Plus vite, plus haut, plus fort… vraiment ?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Par Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF
Photo : DR

Ecrire une « carte blanche » au cœur de l’été (délais éditoriaux obligent) est un exercice quelque peu ardu. La liesse olympique a convoqué le souvenir de saint Paul, champion de la métaphore sportive : effort, ténacité, endurance… en vue d’« une couronne qui ne se fane pas ». (1 Co 9, 25)

En ce 13 août, l’évangile (Mt 18, 1-5.10.12-14) s’invite comme partenaire de réflexion. La question que les disciples y posent est olympique : qui est le plus grand dans le royaume des Cieux ? Jésus répond en mettant au centre celui qui n’a aucune chance de médaille : un « petit enfant ». Il ajoute qu’il faut se garder d’en mépriser un seul, de ces petits, car leurs anges voient sans cesse la face de Dieu. Une injonction morale ? Ou une manière d’être au monde pour que nous puissions en saisir la logique ? Marcel Aymé disait : « Le mépris me fait l’effet d’un bandeau qu’on s’applique sur la conscience pour se dispenser de comprendre. »1

Jésus mettant « un enfant au milieu d’un groupe de « grands » »2 propose une image saisissante de la catéchèse (qui, faut-il le rappeler ? concerne aussi bien les adultes que les enfants) : le petit n’a pas à devenir grand, il est pour le grand le modèle à suivre. Notre Dieu est vraiment celui qui « renverse les puissants de leur trône et élève les humbles » ! (Lc 1, 52)

Le Christ nous révèle, en écho à David et d’autres personnages de l’Ancien Testament, que les grandeurs humaines sont à la merci du petit qui marche avec Dieu. La performance, la puissance, le pouvoir… nous fascinent ? Nous y mettons nos espoirs ? « Un enfant au milieu d’un groupe de « grands » » nous rappelle qu’avec Jésus « un nouveau régime » du « messianisme » […] remet en cause les habitudes, les pouvoirs établis ; il cherche de nouvelles manières de vivre ensemble et fait advenir des partenaires improbables. Il n’est pas d’abord un programme, mais s’apparente peut-être au jeu. Il réclame un certain esprit d’enfance et se pense d’abord « sans concept ». » Une bien belle définition de la catéchèse, en somme…

1 Marcel AYMÉ, Les tiroirs de l’inconnu (Folio, 1960, p. 166).
2 Philippe LEFEBVRE, David et Goliath entre Bible et Iliade. Comment passer à un monde nouveau.In « Ecritures », Bulletin de l’Association Biblique Catholique Suisse Romande, n° 2/2024, p. 33. L’auteur relit dans ce passage d’évangile une scène biblique inaugurale : « David, appelé « le petit »(1 S16, 11), reçoit l’onction « au milieu de ses frères » (1 S16, 13). »

Une nouvelle médaillée en la Patronale de Choëx le dimanche 13 octobre

Comme il est de tradition, lors de la Patronale, la paroisse de Choëx remettra à Solange Lugon-Moulin la médaille « Saint Théodule ». Celle-ci honore les choristes qui ont exercé 25 ans d’activité. « Un bail » comme le dit la principale intéressée. Rencontre avec Solange, choriste et coprésidente de l’Echo du Coteau.

Texte et photo par Sandrine Mayoraz

La musique, elle en écoute, petite, chez ses parents à Orsières. Du folklorique à la radio ou sur les disques. Pas de solfège, ni de musique, c’est bien plus tard, qu’elle rencontrera l’art choral ! D’Orsières, elle a suivi la Dranse jusqu’à Martigny ; à l’école, elle intègre pour deux ans le chœur des jeunes. C’est sa première expérience de chorale.

Par Amour, elle descend encore le Rhône jusqu’à Monthey. Elle s’y marie avec Roger ; ensemble ils montent vivre sur le Coteau et ensemble ils rejoignent les rangs de l’Echo du Coteau. Elle s’en souvient : « C’était la Toussaint 1999, une chorale ad hoc était mise sur pied pour la cérémonie au cimetière de la Bercla. C’est là qu’on m’a dit de venir chanter à l’Echo du Coteau. » En 2002, elle s’investit dans le comité, puis devient coprésidente avec Guy Perrin, après le mandat de Sonia Matti. 

Des cellules qui dansent !

Depuis 1999, chaque semaine, Solange prend le chemin de la répétition pour rejoindre les soprani. Elle apprécie les chants profanes, tant la variété française qu’anglo-saxonne, et le répertoire religieux lors des messes. Oh bien sûr, comme tout le monde, certains soirs d’hiver, ça lui coûte de sortir au froid, mais une fois la porte de la salle de répétition poussée, « toutes les cellules du corps dansent de joie ! ». Cette émotion, elle aime la partager au public et aux assemblées qui les écoutent lors de messes ou de concerts.

L’une des expériences les plus marquantes reste l’atelier « classique » de la Fête de chant à Brigue qui lui a permis d’être initiée à un répertoire inhabituel, exigeant, inattendu aussi… C’était un challenge de chanter ces pièces célèbres. Un investissement supplémentaire lors cette saison mais qui en vaut la chandelle : la représentation avec les quelque 200 chanteurs est un souvenir poignant. La vibration humaine est incomparable ; cette émotion, aucun micro ne peut la donner.

25 ans, un bail : quelques changements

Ce qui change en 25 ans ? « Les costumes » répond-elle du tac au tac. Elle ne regrette pas la jupe gris souris assortie de son chemisier rose saumon. La présidente est satisfaite de leur tenue actuelle, pratique et simple. Les directeurs aussi ont changé, cinq se sont succédé, chacun apportant ses compétences techniques et artistiques pour faire progresser les choristes. Sa passion de la musique, Solange l’a transmise à ses enfants, tous trois sont engagés dans des fanfares.

La saison musicale reprend, avec la chorale de Monthey ; les deux sociétés se sont rapprochées pour s’enrichir mutuellement. Musique d’avenir !

Jeux, jeunes et humour – octobre 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi appeler l’Esprit lors de la consécration ?*
C’est une invocation nommée épiclèse. Dans la liturgie eucharistique, il y en a deux. La première est l’appel de l’Esprit sur le pain et le vin pour qu’ils deviennent Corps et Sang du Christ ; la deuxième est l’appel de l’Esprit sur la communauté afin qu’elle soit sanctifiée par la communion au Corps et au Sang du Christ.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Deux fiancés se présentent chez M. le Curé pour se préparer au mariage. Il leur demande s’ils ont apporté tous les papiers requis : certificat de baptême et de confirmation. « Oui, les voilà », répondent les fiancés. Le curé leur pose une première question : « Avez-vous la foi ? » La fiancée regarde dans le dossier qui contient tous les documents puis regarde son amoureux et lui lance d’un air navré : « Je t’avais bien dit qu’on oublierait quelque chose ! »

Par Calixte Dubosson

Monthey: une nouvelle crypte plain-pied pour tous !

