Marie et le Rosaire

Notre Dame du Rosaire.

Le mois d’octobre est appelé aussi « Mois du Rosaire », depuis que le pape Léon XIII, à la fin du XIXe siècle, a voulu encourager cette dévotion mariale par plusieurs écrits ou lettres. Alors, avec l’abbé Martin Filipponi, nous voulons nous interroger : quels sont les bienfaits qui découlent de la méditation des différents mystères du chapelet, de l’invocation confiante de Marie, de la récitation humble et répétitive des « Je vous salue Marie » ?

Par l’abbé Martin Filipponi | Photos : DR

Marie nous conduit à Jésus

En écrivant ce texte, ces mots de saint Bernard me sont revenus à l’esprit : « De Marie jamais assez ! » (De Maria nunquam satis) Nous ne parlerons jamais assez de Marie, car c’est elle qui nous conduit à Jésus. Si nous apprenons à la connaître et à l’aimer, elle ne manquera pas de nous présenter  à son Fils, le Sauveur du monde, Jésus-Christ. Si nous tenons la main de Marie, nous sommes assurés qu’un jour nous atteindrons notre but : le ciel !

Tenons la main de Marie ! 

L’une des caractéristiques de la dévotion mariale, est que là où Marie est priée et vénérée, un printemps spirituel, un véritable élan de foi, une espérance surnaturelle, un amour fervent de Dieu et une joie profonde se répandent. Malgré tout, Marie ne nous épargne pas la croix que chacun d’entre nous porte dans sa vie. Mais les fidèles font l’expérience « en tenant la main » de Marie, d’une confiance intérieure, d’une allégresse, d’une sérénité paisible dans la confiance en la présence guérissante de Dieu. C’est cette atmosphère spirituelle qui émane des lieux de culte marial (Lourdes, Fatima, Guadalupe et bien d’autres) que nous sommes amenés à expérimenter également chez nous, en Suisse, en Valais, à Monthey et dans nos familles. Un des moyens pour y parvenir est la prière du Rosaire.

Avec Marie, méditons la vie de Jésus ! 

Le mois d’octobre est le mois du Rosaire. Et le 7 octobre, nous célébrons justement Notre Dame  du Rosaire. Avec la prière du Rosaire, nous contemplons la vie de Jésus. L’Eglise propose à notre méditation quatre chapelets ou quatre Mystères du Rosaire : avec les mystères joyeux, nous contemplons l’Incarnation de Jésus. Avec les mystères lumineux nous méditons sur la vie et l’œuvre publiques de Jésus. Avec les mystères douloureux c’est la passion et la mort du Seigneur qui sont mis en lumière. Et avec les mystères  glorieux, nous nous remémorons la résurrection du Seigneur. On peut dire que le chapelet est une prière méditative et biblique. C’est une succession de « Notre Père » et de « Je vous salue Marie ». Le chapelet est composé de 50 « Je vous salue Marie » et est divisé en cinq dizaines.

Que disons-nous lorsque nous récitons un « Je vous salue Marie » ? 

Il est intéressant de noter que les paroles du « Je vous salue Marie » proviennent de Dieu lui-même, par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. C’est lui qui salue Marie : « Je te salue, Comblée-de-grâce, … » (Lc 1, 29) Il est suivi d’une deuxième parole biblique, prononcée par Elisabeth, remplie de l’Esprit Saint : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est beni. » (Lc 1, 42) Elle est suivie de notre prière à Marie : « Sainte Marie, priez pour nous, pécheurs. » De cette manière, nous demandons à la Mère de Dieu de nous aider, de nous soutenir et de prier pour nous.

Le Rosaire ne peut pas être argumenté théologiquement. Il a plutôt une efficacité propre dans la pratique, qu’il s’agit d’expérimenter. Grâce au Rosaire, nous recevons de l’aide, grâce à lui, il y a beaucoup d’exaucements de prières, on se sent bien en le faisant et on fait l’expérience de la proximité de Dieu. Je souhaite à chacun de nous de faire cette expérience de la proximité de Dieu. 

Le chapelet et la Bible.

 

La médaille de l’ange gardien

L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Cap ce mois-ci sur la médaille de l’ange gardien. Chaque personne, croyante ou non, a un ange gardien. La médaille représente cet ange qui nous a été assigné de manière personnelle par Dieu pour nous protéger.

Par Pascal Ortelli
Photo: DR

Prière à mon ange gardien de saint Charles de Foucauld

« Mon bon ange, compagnon, maître, gouverneur, seigneur, roi, prince chéri et bienfaisant, toi qui veilles sur moi avec tant de bonté, toi en qui j’ai tant de confiance et je n’en aurai jamais assez, toi qui me soutiens en tous les instants de la vie… Prie pour moi. »

Théocamp: une 4e édition au monastère

Excursion à Orsières, sur les pas du Bienheureux Maurice Tornay.

Cela devient une tradition. La dernière semaine de vacances d’été, le Théocamp réunit des enfants et adolescents de nos paroisses du Chablais. Ils étaient 22 – un record – cette année à se retrouver au monastère des Bernardines pour partager amitié et foi. La parole à Aelya Witz et Kayla Ribeiro.

Par Aelya Witz et Kayla Ribeiro | Photos : DR

Je m’appelle Aelya, et je viens pour la seconde fois. Le Théocamp me permet de me sentir plus proche de Dieu et de renforcer ma foi. Ensuite, je reviens aussi pour retrouver mes amies du camp. J’ai invité Kayla à venir avec moi.

Quand Aelya m’a invitée, je me suis dit que découvrir une autre religion que la mienne – je suis protestante – serait intéressant et cela a été le cas ; en plus je me suis fait de nouveaux amis. 

Grâce au Théocamp, nous nous sommes sentis connectés avec Dieu, nous avons pu approfondir notre foi. Pendant ces quatre jours, nous avons fait beaucoup d’activités comme du tir à l’arc, des jeux en rapport avec la foi, de la marche, une bataille d’eau et des moments de prière. La nourriture préparée par le Curé Jérôme et sœur Marie-Paule était délicieuse.

Ce camp est bien organisé, les tâches sont bien réparties. Les animateurs sont toujours à l’écoute et sont très gentils.

Comme d’habitude, il y a la soirée « Incroyable talent », un véritable classique. 

Tout ça pour vous dire que c’est un camp de religion mais on fait quand même plein d’autres choses et Dieu est toujours présent !

En librairie – octobre 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Dieu a tant aimé le monde
Jean-Marc Aveline

Ces pages expriment l’intime conviction que voici : aux prises avec les bouleversements de notre époque, rongée de l’intérieur par de multiples crises qui l’obligent à un redoutable, mais salutaire travail de conversion, l’Eglise doit une nouvelle fois, soixante ans après la tenue du concile Vatican II, approfondir sa compréhension de la mission que Dieu a voulu lui confier. Il nous faut apprendre à conjuguer l’urgence et la patience. L’urgence d’une charité qui sans cesse nous presse et la patience d’une fraternité qui lentement se tisse. Le cardinal Aveline nous offre avec cet ouvrage une petite théologie de la mission, qui fait la part belle au dialogue, à la rencontre, à la patience et à l’émerveillement.

Editions du Cerf

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Culture et christianisme
Coord. Xavier Dufour

Culture et christianisme présente les interrogations spirituelles de quelques écrivains, artistes et savants qui ont affronté la question de Dieu au cœur de leur œuvre et de leur vie. Il introduit aussi à la lecture de la Bible, appréhendée comme une œuvre littéraire à part entière. Grâce à une iconographie soignée, à des mises en lien entre la Bible et l’art profane, ce manuel ouvre à une intelligence chrétienne de la culture, dans un esprit de dialogue et loin de toute attitude partisane.

