Mon parcours interreligieux

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), novembre 2019

Propos recueillis par Laetitia Willomet

Ce mois je vous invite à découvrir une personne au parcours étonnant, la pasteure Nathalie Capó. Sa connaissance
des religions m’a souvent épatée, son sens de l’accueil de tous, sa générosité dans l’échange, sa curiosité, son action en faveur de l’œcuménisme, du dialogue interreligieux font de Nathalie l’une des très belles rencontres que j’ai faite dans ma vie. Et pour cette Semaine des religions, je me réjouis de vous la présenter.
Mon parcours a commencé à l’âge de 13-14 ans, peu avant ma confirmation-baptême en 1975, avec la lecture du Journal d’Anne Frank, qui me poussa à vouloir étudier le judaïsme. Pendant le collège, divers camarade juifs me rent connaître leurs synagogues et je me mis à étudier l’hébreu pour pouvoir lire et comprendre les prières.

C’est à la synagogue sépharade de Genève que j’ai connu des personnes très accueillantes, avec un beau sens de la famille et de la fête, qui sont devenues des amis depuis 40 ans. Il y avait aussi les émis- sions du Rabbin Josy Eisenberg à la télé française, avec une lecture plus profonde de la Bible que ce que j’avais pratiqué jusqu’alors dans ma famille protestante.

«Je dis souvent que dans la formation théologique académique, le dialogue interculturel est très présent, et on en sort avec un in ni respect pour les autres traditions religieuses et tout ce qu’elles apportent à la spiritualité, la culture, la civilisation.»

Ceci m’amena donc vers la Faculté de Théologie, où nous avons eu aussi un enseignement œcuménique avec des théologiens catholiques, et aussi avec des rabbins. Je dis souvent que dans la formation théologique académique, le dialogue interculturel est très présent, et on en sort avec un in ni respect pour les autres traditions religieuses et tout ce qu’elles apportent à la spiritualité, la culture, la civilisation. Dans les formations de tradition évangélique, la priorité n’est pas mise sur le dialogue, mais sur la connaissance de l’autre pour chercher les failles ou les manques afin de le convertir à la foi chrétienne, puisqu’il n’y pas d’égalité entre les religions, et que le monde est appelé à cette conversion au Christ.

Nathalie Capò

Nous nous sommes installés à Barcelone, et là j’ai participé en 1986 à la première prière interreligieuse à la cathédrale, et par la suite j’ai fait partie, comme présidente, de l’Association Unesco pour le dialogue interreligieux. Barcelone a reçu 8000 personnes du monde entier en 2004 pour le parlement des religions du monde, organisé par l’Association Unesco, et a créé par la suite le réseau catalan des groupes de dialogue interreligieux, qui va de Perpignan à Alicante, en comptant aussi les Baléares.

Cela m’a apporté une immense richesse spirituelle qu’on retrouve dans la recherche de la paix, du vivre ensemble et de la connaissance mutuelle. Quand on a été élevé dans un seul credo qui croit que les autres ne valent rien ou sont une menace et qu’on en a peur, on passe à côté de cette expérience humaine qui est si enrichissante.

Le Valais s’est ouvert peu à peu, grâce au Concile Vatican II, à l’œcuménisme, et il gagnera beaucoup aussi à découvrir la foi des autres qui pratiquent le bouddhisme, l’hindouisme, l’Islam, le judaïsme, et qui sont nos voisins, nos collègues de travail, les amis de nos enfants, et peuvent aussi faire partie de nos familles.

Nos enfants et les autres religions

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil, novembre 2019

Nos enfants sont en contact fréquent avec d’autres confessions ou d’autres religions. En classe d’abord, des enfants de familles protestantes, catholiques, musulmanes, bouddhistes, athées, plus rarement hindoues ou juives, se côtoient tous les jours. Les programmes d’éthique et de culture religieuse tiennent compte de cette diversité. D’autres informations leur parviennent au détour d’un film, d’un dessin animé.Par Laetitia Willomet, avec l’aimable collaboration de la librairie « Une belle histoire » à SaxonJe vous propose de profiter de la semaine des religions pour découvrir en famille et à travers de beaux ouvrages ces rites et pratiques différents et parfois étonnants

La grande imagerie - Religions
La grande imagerie – Religions

La grande imagerie: Religions, éd. Fleurus, nous fait découvrir à l’aide de très belles images les 3 monothéismes, leur histoire, leurs fêtes, leurs symboles.
Les religions du monde, éd. Gallimard Jeunesse. Des enfants racontent leur religion et comment ils vivent leur foi.
Les grandes religions du monde, éd Bayard Jeunesse. Six enfants, six pays, six religions, six témoignages de leurs pratiques religieuses.
Les religions, éd. Fleurus, coll. Voir (avec DVD) pour les 6-9 ans. Une première découverte du monde des religions avec un DVD attrayant.
Les religions du monde, éd. Fleurus, coll. Voir (avec un DVD). Pour un parcours large de l’histoire des religions qui débute avec l’apparition d’Homo sapiens.
Cet ouvrage explique, sans jugements ni préjugés, les religions pratiquées aujourd’hui, la place qu’elles occupent dans notre vie quotidienne, dans nos sociétés, dans notre histoire et nos cultures.

Pour l’unité de l’Eglise et de l’humanité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), Arc-en-Sierre, novembre 2019

Par Martin Högger, pasteur  |  Photo: Dominique Deslarzes

Esprit Saint, c’est à toi que je désire m’adresser Pour te confier l’unité de l’Eglise et de l’humanité. Donne-moi de te chercher et de t’aimer
Là où tu te manifestes avec force et douceur!
Je te découvre avant tout dans l’œuvre de Jésus: Tu l’as comblé de tous tes dons
Et tu as animé sa vie à chaque instant

En lui donnant sagesse et courage,
Force pour rester dans l’amour jusqu’au bout.
Je te rencontre aussi dans les Ecritures que tu as inspirées, Dans les sacrements qui nous font sentir ta proximité
Et dans les trésors de lumière de la Tradition
Où tu continues à être présent, selon ta promesse:
«Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.»
Mais c’est surtout dans l’âme et la prière de mes sœurs et frères Que je discerne ton action continuelle.
Donne-moi l’attention spirituelle pour cueillir tes fleurs
Dans le champ de ton Eglise, que tu veux élargir à tous, Particulièrement là où l’on souffre et se divise!

