Fatima, terre d’espérance

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Bruno Marcello, de Fétigny, président de l’Apostolat mondial de Fatima | Photo: Marianne Berset

Participant depuis de nombreuses années à l’organisation du pèlerinage vers Notre-Dame de Fatima, je voudrais vous donner quelques réflexions de cet endroit du Portugal, situé à mi-chemin entre Lisbonne et Porto.

L’originalité de Fatima, c’est d’être l’Evangile que Dieu nous annonce pour le temps actuel que nous vivons : siècle d’inventions, de découvertes multiples, mais aussi, et surtout de négations de l’au-delà dans la pratique religieuse.

Pour lutter contre la perte de ces valeurs chrétiennes, la Vierge est venue nous demander et nous proposer un certain nombre de moyens; la prière quotidienne (dont le chapelet), l’assistance à la messe et l’offrande de nos souffrances. 

« A la fin, mon cœur immaculé triomphera »
Voilà le message donné à trois petits bergers. Lucie 10 ans, François 9 ans, Jacinthe 7 ans, à qui elle a dit, je cite : « A la fin, mon cœur Immaculé triomphera. »

Pourquoi prendre part à un pèlerinage aujourd’hui ? 

Pour prier en Eglise et conforter sa foi, ou pour une recherche en spiritualité.

Pour remercier ou demander une guérison, ou simplement, partager et échanger avec d’autres pèlerins.

Plusieurs papes se sont rendus en ce lieu béni, pour diverses raisons !

Paul VI, à l’occasion du 50e anniversaire des apparitions.

Jean-Paul II en reconnaissance et en remerciement à la Vierge après l’attentat de 1981, et pour béatifier François et Jacinthe en l’an 2000.

Le pape François s’y est rendu pour leur canonisation en 2017.

Beaucoup de pèlerins aiment s’en retourner à Fatima.

Ceci, afin de revivre les moments intenses d’une procession aux flambeaux, où des milliers de lumignons s’élèvent vers le ciel au passage de la Vierge en chantant l’Ave Maria.

Quand l’émotion est à son comble
Le lendemain, se retrouver sur cette immense esplanade, avec tout ce peuple priant, pour assister à la messe présidée par un prélat portugais ou étranger, et plusieurs centaines d’évêques et de prêtres venus des quatre coins du monde, concélébrer l’office. Voilà un moment très émouvant.

Mais le plus intense est celui de l’Adieu à la Vierge, après la cérémonie et la bénédiction des malades.

La Vierge est à nouveau portée en procession, accompagnée non plus de lumignons, mais d’une multitude de petits mouchoirs blancs, agités sur son passage. Là, l’émotion est à son comble !

Moments de grande ferveur, où chacun se laisse prendre dans l’élan de son cœur et s’exprime dans ce geste d’Adieu, par le chant, la prière ou tout simplement ses larmes.

Il y aurait encore tant de détails à relever, d’endroits à expliquer.

Tel le chemin de croix offert par le peuple hongrois, qui débute à Fatima et nous amène dans une ambiance priante, parmi les oliviers, jusqu’à Aljustrel, petit village natal des trois pastoureaux.

Rien ne vaut une démarche personnelle, Notre Dame du rosaire de Fatima vous y invite, en vous donnant rendez-vous à l’occasion d’un prochain pèlerinage.

La contagion du coronavirus a-t-elle un sens spirituel?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), mai-juin 2020

Par Frère Adrian Schenker, dominicain | Photo : Bernard Hallet / Province dominicaine de Suisse

Le dominicain Adrian Schenker est prêtre et réside au couvent de Saint-Hyacinthe à Fribourg. Durant de nombreuses années, il a enseigné la théologie et l’exégèse de l’Ancien Testament dans notre Alma Mater. En mars dernier, lors de la première messe à huis clos de la communauté dominicaine du Botzet, il a réfléchi au sujet qui est sur toutes les lèvres: la pandémie du coronavirus.Y a-t-il un sens spirituel à ce fléau mo­­derne ? Si oui, quel est-il ? Nous remercions Frère Adrian de nous avoir autorisés à reproduire son homélie.

« Les médias et les cœurs de tout le monde sont pleins des nouvelles de la contagion du coronavirus qui envahit les pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Les mesures prises par les autorités, la situation médicale et les conséquences pour l’économie et pour la société sont à la une.

Mais ne faut-il pas nous demander aussi ce que Dieu veut nous dire à travers cette épreuve grave de notre temps ? À la lumière de l’Écriture sainte, il me semble que ce sont deux paroles qui jettent une lumière sur le sens de l’évènement.

Dieu sauve
La parole de Dieu parle d’un bout à l’autre du salut que nous recevons de Dieu. Il y a peu de mots qui reviennent si souvent dans la Bible que sauver, aider, guérir, éclairer, conforter, protéger, garder, répondre, écouter, guider, entourer, etc. Dieu sauve, et les hommes ont besoin de multiples secours. Les générations qui nous ont précédés savaient cela peut-être mieux que nous parce qu’ils avaient moins de moyens techniques et une science moins développée que l’époque moderne. Elles recouraient à Dieu dans leurs besoins en priant dans leurs litanies : a peste, fame et bello libera nos Domine ! (Des épidémies, des famines et des guerres, libère-nous, Seigneur !).

Devons-nous de nouveau apprendre à recourir à Dieu dans nos besoins ? À lui dire avec foi et humilité : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Dans l’Ancien Testament, Dieu porte le beau titre de *Médecin d’Israël » (Exode 15, 26) et le Psaume 102, 3 (Ps 103, 3) exprime sa conviction croyante : « Le Seigneur te guérit de toute maladie. » Le savoir médical moderne n’exclut pas la prière. Les deux ne sont pas en concurrence, ils vont de pair dans la vie des croyants. Car guérison et maladie peuvent être toutes deux des voies par lesquelles Dieu sauve toute la personne humaine, dans son corps et dans son âme.

