinages de la chrétienté, et bon nombre de nos paroissiennes ou paroissiens s’y sont rendus au moins une fois dans leur vie. Certains se sont même engagés comme hospitalier ou hospitalière au service des malades et des handicapés. Nous donnons la parole à Suzanne et André Baeriswyl d’Estavayer, engagés depuis plus de dix ans dans ce beau service.Tout a débuté en 1997 lorsque nous avons accompagné nos parents à Lourdes, pour les 85 ans de maman. Par la même occasion, nous avons aidé notre cousine qui était aussi en pèlerinage avec son mari dans un fauteuil roulant (sclérose en plaques).

En remarquant les difficultés d’assumer toute seule les déplacements nécessaires de l’hôtel aux différentes cérémonies, nous lui avons proposé de venir dans la mesure du possible l’accompagner les prochaines années, ce que nous avons fait pendant
dix ans.

Depuis 2008
C’est au décès de notre cousin que nous avons rejoint le groupe des hospitaliers en 2008 et jusqu’à maintenant.

Notre aide consiste au déplacement des malades sur le site de Lourdes. Pour les hommes, il s’agit de les accompagner aux diverses cérémonies, processions et aussi pour les promenades et détente en ville.

Pour les dames, le travail commence à 6h30 par lever les malades, nettoyage des chambres, service des repas et les préparer pour les cérémonies.

Les bienfaits du bénévolat, c’est la joie et la satisfaction d’aider des personnes en difficulté, leur apporter un peu de bonheur dans leur vie, cela nous renforce dans notre foi et nos croyances.

Après l’annulation du pèlerinage de ce printemps, nous regrettons beaucoup ces moments d’échanges et de convivialité, l’amitié avec les hospitaliers et les malades.

Il nous a été annoncé qu’un pèlerinage sera organisé du 20 au 26 septembre 2020 sans les malades.

Si vous voulez venir en renfort

Les personnes qui seraient intéressées à rejoindre le groupe des hospitaliers de Lourdes peuvent contacter André et Suzanne Baeriswyl au 026 663 15 23. Les frais du pèlerinage sont à la charge de chacun.

Vers la lumière…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2020

Par Marie-Claire Gay-des-Combes | Photos: DR

Samedi 14 mars, une grâce nous a été donnée de vivre un temps en équipe lors d’une marche vers un lever de soleil. Ce que nous ignorions, c’est que ce temps offert était, pour beaucoup, le dernier à vivre en groupe avant de nous retrouver confinés dans nos familles, sans contact avec les autres, sans communion en Eglise et surtout en étant envahis de nouvelles du monde entier à faire peur.

Une douzaine de personnes se sont mises donc en route bien tôt ce matin-là pour cette marche accompagnée par le message du pape François. Le Pape nous parlait du Carême comme un temps de désert, de silence ; un temps de détachement par rapport au vacarme qui nous entoure, un temps où « il nous faut renoncer aux bavardages inutiles, ces bavardages où nous nous sommes habitués à entendre de tout sur tout le monde ».

Ce matin-là, la montagne était emplie comme dans le désert, d’un silence qui enveloppe tout l’être ; ce même silence que Jésus recherchait quand il se mettait « à l’écart ». A la nuit du départ, accompagnée du bruit de nos raquettes, s’est ajoutée la lumière de l’aurore et, avec elle, le chant des oiseaux. Puis, avec l’effort, la communion entre nous a été plus forte et c’est à travers les arrêts, la prière, que ce silence a été habité par des personnes communes : David, Aurore…

Le lever du soleil, majestueux, nous a surpris, en plein effort lorsque nous gravissions une dernière pente difficile. Comme un Père venant à la rencontre de son enfant, la lumière du soleil a transformé notre marche, lui donnant une dimension nouvelle, une dimension d’éternité… Cette douce chaleur nous enveloppa jusque sur le plateau de l’Arpille, nous conformant dans notre foi que nous marchions avec un Autre.

Arrivés sur le plateau, le regard d’émerveillement sur la création ne pouvait que nous mettre en lien encore plus fort avec le Créateur. Là, naturellement, nous avons été invités à tendre l’oreille à ce qui compte vraiment dans notre vie, à rejoindre l’essentiel. Un moment de contemplation grandiose où la Parole, celle de Dieu, peut prendre espace dans notre être. Un moment de grâce où nous n’oublions pas de nous mettre en lien d’amour, de lumière, avec les personnes restées dans la plaine encore dans l’ombre. Un temps qu’il nous faudra quitter, redescendre pour aller rejoindre les autres ; mais ceux-ci nous retrouveront transformés par cette grâce reçue et qui nous pousse au partage.