«C’est par le Christ que nous tous, Juifs et non-Juifs, nous pouvons nous présenter devant Dieu, le Père, grâce au même Saint-Esprit.»
(Ep 2, 18)

La foi(re) du Valais et Dieu

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), Arc-en-Sierre, novembre 2019

Par Yves Crettaz  |  Photo: Yves Crettaz

Le mois passé, nous vous annoncions la grande soirée d’évangélisation au coeur de l’église de Martigny-ville, un vendredi soir de comptoir. Un pari osé mais un événement réussi. Concert de pop louange, adoration et évangélisation au programme. Retour sur cette manifestation en lien avec le mois missionnaire extraordinaire, avec différents témoignages recueillis sur le parvis.«Ce soir, c’est fiesta et comptoir à Martigny. Nous, chrétiens, désirons également être de la partie et montrer qu’on sait aussi faire la fête et louer le Seigneur» lance d’entrée Gaëtan, le coordinateur de cette soirée et du service diocésain de la jeunesse. Les organisateurs se sont retrouvés en tout début d’après-midi pour préparer cette soirée: batterie, projecteurs, table de mixage de son, geyser à fumée. Rien ne manque au niveau technique. Tout est installé minutieusement et rapidement. On pourrait penser à un concert de rock mais Benjamin de Martigny (chanteur du groupe Raising Hope) nous rappelle que «ce soir nous allons danser et s’amuser mais sans oublier de louer le Seigneur: c’est le plus important».

Oui, car on annonce un concert de pop louange au cœur de la soirée. Ils attendent passablement de monde puisque l’édifice religieux est extrêmement bien situé par rapport à l’«after» des jeunes sur la place centrale. On se prépare à ce que les jeunes «retournent l’église» dans le bon sens du terme.

Mais faire la fête dans une église, est-ce vraiment compatible? «Oui très clairement» nous répond le chanoine du Grand-Saint-Bernard, Jean-Pierre. «Tout le monde à la louange ce soir et c’est merveilleux. Si les moyens utilisés permettent à notre cœur de s’élever vers Dieu, pour- quoi ne pas les utiliser?»

Vincent, l’un des organisateurs de la soirée nous confirme cela: «Nous désirons casser les clichés qu’ont les gens sur l’Eglise. On montre le vrai visage de l’Eglise: dynamique, joyeuse et ouverte à tous. […] On fait cela pour que les gens soient touchés. L’objectif est d’être soi-même en témoignant de notre foi, le reste ne nous appartient pas: Jésus s’en occupe.»

Les organisateurs restent humbles, fiers de leur foi et confiants pour cette soirée et ils ont raison puisque le concert a attiré les foules: l’église était pratiquement tou- jours pleine ! Beaucoup de «va-et-viens» et de cœurs touchés. «On désire partager notre joie. On connaît Jésus et on l’a fait connaître grâce à cette soirée» répond tout heureux, le coordinateur de cette soirée.

Ce soir, c’est 50 bénévoles dont 30 missionnaires répartis dans la rue pour aider les jeunes à faire le pas, surtout pendant l’Adoration d’après-concert. Ce temps plus profond a également beaucoup marqué les âmes. Moins de jeunes sont entrés dans l’église pour l’Adoration que pour le concert mais ils étaient autrement plus touchés! Parler du message de l’Eglise était important pour Gauthier de Venthône, «Le monde a des préjugés sur l’Eglise mais si on se met à creuser, on se rend compte qu’elle a le plus beau message du monde!»

Du côté des responsables, le concept plaît. Et de l’autre côté? Thomas, qui ne s’attendait pas une seule seconde à atterrir dans une église ce soir-là (comme les quatre cents autres jeunes…), a accepté de livrer son ressenti « Je suis surpris de l’initiative. Il y a une belle ouverture d’esprit de la part de l’Eglise. Un peu de modernité ne fait pas de mal. Elle en a bien besoin. Les curés dansent sur des tubes jeunes, c’est beau!» Comme quoi, l’Eglise séduit encore aujourd’hui, il faut juste qu’elle s’adapte à l’époque actuelle. C’est maintenant ou jamais!

Reconnaissance officielle

En fin de soirée, les dirigeants de la foire font habituellement une tournée jusqu’à la place centrale pour y constater l’ambiance de l’after Foire officiel. En passant devant l’église de la ville, ils ont été impressionnés et touchés par cette présence humble et paisible, fraternelle, sans débordement, sinon d’une joie communicative.
Autour du food truck ils ont transmis leurs félicitations pour cette activité off. La Foire étant une plate-forme ouverte à toutes et à tous, sans a priori ni jugement, dans le respect de chacun, David Genolet, Directeur général du FVS group s’est engagé pour l’année prochaine à ajouter cette offre au programme officiel de l’after au même titre que les autres événements. La mission continue!

Paroisses vertes: des outils à votre service

Par Pascal Ortelli
Dessins: DR
Comment inscrire le respect de la Création dans la vie d’une paroisse ? L’association Œco Eglise et environnement propose des outils pour aider les communautés à s’adapter aux exigences du développement durable, notamment par le biais d’un guide écologique à l’attention des Eglises et du label « Coq Vert ».

Un guide pour se mettre au vert
En paroisse, il n’est pas toujours facile d’appliquer des mesures favorables à l’environnement. Cela est rarement dû à un manque de volonté, mais bien plutôt à des manques de compétences et le manque d’une vision claire en la matière. Le guide Paroisses vertes cherche à répondre à ce défi. On y trouve un catalogue de propositions pour optimiser sa consommation d’eau et d’énergie, mieux gérer le tri des déchets, construire durable… Mais aussi toute une dynamique d’accompagnement pour entrer dans une démarche d’écodiaconie (à entendre : qui intègre la dimension écologique du service du prochain).

Chaque chapitre comporte des exemples de réalisation, des informations complémentaires ainsi qu’une liste de contrôle pour discerner où l’on en est dans ce processus de transition. A la fin, une note plus théologique rappelle que la protection de l’environnement est au cœur de l’éthique sociale chrétienne. Une telle démarche contribue « à la vitalité de la paroisse et au dialogue entre celles et ceux dont les contributions précieuses et régulières restent trop souvent dans l’implicite ».

Le label « Coq Vert »
Comment inscrire un tel élan dans la durée ? Pour favoriser un management environnemental dans les Eglises, des paroisses allemandes ont mis en place le label « Coq Vert » qui répond aux normes internationales de l’éco-audit. Le label donne un signal fort vis-à-vis de l’extérieur en termes de communication. En Suisse alémanique, plus de vingt paroisses ont été labellisées, tandis qu’une trentaine sont en cours de labellisation. Malheureusement, les choses sont plus lentes en Romandie. Cela vient peut-être du fait que le label français « Eglise verte » n’est pas encore transposable. L’invitation est en tout cas lancée…

Plus d’infos sur www.oeco-eglise.ch

Pourquoi des religions?