L’humanité n’est pas toute-puissante
Mais pour s’en convaincre, il faut se mettre dans la vérité et dans l’humilité : l’humanité n’est pas toute-puissante. N’est-ce pas la tentation moderne, en face de tout ce que les hommes ont découvert et savent faire, que d’imaginer l’homme souverain et maître de tout, capable de venir à bout de tous les problèmes ? N’est-il pas beaucoup plus heureux de pouvoir dire avec la foi : j’ai de nombreux besoins qui me dépassent, et qui me dépasseront toujours, mais j’ai un recours en Dieu ? Lui m’aidera, lui me sauvera car il aime aider et sauver, et il peut m’aider et me sauver. C’est pourquoi le Psaume 9, 21 (Ps 10, 21) adresse cette prière surprenante au Seigneur : « Mets une crainte sur l’humanité afin qu’elle apprenne à comprendre qu’elle est seulement humaine. »

Humain, c’est-à-dire dans le besoin d’aide et dans la joie d’avoir un sauveur qui aimera donner son aide. N’est-ce pas aussi un enseignement que nous pouvons retirer dans la foi de l’épreuve que nous vivons ? »

Apparitions et miracles?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), mai 2020

Par l’abbé Alexandre Barras, curé de Crans-Montana | Photo: DR

Les miracles ne sont pas « nouveaux » pour les chrétiens, puisque les Évangiles nous relatent ceux que Jésus a accomplis, ainsi que ses apparitions après sa Résurrection. Faisons attention à ne pas prendre Notre-Seigneur pour un magicien, un faiseur de sensationnel ! Par ses miracles, Il manifeste son amour et sa compassion pour celui ou celle qui souffre. Il vient sauver l’Homme de ses péchés mais aussi de toutes les entraves qui le paralysent, l’enferment, le diminuent. Au-delà de la toute-puissance de Dieu qui est à l’oeuvre en Lui, les miracles du Christ sont des signes de Dieu, créateur et roi de tout ce qui existe. Dieu peut agir directement, au-delà des lois de la nature, en faveur de la créature que nous sommes, pauvre mais tellement aimée de Lui, son chef-d’oeuvre, placé au-dessus des créatures matérielles et animales.

Pourquoi y a-t-il moins de miracles aujourd’hui ? Du moins le pensons-nous… Certainement à cause de notre peu de foi, comme Jésus le reproche déjà aux Apôtres (cf. par exemple Mt 8,26). Veut-on guérir, comme Jésus le demande déjà à l’infirme de la piscine de Bezatha (Jn 5,6) ? Peut-être en avons-nous peur, lorsque nous savons que cela demandera un témoignage, avec le risque de subir des moqueries, de nous faire traiter de falsificateur ou de menteur ? N’oublions pas, cependant, qu’il y a de nombreux petits miracles encore aujourd’hui comme de retrouver la paix, de nous réconcilier avec un ennemi, de rencontrer Dieu dans notre âme, etc.

Quant aux apparitions, Dieu s’est manifesté au monde à travers les siècles par des apparitions de Lui-même ou de ses serviteurs et servantes, comme la Vierge Marie ou les saints et les saintes. L’apparition déconcerte ceux et celles qui ont la chance de la vivre. Souvent ils doivent subir méfiances, incrédulités, violences. Pourtant un jour elle est reconnue comme vraie et acceptée. Elle est souvent une invitation à la conversion, au retour vers le Père. Elle prévient d’un danger imminent. Elle demande un lieu de prière, de rencontre. Elle est une manifestation d’amour et une invitation à nous améliorer, à changer quelque chose dans nos comportements, nos manières de faire. Elle est aussi un signe : elle dispose à la foi et nous aide à redécouvrir et à approfondir l’Évangile.

Apparitions et miracles, oui ça existe !

Lourdes, ses apparitions et ses miracles

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Mgr Rémy Berchier, directeur du pèlerinage romand interdiocésain à Lourdes et aumônier dans les hôpitaux fribourgeois | Photo: LDD

Directeur des pèlerinages romands interdiocésains à Lourdes depuis tant d’années, Mgr Rémy Berchier s’est rendu déjà des dizaines de fois à Lourdes. Cette année, il n’a pu le faire pour le pèlerinage de printemps en raison du coronavirus. Nul mieux que lui ne peut parler de ce qui se vit à Lourdes à chaque pèlerinage. Bien sûr, les vrais miracles – les guérisons miraculeuses – sont rares. Mais de nombreux autres miracles – d’un autre ordre – se passent à Lourdes. Une belle méditation que nous offre celui qui œuvre aujourd’hui en tant qu’aumônier auprès des malades des hôpitaux fribourgeois.Toi qui es allé à Lourdes, combien de fois, en rentrant rayonnant, n’as-tu pas entendu des boutades sur les miracles ou, justement, les miracles qu’il n’y a pas eus ? La transformation intérieure que nous avons vécue durant la semaine nous laisse bien indifférents à ce genre d’humour.

La Vierge est apparue, à Lourdes, en 1858. En 162 ans, il n’y a que 70 miracles reconnus officiellement par le bureau des miracles. Et il passe, à Lourdes, près de deux millions de pèlerins par année… Trouvez l’erreur !

Dans l’histoire des apparitions de la Vierge, en différents endroits, je n’ai jamais rencontré message plus simple, dépouillé et sobre qu’à Lourdes. En tout 7 paroles pour 18 apparitions du 11 février au 16 juillet 1858. Trois signes importants : le rocher, la source, la lumière. 

Nous voilà dans les fondamentaux : le rocher, c’est Dieu, c’est le Christ et Marie apparaît dans le rocher. La source, c’est le Christ et sa Parole, et de la boue jaillit de l’eau pure et miraculeuse, le Christ fait de nos pauvretés de la beauté. La lumière, les cierges, c’est la Résurrection, c’est l’Esprit Saint. Marie nous renvoie à son Fils. 

Sur l’arc du chœur de la Basilique du Rosaire, il est écrit : « A Jésus, par Marie ». Le 11 février, lors de la première apparition, la Dame fait le signe de la croix avec Bernadette. Lors de la dernière apparition, le 16 juillet, Marie fait le signe de la croix ! Elle nous dit la Trinité, le baptême, le 11 février, la croix, le calvaire que Bernadette vivra à Nevers, le 16 juillet mais aussi la Résurrection. Ne serait-ce pas notre premier signe de croix au baptême et notre dernier signe de croix sur notre corps au dernier A Dieu ? Et Marie choisit la plus pauvre du village. Bernadette disait : « Si Elle avait trouvé plus pauvre que moi, Elle l’aurait choisie. » Bernadette est illettrée, malade, sans avoir suivi le catéchisme, fille du meunier accusée de vol et dont la famille est logée au cachot du village. Ne serait-ce pas cela déjà le miracle de Lourdes et le message fabuleux de Marie au monde ?

De nombreuses formes de miracles
Un jour, un pèlerin italien vint à Lourdes. Il est aveugle et vient demander de retrouver la vue. Il repart sans avoir retrouvé la vue. Quelques années plus tard, il revient à Lourdes avec une grande statue le représentant, un genou à terre, un bandeau sur les yeux. Nous pouvons lire ce libellé sous la statue : « Je n’ai pas retrouvé la vue, mais j’ai retrouvé la foi ! » 

Voilà Lourdes et les miracles ! Une journaliste me dit un jour : « Lourdes, ça ne se dit pas, ça se vit ! » Miracle !

