La mémoire

Les réseaux de neurones dans le cortex préfrontal jouent un rôle crucial.

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

La mémoire est une fonction cognitive essentielle, permettant de stocker, récupérer et utiliser des informations au fil du temps. On distingue trois types de mémoire : la mémoire sensorielle, la mémoire à court terme et la mémoire à long terme :

-> La mémoire sensorielle capte brièvement les stimuli de l’environnement ; 

-> la mémoire à court terme conserve une quantité limitée d’informations pendant quelques jours au maximum ; 

-> la mémoire à long terme permet de stocker des connaissances pour des périodes prolongées supérieures à la semaine…

Les recherches scientifiques actuelles montrent que la mémoire humaine est façonnée par divers facteurs biologiques, environnementaux et technologiques. A un niveau neurobiologique, les réseaux de neurones dans des régions comme l’hippocampe et le cortex préfrontal jouent un rôle crucial. 

La mise en mémoire d’un souvenir se traduit par une augmentation importante et durable de l’efficacité synaptique. C’est ce que l’on appelle la potentialisation à long terme ou LPT. Lorsqu’une modification d’efficacité est induite (après activation de la synapse), des mécanismes moléculaires dans les neurones conduisent progressivement à des changements morphologiques durables. Les études morphologiques ont révélé la trace de ces profonds remaniements des réseaux de neurones qui sont donc des conséquences de l’induction de la plasticité synaptique : 

-> Changement de forme et de taille des synapses, augmentation des surfaces d’apposition entre les éléments pré- et postsynaptiques ; transformation de synapses silencieuses en synapses actives ;

-> Croissance de nouvelles synapses.

Cependant, la mémoire est également sensible à l’oubli et aux distorsions. Il est fondamental d’entraîner régulièrement sa mémoire.

Les progrès en neurosciences et en intelligence artificielle modifient notre compréhension de la mémoire. Mais si l’innovation dans ce domaine est remarquable, les questions éthiques et philosophiques liées à l’augmentation cognitive demeurent centrales, notamment sur la frontière entre mémoire humaine naturelle et artificielle.

La mémoire joue un rôle crucial dans la transmission orale des Evangiles avant leur mise par écrit. Ainsi, la mémoire des apôtres n’est pas seulement un processus cognitif, mais un acte de fidélité à une vérité transcendante, une façon de garder vivante la parole divine au cœur des croyants.

La communion des saints: un pont entre le Ciel et la Terre !

Dans le credo, nous affirmons notre foi en la communion des saints. Cette expression est difficile. Pourtant c’est un dogme essentiel de notre foi, célébré tout particulièrement le jour de la Toussaint, pour notre réconfort.

Par l’abbé Jérôme Hauswirth | Photo : DR

J’ai été marqué par une veuve de la paroisse que je rencontrais régulièrement. Elle a perdu son mari après 67 ans de mariage. Voici comment elle vivait cette nouvelle réalité. J’ai recueilli son témoignage anonyme que je vous livre ci-dessous : 

« Avec mon mari, on s’était fait une promesse : le premier qui partait aurait dû aider l’autre qui restait s’il appelait à l’aide. Par chance c’est lui qui est parti en premier. Je suis mieux qu’un homme pour rester. Sans être prétentieuse. Et je fais l’expérience de son aide. Les ponts ne sont pas coupés, du moins pas tous les jours. Il se témoigne. Il me donne des signes. Il est toujours là. Par exemple, il y a des jours où je ne suis pas 18 carats. Alors je demande de l’aide à mon mari. Je lui parle. Je lui dis les choses, comme de ne pas m’abandonner. Et je lui fais confiance. Il est là. Dans ma tête, on est toujours marié. Maintenant, depuis 68 ans. J’en suis convaincue, ce n’est pas possible après 67 ans que l’un parte et que tout tombe à l’eau. »

Explication du Père Bernard Sesboüé, jésuite, théologien, à la journaliste Sophie Villeneuve dans l’émission de Radio Notre-Dame. 

S. V. : Qu’en est-il de la communion avec nos morts ? 
B. S. : L’Eglise ancienne se posait la question de la fin des temps, de l’eschatologie et du retour du Christ, mais pas de ce qui arrivait à chacun d’entre nous à sa mort. Quand cette question a commencé à se poser, on a pensé avec justesse qu’il pouvait y avoir une forme de communion entre les vivants et ceux qui sont décédés. Comment se traduit-elle ? Par notre prière. Nous pouvons à la fois prier pour ceux que nous aimons, qui sont décédés, et en même temps, et c’est paradoxal mais très juste, nous recommander à leur intercession.

Qu’est-ce que cela veut dire ? 
Que nous ne savons pas exactement quel est le statut dans la gloire de Dieu de tel ou tel de nos défunts. Mais je peux à la fois prier pour lui, pour que le Seigneur lui fasse totalement miséricorde, et je peux me confier à lui en me disant que cette personne a vécu généreusement, courageusement, a donné de bons exemples et un exemple de foi, et je me recommande à son intercession comme je me recommande à l’intercession des saints canonisés.

Et si l’on a eu de mauvais rapports avec quelqu’un ?
On peut prier pour cette personne en réparation. Nous pouvons nous réconcilier avec quelqu’un à l’égard de qui nous avons mauvaise conscience. Je n’ai pas eu avec mon père ou ma mère l’attitude qu’il fallait, j’ai été trop distant, je ne me suis pas suffisamment occupé d’eux… Je peux très bien demander une réconciliation et prier pour eux dans cet esprit de réconciliation, de pacification.

En conclusion, la communion des saints, c’est une solidarité entre le Ciel et la Terre. Je peux aider les défunts que j’aime en priant pour eux, et je leur demande de m’aider en me recommandant à leur prière. Et si la Toussaint était l’occasion concrète de bâtir un pont spirituel entre la rive des morts et la berge des vivants ?

La médaille de saint Michel

L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Regard ce mois-ci sur la médaille de saint Michel. Sa médaille procure un sentiment de sécurité et aide à trouver le courage de faire face au danger, raison pour laquelle les pompiers, les soldats et les policiers en portent souvent une.

Par Pascal Ortelli
Photo: DR

Prière à saint Michel Archange défenseur

« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu lui fasse sentir son empire, nous vous en supplions. Et vous, prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la force divine, Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. Amen. »  Léon XIII

Poésie et Paradis

Le jeune Maurice Chappaz avec deux chiens de chasse.

Bien des livres de Chappaz sont difficiles à aborder, quand ils ne sont pas, d’ailleurs, introuvables en librairie. S’il en est un qui échappe à ces deux écueils, c’est Le Garçon qui croyait au paradis. Voici – avis aux amateurs ! – quelques extraits commentés de cette autobiographie poétique.