Par Thierry Schelling
Photo: C
iricLe pape François se l’est demandé : « Pourquoi Dieu permet-il qu’il y ait tant de religions ? Dieu a voulu permettre […] cette réalité […] mais ce que Dieu veut est la fraternité entre nous. » 1

Nostra Aetate, encore et toujours
Au Concile Vatican II, les catholiques avaient été appelés à ne rien rejeter de ce qui est vrai et saint dans les autres religions, considérant « avec un respect sincère [leurs] manières d’agir et de vivre, [leurs] règles et [leurs] doctrines qui, quoique divergentes [du christianisme], reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes » (no 2). Cinquante-cinq ans plus tard, François, promouvant le dialogue interreligieux, déclare que « adopter la culture du dialogue comme voie, (de) la collaboration commune comme conduite, et (de) la connaissance réciproque comme méthode et critère » 2 est LE comportement cohérent du croyant. Dans leurs universités, les théologiens chrétiens ont augmenté la réflexion de manière notoire 3. Mais comment vivre l’exhortation de Vatican II au quotidien ? 

Fraternité universelle
Le Pape invoque le « courage de l’altérité » qui est « l’âme du dialogue ». Et, en conséquence, invite les croyants à servir autrui ensemble – migrants, malades, pauvres, marginalisés – au nom de la fraternité commune. On est dans le faire, repris dans le concept des « œuvres de charité » listées lors du Jubilé de la miséricorde. Et toujours en écho au Concile qui demandait aux fidèles de reconnaître, préserver et faire progresser « les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles » des autres religions ! Oui, le ou la catholique est appelé à faire grandir l’autre dans sa différence religieuse ! 

Joli programme missionnaire, non ?

1 Audience du mercredi 3 avril 2019.
2 Document Fraternité universelle, Abu Dhabi, 3 février 2019.
3 Cf. l’incontournable Vers un œcuménisme interreligieux, par Monique Aebischer-Crettol (Le Cerf, Paris, 2001), véritable bible en la matière.

Une fresque de rue à Bovernier

Propos recueillis par Bernard Chambovey pour les classes 6H-7H-8H
Photo: école de BovernierBonjour ! 

Nous avons rencontré des spécialistes du graffiti qui nous ont appris la différence entre le graffiti et le tag. Après avoir réfléchi ensemble à un projet et mis nos différentes idées sur le papier, nous sommes allés à un mur à l’entrée du village pour y peindre une grande fresque. Les contours des dessins avaient été préparés par nos coachs de l’entreprise Urban Art Academy à Martigny. Il n’y avait donc plus qu’à les compléter et à les remplir de couleurs. Nous avons ajouté des abeilles, des montagnes, des arbres, des grappes de raisins et des bulles à la première esquisse. Tout ceci accompagné de saint Théodule, saint patron de Bovernier.

Les professionnels d’Urban Art Academy nous ont montré comment utiliser les bonbonnes de peinture. 

Ils étaient très gentils. Ils ont corrigé quelques petits problèmes et amélioré notre travail avec quelques reflets par exemple. Finalement, c’était très beau !

Des passants s’arrêtaient pour regarder et nous féliciter. On a même peint nos chaussures ! Nous avons adoré ce projet et on a pris beaucoup de plaisir à le faire. Nous nous sommes bien amusés et on a bien rigolé. Nous remercions nos enseignants d’avoir accepté cette idée.

Son job, croque-mort!

Un métier particulier que celui de croque-mort. Agé de 29 ans, Loïc Wiesmann le pratique depuis plusieurs années, dans un environnement qui le met en présence de rites pratiqués par différentes religions.

Par Nicolas Maury
Photos: Jacky Leya, Evelyne Wiesmann
Un vendredi matin à Renens. Il n’est pas encore 8h. Loïc Wiesmann a à peine le temps de raccrocher le téléphone que la sonnerie retentit à nouveau. Cheveux courts et cravate sombre sur une chemise immaculée, le jeune homme de 29 ans ne se laisse pas déborder. « Aucune de mes journées ne ressemble à la précédente », explique-t-il d’emblée. « On peut estimer à un horizon d’environ cinq jours le travail à venir. Mais par définition, les décès ne sont pas prévisibles. Il n’y a pas d’horaire standard. Surtout chez nous, où tout le monde fait tout ! »

Son métier, comme il le dit lui-même, « c’est croque-mort ! Contrairement à des termes comme conseiller funéraire, ces mots ne prêtent pas à confusion ».

S’il a commencé à être actif dans l’entreprise familiale Blanchet et Wiesmann lors de ses études pour donner des coups de main, il en est désormais l’une des chevilles ouvrières. « Nous sommes quatre à plein temps avec mes parents Philippe et Evelyne ainsi que notre collaborateur Jacky Leya. Sur appel, nous pouvons aussi compter sur des auxiliaires. »

« Ce métier, on est fait pour ou pas », selon Loïc Wiesmann.

Le boom des incinérations

Arrivé vers 7h30 au bureau, Loïc tente de déterminer ce que seront les grandes lignes de sa journée. « Quelques éléments sont tout de même récurrents. » En fin de matinée, il se rend en effet souvent au cimetière pour y déposer des cendres. « Je tiens quelques statistiques : si l’on se base sur le périmètre sur lequel nous sommes actifs, l’ouest lausannois – Lausanne, Cossonay, Pied-du-Jura, La Côte – 79% des gens se font incinérer pour 21% d’inhumations. » Nous faisons 70% de cérémonies à caractère religieux, 13% sont laïques et 17% de sépultures se font sans cérémonie.

Les cérémonies en paroisse se déroulent plutôt vers 14h. « Nous travaillons pour des membres de différentes religions. Notre rôle reste grosso modo le même. Dans tous les cas, nous sommes à l’église ou au temple une heure avant pour la mise en place. »

Enterrements musulmans

Franchissant la porte du bureau, Jacky Leya capte la conversation au vol : « Nous organisons aussi des enterrements musulmans. C’est totalement différent. On va chercher le défunt, mais on n’a pas le droit de le préparer. Sa communauté fait sa toilette rituelle puis le met dans le cercueil avec un linceul. Devant la mosquée et au cimetière, on ouvre le véhicule funéraire et c’est à nouveau la famille et les proches qui le portent sur la tombe, puis referment celle-ci. » 

Hormis ces rendez-vous, le reste de la journée est consacré à des tâches fort diverses. « Cela va la préparation du cercueil au lavage des voitures en passant par les mises en bière, la rencontre avec les familles, l’administration et la gestion des stocks. Il n’y a pas de quoi s’ennuyer. L’une des grandes inconnues est relative au parc des véhicules. Si on se retrouve avec plus de cérémonies que de véhicules, il faut jongler… »

Préparation des corps

La préparation des corps reste un domaine particulier. « Après un décès, on est appelé soit par la famille, soit par la police, reprend Loïc. Lorsque c’est la gendarmerie, nous avons au maximum une heure pour intervenir et amener le corps à l’Institut de médecine légale. On voit de tout. Nous accueillons parfois des jeunes qui, dans la foulée de séries comme NCIS, sont intéressés par la profession. Sans vouloir rentrer dans les détails, la confrontation avec la réalité est… différente. Ce métier, on est fait pour ou pas ! »

Lors d’un mandat donné par la famille, « nous rendons la personne la plus jolie possible avant de la restituer. La clef, c’est la température, mais divers éléments entrent en jeu : le défunt était-il en bonne santé ? Prenait-il des médicaments ? Qu’a-t-il mangé avant de mourir ? Ces facteurs interviennent dans le processus de décomposition du corps ».