Des miracles non reconnus, enfouis dans le cœur des pèlerins, il y en a des millions ! Ils ne seront jamais publiés, ils resteront le secret entre Dieu et le pèlerin. Souvent, on vient nous le dire sur le chemin du retour ou bien des années après. Chaque année, j’entends les malades qui me disent, eux qui auraient toutes les raisons de supplier une guérison corporelle, « Ah quel bonheur que cette semaine, j’ai rechargé les batteries jusqu’au pèlerinage de l’année prochaine ». Miracle !

Et puis ces deux sœurs qui ne s’étaient pas reparlé depuis 30 ans et qui, par hasard se sont inscrites au même pèlerinage sans le savoir. Elles se rencontrent, toujours par hasard, sur l’esplanade, ne pouvant s’éviter, elles tombent dans les bras l’une de l’autre, se demandent pardon, pleurent et vont fêter leurs retrouvailles. Miracle !

Son enterrement fut une fête !
Cette grand-maman qui, deux ans auparavant, apprenant le cancer de sa jeune petite-fille, demande secrètement à Notre Dame de Lourdes de pouvoir prendre sur elle le cancer de sa petite-fille. Elle se retrouve, deux ans après, avec un cancer en phase finale alors que sa petite-fille est guérie, aussi et entre autres, suite à un pèlerinage de dernier espoir à Lourdes. Elle vient à Lourdes pour remercier la Vierge et demande de mourir à Lourdes. Elle vit pleinement les deux premiers jours de pèlerinage et meurt dans la nuit du mercredi au jeudi. Son enterrement fut une fête ! Miracle ! 

Je me trouvais à Lourdes en février 2003 ou 2004, j’étais vicaire général et notre diocèse était déjà aux prises avec plusieurs affaires de prêtres pédophiles. Je n’en pouvais plus et me posais les questions les plus fondamentales. A minuit, je vais à la Grotte, il neigeait, une vieille femme, habillée tout en noir, surgit de je ne sais où, elle se précipite vers moi et posant son doigt sur mon manteau, me dit : « Toi, tu dois rester prêtre ! » Je me retourne et ne vois plus personne ! Miracle ! 

Et le fait que plus de 500 hospitaliers/ières soignent, aident, aiment nos malades lors de notre pèlerinage. Ils viennent de toute la Suisse romande, de toutes professions, allant d’un président d’un conseil d’Etat au simple ouvrier en passant par tous les métiers et ils se tutoient tous, s’entendent, prient, rient ensemble. Miracle !

Miracles du cœur de l’homme
Miracle de la Vie, Miracle de la Foi, Miracle de l’Amour.

Lors des premiers miracles, pendant les apparitions, les malades venaient vers Bernadette et la suppliaient de les guérir. Toujours, elle disait : « Allez à la Grotte, au fond, à la Source et lavez-vous, buvez de l’eau ! » Et les miracles s’accomplissent !

Les Miracles, c’est Dieu dans le cœur du pèlerin, du croyant, de l’homme !

Bonne méditation !

Un sanctuaire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), mai-juin 2020

Par Vincent Lafargue | Photo: Daniel Lenherr

Lourdes ne se comprend vraiment que si l’on s’y rend en pèlerinage, d’une part, et aux côtés de pèlerins malades, d’autre part.

Bien sûr, il faut dépasser la ceinture de marchands de toutes sortes de chapelets et de saintes vierges, parfois du plus mauvais goût. Mais c’est là souvent l’excuse avancée par ceux qui ne veulent pas faire le voyage.

Une fois que vous entrez dans l’espace des sanctuaires, sur cette immense esplanade, il se passe quelque chose. Avec 2’000 pèlerins de Suisse romande, la forte impression est encore amplifiée.

Tous les pèlerins de Lourdes vous le diront, Lourdes ne se raconte pas, cela se vit (voir p. 7). Et pour l’avoir vécu de nombreuses fois et de multiples manières, je ne peux que vous encourager à faire un jour le voyage, à vous rendre à la grotte pour boire à la source que vit jaillir sainte Bernadette, à déambuler dans l’immense basilique souterraine de 25’000 places, à méditer paisiblement dans les prairies de l’autre côté du Gave, à grimper le chemin de croix de la colline…

Et si vous accompagnez le pèlerinage romand, celui de printemps ou celui d’été peu importe, vous aurez encore la joie de trinquer à l’heure de l’apéro avec les merveilleux brancardiers et hospitaliers, parmi lesquels il n’est pas rare de reconnaître, aussi humble que les autres, tel conseiller d’état ou tel « people » de chez nous. Lourdes abaisse toutes les barrières pour nous remettre tous aux pieds de la « belle dame » qu’a vue une petite bergère du coin, plusieurs jours durant en 1858…

Allez à Lourdes… Marie vous y attend, croyez-moi !

La bonté de Dieu face à la pandémie?

Les événements de ces derniers mois interrogent notre foi et celle de nos enfants. Si Dieu est bon, comment peut-il permettre ces milliers de morts innocents? 

Par Bénédicte Jollès
Photo: Pxhere
Si Dieu est tout-puissant pourquoi n’arrête-il pas les fléaux, les guerres ou les catastrophes naturelles ? Ces questions existentielles et essentielles nous heurtent ; nous y sommes tous confrontés et parfois très jeunes. Pourquoi ? Qui est responsable ? Face à ces interrogations douloureuses nous restons démunis, sidérés. Et, le Seigneur laisse le plus souvent les lois de la nature se dérouler et l’homme à sa responsabilité.

Nous chrétiens, nous croyons que le Père ne s’est pas soustrait à ce mal et pour le combattre, il a envoyé son fils unique, Jésus. L’innocent par excellence a été injustement condamné, torturé et mis à mort pour nous sauver.

La création est bonne
A la suite de théologiens comme Thomas d’Aquin ou des psaumes, nous affirmons que Dieu est bon, infiniment bon. Il ne peut vouloir le mal, il le permet seulement. Et surtout, il est à nos côtés pour traverser la souffrance et en tire mystérieusement du bien ; d’autant plus que nous crions vers lui avec confiance et persévérance. Voilà pourquoi sainte Thérèse de Lisieux ou saint Paul affirment que « tout est grâce » ou que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». (Rm 8, 28)

Oui, la création confiée à l’homme est bonne, mais marquée par le péché, par celui des origines d’abord, clé incontournable du mystère du mal, et ensuite par nos péchés personnels. 

Gestes de courage
Si les chiffres des victimes du coronavirus sont saisissants, dignes du pire des cauchemars… avons-nous pris conscience des gestes de courage, d’amour et de foi qu’il a engendrés et qui rayonnent durablement ? Des médecins et des infirmières en retraite ont repris du service au péril de leur vie, des jeunes chrétiens ont assuré les courses de personnes âgées pour leur éviter de sortir, des chaînes de prières dans toutes les langues ont soutenu des personnes angoissées et souffrantes, diffusant la Parole de Dieu comme jamais, des prêtres visitant les malades ont converti des services hospitaliers surchargés. Montrer aussi cela à nos jeunes est fondamental, de même que les responsabiliser pour qu’ils fassent ce qui est à leur portée. Le courage, la bonté et le don de soi s’apprennent, car les réponses de Dieu au mal passent par nos mains, notre créativité et notre générosité.