Par Benjamin Mercerat
Photo : Archives littéraires suisses

Toute l’œuvre de Chappaz peut être lue comme une quête du Paradis. Mais, lequel ? Le terrestre Eden dont nous fûmes chassés et que la poésie permettrait de rejoindre, ou le céleste séjour où le chrétien espère vivre éternellement ? Croire au Paradis, pour le poète valaisan, c’est croire en la possibilité d’une poésie qui consiste à recoller ses morceaux épars, comme l’écrit Novalis. 

Cette vision toute humaine et volontariste n’entre-t-elle pas en concurrence avec la vision catholique de l’Espérance ? Les chrétiens sont-ils amenés à croire au Paradis ? ne croient-ils pas avant tout en Dieu, qu’ils espèrent retrouver dans le Paradis, après leur mort ? Le « Paradis » comme fil rouge de cet ouvrage autobiographique de Chappaz gagne probablement à être lu plutôt comme une métaphore de sa quête de bonheur, celle-ci passant par la poésie.

Durant la Deuxième Guerre, Chappaz dirige quelques hommes, sur les hauteurs du Val de Bagnes, protégeant la frontière. Il a pu qualifier cette période de « grandes vacances », malgré la tragédie qu’il n’a pas ignorée (lui et ses hommes ont caché des réfugiés). Toujours est-il qu’à titre personnel, cette période fut pour lui sensée, voire heureuse ; en opposition aux trente « glorieuses » qui ont détruit la civilisation paysanne traditionnelle :

« J’ai vécu la goutte de présence totale tant que le monde ne rouvrit pas ses bureaux ; on se prépara à être cernés en mai 45, puis les travaux forcés, vacances ou pas, nous accaparèrent sans hiver ni dimanche. Le monde changeait mais se réservait un sinistre poison. Ce qui avait nourri, sécrété en moi le paradis c’était la paysannerie. Je n’ai jamais été séduit par un milieu comme par celui de ces vergers plus titubants que des taillis, des calmes fumiers, des chalets de bois, des vaches, des petits troupeaux mufles retroussés entre les fontaines et l’ombre où ils entraient comme des scaphandres, imprimant en moi un départ et une arrivée incessante dans la terre promise. »

Ce Valais de bois qui disparaît, Chappaz l’associe au Tibet, qui le fascine ; la réussite d’un pays, ainsi, va à l’encontre de toute exploitation touristique : 

« Le monde autour de moi pour correspondre à une réussite aurait dû être un monde traditionnel, tibétain, aussi fixe et immergé dans le rituel qu’un couvent. Alors je me serais adapté à cette éternité où ç’aurait été un sacrilège de contredire la nature, de l’« exploiter » parce qu’il convient exclusivement de l’« harmoniser » de sorte qu’un village aux toits d’ardoise bleue, on croirait des peaux de truites, et le pianotement d’une fontaine comblent et réjouissent le désert. Aucun travail ne peut se séparer d’un chant. »

Que faire lorsque le monde évolue en un sens absolument contraire à ses plus intimes souhaits et convictions ? Le catholique Chappaz considère que le suicide n’a aucune légitimité – sans pour autant culpabiliser ceux qu’il a surpris :

« La mort toujours bienvenue, et notre confidente, nous tente. Je voudrais parler à cette déesse ou sorcière sans visage d’égal à égal par-dessus le fleuve sans fond. Il convient de l’aimer platoniquement. Jamais je n’ai été séduit. Pas la moindre intention de quitter la vie. Nous n’avons aucun droit sur notre fin liée au pourquoi de notre naissance et qui en influence sans doute une nouvelle. Mais le suicide, cette fausse volonté, peut vous surprendre. »

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Le garçon qui croyait au paradis, Editions de l’Aire, coll. « L’Aire bleue », Vevey, 1995.

En librairie – novembre 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Libère-nous du mal
Jean-Christophe Thibaut

Les phénomènes paranormaux nous troublent et s’avèrent un sujet grave, à manipuler avec précaution : sensation d’être l’objet d’une attaque démoniaque, perception de bruits étranges dans la maison ou déplacements d’objets… Faut-il mettre tous ces phénomènes sur le compte de troubles mentaux ou de manifestations diaboliques ? Spécialiste des courants ésotériques, le père Thibaut accompagne les personnes confrontées à ces phénomènes et propose un véritable manuel de discernement théorique et pratique pour tous, prêtre et laïc : des informations claires et complètes sur la nature des puissances maléfiques suivies de fiches pratiques et d’une large sélection de prières de délivrance.

Editions Artège

Acheter pour 30.90 CHF

Evangiles de guérison
Bruno Régent

Audacieux projet que de reprendre les récits de guérison qui parsèment les évangiles tant ils semblent connus. Pourtant, le P. Bruno Régent réussit à en proposer ici une lecture renouvelée en suggérant une interprétation du vécu intérieur des témoins. Il se met véritablement à leur place. Grâce à cette approche originale, l’auteur dévoile ces récits de guérison sous des jours nouveaux. Sa démarche favorise la prière personnelle et interroge la vie spirituelle du lecteur. Elle permet aussi de s’interroger sur le sens d’une demande de guérison et sur l’identité de Jésus. De quelle manière faut-il voir en lui un guérisseur, un sauveur ?

Editions jésuites

Acheter pour 26.90 CHF

Tu n’abuseras point
Camille Kraft

En septembre 2023, l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg Charles Morerod a été opéré en urgence en raison d’un double hématome cérébral. Après être passé près de la mort, il voit dans cette « deuxième vie » qui lui est offerte un appel à s’exprimer sur la problématique des abus sexuels commis au sein de l’Eglise, dans leur dimension systémique. Comment des comportements aussi ravageurs peuvent-ils prendre corps dans un milieu où l’on prône l’amour de son prochain ? Démarche inédite, ce livre d’entretiens raconte l’histoire d’un évêque du XXIe siècle secoué par des drames et des scandales et qui pense avoir un rôle à jouer pour en prévenir d’autres et réparer le mal. 

Editions Slatkine

Acheter pour 24.00 CHF

L’écrivain qui cherchait la joie 
Daniel Dewitt

Le jeune Clive Staples Lewis n’a pas pu faire confiance à Dieu après la mort de sa mère. Il perdit la foi et devint soldat et professeur. Mais il ne cessa jamais d’espérer trouver la joie. La vie de C.S. Lewis, ici racontée, en bande dessinée, par un hibou à lunettes, nous explique comment l’homme connu sous le nom de Jack a embrassé le christianisme, a été surpris par la joie et a ensuite utilisé ses mots et ses écrits pour partager cette joie avec le monde.

Editions Bibli’o

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Pour commander

Ca y est presque! un nouveau site internet est en projet!

Projet du logo du secteur du Haut-Lac et logo final du secteur du Haut-Lac.