Le dernier point fixe de la journée est agendé à 18h. « C’est l’ultime délai pour envoyer les faire-part aux journaux pour le lendemain. Mais évidemment, nous restons atteignables 24h sur 24 ! »

Autour de l’horloge…

7h30 –> Arrivée au bureau et gestion des affaires courantes

11h –> Dépose des cendres au cimetière

14h –> Cérémonie funéraire 

18h –> Dernier délai pour l’envoi des faire-part aux journaux

Dès 18h –> Service de piquet

«La vieillesse est un naufrage!»

J’avais promis un article à Pascal Tornay : le voici. Ma pensée est assez anticonformiste voire provocante. Si je parle de moi ici, ce n’est pas par égocentrisme. Je tire simplement les leçons de mes expériences. Je me lance: Je n’avais pas réalisé à quel point cette phrase (voir titre) attribuée à De Gaulle portait en elle-même de vérité! Il ne s’agit pas de l’âge bisounours qu’on nous vend à longueur de journée. C’est un âge très dur où les possibilités de retournement sont complexes et où la vertu de patience se perd un peu!Par Jean-Pierre Démurger
Photos: DR, cosmovisions.com

Après une vie de chef d’entreprise (déchu) et des procès, conséquence d’un dépôt de bilan, j’approche les 60 ans. Mon dernier parent est mort et, pensant que la succession pouvait résoudre les problèmes de la vie quotidienne et qu’il n’en a rien été, bien au contraire, j’ai décidé de m’en détacher et de prendre la suite de ma vie différemment. Il est probable que cette situation ne soit pas réglée avant mes 70 ans et cette perspective me désole… 

J’ai donc cherché un nouveau travail. Je témoigne que, à part deux entretiens sur des centaines, peut-être plus d’un millier de lettres polies de refus, tournées juridiquement dans le sens où il ne puisse être compris qu’il existe une ségrégation au sujet de l’âge, je me suis interrogé sur la nature de ce fait. 

Nous vivons dans le paradigme selon lequel les vieux coûtent chers, mais qu’ils sont indispensables à la survie de la société en général, et capitaliste en particulier, me suis-je dit. Ils coûtent cher à faire travailler pour de multiples raisons. Ils ont peut-être aussi leur caractère… Dans le même temps, les jeunes sont dans une autre culture, celle de la conformité à un apprentissage sans remise en cause. Ils correspondent à une catégorie du compte d’exploitation. Ils sont moins chers, interchangeables à souhait. Le coût d’un mauvais recrutement est limité.

Le monde du travail est aujourd’hui fondé sur deux comportements : 

Le premier : celui de la meilleure pratique définie par des normes ou des lois, des procédures, desquelles ceux qui n’atteignent pas la performance sont exclus, faisant ainsi une armée de gens conformes et obéissants, semblables, d’où aucune personnalité originale ne dépasse.

Tout ce que je sais de ce comportement, c’est qu’il conduit au désespoir (Cf. le « toyotisme » au Japon poussé à l’extrême) puis au burnout, puis à la mort. Je me rappelle d’un pilote de ligne très bien formé aux procédures. Il avait dû se poser en urgence à la suite d’une panne de moteur. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il n’avait pas effectué telle manœuvre pour redémarrer, il avait répondu : « ça ne fait pas partie des procédures ! » Néanmoins, ça aurait marché sans paniquer les passagers et affoler la planète !

Il me semble que, dans un passé pas si lointain, on cultivait le goût de la différence, en acceptant le risque de la vie, avec ses bonheurs et ses malheurs. Il se trouve que j’ai des pieds assez carrés et que, sur cent paires de chaussures, il n’y en ait que deux qui m’aillent. Je n’ai donc pas le choix de la « mode » et je l’ai accepté. Je pense qu’aujourd’hui, n’entrant pas dans la norme des formes de pied admises – la technologie aidant, et cela fait fonctionner le système – on me demanderait de me faire opérer pour trouver une forme de pied conforme à la norme, (et rentrer dans une bonne catégorie !) en m’offrant ainsi le bonheur d’un choix de paires de chaussures plus large que jamais…

Si Pascal m’offre encore une page le mois prochain, je poursuivrais mon propos et vous partagerais un peu au sujet du deuxième fondement sur lequel le monde du travail est construit, je l’ai appelé « le maillon faible »…

PRIXM ou les trésors des Ecritures

Par Chantal Salamin
Photo: DR
La Bible est le livre le plus vendu de tous les temps. Mais est-il le plus lu ? Nous devons bien reconnaître que la Bible nous paraît souvent trop compliquée, indigeste et désuète et que nous peinons à la lire ! Souhaitez-vous voyager dans la Bible ? Vous allez devenir fan de PRIXM !

PRIXM, c’est quoi ?
Le nom PriXm a été choisi en référence à la forme géométrique du prisme, qui diffracte la lumière et révèle toutes les couleurs qu’elle contient, et le X de la Croix de Jésus. PRIXM, c’est une newsletter hebdomadaire pour vous révéler la beauté des Ecritures de manière décalée et amusante. Leurs auteurs visent en particulier les 18-35 ans.

Chaque semaine : une pépite culturelle, soit un film ou une musique, un texte biblique associé, un éclairage basé sur des références historiques, culturelles et plus, etc. Et parfois une citation en mot de la fin.

Elle se déguste en quelques mi­nutes, un vrai régal. Inscrivez-vous, c’est gratuit !

Mais qui est derrière PRIXM ?
C’est une équipe de jeunes entrepreneurs – Valentine, Madeleine, Nicolas et Thibault – qui concoctent ces pépites hebdomadaires avec un comité scientifique dirigé par le frère Olivier-Thomas Venard, frère dominicain de l’Ecole biblique de Jérusalem, école qui a produit la célèbre traduction de La Bible de Jérusalem et qui continue de traduire et d’annoter les Ecritures sur la plateforme en ligne La Bible en ses traditions (bibletraditions.org) avec 300 chercheurs du monde entier.