Chapelle du Pont.

Par l’abbé Jérôme Hauswirth, curé de Monthey
Photos : J.-M. Moix

Face au manque objectif de salles funéraires sur le secteur de Monthey et après une interpellation politique officielle sur les Communes de Monthey et Collombey-Muraz en 2022, il a été décidé d’augmenter la capacité des salles funéraires de Monthey. En effet, il n’est plus possible de continuer avec seulement deux emplacements pour une ville de 20’000 habitants !

Dès lors, dans un premier temps, il a été décidé de réaffecter la très belle et très solennelle Chapelle du Pont comme chapelle funéraire. Cela ne coûte rien et surtout cela ajoute une place ! L’usage récent a montré l’excellence de ce choix pragmatique.

Ensuite la Paroisse de Monthey s’est manifestée comme partenaire du nouveau projet en mettant à disposition le rez-de-chaussée de la cure de Monthey, où se trouve actuellement les deux cryptes. L’idée était de repenser les volumes et l’entier de l’espace suite à la motion politique. Après une étude très professionnelle, un devis de 3,5 millions a été présenté… puis rejeté ! 

La Commune a alors décidé de financer la Paroisse à hauteur de Fr. 300’000.–, montant forfaitaire pour une nouvelle salle à la cure et le rafraîchissement des deux anciennes. Pour la Paroisse, il s’agit donc d’un projet quasiment subventionné à 100 %. 

Après réflexions, nous avons décidé : 
• de faire une nouvelle crypte dans l’ancienne buanderie de la cure (salle actuellement utilisée) ; 
• de faire un accès plain-pied, par l’extérieur du côté de l’Avenue de France, pour les personnes à mobilité réduite ;
• d’orner les trois salles par de belles pièces d’étoffe (rideaux en velours violet, voilage en soie, etc.) ;
• de changer les fenêtres vétustes par des fenêtres modernes (isolation thermique et phonique). 

Le Canton, par son Service du Patrimoine en la personne d’Eric Bonnerfält, collabore activement avec la Paroisse et nous avons avec eux finalisé un projet respectueux et des besoins actuels et de l’histoire du bâtiment. 

Voilà. Nous essayons de faire au mieux, pour le bien de tous. En effet, ces salles funéraires ne sont pas réservées aux seuls catholiques, mais sont au service de toute famille endeuillée 😊.

Cure de Monthey.

Ouvrir des chemins ensemble

Depuis l’automne 2022, le Jura pastoral a changé de modèle de gouvernance en nommant à sa tête une théologienne et un diacre. Après presque deux ans en tant que représentants de l’évêque, retour d’impressions avec Marie-Andrée Beuret et Didier Berret.

Par Myriam Bettens
Photos : Jura Pastoral (pôle communication)

Quel bilan pouvez-vous dresser après deux ans d’exercice ?
Marie-Andrée Beuret : Question un peu abrupte… La phase de transition qui se passe au niveau de la société dans laquelle on se trouve se manifeste aussi dans l’Eglise. Je ressens très fort cet état instable qui se manifeste partout. Il y a beaucoup de choses pour lesquelles nous sommes directement interpelés, mais nous devons les penser ensemble. Certains espéreraient presque que nous décidions à leur place. Or, ce n’est sain(t), ni avec N ni avec T ! Il y a une grosse question en lien avec les responsabilités et la manière de les porter ensemble. Chacun est responsable pour soi en tant qu’individu, mais nous avons des responsabilités communes et il n’est pas possible de repasser aux autres cette part-là. D’où le défi de rechercher des chemins ensemble.
Didier Berret : Partager cette responsabilité est bon et même nécessaire pour ne pas porter les choses seul. Pouvoir partager avec quelqu’un qui a un autre point de vue pour prendre les décisions est essentiel, à la fois pour les raisons qu’elle vient d’évoquer, et aussi parce que s’il faut dessiner des lignes directrices pour l’avenir d’une Eglise, personne ne sait exactement où l’on va. J’ai appris à donner aux évènements l’importance qu’ils ont et à ne pas se laisser submerger par des choses qui ne nous concernent pas directement. Finalement, il importe de se redire que Jésus ce n’est pas nous (rires).

Quel a été l’écho de la base concernant ce nouveau modèle de gouvernance ?
D. B. : Certains sont perturbés par le fait que cela ne soit plus un prêtre. Majoritairement, les échos sont positifs. Beaucoup de personnes me disent : « enfin ! »
M.-A. B. : Je partage aussi cette impression. A l’usage, il pourrait être intéressant d’imaginer une équipe pastorale pour un vicariat ou une région diocésaine.

Exporter le « label » de théologien en pastorale 1 ailleurs en Romandie permettrait-il de nommer plus de laïcs et de femmes à des postes à responsabilités ?
M.-A. B. : Il est important d’avoir des équipes diversifiées, quel que soit le modèle, avec une complémentarité de personnes, de ministères et de formations. Par contre, le danger serait de s’ouvrir aux laïques et aux femmes seulement parce qu’il n’y a plus de prêtres, de se servir des théologiens en pastorale comme des bouche-trous. De plus, si l’on reste dans le modèle actuel, on court le risque de maintenir les communautés dans un système de service où les baptisés se retirent au profit des professionnels. Et à partir du moment où l’on a uniquement des professionnels face à la communauté des baptisés, qui n’est pas « professionnelle », il se forme une espèce de limite. Le risque serait de simplement remplacer le prêtre qui était mis sur un piédestal par une autre figure. Le problème n’est pas celui de la personne qu’on y met, mais bien le piédestal !

1 Un « label » d’appellation d’origine pastorale (AOP) pour le Jura. Début août 2020, le Jura pastoral (partie francophone du diocèse de Bâle) a institué le titre de « théologien en pastorale » pour ses agents pastoraux dotés d’un diplôme universitaire en théologie. Fruit d’une longue réflexion diocésaine, ce changement permet de reconnaitre le statut et le travail des agents pastoraux que le terme « assistant » rendait parfois ambigu.

Bio express

Marie-Andrée Beuret

Marie-Andrée Beuret est une théologienne en pastorale, née en 1972. Elle a achevé une formation en théologie à Fribourg et à Lucerne (1999-2004) et un doctorat à Lucerne (2007). Elle a été instituée au service permanent du diocèse de Bâle en juin 2009. Elle est aussi membre de l’équipe de l’espace pastoral Ajoie-Clos du Doubs.