Que ce temps de mise à l’écart qui nous est donné actuellement dû au Covid-19, nous permette de nous mettre à l’écoute de notre essentiel à la lumière de notre foi, et qu’au moment de redescendre, de rejoindre le monde, nous n’oublions pas que notre lumière est source dans le Créateur et que celle-ci nous pousser à transformer la vie de notre prochain.

Miracle

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2020

Par Chanoine Matthieu Dransart | Photo: DR

Depuis petit, les miracles me fascinent. A la maison, c’était un sujet qui revenait régulièrement et me mettait dans une certaine joie. Je me souviens même en avoir raconté à l’école, à mes camarades. C’était finalement extraordinaire, la puissance de Dieu. Et ça l’est toujours !

« Un homme s’était retrouvé paralysé, alors qu’il allait battre sa femme ; saint Pierre, qui avait des chaînes aux pieds, s’en était trouvé détaché ; il y avait aussi le curé d’Ars qui lisait dans les consciences, ainsi que le Padre Pio et ses stigmates. Mais également saint Benoît, dont le verre de poison qui lui était destiné, avait explosé lors de son bénédicité. » Et j’en passe ! Cette joie d’enfant, me semble-t-il, était un don du Bon Dieu. Un don qui fait rayonner ce qu’Il a de meilleur, à travers ses petits.

En famille, on avait tous été frappés par un miracle qui nous touchait de près. Nous connaissions une dame qui s’était subitement convertie. Durant sa jeunesse, elle était marquée par un état de rébellion intense, spécialement pour tout ce qui était d’ordre religieux. Remplie de haine, elle faisait du mal à de nombreuses personnes. Un jour, elle fut emmenée par des amis, à se rendre en pèlerinage vers un sanctuaire marial. Le trajet fut assez pénible pour l’ensemble des voyageurs, ils devaient subir son regard et ses attitudes éprises de haine. Arrivée sur place, lors d’une veillée de prière, elle a vu la Vierge Marie et son regard se poser sur elle. A ce moment précis sa vie bascula, elle devint une personne agréable et pleine de bonté. Elle se maria et eut beaucoup d’enfants ! (En plus, ça se terminait comme un conte de fée !) Sa famille, de condition modeste, rayonnait d’un amour exemplaire.

Pour ma part, un miracle que j’aime bien observer, c’est le fait que je ne me lasse jamais de contempler un coucher de soleil. Ou encore pouvoir me dire Jésus, Grand Dieu qui se fait tout petit dans une mangeoire et se laisse manger chaque jour, afin que je vive de Lui.

En route vers une nouvelle église

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), mai-juin 2020

Par Georges Grandjean et Brigitte Besset | Photos: Georges Grandjean

La vigne de la chapelle a donné ses derniers fruits en automne. Elle est désormais arrachée pour faire place nette en attendant la pose de la première pierre de la future église. Le projet avance : le crédit est voté et le groupe de pilotage peaufine les plans.Depuis six ans, un groupe d’amis cultive la parcelle de vigne sur laquelle sera construite notre nouvelle église. De très bons moments passés ensemble, au travail certes, mais dans la bonne humeur. Et avec la satisfaction, au fil des saisons, d’observer la croissance de la vigne, puis d’assister à la préparation de nouvelles vendanges chaque automne.

Chaque nouvelle récolte était une réjouissance pour la communauté de Gland, Vich et Coinsins : joie de vendanger et plaisir d’être ensemble. L’occasion de remercier Dieu pour la vigne, le raisin et le travail des hommes. Nous terminions cette journée de fête par un repas communautaire composé entre autres d’une viande tournée à la broche toute la matinée. C’était devenu une habitude, et les participants réservaient la date de cet évènement dès qu’elle était annoncée. C’est donc avec nostalgie et quelques regrets qu’une fois le cycle 2019 terminé avec la chute des feuilles, il a fallu arracher notre jolie vigne pour libérer la parcelle.

La vigne arrachée
Le même groupe d’amis s’en est chargé. Tout d’abord, il y a eu la taille des sarments de l’année, puis l’enlèvement des fils et des piquets ; enfin, la coupe des souches à quelques centimètres du sol. Ces activités ont occupé l’équipe quatre demi-journées.

Il reste encore l’arrachage des racines par le vigneron. Après que nous les aurons rassemblées, les employés communaux les amèneront sur leur site dans l’attente du feu du 1er août, pour lequel elles serviront de combustible. Tout ce travail bénévole très apprécié soulagera le premier centre de coûts du devis de construction, soit les travaux préparatoires.

Plutôt qu’une fin, il faut y voir le début tangible d’« un projet extraordinaire », comme le mentionne le dépliant adressé récemment à tous les paroissiens de l’Unité paroissiale. Réservez-lui donc un bon accueil. Merci pour votre aide.