Ralentissements

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2020

Par Pascal Tornay | Photo: Ldd

Ah ce virus ! Il en aura fait parler à toutes les sauces. Et ça continue, puisque j’écris encore à ce sujet… En marge des alertes, des pleurs et des drames par milliers, il y aura eu, plus silencieusement, ce que tant d’esprits (saints ?) demandaient avec ferveur depuis longtemps : un ralentissement de la course folle, un retournement vers davantage de sobriété, de simplicité, un retour à ce – et surtout à ceux – qui se trouvent autour de soi…Englué qu’il est dans le superficiel, la course à la possession matérielle et au salut par l’argent et le pouvoir, le genre humain seul serait-il, seul, parvenu à un tel résultat planétaire ? Il aura fallu qu’un être vivant microscopique – pour ne pas dire invisible – fasse le sale boulot : tout faire cesser ! Il ne faudrait pas qu’elle nous lâche trop tôt, cette petite bête, car nous repartirions tous autant que nous sommes dans la course infernale… aussi vite que nous avons plongé dans l’immobilité. A propos d’immobilité : les données GPS montrent de stupéfiantes baisses de trafic sur l’autoroute entre Lausanne et Genève par exemple !

Nous voici donc dans une certaine statique qui, chez certains, provoque l’anxiété, chez d’autres, la sérénité… Deux camps ! En effet, l’hystérie de certains montrent, d’une part, combien notre peur de manquer est grande et d’autre part en quoi (ou en qui) nous avons placé notre confiance. Le temps des c(e)rises est une loupe sociologique puissante : il manifeste clairement où nous en sommes avec nous-mêmes, avec les autres et avec le Seigneur ! Cela me rappelle la parabole des brebis et des boucs que le Christ place à sa droite et à sa gauche dans l’Evangile. (Mt 25, 33) Deux camps ! En fait, cette frontière ténue passe à l’intérieur de chacun d’entre nous. Nous avons tous affaire à nos démons. Ces temps si particuliers les feront ressortir. Il faudra leur faire face. Si c’est pour qu’ils nous quittent définitivement, ce sera une excellente chose.

Quelle n’a pas été ma surprise de voir les rayons des supermarchés de Sembrancher où j’approvisionne ma famille, être dévalisés comme en temps de guerre. J’imaginais cette hystérie avoir lieu seulement dans les grandes villes de Suisse romande… Dans cette situation sans précédent, je nous exhorte à rester dans la paix et la confiance dans le Seigneur et, en toutes circonstances à (ré)agir comme des chrétiens, c’est-à-dire rester à l’écoute de la Parole de Dieu, fidèles à la prière, attentifs aux besoins des plus proches et être prompts à l’action solidaire. Et le dernier mot revient au psalmiste : « Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » (Ps 130, 1-2)

« Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ; mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants ! » (Ps 118, 8-9)

Les horaires des messes en Suisse romande

Vous pouvez entrer un lieu (ex. « Martigny » ou « Friibourg »), un rayon (ex. 5, 10 km) ou un rite (ex. « rite romain ordinaire », « rite byzantin », etc.) ou cliquer directement sur la carte.

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Prière de Taizé – Jusqu’au 5 juin – Moudon

Rendez-vous est donné à tous ceux qui souhaitent une prière comme à Taizé, oecuménique et sympathique, le 2ème vendredi de chaque mois, de 19h15 à 19h45 au Temple St-Etienne de Moudon, suivie d’une soirée pour les jeunes à 20h, à la salle du Poyet.

La prière est suivie par une soirée par les jeunes, alternant repas, sport, jeux, film et discussion.

 

Les dates 2019-2020 :

  • 6 septembre 2019  + repas festif
  • 4 octobre + sport à Chesalles
  • 1er novembre + outils spirituels
  • 6 décembre + film
  • 10 janvier 2020 + jeux de société
  • 7 février + sport à Chesalles
  • 6 mars + outils spirituels
  • 3 avril + film
  • 10 mai + jeux de société
  • 5 juin + sport à Chesalles

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Le témoignage de Thibault, 21 ans

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Propos recueillis par Bernadette von Niederhäusern | Illustrations: LDD

Un après-midi, j’ai rencontré durant ma promenade un jeune de Montbrelloz, Thibault Moullet. Il a terminé sa maturité au GYB en 2019. Il a accepté que je lui pose quelques questions. Après sa maturité en poche, il a planifié une année sabbatique pour faire son armée et gagner quelques sous afin de voyager.Thibault, quels étaient tes projets avant le coronavirus ?
J’avais le projet de visiter l’Amérique du Sud pendant 5-6 mois. Ensuite, je me suis inscrit à l’université aux cours d’histoire et de français. Donc, j’ai commencé par visiter Cuba puis ensuite je suis arrivé au Costa Rica. 

Comment as-tu vécu l’annonce de cette épidémie devenue pandémie ?
Après un mois de voyage, j’ai appris la présence du virus en Suisse avec l’annonce du premier cas. Certaines frontières commençaient à fermer. J’ai commencé à m’inquiéter et j’ai suivi l’évolution en m’informant sur internet. Le 13 mars, j’ai entendu les recommandations des autorités fédérales qui disaient qu’il était préférable que les personnes à l’étranger rentrent avant que la situation ne soit trop grave. 

Quelle a été ta réaction ? Quels sentiments ?
J’avais peur de ne pas réussir à rentrer ; j’ai commencé à chercher un vol pour la Suisse. Il y avait un vent de panique chez les touristes et tout le monde voulait partir au plus vite. Les prix des vols ont pris l’ascenseur. Finalement, le plus important était de trouver une place sur un vol. J’ai
eu de la chance d’acheter un billet chez Swiss grâce à ma maman qui m’a aidé. Donc je suis rentré le 15 mars.

Quels points négatifs de ce confinement ?
Le plus dur est de rentrer et de ne voir personne. Je n’avais plus vu mes amis depuis mon départ. Vu que je venais de l’étranger, je devais rester en quarantaine dès mon arrivée. Heureusement que la quarantaine s’est passée en famille. Au moins, je n’étais pas isolé.

Quels points positifs ?
J’ai pu prendre le temps de voir des films que je n’avais pas vus, de lire des livres, d’écrire des histoires et de dessiner sur les murs de ma chambre.

Qu’est-ce que tu attends de la paroisse durant ce confinement ?
J’attends que les paroissiens aident les gens vulnérables qui ne peuvent plus sortir.