Didier Berret

Didier Berret est né le 9 mars 1966. Marié et père de cinq enfants, il a mené des études en théologie à Fribourg et à Jérusalem (Dormition) de 1985 à 1990, puis institué assistant pastoral en juin 1991. Ordonné diacre en juillet 2000, il a été responsable de communauté durant dix ans pour l’Unité pastorale des Franches-Montagnes (Saignelégier).

Les deux Jurassiens ont été installés comme délégués épiscopaux de l’évêque de Bâle, Mgr Felix Gmür, pour le Jura pastoral, le 1er septembre 2022, lors d’une célébration eucharistique à l’église Saint-Marcel de Delémont.

Interview avec le nouveau vicaire du secteur de Monthey: l’abbé Martin Filipponi

Texte et photo par l’abbé Martin Filipponi (Questions posées par l’abbé J.-M. Moix)

Cher monsieur l’abbé, pouvez-vous commencer par vous présenter en quelques mots ?
Avec plaisir. Je m’appelle Martin Filipponi et j’ai 45 ans. J’ai grandi à Gampel, dans le Haut-Valais. Après l’école obligatoire et l’école de commerce, j’ai suivi une formation d’infirmier et j’ai travaillé dans un service médical de l’hôpital de Brigue, où l’on s’occupait de patients en soins palliatifs et en oncologie. Après avoir longuement réfléchi et prié, je me suis mis en route pour devenir prêtre. Les études de base ont eu lieu au Séminaire de Coire ainsi qu’à l’abbaye cistercienne de Heiligenkreuz en Autriche. 

Quand avez-vous été ordonné prêtre ?
C’était un samedi, le 13 mai 2017, il y a donc sept ans, le jour même du centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima, j’ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Coire avec deux autres confrères. J’ai ensuite travaillé comme vicaire à Davos, puis j’ai pu obtenir une licence canonique en spiritualité chrétienne à Heiligenkreuz près de Vienne et servir comme « Père spirituel » au séminaire de Heiligenkreuz. Ce fut une période riche en enseignements et une expérience positive.

Puis vous avez souhaité revenir dans votre Valais natal pour exercer votre ministère sacerdotal. Suite aux contacts que vous avez noués avec le diocèse de Sion, on vous a demandé de venir à Monthey. Vous venez d’y terminer une année de stage. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre année de stage 2023-2024 ? 
Au début, c’était déjà un défi, car il fallait apprivoiser une culture différente et se perfectionner en langue française. Petit à petit, les choses ont avancé. Je me suis senti à l’aise dans la communauté du monastère, avec trois sœurs et trois confrères prêtres. Sous la direction du curé Jérôme Hauswirth, j’ai été progressivement initié au ministère pastoral, en dispensant ainsi les sacrements en français, en étant présent pour les gens ou encore en visitant les personnes âgées ou malades. Et puis, lors de soirées de louange avec les jeunes, j’ai pu faire quelques catéchèses.

Avez-vous des projets pastoraux que vous aimeriez lancer ou développer à l’avenir ? 
Il s’agit d’abord de grandir dans mon ministère de prêtre, de vicaire, de connaître toujours mieux les gens et d’observer le quotidien des paroissiens. En principe, on dit qu’il faut bien répartir son temps : avoir du temps avec Dieu et du temps pour les gens, en unissant la prière à l’activité pastorale. La tâche du prêtre est de (re)lier les hommes à Dieu : créer des lieux et des possibilités pour que l’homme puisse faire l’expérience de Dieu. Pour cela, il existe de nombreux moyens. Aussi, je demande au Seigneur qu’il me montre les méthodes et les chemins appropriés pour transmettre la beauté de la foi.

Vous venez donc d’être nommé vicaire pour les paroisses du secteur de Monthey,  en étant spécialement le prêtre référent pour la paroisse de Choëx. Avez-vous encore un commentaire, un souhait ou une prière ?
Oui. Je souhaite aux paroissiens du secteur de Monthey et spécialement aux « Choëlands » beaucoup de joie, avant tout, la paix dans les familles et dans nos propres cœurs, pour qu’ensemble, avec l’aide de Dieu et en tenant la main de Marie, nous puissions traverser la vie dans la joie et la confiance.

Contact du vicaire Martin Filipponi

Mail : filipponimartin@gmail.com
Téléphone : 024 471 22 31

Mise au tombeau, Cathédrale Saint-Nicolas, Fribourg

Cette mise au tombeau est composée de 13 statues à taille humaine. Elle est attribuée à Maître Mossu.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Les 100 ans de l’élévation de la collégiale de Fribourg au rang de cathédrale sont une excellente occasion de (re)découvrir les œuvres qu’elle accueille. Parmi celles-ci se trouve une rare mise au tombeau, composée de 13 statues à taille humaine, attribuée à Maître Mossu.

Le thème est populaire dès le XVe siècle, en particulier en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en France. Il s’agit ici d’une des premières réalisations (~1430).

Jésus est déposé sur la pierre du tombeau par Nicodème (à gauche) et Joseph d’Arimathie (à droite). L’Evangile (Jn 19, 38-42) raconte que c’est Joseph qui a demandé le corps à Pilate et que Nicodème a apporté les onguents nécessaires aux rites. Tous deux sont des notables juifs, devenus disciples en secret.

A l’arrière-plan, nous reconnaissons la Vierge Marie, Mater dolorosa, mère de douleur. Pliée en deux, les bras tombant vers le sol, elle est soutenue par Jean, identifiable à ses traits juvéniles et son absence de barbe.

Deux femmes les encadrent, probablement celles mentionnées par les évangélistes au pied de la croix.

Deux anges portent les instruments de la Passion. Celui à notre gauche tient la colonne et les fouets, celui à notre droite présente la croix et les clous (Jn 19). La femme qui est à côté de ce dernier est Marie Madeleine. Comme souvent, elle est représentée non voilée, avec une belle chevelure. Elle a entre les mains un flacon, peut-être celui du parfum qu’elle avait versé sur les pieds du Christ (Lc 7, 36-50).

La douleur des traits des personnages est particulièrement marquée, même pour les anges. Les mouvements des mains et l’inclinaison des têtes accentuent les émotions. Tous sont richement vêtus selon les codes du XVe siècle. 

Au premier plan, les soldats chargés de veiller sur le tombeau pour que personne ne puisse voler le corps (Mt 27, 62-66) sont endormis. Certaines photos plus anciennes les placent à l’entrée de la chapelle, comme pour garder son entrée.

Le thème des vitraux de Manessier (1974) est la nuit du Vendredi saint. Le choix des couleurs peut surprendre, mais il nous entraîne dans les profondeurs de cette nuit si particulière.

Une odeur de menthes

Chandolin, Edmond Bille, 1901. Peint ici par le beau-père de Chappaz, le village de Chandolin, en particulier le chalet des Bille, fut un des asiles du poète.