Un mot de la fin trouvé sur PRIXM
« Il ne faut pas s’enfermer dans ce que l’on a toujours fait. Aujour­d’hui, la force des religions est de s’adapter au monde, tout en étant un lieu de permanence dans une société qui a besoin de points fixes. Il faut être dans l’adaptation et la permanence. C’est le sens du mot « halakha » en hébreu qui veut dire à la fois la loi et la marche : pour nous, la règle est une loi en mouvement ; elle nous protège de l’émotion du temps. » 1

1 Haïm Korsia, grand rabin de France, entretien recueilli par Bruno Bouvet et Nicolas Senèze, La Croix, le 30 sep-tembre 2015.

Le site: prixm.org

Accueil du nouveau curé modérateur

Les membres des six communautés francophones et des communautés linguistiques de l’unité pastorale Nyon-Terre Sainte (UP) se sont retrouvés dimanche 1er septembre à l’abbaye de Bonmont pour accueillir le nouveau curé modérateur, l’abbé Jean-Claude Dunand. Une belle fête dans la joie d’un nouveau départ.Par Geneviève de Simone-Cornet
Photo: André Bourqui

En ouverture Gilles Vallat, président de paroisse, a salué l’assemblée. Elle était compacte en ce premier dimanche de septembre qui inaugurait une nouvelle année pastorale et marquait l’installation du nouveau curé modérateur de l’unité pastorale Nyon-Terre Sainte (UP), l’abbé Jean-Claude Dunand, par le vicaire épiscopal pour le canton de Vaud, l’abbé Christophe Godel. Il a rappelé que le nouveau curé a travaillé avec les abbés Giraud Pindi et Zbiniew Wiszowaty dans l’unité pastorale Notre-Dame de Compassion à Bulle et qu’il est à l’origine de l’association Kimpangi Suisse-Congo. Cette association soutient des projets dans la région de Matadi, en République démocratique du Congo (RDC), où l’abbé Pindi, ancien curé modérateur de l’UP, est vicaire général. L’abbé Dunand a d’ailleurs séjourné en RDC en juillet avec d’autres membres de l’association pour poursuivre les réalisations sur place.

Le président a accueilli le nouveau curé et l’a remercié, soulignant que « ta tâche ne sera pas de tout repos étant donné la taille et la complexité de notre UP. Grâce à ton expérience et ta détermination, tu pourras mener à bien un ministère fécond ». Il a salué la famille et les amis de l’abbé Dunand ainsi qu’une délégation de son ancienne paroisse de La Chaux-de-Fonds. Et le vicaire épiscopal pour le canton de Vaud, l’abbé Christophe Godel, qui présidait la célébration, « avec qui nous entretenons d’excellents et fructueux rapports ».

Un riche parcours

La célébration était présidée par l’abbé Godel et concélébrée par les prêtres de l’unité pastorale. Le vicaire épiscopal a présenté le parcours du nouveau curé, qui a grandi dans la région de Payerne, dans la Broye vaudoise : il a été aumônier des JCVD, les Jeunes catholiques du canton de Vaud, avant d’exercer son ministère pendant douze ans dans l’unité pastorale Notre-Dame de Compassion à Bulle, puis pendant cinq ans à La Chaux-de-Fonds. Il arrive, a poursuivi le vicaire épiscopal, dans une UP marquée par « l’interculturalité, des missions linguistiques, six communautés locales, un esprit de partage œcuménique et où les charismes sont très largement distribués ». Il a ensuite lu la lettre de nomination, salué par des applaudissements.

Dans son homélie, l’abbé Godel, dans le droit fil des lectures du jour, s’est interrogé sur l’humilité : « Humilité vient de humus, la terre, et signifie être appuyé sur la terre ou, comme on dirait chez nous, garder les pieds sur terre. Le contraire de l’humilité c’est l’orgueil, qui fait qu’on se considère comme plus que ce qu’on est, un peu comme le décrit La Fontaine dans sa fable ‘ La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf  ’ ». Autre erreur, a-t-il souligné : « S’abaisser exagérément, et se considérer au-dessous de ce qu’on est vraiment, et donc ne pas utiliser les dons et les talents qu’on a reçus ».

L’humilité : viser haut avec Dieu

L’humilité, qu’est-ce que c’est ? « C’est marcher dans la vérité de ce qu’on est. L’humble voit qui il est vraiment : ses capacités et ses limites, mais aussi la possibilité de compter sur l’aide de Dieu pour réaliser des choses qui lui semblent, à première vue, difficiles. L’humble reconnaît que Dieu est présent, qu’il est son créateur qui marche avec lui. L’humble est celui qui vise haut, mais en mettant sa confiance dans l’aide de Dieu. » Etre humble, c’est « se mettre à sa juste place sous le regard de Dieu », découvrir que les autres « sont aussi des créatures sacrées, des enfants de Dieu en qui il a déposé une trace de son être en les appelant à le rejoindre. Alors l’humilité nous empêche de considérer les autres de haut parce que même s’il y a des aspects que nous pensons être meilleurs chez nous que chez eux, même s’il y a des côtés qui nous énervent ou que nous n’aimons pas en eux, il y aura toujours une facette que l’on n’aura pas vue et qui les place non seulement au même niveau que nous, mais peut-être même au-dessus ».

Dans la logique de Dieu

Car chaque personne est un mystère à respecter, « et ça nous donne envie de servir nos frères, de leur rendre service » « sans chercher notre intérêt, mais le bonheur de tous, avec l’aide de Dieu et selon sa logique ». Dans l’Eglise, la société, la famille, le travail. Tournés vers le monde tout en étant ouverts à l’action de Dieu en nous.

Tout le contraire de l’orgueil qui « pousse l’homme à se mesurer à son prochain en se distinguant de lui, en se croyant différent… en mieux, évidemment ! L’orgueilleux éprouve le besoin de se comparer et de juger défavorablement son prochain, de critiquer sa façon de penser et sa manière de vivre ».

« A l’occasion de cette messe d’envoi, a poursuivi l’abbé Godel, que le Père puisse récompenser à sa manière ceux qui se mettent au service de leurs frères et de leurs sœurs. Et la plus belle des récompenses, c’est certainement de savoir qu’on travaille avec Dieu, qu’on participe à son œuvre et qu’il agit à travers nous même si nous n’en avons pas conscience. »

Mettre en valeur les charismes

Puis l’abbé Dunand a partagé sa profession de foi en Dieu le Père, en Jésus-Christ et en « l’Esprit fort, léger et fragile ». Découvrant une nouvelle région, « une agréable petite ville au bord du lac avec vue sur le mont Blanc », il a souligné « les défis nombreux et conséquents de notre époque : les nouveaux moyens de communication, les repères bousculés ». Ainsi, a-t-il relevé, « notre manière de faire Eglise ne peut plus être comme il y a quelques années – heureusement que je peux compter sur des prêtres venus d’ailleurs ».