Le groupe communication des paroisses catholiques du Haut-Lac a été mandaté pour procéder à la refonte du site internet. Grâce à un budget voté par les quatre Cogest, (Conseils de Gestion), le chantier a commencé au printemps et vous découvrirez l’aboutissement de ce travail au premier semestre 2025.

Par Vanessa Gonzalez (au nom du groupe de communication) | Illustrations : DR

Pourquoi un nouveau site ?

A notre époque, l’annonce de la Bonne Nouvelle passe par l’utilisation d’internet, donc le premier objectif de ce nouveau site est de mieux répondre aux besoins des paroissiens et des internautes.

En lien avec l’équipe pastorale, une petite équipe comprenant Astrid, la secrétaire du Haut-Lac, a imaginé le squelette du futur site internet. Ce dernier ayant un grand besoin de faire peau neuve ! 

Un nouveau logo, une nouvelle page d’accueil avec un focus sur les actualités et événements du secteur, une navigation dans le site simplifiée et beaucoup plus vivante seront au rendez-vous ! 

Ce qui change : le fond et la forme

Grâce à l’aide de notre informaticien, Guillaume, le design du site a été entièrement réalisé dans une optique de modernisation et de simplification. 

L’idée principale est d’utiliser le site des paroisses du Haut-Lac comme plateforme de communication à part entière, avec un accent soutenu sur les actualités du secteur et les événements qui l’animent. C’est sur cette base que la page d’accueil a été conçue.

De nouvelles rubriques feront également leur apparition comme une page « Et si on priait ! » qui vous proposera des méditations et des textes pour vous aider à mieux entrer en relation avec Dieu.

A travers le site, vous pourrez facilement trouver toutes les informations concernant les sacrements du mariage et du baptême avec des formulaires à remplir directement « online » ainsi que des renseignements au sujet des parcours d’initiation (le pardon, la première des communions et la confirmation).

Toutes demandes ou questions, hors des horaires d’ouverture du secrétariat, pourra se faire en ligne directement sur notre site internet.

Cet outil que sera notre nouveau site internet permettra de libérer beaucoup de temps au secrétariat pour qu’il puisse se consacrer aux nombreuses tâches qui lui incombent. 

Vous pouvez d’ores et déjà nous soumettre vos idées, suggestions d’articles, etc., en nous envoyant un email à l’adresse suivante : haut-lac@bluewin.ch Le groupe communication se fera une joie de les étudier et de faire évoluer le site.

Instruction donnée au webmaster pour la construction graphique de la page de présentation du site web.

Célébrer la vie au travers de la mort

Par Joseph Jingen Yang | Photos : DR

Alors que le mois de novembre s’installe avec ses teintes automnales et ses journées plus courtes, nous célébrons la Toussaint. Une occasion de rendre hommage à tous les saints et de nous souvenir de nos êtres chers disparus. Ce moment nous invite à réfléchir à notre héritage spirituel et à la lumière que ces personnes nous ont laissée. Dans la tradition chrétienne, la Toussaint est un temps de recueillement. La prière, les messes commémoratives et les visites au cimetière sont autant de manifestations de notre attachement à nos proches défunts. Ce temps du souvenir nous rappelle aussi que la mort n’est pas une fin, mais une étape vers une vie éternelle.

Dans les traditions chinoises, c’est aussi un moment où est exprimée la vénération des ancêtres. Cette pratique, qui trouve ses racines dans le respect et la gratitude envers les aînés, fait écho à nos propres croyances chrétiennes. En Chine, la fête de Qing Ming, l’équivalent de la Toussaint, est un jour d’avril où l’on embellit les tombes. Ce jour-là, des millions de familles se rassemblent dans les cimetières. Elles y déposent des offrandes et prient pour leurs ancêtres. Cela nous rappelle que le fil invisible qui nous unit à nos proches disparus est tissé de respect, d’amour et de mémoire.

Ces deux traditions, bien que différentes, nous invitent à célébrer la vie et à perpétuer la mémoire. Elles sont un appel à la gratitude envers ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Que ce mois de novembre soit également propice pour réfléchir sur ce que nous transmettons à notre tour aux générations futures.

Maison Sainte-Marthe du Bouveret

Sainte-Marthe et sa terrasse accueillante.

Par Nicolette Micheli | Photos : DR

« Allons-y » lance avec détermination à son accompagnante, une alerte grand-maman de 92 ans. D’un pas décidé, elle part faire sa promenade matinale dans un parc encore tout fleuri en ce début d’automne.

La Maison Sainte-Marthe est située dans un cadre magnifique qui surplombe le lac. Le regard est attiré par des arbres remarquables, des arbustes soignés, des parterres de fleurs et des statues qui rythment l’espace. La terrasse invite à la contemplation dans le parfum des roses et la fraîcheur de la fontaine. A chaque saison, le jardin change d’aspect et il est particulièrement enchanteur l’hiver avec toutes ses illuminations.

J’ai rendez-vous avec un moine. Il m’invite dans un des salons et m’accorde généreusement un peu de son temps. Il y a longtemps qu’il est responsable de l’accueil de la Maison. « Notre force, c’est que l’on fait tout nous-mêmes : le soin et l’accompagnement de nos hôtes, la tenue de la maison, la cuisine, – je fais moi-même le pain depuis plus de 30 ans et il est apprécié ! – sans oublier l’entretien du parc, des rosiers et des fleurs de saison. C’est ce qui nous permet d’offrir des prix très abordables » me dit-il avec un sourire discret.

L’accueil des personnes en souffrance est un des charismes des bénédictins et l’hospitalité, une tradition qui leur tient à cœur. C’est sous la protection de Notre Dame de la Compassion qu’a été fondée la communauté, il y a juste 100 ans, à Longeborgne, près de Bramois, par deux moines de l’Abbaye de Maredsous, en Belgique. 1924 a donc marqué le retour des bénédictins en Suisse romande alors que leur présence a été forte durant le Moyen Age. En 1956 ils font construire au Bouveret une Abbaye, placée sous le patronage de saint Benoît et de saint Michel, en référence à l’ancien prieuré bénédictin de Port-Valais.

Chaque monastère a son hôtellerie. Au début, La Maison Sainte-Marthe accueillait des personnes et des groupes pour des retraites spirituelles. Puis, les demandes ont été moins nombreuses. Grâce à l’intuition du Père-Abbé, la Maison s’est reconvertie en lieu d’accueil pour les personnes en convalescence, ou ayant besoin de repos ou de ressourcement spirituel. On célèbre la messe tous les jours dans la petite chapelle et ceux qui le désirent sont les bienvenus. On y vient de tous les horizons. « Ici, pas de prosélytisme, précise le moine. Chacun est accompagné avec respect et bienveillance. »

La Maison collabore avec les professionnels de la santé des environs. La plupart des personnes font de courts séjours. Pourtant, une dame juive a désiré y passer les sept dernières années de sa vie et le plus long séjour a été de 14 ans ! Les personnes accueillies ont toujours apprécié le cadre harmonieux, l’ambiance paisible de la Maison et un accompagnement plein d’humanité.