Editions Peuple Libre

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Moi, chien de Tobie
Jean-François Haas

Les chiens, grands absents de la Bible ? Plus maintenant ! Le discret compagnon de voyage du jeune Tobie est sans doute le chien scripturaire le mieux connu. Mais il ne veut plus se contenter des deux versets qui l’évoquent en passant. Il va se promener, multipliant les rencontres au passage : Adam et Eve, Abel, Noé, Isaac et Joseph, jusqu’au jour où, avec les bergers, il voit resplendir la nuit de Bethléem. Il entendra enfin un jeune rabbi raconter la parabole du pauvre Lazare auquel seuls les chiens tiennent compagnie. Par les mots inoubliables de Jésus, les voici baptisés amis fidèles et bons des pauvres hommes ! Un parcours singulier à travers la Bible, écrit d’une patte tendre et poétique.

Editions du Cerf

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Belles histoires de saints et de miracles eucharistiques
Blanche Rivière

A la messe, le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang de Jésus. Quel grand miracle ! Avec saint Tarcisius, le saint curé d’Ars, Mère Teresa, Carlo Acutis et d’autres saints, voici vingt belles histoires de miracles pour découvrir le sacrement de l’Eucharistie et son mystère, à travers les siècles. Un album pour mieux vivre la communion.

Editions Artège

Acheter pour 29.30 CHF

Pour commander

Abel Igono, un nouveau séminariste sur le Haut-Lac

Après un voyage de 5’900 km depuis le Nigeria, Abel est arrivé début août pour poursuivre sa formation auprès des Spiritains suisses. Voici quelques lignes pour faire connaissance avec cet homme discret et souriant. 

Photo et questions posées par Vanessa Gonzalez

Parle-moi de ta famille et de la naissance de ta vocation.
Ma vocation est née et a été nourrie au sein de ma famille. Je suis le troisième d’une famille de cinq enfants. Ma famille a toujours été un pilier dans ma vie. Ma mère est décédée en 2007, ce qui a été un moment profondément douloureux pour nous, mais cela a aussi renforcé ma foi et approfondi mon désir de servir Dieu. L’amour de ma mère et son exemple de persévérance restent pour moi une source d’inspiration.

Quel genre de prêtre veux-tu être ? 
J’aspire à être un prêtre profondément engagé à servir les autres, en particulier auprès des marginalisés, des orphelins, des veuves, des malades, des jeunes et des personnes âgées.

Mon modèle est notre Seigneur Jésus-Christ, dont la vie et le ministère illustrent l’amour, le service et le sacrifice parfait. L’exemple de Jésus qui prend soin des nécessiteux, guérit les malades et fait preuve de compassion envers tous, en particulier les plus vulnérables, est le fondement de la façon dont je souhaite vivre ma vocation sacerdotale.

Je m’inspire aussi de saint Oscar Romero, archevêque de San Salvador. Son engagement en faveur de la justice, son profond amour pour les pauvres et sa position courageuse contre l’injustice me touchent profondément. 

En suivant ces exemples, j’espère être un prêtre qui fournit une direction spirituelle tout en défendant et soutenant activement ceux qui souffrent. 

Quelle est ta prière préférée ? 
Une de mes prières préférées est la « Prière de saint François » : 

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé 
qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Quel est le moment le plus drôle que tu as vécu depuis ton arrivée en Suisse ? 
Cela s’est produit à l’aéroport de Genève. Après un long voyage, j’avais un besoin urgent d’aller aux toilettes. Avec mon français limité, j’ai essayé de demander la direction des toilettes. En anglais, nous utilisons le mot « restroom » pour « toilettes », mais ma prononciation de « restroom » devait ressembler à la prononciation française de « restaurant ».

A ma grande surprise, on m’a gentiment guidé, mais je me suis retrouvé à l’entrée d’un restaurant au lieu des toilettes ! Nous nous sommes rapidement rendu compte de la méprise et nous en avons bien ri. Même si c’était un peu embarrassant sur le moment, c’était un rappel amusant des barrières linguistiques que je dois franchir.

Alors, ces cours de français ? Facile ?
Apprendre le français n’est vraiment pas facile pour moi, mais c’est une partie cruciale de ma formation ici en Suisse. Chaque jour, j’assiste aux cours et je m’entraîne. Je suis encouragé par les progrès que je fais et le soutien que je reçois autour de moi.

N’hésitez pas à aller serrer la main d’Abel et lui faire pratiquer son français !

Que ferait saint Bernard aujourd’hui?

Par François Lamon | Photo : Marion Perraudin

Lors du pèlerinage du secteur de Martigny à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, une question a été posée pour approfondir notre mission de chrétien : « Que ferait saint Bernard aujourd’hui ? »

Dans les années 1050, il ne s’est pas contenté de venir en aide aux nécessiteux. Poussé par une charité prévenante, il a fait construire un hospice pour venir en aide aux voyageurs en danger qui franchissaient le col. Il répondait à un besoin réel, vital.

Aujourd’hui quel est le plus grand besoin vital chez nous en Europe ? Le sens de Dieu ! Quel passage devons-nous franchir ? Celui de passer de l’humain au divin ! Je vois trois cols comme au Grand-Saint-Bernard…

• Le col de Fenêtre qui fait passer du visible à l’invisible. Voir la création avec les yeux et admirer, avec le cœur, la bonté du Créateur tout en rendant grâce. Respecter la nature par amour de Dieu qui nous offre tant de beauté. Au sommet de la création, voir un frère, une sœur et y reconnaître le Christ. 

• Le col des Bastions qui fait passer du superficiel à l’essentiel. Ne pas rechercher le paraître mais découvrir « le sens du ciel » : la vérité de notre être, fait pour aimer et vivre dans la paix du cœur.

• Le col des Chevaux qui fait passer de l’éphémère à l’éternel. La vie sur terre est éphémère, nous sommes sur un col. Jésus ressuscité est le passage, « la Pâque » qui nous conduit sur l’autre versant, celui du bonheur éternel qui dépasse toute imagination.

L’amour seul demeure, parce que Dieu est Amour. Ainsi les actes, si petits soient-ils, accomplis par amour, ici et maintenant, deviennent des instants d’éternité. 

Eveil à la foi en famille

En famille dans la chapelle de semaine à Vouvry.
Thérèse et Sarah, les animatrices.

Par Nicolette Micheli | Photos : M. Doan

La première rencontre du groupe Eveil à la foi a eu lieu dans la chapelle de semaine de Vouvry. De jeunes enfants entourés de leur maman et papa, ainsi que du pasteur Didier Wirth et de Christophe Allet y ont participé. Et j’y ai été gentiment invitée.

Après le partage d’un bon goûter, le groupe rejoint la chapelle dans le calme, entonne le chant du « bonjour » et se met à l’écoute. « Devinez ce que j’ai dans ma poche ? lance Thérèse au groupe d’enfants assis en rond devant elle. Les réponses fusent : – Un bonbon ? – Un mouchoir ?… – Une allumette ? Bravo ! Tu as trouvé ! » Ainsi, le thème du jour est lancé par les deux animatrices. Tous écoutent attentivement le verset de la Bible : « Dieu dit, que la lumière soit et la lumière fut ! »

Thérèse, maman de trois enfants… et bientôt quatre… anime les rencontres depuis cinq ans. Son mari les accompagne. Sarah l’a rejointe depuis quelque temps. L’une est catholique, l’autre protestante. Les rencontres revêtent donc un aspect œcuménique, pasteur, curé et agent pastoral y participant selon leur disponibilité. Ces deux familles forment un noyau certes restreint, mais fidèle et motivé. Faire découvrir aux enfants et à leurs parents l’amour de Dieu, leur apprendre à prier en famille, entretenir leur relation à Dieu : voilà des valeurs qu’elles tiennent à développer en vivant  ces rencontres parents / enfants, dans un échange fraternel au sein d’un groupe soudé et amical.