Il s’est dit prêt à bâtir « une Eglise animée du souffle de l’Esprit ». Désireux de « mettre en valeur les charismes de chacun, développer des synergies, animer l’UP et faire en sorte que nous marchions tous ensemble sur un chemin d’humanisation et de divinisation. Avec confiance, simplicité, audace, faire Eglise. En comptant sur le sacerdoce baptismal et les charismes des baptisés et des autres ».

Merci Fabiola

Cette célébration a aussi été l’occasion de saluer Fabiola Gavillet Vollenweider qui quitte l’Equipe pastorale (EP) après dix ans d’engagement bénévole durant lesquels elle l’a représentée dans les Conseils de paroisse, de gestion et de communauté, s’est mise à l’écoute des mouvements, a eu le souci de la communion et a porté des projets dont une enquête sur le bénévolat dans l’UP. Emue, elle a souligné que le bénévolat lui a apporté « la joie du don et la compréhension du sens profond de la coresponsabilité. C’est l’affaire de tous. C’est une complémentarité grâce à laquelle on fait l’apprentissage de l’autre et de soi qui nous permet d’avancer sur le chemin de la foi en toute confiance ».

La célébration a été suivie d’un apéritif dînatoire à la salle communale de Chéserex. Un moment de convivialité qui a permis à chacun de mieux connaître le nouveau curé modérateur. Merci aux bénévoles, nombreux: grâce à eux, la fête fut belle.

J’ai lu pour vous: Jérôme Lejeune, la liberté du savant

Par l’abbé Dominique RimazCe livre biographique du généticien, découvreur de la trisomie 21, ne se lit pas comme un vrai roman, mais comme un roman vrai. Ce chercheur a été reconnu très tôt par la communauté internationale. Il fut nommé expert des radiations atomiques auprès de l’ONU à l’âge de 31 ans. 

Le Professeur Lejeune a marqué l’histoire en prenant la défense des tout-petits, des malades, des personnes avec un handicap ou des sans-voix. Il eut un véritable coup de cœur pour les enfants trisomiques, à qui il décida de consacrer sa vie. Suivant toujours sa conscience, fidèle au serment d’Hippocrate, il a montré avec brio comment la science et la foi sont faites pour grandir ensemble. Son histoire est celle d’un homme qui est resté profondément libre malgré les honneurs reçus dans le monde entier puis les attaques violentes dont il a été l’objet. Il aurait pu recevoir le prix Nobel de médecine. 

L’auteur du livre, Aude Dugast, est postulatrice de sa cause de canonisation. La phase diocésaine est terminée et la « positio » est à la congrégation pour la cause des saints. Ne reste que la reconnaissance de l’héroïcité des vertus et le miracle pour authentifier notre perception de sa vie sainte. 

Alors que la personne humaine est incomprise par les politiques, édictant des lois qui ne prennent plus en compte l’écologie humaine, cette lecture permet d’entrevoir la sagesse d’un médecin guidé moralement par un grec préchrétien, Hippocrate, du IVe siècle avant Jésus-Christ.

Aude Dugast, Jérôme Lejeune, la liberté du savant, Editions Artège 2019.

La chapelle Saint-Barthélemy

Par Emmanuel Rey
Photos: DR

Près du double rond-point du Schoenberg s’élève la chapelle Saint-Barthélemy. À mi-chemin entre la porte de Berne et le hameau de Villars-les-Joncs se trouvaient au Moyen Âge une léproserie ainsi qu’une chapelle. Dans son état actuel, la chapelle a été édifiée en 1472-1473 ; l’autel extérieur date de cette époque. La chapelle a subi plusieurs réfections au XVIIe (la cloche de 1658 l’atteste) puis au XVIIIe siècles (installation du retable avec la représentation du martyre de saint Barthélemy). Certaines œuvres autrefois visibles dans la chapelle se trouvent aujourd’hui à la cure de Saint-Nicolas : les statues de sainte Catherine et de saint Éloi ainsi que deux peintures représentant les saintes Ursule et Vérène. La chapelle a dépendu de la paroisse de Guin jusqu’en 1872. Le mauvais état de l’intérieur a incité la paroisse de Saint-Nicolas/Saint-Paul à entreprendre des travaux urgents ; près de Fr. 55’000.– y ont été consacrés. Les travaux se poursuivent et une porte vitrée sera placée devant la vénérable porte en épicéa du XVIIe siècle, de sorte que la chapelle pourra rester accessible. Depuis quelques années, une messe y est célébrée le 24 août, jour où l’Église fait mémoire de l’apôtre Barthélemy. Les pèlerins qui marchent sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle y font une halte bien méritée.

Marc-Olivier Girard est séminariste dans notre diocèse. Durant cette année pastorale, il est en stage dans notre unité pastorale. Voici son témoignage en guise de présentation :

« Enfant, j’ai eu la joie de recevoir la foi par l’intermédiaire de ma mère. Comme jeune adulte, si mon cœur était ouvert, je ne peux pas dire que j’étais un convaincu de la spiritualité ou un pilier d’église. J’ai cependant expérimenté, tout particulièrement lors d’un pèlerinage, que la beauté des paysages, le silence de la montagne, l’effort physique et l’entraide fraternelle accompagnés de moments de prière, de célébrations liturgiques et d’enseignements catéchétiques sont des ingrédients qui permettent à Dieu de parler à notre cœur et de le visiter en le comblant de richesses que je ne soupçonnais pas. Depuis, j’ai pu aussi mettre mon énergie au service de l’Église, notamment de ce pèlerinage qui m’a tant apporté. En outre, j’ai aussi compris que le témoignage de ma foi dans le concret de ma vie quotidienne est source de bonheur. Si je peux exprimer un souhait : que beaucoup de personnes puissent bénéficier de la même expérience et trouver Dieu en le cherchant de tout leur cœur. »

Retour sur la fête d’installation des trois curés

Merci à tous pour ce moment fort vécu en secteur.
Le mot ci-dessous des trois curés va nous aider maintenant à vivre notre mission dans le secteur des Deux-Rives.
Texte par les trois curés: Rémy, Bruno, Robert
Photo: Judith Balet

Bien chers dans le Christ, 

En ce jour de notre installation comme curés des six paroisses de notre secteur, nous souhaitons partager avec vous notre joie et notre émotion d’être des serviteurs de Dieu à votre service, c’est-à-dire concrètement enracinés dans la réalité humaine et pastorale de nos villages. Vos paroisses deviennent notre famille et, ensemble, nous formons le Peuple de Dieu, l’Eglise vivante, priante et évangélisatrice qui a notamment pour mission d’être signe et témoin de la présence de Dieu parmi les hommes ; ensemble, nous voulons partager les joies et les peines et les porter dans la prière auprès de Dieu par nos intercessions et actions de grâce. 