Comment imagines-tu le retour à la vie normale ?
C’est compliqué et c’est bizarre d’y penser. Je vais terminer mes voyages prévus et la vie reprendra comme avant. 

Qu’est-ce qui aura changé ?
Notre attitude envers les médecins va changer : ils seront des héros. Aussi, politiquement, on sera mieux préparé à une situation semblable.

Quel message veux-tu nous transmettre ?
Prenez soin de vous ! Suivez les consignes sanitaires. Et réjouissez-vous de la fête des retrouvailles !

La vie suspendue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mai-juin 2020

Par l’Abbé Frank Stoll | Photo: JHS

Les rues de Sion sont vides, quelque peu fantomatiques. La nuit enveloppe la ville, la confinant un peu plus. Derrière une fenêtre brûle une bougie, modeste signe de solidarité pour les victimes du covid-19, pour celles et ceux qui travaillent dans le domaine de la santé et pour toutes les personnes menacées d’isolement dans la situation actuelle. Difficile de bien vivre quand le monde qui m’entoure est à l’arrêt et a mal. Mais je suis en attente de la résurrection avec des milliers de croyants en Jésus-Christ, confinés chez eux, ici, ou ailleurs dans le monde.

Privés de nos célébrations habituelles, nous sommes devant un vide, un vide sacramentel. La crise que nous traversons nous oblige à retrouver notre Père des cieux dans le secret. Le secret de nos chambres, de nos maisons, des déplacements limités, des commerces et des guichets désertés, des deuils. A travers la prière, nous avons beaucoup à offrir et nous pouvons transformer notre vie en eucharistie. Je sais que chacun se relaie et veille. La société devient ce corps commun, à la fois absent en dehors, dans les rues, et présent derrière les murs de nos appartements.

Sur la croix, Jésus s’est retrouvé esseulé, anéanti. Pourtant, il a choisi d’aimer jusqu’au bout. Serons-nous capables, en disciples du Christ, de vivre ce temps pascal, le regard tourné vers le cœur aimant du Christ ressuscité, associant l’épreuve du moment à sa croix ? C’est ainsi, cette année, que je me serai préparé à la joie de Pâques. Faire Eglise autrement, comme un voyage intérieur, immobile et pourtant en lien les uns avec les autres, sans calendrier mais pas sans boussole, dans cette attente patiente. Et en ce temps pascal, le Christ nous invite à nous laisser saisir par sa lumière pascale. Elle va se dilater pendant 50 jours, jusqu’à la Pentecôte. 

L’épreuve générée par le covid-19 prendra fin et j’espère qu’elle sera pour chacun l’occasion de changer pour le meilleur. Bonne montée vers la Pentecôte à chacun, avec ces mots d’Etty Hillesum : « Même si on ne nous laisse qu’une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d’elle il y aura toujours le ciel tout entier ! »

Solidarité à Sion

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mai-juin 2020

Par Joëlle Carron | Photo: JHS

La Maison de la Diaconie et de la Solidarité ?
Une dynamique au service de l’humain et de la Vie

L’engagement au service des plus fragiles (ou « diaconie », en termes ecclésiaux) a été de tout temps l’une des missions fondamentales de l’Eglise. La Maison de la Diaconie et de la Solidarité continue cette dynamique au service de l’humain et de la Vie. Ce projet, porté conjointement par le Diocèse et l’Eglise réformée, se concrétise aujourd’hui grâce au soutien de la Fondation Casa Juan Diego, qui poursuit l’œuvre du Père Gabriel Carron auprès des détenus et des enfants de Santa Fe (Argentine). 

En ces temps de coronavirus, la Maison assure déjà le cœur de sa mission, soit le service aux plus vulnérables. L’Accueil Hôtel-Dieu, jusqu’alors à l’Avenue de la Gare 14, y a emménagé fin mars et y offre chaque jour près de 45 repas de midi, à l’emporter ou livrés à domicile, dans le respect des normes d’hygiène les plus strictes bien sûr. Même si le reste des activités attendra les beaux jours pour se déployer, faisons déjà un petit tour d’horizon sur les futures missions de la Maison. 

– DES SERVICES OFFERTS AUX PLUS FRAGILES
– UN PÔLE DE COMPÉTENCES, CANTONAL ET OECUMÉNIQUE
– UN LIEU DE SENSIBILISATION ET DE FORMATION 

1. Des services offerts aux plus fragiles

Un accueil quotidien, du lundi au vendredi de 9h30 à 16h, assuré par l’Association Accueil Hôtel-Dieu, soit :

Un accompagnement multiforme
Ecoute – Accompagnement – Orientation vers les services – Ateliers – Groupe de partage – Sorties Fratello 

Une insertion sociale par le bénévolat
Retraités – Bénéficiaires de rentes AI – Migrants – Jeunes étudiants – Personnes en fragilité psychique

Des fournisseurs aux couleurs locales et solidaires

Des collaborations multiples et porteuses  

Un soin juste – Service d’accès aux soins de base pour personnes en vulnérabilité
En Suisse aussi, malgré l’assurance-maladie obligatoire, l’accès aux soins reste un défi pour une population en précarité. « Un soin juste » offre une première évaluation médicale et une orientation, ainsi qu’un soutien administratif. 

Conseil juridique bénévole
Par le biais d’un réseau d’avocats solidaires mis sur pied en partenariat avec d’autres associations, la Maison permet l’accès à des compétences juridiques au service de l’accompagnement des personnes et des associations solidaires.   

2. Un pôle de compétences, cantonal et œcuménique

La Maison de la Diaconie et de la Solidarité a pour vocation de fédérer les compétences, de développer les collaborations entre les différents acteurs ecclésiaux, tant catholiques que réformés et de maximiser les synergies. Elle rassemble, crée un réseau, permet de porter ensemble l’appui aux migrants, la pastorale des prisons, l’accueil et le soutien des personnes en précarité ou en fragilité psychique. Elle vise à être une ressource pour les acteurs de terrain et à faciliter la création d’activités et de lieux diaconaux au service des plus pauvres dans l’ensemble du canton. 

3. Un lieu de sensibilisation et de formation

La Maison de la Diaconie et de la Solidarité permet à de nombreux bénévoles ainsi qu’aux intervenants professionnels des deux Eglises de se confronter à la réalité de la précarité et de se former à l’engagement solidaire. Elle a également pour mission de sensibiliser le grand public au vécu par les plus fragiles en Valais.

Elle crée la rencontre, le lien, dépassant les milieux sociaux et les générations. La Maison offre notamment la possibilité de :

– Oser la rencontre et venir découvrir, l’espace d’un repas, d’une journée ou de quelques jours, la réalité de la précarité. 