Des nouvelles de la construction
Depuis la décision du Tribunal fédéral en septembre et plus spécialement depuis la décision de l’assemblée paroissiale extraordinaire du 4 décembre, au cours de laquelle le crédit de construction a formellement été accordé, le groupe de pilotage travaille activement avec le bureau d’architecture pour l’établissement des plans jusque dans les moindres détails. De nombreuses personnes de la communauté, à tous les niveaux, y ont été associées.

Les architectes ont envoyé les premières soumissions aux entreprises mi-février. Nous sommes dans l’attente des retours qui permettront le choix des entreprises. Si les événements actuels, qui perturbent toute l’économie, ne retardent pas les démarches, il est tout à fait envisageable de commencer les travaux de construction début juin.

Les membres du groupe de pilotage sont conscients de leurs responsabilités. Ils espèrent être à même de surmonter les difficultés qui ne manqueront pas de survenir. Pour cela, ils ont besoin du soutien de chacun selon ses possibilités. Sans oublier la prière.

Plus d’informations : www.eglise-gland.ch
Questions ou suggestions : info@eglise-gland.ch
Postfinance : 14-313151-5

La communauté en fête

Nous nous retrouverons pour notre fête patronale, la Saint-Jean-Baptiste, dimanche 21 juin. Ce sera un dimanche particulier, en lien avec la construction de la nouvelle église. Il commencera par une marche méditative en famille sur le thème « Ensemble prendre le chemin vers ce grand projet d’une nouvelle église ». A l’issue de cette marche, enfants, parents et paroissiens de toutes générations et invités du jour seront conviés à la pose de la première pierre. Les détails sur cette journée de fête vous seront communiqués ultérieurement. Une date à réserver dès aujourd’hui !

Ma vie est un miracle

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Marguerite Bays (FR), mai 2020

Par le Père Maciej Gajewski | Photo: DR

C’est le titre du livre-témoignage de Bernadette Moriau reconnue officiellement en 2018 par le Vatican comme la 70e miraculée de Lourdes.C’est une religieuse franciscaine qui vit depuis pas mal d’années sa vocation dans un petit couvent à Bresles en France. 

Elle entre à dix-neuf ans au couvent de Nantes dans la congrégation des sœurs franciscaines oblates du Sacré-Cœur de Jésus en 1958. Elle obtient son diplôme d’infirmière en 1965. En 1966, elle a vingt-sept ans lorsque débutent des douleurs lombo-sciatiques. Cela se traduisait concrètement par une quasi-paralysie. En 2005, son pied gauche se transforme en équin nécessitant une attelle. Son dos, sa colonne et son bassin étaient en compote. Ils étaient soutenus par un corset rigide cervico-lombaire. Ce qui n’empêchait pas son corps de souffrir, ses jambes étaient traversées de décharges électriques. Elle était sous haute dose de morphine pour amortir la brûlure de ces épines invisibles. A la fin, on lui avait implanté sous la peau un neuro-stimulateur médullaire tellement la vivacité aiguë du mal était insupportable. 

Voilà en quelques mots l’histoire de 42 ans des souffrances (1966-2008) de Bernadette Moriau qui devenaient d’année en année plus douloureuses ! 

En 2008, son médecin généraliste, le docteur Christophe Fumery, lui a suggéré de retourner à Lourdes. Voilà comment elle le relate : « Ah sans lui rien ne se serait passé. Je viens le voir tous les vingt-huit jours pour le renouvellement de cette satanée morphine. Ce laïc, catholique engagé, et avant tout médecin, emmène chaque année depuis quarante ans le train des malades du diocèse de Beauvais. C’est lui qui m’a suggéré de retourner à Lourdes. – Vous ne viendriez pas en pèlerinage à Lourdes avez les malades du diocèse ? – Mais, docteur, cela fait belle lurette que je ne crois plus aux miracles pour moi ! C’était plus fort que moi, mais c’est aussi mon tempérament, répondre souvent trop vite, du tac au tac ! En sortant de chez lui j’ai eu honte d’avoir proféré une telle ânerie. Moi, religieuse depuis bientôt cinquante ans, la foi chevillée au corps, je lui répondais que je ne croyais plus aux miracles pour moi ! On ne se refait pas mais comment pouvais-je imaginer qu’une telle grâce me tomberait dessus […] Si quelqu’un devait être guéri pendant ce pèlerinage, cela ne pouvait pas être moi […] La proposition du docteur trotta cependant dans ma tête au point de m’habiter de plus en plus. Lourdes, pourquoi pas ? Elle se profilait comme un aboutissement. J’en parlai à la supérieure générale… Elle me répondit sans tarder : « Vas-y, tant que tu peux y aller ! » Après, c’est vrai, le fauteuil roulant m’était promis, mon corps devait se déformer de plus en plus, jusqu’à la fin… Pourquoi attendre ? Curieusement, plus la date du départ approchait, plus je me sentais poussée à me rendre à Lourdes. […] Après tout, je me laissais guider par la Providence et par l’Eglise, même si les voies de Dieu sont impénétrables puisque cette fois, c’est par mon toubib qu’IL m’avait appelée ! […]