Parterre fleuri.
Illuminations de Noël.

Exposition «Et pourtant… la vie»

Une exposition à découvrir jusqu’au 10 novembre à l’Espace Saint-Michel. Ouvert du mercredi au dimanche de 16h à 20h.

Par Annick Monod-Boisseaux
Photos : DR, José Mittaz

Cette exposition est née à l’unité des soins palliatifs de Martigny, à la 547, la chambre du chanoine Jean-Pascal Genoud, hospitalisé de longues semaines sans perspective de guérison. Assise par terre avec son papier et ses encres, Anne-Laure Gausseron dessine à même sol. Jour après jour, les dessins recouvrent les murs de la chambre. Expérience artistique saisissante, alors que celui qui va mourir n’en finit pas d’être plus-que-vivant. 

Quelques jours après sa mort, un après-midi de printemps, Anne-Laure Gausseron fait la connaissance du sculpteur Laurent-Dominique Fontana. La rencontre opère immédiatement entre ces deux personnalités : Anne-Laure est laïque consacrée, Laurent-Dominique peu fervent de la messe dominicale. Et pourtant… Habités par une nécessité de vérité intérieure, leur travail respectif vient faire écho à leur âme de chercheurs. Exposer ensemble s’impose comme une simple évidence. 

Dans cette ancienne chapelle mortuaire, les œuvres des deux artistes s’interrogent dans une commune vulnérabilité, sans réponses ni affirmations. Elles dialoguent pour ne donner que d’humbles traces de l’intime et de l’âme. Mystère vertigineux devant la mort, traversée de l’obscurité des profondeurs, cri qui monte, éclat jaillissant… « La souffrance s’impose à chaque pas que nous faisons », écrivait Etty Hillesum aux portes d’Auschwitz. « Et pourtant, la vie est belle. »

« Il s’agit de vaincre la mort aujourd’hui. Le ciel n’est pas là-bas : il est ici. L’au-delà n’est pas derrière les nuages, il est au-dedans. L’au-delà est au-dedans comme le ciel est ici maintenant. C’est aujourd’hui que la vie doit s’éterniser. C’est aujourd’hui que nous sommes appelés à vaincre la mort, à devenir source et origine, à recueillir l’histoire pour qu’elle fasse à travers nous un nouveau départ. » Maurice Zundel, « Vie, mort, résurrection », 1995 

Bienvenue à tous ! 
Invitation au finissage de l’expo, dimanche 10 novembre de 17h à 19h. Verrée animée en souvenir du chanoine Jean-Pascal Genoud.

Soirées mariales en l’église de Puplinge, rejoignez-nous!

Par François Riondel | Photo : DR

« Chers enfants ! Aujourd’hui, ma prière avec vous est pour la paix. Le bien et le mal se battent et veulent régner dans le monde et dans le cœur des hommes.
Vous, soyez des personnes d’espérance, de prière et de grande confiance en Dieu le créateur à qui tout est possible…
Première partie du message de notre Mère Marie le 25 août 2024 à Medjugorje

En 2004, l’une de nos paroissienne, attentive au chemin que notre Seigneur lui propose, et à l’écoute de l’invitation de son curé, se rend en pèlerinage à Medjugorje, là où notre Sainte Mère la Vierge Marie apparait régulièrement depuis maintenant plus de 40 ans. Profondément touchée par ce qu’elle y vit, elle y retourne cette fois-ci accompagnée de quelques paroissiens en 2005, puis en 2006. Sur le chemin de ce pèlerinage, l’autocar s’arrête aux abords d’un sanctuaire marial. Ce même curé y dit la messe. A cet endroit, le Saint autel tourne le dos aux fidèles. Au moment de la consécration, le prêtre voit dans le calice élevé au-dessus de lui le reflet très net de tous les paroissiens et entend alors un message : « Je voudrais que tu fasses cela dans ta paroisse ! »

Dès 2007, les soirées mariales sont mises sur pied. Elles ont lieu chaque premier jeudi du mois en l’église du Bon Pasteur à Puplinge. Après une messe à 18h30, un chapelet est récité pendant l’adoration du Saint-Sacrement et la confession offerte à celles et ceux qui le souhaitent. Le message mensuel de la Sainte Vierge y est lu et commenté par le prêtre. Des musiques provenant de Medjugorje y sont diffusées, facilitant ainsi le lien avec ce lieu de pèlerinage, avec ses pèlerins et surtout avec notre Mère Marie. Des prières sont dites pour les victimes de toutes les guerres, particulièrement en Ukraine et pour la paix dans le monde entier. Cette célébration se termine vers 19h45.

Que vous soyez paroissiens ou non, pratiquants ou non, et même d’une autre religion, pourquoi ne pas venir participer à ce moment de prière intense et magnifique, ne serait-ce qu’une fois, rien que pour voir… ?

… Petits enfants, que la paix règne en vous et autour de vous. Je vous bénis de ma bénédiction maternelle, afin que vous, petits enfants, soyez joie pour tous ceux que vous rencontrez. Merci d’avoir répondu à mon appel. »
Seconde partie du message de Marie

Accepter pour guérir

Anne est née à Martigny en 1979 et est titulaire d’un Master en anthropologie et sociologie. Dès sa première année de vie, elle a dû être placée dans une famille d’accueil. 

Propos recueillis par Pascal Tornay
Photo : DR

Anne, comment vous êtes-vous construite entre deux univers familiaux ? 
De ma famille de sang, j’ai reçu les cadeaux de l’érudition, de la foi et de l’humour, mais aussi les stigmates du secret, de l’alcoolisme et des troubles psychiques. Ma famille d’accueil m’a offert l’ouverture sur le monde et de multiples preuves qu’à cœur vaillant rien d’impossible, mais aussi une exigence de conformité difficile à vivre. J’ai grandi entre deux mondes opposés en tous points, avec une incertitude quant à mon sort. Cela a généré solitude, honte, incompréhension et une tendance au repli et à la rébellion. 

Quels défis avez-vous dû relever dans ce contexte ?
La croyance de ne pas être digne, légitime ou acceptée s’est traduite par une recherche quasi désespérée de reconnaissance et d’amour et un mélange assez déroutant de force et de fragilité. De la force pour tracer un parcours académique et professionnel brillant afin de prouver ma valeur et de la fragilité face à la malveillance du monde. J’ai connu une succession de relations abusives au sein de la famille, du travail et du mariage. 

Quel rôle la maternité a-t-elle joué dans votre parcours ?
Devenir mère m’a permis de vivre l’expérience de l’amour inconditionnel. Grâce à mon fils, j’ai renoué avec ma mère biologique et ma fille est née de manière inopinée dans les mains de ma mère d’accueil. Mes enfants sont comme le kintsugi japonais *, ils m’ont aidée à recoller les morceaux de mon histoire avec des jointures d’or.