Une nouvelle aventure a commencé en septembre. Elle se déroulera durant neuf rencontres sur le thème : A la découverte de la Création. Le programme « Patacell’ » a été choisi après avoir été testé une année dans leurs familles respectives. Ludique, créatif et participatif, il a plein d’atouts pour aider les enfants de 0 à 7 ans à découvrir Dieu à travers la Création, leur apprendre à s’émerveiller et à respecter leur environnement. Très structuré, il contribue à travers chants, versets gestués, expériences concrètes, bricolages, à ancrer la Parole de Dieu.

Les petits sont heureux ! Ils ont été captivés par la flamme de la bougie brillant dans le noir, ont senti sa douce chaleur, ont soufflé chacun leur allumette en répétant : « Merci Seigneur pour la lumière. » Avant de partir, ils ont peint des rais de lumière sur un cercle de carton noir, première étape d’une guirlande qui représentera les sept jours de la Création et résumera en un visuel coloré le parcours de cette année d’éveil à la foi.

Le jeune homme riche

Il faut se mettre un peu de biais devant ce texte pour ne pas avoir la vue troublée par l’impression « vu et connu », depuis l’interpellation « bon maître » jusqu’au fameux chameau et son impossible voyage ! Se décaler et laisser émerger deux questions : « Que dois-je faire ? » et « Mais alors qui ? »

Par Françoise Besson | Photo : pexels.com

Que dois-je faire ? – Ce jeune homme riche est pieux, ce dernier qualificatif devrait presque faire partie de sa présentation, car dans le dialogue se révèle quelqu’un qui suit la Loi de façon rigoureuse. Pas de mise en doute sur sa parole toute simple, dépourvue d’orgueil, lorsqu’il dit : « Tout cela, je le fais depuis ma jeunesse. »

Il est également une personne privilégiée : né homme dans une société où les femmes ont peu de droits et de marge de manœuvre, jeune, c’est-à-dire en pleine possession de ses moyens avec l’avenir devant soi, et riche, n’ayant pas de souci du quotidien dans une société où la précarité semble très présente. 

Et c’est là que le dialogue nous surprend : cet homme respectueux de la Loi, qui a tout ce que l’on pourrait souhaiter avoir, est tourmenté par une question. Marc dit qu’il accourt et qu’il tombe à genoux. Ce jeune homme est pris dans une urgence et une nécessité d’avoir une réponse que seul un Maître comme Jésus peut donner : que dois-je faire pour avoir la Vie éternelle ?

Il me semble qu’il y a là quelque chose d’admirable : chez ce jeune homme, le fait d’avoir tous les atouts en main, et de suivre la Loi à la lettre n’a pas encombré dans son cœur l’espace du plus grand que lui. L’ici et maintenant qui risquerait de le satisfaire n’a pas étouffé « l’au-delà de l’homme ». Ce jeune homme, notre frère, semble avoir gardé vivante en lui, la soif de ce qu’il nomme « la vie éternelle »… Puissions-nous lui ressembler et garder en nous bien vivantes, voire dérangeantes, les questions qui nous tiennent en alerte. 

Mais alors qui ? – Et puis, il y a les apôtres et leur question surprenante : « Mais alors qui ? » Pourquoi ces hommes qui ne sont pas riches et pour la majeure partie d’entre eux, ne l’ont jamais été, pourquoi donc ces hommes se posent-ils cette question : « Mais alors qui pourra entrer dans le Royaume des cieux ? » Ils ont tout quitté, ils vivent comme des itinérants, avec un maître qui se contente de peu. On pourrait dès lors penser que la réflexion de Jésus ne leur pose aucun problème, au contraire, car ce nouvel ordre des choses est en leur faveur : eux qui ne possèdent rien ou si peu, entreront plus facilement que les riches dans le Royaume… Alors ? Se considéraient-ils comme riches, avec leur tunique, leur bâton et les quelques pièces qui leur serviront à acheter la nourriture du lendemain ou à faire l’aumône ? 

A la suite du jeune homme, dans notre monde si malmené, osons poser la question troublante du manque : qu’est-ce qui nous manque, au quotidien, pour que le Royaume advienne, pour que la part éternelle de la Vie prenne racine et grandisse en nous ?

A Lourdes avec 53 ados de Suisse romande dont 10 jeunes de notre région sur 26 Valaisans

Au premier rang – car tout est organisé autour d’eux – « nos » malades, en bleu les brancardiers, en blanc les infirmières, en mauve les ados, avec une casquette orange les enfants et familles, de toutes les couleurs mais avec un foulard rouge autour du cou, les Jeunes de Lourdes, les membres de la chorale, les pèlerins, les aumôniers dont notre évêque Jean-Marie.

Par Christophe Allet | Photos : SNDL / Durand, Christophe Allet

Une semaine vraiment pas comme les autres !

Près de 1000 km parcourus de nuit, en car, un campement sous tente dans le « village des jeunes » du sanctuaire, une semaine de vie communautaire, de rencontres avec les pèlerins malades, de célébrations, de vie dans un lieu où viennent se recueillir près de 6 millions de visiteurs par année !

Embarqué il y a une quinzaine d’années par l’abbé Jérôme, j’y suis retourné régulièrement en été. D’abord avec mes enfants, puis par amitié pour mes collègues de l’animation et surtout pour les fruits de cette aventure pour les ados qui s’y risquent !

Parole aux jeunes de notre secteur :

Ce que j’ai le plus apprécié à Lourdes c’est…

Les malades, venir les aider à manger ou juste être avec eux et discuter c’était vraiment cool et aussi les processions. Matthieu 

ça m’a touchée de voir comment ces malades étaient heureux, nous souriaient, nous parlaient gentiment. Mélissa M.

Le geste de l’eau et pousser les malades. Roxane

La complicité entre les jeunes et l’ambiance dans le camp. Mélissa B.

La vie de Bernadette m’a fasciné, c’est quand même fou ce qu’elle a vécu grâce à la Sainte Vierge. Melvin

L’expérience du rafting sur le Gave le premier jour 😃. Sohan, Mélissa M.

«Ce qui m’a marqué à Lourdes : le temps passé avec les malades !» Sohan 12 ans, 1er pélé 

Ce que j’ai découvert pour ma relation à Dieu… 

Dieu t’aidera toujours et ne pourra t’abandonner même dans les pires situations. Notre mère Marie nous aimera toujours comme elle aime Bernadette : nous sommes ses enfants. Matthieu

J’ai une connexion plus forte avec Dieu à Lourdes, pas parce que Marie est apparue là-bas, mais parce qu’on prie ensemble et qu’on est rassemblés pour la même chose. Mélissa B.

J’ai découvert la grotte ça m’a fait du bien. Roxane

Dieu m’a aidé à avoir un peu plus de patience et Marie m’a protégé car j’étais loin de ma maman. Sohan

Bernadette m’aide à aimer Marie. Melvin

Lourdes a été une magnifique expérience. Roxane

Même des choses qu’on pourrait croire que ça ne pourrait pas arriver parce que c’est impossible… eh bien, ça peut arriver comme sur Bernadette ! Personne ne la croyait mais finalement elle avait vraiment vu Marie. A Lourdes, il y a des personnes qui « se mettent » dans la religion catholique, même certains athées qui ne le sont plus, grâce à ce qui s’est passé là ! Melissa M.