La nomination « in solidum » dénote clairement le souhait de notre évêque que, nous prêtres, soyons un trait d’union entre les deux rives de notre secteur pastoral. Il nous invite à travailler ensemble et avec vous pour former un secteur dans lequel l’amitié, l’entraide, le sentiment d’appartenance et de chez-soi dépassent les frontières de son clocher pour s’enraciner aussi auprès des frères et sœurs des paroisses voisines. 

Nous remercions nos collaborateurs et catéchistes pour leur engagement confiant à nos côtés, les si nombreux bénévoles de chaque paroisse pour leurs précieux et indispensables services, nos Conseils de communautés et de gestions pour le souci partagé du bien-être des paroissiens, nos autorités communales pour leur bienveillance, le doyen Genoud pour sa présence amicale aujourd’hui. 

Je me réjouis de rejoindre ici Bruno et Robert, avec qui j’ai étudié à Fribourg et que je connais et apprécie beaucoup. Deux prêtres ont quitté le secteur, un seul arrive. Vous comprendrez aisément que cela ne facilite pas notre tâche ni celle de l’équipe pastorale du secteur. C’est pourquoi, chers frères et sœurs, vos prêtres ont besoin d’un certain soutien, d’un peu d’amitié, de confiance et de prière. Ils peuvent aussi être édifiés par votre ferveur et votre piété. Votre foi soutient et fortifie la nôtre. Les fidèles peuvent aussi offrir à leurs prêtres leur compréhension face à certains de leurs inévitables choix et faire preuve de patience envers leurs défauts, faiblesses ou incapacités. Ensemble, nous sommes responsables de l’évangélisation et du témoignage donné. Bien sûr, la tâche est lourde, le territoire est vaste, la mission est ardue, mais cette tâche, nous en portons ensemble le souci, cette mission nous allons la réaliser ensemble avec Dieu qui s’engage à cheminer avec nous et qui ne nous abandonne jamais. Merci de votre accueil à tous ! Et merci Seigneur pour toutes les grâces que tu nous donnes et pour tout ce qu’il nous est donné de vivre grâce à toi ![

Un peu d’humour dans nos prières pour nos trois curés

Texte proposé par Marie-Luce Crettenand 

Seigneur,
Aide-nous à rendre nos discussions et décisions aussi rapides que le « trio express » !
Que ta bienveillance nous soutienne et nous protège d’un « trio infernal » !
Que Ta force et Ta sagesse soient présentes dans ce « trio de choc » !
Que ta Lumière soit la baguette de ce « trio magique » !

De tout cœur, merci Seigneur,
Toi qui es « trois en un », de nous offrir à ton image, ce « trio pack » ! Amen

Les amis de nos enfants

Cinq bonnes raisons de les connaître 

Les parents soucieux de leur rôle éducatif ne peuvent faire l’économie de s’intéresser aux camarades de leurs enfants et de passer du temps avec eux.

Par Bénédicte Jollès
Dessin: DR

1.

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es », dit l’adage populaire. Les amis de nos enfants révèlent leurs centres d’intérêts, leur personnalité ou leurs rêves. Ils nous permettent de savoir où ils en sont, quels sont leurs qualités ou au contraire leurs points faibles à renforcer.
Qui les attire ? Les caïds, les frondeurs, les séducteurs, les premiers de classe ou les ultra-connectés ?

2.

Lâcher la bride à bon escient : trouver le juste équilibre entre permissivité aveugle et contrôle excessif est délicat.
Pour permettre à nos enfants de s’ouvrir petit à petit au monde, il est bon de les regarder évoluer à l’extérieur de la famille : sont-ils influençables ? Savent-ils se positionner, s’entourer d’amis bien dans leur peau ? Se faire respecter ? Par ailleurs, la rencontre de familles dont les valeurs chrétiennes sont proches des nôtres peut se révéler bénéfique et permettre aux jeunes de se fortifier. 

3.

Nos enfants ont besoin de parler, parfois déroutés ou malmenés par le monde extérieur qui peut être violent. Ils attendent notre avis d’adulte, telle Alexandra qui sanglote un soir dans son lit : « Je croyais que Théo était mon copain, mais il se moque tous les jours de moi sur Whatsapp. » Petit à petit, en nous rendant disponibles, par un dialogue confiant et régulier, nous pouvons amener nos enfants à découvrir que leurs vrais amis sont ceux dont ils sont fiers, ceux qui font du bien plus qu’ils n’enfoncent.

4.

Leur permettre de développer un esprit critique. Face aux contenus rencontrés sur Youtube ou les réseaux sociaux, nos jeunes ont besoin d’adultes qui les aident à discerner. « J’ai expliqué à mon fils de 9 ans happé par Fortnite que je préfère qu’il aille vers des amis capables de proposer d’autres activités que ce jeu vidéo violent : des jeux de société, du sport.
Je l’ai aussi inscrit dans un groupe scout, un mouvement qui ouvre aux autres et à la vie dans la nature », explique Catherine, maman vaudoise de deux préadolescents.  

5.

Témoigner de notre foi chrétienne dans un monde où de moins en moins d’enfants sont baptisés. L’accueil chaleureux des familles pratiquantes est une première façon d’évangéliser et de témoigner des valeurs, de la joie et de l’espérance qui les habitent.

Les dieux aussi ont voyagé

Par Nicole Andreetta
Photo: DRSources d’espérance pour l’avenir, soutiens pour braver les difficultés quotidiennes, les religions permettent de donner du sens à la vie au-delà de sa finitude.

Facilement instrumentalisées par le pouvoir et les politiques, elles suscitent également des arguments qui justifient des guerres, des massacres et des mesures d’exclusion.

Chacune prône la prière et la contemplation, préconise l’aumône, souligne l’importance de la relation à l’autre/Autre…postures qui permettent de dépasser toutes sortes de frontières dans différentes dimensions.

Néanmoins, à force de les séparer, de les distinguer, de les différencier, des théologiens de tous bords ont érigé entre elles des barrières à ne pas franchir.

Pourtant, les dieux aussi ont voyagé ! Tout le long des routes de la soie, au fil des siècles, de Venise à Samarcande, d’Alexandrie à Canton, parallèlement aux marchandises, symboles et croyances ont circulé et se sont échangés.

Dans les plaines de Mongolie, sur les rives de l’océan Indien et jusqu’aux contreforts de l’Himalaya, judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme, zoroastrisme, taoïsme, hindouisme… se sont côtoyés, rencontrés et influencés.