– S’engager bénévolement dans l’une ou l’autre des activités coordonnées par la Maison (accueil, repas communautaire, distribution de nourriture, sorties, vie de prière). 

– Faire partie d’une équipe et échanger avec d’autres bénévoles.

– Grandir humainement et spirituellement, à travers la rencontre du Christ souffrant dans la personne du plus pauvre.

Où ?

Maison de la Diaconie et de la Solidarité, Rue de Lausanne 69 à Sion, maisondiaconie@gmail.com, 079 891 67 07

Par qui ?

L’association Maison de la Diaconie et de la Solidarité, et ses membres (Association Accueil Hôtel-Dieu – Eglise réformée évangélique du Valais – Diocèse de Sion – Association Saint-Vincent-de-Paul)

Nomination

Notre évêque Jean-Marie Lovey a nommé Joëlle Carron déléguée épiscopale pour la diaconie, avec un engagement diocésain de 20%, au 1er mars 2020. Ses charges se répartissent entre la responsabilité du projet de la « Maison de la Diaconie » à Sion et divers engagements dans les services diocésains de la diaconie (SDD), de la santé (SDS), de la pastorale spécialisée (SDPS) et de l’Aumônerie des prisons.

L’Association Accueil Hôtel-Dieu, en 2019

– 7500 repas de midi et 1700 petits déjeuners
– 200 hôtes réguliers
– 3 salariés, 1,3 EPT
– 8’000 heures de bénévolat, 50 bénévoles

Covid-19 et foi

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mai-juin 2020

Par l’Abbé François Roten | Photo: JHS

Au moment où l’on prépare ce numéro de L’Essentiel, c’est encore l’inconnue quant à l’évolution de la pandémie qui nous touche. Les quarante jours de notre Carême se sont transformés en quarantaine et le début du Temps pascal verra probablement encore les écoles fermées, des entreprises menacées et donc, l’ensemble de notre vie sociale bouleversée. 

Alors d’aucuns voudraient que l’on fasse des processions, que les prêtres sortent dans les rues avec le Saint-Sacrement, que l’on demande à Dieu un miracle pour qu’il mette fin, d’un coup, à cette pandémie. Combien de messages dans ce sens n’avons-nous pas reçus… et combien de prophètes de malheur ne se sont-ils pas empressés de voir dans cette pandémie une punition de Dieu, oubliant que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 17).

Prier Dieu, ce n’est pas lui demander de nous obéir, lui demander de faire notre volonté ! Prier Dieu c’est développer avec lui une intimité de vie qui appelle à la venue de son règne, sur terre déjà, et qui tend notre désir vers le Ciel. Prier Dieu ce n’est pas une manifestation ostentatoire mais un état du cœur qui sait que le Père est avec nous présent dans le secret d’une relation personnelle (Mt 6, 6).

Parmi les malades qui fréquentent les sanctuaires de Lourdes, de La Salette, de Fatima ou d’ailleurs, combien reviennent guéris ? Physiquement, quelques-uns. Pourtant nombreux sont ceux qui reviennent réconfortés et remplis de courage, de force et de charité ! 

Oui Dieu ne reste pas sourd à nos cris, répondant discrètement et efficacement à nos prières, nous permettant de traverser les épreuves, même de les surmonter sans nécessairement modifier les règles de fonctionnement du monde, qu’il accompagne de sa sagesse. 

Ne pas sortir avec le Saint-Sacrement, ne pas faire de processions, éviter les contacts en temps de pandémie, ce n’est pas manquer de foi, mais bien se souvenir que Dieu nous parle, et qu’il nous aide par les causes secondes, dans les multiples contacts avec nos proches, dans ce que nous voyons ou entendons, à saisir par notre intelligence éclairée par l’Esprit Saint.

Dieu se manifeste à nous non pas dans l’extraordinaire tapageur mais dans la discrétion de sa Présence qui répond à la ferveur de notre cœur à cœur avec lui. Avec foi, osons demander et redemander les dons de l’Esprit – au premier plan desquels la sagesse, l’intelligence et le discernement. Et nous pourrons prier en vérité « Notre Père, que ta volonté soit faite ».

Vous avez dit «quarante»?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Sandrine Mayoraz | Photos: Berna Lopez, evangile-et-peinture.org

Etre en quarantaine, ça vient du chiffre quarante. Quarante est aussi un chiffre biblique, récurrent et symbolique, qui a le sens d’un cycle de vie. Evidemment entre la quarantaine confinée et le Carême j’ai beaucoup réfléchi à ce chiffre et je partage avec vous quelques-unes de mes réflexions.

Pentecôte.

En transit
Voici quelques épisodes dans la Bible où j’ai rencontré ce chiffre. La liste n’est pas exhaustive : 40 jours de déluge, 40 jours pour Moïse sur le Sinaï, 40 ans dans le désert, 40 jours pour Elie dans le désert avant la théophanie au Mont Horeb, 40 jours où Goliath défie Israël avant l’arrivée du petit David, 40 jours annoncés par Jonas avant la destruction de Ninive.

Tous ces « quarante » m’inspirent un entre-deux. Des personnages en attente, entre deux mondes, entre deux promesses. Comme pour ces personnages, l’entre-deux engendre un inconfort, une insécurité matérielle, sociale, relationnelle, il suggère une durée indéterminée : des conditions qui ressemblent à notre quarantaine. 

Attendre et vivre en même temps
Dans la Bible, « quarante » est un temps associé à la purification, à la conversion, à la croissance, notions auxquelles le Carême fait référence. Mais il s’agit aussi d’un temps de retrouvailles pour se réapproprier Dieu. Dieu n’attend pas, Il est là au présent. 

Attendre et vivre, cela nous semble paradoxal. Et pourtant, comme en quarantaine, ils doivent parfois cohabiter. Je n’avais jamais pris conscience de cela jusqu’à ce que je vive 40 semaines de grossesse. Oui, dans ce cas, on attend un heureux événement et en même temps on vit en relation permanente avec l’enfant, au sens propre pour la maman. 

Sera-t-on transformés ?
Il existe un autre passage qui nous parle de 40 jours. On le cite plus rarement et pourtant il occupe notre mois de mai… Les disciples aussi se sont confinés après la mort de Jésus, par peur des Juifs. Selon les Actes des Apôtres, « c’est à eux que Jésus s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. » (Ac 1, 3) Symboliquement, Jésus est resté quarante jours, un cycle de vie, après sa résurrection. 

Confinés par peur ou parce qu’ils se sentaient comme perdus sans la présence de Jésus, les disciples ont attendu la force promise. A la Pentecôte, c’est le don de l’Esprit Saint descendant sur eux qui les pousse à proclamer la bonne nouvelle de Jésus, mort et ressuscité.