A Lourdes, il s’est effectivement passé quelque chose en moi de très profond, encore invisible, mais bien réel. Je suis comme habitée. […] De ma vie entière, je n’avais jamais été visitée à ce point par le Christ. De toute ma vie, je n’avais été à ce point saisie. Que dire de mieux ? J’ai fait à Lourdes, pendant cette procession eucharistique le 4 juillet 2008 à 17h, une expérience directe de Dieu. […] Sous le feu de la bénédiction du saint sacrement j’avais été brûlée par l’amour sans limite de Dieu. Deux fractions de seconde : l’eau, le feu… Cela marquait en moi, pourtant religieuse, le début d’une nouvelle vie. […] Mais elle commençait mal, cette nouvelle vie. Il fallait déjà repartir. Quitter ce paradis de Lourdes seulement perceptible aux yeux et aux oreilles du cœur. Boucler ma modeste valise. Affronter le long trajet de retour, ce train de fer. Sans changement apparent. J’étais une autre dans mon intérieur. J’étais la même dans mon extérieur. »

Trois jours après le pèlerinage, de retour dans sa communauté, Bernadette est inondée d’une chaleur qui part du cœur et se répand partout. Une voix intérieure lui dit de se débarrasser de son corset, de son attelle de pied, de son neuro-stimulateur, de ses hautes doses de morphine… et de s’extraire de la douleur qui lui rongeait la colonne vertébrale depuis quarante ans. Etonnée, bouleversée, Bernadette marche. Elle sort de sa chambre et appelle Sœur Marie-Albertine. Elle lui demande : « Mais qu’est-ce qui t’arrive ? – Bernadette lui dit : Je ne sais pas ce qui m’arrive, Je n’ai plus rien. Je n’ai plus mal. » 

Au moment de sa guérison Bernadette était âgée de 69 ans.

Vont suivre dix années d’examens, de visites médicales – plus de 300, toutes disciplines confondues –, de commissions d’experts…

Le 11 février 2018, la guérison de Bernadette Moriau est déclarée « inexplicable en l’état actuel de nos connaissances scientifiques ». Elle est reconnue officiellement comme la 70e miraculée de Lourdes ; elle qui avouait qu’elle ne priait pas pour sa guérison mais toujours pour la guérison des autres malades.

Les lieux de pèlerinages préférés dans la région

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Gérard Dévaud | Photo: Georges Losey

Si nous devions dresser une liste du top cinq des lieux de pèlerinages préférés des paroissiens de Saint-Laurent Estavayer, la palme d’or reviendrait certainement à Notre-Dame de Bonnefontaine!Et j’ai encore pu le vérifier tout dernièrement, au début de la période de confinement. En balade sur les hauteurs de Cheyres (seul, rassurez-vous !), je suis arrivé là-bas et ai rencontré plusieurs badauds, dont des jeunes, qui priaient ou allumaient une bougie. Le bougeoir était d’ailleurs rempli. Quelques jours après, une dame venant de là-bas me disait qu’elle était frappée de voir le nombre de personnes qu’elle avait vu se recueillir devant la Vierge de Bonnefontaine.

D’autres lieux de dévotion
Certainement qu’en ces jours particuliers, la foi est un appui réconfortant pour nombre de nos contemporains.

Lors de mes visites journalières à l’église de Cheyres, je vois également abondance de bougies allumées devant la statue de Notre-Dame de Grâces.

Je ne suis pas allé me promener plus loin ces jours, mais je suis persuadé que d’autres lieux de dévotion attirent également de nombreux croyants. Je songe à Notre-Dame des Mâs, lieu très apprécié de nos paroissiens. Je pense aussi à Notre-Dame-des-Flots, à l’oratoire de Montet, aux différentes grottes telle que celle de Murist.

« Prier Notre Dame de partout » !
Un autre lieu qui pourrait certainement figurer parmi le top cinq des lieux de pèlerinages préférés de nos paroissiens : Notre-Dame de Tours, vers Cousset. Ce haut lieu de spiritualité depuis le Moyen Age attire en effet bon nombre de croyants de toute La Broye.