Les Maquereaux des cimes blanches (1976). S’il est un titre de Chappaz qui retient l’attention, c’est bien celui-ci. Il faut cependant veiller à ne pas faire trop vite du poète valaisan un écrivain engagé. Sa dénonciation se situe toujours déjà au-delà de l’action politique, faisant signe vers un autre monde : « Le royaume ! percevez le royaume ! »

Par Benjamin Mercerat | Photo : Association Edmond Bille

Qu’est-ce que les écologistes actuels pourraient trouver dans l’œuvre de Chappaz qui les satisfasse ? Au final, peu de choses. Car la défense de la nature relève chez cet auteur d’une préservation plus générale de la tradition et de l’être humain dans son ensemble, comme il s’en explique bien dans La Haine du passé, texte introductif de 1984 publié à l’occasion d’une réédition des Maquereaux des cimes blanches. S’il y a une écologie dans la pensée de Chappaz, c’est une écologie intégrale, qui accorde autant d’importance à la préservation de la liturgie et de toute vie humaine (de la fécondation à l’ultime souffle) qu’à celle de la nature.

Les étudiants du Collège de l’Abbaye de Saint-Maurice qui inscrivirent sur la falaise un magnifique « Vive Chappaz ! » à la suite des attaques en réaction à l’ouvrage publiées par « Le Nouvelliste » avaient-ils lu le texte ? ou ne faisaient-ils que réagir, courageusement, à un lynchage ? Ce qui est certain, c’est que l’auteur nous incite
à lire son texte avant tout comme un poème, plus que comme une intervention politique. 

– Vive la révolution ! – Ah ! non, je refuse de tourner en rond. – Alors ? – La catastrophe naturelle. » Nulle solution n’est envisagée à ce problème qui dépasse l’action humaine. Le terme « révolution » est désamorcé par la coloration que lui donne son sens étymologique, celui définissant le mouvement des astres. Cette catastrophe attendue comme seule possibilité de prise de conscience, le narrateur la nomme également une « catastrophe-renaissance ». La question n’est pas de savoir comment agir politiquement, mais comment se préserver et comment préparer les consciences à renaître.

Il s’agit pour le poète, perdu dans ce Valais de bois de son enfance devenu un Luna Park touristique, de vivre dans un asile. Asile bien concret qu’il trouve dans ses demeures, celles du Châble et des Vernys ; asile symbolique de la poésie. Un des premiers textes de l’œuvre, qui dit tout de cette situation, est intitulé « L’extrême-onction avant l’orage – Ecrit dans un asile ». Cette splendide prose commence par une phrase interrogeant le statut du poète : « Croyez-vous que je puisse lancer une malédiction à partir d’une odeur de menthes ? » La grâce d’un parfum, la gratuité de la nature préservée, voilà ce au nom de quoi l’on devrait maudire la modernité ; et le poète d’enfoncer le clou quelques paragraphes plus loin : « Une grive pour moi vaut dix mille chômeurs » ; « Je préfère une anémone à un pont sur le Rhône ».

Mais, à la différence de l’assurance qui caractérise les discours politiques, le poète reste pétri par l’incertitude, n’exprimant au fond que l’espoir d’une réconciliation générale : « L’asile est-il sûr ? Je frotte une touffe de menthes sur le museau des foules. De saveur en saveur nous irons vers le royaume. »

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Les Maquereaux des cimes blanches, précédé de La Haine du passé, éditions ZOE, Genève, 1984.

Avec chœur et humour

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Caude Gadmer

Pour qui se contente d’en rester aux apparences, son franc-parler peut surprendre. Exemple :  « Puisse le Christ illuminer les cœurs, pour que l’Evangile écrase toutes les idéologies, et en premier lieu celles qui prétendent le servir, alors qu’elles ne font en réalité que s’en servir », lance Frédéric Monnin, avant de briser la carapace et, par un rire sonore, montrer qu’il est surtout doté d’un sens de l’humour décapant.

Au sein de la paroisse Saint-Paul à Cologny, le Jurassien d’origine coiffe de multiples casquettes. La première consiste à faire en sorte que les prêtres et les Conseils puissent s’appuyer sur un secrétariat performant. « La cure est en quelque sorte aussi une maison de famille, un lieu de rencontre et parfois un numéro d’urgence. Il n’est pas rare que nos voix soient les premières à répondre à des personnes en manque d’écoute. »

Dans un tout autre registre, Frédéric Monnin est aussi directeur de la chorale paroissiale. « C’est pour cette fonction que le regretté frère Jean-Daniel m’avait engagé en septembre 2003. » Et d’avouer : « J’ai eu deux périodes dans ma vie de chef de chœur. D’abord celle d’un jeune pro voulant montrer ce qu’il sait. Puis j’ai retenu les leçons de mon vieux maître. Si je hausse parfois encore le ton, je préfère de loin user de méthodes plus douces. » Avec une préférence pour l’humour et la métaphore, mais toujours avec le souci de la fonction que doit remplir la musique dans le cadre liturgique. « Il m’arrive encore de m’emporter, non pas à l’encontre de mes choristes, mais contre ceux qui – je n’ai pas peur du terme – font œuvre de sabotage. Heureusement, ce n’est pas le cas à Saint-Paul. »

Quand on lui demande de décrire son cadre de travail, Frédéric se fait presque lyrique : « La paroisse vit au rythme de la communauté des Prêcheurs. Je suis très heureux de pouvoir travailler dans les vignes du Seigneur avec les frères du couvent dominicain. Chacun et chacune est conscient de travailler pour une cause plus grande : l’Evangile. »

Evoluant, comme il le dit, au milieu des périphéries d’un Genève laïque, le « Kappelmeister » lève un sourcil : « Le Christ nous dit : vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde. Lorsqu’on garde cela à l’esprit, on vit beaucoup mieux certains côtés pénibles du laïcisme, devenu religion d’Etat dans notre canton. »

Frédéric Monnin
• Né le 14 janvier 1974 à Bure (JU).
• Maturité littéraire à Porrentruy en 1992.
• Etudes en Sciences politiques et Lettres à Genève.
• Etudes musicales à l’Ecole jurassienne et Conservatoire de musique de Delémont (piano et orgue) de 1980 à 1992.
• Conservatoire de musique de Genève : diplôme de direction chorale en 2003.
• Depuis 2003, secrétaire et Maître de Chapelle à Saint-Paul (à Cologny).

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

150 ans de notre église

Le 6 octobre prochain, la paroisse de Collombey sera en fête pour le triple jubilé de son église.

Par Valentin Roduit

Jeune de 150 ans, l’église résonnera d’un concert d’orgue et les particularités architecturales que sont ses vitraux et son clocher seront mises en évidence.