Comment la foi s’est-elle manifestée sur votre chemin ?
J’ai toujours été attirée par le beau, le grand, l’invisible et le sens caché des choses. J’ai eu la chance de sentir la présence divine dans les moments charnières de ma vie. Dans un musée à Tokyo, je me suis retrouvée seule spectatrice devant deux violoncellistes qui jouaient Bach, Albinoni et Pachelbel sous les rayons d’un soleil éblouissant. J’ai vécu une expérience très profonde dans la Laure des Grottes de Kiev ** à la vue des moines aux corps incorruptibles. Dans la Basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay s’est révélé mon destin de mère. Je me suis mariée dans la chapelle du séminaire de l’IVE *** à San Rafael (Argentine) et cet été, après m’être séparée et avoir fait l’expérience du démon, j’ai participé à des vacances en famille au séminaire de l’IVE à Viterbo, Italie où j’ai été touchée par le témoignage d’Amparo Medina que la Vierge a accompagnée pendant huit mois et qui a tellement fait écho à ma vie, par sainte Rita et l’odeur de roses émanant de son corps depuis plus de cinq siècles et par le monastère San Paolo où est apparu saint Joseph en 1871. J’ai compris, durant la messe dédiée à saint Joseph, l’amour supérieur des parents adoptifs et j’en profite pour rendre hommage à Raphy et Madeleine Martinetti pour leur amour et leur soutien infaillibles depuis janvier 1981. J’ai compris que la guérison vient de l’acceptation de tout ce qui est et du choix conscient du Bien le plus élevé.

* Le kintsugi est une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or. Philosophiquement, c’est reconnaître la brisure et la réparation comme faisant partie de l’histoire de l’objet, plutôt que la dissimuler.
** Important monastère ukrainien orthodoxe situé sans la ville de Kiev.
*** IVE = Instituto del Verbo Encarnado.

Octobre, mission

Par Thierry Schelling
Photo : Pascal Voide

En octobre, les communautés qui le souhaitent peuvent se joindre au concert de l’Eglise universelle qui célèbre les missionnaires, de la Parole, de la Présence et au service d’autrui. Saints et saintes, certes, mais également vivants et actuellement œuvrant en Eglise – et bénévolement ! – auprès notamment de nos enfants inscrits en catéchèse.

C’est le cas de nos catéchistes, mandatées par les communautés, pour éveiller, accompagner et aider à voir le Christ dans la vie des tout-petits et des enfants en âge scolaire. A la messe des familles de Presinge le dimanche 15 septembre, ce fut l’occasion, avec toutes les familles présentes, de remercier nos dames qui aiment prendre leur part de responsabilité en ce ministère de base qu’est la catéchèse.

D’ailleurs, on ne dit plus « catéchisme » mais « catéchèse » ; il n’y a plus besoin de faire « tant d’années » pour recevoir un sacrement… du moins, on y travaille, à l’instar des Orientations diocésaines sur la catéchèse, et petit à petit ôtons l’aspect « programme scolaire » pour la catéchèse, afin d’ouvrir à la Rencontre au moyen de modules à choix, sur plusieurs années. Une révolution ? Une évolution, en tous les cas, qui exprime bien mieux la gratuité du don de Dieu et notre invitation à Le choisir à tout âge, selon les disponibilités… 

Cela peut déranger notre confortable vision de la catéchèse en termes de « classes », « enseignement », « année à faire », etc. Mais c’est une vision et une expérience pastorale qui veulent remettre au centre de notre pastorale la gratuité des sacrements, l’écoute du cheminement de chacune et chacun – qui avance à des rythmes différents… et Dieu ne serait pas capable de s’adapter ? – et qui prend place dans l’agenda de nos familles affairées à mille et une choses et qui optent encore pour une catéchèse. Nous les en remercions et soutenons nos bénévoles catéchètes du mieux que l’on peut, car ce sont les missionnaires d’aujourd’hui !

Un après-midi à l’atelier de Joy Monnet

Joy Monnet est une couturière indépendante. Elle travaille dans son atelier à Collombey, au sein du Monastère des Bernardines. Dans ce cadre magnifique, elle confectionne, entre autres, des habits liturgiques. Elle nous accueille le temps d’un après-midi.

Par Christelle Gaist | Photos : DR

Formation et envies professionnelles – Joy a appris à coudre à l’Ecole de couture de Sierre. Elle s’est ensuite formée en Toscane avec une professionnelle qui créait des robes de mariée. Elle a eu la chance, avec elle, de découvrir le métier plus concrètement, de partir à Rome et d’établir un contact avec différents fournisseurs. A la suite de ce stage, Joy se sentait prête à ouvrir son propre atelier. Pendant le Covid, elle a construit les bases administratives de sa future entreprise. En mars 2022, elle s’est installée au Monastère des Bernardines, qui l’ont accueillie dans l’un de leurs anciens ateliers de couture. 

Un après-midi avec Joy – C’est la fin du mois d’août et il fait encore bien chaud chez les Bernardines. Dans son atelier spacieux et boisé, Joy est très affairée et travaille sur plusieurs fronts. Elle me montre quelques-uns de ses projets. Elle restaure un habit liturgique ancien, s’occupe de plusieurs retouches, brode un dessin, reçoit une modèle pour des essayages, prend des photographies pour ses réseaux sociaux. Joy n’a pas le temps de s’ennuyer et c’est très impressionnant de la voir évoluer dans son élément. 

Coudre pour les sacrements – Joy ne se destinait pas spécialement à la couture d’habits liturgiques. Elle s’est mise à créer pour des amis prêtres. Elle a, par exemple, confectionné les chasubles des frères Roduit pour leur ordination en 2021. Elle se rend compte à l’époque qu’il existe des similitudes entre les robes de mariée et certains habits de célébration. 

Grâce à la consultation d’ouvrages, elle développe ses compétences d’artisane et s’adapte à ce nouvel appel. Depuis, elle est régulièrement sollicitée pour de la couture autour des Sacrements. 

Selon elle, la beauté de son métier est de pouvoir cocréer avec ses clients pour ces moments si importants dans leur vie. 

Pour découvrir les prestations de Joy Monnet, rendez-vous sur son site internet : https://joy-creation.ch
Elle est joignable au 079 526 40 84.

Joy Monnet dans son atelier.

Rentrée des KT!

Par Thierry Schelling
Photos : Pascal Voide

C’était à Presinge, le 15 septembre dernier ! Superbe célébration dans cette église accueillante et historique ! Enfants, ados, parents et paroissiens se sont rassemblés pour ouvrir l’année catéchétique de La Seymaz, avec nos catéchistes, Sabrina leur coordinatrice et Laurent (et famille !) au piano !