En parlant de cela avec des résidents du home, une dame me disait qu’on avait beaucoup de chance de pouvoir prier ainsi Marie présente parmi nous, et pour être sûre de ne pas oublier un lieu de pèlerinage, elle aimait prier « Notre Dame de partout » !

N.B. Exceptionnellement, en raison de la pandémie, le pèlerinage de printemps à Notre-Dame de Bonnefontaine n’aura pas lieu cette année.

La contagion du coronavirus a-t-elle un sens spirituel?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), mai-juin 2020

Par Frère Adrian Schenker, dominicain | Photo : Bernard Hallet / Province dominicaine de Suisse

Le dominicain Adrian Schenker est prêtre et réside au couvent de Saint-Hyacinthe à Fribourg. Durant de nombreuses années, il a enseigné la théologie et l’exégèse de l’Ancien Testament dans notre Alma Mater. En mars dernier, lors de la première messe à huis clos de la communauté dominicaine du Botzet, il a réfléchi au sujet qui est sur toutes les lèvres: la pandémie du coronavirus.Y a-t-il un sens spirituel à ce fléau mo­­derne ? Si oui, quel est-il ? Nous remercions Frère Adrian de nous avoir autorisés à reproduire son homélie.

« Les médias et les cœurs de tout le monde sont pleins des nouvelles de la contagion du coronavirus qui envahit les pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Les mesures prises par les autorités, la situation médicale et les conséquences pour l’économie et pour la société sont à la une.

Mais ne faut-il pas nous demander aussi ce que Dieu veut nous dire à travers cette épreuve grave de notre temps ? À la lumière de l’Écriture sainte, il me semble que ce sont deux paroles qui jettent une lumière sur le sens de l’évènement.

Dieu sauve
La parole de Dieu parle d’un bout à l’autre du salut que nous recevons de Dieu. Il y a peu de mots qui reviennent si souvent dans la Bible que sauver, aider, guérir, éclairer, conforter, protéger, garder, répondre, écouter, guider, entourer, etc. Dieu sauve, et les hommes ont besoin de multiples secours. Les générations qui nous ont précédés savaient cela peut-être mieux que nous parce qu’ils avaient moins de moyens techniques et une science moins développée que l’époque moderne. Elles recouraient à Dieu dans leurs besoins en priant dans leurs litanies : a peste, fame et bello libera nos Domine ! (Des épidémies, des famines et des guerres, libère-nous, Seigneur !).

Devons-nous de nouveau apprendre à recourir à Dieu dans nos besoins ? À lui dire avec foi et humilité : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Dans l’Ancien Testament, Dieu porte le beau titre de *Médecin d’Israël » (Exode 15, 26) et le Psaume 102, 3 (Ps 103, 3) exprime sa conviction croyante : « Le Seigneur te guérit de toute maladie. » Le savoir médical moderne n’exclut pas la prière. Les deux ne sont pas en concurrence, ils vont de pair dans la vie des croyants. Car guérison et maladie peuvent être toutes deux des voies par lesquelles Dieu sauve toute la personne humaine, dans son corps et dans son âme.

L’humanité n’est pas toute-puissante
Mais pour s’en convaincre, il faut se mettre dans la vérité et dans l’humilité : l’humanité n’est pas toute-puissante. N’est-ce pas la tentation moderne, en face de tout ce que les hommes ont découvert et savent faire, que d’imaginer l’homme souverain et maître de tout, capable de venir à bout de tous les problèmes ? N’est-il pas beaucoup plus heureux de pouvoir dire avec la foi : j’ai de nombreux besoins qui me dépassent, et qui me dépasseront toujours, mais j’ai un recours en Dieu ? Lui m’aidera, lui me sauvera car il aime aider et sauver, et il peut m’aider et me sauver. C’est pourquoi le Psaume 9, 21 (Ps 10, 21) adresse cette prière surprenante au Seigneur : « Mets une crainte sur l’humanité afin qu’elle apprenne à comprendre qu’elle est seulement humaine. »

Humain, c’est-à-dire dans le besoin d’aide et dans la joie d’avoir un sauveur qui aimera donner son aide. N’est-ce pas aussi un enseignement que nous pouvons retirer dans la foi de l’épreuve que nous vivons ? »

Fatima, terre d’espérance

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Bruno Marcello, de Fétigny, président de l’Apostolat mondial de Fatima | Photo: Marianne Berset

Participant depuis de nombreuses années à l’organisation du pèlerinage vers Notre-Dame de Fatima, je voudrais vous donner quelques réflexions de cet endroit du Portugal, situé à mi-chemin entre Lisbonne et Porto.