Les murs chanteront en réponse au chœur mixte et joueront de la musique en écho à la fanfare.

Fêter le jubilé d’une église, c’est l’occasion de se réjouir avec tous ceux qui y ont vécu de beaux moments. Les anciens desservants de Collombey seront bien représentés, ainsi que tous ceux qui ont été baptisés ou mariés.

« Au moment où l’on ferme des églises dans quelques contrées de la Suisse et où certains esprits voudraient les voir toutes disparaître, ne comprenant pas qu’elles sont l’école des peuples dans lesquelles ils viennent apprendre à tenir une conduite morale et honorable, on ne doit pas laisser passer sous silence les sacrifices que vient de s’imposer la petite paroisse de Collombey pour construire sa nouvelle église » écrivait la Gazette du Valais le 15 novembre 1874. « C’est un monument qui fait honneur à son architecte, à la piété et au bon goût des habitants de cette paroisse, au dévouement et à l’intelligence des magistrats qui ont coopéré à cette belle œuvre… »

Soyons-en fiers et venons fêter ensemble ce triple jubilé !

Les réseaux de neurones

Par Pierre Guillemin | Photo : Pixabay

Les réseaux de neurones sont une des techniques d’Intelligence Artificielle. Leur conception et fonctionnement répondent aux tentatives de simulation du fonctionnement du cerveau humain.

Contrairement aux idées communément admises, les principes de l’intelligence artificielle sont anciens : c’est en 1943 que Mc Culloch (neurophysiologiste) et Pitts (logicien) ont proposé les premières notions de neurone formel. Ce concept fut ensuite mis en réseau avec une couche d’entrée et une de sortie par Franck Rosenblatt en 1959 pour simuler le fonctionnement rétinien et dans le but de reconnaître des formes. C’est l’origine du « perceptron » qui se veut la traduction mathématique d’un neurone artificiel ; le réseau de neurones est constitué d’un assemblage de perceptrons. Il effectue des calculs pour détecter des caractéristiques ou des tendances dans les données d’entrée. Le perceptron reçoit ainsi de multiples signaux d’entrée : si la somme des signaux excède un certain seuil, un signal est produit ou au contraire aucun résultat n’est émis. C’est ce principe qui permet de « décider », voire de « prédire ». 

Ces dernières années, la puissance des ordinateurs a permis aux réseaux de neurones de se développer extrêmement rapidement leur assurant une couverture médiatique très importante. Les succès obtenus par ces réseaux en matière de reconnaissance d’images (médecine, satellites), de reconnaissance faciale, en traitement du signal (ondes sonores, électromagnétiques), en traitement du langage naturel, en jeux de société (go, échecs) ont suscité un engouement incroyable et des interrogations légitimes.

Le succès technique d’un réseau de neurones réside dans la phase « d’apprentissage » qui va conditionner son succès final pour les tâches qu’il est censé traiter. La phase d’apprentissage consiste à injecter au réseau des données connues engendrant des réponses par le réseau qui seront comparées aux réponses souhaitées (connues). C’est donc un processus itératif qui, petit à petit, va affiner les réponses du système. 

Pour nous, humains, c’est un défi dans la mesure où (pas encore heureusement !) la machine devient, sur certaines tâches, plus experte que nous. Mais il manque encore à ces systèmes d’intelligence artificielle cette notion d’imagination, d’invention qui nous est propre.

Marie et le Rosaire

Notre Dame du Rosaire.

Le mois d’octobre est appelé aussi « Mois du Rosaire », depuis que le pape Léon XIII, à la fin du XIXe siècle, a voulu encourager cette dévotion mariale par plusieurs écrits ou lettres. Alors, avec l’abbé Martin Filipponi, nous voulons nous interroger : quels sont les bienfaits qui découlent de la méditation des différents mystères du chapelet, de l’invocation confiante de Marie, de la récitation humble et répétitive des « Je vous salue Marie » ?

Par l’abbé Martin Filipponi | Photos : DR

Marie nous conduit à Jésus

En écrivant ce texte, ces mots de saint Bernard me sont revenus à l’esprit : « De Marie jamais assez ! » (De Maria nunquam satis) Nous ne parlerons jamais assez de Marie, car c’est elle qui nous conduit à Jésus. Si nous apprenons à la connaître et à l’aimer, elle ne manquera pas de nous présenter  à son Fils, le Sauveur du monde, Jésus-Christ. Si nous tenons la main de Marie, nous sommes assurés qu’un jour nous atteindrons notre but : le ciel !

Tenons la main de Marie ! 

L’une des caractéristiques de la dévotion mariale, est que là où Marie est priée et vénérée, un printemps spirituel, un véritable élan de foi, une espérance surnaturelle, un amour fervent de Dieu et une joie profonde se répandent. Malgré tout, Marie ne nous épargne pas la croix que chacun d’entre nous porte dans sa vie. Mais les fidèles font l’expérience « en tenant la main » de Marie, d’une confiance intérieure, d’une allégresse, d’une sérénité paisible dans la confiance en la présence guérissante de Dieu. C’est cette atmosphère spirituelle qui émane des lieux de culte marial (Lourdes, Fatima, Guadalupe et bien d’autres) que nous sommes amenés à expérimenter également chez nous, en Suisse, en Valais, à Monthey et dans nos familles. Un des moyens pour y parvenir est la prière du Rosaire.

Avec Marie, méditons la vie de Jésus ! 

Le mois d’octobre est le mois du Rosaire. Et le 7 octobre, nous célébrons justement Notre Dame  du Rosaire. Avec la prière du Rosaire, nous contemplons la vie de Jésus. L’Eglise propose à notre méditation quatre chapelets ou quatre Mystères du Rosaire : avec les mystères joyeux, nous contemplons l’Incarnation de Jésus. Avec les mystères lumineux nous méditons sur la vie et l’œuvre publiques de Jésus. Avec les mystères douloureux c’est la passion et la mort du Seigneur qui sont mis en lumière. Et avec les mystères  glorieux, nous nous remémorons la résurrection du Seigneur. On peut dire que le chapelet est une prière méditative et biblique. C’est une succession de « Notre Père » et de « Je vous salue Marie ». Le chapelet est composé de 50 « Je vous salue Marie » et est divisé en cinq dizaines.

Que disons-nous lorsque nous récitons un « Je vous salue Marie » ? 

Il est intéressant de noter que les paroles du « Je vous salue Marie » proviennent de Dieu lui-même, par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. C’est lui qui salue Marie : « Je te salue, Comblée-de-grâce, … » (Lc 1, 29) Il est suivi d’une deuxième parole biblique, prononcée par Elisabeth, remplie de l’Esprit Saint : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est beni. » (Lc 1, 42) Elle est suivie de notre prière à Marie : « Sainte Marie, priez pour nous, pécheurs. » De cette manière, nous demandons à la Mère de Dieu de nous aider, de nous soutenir et de prier pour nous.