L’organisation était top, je me réjouis de revenir l’année prochaine. Melvin

P.S. : un clin d’œil plein de gratitude pour Bernadette et Monique, deux aînées de notre secteur du Haut-Lac qui sont venues pour la deuxième année préparer à manger pour ce petit troupeau !

Melvin, Sohan, Mélissa B., Mélissa M. et Matthieu après la rencontre festive de clôture avec tout le pèlerinage.

Bienheureux Maurice Tornay, martyr de la Mission du Tibet

Le 11 août 1949, Maurice Tornay était assassiné en haine de la foi près du Col du Choula, dans la province du Yunnan, à la frontière entre la Chine et le Tibet. Pour la Fondation qui perpétue sa mémoire, 75 ans, c’est l’occasion d’un jubilé !

Par Les amis de la Fondation Maurice Tornay | Photo : DR

Septième enfant d’une famille de paysans, Maurice Tornay est né le 31 août 1910 à la Rosière. Il a entendu très tôt l’appel de Dieu à devenir prêtre. Fidèle dès l’adolescence à la confession et à la communion ainsi qu’à la récitation du chapelet, cet enfant doué manifeste cependant un caractère affirmé et difficile. A 21 ans, après des études au collège de Saint-Maurice, il entre chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard, pour, écrit-il « correspondre à [s]a vocation qui est de quitter le monde et de [se] dévouer complètement au service des âmes, afin de les conduire à Dieu et de [se] sauver [lui]-même ».

L’appel de la mission. – A la fin des années 20, la Société des Missions étrangères de Paris (MEP) cherche des renforts et sollicite l’appui des chanoines du Grand-Saint-Bernard. Ils pourront ainsi mettre à profit leur expérience de la haute montagne et ériger des hospices au passage des cols les plus difficiles. Les premiers chanoines partent en 1933. Ils seront rejoints, en 1936, par les chanoines Cyrille Lattion et Nestor Rouiller, ainsi que par le jeune Maurice Tornay. Maurice est encore séminariste quand il quitte l’Europe. De 1936 à 1938, il doit achever sa formation et apprendre le chinois et le tibétain. Il est ordonné prêtre le 24 avril 1938. Jusqu’en 1945, il est chargé du probatoire de Houa-Loupa, un « petit séminaire » où l’on dispense un enseignement chrétien à des enfants chinois ou tibétains. 

Yerkalo, le temps des persécutions. – En 1945, le père Emile Burdin, curé de la paroisse de Yerkalo décède. Il faut lui trouver un successeur capable de relever le défi d’un poste à grande valeur symbolique, puisque le seul à être implanté sur le territoire tibétain. C’est aussi le plus exposé de la mission : à l’isolement – le confrère le plus proche est à huit jours de marche – s’ajoutent les persécutions ourdies par les lamas. C’est Maurice qui est choisi. Comme ses prédécesseurs, il sera rapidement en butte aux persécutions auxquelles il résiste avec courage et détermination. Chassé par la force, en janvier 1946, il tentera en vain de réintégrer sa paroisse où, comme il l’écrit : « De vieux chrétiens attendent anxieusement une dernière absolution, une dernière communion. Qui la leur donnera ? »

En désespoir de cause, il tente le voyage de Lhassa, capitale tibétaine, pour rencontrer le Dalaï-Lama. Conscient du danger, mais prêt à mourir pour ses paroissiens, il se met en route, mêlé à une caravane de marchands chinois, le 10 juillet 1949. Démasqué après 17 jours de marche et contraint de revenir sur ses pas, il tombe dans une embuscade tendue par les lamas et meurt assassiné avec son serviteur Docy, le 11 août 1949.

Il est d’abord enterré dans les jardins de la mission. Vingt-huit ans plus tard, les chrétiens de Yerkalo, qui le considèrent comme leur martyr et n’ont pas cessé de le vénérer, récupèrent ses restes et ceux de Docy. Tous deux reposent désormais dans le cimetière de ce qui fut l’un des postes les plus difficiles de la mission du Tibet. Considéré par l’Eglise comme martyr, Maurice Tornay a été élevé au rang de Bienheureux par Jean-Paul II le 16 mai 1993.

Grande fête du Jubilé Maurice Tornay

Dimanche 20 octobre 2024 à Orsières : 9h, procession de la gare d’Orsières à la salle de gym de la Proz, avec le clergé, les chorales, les fanfares, les scouts et les fidèles. 10h, messe chantée (150 à 200 chanteurs) sous la direction du compositeur Damien Luy. Fête populaire sur place.

Aux périphéries des églises

Texte et photo par Pierre Moser

Aller vers les périphéries, facile. Belle profondeur de la part du pape François. Qui n’a pourtant pas fait l’unanimité parmi nous. Comment ? Quitter nos églises ? Déserter nos paroisses ? Là où Dieu se trouve ? Je sais, je caricature, mais seulement un peu. Le fait est que ces populations me dérangent… J’ai donc de la peine à rejoindre ces périphéries, surtout celles d’à-côté. Ou alors celles du bout du monde, celles dont je ne vois pas la misère, et qui sont tellement plus exotiques. Je caricature toujours ? Est-ce que je préfère construire un puits au milieu du Sahel ou nourrir une femme de ménage d’ici ? Et puis, les ONG s’en chargent très bien à ma place.

Que ces organisations soient plus efficaces que moi, cela se confirme tous les jours. Mais la charité est-elle le seul message ? Il est vrai que parler d’incarnation, de salut, de résurrection à des ventres vides ne passe pas forcément. C’est donc à l’Eglise d’endosser cette mission, qu’elle a reçue du Christ, en complément de la charité : Allez, de toutes les nations faites des disciples (Mt 28 : 19). Mais y suis-je préparé ?

De nos jours, les formations incluant un tant soit peu de religion disparaissent sous les coups de boutoir du politiquement correct. Plus rien à l’école, très peu dans nos familles. Et nos églises ? Ce sont pourtant de vraies bandes dessinées de KT : vitraux de l’histoire des Saints, chemin de croix, statues de la Sainte Famille. J’entends vos murmures : les textes sont souvent en latin. Et alors ? A la grande époque des cathédrales, seuls quelques lettrés pouvaient les déchiffrer. Et ce n’est pas à eux que ces bandes dessinées étaient destinées. Le latin n’était donc pas un obstacle.

Je dois en fait apprendre à refaire parler les images… Mais moi qui fréquente cette église au moins une fois par semaine, de quoi je me souviens ? Suis-je en mesure de décrire ce que je côtoie si souvent ? Cette formation ne me serait-elle pas aussi nécessaire ? Bref, transformer les murs de l’église, bâtiment, en centre de formation de la périphérie ne serait-ce pas une bonne idée ?

Un prisonnier devient parrain de baptême

L’abbé Adrien baptise le détenu Roland qui a choisi Munyaka Ndjale comme parrain. 

Les prisons congolaises sont malfamées : mouroir, violations des droits de l’homme, malnutrition, tortures… Mais parfois, la vie chrétienne découverte à la Prison centrale de Bukavu redonne espoir et sourire à certains détenus. Alfred Munkegere, catéchiste et membre de l’aumônerie avec l’abbé Adrien Cishugi, témoigne de sa rencontre avec le détenu Munyaka Ndjale.