L’originalité de Fatima, c’est d’être l’Evangile que Dieu nous annonce pour le temps actuel que nous vivons : siècle d’inventions, de découvertes multiples, mais aussi, et surtout de négations de l’au-delà dans la pratique religieuse.

Pour lutter contre la perte de ces valeurs chrétiennes, la Vierge est venue nous demander et nous proposer un certain nombre de moyens; la prière quotidienne (dont le chapelet), l’assistance à la messe et l’offrande de nos souffrances. 

« A la fin, mon cœur immaculé triomphera »
Voilà le message donné à trois petits bergers. Lucie 10 ans, François 9 ans, Jacinthe 7 ans, à qui elle a dit, je cite : « A la fin, mon cœur Immaculé triomphera. »

Pourquoi prendre part à un pèlerinage aujourd’hui ? 

Pour prier en Eglise et conforter sa foi, ou pour une recherche en spiritualité.

Pour remercier ou demander une guérison, ou simplement, partager et échanger avec d’autres pèlerins.

Plusieurs papes se sont rendus en ce lieu béni, pour diverses raisons !

Paul VI, à l’occasion du 50e anniversaire des apparitions.

Jean-Paul II en reconnaissance et en remerciement à la Vierge après l’attentat de 1981, et pour béatifier François et Jacinthe en l’an 2000.

Le pape François s’y est rendu pour leur canonisation en 2017.

Beaucoup de pèlerins aiment s’en retourner à Fatima.

Ceci, afin de revivre les moments intenses d’une procession aux flambeaux, où des milliers de lumignons s’élèvent vers le ciel au passage de la Vierge en chantant l’Ave Maria.

Quand l’émotion est à son comble
Le lendemain, se retrouver sur cette immense esplanade, avec tout ce peuple priant, pour assister à la messe présidée par un prélat portugais ou étranger, et plusieurs centaines d’évêques et de prêtres venus des quatre coins du monde, concélébrer l’office. Voilà un moment très émouvant.

Mais le plus intense est celui de l’Adieu à la Vierge, après la cérémonie et la bénédiction des malades.

La Vierge est à nouveau portée en procession, accompagnée non plus de lumignons, mais d’une multitude de petits mouchoirs blancs, agités sur son passage. Là, l’émotion est à son comble !

Moments de grande ferveur, où chacun se laisse prendre dans l’élan de son cœur et s’exprime dans ce geste d’Adieu, par le chant, la prière ou tout simplement ses larmes.

Il y aurait encore tant de détails à relever, d’endroits à expliquer.

Tel le chemin de croix offert par le peuple hongrois, qui débute à Fatima et nous amène dans une ambiance priante, parmi les oliviers, jusqu’à Aljustrel, petit village natal des trois pastoureaux.

Rien ne vaut une démarche personnelle, Notre Dame du rosaire de Fatima vous y invite, en vous donnant rendez-vous à l’occasion d’un prochain pèlerinage.

Apparitions et miracles?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), mai 2020

Par l’abbé Alexandre Barras, curé de Crans-Montana | Photo: DR

Les miracles ne sont pas « nouveaux » pour les chrétiens, puisque les Évangiles nous relatent ceux que Jésus a accomplis, ainsi que ses apparitions après sa Résurrection. Faisons attention à ne pas prendre Notre-Seigneur pour un magicien, un faiseur de sensationnel ! Par ses miracles, Il manifeste son amour et sa compassion pour celui ou celle qui souffre. Il vient sauver l’Homme de ses péchés mais aussi de toutes les entraves qui le paralysent, l’enferment, le diminuent. Au-delà de la toute-puissance de Dieu qui est à l’oeuvre en Lui, les miracles du Christ sont des signes de Dieu, créateur et roi de tout ce qui existe. Dieu peut agir directement, au-delà des lois de la nature, en faveur de la créature que nous sommes, pauvre mais tellement aimée de Lui, son chef-d’oeuvre, placé au-dessus des créatures matérielles et animales.

Pourquoi y a-t-il moins de miracles aujourd’hui ? Du moins le pensons-nous… Certainement à cause de notre peu de foi, comme Jésus le reproche déjà aux Apôtres (cf. par exemple Mt 8,26). Veut-on guérir, comme Jésus le demande déjà à l’infirme de la piscine de Bezatha (Jn 5,6) ? Peut-être en avons-nous peur, lorsque nous savons que cela demandera un témoignage, avec le risque de subir des moqueries, de nous faire traiter de falsificateur ou de menteur ? N’oublions pas, cependant, qu’il y a de nombreux petits miracles encore aujourd’hui comme de retrouver la paix, de nous réconcilier avec un ennemi, de rencontrer Dieu dans notre âme, etc.