Le Rosaire ne peut pas être argumenté théologiquement. Il a plutôt une efficacité propre dans la pratique, qu’il s’agit d’expérimenter. Grâce au Rosaire, nous recevons de l’aide, grâce à lui, il y a beaucoup d’exaucements de prières, on se sent bien en le faisant et on fait l’expérience de la proximité de Dieu. Je souhaite à chacun de nous de faire cette expérience de la proximité de Dieu. 

Le chapelet et la Bible.

 

La médaille de l’ange gardien

L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Cap ce mois-ci sur la médaille de l’ange gardien. Chaque personne, croyante ou non, a un ange gardien. La médaille représente cet ange qui nous a été assigné de manière personnelle par Dieu pour nous protéger.

Par Pascal Ortelli
Photo: DR

Prière à mon ange gardien de saint Charles de Foucauld

« Mon bon ange, compagnon, maître, gouverneur, seigneur, roi, prince chéri et bienfaisant, toi qui veilles sur moi avec tant de bonté, toi en qui j’ai tant de confiance et je n’en aurai jamais assez, toi qui me soutiens en tous les instants de la vie… Prie pour moi. »

Théocamp: une 4e édition au monastère

Excursion à Orsières, sur les pas du Bienheureux Maurice Tornay.

Cela devient une tradition. La dernière semaine de vacances d’été, le Théocamp réunit des enfants et adolescents de nos paroisses du Chablais. Ils étaient 22 – un record – cette année à se retrouver au monastère des Bernardines pour partager amitié et foi. La parole à Aelya Witz et Kayla Ribeiro.

Par Aelya Witz et Kayla Ribeiro | Photos : DR

Je m’appelle Aelya, et je viens pour la seconde fois. Le Théocamp me permet de me sentir plus proche de Dieu et de renforcer ma foi. Ensuite, je reviens aussi pour retrouver mes amies du camp. J’ai invité Kayla à venir avec moi.

Quand Aelya m’a invitée, je me suis dit que découvrir une autre religion que la mienne – je suis protestante – serait intéressant et cela a été le cas ; en plus je me suis fait de nouveaux amis. 

Grâce au Théocamp, nous nous sommes sentis connectés avec Dieu, nous avons pu approfondir notre foi. Pendant ces quatre jours, nous avons fait beaucoup d’activités comme du tir à l’arc, des jeux en rapport avec la foi, de la marche, une bataille d’eau et des moments de prière. La nourriture préparée par le Curé Jérôme et sœur Marie-Paule était délicieuse.

Ce camp est bien organisé, les tâches sont bien réparties. Les animateurs sont toujours à l’écoute et sont très gentils.

Comme d’habitude, il y a la soirée « Incroyable talent », un véritable classique. 

Tout ça pour vous dire que c’est un camp de religion mais on fait quand même plein d’autres choses et Dieu est toujours présent !

En librairie – octobre 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Dieu a tant aimé le monde
Jean-Marc Aveline

Ces pages expriment l’intime conviction que voici : aux prises avec les bouleversements de notre époque, rongée de l’intérieur par de multiples crises qui l’obligent à un redoutable, mais salutaire travail de conversion, l’Eglise doit une nouvelle fois, soixante ans après la tenue du concile Vatican II, approfondir sa compréhension de la mission que Dieu a voulu lui confier. Il nous faut apprendre à conjuguer l’urgence et la patience. L’urgence d’une charité qui sans cesse nous presse et la patience d’une fraternité qui lentement se tisse. Le cardinal Aveline nous offre avec cet ouvrage une petite théologie de la mission, qui fait la part belle au dialogue, à la rencontre, à la patience et à l’émerveillement.

Editions du Cerf

Acheter pour 22.80 CHF

Culture et christianisme
Coord. Xavier Dufour

Culture et christianisme présente les interrogations spirituelles de quelques écrivains, artistes et savants qui ont affronté la question de Dieu au cœur de leur œuvre et de leur vie. Il introduit aussi à la lecture de la Bible, appréhendée comme une œuvre littéraire à part entière. Grâce à une iconographie soignée, à des mises en lien entre la Bible et l’art profane, ce manuel ouvre à une intelligence chrétienne de la culture, dans un esprit de dialogue et loin de toute attitude partisane.

Editions Peuple Libre

Acheter pour 32.50 CHF

Moi, chien de Tobie
Jean-François Haas

Les chiens, grands absents de la Bible ? Plus maintenant ! Le discret compagnon de voyage du jeune Tobie est sans doute le chien scripturaire le mieux connu. Mais il ne veut plus se contenter des deux versets qui l’évoquent en passant. Il va se promener, multipliant les rencontres au passage : Adam et Eve, Abel, Noé, Isaac et Joseph, jusqu’au jour où, avec les bergers, il voit resplendir la nuit de Bethléem. Il entendra enfin un jeune rabbi raconter la parabole du pauvre Lazare auquel seuls les chiens tiennent compagnie. Par les mots inoubliables de Jésus, les voici baptisés amis fidèles et bons des pauvres hommes ! Un parcours singulier à travers la Bible, écrit d’une patte tendre et poétique.

Editions du Cerf

Acheter pour 24.00 CHF

Belles histoires de saints et de miracles eucharistiques
Blanche Rivière

A la messe, le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang de Jésus. Quel grand miracle ! Avec saint Tarcisius, le saint curé d’Ars, Mère Teresa, Carlo Acutis et d’autres saints, voici vingt belles histoires de miracles pour découvrir le sacrement de l’Eucharistie et son mystère, à travers les siècles. Un album pour mieux vivre la communion.

Editions Artège

Acheter pour 29.30 CHF

Pour commander

Abel Igono, un nouveau séminariste sur le Haut-Lac

Après un voyage de 5’900 km depuis le Nigeria, Abel est arrivé début août pour poursuivre sa formation auprès des Spiritains suisses. Voici quelques lignes pour faire connaissance avec cet homme discret et souriant. 

Photo et questions posées par Vanessa Gonzalez

Parle-moi de ta famille et de la naissance de ta vocation.
Ma vocation est née et a été nourrie au sein de ma famille. Je suis le troisième d’une famille de cinq enfants. Ma famille a toujours été un pilier dans ma vie. Ma mère est décédée en 2007, ce qui a été un moment profondément douloureux pour nous, mais cela a aussi renforcé ma foi et approfondi mon désir de servir Dieu. L’amour de ma mère et son exemple de persévérance restent pour moi une source d’inspiration.