Par Alfred Mukengere, catéchiste de l’aumônerie à la prison centrale de Bukavu | Photos : José Mittaz

Un samedi de mars à 13h30. La cour centrale de la prison de Bukavu est moins remplie que d’habitude. Beaucoup de détenus sont dans leurs cellules à la sieste. Lorsque nous demandons à voir Ndjale, les agents de l’ordre – des détenus ayant reçu cette fonction – partent à sa recherche, mais en vain : il n’est ni dans sa cellule, ni dans la cour. C’est finalement vers les douches que les agents le trouveront. La cinquantaine, teint noir, avec une calvitie et une dent arrachée, l’ancien chef rebelle des groupes armés Maï-Maï arrive mouillé, en singlet, culotte et babouches : « J’étais au boulot et je n’ai pas eu le temps de me changer », s’excuse-t-il en arrivant. Depuis deux ans, Munyaka Ndjale a fait le choix de soigner et laver les détenus atteints par une maladie cutanée qui crée des démangeaisons et des plaies sur tout le corps : le Kiguci, plus connue sous le nom de la variole du singe (Mpox).

« La vie carcérale est difficile. Mais cela dépend comment tu la vis. Après mon baptême en 2020 ici à la prison, je ne suis pas devenu lecteur, garde paix ou choriste, mais j’ai opté pour le ministère de la Caritas. C’est là que j’ai trouvé ma vocation. Je me charge de soigner et de laver tous les détenus qui souffrent du Kiguci. Moi je suis kada (commandant), et le premier kada (commandement), c’est l’offrande. Je préfère partager ma vie pour une cause commune, que de la vivre pour un bonheur personnel. »

Avant son baptême, Ndjale était un opposant farouche à la vie chrétienne. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) était son premier ennemi. Pour lui, tous les chrétiens étaient des personnes dénuées de patriotisme. Et c’est finalement en prison, après six ans d’incarcération, qu’il découvre ce que signifie être chrétien. 

« Moi-même, je te le dis, je n’avais jamais eu envie de devenir chrétien. Chaque fois que j’entendais parler des chrétiens, je les pourchassais ; certains mouraient, d’autres se cassaient les pieds dans la fuite. Ceux qui étaient pris captifs, je les tabassais comme si l’Etat n’existait pas. Ici en prison, durant les six premières années, j’étais un opposant farouche à l’abbé Adrien. Je dois avouer que Satan m’enchaînait. Je ne savais plus où j’en étais. Mais Dieu m’a envoyé son travailleur : l’abbé Adrien. Il a commencé par m’apprendre des choses, puis je suis allé à la catéchèse chez Alfred et finalement j’ai cru. Je crois que c’est Dieu lui-même qui est venu dans ma vie. »

Inimaginable ! Un an après son baptême, Ndjale a été sollicité par des détenus catéchumènes pour devenir leur parrain. Cet ancien recruteur et chef rebelle Maï-Maï devient parrain pour les catéchumènes. Mais comment est-ce possible ? 

« Je suis fier d’être devenu parrain de baptême, alors que j’avais commis tant de crimes dans ma vie : j’ai beaucoup versé le sang, j’ai volé les choses d’autrui, j’ai violé des femmes. Mais curieusement, Dieu lui-même a envoyé des détenus catéchumènes vers moi et ils m’ont choisi comme parrain. Je considère que c’est un message de Dieu pour moi : il veut que je sois celui qui porte la bonne nouvelle aux autres, un signe pour les autres. »

Le baptême a changé la vie de Ndjale : il a choisi d’apprendre à être libre, même en prison. 

« Depuis que je suis chrétien, je me sens libre. Même si je meurs maintenant, je dois aller au Ciel. Avant je n’étais pas libre, tout le temps préoccupé par le fait de ne pas enfreindre les conditions pour survivre. Mais aujourd’hui, je vis sous la protection du Seigneur, Sauveur de ma vie. Ici en prison, deux choses me font souffrir : je mange mal et je dors mal. Mais intérieurement, je me sens libre, fier et heureux.

Outre la liberté, la vie chrétienne m’a fait deux grâces : la sagesse et la valeur de l’homme. Avant, je ne pouvais pas accepter que quelqu’un me touche dans l’œil sans que je ne morde son doigt. Mais aujourd’hui, quand on le fait, je me tais. Incroyable ! Souvent j’en ris et je me demande si c’est moi ou si c’est une autre personne ! Mais j’en suis fier. La vie chrétienne m’a aussi appris la valeur de la personne humaine, quels que soient son origine, son ethnie, sa race, sa forme. » 

A la fin de son incarcération, Ndjale souhaite continuer à vivre de l’Evangile et à le partager, par-delà les frontières ethniques et les lignes qu’il considérait comme ennemies.

« Si Dieu peut écouter ma demande, je le supplie de faire de moi la personne qui ira évangéliser mes frères Babembe et Rwandais qui sont à la maison, afin qu’ils sachent qui est Dieu. Parce que verser le sang n’a aucun intérêt. En reconnaissant qui est Dieu, nous aurons la paix. Une fois j’ai lu sur un calendrier ici à la chapelle : « Baptisés et envoyés ». Depuis ce jour, j’ai compris que je deviendrai missionnaire. »

La catéchèse pour les adultes est une des activités de l’Aumônerie catholique de la prison centrale de Bukavu. Elle est organisée chaque mercredi pour les catéchumènes qui se préparent à recevoir les sacrements ainsi que chaque samedi pour toute la communauté chrétienne de la Prison. 

A l’heure où vous recevez ce témoignage, Munyaka Ndjale vient d’être libéré de prison. Pour lui, une nouvelle vie commence.

Le catéchiste Alfred remet la Bible et un chapelet à chaque nouveau baptisé.
Les baptêmes ont été célébrés lors de la veillée pascale dans la cour centrale de la prison, sous une pluie diluvienne.

Invitation

A l’occasion du Mois de la Mission Universelle qui est centré cette année sur la solidarité avec les chrétiens de la République Démocratique du Congo, la paroisse de Martigny vous invite à une soirée missionnaire proposée en collaboration avec l’association Amis de Bukavu dont le site vous propose des manières concrètes de soutenir des projets au service de la vie (www.amisdebukavu.com) : 

vendredi 11 octobre à 19h30 à Notre-Dame-des-Champs.

Cette soirée sera animée par l’abbé Adrien Cishugi, aumônier de la prison centrale de Bukavu, et le chanoine José Mittaz. Soyez les bienvenus à cette soirée de témoignage et de partage avec la présentation d’un nouveau film sur la vie chrétienne à l’intérieur de la prison de Bukavu.

La proposition de Dieu

Par Pierre Chatelanat 
Photo : Romeo Beatrice

Au fond, ce que nous transmet le Christ au travers de son message n’est-il pas essentiellement une proposition de son Père et notre Père, d’aimer et de se laisser aimer ?

Ce message a été considérablement alourdi et compliqué par ceux qui ont rapporté les faits et les paroles de Jésus en tentant de les articuler avec le judaïsme et son prophétisme. Ainsi a-t-on attribué au Dieu dont Il nous parle des comportements et des exigences envers nous qui ont masqué le sens profond de ce qu’Il nous propose.

Ce Dieu immense, créateur d’un Univers qu’Il habite et anime avec une générosité sans limites, est la source de l’Amour et de tout ce qu’il génère de beau, de bon, d’harmonieux. Après avoir été durant des millénaires interprété en termes humains, lorsque « les temps furent accomplis » et que l’évolution humaine permettait enfin de le comprendre en Esprit et en Vérité, Il s’est incarné dans Celui en qui « Il a mis tout son Amour », Jésus le Christ, afin que cet Amour nous soit annoncé, expliqué et puisse pénétrer nos vies.

Cet Amour, qui éclaire, colore et fait vraiment vivre toute chose, ne s’impose jamais ! Il est une proposition (« je me tiens à la porte et je frappe et SI quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte j’entrerai chez lui »). On ne peut forcer qui que ce soit à aimer, seule la Grâce peut inspirer ce sentiment, que l’on soit croyant ou non…

Nous avons été élevés avec tout un catalogue de conduites à tenir si nous voulons être « sauvés », avec en prime la contribution du sacrifice du Christ pour racheter notre péché existentiel ou les péchés de nos vies. 