Quant aux apparitions, Dieu s’est manifesté au monde à travers les siècles par des apparitions de Lui-même ou de ses serviteurs et servantes, comme la Vierge Marie ou les saints et les saintes. L’apparition déconcerte ceux et celles qui ont la chance de la vivre. Souvent ils doivent subir méfiances, incrédulités, violences. Pourtant un jour elle est reconnue comme vraie et acceptée. Elle est souvent une invitation à la conversion, au retour vers le Père. Elle prévient d’un danger imminent. Elle demande un lieu de prière, de rencontre. Elle est une manifestation d’amour et une invitation à nous améliorer, à changer quelque chose dans nos comportements, nos manières de faire. Elle est aussi un signe : elle dispose à la foi et nous aide à redécouvrir et à approfondir l’Évangile.

Apparitions et miracles, oui ça existe !

Lourdes, ses apparitions et ses miracles

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Mgr Rémy Berchier, directeur du pèlerinage romand interdiocésain à Lourdes et aumônier dans les hôpitaux fribourgeois | Photo: LDD

Directeur des pèlerinages romands interdiocésains à Lourdes depuis tant d’années, Mgr Rémy Berchier s’est rendu déjà des dizaines de fois à Lourdes. Cette année, il n’a pu le faire pour le pèlerinage de printemps en raison du coronavirus. Nul mieux que lui ne peut parler de ce qui se vit à Lourdes à chaque pèlerinage. Bien sûr, les vrais miracles – les guérisons miraculeuses – sont rares. Mais de nombreux autres miracles – d’un autre ordre – se passent à Lourdes. Une belle méditation que nous offre celui qui œuvre aujourd’hui en tant qu’aumônier auprès des malades des hôpitaux fribourgeois.Toi qui es allé à Lourdes, combien de fois, en rentrant rayonnant, n’as-tu pas entendu des boutades sur les miracles ou, justement, les miracles qu’il n’y a pas eus ? La transformation intérieure que nous avons vécue durant la semaine nous laisse bien indifférents à ce genre d’humour.

La Vierge est apparue, à Lourdes, en 1858. En 162 ans, il n’y a que 70 miracles reconnus officiellement par le bureau des miracles. Et il passe, à Lourdes, près de deux millions de pèlerins par année… Trouvez l’erreur !

Dans l’histoire des apparitions de la Vierge, en différents endroits, je n’ai jamais rencontré message plus simple, dépouillé et sobre qu’à Lourdes. En tout 7 paroles pour 18 apparitions du 11 février au 16 juillet 1858. Trois signes importants : le rocher, la source, la lumière. 

Nous voilà dans les fondamentaux : le rocher, c’est Dieu, c’est le Christ et Marie apparaît dans le rocher. La source, c’est le Christ et sa Parole, et de la boue jaillit de l’eau pure et miraculeuse, le Christ fait de nos pauvretés de la beauté. La lumière, les cierges, c’est la Résurrection, c’est l’Esprit Saint. Marie nous renvoie à son Fils. 

Sur l’arc du chœur de la Basilique du Rosaire, il est écrit : « A Jésus, par Marie ». Le 11 février, lors de la première apparition, la Dame fait le signe de la croix avec Bernadette. Lors de la dernière apparition, le 16 juillet, Marie fait le signe de la croix ! Elle nous dit la Trinité, le baptême, le 11 février, la croix, le calvaire que Bernadette vivra à Nevers, le 16 juillet mais aussi la Résurrection. Ne serait-ce pas notre premier signe de croix au baptême et notre dernier signe de croix sur notre corps au dernier A Dieu ? Et Marie choisit la plus pauvre du village. Bernadette disait : « Si Elle avait trouvé plus pauvre que moi, Elle l’aurait choisie. » Bernadette est illettrée, malade, sans avoir suivi le catéchisme, fille du meunier accusée de vol et dont la famille est logée au cachot du village. Ne serait-ce pas cela déjà le miracle de Lourdes et le message fabuleux de Marie au monde ?

De nombreuses formes de miracles
Un jour, un pèlerin italien vint à Lourdes. Il est aveugle et vient demander de retrouver la vue. Il repart sans avoir retrouvé la vue. Quelques années plus tard, il revient à Lourdes avec une grande statue le représentant, un genou à terre, un bandeau sur les yeux. Nous pouvons lire ce libellé sous la statue : « Je n’ai pas retrouvé la vue, mais j’ai retrouvé la foi ! » 

Voilà Lourdes et les miracles ! Une journaliste me dit un jour : « Lourdes, ça ne se dit pas, ça se vit ! » Miracle !