Quel genre de prêtre veux-tu être ? 
J’aspire à être un prêtre profondément engagé à servir les autres, en particulier auprès des marginalisés, des orphelins, des veuves, des malades, des jeunes et des personnes âgées.

Mon modèle est notre Seigneur Jésus-Christ, dont la vie et le ministère illustrent l’amour, le service et le sacrifice parfait. L’exemple de Jésus qui prend soin des nécessiteux, guérit les malades et fait preuve de compassion envers tous, en particulier les plus vulnérables, est le fondement de la façon dont je souhaite vivre ma vocation sacerdotale.

Je m’inspire aussi de saint Oscar Romero, archevêque de San Salvador. Son engagement en faveur de la justice, son profond amour pour les pauvres et sa position courageuse contre l’injustice me touchent profondément. 

En suivant ces exemples, j’espère être un prêtre qui fournit une direction spirituelle tout en défendant et soutenant activement ceux qui souffrent. 

Quelle est ta prière préférée ? 
Une de mes prières préférées est la « Prière de saint François » : 

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé 
qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Quel est le moment le plus drôle que tu as vécu depuis ton arrivée en Suisse ? 
Cela s’est produit à l’aéroport de Genève. Après un long voyage, j’avais un besoin urgent d’aller aux toilettes. Avec mon français limité, j’ai essayé de demander la direction des toilettes. En anglais, nous utilisons le mot « restroom » pour « toilettes », mais ma prononciation de « restroom » devait ressembler à la prononciation française de « restaurant ».

A ma grande surprise, on m’a gentiment guidé, mais je me suis retrouvé à l’entrée d’un restaurant au lieu des toilettes ! Nous nous sommes rapidement rendu compte de la méprise et nous en avons bien ri. Même si c’était un peu embarrassant sur le moment, c’était un rappel amusant des barrières linguistiques que je dois franchir.

Alors, ces cours de français ? Facile ?
Apprendre le français n’est vraiment pas facile pour moi, mais c’est une partie cruciale de ma formation ici en Suisse. Chaque jour, j’assiste aux cours et je m’entraîne. Je suis encouragé par les progrès que je fais et le soutien que je reçois autour de moi.

N’hésitez pas à aller serrer la main d’Abel et lui faire pratiquer son français !

Que ferait saint Bernard aujourd’hui?

Par François Lamon | Photo : Marion Perraudin

Lors du pèlerinage du secteur de Martigny à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, une question a été posée pour approfondir notre mission de chrétien : « Que ferait saint Bernard aujourd’hui ? »

Dans les années 1050, il ne s’est pas contenté de venir en aide aux nécessiteux. Poussé par une charité prévenante, il a fait construire un hospice pour venir en aide aux voyageurs en danger qui franchissaient le col. Il répondait à un besoin réel, vital.

Aujourd’hui quel est le plus grand besoin vital chez nous en Europe ? Le sens de Dieu ! Quel passage devons-nous franchir ? Celui de passer de l’humain au divin ! Je vois trois cols comme au Grand-Saint-Bernard…

• Le col de Fenêtre qui fait passer du visible à l’invisible. Voir la création avec les yeux et admirer, avec le cœur, la bonté du Créateur tout en rendant grâce. Respecter la nature par amour de Dieu qui nous offre tant de beauté. Au sommet de la création, voir un frère, une sœur et y reconnaître le Christ. 

• Le col des Bastions qui fait passer du superficiel à l’essentiel. Ne pas rechercher le paraître mais découvrir « le sens du ciel » : la vérité de notre être, fait pour aimer et vivre dans la paix du cœur.

• Le col des Chevaux qui fait passer de l’éphémère à l’éternel. La vie sur terre est éphémère, nous sommes sur un col. Jésus ressuscité est le passage, « la Pâque » qui nous conduit sur l’autre versant, celui du bonheur éternel qui dépasse toute imagination.

L’amour seul demeure, parce que Dieu est Amour. Ainsi les actes, si petits soient-ils, accomplis par amour, ici et maintenant, deviennent des instants d’éternité. 

Eveil à la foi en famille

En famille dans la chapelle de semaine à Vouvry.
Thérèse et Sarah, les animatrices.

Par Nicolette Micheli | Photos : M. Doan

La première rencontre du groupe Eveil à la foi a eu lieu dans la chapelle de semaine de Vouvry. De jeunes enfants entourés de leur maman et papa, ainsi que du pasteur Didier Wirth et de Christophe Allet y ont participé. Et j’y ai été gentiment invitée.

Après le partage d’un bon goûter, le groupe rejoint la chapelle dans le calme, entonne le chant du « bonjour » et se met à l’écoute. « Devinez ce que j’ai dans ma poche ? lance Thérèse au groupe d’enfants assis en rond devant elle. Les réponses fusent : – Un bonbon ? – Un mouchoir ?… – Une allumette ? Bravo ! Tu as trouvé ! » Ainsi, le thème du jour est lancé par les deux animatrices. Tous écoutent attentivement le verset de la Bible : « Dieu dit, que la lumière soit et la lumière fut ! »

Thérèse, maman de trois enfants… et bientôt quatre… anime les rencontres depuis cinq ans. Son mari les accompagne. Sarah l’a rejointe depuis quelque temps. L’une est catholique, l’autre protestante. Les rencontres revêtent donc un aspect œcuménique, pasteur, curé et agent pastoral y participant selon leur disponibilité. Ces deux familles forment un noyau certes restreint, mais fidèle et motivé. Faire découvrir aux enfants et à leurs parents l’amour de Dieu, leur apprendre à prier en famille, entretenir leur relation à Dieu : voilà des valeurs qu’elles tiennent à développer en vivant  ces rencontres parents / enfants, dans un échange fraternel au sein d’un groupe soudé et amical.

Une nouvelle aventure a commencé en septembre. Elle se déroulera durant neuf rencontres sur le thème : A la découverte de la Création. Le programme « Patacell’ » a été choisi après avoir été testé une année dans leurs familles respectives. Ludique, créatif et participatif, il a plein d’atouts pour aider les enfants de 0 à 7 ans à découvrir Dieu à travers la Création, leur apprendre à s’émerveiller et à respecter leur environnement. Très structuré, il contribue à travers chants, versets gestués, expériences concrètes, bricolages, à ancrer la Parole de Dieu.

Les petits sont heureux ! Ils ont été captivés par la flamme de la bougie brillant dans le noir, ont senti sa douce chaleur, ont soufflé chacun leur allumette en répétant : « Merci Seigneur pour la lumière. » Avant de partir, ils ont peint des rais de lumière sur un cercle de carton noir, première étape d’une guirlande qui représentera les sept jours de la Création et résumera en un visuel coloré le parcours de cette année d’éveil à la foi.