Or le seul péché qui ne peut être remis, nous dit le Christ, est celui contre l’Esprit, soit le fait de refuser l’Amour ; ce faisant nous nous mettons hors-jeu de cette histoire d’Amour qu’est la vie en Dieu et nous nous punissons nous-mêmes ! En fait, Dieu n’y est pour rien : nous ne faisons que refuser sa proposition !

Dans la mesure où nous l’acceptons, la vie prend une autre tournure : l’Amour transforme notre visage, nos pensées et nos actions comme ceux de l’autre et tout prend une coloration différente.

Le discernement qui s’en inspire n’est-il pas de voir et de comprendre, au travers du prisme de l’Amour, les faits de la vie quotidienne et les comportements d’autrui comme de nous-mêmes et de tenter de penser et d’agir dans cette perspective ?

Alors accueillons cette proposition de Vie telle que le Christ nous l’a enseignée en tentant de la comprendre et de la vivre dans son sens originel, avec l’aide de Son Esprit !

Architecture sacrée

L’église Sant’Eusebio et la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier mélangent les formes arrondies et angulaires en partant de l’intérieur : les rondeurs se veulent dans les deux cas une évocation de l’harmonie de la nature tandis que les formes angulaires répondent à une vision classique d’un bâtiment.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

L’architecture sacrée c’est la conception et la construction de bâtiments destinés au culte religieux ou aux pratiques spirituelles. Elle englobe une grande diversité de styles, de formes et de symboles, influencée par la culture, la religion, l’époque et la géographie. 

Dans le cas de l’architecture chrétienne, les bâtiments du Haut Moyen-Age, (chapelles, églises, cathédrales, basiliques) ont été le plus souvent construits sur les ruines de temples antiques reconnaissant le lieu sacré de la construction à travers les âges. La cathédrale de Lausanne en est un parfait exemple. 

Le bâtiment exprime une théologie. Les chrétiens signifient leur foi et leur espérance par la manière dont ils organisent l’espace de leur maison commune, l’espace du bâtiment où ils se rassemblent pour célébrer le culte divin.

Le symbolisme de l’architecture chrétienne est très codé comme la croix, les dômes (qui représentent le ciel), les vitraux, les sculptures qui racontent la Bible et les Evangiles et sont toujours présents. Nous pouvons les admirer aussi bien dans l’église Sant’Eusebio du VIIe siècle à Pavie que dans la chapelle de Ronchamp du XXe siècle du très célèbre architecte suisse Le Corbusier.

Une paroisse en pélé

Samedi 17 août dernier au Grand-Saint-Bernard.

Le 16 août, nous nous sommes retrouvés Place de Rome, prêts au départ pour deux jours à l’hospice du Grand-Saint-Bernard dans le cadre d’une démarche jubilaire proposée par la paroisse.

Par le Diacre René Pillet, Luc et Mélanie Darbellay et Marion Perraudin & Co
Photos : Marion Perraudin

Le chanoine Joseph Yang nous accompagnait dans le car. Le pèlerinage a débuté à l’alpage de La Pierre avec une prière devant la Croix, posée le 15 juin. Après le pique-nique, Simon nous propose de prier le chapelet. Le prieur de l’hospice Jean-Michel et notre curé François nous accueillent. Les jeunes et les ados nous y rejoignent. Après l’écoute de quatre témoignages suivis d’un moment de partage, nous préparons la veillée en petits groupes. Le lendemain, nous accueillons pour la messe le deuxième groupe de pèlerins. L’homélie de François nous a invités à passer trois cols : le passage de l’humain au divin, du superficiel à l’essentiel et de l’éphémère à l’éternel. Puis nous avons partagé un repas convivial. Notre journée s’est conclue par une célébration et le passage de la porte sainte, spécialement édifiée pour cette année jubilaire « Saint Bernard ». Ce premier pèlerinage paroissial intergénérationnel a été un temps fort.

Nous avons eu la chance de vivre quelques jours de camp à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard avec les jeunes du groupe « En quête de foi ». Ce fut l’occasion de nous laisser guider par saint Bernard et sa devise « Hic Christus adoratur et pascitur » (Ici le Christ est adoré et nourri). Le verbe « pascitur » a deux significations : « est nourrit » et « nourrit ». Le Christ est à la fois nourri à travers de tous ceux qui sont accueillis à l’hospice et « nourrit » les fidèles en se donnant lors de l’Eucharistie. En résumé la mission de saint Bernard est bâtie autour de quatre piliers : la montagne, la prédication, le service et l’accueil. Nous avons aussi l’occasion de rendre service, lors de la liturgie, par le chant, les lectures, la prière et de bien d’autres façons. Saint Bernard nous invite tous à proclamer la Parole que nous avons reçue durant ces quelques jours de camp. Un autre aspect marquant fut le passage de la porte sainte, placée dans l’église de l’Hospice. Grâce au pape François, nous avons l’occasion de recevoir l’indulgence plénière jusqu’au 15 septembre en la passant. Une occasion de « faire le ménage en profondeur et de recevoir la Miséricorde de notre Seigneur ». 
Le groupe de jeunes « En quête de foi ».

« Nous avons eu la chance de faire ce pèlerinage en famille, moment de ressourcement et de grâce entre la fin des vacances d’été des enfants et la nouvelle année scolaire. Le mélange intergénérationnel et la belle cohésion entre les divers groupes nous ont permis de vivre de très beaux moments de partage, de prières, de convivialité et de fraternité. Finalement une expérience très enrichissante tant spirituelle qu’humaine ! Deo gratias ! »
Famille Darbellay

Dessin de Laetitia Darbellay.

« Merci à chacune et chacun pour ces deux magnifiques journées qui nous ont permis de resserrer les liens entre nous et de marcher ensemble dans la joie et l’espérance. »
Diacre René

Grimpe et rappel sensationnel
Découverte insolite de l’hospice

Sortie vivifiante sous la pluie
Témoignages inspirants

Baignade et paddle sur le lac
Entrain, joie et rires assurés
Rencontre avec le Christ lors d’une veillée
Nouvelles ambitions pour les BCBG
Assomption à la pointe des Lacerandes
Rencontre conviviale avec les paroissiens
Démarche sanctifiante pour l’âme et l’esprit 
par le passage de la porte sainte.
Le groupe de jeunes BCBG

Pèlerins d’espérance

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photos : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur,

La mission de l’Eglise se vit en continu, fidèle à l’envoi que le Christ nous adresse (Mt 28, 19-20) ! Pourtant, l’Eglise rythme le temps en années liturgiques, avec des moments particuliers. 

Avec nos collègues prêtres et laïques, nous ancrons notre mission dans une année dite pastorale démarrée par une rentrée qui a eu lieu, en 2024, à fin août, dans la lignée de la rentrée scolaire. Le fil rouge proposé pour cheminer pour ces prochains mois est celui de l’espérance, en lien avec le jubilé 2025 dont le thème choisi par le Pape est « Pèlerins d’espérance ». 

Notre monde a tant besoin d’espérance ! Cultiver et témoigner d’une saine, voire osons, d’une sainte espérance est un trésor que l’on est invité à offrir à nos réalités chahutées, pour ne pas dire constamment bouleversées. 

Mais qu’est-ce que l’espérance ? L’Eglise nous la présente comme une vertu théologale, soit ayant Dieu pour objet, alors que les vertus, terme qui tend à devenir désuet sous nos latitudes, sont des dispositions fermes au bien, au beau et au bon. Vous le savez, la foi et la charité viennent compléter le trio des vertus théologales.