Un dimanche peu banal…

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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2019

 

Texte par Doris Buchard
Photos: Marie Luisier, Bernard Hallet

Lourdes n’est pas un lieu qui impose une manière de penser, c’est un endroit qui vous montre une façon de vivre en communauté avec les gens les plus démunis de notre société. Les aînés, les personnes en situation de handicap et les malades sont prioritaires dans toutes les activités proposées. C’est une bouffée d’espoir et de fraîcheur. En plus de cet aspect particulièrement bienveillant, Lourdes permet de faire des rencontres géniales avec des jeunes qui partagent généralement les mêmes valeurs.

Ayant vécu ce pèlerinage l’été dernier avec un grand élan de solidarité, de bienveillance auprès des jeunes handicapés de l’accueil, nos jeunes ont voulu prolonger cette belle semaine en profitant de l’occasion pour se retrouver entre jeunes de Suisse romande entourés de toute l’équipe de Cérébral Valais.

Du coup, comment ne pas imaginer qu’un dimanche ordinaire de retrouvailles puisse se transformer en un dimanche peu banal autour d’un programme riche le dimanche 15 septembre 2019 au Botza avec une répétition de chants en vue de vivre une messe, puis le partage et la convivialité autour d’un repas, de moments de jeux et de musique.

Alors oui, Lourdes permet de vivre et de prolonger des valeurs à vivre au plus profond de son cœur.

Bravo la jeunesse pour ce bel élan et en route pour Lourdes 2020, du 24 au 30 mai et du 12 au 18 juillet.

Aider les proches aidants

Un parent âgé plus tout à fait autonome, un conjoint malade, un enfant en situation de handicap et votre quotidien est chamboulé. Vous devenez proche aidant. Regard valaisan.

Par Inês Garrido, Céline Nanchen
Photo: DR

Marie-Noëlle Gross

Vous vous retrouvez soudain en première ligne pour accompagner, aider, apporter les soins élémentaires comme vérifier la prise de  médicaments, veiller à l’alimentation, aider dans les soins corporels, s’occuper des tâches administratives, accompagner lors de sorties, etc. Le proche aidant est tout ceci dans la durée.

Interview de Mme Marie-Noëlle Gross, consultante en psychoéducation, responsable des groupes de soutien et de la ligne d’écoute.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’association ?
Elle a pour mission de mener des activités permettant de faire connaître, informer et soutenir les proches aidants, en fédérant tous ceux qui s’investissent dans ce domaine. Ses actions visent à permettre à chaque proche aidant de mener à bien sa mission d’accompagnement auprès des personnes atteintes dans leur santé et/ou leur autonomie en évitant l’épuisement. 

Que propose concrètement l’association ?
Une ligne d’écoute : tous les mardis. Je donne des conseils, des pistes ainsi que les soutiens existants adaptés à la situation pour améliorer le quotidien du proche aidant.
Un groupe de soutien, que j’anime une fois par mois à la Vidondée, à Riddes, permettant d’échanger dans un petit groupe sur la lourdeur du quotidien, un sentiment de culpabilité ou un conflit de loyauté. Il permet de se retrouver entre pairs et de savoir que l’on n’est pas seul.
Un accueil au bureau tous les jeudis de 13h30 à 17h30 à Sion.

Quel est plus précisément votre rôle ?
Il consiste à écouter et entendre les besoins des proches aidants, leur faire connaître les soutiens financiers et structures existants et leur donner des clés sur l’évolution des maladies dans le but de conserver le lien avec leur proche lorsque leur état de santé se péjore.

Un mot à faire passer aux proches aidants ?
Osez demander de l’aide plus tôt. Cela ne veut pas dire que vous renoncez. 

Association proches aidants Valais

Rue de la Porte-Neuve 20
1950 Sion
info@proches-aidants-valais.ch
www.proches-aidants-valais.ch
Ligne écoute : 027 321 28 28
Les mardis : 9h-11h, 14h-16h, 18h-20h

Groupe de soutien 2019 : de 19h à 20h30 les 25.11, 16.12

Dès 2020 : de 19h à 21h les 27.01, 24.02, 30.03, 27.04, 25.05, 15.06, 17.08, 28.09, 26.10, 30.11, 21.12

Le rendez-vous

Par Geneviève de Simone-Cornet
Photo : Jean-Claude Gadmer

L’année tire à sa fin et déjà nos regards se tournent vers la lumière de Noël promise à nos nuits humaines. Une année rude pour l’Eglise, ébranlée par les abus sexuels, de pouvoir et de conscience, les scandales financiers et une opposition à François de plus en plus affirmée. Une année riche d’espérance avec le synode pour l’Amazonie et le Mois missionnaire extraordinaire. Ombres et lumières d’une Eglise qui chemine en plein monde au pas des hommes. Elle ne sera plus la même désormais. Elle ne pourra plus l’être si elle veut poursuivre sa mission – annoncer l’Evangile – en étant crédible.

Nous allons cheminer vers Noël au rythme des quatre semaines de l’Avent. Pour nous retrouver devant la crèche en famille et en paroisse. Célébrer le rendez-vous de Dieu et de l’humanité dans le visage d’un enfant. Serons-nous à l’heure ? Prêts à rencontrer Dieu dans la fragilité et la douceur d’un nouveau-né ? Serons-nous à la hauteur ?

Le temps de l’Avent nous est donné pour nous mettre au diapason de Dieu. Car celui que nous allons rencontrer est déroutant, inattendu, toujours neuf : « Vous me rangez / au vestiaire des idées reçues / et je viens à vous / dans la fraîcheur de la grâce ! », écrit Francine Carrillo dans « Traces vives. Paroles liturgiques pour aujourd’hui » (Labor et Fides, 2006). Celui que nous attendons habite déjà nos combats et nos doutes : « Vous me voulez / comme réponse / et je me tiens / dans le bruissement de vos questions ! ».

Noël, c’est Dieu qui vient éclairer nos nuits d’une lumière nouvelle, prendre corps pour marcher avec nous, prendre cœur pour aimer avec nous, prendre voix pour crier avec nous. L’enfant de la crèche n’adoucit rien, ne résout rien. Mais il vient nous dire cette chose essentielle : « Je suis avec vous ». Tous les jours. En tout temps.

Ne ratons pas le rendez-vous où Dieu nous espère : « Sous les pavés de vos errances », « je vous attends / comme la nuit attend le jour… ». Préparons nos cœurs, nos esprits et nos vies, faisons place à celui qui nous fait signe. Pour cela, écrit Francine Carrillo dans « Braise de douceur » (Ouverture, 2000), « renouer avec l’enfant / qui sommeille au-dedans /Tendre obstinément la main / vers le matin qui vient / S’étonner de ceux / qui nous sont donnés ». Garder en nous, précieuse, la capacité de nous émerveiller. Nourrir l’espérance. Vivre au pas de la tendresse. Tisser nos jours d’humilité.

A chacun un Noël de paix, de joie et de lumière.

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