Une messe d’envoi également : les catéchistes ont été bénies par l’assemblée, les premières années ont reçu la Bible des mains d’une maman, qui symbolise la confiance des parents à nous demander de cheminer avec leurs enfants sur les pas du Christ.

L’apéro qui a réuni une fois encore l’assemblée, mais dehors, a fait du bien aux gosiers et aux yeux : se voir ainsi mélangés et heureux, avec le soleil d’un début d’automne encore tiède. Un grand merci à la communauté paroissiale de Presinge-Puplinge qui nous a fait vivre la messe et « la messe après la messe » (le sens de l’apéro !).

Les « Masseras »

La société de la fin du Moyen Age constitue un terreau fertile aux persécutions.

Par Nicolas Maury | Photo : DR

« Massera » ou « Matseràs » ? Le doute plane sur l’orthographe exacte. Ce terme signifie quelque chose comme « mâchuré », qui veut dire « sorcier ». C’est surtout la manière dont sont surnommés les Naxards, habitants du village de Nax en Valais dont je suis originaire. 

Mes souvenirs d’enfance sont un peu brumeux, mais il me semble que ce mot n’est pas étranger aux histoires qui se racontaient sur le fait que certaines personnes avaient le pouvoir de « donner le mal ».

Or, il se trouve que tout gamin, à chaque fois qu’il y avait une fête religieuse, et les congés qui allaient avec, je me retrouvais cloué au lit avec une angine et 40 de fièvre. 

De là à penser que quelqu’un me jetait un sort…

Un beau jour, je fus amené au couvent des capucins à Sion. Une visite dont je me souviens assez distinctement. Lesdits capucins ont fait quelques prières et m’ont donné une petite pochette orange que je ne devais pas ouvrir, mais toujours garder sur moi. Elle contenait du « bénit ». 

J’ignore encore aujourd’hui ce que c’était exactement, mais je n’ai plus jamais eu d’angine !

Vestiaire paroissial: nouvelle équipe

Après plus de 20 ans de bons et loyaux service, Marie-Noëlle Farquet a souhaité laisser la responsabilité du Vestiaire paroissial à d’autres personnes. Une nouvelle équipe composée d’une dizaine de femmes est actuellement déjà mobilisée pour offrir des vêtements de seconde main de qualité.

Par Pascal Tornay | Photos : DR

Succéder à Marie-Noëlle Farquet n’était pas a priori chose aisée. Et pourtant ! A l’appel lancé au courant de l’été, une dizaine de femmes ont répondu présent et se sont mises en route d’un seul cœur. Janick Biselx-Menétrey, Séverine Borgeat, Marité Blanchut, Claire-Lise Chabbey, Annelise Denis, Christelle Gaist, Priscille Giroux, Nicole Murisier, Claude Puippe et Rosette Tornay seront donc les nouveaux visages que vous rencontrerez si vous aimez fréquenter le Vestiaire paroissial ! 

Janick Biselx-Menétrey : « Je me réjouis de vous accueillir dans cette caverne d’Ali Baba, je vous souhaite d’y trouver votre bonheur. »

Rosette Tornay : « Je suis motivée à lutter contre le gaspillage de tant de vêtements qui peuvent avoir une deuxième vie et soulager le budget des familles. »

Christelle Gaist : « Nous vivons dans une grande abondance et chacun devrait donc pouvoir se vêtir dignement, qu’importe son budget. »

Une autre manière de collecter vos dons – Le container sis devant le Prieuré a été fermé, car une très grande quantité de vêtements déposés était plutôt destinée à la déchetterie ! La nouvelle équipe, ne se voyant pas passer son temps à trier des vêtements sales et usagés, souhaite récolter des vêtements de qualité et vous invite à prendre contact avec elles pour vos dons. Elle vous remercie déjà de ne pas déposer vos colis devant les entrées sans avertissement mais de les apporter durant les heures d’ouvertures. 

Des vêtements pour tous et chacun – Le Vestiaire continuera de proposer des vêtements pour tous, plus chauds d’octobre à avril et plus légers d’avril à fin septembre. L’équipe reste évidemment tributaire de vos dons pour permettre de maintenir une large palette de vêtements pour petits et grands.

Entrée par la rue des Morasses – Nous invitons dorénavant les clientes et clients du Vestiaire à utiliser l’entrée située sur le parking de la Maison Saint-Bernard (MSB) accessible par la rue des Morasses. L’entrée du côté de la cour MSB restera fermée. 

Nouveaux horaires étendus – Le Vestiaire est ouvert et à votre disposition les 1er et 3e vendredis du mois de 14h à 18h et le 4e samedi du mois de 9h à 12h selon le tableau ci-dessous. Nous nous réjouissons de vous y retrouver pour faire de bonnes affaires !


14h-18h
9h-12h
Novembre 2024Jeudi 31 (exception)Vendredi 15Samedi 23
Décembre 2024Vendredi 6Vendredi 20Samedi 28
Janvier 2025Vendredi 3Vendredi 17Samedi 25
L’accès au Vestiaire se fait uniquement par la rue des Morasses.

Contact et informations : Claire-Lise Chabbey au 079 395 89 14 ou page FaceBook @vestiaire.paroissial.my

Une proposition…

… pour se préparer à la naturalisation

La Pastorale du monde du Travail – Genève (PMT) propose un parcours pour se préparer à une demande de naturalisation.

Chaque deuxième mercredi du mois, une soirée à thème avec intervenants est proposée sur : 

• L’histoire de la Suisse

• La géographie

• Le fonctionnement des institutions culturelles, sociales

• Le système politique

• La culture et les traditions helvétiques

• Une visite du Palais Fédéral

• Des rencontres de personnalités

Tout cela en français avec élaboration de textes pour améliorer l’expression écrite et orale. Des temps de prière et des accompagnements individuels sont aussi offerts.

Les mercredis 13 novembre, 11 décembre 2024, 15 janvier, 12 février, 12 mars, 9 avril, 14 mai, 11 juin 2025 de 20h à 22h au Cénacle, Promenade Charles-Martin 17, 1208 Genève.

Inscription auprès de Brigitte Mesot au 079 934 28 50 ou à Pmt.ecr@gmail.com

… pour faire « la lumière sur une terrible obscurité dans la vie de l’Eglise »

Un jour de 1968, dans la cathédrale de Fribourg, Daniel Pittet, neuf ans, rencontre un père capucin qui l’invite à le suivre dans son couvent. Il veut lui montrer un merle des Indes… qui sait parler !

En fait, pour l’enfant, c’est un calvaire qui débute. Pendant quatre ans, Daniel sera violé chaque semaine par ce prêtre manipulateur. Au début des années 2000, Daniel Pittet dénonce son violeur, dont il réussit à faire reconnaître les crimes par l’Eglise. Et depuis ce jour, il mène un véritable combat pour soutenir celles et ceux que des prêtres, des professeurs, des entraîneurs ont abusés.