Il est bon de revenir sans cesse à l’espérance et j’aurais l’occasion d’évoquer ce thème prochainement encore.

Comment témoigner de l’espérance ? Pour l’heure, je vous laisse avec l’une des citations inspirantes travaillées lors de la rentrée pastorale dans l’atelier préparé par nos collègues de la formation (Pastorale des Chemins) et extraite de la bulle d’indiction du Jubilé ordinaire de l’année 2025 publiée par le pape François, le 9 mai 2024 et dont le titre en français est « l’Espérance ne déçoit pas » : « C’est en effet l’Esprit Saint qui, par sa présence permanente sur le chemin de l’Eglise, irradie la lumière de l’espérance sur les croyants : Il la maintient allumée comme une torche qui ne s’éteint jamais pour donner soutien et vigueur à notre vie. » (Spes non confundit n° 3).

Ainsi soit-il.

L’architecture chrétienne au cours des âges

Vue de l’ancienne basilique Saint-Pierre et du Palais apostolique à Rome, par Martin Van Heemskekr. Ce dessin permet de comprendre la genèse de la construction du Vatican.

Si l’on demande à un enfant de dessiner une église, il y a de fortes chances qu’il dessine un bâtiment un peu allongé avec une toiture inclinée et un clocher. Pourtant, l’architecture des églises n’a cessé d’évoluer au cours de l’histoire. De la domus ecclesiae à la diversité des constructions contemporaines, est-ce toujours la même motivation qui guide les choix ?

Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer, Flickr

Jusqu’à une période relativement récente dans l’histoire, nous manquons de traces écrites permettant de comprendre avec assurance comment les édifices étaient construits et parfois même ce à quoi ils ressemblaient. Ainsi que l’explique Gérald Deuber : « Les témoins matériels sont en revanche nombreux, illustrant à travers les transformations et les aménagements divers des monuments une évolution des modèles, des techniques et des goûts […] »1  Plus que les livres, ce sont donc les pierres qui nous racontent l’histoire des églises.

Après l’Ascension, les disciples de Jésus continuent à fréquenter le Temple de Jérusalem ou les synagogues locales. Ils se rassemblent, en plus, dans la demeure d’un riche fidèle pour la fraction du pain.

La destruction du Temple en 70, impose aux chrétiens de développer des lieux dédiés uniquement au culte. Les vestiges les plus anciens de maison-église (~250) se trouvent en Syrie, à Doura Europos. Une pièce comprend un banc de pierre et une petite estrade. Il n’y a toutefois pas trace d’autel.

Lorsque le christianisme devient religion de l’Empire en 380, les églises de maisons disparaissent au profit des basiliques, des édifices inspirés de l’architecture civile. Le chœur est situé à l’ouest. Le prêtre célèbre face au peuple, il regarde en direction de l’est. La basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome, est une excellente illustration de ce style.

En soi, l’architecture chrétienne aurait pu en rester là, le bâtiment répondant aux besoins. Cependant, « avec le temps […], les transformations sociales et politiques et les évolutions artistiques, le lieu de culte ne s’en [tient] pas à ces formes originelles […] au contraire, l’union du christianisme et de l’architecture se [renouvelle] à chaque époque pour des résultats différents ».2 

Les vestiges des églises du VIe au VIIIe siècle sont assez rares. Genève fait exception (voir encadré en page 3).

Aux alentours du XIe siècle, les conditions sont réunies en Europe pour l’émergence d’un nouveau style. Jean-Michel Leniaud explique que « l’époque se caractérise notamment par la grande qualité des matériaux employés : on ouvre des carrières, on fabrique des outils pour la taille de la pierre, on appareille avec un tel soin que l’épaisseur des joints est très mince »3.

Le goût et la nécessité

Les églises sont reconstruites par goût et non par nécessité. On passe des charpentes en bois à des voûtes en pierre, ce qui ne va pas sans difficulté : « Il faut donc utiliser des matériaux et inventer des procédés techniques qui permettent de concilier l’objectif visé avec les limites imposées par la matière. »4 

L’architecture romane ne va pas sans quelques difficultés. Elle fait reposer les poussées sur le mur de l’édifice qui est impérativement très épais. Le résultat est un manque de luminosité et des constructions qui demandent énormément de matériaux.

L’art gothique apporte la solution à ces problèmes en déplaçant les poussées sur les piliers. Jean-Michel Leniaud précise : « On a constaté aussi que les constructeurs du Moyen Age utilisaient largement le fer pour stabiliser leurs constructions […]. On en est donc récemment venu à penser que la stabilité des édifices gothiques découlait moins du principe de contrebutement de la croisée d’ogives par l’arc-boutant que de l’utilisation d’armatures métalliques. »5 

L’imprimerie s’en mêle

A partir de cette époque, il n’y a plus de réelles évolutions dans l’architecture pendant plusieurs siècles.

Fin XVe à mi XVIe, le développement de l’imprimerie (1450) permet de rédiger des traités d’architecture et de les partager. Désormais, on connaît presque toujours le nom de l’architecte qui gagne en notoriété. 

Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, saint Charles Borromée écrit un traité sur la construction des églises, les Instruciones fabricae. Il y indique par exemple : « […] il importe de séparer clairement ce qui est appelé le « Saint Temple » des constructions mitoyennes […] elles risquent d’engendrer de graves abus […]susceptibles de porter atteinte au caractère sacré du culte. »6 

Au XIXe siècle, l’apport des matériaux industriels permet de nombreuses innovations. Certains éléments sont désormais préfabriqués dans les usines, ce qui change radicalement la façon de penser un chantier d’église. Les charpentes métalliques remplacent le bois qui nécessitait un travail titanesque, comme en témoigne la restauration de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno au Tessin, Mario Botta a travaillé sur la relation entre l’édifice et la nature.

La nef et le chœur

Le XXe siècle connaît une explosion de styles. Les églises ne sont plus nécessairement rectangulaires. C’est par exemple le cas de l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno, au Tessin. Mario Botta travaille sur la relation entre l’édifice et la nature. Au contraire de Charles Borromée qui souhaitait nettement distinguer l’église de son environnement, il joue avec la lumière et le lien avec le paysage.

Laissons à Jean-Michel Leniaud les mots de conclusion : « Contrairement à ce qu’on pourrait penser et même à ce qu’on a dit à certaines époques […], il n’existe pas de plan type pour les églises […]. Une seule donnée s’impose : une église est faite d’une nef et d’un chœur. »7 L’église du Sacré-Cœur, à Genève, le contredit toutefois puisqu’il n’y a pas à proprement parler de nef. Le chœur est situé au milieu de l’assemblée et il n’y a plus de différence de niveau.

1 DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002, p. 15.
2 Ibid, p. 33.
3 Ibid, p. 165.
4 Ibid, p. 119.
5 LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007, p. 124.
6 Cité par LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, p. 62.
7 Ibid, p. 118.

Genève, un condensé d’évolution

Les fouilles archéologiques de la cathédrale Saint-Pierre de Genève sont d’une rare richesse. Elles illustrent des siècles d’évolutions architecturales. 

Une première cathédrale est construite vers 350-375.

Un deuxième édifice est ensuite ajouté à la fin du IVe siècle. La fonction précise des cathédrales doubles ne fait pas consensus. Certains avancent que la cathédrale nord pouvait servir aux célébrations alors que l’autre aurait plutôt servi à l’enseignement de ceux qui demandent le baptême. 

Une troisième cathédrale est construite vers le VIe siècle et les deux premières ne sont plus utilisées. 