Des miracles non reconnus, enfouis dans le cœur des pèlerins, il y en a des millions ! Ils ne seront jamais publiés, ils resteront le secret entre Dieu et le pèlerin. Souvent, on vient nous le dire sur le chemin du retour ou bien des années après. Chaque année, j’entends les malades qui me disent, eux qui auraient toutes les raisons de supplier une guérison corporelle, « Ah quel bonheur que cette semaine, j’ai rechargé les batteries jusqu’au pèlerinage de l’année prochaine ». Miracle !

Et puis ces deux sœurs qui ne s’étaient pas reparlé depuis 30 ans et qui, par hasard se sont inscrites au même pèlerinage sans le savoir. Elles se rencontrent, toujours par hasard, sur l’esplanade, ne pouvant s’éviter, elles tombent dans les bras l’une de l’autre, se demandent pardon, pleurent et vont fêter leurs retrouvailles. Miracle !

Son enterrement fut une fête !
Cette grand-maman qui, deux ans auparavant, apprenant le cancer de sa jeune petite-fille, demande secrètement à Notre Dame de Lourdes de pouvoir prendre sur elle le cancer de sa petite-fille. Elle se retrouve, deux ans après, avec un cancer en phase finale alors que sa petite-fille est guérie, aussi et entre autres, suite à un pèlerinage de dernier espoir à Lourdes. Elle vient à Lourdes pour remercier la Vierge et demande de mourir à Lourdes. Elle vit pleinement les deux premiers jours de pèlerinage et meurt dans la nuit du mercredi au jeudi. Son enterrement fut une fête ! Miracle ! 

Je me trouvais à Lourdes en février 2003 ou 2004, j’étais vicaire général et notre diocèse était déjà aux prises avec plusieurs affaires de prêtres pédophiles. Je n’en pouvais plus et me posais les questions les plus fondamentales. A minuit, je vais à la Grotte, il neigeait, une vieille femme, habillée tout en noir, surgit de je ne sais où, elle se précipite vers moi et posant son doigt sur mon manteau, me dit : « Toi, tu dois rester prêtre ! » Je me retourne et ne vois plus personne ! Miracle ! 

Et le fait que plus de 500 hospitaliers/ières soignent, aident, aiment nos malades lors de notre pèlerinage. Ils viennent de toute la Suisse romande, de toutes professions, allant d’un président d’un conseil d’Etat au simple ouvrier en passant par tous les métiers et ils se tutoient tous, s’entendent, prient, rient ensemble. Miracle !

Miracles du cœur de l’homme
Miracle de la Vie, Miracle de la Foi, Miracle de l’Amour.

Lors des premiers miracles, pendant les apparitions, les malades venaient vers Bernadette et la suppliaient de les guérir. Toujours, elle disait : « Allez à la Grotte, au fond, à la Source et lavez-vous, buvez de l’eau ! » Et les miracles s’accomplissent !

Les Miracles, c’est Dieu dans le cœur du pèlerin, du croyant, de l’homme !

Bonne méditation !

Un sanctuaire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), mai-juin 2020

Par Vincent Lafargue | Photo: Daniel Lenherr

Lourdes ne se comprend vraiment que si l’on s’y rend en pèlerinage, d’une part, et aux côtés de pèlerins malades, d’autre part.

Bien sûr, il faut dépasser la ceinture de marchands de toutes sortes de chapelets et de saintes vierges, parfois du plus mauvais goût. Mais c’est là souvent l’excuse avancée par ceux qui ne veulent pas faire le voyage.

Une fois que vous entrez dans l’espace des sanctuaires, sur cette immense esplanade, il se passe quelque chose. Avec 2’000 pèlerins de Suisse romande, la forte impression est encore amplifiée.

Tous les pèlerins de Lourdes vous le diront, Lourdes ne se raconte pas, cela se vit (voir p. 7). Et pour l’avoir vécu de nombreuses fois et de multiples manières, je ne peux que vous encourager à faire un jour le voyage, à vous rendre à la grotte pour boire à la source que vit jaillir sainte Bernadette, à déambuler dans l’immense basilique souterraine de 25’000 places, à méditer paisiblement dans les prairies de l’autre côté du Gave, à grimper le chemin de croix de la colline…

Et si vous accompagnez le pèlerinage romand, celui de printemps ou celui d’été peu importe, vous aurez encore la joie de trinquer à l’heure de l’apéro avec les merveilleux brancardiers et hospitaliers, parmi lesquels il n’est pas rare de reconnaître, aussi humble que les autres, tel conseiller d’état ou tel « people » de chez nous. Lourdes abaisse toutes les barrières pour nous remettre tous aux pieds de la « belle dame » qu’a vue une petite bergère du coin, plusieurs jours durant en 1858…

Allez à Lourdes… Marie vous y attend, croyez-moi !

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