Son témoignage bouleversant est paradoxalement lumineux. En effet, non seulement Daniel Pittet a eu l’énergie de se relever, mais il a trouvé la force de pardonner à son bourreau.

« Je remercie Daniel car des témoignages comme le sien font la lumière sur une terrible obscurité dans la vie de l’Eglise ». Pape François (Source : Le Bateau-Lune)

Représentation le samedi 9 novembre à 14h à la salle paroissiale Sainte Thérèse de Mon Père, je vous pardonne. Entrée gratuite, collecte à la sortie.

Faire feu de tout bois

On estime que la chasse aux sorcières a fait près de 80’000 morts en Europe. La Suisse détient le sinistre record du nombre de victimes par habitant. Des crimes imaginaires qui mènent à se demander : comment en arrive-t-on à tuer en toute impunité ?

En Suisse, entre six et dix mille personnes ont été envoyées sur le bûcher.

Par Myriam Bettens | Photos : DR

« Son seul crime : être femme, veuve sans souhaiter se remarier et indépendante financièrement », juge Luc-Eric Revilliod, président du Conseil de paroisse de Jussy-Gy-Meinier-Presinge-Puplinge (GE), concernant le destin tragique de son aïeule, Rolette Revilliod. La tisserande est emprisonnée durant onze ans à cause d’une rumeur dans la chapelle attenante au temple de Jussy. En 1626, elle subit « la question » et la douleur parle. Elle est jugée et condamnée à être brûlée vive pour sorcellerie la même année. Jusqu’en 1641, douze femmes et trois hommes subiront le même sort dans le Mandement de Jussy.

En Suisse, de telles rumeurs ont précipité entre six et dix mille personnes sur le bûcher, indépendamment des régimes politiques en place et des confessions religieuses (catholique ou protestante). Difficile d’estimer plus précisément le nombre de victimes, car « beaucoup de procès pour sorcellerie ont été brûlés afin de détruire les preuves et se couvrir », avance Marc Horisberger. Pasteur à la paroisse de Montreux-Veytaux, il a effectué une recherche approfondie sur le sujet dans le cadre du spectacle musical Sorcière ! donné au temple Saint-Vincent lors de la saison culturelle de Montreux. Il ne cache pas son étonnement face à l’ampleur des persécutions en pays protestant et questionne les responsabilités respectives des Eglises, de l’Etat et du peuple.

Une genèse complexe

Remontons dans la première moitié du XVe siècle. C’est plus au sud qu’il faut se rendre, là où débute la chasse aux sorcières en Suisse. Au cœur du Valais épiscopal, la rumeur enfle. Elle se propage et raconte la manière dont les adeptes d’une secte sont capables de se déplacer sur des tabourets volants, dévorer des enfants et provoquer des malheurs à leur guise, telles que catastrophes naturelles et épidémies. Mais « tout cela sort de l’imagination des juges », affirme Chantal Ammann, médiéviste et spécialiste de l’histoire de la sorcellerie en Valais, lors d’une conférence organisée à Sion traitant de la genèse de ces chasses aux sorcières.

Il n’en fallait pourtant pas plus pour embraser la vindicte populaire et faire feu de tout bois. Dans une société de fin de Moyen Age marquée par un climat de violence et de peurs eschatologiques, le terreau est fertile pour que prenne racine la conviction qu’un groupe secret composé de plusieurs centaines d’individus menace les populations et la chrétienté en s’associant au Diable. Propulsés par l’essor de l’imprimerie, les manuels de démonologie finissent de convaincre la population. La dynamique s’autoalimente, si bien que la gravité du danger pousse les autorités civiles et religieuses à une persécution sans merci des actes de sorcellerie.

Tuer en toute bonne conscience

Des milliers de bûchers sont alors allumés dans les campagnes helvétiques entre le XVe et le XVIIe siècle, décimant parfois jusqu’à dix pour cent de la population d’un village, à l’image de Gollion, dans le canton de Vaud. C’est la justice temporelle qui poursuit la sorcellerie, car l’Eglise ne dispose pas du droit de prononcer une sentence de mort. De plus, note Marc Horisberger, pour l’Eglise catholique qui assimile au XIVe siècle la chasse aux
sorcières à une hérésie, « la condamnation à mort est un échec, car l’Inquisition avait pour but de faire revenir l’hérétique dans le giron de l’Eglise ». Toutefois, « au XVIe siècle, la chasse aux sorcières est un phénomène rural qui donne aux autorités civile et religieuse l’occasion d’asseoir leur mainmise ». Et pour « faire » une sorcière, il suffit d’un comportement marginal qui attire l’attention, une dénonciation calomnieuse, un conflit de voisinage ou un malheur inexpliqué. 

« Personne n’était à l’abri », comme le démontrent les procès de sorcellerie du canton de Vaud. Même des citoyens bien installés et fortunés ont été condamnés. Paul Martone, chanoine du Chapitre de la Cathédrale de Sion et intervenant à la conférence sur la genèse de ces chasses en Valais, n’y voit qu’une seule raison : « Celui qui avait déposé la plainte pouvait recevoir la moitié des biens du condamné ! » L’autre moitié – voire la totalité dans certains cantons – revenait au seigneur local, souvent juge et partie, comme cela a été le cas pour Rolette Revilliod. 

Les motivations sont donc aussi bien pécuniaires que territoriales. En Romandie, il existait à cette époque une profusion d’entités politiques et juridictionnelles et les procès en sorcellerie étaient un moyen aisé pour se débarrasser d’un rival et asseoir une souveraineté. « On peut prendre l’exemple de l’Espagne qui possédait une inquisition d’Etat centralisée. Les exécutions de sorcières y étaient plus rares qu’en Suisse », précise Paul Martone. « Lorsque l’Eglise et l’Etat étaient unis et stables, il y avait peu de procès pour sorcellerie. » Quant aux « preuves », la torture s’occupait de les rassembler. De fait, « les aveux se ressemblaient tous », complète Chantal Ammann. 

L’origine du Mal

Ce phénomène, que l’on peut considérer aujourd’hui comme une forme d’hystérie collective, perdurera en Suisse durant deux cent cinquante ans. Loin d’être un phénomène médiéval typique, il est au contraire représentatif de l’Epoque moderne. D’autres holocaustes illustrent ce paradoxe : « L’Allemagne était considérée comme à l’apogée de la modernité », pointe Marc Horisberger. « La vigilance est donc de mise pour chacun de nous », car même si le contenu de la rumeur a changé, « elle continue de briser des vies et une fois lancée, il est difficile de s’en défaire ». Un brin sarcastique, il relève que « le tribunal populaire a encore de beaux jours devant lui ».