Au tournant du IXe et du Xe siècle, la façade de la cathédrale principale est déplacée à l’ouest et le chœur est déplacé à l’est. C’est à cette période que les prêtres commencent à célébrer dos au peuple (ils continuent ainsi à célébrer face à l’est).

A la période romane, la multiplicité de bâtiments fait place à une unique cathédrale.

Fin XIIe, début XIIIe, Genève connaît une période de prospérité. Une cathédrale gothique est construite à partir des fondations antérieures. Fait rare, le chantier ne commence pas avec le chœur à l’est, mais avec la façade, à l’ouest.

La cathédrale devient protestante en 1536. Elle cesse alors d’être modifiée au gré des évolutions liturgiques et artistiques catholiques.

Les fouilles de la cathédrale de Genève.

Bibliographie

BONNET Charles, Genève aux premiers temps chrétiens, Fondation des Clés de Saint-Pierre, Genève 1986.

BUTTICAZ Simon, Comment l’Eglise est-elle née ? Labor et fides, Genève 2021.

DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002.

LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007.

Etre baptisé ou confirmé? C’est possible à tout âge!

Photo : Marion Perraudin

Il est possible d’être baptisé ou confirmé à tout âge. Pour les enfants en âge scolaire, les jeunes et les adultes, un chemin de préparation adapté à chacun est proposé, de novembre à Pâques en collaboration avec le Service diocésain du catéchuménat.

En bref… le catéchuménat, c’est le nom de ce temps de mûrissement et de réflexion qui précède le baptême. Durant ce temps, plusieurs rencontres et célébrations sont prévues, et notamment l’Appel décisif qui a lieu en présence de l’évêque et de toutes les personnes concernées durant le carême à la cathédrale de Sion. 

Les rencontres sont conçues pour être vécues avec tous les membres de la famille et avec d’autres familles.

Le baptême comme la confirmation sont donnés en vue d’une mission : à chacun et chacune de découvrir laquelle…

–> Obtenez des informations détaillées via le le lien ci-après: https://paroissemartigny.ch/home/vision-liturgie/bapteme-en-age-de-scolarite-8-15-ans/
ou auprès de Pascal Tornay, diacre au 078 709 07 41 – pascaltornay@netplus.ch

Nous restons à votre écoute…

Gagner ou perdre ensemble

Le jeu de société Koinobia, imaginé, développé et illustré par des frères de la Communauté de Taizé, vient de sortir. Stratégique, simple, voire même déroutant, ce jeu de plateau vous plongera dans la vie des communautés monastiques fondées au IVe siècle, en Egypte.

Par Myriam Bettens 
Photos : Communauté de Taizé

Suivant les intuitions du jeune Pacôme, quelques hommes et femmes décident d’habiter ensemble au bord du Nil. La petite communauté s’installe dans un village abandonné, qui, peu à peu, reprend vie. D’autres se mettent alors à faire la même chose. Nous sommes au IVe siècle, en Egypte. Les premières koinobia se forment : des communautés dans lesquelles les personnes ont tout quitté pour vivre l’Evangile ensemble. 

Joyeuse aventure ou désastre assuré ? C’est la question à laquelle se propose de répondre le jeu de société imaginé par des frères de Taizé en plongeant dans la vie des communautés monastiques fondées par Abba Pacôme, en Egypte. Le jeu s’inspire de la vie de ces communautés monastiques et contient de nombreux détails historiques connus sur les Koinobia – terme signifiant « lieux de vie commune » en grec ancien – ainsi que des éléments spécifiques à ce genre de vie : ce qu’est un Abba ou une Amma, la place de ses décisions, quelques règles communes, le conseil de communauté, etc. 

Koinobia est un jeu coopératif au cours duquel les joueurs gagnent ou perdent ensemble. Doté d’une mécanique assez simple, il n’en demeure pas moins stratégique, car plusieurs niveaux de difficulté sont possibles. Cela permet donc d’intégrer de jeunes joueurs, comme de plus expérimentés. De plus, le descriptif du jeu propose une règle de base, mais celle-ci peut être déclinée en dix autres variantes supplémentaires. Chacune d’elles correspondant à un des villages fondés du vivant de Pacôme. Ces règles alternatives sont autant de petits scénarios qui donnent une nouvelle dynamique au jeu. Plusieurs d’entre elles sont relatives à des questionnements qui ont occupé les communautés monastiques au cours du temps : la collégialité, l’alternance de mandat, l’invariabilité des structures, la consultation de tous les membres, etc.

Aucun prérequis n’est nécessaire pour entrer dans l’imaginaire du jeu. Chacun peut s’y essayer, même s’il n’a pas la moindre idée de ce qu’est la vie monastique, car l’observateur avisé décèlera dans ce jeu toutes les tensions propres à n’importe quelle vie communautaire. Entre le collectif et l’individu ; le souci de soi ou celui des autres ; la recherche du bien commun ; le partage des ressources ; la position de celui qui a des responsabilités : Koinobia sera donc particulièrement bien indiqué pour les personnes qui ont l’habitude de coopérer. Groupe d’amis ou de jeunes, collègues de travail, membre d’une même famille, colocataires… A vous de jouer !

Un jeu à emporter partout

Conçu pour être peu encombrant (15,7 x 12,5 x 7 cm), il se glisse facilement dans un sac. Les règles du jeu sont disponibles en neuf langues (français, anglais, allemand, espagnol, portugais, néerlandais, italien, polonais, catalan). Recommandé pour 3 à 6 joueurs, à partir de 8 ans. Les parties durent entre 20 et 40 minutes. Disponible sur le Taizé shop à l’adresse : https://shop.taize.fr/fr/ sous la rubrique « Autres », au prix de 28,50 €.

Pierres de l’édifice spirituel (1 Pierre 2, 4-10)

Par François-Xavier Amherdt
Photo : catt.ch / denis pellegrini

Il est heureux et normal que les formes architecturales évoluent au long des siècles, au gré des changements culturels et sociétaux. Mais ce qui compte avant tout, c’est que l’assemblée à chaque époque se sente à l’aise dans les édifices successifs et se trouve ainsi conduite à louer le Seigneur de tout son cœur. Quand le style du lieu est ancien, les fidèles se voient comme portés par la tradition de celles et ceux qui les ont précédés.

« Peuple rassemblé »

Le bâtiment de célébration est important pour la communauté ecclésiale, puisque le terme « Ekklesia – Eglise » signifie « peuple rassemblé » et appelé du milieu des hommes pour représenter la totalité des êtres devant Dieu. L’église accueille l’Eglise et permet à celle-ci de se constituer. 

La première épître de saint Pierre le bien nommé présente le Christ comme la pierre vivante, rejetée par les chefs du peuple et vouée à l’élimination, mais pourtant choisie par le Père et infiniment précieuse pour réaliser le dessein divin.

Ainsi donc, construire une église, c’est offrir aux baptisé(e)s la possibilité de se laisser bâtir en tant que pierres vivantes autour du Ressuscité, en vue d’un édifice spirituel que la lettre appelle « sacerdoce royal, nation sainte, peuple acquis arraché aux ténèbres afin de proclamer les louanges du Créateur et du Rédempteur dans la lumière de sa miséricorde ».

Ouverture à la Transendance

Que le genre humain déploie donc toute sa créativité artistique, son inventivité esthétique et son savoir-faire technique afin que les lieux liturgiques soient caractérisés par la beauté ouverte à la Transcendance et reflètent les traits culturels ambiants les plus appropriés ! Rien n’est trop somptueux pour essayer de dire Dieu et de saisir sa présence.

Comme la musique, la peinture ou la sculpture, l’architecture change avec le temps parce que la spiritualité chrétienne s’incarne dans la manière dont les époques saisissent leur rapport avec l’indicible et l’insaisissable.

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