Le jeune homme riche

Il faut se mettre un peu de biais devant ce texte pour ne pas avoir la vue troublée par l’impression « vu et connu », depuis l’interpellation « bon maître » jusqu’au fameux chameau et son impossible voyage ! Se décaler et laisser émerger deux questions : « Que dois-je faire ? » et « Mais alors qui ? »

Par Françoise Besson | Photo : pexels.com

Que dois-je faire ? – Ce jeune homme riche est pieux, ce dernier qualificatif devrait presque faire partie de sa présentation, car dans le dialogue se révèle quelqu’un qui suit la Loi de façon rigoureuse. Pas de mise en doute sur sa parole toute simple, dépourvue d’orgueil, lorsqu’il dit : « Tout cela, je le fais depuis ma jeunesse. »

Il est également une personne privilégiée : né homme dans une société où les femmes ont peu de droits et de marge de manœuvre, jeune, c’est-à-dire en pleine possession de ses moyens avec l’avenir devant soi, et riche, n’ayant pas de souci du quotidien dans une société où la précarité semble très présente. 

Et c’est là que le dialogue nous surprend : cet homme respectueux de la Loi, qui a tout ce que l’on pourrait souhaiter avoir, est tourmenté par une question. Marc dit qu’il accourt et qu’il tombe à genoux. Ce jeune homme est pris dans une urgence et une nécessité d’avoir une réponse que seul un Maître comme Jésus peut donner : que dois-je faire pour avoir la Vie éternelle ?

Il me semble qu’il y a là quelque chose d’admirable : chez ce jeune homme, le fait d’avoir tous les atouts en main, et de suivre la Loi à la lettre n’a pas encombré dans son cœur l’espace du plus grand que lui. L’ici et maintenant qui risquerait de le satisfaire n’a pas étouffé « l’au-delà de l’homme ». Ce jeune homme, notre frère, semble avoir gardé vivante en lui, la soif de ce qu’il nomme « la vie éternelle »… Puissions-nous lui ressembler et garder en nous bien vivantes, voire dérangeantes, les questions qui nous tiennent en alerte. 

Mais alors qui ? – Et puis, il y a les apôtres et leur question surprenante : « Mais alors qui ? » Pourquoi ces hommes qui ne sont pas riches et pour la majeure partie d’entre eux, ne l’ont jamais été, pourquoi donc ces hommes se posent-ils cette question : « Mais alors qui pourra entrer dans le Royaume des cieux ? » Ils ont tout quitté, ils vivent comme des itinérants, avec un maître qui se contente de peu. On pourrait dès lors penser que la réflexion de Jésus ne leur pose aucun problème, au contraire, car ce nouvel ordre des choses est en leur faveur : eux qui ne possèdent rien ou si peu, entreront plus facilement que les riches dans le Royaume… Alors ? Se considéraient-ils comme riches, avec leur tunique, leur bâton et les quelques pièces qui leur serviront à acheter la nourriture du lendemain ou à faire l’aumône ? 

A la suite du jeune homme, dans notre monde si malmené, osons poser la question troublante du manque : qu’est-ce qui nous manque, au quotidien, pour que le Royaume advienne, pour que la part éternelle de la Vie prenne racine et grandisse en nous ?

A Lourdes avec 53 ados de Suisse romande dont 10 jeunes de notre région sur 26 Valaisans

Au premier rang – car tout est organisé autour d’eux – « nos » malades, en bleu les brancardiers, en blanc les infirmières, en mauve les ados, avec une casquette orange les enfants et familles, de toutes les couleurs mais avec un foulard rouge autour du cou, les Jeunes de Lourdes, les membres de la chorale, les pèlerins, les aumôniers dont notre évêque Jean-Marie.

Par Christophe Allet | Photos : SNDL / Durand, Christophe Allet

Une semaine vraiment pas comme les autres !

Près de 1000 km parcourus de nuit, en car, un campement sous tente dans le « village des jeunes » du sanctuaire, une semaine de vie communautaire, de rencontres avec les pèlerins malades, de célébrations, de vie dans un lieu où viennent se recueillir près de 6 millions de visiteurs par année !

Embarqué il y a une quinzaine d’années par l’abbé Jérôme, j’y suis retourné régulièrement en été. D’abord avec mes enfants, puis par amitié pour mes collègues de l’animation et surtout pour les fruits de cette aventure pour les ados qui s’y risquent !

Parole aux jeunes de notre secteur :

Ce que j’ai le plus apprécié à Lourdes c’est…

Les malades, venir les aider à manger ou juste être avec eux et discuter c’était vraiment cool et aussi les processions. Matthieu 

ça m’a touchée de voir comment ces malades étaient heureux, nous souriaient, nous parlaient gentiment. Mélissa M.

Le geste de l’eau et pousser les malades. Roxane

La complicité entre les jeunes et l’ambiance dans le camp. Mélissa B.

La vie de Bernadette m’a fasciné, c’est quand même fou ce qu’elle a vécu grâce à la Sainte Vierge. Melvin

L’expérience du rafting sur le Gave le premier jour 😃. Sohan, Mélissa M.

«Ce qui m’a marqué à Lourdes : le temps passé avec les malades !» Sohan 12 ans, 1er pélé 

Ce que j’ai découvert pour ma relation à Dieu… 

Dieu t’aidera toujours et ne pourra t’abandonner même dans les pires situations. Notre mère Marie nous aimera toujours comme elle aime Bernadette : nous sommes ses enfants. Matthieu

J’ai une connexion plus forte avec Dieu à Lourdes, pas parce que Marie est apparue là-bas, mais parce qu’on prie ensemble et qu’on est rassemblés pour la même chose. Mélissa B.

J’ai découvert la grotte ça m’a fait du bien. Roxane

Dieu m’a aidé à avoir un peu plus de patience et Marie m’a protégé car j’étais loin de ma maman. Sohan

Bernadette m’aide à aimer Marie. Melvin

Lourdes a été une magnifique expérience. Roxane

Même des choses qu’on pourrait croire que ça ne pourrait pas arriver parce que c’est impossible… eh bien, ça peut arriver comme sur Bernadette ! Personne ne la croyait mais finalement elle avait vraiment vu Marie. A Lourdes, il y a des personnes qui « se mettent » dans la religion catholique, même certains athées qui ne le sont plus, grâce à ce qui s’est passé là ! Melissa M.

L’organisation était top, je me réjouis de revenir l’année prochaine. Melvin

P.S. : un clin d’œil plein de gratitude pour Bernadette et Monique, deux aînées de notre secteur du Haut-Lac qui sont venues pour la deuxième année préparer à manger pour ce petit troupeau !

Melvin, Sohan, Mélissa B., Mélissa M. et Matthieu après la rencontre festive de clôture avec tout le pèlerinage.
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