L’hérétique et la sorcière changent donc de visages au gré des époques et des camps. Une visite du côté du Musée international de la Réforme (MIR) terminera de nous en convaincre. Deux tableaux y sont conservés et dépeignent Martin Luther et Jean Calvin accueillis triomphalement aux Enfers. Les deux réformateurs étant, bien entendu, entourés de toute une cour de démons et… de sorcières.

Une figure de contre-pouvoir

Le Marteau des sorcières un manuel au service des inquisiteurs.

Contrairement à ce que l’on peut croire, au début des persécutions, les femmes ne représentaient qu’un tiers des condamnés pour sorcellerie. Les hommes et même les enfants n’étaient pas épargnés. Le basculement vers une féminisation des persécutions s’opère à la parution et à la diffusion du Marteau des sorcières (1486), de l’inquisiteur dominicain Henri Institoris. Ce manuel de démonologie établit que la femme dans son essence même est feminus, c’est-à-dire de foi mineure. Une étymologie fantaisiste, qui assied la théorie que la femme se laisserait ainsi plus facilement tromper par le Diable. Aujourd’hui, la sorcière est devenue une figure de contre-pouvoir et de contre-culture valorisée dans les revendications féministes. « La notion d’empowerment est fréquemment utilisée pour décrire ce phénomène par lequel les femmes recherchent davantage d’autonomie, de puissance et une meilleure maîtrise de leur destin », explique la pasteure Vanessa Trüb. Elle a écrit la pièce Brûle sorcière !, jouée lors du festival Mémoire Vive, qui s’est tenu en avril dernier au temple de Jussy (GE). Une sculpture gravée aux initiales des seize personnes condamnées dans le Mandement de Jussy et représentant le « flambeau de la justice » a aussi été installée à l’emplacement de la chapelle qui a servi alors de prison à Rolette Revilliod. Son descendant,
Luc-Eric Revilliod, révèle combien les participants au festival étaient émus. Une amie indienne lui glisse d’ailleurs à la fin du spectacle qu’un « tel sort est encore réservé aux femmes dans [son] pays ».

Vanessa Trüb a écrit la pièce Brûle sorcière ! récemment jouée à Jussy.
Le « flambeau de la justice ».

A la croisée des chemins

En marche… ensemble.

Texte et photo par Marion Perraudin

A la croisée des chemins,
Quand la marche se fait difficile,
Laissons la lumière des saints éclairer notre marche,
Tel un phare, ils nous conduiront malgré la tempête,
Aux rives nouvelles où renaît l’Espérance.

A la croisée des chemins,
Quand la marche devient danse,
Entrons dans la louange des saints,
Tel un ami, ils nous partageront le trésor de leur cœur,
La joie et l’amour de notre Dieu.

A la croisée des chemins,
Quand la marche devient routine,
Mettons-nous à l’école des saints qui ont semé la tendresse de Dieu,
Tel un grand frère, ils nous apprendront dans nos gestes quotidiens,
A grandir dans l’humilité et tout offrir au Seigneur.

A la croisée des chemins,
Accompagnés de la cohorte des saints et des bienheureux,
Cheminons dans la foi vers le Christ,
Au cœur de nos Eucharistie, dans l’intimité de notre prière,

A la croisée des chemins,
Cheminons dans la foi vers le Christ,
Accompagnés de la cohorte des saints et des bienheureux,
Par la grâce de notre baptême,
Ensemble avançons sur le chemin de sainteté.

Voix introspectives

Dans le cadre des propositions du Service de la spiritualité de l’Eglise catholique romaine à Genève, Sophie Parlatano a animé plusieurs ateliers destinés à rédiger son propre journal spirituel. Elle nous explique en quoi consiste ce mode d’enquête spirituelle menée sur sa propre intériorité. Entretien.

Sophie Parlatano Erbrich.

Par Myriam Bettens
Photos : Ass. Vaudoise des écrivains, DR

Le journal spirituel constitue-t-il l’ancêtre du journal intime ?
C’est Saint-Augustin qui a lancé ce type d’écriture autobiographique à fond spirituel. Il y a dans ces deux types de journaux de l’intimité toutefois différentes l’une de l’autre. Dans les journaux psychologiques, on a tendance à « déverser » sans autre orientation que soi-même. De plus, le journal spirituel est destiné à être lu, du moins des extraits. Il constitue donc davantage un témoignage.

Comment définissez-vous le journal spirituel ?
C’est un récit qui part du vécu. Par contre, le Je dont il est question a une portée universelle. Il est ouvert et habité par quelque chose de plus grand que lui. Le journal spirituel constitue à la fois un mouvement vers soi, mais aussi vers les autres et vers ce qui nous dépasse. La finalité n’est jamais le MOI. Ce journal est destiné à être partagé, donc cela change aussi notre manière d’écrire. Une partie de l’atelier est toujours consacrée à réfléchir ensemble à ce qui fait le côté spirituel d’un journal…(sourires).

Se lire aux autres est extrêmement difficile…
Pour la plupart des participants, c’est même plus difficile que d’écrire. Ils sont invités à le faire, mais sans obligation, car je pense que cela a aussi une valeur thérapeutique. Cela permet un engagement entier, y compris du corps par le biais de la voix. J’encourage à oser lire pour surpasser la peur du jugement, accepter sa part de doute ou la peur de ne pas avoir bien écrit.

Valeur thérapeutique, dans quel sens ?
Thérapeutique au sens large. La démarche d’écrire à partir de ce réel qui nous touche et nous anime, aide à prendre conscience du désir essentiel d’être en lien. Cela peut nous aider à nommer ce qui nous pèse, à prendre conscience de ce qui nous habite au-delà des apparences. C’est une double quête : de la Source, mais aussi de nos ressources. Les participants réalisent que même dans le quotidien, on est relié à quelque chose de plus grand.

Comment rédige-t-on un journal spirituel ?
La forme d’écriture est très libre. Je donne néanmoins des clés et des contraintes formelles durant l’atelier. Cela peut sembler paradoxal, mais j’ai remarqué que sans ces règles, le message se dilue…C’est à la fois intuitif et formel, mais cela favorise une sorte de jaillissement.

Quelle est la motivation des participants ?
Certains participants ont besoin d’exprimer des choses qu’ils vivent au quotidien dans des milieux professionnels exigeants, celui du soin par exemple. D’autres ont peu de pratique d’écriture et souhaitent trouver leur propre style pour mieux arriver à s’exprimer par écrit.

 Ateliers d’écriture d’un journal spirituel

Sophie Parlatano Erbrich est formée à l’accompagnement spirituel (AASPIR) et à l’écoute active, joyeuse de vivre sa spiritualité et de la partager à travers l’écriture, le chant et la danse.

Plus d’informations concernant les ateliers d’écriture du Service de la spiritualité de l’Eglise catholique romaine à Genève auprès de sa responsable, Federica Cogo, à spiritualite@cath-ge.ch ou au 077 441 17 80.

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