A leur exemple, nous pouvons aussi vivre ce confinement que nous n’avons pas choisi comme une préparation à retourner dans le monde comme des chrétiens profondément transformés par la présence de Jésus Ressuscité.
(6 avril 2020)

Les résidents des Mouettes gardent le moral malgré tout

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Texte et photo par Gérard Dévaud, agent pastoral

Depuis le début de la crise du Coronavirus, je me suis vu confier la visite du home les Mouettes et l’animation de temps de prières. 

Dans notre canton, il est désormais interdit aux aumôniers de faire des visites dans la plupart des homes, car le virus y fait malheureusement des ravages. Mais bien heureusement pour nous, ce n’est pas (encore…) le cas au home des Mouettes,  Estavayer-le-lac 1. C’est ainsi que je peux réunir chaque mercredi après-midi quelques personnes par étage pour discuter et prier ensemble. C’est un véritable moment de joie et une bulle d’évasion qui est ainsi offerte à nos aînés, coupés du monde et de leurs proches.

Un quotidien quand même différent
Ils sont tout à fait conscients des terribles ravages de cette maladie et sont anxieux que le virus ne fasse son entrée dans le home. Pour eux, même si tout va pour le mieux, leur quotidien a pas mal changé. Toutes visites extérieures sont interdites. Le personnel (renforcé par de jeunes civilistes), porte des masques et désinfecte systématiquement chaque poignée de porte ou rambarde d’escaliers. Les infirmières prennent la température de chaque résident deux fois par jour. Tout rassemblement se fait à plus d’un mètre de distance entre chaque personne. Heureusement, actuellement, de nombreuses activités leur sont proposées pour les occuper et leur changer les idées. Bravo à l’équipe d’animation pour leur imagination et leur engagement !

Des dessins appréciés
Mais tout ceci n’empêche pas que c’est dur pour nos aînés de ne plus voir leurs proches qui leur manquent ! Heureusement qu’il y a le téléphone ! Une autre grande joie pour eux : les nombreux dessins réalisés par les enfants des écoles. « Ça fait du bien, on voit que ces dessins ont été faits avec beaucoup de cœur ! » dit Mme Baudois.

Mais ne croyez pas que cette situation leur mine le moral ! « J’espère que ça fera réfléchir notre monde qui était devenu fou. Il faut que ça change. Il faut faire confiance à Dieu ! » nous dit Mme Mollard.

Et c’est justement dans la foi et l’espérance, par la prière, que nous terminons chaque fois nos rencontres hebdomadaires si riches.

1 Cet article a été écrit début avril.

La vie au Centre des Focolari au temps du « coronavirus »

Par Isabel et Giorgo

Nous avons dû annuler les visites et les programmes des prochains mois. Nous étions aussi désolés de ne plus pouvoir accueillir le 28 mars les groupes de confirmands, nous leur avons envoyé un vidéo-clip pour leur exprimer notre amitié et unité dans cet isolement que nous vivons tous.

La nécessité de protéger particulièrement les plus âgés, a modifié aussi la manière de nous rapprocher entre jeunes et moins jeunes ; la messe a été suspendue mais nous nous rassemblons en communauté chaque jour pour un moment de prière et d’approfondissement de la Parole de Dieu et nous sommes unis à toutes les Eglises dans la montée vers Pâques.

Les professeurs continuent leurs cours par téléconférence pour les 50 étudiants du Centre. A distance, ils répondent à leurs questions et adaptent les matières.

Certains de nos jeunes confectionnent des masques de protection en tissu, d’autres nettoient le Centre et le jardin, chacun donne sa contribution avec le sourire.

Une lettre circulaire nous aide à rester en relation avec les amis du Centre Focolari. Si vous désirez la recevoir, vous pouvez écrire à : info@focolari-montet.ch

Tout ira bien

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Maryline Hohenauer | Photo: B. Hallet

C’est sûr, il y aura un avant et un après coronavirus. Plus jamais notre quotidien ne sera le même. 

Le fait d’être confinés, interdits de sortie pour ne pas tomber malade ou pour ne pas transmettre la maladie, prête à développer notre attention aux autres. Une occasion extraordinaire d’accorder notre temps aux plus faibles, à ceux qui sont le plus susceptibles d’être atteints dans leur santé. Une opportunité unique et inédite aussi pour les parents qui doivent user d’ingéniosité, s’armer de patience et de courage pour exercer leur nouveau rôle de maîtres d’école de leurs bambins.

Le monde est suspendu à l’actualité liée à ce virus. Ce contexte de crise peut être troublant et angoissant, mais nous voulons nous rappeler qu’en tant que chrétiens nous avons une véritable chance : le lien de la prière !

Privés de prière communautaire dans nos églises, nous avons appris à faire Eglise autrement mais toujours ensemble ! Prier pour la communauté, se remémorer les visages que nous croisons dans nos églises. Puis prier pour nos voisins, notre quartier, notre village, notre Chablais, notre canton, et, de plus en plus grand, nous porter tous dans la prière ! 

Que ce temps de confinement nous ramène à « l’essence-ciel » ! Tout ne nous ramène-t-il pas là finalement ? Que Dieu nous bénisse et qu’Il nous apporte tous les jours la force pour vivre ensemble ce temps différent, sous le regard bienveillant de Marie.
(27 mars 2020)

Dieu, viens à mon aide

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), mai 2020

Par Pierre Moser | Photo: DR

Ces temps troublés nous permettent de découvrir des aspects de nos prières et de nos attitudes que nous n’utilisons pas en temps normal. Les restrictions ordonnées et partiellement suivies durant cette pandémie, comme la distance sociale, en sont un des aspects. Combien de fois ai-je entendu cette réflexion : « Nous sommes dans la maison du Seigneur nous ne risquons rien. » Je vous entends d’ici répondre « tu ne tenteras pas ton Dieu ». Pas si vite. Le psaume 22 ne dit-il pas « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » ? Faut-il opposer ce psaume à l’Evangile (Mt 4:7 « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu ») ?

Comme souvent, la réponse dépend des circonstances. Dans un premier temps, rappelons-nous que Dieu sauve les âmes. C’est préférable, car nos corps ne sont que poussière, alors que, dans l’espoir de la résurrection, nos âmes sont éternelles. Mais ce n’est pas tout. Dieu nous a donné les moyens d’agir. La faim dans le monde n’est pas due à un manque de ressources, elle est due à l’absence de volonté d’agir, de part et d’autre d’ailleurs. Cela est également vrai pour la médecine. Nous avons acquis les connaissances nous permettant de soigner les plus faibles, nous devons les utiliser. Dieu respecte donc les grandes capacités qu’Il nous a données. Pourquoi agirait-il à notre place ?

Dieu, un monstre ? Absolument pas. Il est toujours présent, mais Il nous respecte trop pour ne pas nous demander notre avis. En cela, la sagesse populaire est également en position de nous apprendre à être. Aide-toi, le ciel t’aidera. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Ce ne sont que quelques exemples de reprise, par la foi du charbonnier, de ce qui est essence de la Bonne Nouvelle. Et en parcourant la vie des Saints, je me rends compte que Dieu est intervenu, mais le miracle n’est apparu qu’après avoir épuisé toutes les autres options. Notre effort se doit d’être continu et humble. Combien notre attitude est parfois pharisienne : « Nous seuls avons la foi, nous seuls serons sauvés. »

Esprit de famille

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), mai-juin 2020

Par Florence Cherubini et Fabienne Theytaz | Photos: M. Gugliuzzo, L. Obi, J. Warpelin, J.Bastien Mayoraz, J.Marc Nemer et F. Theytaz

Préambule: en raison de la pandémie du coronavirus, cette double page ne peut vous présenter l’agenda habituel. Par contre, nous vous offrons quelques échos de ce que le secteur vit durant cette période particulière.

«L’Eglise n’est pas fermée, c’est le bâtiment qui est inaccessible. L’Eglise, c’est toi! L’Eglise, c’est moi!»C’est par ces mots très forts que Pascal Lukadi, curé de notre secteur, a signifié (donné du sens), dans son homélie du dimanche des Rameaux, la dimension communautaire que chaque baptisé est appelé à vivre.

Et c’est exactement ce que cette période historique de confinement nous permet d’expérimenter de manière très concrète, puisque nous nous rendons compte plus que jamais combien nous avons besoin les uns des autres !

Cette communion des cœurs est une dimension de notre foi, différente, mais peut-être plus profonde encore, que de nous rencontrer dans une église. Car elle nous dit que nous ne sommes pas seuls et que Dieu est toujours parmi nous. Si les églises de pierres sont inaccessibles, un nouveau sanctuaire fait de « chair et de sang », même s’il a pris forme par écran interposé, a vu le jour en générant amitié et partage fraternel, proximité intergénérationnelle et manifestation d’amour des uns pour les autres parmi les membres de nos communautés paroissiales.

Des célébrations empreintes de recueillement et de dignité, des moments de prière communs, de partage de la Parole, des temps de méditation personnelle proposés par l’équipe pastorale à l’ensemble du secteur. Mais aussi des lieux de partage plus personnels, via des groupes WhatsApp ou plus simplement par contact téléphonique entre paroissiens.

Oui, nos communautés sont vivantes, l’Eglise est vivante et manifestée partout « où deux ou trois sont assemblés en Son nom » (Mt 18, 20) !

Survol de quelques initiatives paroissiales

♦ A Bex

• Paroissiens de Bex
Chaque jour, depuis sa mise en ligne, ce groupe Whats­App, permet à tous ses utilisateurs de se retrouver. Pour échanger un simple bonjour, pour transmettre une prière ou un beau texte, une note d’humour mais aussi pour
partager une souffrance engendrée par la séparation d’avec un être cher et peut-être pour se sentir moins isolé-e ! Et à chaque fois, le groupe a répondu « Présent ! » comme dans une famille unie.

• Opération-Rameaux
Tous les paroissiens ne sont pas connectés via internet. Pour la fête des Rameaux, le Conseil de Communauté, aidé par les jeunes du Madep, a réalisé plus de 30 bouquets de rameaux qui ont été déposés dans les boîtes à lettres de ceux et celles qu’il est plus difficile de joindre régulièrement. Comme dans une famille où jeunes et moins jeunes se retrouvent pour fêter.

Dans les autres paroisses du secteur : groupes WhatsApp, chaînes téléphoniques, aide aux courses pour les personnes confinées, etc.

Pour la catéchèse : des activités en ligne en lien avec le temps liturgique et les événements, une fiche explicative de la messe et une initiative œcuménique de cartes de Pâques réalisées par les enfants du caté à l’intention des personnes âgées
isolées et en EMS.

Les enfants de Villars ont aussi réalisé une centaine de dessins magnifiques pour les personnes confinées et endeuillées de la station.
Pour soutenir la prière et renforcer la communion entre tous les paroissiens du secteur, un programme varié sur le site YouTube Secteur Aigle : messe, laudes-vêpres, chapelet, chemin de croix, adoration, tea-time spirituel, partage d’Evangile, etc.

La pandémie du coronavirus, quel sens pour moi? pour notre monde?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), mai 2020

Par l’abbé Etienne Catzeflis | Photos: DR

Voici, glanés dans les médias, quelques réflexions de différentes personnalités sur la pandémie du coronavirus. Souhaitons-les utiles pour orienter nos vies en vue du Royaume, et pour nous aider à formuler des prières plus «selon le coeur de Dieu». Vous trouvez sur le site de nos paroisses – www.noble-louable.ch – les articles dans leur intégralité, ainsi que les liens des médias qui les ont édités.

Dom Mauro-Giuseppe Lepori.

Dom Mauro Lepori, abbé général de l’ordre cistercien : 
« Le coronavirus peut renforcer notre humanité » 
Paradoxalement, alors que nous pouvons à peine sortir de chez nous, que nous ne pouvons pas voyager, aller dans des lieux publics, serrer des mains, etc., nous percevons une solidarité universelle profonde. La conscience que nous sommes unis non seulement par la même épreuve, le même danger, mais par une réelle communion de vie, de pensée, de compassion. (…)
Une humanité que cette épidémie aura vaccinée contre la lèpre du superflu, la vanité superficielle qui n’écoute pas, ne prête pas attention à l’autre, ne cherche que son propre intérêt.

Emmanuel Macron, président (Adresse aux Français, 12 mars 2020) : 
Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, (…).

Maxime Combes (économiste) :
(…) Reconnaissons que la période nous livre donc une puissante leçon collective pour la suite : le refus de mener des politiques sociales et écologiques ambitieuses n’était pas dû au manque d’argent ou demoyens, mais le fruit d’un refus idéologique visant à satisfaire des intérêts bienéloignés de l’intérêt général. (…) Ne revenons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème.

Pape François (bénédiction Urbi et Orbi – 27 mars 2020) :
Dans notre monde, que Tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. (…) Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous T’implorons : « Réveille-toi Seigneur ! »

Moustapha Dahleb (écrivain tchadien) :
Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. (…)
Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.(…)
La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort (président de la conférence des évêques de France) :
Il convient aussi de garder le sens des proportions. Évidemment, nous devons endiguer l’épidémie mais en gardant à l’esprit que des pays souffrent plus que nous, sont en guerre, connaissent la famine… Il est important que dans ce temps de confinement, nous ne nous repliions pas sur nous-même en cultivant nos angoisses mais que nous regardions toujours le vaste monde et que nous pensions à ceux qui sont dans une détresse plus grande.

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